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Foggy Tapes

Cogito Ergo Fog

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Après avoir publié eux Eps, Foggy Tapes nous propose son premier album. Cette formation toulousaine semble particulièrement marquée par les sixties, en pratiquant une musique influencée par le surf, le garage, la pop, parfois le psychédélisme, mais aussi le skiffle de cette époque. Et à l’écoute de cet LP, on ne peut s’empêcher de penser aux Beatles de leurs débuts, soit depuis « Please please me » à « Help », rien que pour les harmonies vocales ; mais également aux compilations « Pebbles »  et « Nuggets », vu l’instrumentation à la fois minimaliste et vintage, pour la coloration garage. L’opus recèle quand même des pistes plus aventureuses. A l’instar de « Here comes The fog », qui ouvre le long playing, une plage qui aurait pu naître de la rencontre entre Pierre Henry (NDR : pensez à « Variations pour une porte et un soupir ») et les Fab Four. Ou encore « Cactus & mask », qui semble né de la fusion entre deux compos différentes. Et encore lors du final, dont le climat tour à tour oriental ou flamenco, s’achève dans l’expérimentation la plus pure. Un album revivaliste à souhait, parfois audacieux, mais surtout agréable à écouter. Foggy Tapes a quand même intérêt à se renouveler dans le futur, sinon, il risque de se mordre la queue…

Foghat

Last train home

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A l’instar de nombreux amateurs de blues, j’ai accroché à cette musique à l’écoute des artistes britanniques qui ont écrit de très belles pages de son histoire, il y a déjà plus de quarante ans. Je me souviens toujours d’un épisode vécu au tout début des années 70, au cours duquel après avoir poussé les portes d'une petite salle de concerts, en l’occurrence l'ICA (NDR : c’était sur le Mall, l'artère qui relie Trafalgar Square à Buckingham Palace, au cœur de Londres), j’ai recensé la présence d’une dizaine de spectateurs seulement pour applaudir ce qui était pratiquement le premier concert d'un nouveau groupe : Foghat. Trois des quatre musiciens de la dernière version du Savoy Brown (le leader Kim Simmonds ayant revu totalement sa formule) avaient été rejoints par Rod Price, guitariste issu des Black Cat Bones, groupe guère notoire issu du British Blues Boom, alors à bout de souffle. Ce remarquable concert est resté gravé dans ma mémoire. A cause du talent manifesté par le chanteur/guitariste Lonesome Dave Peverett et puis de Rod Price, une révélation à la slide! Le blues largement teinté de rock et de boogie de Foghat sonnait assez hard, à cause de son amplification. Et il allait rencontrer un très gros succès outre-Atlantique. Le combo a alors commencé à aligner album sur album. A tel point que mon intérêt pour cette formation s’est tempéré au fil du temps. Le band a vécu de nombreuses épreuves douloureuses. Atteint d’un cancer, Dave Peverett est disparu le 7 février 2000. Rod Price avait entretemps quitté le navire. Il avait été remplacé par son ami Bryan Bassett. Rod devait malheureusement perdre la vie, lors d’un accident domestique, le 22 mars 2005. Et pourtant, Foghat continue son parcours sous la direction de son batteur d'origine, Roger Earl ; car le bassiste Tone Stevens, a depuis mis également la clef sous le paillasson. Il a fondé Slowride, en s’inspirant du titre d’un hit de Foghat.

La formation nous propose aujourd’hui un elpee réunissant des canons du blues qui figuraient au répertoire de leurs débuts et même de Savoy Brown. Notez qu'elle avait déjà fait le coup en 1994, en publiant "The return of the boogie men", en compagnie du line up originel. Pour prendre ce dernier train, Roger Earl a reçu le concours du bassiste Jeff Howell (il a milité, autrefois, au sein des Outlaws et de Savoy Brown), ainsi que de Bryan Bassett (NDR : un ex-Molly Hatchett) et Charlie Huhn aux guitares. Charlie en est aussi le chanteur.

Dès les premiers accords de "Born for the road", ça cogne sec. Un hard rockin' blues tout en puissance signé Bassett. Charlie chante à la manière du regretté Lonesome Dave. Les guitares écrasent tout sur leur passage ; et pourtant en fin de plage, le climat s'adoucit quelques peu. En l’occurrence lors de l’intervention au piano de Colin Earl. Invité pour la circonstance, cet ex-Mungo Jerry et King Earl Boogie Band est également le frère de Roger. Foghat reprend alors "Needle & spoon", l'un des meilleurs titres de Savoy Brown que chantait remarquablement Chris Youlden. Cette cover est de très bonne facture. Affolante, la guitare s'inspire du jeu de Kim Simmonds. Foghat attaque le "So many roads" du répertoire d'Otis Rush. Slow blues par excellence, ce titre était particulièrement populaire lors du british blues boom. Une bonne version au cours de laquelle le gratteur de service pète la forme et Earl, préposé au piano, est bien présent. Et ne boudons pas notre plaisir, le résultat est excellent ! Tout comme le titre maître. Du Foghat pur et dur, au cours duquel Bassett se montre très généreux sur sa slide. Il garde le bottleneck au doigt pour aborder le canon d'Elmore James, "Shake your moneymaker". Une reprise très généreuse, semblable à celle du Fleetwood Mac de Jeremy Spencer et Peter Green. Notons également la présence d’un autre invité : Lefty ‘Sugar lips’ Lefkowitz. Drummer de Carolyn Wonderland, il est venu souffler dans son harmo. Superbe blues lent, "It hurts me too" est issu du répertoire de Mr James. Le "Feel so bad" de Chuck Willis figure dans le leur depuis fort longtemps. Ce qui explique la présence de ce morceau sur cet elpee. Une plage caractérisée par une chouette joute entre les deux sixcordistes. "Louisiana blues" est un classique issu de la plume de Muddy Waters. Leur version lorgne vers le Savoy Brown de la fin des sixties. Furieux, "495 boogie" est un boogie qui met en exergue les invités, Colin Earl et Lefty Lefkowitz. Un medley entre le traditionnel "Rollin' & tumblin" et le "You need love" de Willie Dixon est mijoté à la sauce Foghat. La surprise a été réservée en fin d'album. Débarque alors en studio le vieux bluesman de Detroit, Eddie Kirkland. Cet ancien compagnon de John Lee Hooker est aujourd’hui âgé de 86 ans. Eddie chante et joue de la guitare sur deux de ses compositions : "In my drreams" et "Good good day". Le changement de décor sonore est radical. Le rockin' blues a cédé le relais à du blues tout à fait conventionnel et plutôt sérieux. Perso, j'aime beaucoup ce disque…

Fog

Ditherer

Écrit par

Ecouter une seule fois « Ditherer » et donner son avis est impossible. Plusieurs auditions sont nécessaires afin de capter l’éclectisme de ce groupe issu de Minneapolis. L’étonnant Andrew Broder frappe par surprise à travers ce quatrième opus, confirmant le line up du trio qu’il s’est dorénavant constitué. Nos mémoires remplies se rappellent les précédents albums du trublion américain qui opérait alors en solo : « Ether Teeth » en 2003 et l’excellent « 10th Avenue Freakout » en 2002. Déjà, à cette époque, Broder -issu du label Ninja Tune- nous avait démontré son envie de dépecer les sons, pour les reconstituer version Frankenstein. Recousues de toutes parts, fortifiées par les éléments curieux qui hantent l’esprit du docteur Brider et rivetées par la basse de Mark Erikson ainsi que la batterie de Tim Glenn, les mélodies pop de « Ditherer » semblent surgir de l’au-delà. Un au-delà qui nous semble malgré tout familier. Les influences sixties d’un bon rock américain planent tels des vautours affamés, se nourrissant de parcelles discrètes mais sustentatrices. Fog excelle dans le désir de redécouvrir des endroits connus mais visités à la légère, tout en nous propulsant dans des allées étroites et sombres d’un malaise corrosif. L’avant-gardisme du groupe précède invariablement une remise en question du monde musical qui l’entoure. Les morceaux « What Gives », « The Last I Knew of You », « Your Beef Is Mine » sont la preuve gravée dans la pierre, qu’ils sont déjà passés par ce chemin pour y laisser une trace indélébile. Paru chez Lex Records (Danger Mouse, Shape Of Broads Mine, Subtle,…), ce véritable chahut jouissif mérite le respect et son écoute la patience. Vous n’en serez que plus satisfait !