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John Maus

Comme une prière qui transforme la synth-pop en art sacré…

John Maus est un musicien véritablement énigmatique. S'inscrivant globalement dans le courant synth-pop, il est parvenu à transformer un minimalisme glacial en moments de grâce authentique au fil de sa carrière, débutée en 2006.

Sa musique est souvent décrite comme rétrofuturiste grâce à l'utilisation de boîtes à rythmes et de sonorités de synthétiseurs typiques des années 80, mais ses morceaux possèdent également une qualité cinématographique, l'émotion étant suscitée par des lignes de basse entraînantes, des arpèges planants et, bien sûr, sa voix envoûtante de baryton.

Ce soir, au Trix, à Anvers, le musicien et compositeur américain vient présenter en ‘live’ son œuvre la plus puissante à ce jour : “Later Than You Think”. Publié sur le label Young (FKA twigs, The xx, Sampha), l'album explore les thèmes de la justice, de la confession, de la renaissance, de la transformation et du combat spirituel, un espace liminal où la musique alternative rencontre l'art-pop, l'émotion brute et la profondeur intellectuelle.

Dans la pénombre bleutée du Trix, John Maus apparaît comme un spectre venu d’un futur antérieur. Pas de salutation, pas de sourire. Un ordinateur portable, un second appareil, un micro. Rien d’autre. Les miroirs qui, à Londres, fracturaient son image en mille reflets sont absents ici. Seule la lumière crue, chirurgicale, découpe la silhouette d’un homme déjà trempé – non par la chaleur, mais par l’effort d’un rituel qui tient plus de l’exorcisme que du concert.

Dès les premières mesures, “My Whole World’s Coming Apart” et “Because We Built It” s’élèvent comme des psaumes post-modernistes. Sa voix, saturée de réverb, gronde tel un sermon dans une cathédrale désaffectée. Il ne chante pas : il conjure. Jambes rivées au sol, il se plie en révérences frénétiques – comme un headbang – puis bondit, hurle, se frappe la poitrine. Entre deux morceaux, un rapide clic sur le laptop, et la transe reprend.

Pop star et philosophe, John Maus transforme le minimalisme en spirituaité. Son doctorat en sciences politiques (Hawaï) et sa formation en musique expérimentale (CalArts) ne sont pas des ornements : ils irriguent chaque note. La synth-pop devient un art sacré. Les basses roulent comme des orgues, les arpèges planent comme des vitraux sonores, et sa voix hantée, scelle le pacte.

La setlist oscille entre les classiques (“…And the Rain”, repris en chœur) et les nouveaux hymnes. Les nappes de synthé, presque secondaires, servent de toile à une performance corporelle qui défie la gravité. Maus pose le micro, entame une chorégraphie de boxe – uppercuts dans le vide, esquives rageuses. Le public, d’abord figé, hurle avec lui. “Time to Die", "Keep Pushing On", "Bennington” : le tempo s’emballe. L’artiste scande ‘against the law’, comme un mantra insurrectionnel, pendant “Cop Killer”. Puis, il exécute des pompes, suivies de “burpees” Vingt, trente. Une véritable performance.

“Pets” clôt le set principal dans une explosion de lumières stroboscopiques. Il quitte la scène sans un mot. La musique continue, fantomatique. Les cris fusent. Il revient. “Adorabo” s’élève, comme un chant grégorien, suivi de “Believer”, qui marque la déflagration finale. Pas un ‘au revoir’. Juste les mains levées, lentement, vers chaque coin de la salle. Remerciements muets. Rideau.

John Maus n’a pas besoin de parler. Son corps, sa sueur, sa vibration, ses cris forment son lexique. Comme une urgence. Comme une prière.

En ouverture, Maximilian Tanner, ex-BlackWaters, a déployé une synth-pop onirique, plus douce, plus vaporeuse. Originaire d’Essex, il vient d'entamer une carrière solo qui séduit déjà l'Albion et l’Europe. Une belle découverte ! (Page artistes ).

Pour en savoir plus sur John Maus, écoutez l'interview réalisée dans l'émission de radio WAVES, au cours de laquelle John a abordé des sujets aussi variés que la musicologie, la philosophie, la psychanalyse, la composition assistée par ordinateur, l'influence de la musique médiévale sur la new wave, etc. Le podcast est disponible ici ou alors plongez sur la page ‘Artistes’ qui lui est réservée en cliquant sur son nom en vert, dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

(Merci à Alice Blake et à Stéphanie G. - Photo par Alice Blake)

Setlist :

My Whole World's Coming Apart
Because We Built It
No Title (Molly)
Decide Decide
...And the Rain
Came & Got
Rights for Gays
The Combine
Streetlight
Time to Die
Do Your Best
Disappears
Keep Pushing On
Bennington
I Hate Antichrist
Just Wait Til Next Year
Cop Killer
Pick It Up
Pets

Rappel :
Adorabo
Believer

(Organisation : Trix)

 

John Butler

Un concert qui restera gravé dans les mémoires…

Écrit par

 John Butler & Band

Ce mercredi 5 novembre, le Ballroom de l’Ancienne Belgique reçoit John Butler, guitariste australien, venu défendre son nouvel elpee, « Prism », paru en septembre 2025 et co-produit par James Ireland. Figure majeure de la scène indépendante australienne, John Butler s’illustre par son engagement environnemental, mais surtout pour sa maîtrise des instruments à cordes. Depuis près de trente ans, il évolue entre projets solo et collaborations, explorant un mélange de blues, reggae, country, folk, funk et rock. « Prism » s’inscrit dans la série « Four Seasons », amorcée en 2024 par deux albums instrumentaux, et marque une nouvelle étape dans sa carrière, poursuivant son évolution en dehors du cadre de son trio.

Il revient à Noah Dillon, jeune artiste australien, d’assurer le supporting act. Seul sur les planches pour sa première apparition en Belgique, il s’accompagne de deux guitares, une semi-acoustique et une électrique, qu’il alterne à chaque morceau. Il présente des extraits de son long playing « Kill The Dove », paru en 2022, ainsi que quelques singles récents.

Son indie rock aussie, sincère et authentique, capte rapidement l’attention du public. Les textes, portés par une présence scénique à la fois simple et décalée, plongent l’auditoire dans son univers. L’énergie positive qui se dégage de ses chansons, inspirées par ses expériences et relations quotidiennes, donne le ton à cette première partie. La prestation, sans artifice, séduit par sa justesse et sa spontanéité, offrant une introduction efficace avant l’entrée en scène de la tête d’affiche… (Page ‘Artistes’ ici)

John Butler grimpe sur le podium, guitare électro-acoustique en main, et salue le public. Il change d’instrument à chaque morceau, passant de l’électro-acoustique à l’électrique, du banjo à la cithare lap steel. Il se place à gauche, près de son ampli Marshall et de ses pédales d’effets, qui lui permettent d’explorer différents sons, parfois très métalliques. La formation s’organise en carré : percussionniste à l’arrière gauche, batteur à droite, claviériste/bassiste devant, aligné avec John. La toile de fond affiche l’icône du dernier album, « Prism », épinglant cactus, lune, drapeau arc-en-ciel et squelette tenant une cymbalette. Les éclairages LED et stroboscopiques encadrent les musiciens.

Le concert débute par « Going Solo », joué sur une guitare douze cordes, au riff énergique. Le finger picking complexe et l’utilisation des pédales montrent la virtuosité de Butler.

John aime bavarder et le fera entre chaque chanson, en interagissant et en plaisantant avec l’auditoire. Chaleureux, attentionné et jovial, il lance : ‘Même vous, vous trouverez un peu de répit’. Il évoque, entre autres, son envie de fuir la société et de partir à la campagne pour ‘faire un peu de fracturation hydraulique’ - une remarque ironique, bien sûr. Il confie ensuite à la foule : ‘Vous allez tout avoir !’. Et toutes ses réflexions créent une ambiance conviviale.

Après « So Sorry », il nous réserve « Used to Get High » et « Hoe Down », deux titres du John Butler Trio.

John s’assied pour se concentrer sur une cithare lap steel, soutenu par des percussions dynamiques. Les musiciens échangent parfois leurs instruments, ajoutant de la variété à la prestation. L’artiste sollicite le public pour des vocalises, renforçant l’interaction.

Tout au long de « Pickapart », la technique du looping est bien mise en exergue. « Zebra » est particulièrement apprécié pour son riff accrocheur et les chœurs qui soutiennent le refrain.

Après le set principal, le rappel propose « Peaches & Cream », « Leave The Rest To Earth » et « Funky Tonight ».

Le concert a duré plus de deux heures, porté par une formation complète : percussionniste, batteur, claviériste/bassiste, tous participant aux chœurs. Et le public, attentif et multigénérationnel, est resté suspendu aux notes et aux échanges entre les morceaux. On en redemanderait bien encore pendant deux heures, car Butler a offert à ses fans une soirée magique, faite de musique, de partage et de souvenirs, livrant un concert chargé d’émotion qui restera gravé dans les mémoires.

Setlist : « Going Solo », « So Sorry », « Used to Get High » (John Butler Trio song), « Hoe Down » (John Butler Trio song), « Better Than » (John Butler Trio song), « Gets No Better », « The Way Back », « Wade In The Water » (John Butler Trio song), « Doing Just Fine », « Ocean », « King Of California », « Pickapart » (John Butler Trio song), » Outta My Head », « Trippin On You », « Zebra » (John Butler Trio song).

Rappel : « Peaches & Cream » (John Butler Trio song), « Leave The Rest To Earth », « Funky Tonight » (John Butler Trio song)

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

Johnny Marr

Johnny Marr, les Smiths, Morrissey, la nostalgie et l’émotion…

Écrit par

Johnny Marr, né John Martin Maher en 1963 à Manchester, est un musicien anglais surtout connu comme le guitariste et compositeur du groupe The Smiths dans les eighties, formant un duo emblématique avec le chanteur Morrissey. Son style de guitare innovant a influencé de nombreux musiciens britanniques. Après la séparation des Smiths, en 1987, Marr a milité au sein de plusieurs formations (The The, le duo Electronic avec Bernard Summer de New Order, The Healers, Modest Mouse, The Cribs) et collaboré avec de nombreux artistes. Il a également mené une carrière solo, gravant plusieurs elpees dont « The Messenger » (2013), « Playland » (2014), « Call the Comet » (2018) et le double album « Fever Dreams Pts 1-4 » (2022). Marr a aussi publié une autobiographie, « Set the boy free » (NDR : que votre serviteur avait lue très attentivement, à l’époque), et a participé à de nombreux projets musicaux, confirmant son statut de figure majeure de la pop et du rock britannique. Car finalement, Johnny Marr, auteur/compositeur/interprète, c’est aussi près de 40 ans de carrière post-Smiths.

Il se produisait ce mardi 21 octobre à l’Aéronef de Lille. Le public est nombreux, bien que la salle n’affiche pas complet. D’ailleurs, l’étage est ouvert, signe d’un bel engouement. Et c’est The Clockworks qui assure le supporting act.

Vu la densité de la circulation, pour arriver à bon port, lorsqu’on débarque dans la salle, la moitié du set est déjà assuré. Mais le peu auquel nous avons pu assister est convaincant. The Clockworks est un quatuor signé, depuis peu, par le légendaire Alan McGee. Originaire de Galway, en Irlande, mais désormais établi à Londres, le groupe vient de publier son premier long playing, « Exit Strategy », enregistré à Abbey Road et produit par l’ex-Suede Bernard Butler.

Sur les planches, chargé d’intensité, leur expression sonore tient parfaitement la route. Les guitares crépitent, la section rythmique percute, les backing vocaux soutiennent parfaitement la voix du lead singer, James McGregor, et le son est parfait. Les quatre jeunes musiciens illustrent une nouvelle fois l’incroyable vitalité de la scène post-punk britannique et irlandaise en particulier. A ne pas manquer lorsqu’ils se produiront pour un concert d'au moins une heure (photos Ludovic Vandenweghe ici et page ‘Artistes’ ). 

Setlist : Endgame, Enough Is Never Enough, Mayday Mayday, Best Days, Blood on the Mind, The Future Is Not What It Was, Lost in the Moment

Cool, veste en jeans sur le paletot, Johnny Marr grimpe sur le podium accompagné de ses fidèles musiciens : Jack Mitchell à la batterie, James Doviak à la seconde guitare, aux synthés et aux backing vocaux ainsi qu’Iwan Gronow à la basse

Dès les premiers morceaux, Marr montre son assurance scénique. Le quatuor fonctionne à merveille : la basse et la batterie forment une base rythmique solide, tandis que James Doviak, excellent second sixcordiste, apporte une complémentarité précieuse, doublant parfois aux claviers et assurant les chœurs. Sa voix se distingue particulièrement dans les aigus, mais elle peine un peu dans les graves.

La setlist, variée, alterne entre compositions solo de Marr et reprises des Smiths (six en tout), qui électrisent littéralement le public à chaque fois. Le spectre de Morrissey plane sur ces morceaux, et la nostalgie s’installe lors de titres comme « This Charming Man », « Big mouth strikes again », « Panic », dont l’auditoire reprend en chœur le fameux slogan ‘Hang The DJ’ ou « How soon is now », au cours duquel le vibrato si caractéristique est très susceptible de vous flanquer des frissons partout ; et même « Please, Please, Please Let Me Get What I Want », réarrangé en acoustique, pour un moment intime et touchant.

Parmi les titres solo, « Generate! Generate ! » ouvre le bal, suivi de « Armatopia » où un petit souci de guitare est vite réglé par un roadie, et « New Town Velocity » aux sonorités cristallines. « Spirit Power and Soul » apporte une touche électro, avec le batteur aux boîtes à rythmes, tandis que « Hi Hello » rappelle les Smiths par ses arpèges complexes et ses inflexions vocales, mais Johnny n’a ni le timbre, ni l’amplitude de Morrissey.

A mi-parcours, Johnny remercie les spectateurs qui se sont déplacés pour assister au concert, ce soir, mais pas les autres ; ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire.

Meilleure compo personnelle, « Walk Into the Sea » se distingue par son atmosphère ténébreuse et ses vocaux incantatoires, flirtant avec la prog, tandis que « Getting Away With It » (reprise d’Electronic) transforme la salle en ‘Manchester Disco’ sous la boule à facettes. Enfin sur l’entraînant « Easy money », Johnny reprend le refrain à la guitare.

En rappel, Marr et son groupe reprennent « The Passenger » d’Iggy Pop, déjà adapté lors d’un événement BBC Radio 2 et repris aux côtés de Tim Booth de James lors de leur tournée nord-américaine, puis « Ophelia », dont la partie de guitare funky participe au groove contagieux.

Le concert s’achève sur « There Is a Light That Never Goes Out », hymne incontournable des Smiths, repris en chœur par le public. Johnny, ému, s’incline devant la foule, et se laisse submerger par l’ovation finale, visiblement ému par l’accueil chaleureux.

Si Johnny Marr a démontré une fois de plus son talent, sa précision et son efficacité, sans jamais tomber dans la démonstration technique, ce showman à l’attitude cool parvient à bonifier son propre répertoire, parfois constitué de titres sans grand relief, mais surtout à rendre chaque reprise des Smiths vibrante de nostalgie et d’émotion. C’est surtout pour ça que la majorité du public s’était déplacé nombreux, ce soir.

(Photos Ludovic Vandenweghe ici)

Setlist

Generate! Generate !, Panic (The Smiths song), Armatopia, New Town Velocity, Spirit Power and Soul, It's Time, Hi Hello, This Charming Man (The Smiths song), Somewhere, Please, Please, Please Let Me Get What I Want (The Smiths song), Spin, Walk Into the Sea, Bigmouth Strikes Again (The Smiths song), Easy Money How Soon Is Now? (The Smiths song), Getting Away With It (Electronic song)

Rappel

The Passenger (Iggy Pop cover), Ophelia, There Is a Light That Never Goes Out (The Smiths song)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

John Maus

Une cérémonie cathartique d'une intensité rare...

John Maus est ce qu’on peut appeler un artiste culte. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques, décroché à l’Université d’Hawaï. Né en 1980, il est originaire d’une petite ville du Minnesota, et a commencé sa carrière musicale à Los Angeles, après avoir rencontré Ariel Pink. Depuis, il a sorti sept albums.

Sa musique est inclassable et navigue quelque part entre minimal synth, darkwave, indie-pop, lo-fi et synth-pop ; et le tout se distingue par une approche typiquement Punk / Garage / DIY. Un ‘melting-pop’ unique qui évoque tour à tour Suicide, The Velvet Underground, Fad Gadget, Dead Can Dance, John Foxx ou Nick Cave.

Ce soir, il est de retour en Belgique, sept ans après son dernier passage, aux Ateliers Claus. Et c'est une Orangerie du Botanique pleine à craquer qui a la chance de recevoir ce génie méconnu. Seul point négatif, il se produit seul sur les planches, chantant sur une bande qui reproduit les parties instrumentales et, parfois également, sa propre voix. Il va falloir franchement être attentif à cette fâcheuse tendance qu'ont les artistes de jouer en playback, une tendance de plus en plus visible depuis le ‘con-vid’. Mais en ce qui concerne Maus, on lui pardonne tout, d'autant que le point focal de ses concerts est, quelles que soient les circonstances, l'extraordinaire intensité de sa propre prestation.

Dès le premier morceau, “Castles in the Grave”, il entre comme d’habitude, dans une frénésie inimaginable, pratiquant un ‘headbang’ à s'en décrocher la tête, se frappant le cœur et le front avec le poing, une transe qui se poursuivra plus ou moins tout au long du spectacle.

Au niveau vocal, il chante parfois, mais la plupart du temps, il éructe véritablement les mélodies, déclenchant l'enthousiasme du public. Les morceaux de l'Américain prennent souvent la forme d'une synthpop spacieuse et quasi-mystique. Sa poésie est dystopique et surréaliste, voire dadaïste, l'artiste se laissant porter par la sonorité des mots davantage que par leur signification. Un chant fantomatique, qui se déploie à la perfection dans des joyaux tel que “Quantum Leap”, “... And The Rain” ou encore “The Combine”.

Affirmer qu'il est un artiste magnétique est un euphémisme ! On ne peut tout simplement pas le quitter des yeux tant il domine la scène. Après quelques titres, sa chemise est déjà trempée de sueur et l'incroyable ambiance qui règne au sein du public, à fond dans la folie du moment, a de quoi étonner.

Pendant “Just Wait Til Next Year”, on perçoit une filiation harmonique et mélodique évidente avec “Golden Brown” des Stranglers. L’artiste a d'ailleurs avoué sa passion pour la new-wave ainsi que les musiques médiévales et baroques. Après une petite accalmie et deux titres inédits, “Cop Killer” fait remonter la température de l'Orangerie, suivi par deux autres brûlots : “Time to Die” et “Pets”.

Le rappel se limite uniquement à “Believer”, et c'est trempé de sueur et échevelé que John Maus quitte finalement le podium, exténué. L’auditoire revient alors peu à peu sur terre, après une cérémonie cathartique d'une intensité rare.

Pour en savoir plus, écoutez l'interview réalisée dans l'émission de radio bruxelloise WAVES, au cours de laquelle John aborde des sujets aussi variés que la musicologie, la philosophie, la psychanalyse, la composition assistée par ordinateur, l'influence de la musique médiévale sur la new wave, etc. Le podcast est disponible ici 

Setlist
Castles in the Grave
Quantum Leap
(Unknown)
...And the Rain
Streetlight
The Combine
Keep Pushing On
Bennington
Rights for Gays
Do Your Best
Maniac
(Unknown)
Cop Killer
Just Wait Til Next Year
(Unknown)
Time to Die
Pets
Encore :
Believer

En première partie, Hun Hun, un projet de musique électronique expérimentale basé à Bruxelles, a séduit grâce à son univers fusionnant des paysages sonores ambiants, des rythmes techno et tribaux et des textures lo-fi. Le duo a présenté un aperçu exclusif de son prochain album ‘Midi Temple' dont la sortie est prévue pour 2025.

(Organisation : Botanique & LiveNation)

Photo : David LaMason

John Cale

L’illusion ‘POPticale’ de John Cale…

John Cale vient d’annoncer la sortie de son nouvel opus, "POPtical Illusion", qui paraîtra ce 14 juin 2024, et partage son premier single/vidéo, "How We See The Light" (à voir et écouter ici)

Malgré son titre enjoué, le second elpee de John Cale en un peu plus d'un an contient les mêmes sentiments de rage féroce et inquisitrice qui étaient présents dans "Mercy", l'album de 2023. Il reste en colère, toujours courroucé par la destruction volontaire que des capitalistes incontrôlés et des escrocs impénitents ont commise et font subir aux merveilles de ce monde et à la bonté de ses habitants. Sur "POPtical Illusion", il s'enfonce, la plupart du temps seul, dans des labyrinthes de synthétiseurs et d'échantillons, d'orgues et de pianos, avec des paroles qui, pour Cale, constituent une sorte d'espoir tourbillonnant, une sage insistance sur le fait que le changement est encore possible. "POPtical Illusion" est l'œuvre de quelqu'un qui essaie de se tourner vers l'avenir - exactement comme Cale l'a toujours fait.

Le premier single, "How We See The Light", se distingue par ses pianos pulsés qui se déplacent en phase et en déphasage avec une batterie inébranlable.

Cale a souvent affirmé que quelque chose avait changé dans son esprit pendant la pandémie, réalisant qu'à l'approche de ses 80 ans, il vivait et travaillait dans une situation que beaucoup de ses contemporains ne connaissaient pas. Il a écrit plus de 80 chansons en l'espace d'un peu plus d'un an, sondant collectivement l'étendue de l'expérience humaine. L’humour s'est transformé en frustration, les regrets ont cédé la place au pardon, la tristesse s'est mêlée au surréalisme. De plus, Cale ne s'est jamais cantonné à la vieille garde, à rester sur la touche et à se plaindre de la modernité et de la façon dont les choses étaient faites auparavant. Ce long playing synthétise ses émotions en une douzaine de terrains de jeu électroniques, la voix magistrale de Cale les parcourant de jeux de mots et d'idées, de griefs et de boutades.

 

John Cale a toujours été un musicien de son temps, contribuant à des changements titanesques dans le domaine du son et de la culture. Sa curiosité quant à la façon dont l'électronique pourrait être plus qu'un gadget dans la musique rock a servi d'inspiration à un nombre incalculable de scènes cruciales. Cale regarde l'agitation orchestrée de l'histoire récente, fronce les sourcils de dégoût, puis tourne les talons vers l'avenir.

 

Liam Gallagher & John Squire

Liam Gallagher & John Squire

Écrit par

L’ex-chanteur d’Oasis et le guitariste de Stone Roses ont donc décidé d’enregistrer un album ensemble. Ce n’est pas leur première collaboration, puisque Liam Gallagher était déjà venu chanter sur un titre (« Love Me and Leave Me ») de Seahorses, le projet de John Squire, en 1997. Et les deux musicos s’étaient à nouveau rencontrés sur scène lors des concerts de Knebworth de Liam en 2022. C’est sans doute à cette époque que l’idée d’une coopération a germé.

Si les compos oscillent de la britpop (« Raise Your Hands », « Mars to Liverpool ») au blues-rock (le piano boogie woogie martelé sur « You’re Not The Only One », le mid tempo « I'm a Wheel » et le diablement ‘hendrixien’ « Love You Forever »), elles recèlent de nombreuses références à la pop psychédélique des Beatles (« Make It Up As You Go Along » et « Just Another Rainbow » évoquent parfois « Revolver » et « Magical mystery tour », alors qu’une Rickenbacker, instrument de prédilection de George Harrison, s’invite sur le chatoyant et pastoral « Mother Nature's Song »).

Morceau le plus sombre, « I'm So Bored » manifeste un cri de colère contre la culture moderne. Très électrique et morveux, il rappelle la période « Morning Glory » d’Oasis.

Les nostalgiques d’Oasis et des Stone Roses devraient adorer.

Johnnie Carwash

Pas d’amis, pas de douleur pour Johnnie Carwash…

Écrit par

« No Friends No Pain », c’est le titre du nouvel elpee de Johnnie Carwash. En attendant, il nous en propose un extrait, sous forme de clip, « Aha (it's ok) ».

Ballade pop façon The Drums, « Aha (it's ok) » est un morceau mélancolique qui a conservé la signature du groupe : un refrain fort dont la mélodie risquerait bien de vous rester en tête une semaine ou deux.

Cette vidéo a été filmée au caméscope par Ueno Prod (Agathe Annequin et Hayko). Elle immortalise des moments de vie sur scène, en tournée ou avec leurs amis.

Intimes, ces images sont sous-titrées des paroles qui nous permettent de chanter ensemble

‘Aha, it’s ok… I’ll be ok’ : à la fin tu verras, tout ira bien... La vidéo est disponible ici

 

Liam Gallagher & John Squire

Une collaboration inattendue entre Liam Gallagher et John Squire…

Écrit par

Liam Gallagher (Oasis, Beady Eye, solo, etc.) et John Squire (The Stone Roses, The Seahorses, The John Squire Experience, solo, etc.) ont décidé de se lancer dans une collaboration. Et ils publieront un premier elpee ce 1er mars 2024. Il sera éponyme. Un premier single, « Just another rainbow » (le clip est à découvrir ici), est paru ce 5 janvier et le second, « Mars to Liverpool » (en écoute ) le 26 du même mois.

Longtemps amis et admirateurs mutuels de leur travail, l'idée d'une collaboration est née lorsque John a rejoint Liam sur scène lors de ses concerts mythiques à Knebworth. Les idées de chansons ont rapidement afflué, et l'album a pris forme à Los Angeles sous la houlette du producteur notoire Greg Kurstin (Harry Styles, Sia, Paul McCartney). Ce dernier a joué de la basse sur tout l'album, tandis que Joey Waronker (Beck, R.E.M., Atoms For Peace) s’est consacré à la batterie.

Johnny Mafia

Johnny Mafia mange des bonbons pour vomir…

Écrit par

Fondé par quatre lycéens à Sens (c’est dans l’Yonne), pas tellement un berceau historique du rock, Johnny Mafia s’est construit au fil du temps une implacable réputation de groupe de scène. Et en trois albums et des tas de concerts, il est parvenu a su s’imposer en tête de liste d’une nouvelle scène française qui n’en finit plus de surprendre.

Presque trois ans après la sortie de « Sentimental », son dernier elpee, suivie d'une tournée qui les aura emmenés jouer aux quatre coins de l'Europe et jusqu'en Corée du Sud, Johnny Mafia est de retour avec un nouveau single, « Vomit Candy », accompagné d’un clip réalisé et produit par La Sale Affaire ! Il est disponible ici

 

JOHN

La mosaïque de traumatismes éprouvée par JOHN

Écrit par

JOHN est un duo réunissant John Newton (batterie, lead vocal) et Johnny Healey (guitare, chœurs). Il vient de sortir son nouveau single, "Trauma Mosaic", sous forme de clip ; et il est disponible ici

Enregistré par Tom Hill au Bookhouse dans le sud de Londres, mixé par Seth Manchester (METZ, Big Brave, Battles) et masterisé par Frank Arkwright (Arab Strap, Squarepusher, Autechre), "Trauma Mosaic" poursuit l'évolution subtile du groupe en continuant à redéfinir et à élargir les paramètres de ce que peut être un duo guitare-batterie. Poussé par un échantillon de drums écrasé qui a commencé comme une expérience ludique, Newton superpose ses voix d'une manière presque chantante avant que les guitares cycliques ne fassent irruption à la manière classique de JOHN et nous rappellent la puissance primitive que possèdent les deux membres du groupe.

 

Father John Misty

Savoureusement rétro…

Écrit par

Né le 3 mai 1981, Joshua Michael Tillman, mieux connu sous le pseudo de scène ‘Father John Misty’ (FJM), est auteur, compositeur, multi-instrumentiste (NDR : il joue de la guitare, du piano, de la basse, de la batterie et de l’harmonica), chanteur et producteur. Originaire du Maryland, aux States, Il a notamment milité comme drummer chez Fleet Foxes et apporté sa collaboration à une multitude d’artistes. Parmi les plus célèbres, citons Beyoncé et Lady Gaga.

L’Ancienne Belgique est en mode Ballroom. Il doit y avoir plus ou moins 800 dans la fosse.

Neuf musicos constituent le backing group. Tout d’abord un trio de cuivres qui se partage trompettes, bugle, saxophone, clarinette, flute à bec et traversière. Il s’installe sur une estrade, à gauche. Un préposé à la pedal steel et parfois à la trompette, un bassiste/contrebassiste, un drummer, un claviériste/guitariste et deux sixcordistes complètent le line up.

Joshua se consacre au chant, mais également à la guitare semi-acoustique ou électrique. Ce soir, il est venu défendre son dernier et cinquième album, « Chloë and The Next 20th Century », paru en avril de l’an dernier. Un opus où il s’éloigne définitivement de son registre folk-rock baroque pour mieux se plonger au sein des ambiances de comédie musicale rétro, comme l’atteste des titres à l’ampleur théâtrale…

Les baffles crachent « A Face in the Crowd », une excellente cover de Scott Walker, dont la voix de crooner préfigure l’univers de FJW. Cette intro permet aux musiciens de s’installer derrière leurs instruments. Le concert s’ouvre par « We Could Be Strangers », un extrait du dernier elpee, qui raconte l’histoire d’un couple victime d’un accident de la route. Les cordes contrôlent les opérations. Faut dire que lorsque les 5 grattes se conjuguent, il y a plus que de l’électricité dans l’air. Le light show est à la fois luxuriant et multicolore.

La musique oscille entre indie pop poignante, arrosée d’un romantisme luxuriant, lo-fi, blues, americana et lounge, mais l’ensemble est teinté de nuances jazzyfiantes. Equivoques, les textes sont empreints d’ironie et de sarcasme ou alors s’appuient sur la propre expérience de la religion vécue par l’artiste, naviguant alors du profondément personnel au totalement ludique.

Progressivement, Father John Misty va nous entraîner dans un monde éthéré et théâtral, tel un Frank Sinatra contemporain. Le saxophone s’impose régulièrement et s’accommode de cordes lancinantes.

Si les interventions de cuivres se révèlent souvent somptueuses, les titres blues et americana laissent davantage d’espace à la pedal steel.

Juste avant « Nancy From Now On », l’artiste s’adresse plus longuement au public, le remercie d’être présent et raconte quelques anecdotes. Une dame lui remet une boîte métallique contenant des friandises. Un dialogue s’installe entre elle et l’artiste. C’est touchant !

Tout au long de la ballade « Disappointing Diamonds Are The Rarest Of Them All », l’auditoire se montre particulièrement attentif. Dans un registre qui évoque le music-hall d’avant-guerre, Josh Tillman se montre plus crooner que jamais, et particulièrement lorsqu’il interprète des chansons plutôt rétro, certaines totalement irrésistibles, à l’instar de l’envoûtant « Chloë », qui nous plonge au cœur d’un cabaret new yorkais des années 50 ; modulable à souhait, la voix de Joshua laissant planer le spectre de Chet Baker.

A l’écoute de « Goodbye Mr Blue » on ne peut s’empêcher de penser à la bande originale du film ‘Macadam Cow-Boy’, et notamment « Everybody’s Talkin » d’Harry Nilsson. Les cordes, les cuivres, le piano, la contrebasse et la batterie y soutiennent parfaitement la voix, plus pure que jamais, de John Tilman.

Davantage country/folk, « Q4 » raconte l’histoire d’une romancière ambitieuse qui s’inspire du parcours de vie de sa sœur décédée. « Buddy's Rendez-vous » est une superbe reprise de Lana Del Rey. En rappel, « Pure Comedy » n'est peut-être pas la chanson la plus populaire de FJM, mais c'est sa plus révélatrice.

Un regret ? L’absence d’« Olvidado (Otro Momento) ». Ses rythmes bossa nova auraient pu faire fondre les cœurs de l’auditoire. N’empêche, quelle belle soirée !

Setlist : « A Face in the Crowd » (Scott Walker song), « We Could Be Strangers », « Mr. Tillman », « (Everything But) Her Love », « Nancy From Now On », « Goodbye Mr. Blue », « Funny Girl », « Disappointing Diamonds Are the Rarest Of Them All », « When You're Smiling And Astride Me », « Chateau Lobby #4 (in C for Two Virgins) », « Q4 », « Chloë », « Total Entertainment Forever », « Things It Would Have Been Helpful To Know Before The Revolution », « Buddy's Rendez-vous », « Hollywood Forever Cemetery Sings », « The Next 20th Century », « I Love You, Honeybear ».

Rappel : « Date Night », « Pure Comedy », « Holy Shit » (acoustic, guitar and piano only)

(Organisation : Ancienne Belgique)

John Cale

John Cale revisite le pré-disco newyorkais des 70’s…

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John Cale vient de sortir un nouveau single. Intitulé "Night Crawling", il s’agit de sa première nouvelle compo depuis 2020, année où il avait gravé un autre single baptisé "Lazy Day" et collaboré avec Kelly Lee Owens sur "Corner of My Sky".

Cale a écrit "Night Crawling" en adressant un clin d'œil au pré-disco du New York des années 70, se rappelant les moments où David Bowie et lui traversaient la ville la nuit. Tout au long du morceau, Cale superpose sa voix inimitable à un rythme endiablé et à des basses planantes. Au fur et à mesure qu'il s'étend, il devient presque dansant avec des percussions et des ronflements de synthétiseur. Cale a joué de presque tous les instruments sur le morceau, à l'exception de la batterie de Deantoni Parks et des chœurs de Dustin Boyer.

Le clip d’animation de "Night Crawling" est disponible

 

Johnny Marr

Boomslang

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Depuis le split des Smiths en 1987, Johnny Marr a participé à de multiples projets musicaux. Et le qualificatif est faible, puisqu'il a collaboré, à des degrés divers, pour les Banderas, Beck, Andrew Berry, Black Grape, Billy Bragg, Bernard Butler, A Certain Ratio, Charlatans, The Cult, Electrafixion, Electronic, Everything But The Girl, Bryan Ferry, Neil Finn, Haven, Impossible Dreamers, Bert Jansh, Denise Johnson, K-Class, M People, Kirsty Mc Coll, Marion, Moodswings, Oasis, Beth Orton, Pet Shop Boys, Pretenders, Quando Quango, Stex, Talking Heads et The The (NDR : ouf !). Excusez du peu ! Pour la toute première fois, il se pose donc en leader d'un groupe : Les Healers. Rien à voir avec ceux de Fred Lani, puisqu'on y retrouve le fils de Ringo Starr, Zak Starkey, aux drums, et l'ex bassiste de Kula Shaker, Alonsa Bevan. Johnny ne se contente plus de jouer de la guitare. Il chante également. D'une chouette voix, dont le timbre campe un hybride entre Crispian Mills et Tim Burgess. En y ajoutant parfois un peu de reverb. Premier opus du trio, " Boomslang ", fait la part belle à la britpop. Tantôt psychédélique, tantôt semi acoustique, tantôt house, elle navigue à la croisée des chemins des Stone Roses, de Kula Shaker, et des débuts d'Oasis. Infecté épisodiquement d'une petite touche de blues. Mais c'est dans sa phase la plus électrique que la formation se révèle la plus excitante, et surtout la plus efficace. A l'instar de l'atmosphérique " The last ride ", réminiscent de Ride, de l'effervescent " Caught up ", du très enlevé " Need it ", écorché par un harmonica grinçant, de l'hypnotique " Long gone " et du dynamique " Bangin' out ". Le reste se dilue un peu trop souvent dans la pop ordinaire. M'enfin, pour un coup d'essai, Johnny Marr vient de commettre une œuvre plus qu'encourageante. Devrait aussi soigner ses lyrics. Enfin, pour ceux qui comprennent la langue de Shakespeare…

John Murry

The stars are god’s bullet holes

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L’histoire de cet artiste n’est certainement pas un long fleuve tranquille et sa biographie ne raconte pas tous les drames humains qu’il a pu endurer au cours de son existence. Ses coups durs les plus récents ? Le décès de son ami et mentor, Tim Money, par ailleurs drummer chez American Music Club, Toiling Midgets et Sun Kil Moon. A cette époque, c’est alors Michael Timmins, le guitariste de Cowboy Junkies, qui va l’aider à remonter la pente et à sortir son deuxième opus solo, « A Short History of Decay », qu’il va par ailleurs produire. 

Puis celui de Bob Frank, disparu en 2019. Un artiste en compagnie duquel il avait enregistré ses deux premiers essais. On comprend ainsi mieux pourquoi ses chansons ne respirent pas la joie de vivre.

« The stars are god’s bullet holes », le troisième elpee personnel de John Murry, a cette fois bénéficié du concours de John Parish (PJ Harvey, Arno, Dionysos, Giant Sand, Sparklehorse, Dry Cleaning), à la mise en forme. Ce qui explique, peut-être la présence d’électronique, dans l’expression sonore ; mais, et c’est une bonne nouvelle, elle ne corrompt jamais l’instrumentation organique.

John est en colère à l’égard de la violence qui gangrène notre société contemporaine, et il la manifeste à travers le single qui ouvre l’album, « Oscar Wilde (came here to make fun of you) », une plage jalonnée d’interventions de pedal steel. Un instrument qu’on retrouve, bien évidemment sur les compos les plus ‘americana’ de ce long playing.

Lorsque les guitares se mettent à bourdonner ou à entrer en distorsion, on entre alors dans un univers plus noisy/rock. A l’instar du titre maître. Incantatoire, il libère une intensité réminiscente du « Gimme shelter » des Stones. A moins que ce ne soit de Sisters of Mercy. Puis du tumultueux « Time & a rifle ». Ou encore de l’expérimental « 1 (1) 1 ». Sans oublier la piste finale, « You don’t miss me (so long) ».

John a également recours à l’électronique, de manière subtile, sans jamais empiéter sur l’instrumentation organique.

Evoluant sur une boucle reptilienne, « You little black book » invite des cuivres, en fin de parcours. Bien qu’imprimé sur un tempo new wave, « Perfume & decay » marche sur les traces de The National.

Titre le plus optimiste (?!?!?), « I refuse to believe (you could love me) » reflète le penchant pour l’autodérision de l’artiste, un titre qu’on pourrait qualifier de glam, mais au drumming particulièrement souple.

Enfin, Murry s’autorise une cover étonnante du « Ordinary world » de Duran Duran. Imprimé sur un tempo fiévreux, le morceau est nappé de claviers ‘manzarekiens’.

Un album sombre, introspectif et décadent, au cours duquel de superbes chœurs féminins –assurés notamment par Nadine Khouri– adoucissent les déclarations révoltées et grinçantes que Murry dispense d’une voix marmonnée, semblable à un discours…


 

John Mary Go Round

Bienvenue dans le bayou des Ardennes walliforniennes…

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Le confinement est terminé ; enfin, on l’espère. On devrait pouvoir reprendre une vie normale. C’est la réouverture des salles de taille moyenne, dont le Zik Zak, à Ittre. Comme en juillet et août 2020, il reprend son cycle de spectacles intimistes (50 personnes par bulle, masque et distanciation sociale de rigueur).

John Mary Go Round est à l’affiche ce soir. Il s’agit du chanteur de Country Cooking, Michel Brasseur, qui se pour la troisième fois au Zik-Zak. Un petit jeune de 56 balais, qui nous vient du delta dinantais, en plein bayou des Ardennes walliforniennes. Ce projet est né dans son esprit, après avoir traversé le sud des States. C’est là qu’il a eu, pour la première fois, l’opportunité de jouer sur une ‘Cigar Box’, instrument primitif fabriqué à l’origine, par les esclaves noirs.

Le concert est partagé en deux parties. Malheureusement, votre serviteur a pris du retard et débarque juste avant que la seconde ne commence. Dès que Michel monte sur les planches, on le reconnaît bien à sa dégaine. Il est toujours tiré à quatre épingles, un stetson enfoncé sur le crâne. Très interactif, il plaisante, signale que le confinement a du bon, car il lui a permis d’écrire de nouvelles chansons.

Il reprend donc sa prestation par « Rolling And Tumbling ». Ce morceau a été enregistré pour la première fois en 1929 par Hambone Willie Newbern. Ce Delta blues classique a été très souvent interprété, parfois avec des paroles et des titres différents, aussi bien par des artistes du Delta que du Chicago blues ou du blues rock ; la version la plus célèbre demeurant celle de Muddy Waters, gravée en 1950. Issu de l’elpee « Take a ride », le rock bien sudiste « Death Walk Blues » nous entraîne au Texas, à la rencontre de Billy Gibbons. Faut dire que la musique de John Mary Go Round nous transporte tout au Sud des States. Au Texas, mais aussi et surtout en Louisiane. Qu’il traverse de long en large, en transitant par les bayous. Jusqu’à la Nouvelle-Orléans pour y goûter les gospels chers à la Tamla Motown. 

Blind Lemon Jefferson avait réalisé deux versions différentes de « See That My Grave Is Kept Clean », en 1927 et 1928. Et celle de Michel tient parfaitement la route. Sa voix est graveleuse. Outre sa cigar box à 3 ou 4 cordes, il se sert également d’un dobro, d’une gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et chante devant un micro américain. Il change de gratte à chaque morceau. Sa technique y est irréprochable. Et le son métallique produit par la cigar box ou la dobro est imparable. Toujours dans un style très roots, Brasseur nous réserve, bien sûr, quelques morceaux issus de son album…

Une petite faveur que Michel pourrait vous accorder si vous ne partez pas en vacances. Qu’il vous invite à monter à bord de sa DeLorean DMC-12 en compagnie du docteur Emmett Brown. Vous pourriez ainsi replonger dans les années 30… là-bas, aux USA… 

Setlist : « Rolling And Tumbling », « Death Walk Blues », « See That My Grave Is Kept Clean », « Walking Through The Back Door », « I Wanna Hear », « Cross Road Blues », « Sandra blues », « Roadhouse Blues »

Rappel : « Walking Blues », « Dust My Broom », « Wet »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Johnny Mafia

Sentimental

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Issu de Sens (NDR : une commune française sise à 100 km au sud-est de Paris, dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté), Johnny Mafia nous propose son troisième elpee, un disque qui fait suite à « Michel Michel Michel » (NDR : titre choisi en référence à un sketch de François Damiens, alias François l’Embrouille) paru en 2016 et « Princes de l’amour », en 2018, un long playing qui avait bénéficié du concours de Jim Diamond (White Stripes) à la mise en forme.

Si les deux premiers opus trempaient dans le garage, « Sentimental » lorgne davantage vers le pop/rock des 90’s nourri aux guitares cinglantes. Et on pense ici d’abord aux Pixies. Pourtant accrocheuses, les mélodies rappellent tantôt la power pop d’Ash ou le skate punk de Green Day voire de Weezer. Même que parfois la voix du chanteur évoque celle de Rivers Cuomo et les harmonies vocales douces-amères celles des deux bands californiens. Hormis le final « On my knees », une plage imprimée sur un mid tempo, les autres morceaux sont enlevés et saignants et quelquefois aussi tumultueux (« Split tongue ») que sauvages. Si deux pistes évoquent les jeux vidéo de la culture ‘Geek’ (« Trevor Philippe » et « TV and Disney »), « I’m sentimental » et l’hymnique « Aria » constituent les points d’orgue d’un album qui tient parfaitement la route…

Jeremiah Johnson

Unemployed highly annoyed

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Jeremiah Johnson est issu de St Louis, dans le Missouri. Sa musique baigne dans le blues et le southern. Ce presque quinquagénaire s’est entouré d’un backing group en 2009. Et dans la foulée, la formation a gravé "9th & Russell", un premier elpee. En 2018, Thomas Ruf l’intègre dans son écurie. Jeremiah y publie alors "Straitjacket", un long playing qui rencontre un énorme succès, en décrochant une pole position au sein du ‘Billboard Blues Chart’.

Lors des sessions de son quatrième LP, Jeremiah a reçu le concours de ses musiciens ; en l’occurrence le bassiste/claviériste Paul Niehaus IV et le drummer Tony Antonelli. Mais Niehaus a également invité des potes dans son studio Blue Lotus. En outre, non seulement il se charge des claviers sur la grande majorité des plages, mais il assure également la production. "Unemployed highly annoyed" recèle huit plages dont une reprise. Elles s’inspirent de la sombre époque que nous vivons, une situation causée par une pandémie qui force les musiciens à l’inactivité.

Southern rock, "Burn down the garden" est une superbe ouverture. Face à l’orgue, la voix colle parfaitement au style et Jeremiah s’autorise déjà une belle envolée sur ses cordes. Tout comme sur "Muddy black water", un titre dont le climat singulier et exotique est entretenu par les percussions et le piano électrique. La cover du "Cherry red wine" de Luther Allison est impeccable, un bues lent qui n’atteint cependant pas l’excellence de la version originale. Pas de claviers pour "Daddy's going out tonight", un rockin' blues dispensé sous la formule du trio classique, qui fait mouche. Naturellement funky, théâtre de beaux échanges entre cordes et clavier, le titre maître est contaminé par cette période Covid. Slow blues somptueux mené à la texane, "Different plan for me" est tapissé par la chaleur feutrée de l'orgue. Jeremiah est convaincant au chant, tout en arrachant de sa gratte, des notes dignes d'Albert Collins. Orgue et cordes continuent de nous enchanter tout au long du lent et intimiste "Love and sympathy". De très bonne facture, cet opus s’achève par le judicieusement intitulé "Rock'n'roll for the soul"…

John Prine

Sortie d’une chanson posthume pour John Prine, décédé ce 7 avril dernier…

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John Prine est décédé ce 7 avril dernier, après avoir contracté le Covid 19. Il était né le 10 octobre 1946, à Maywood, dans l’Illinois. Auteur, compositeur, interprète et poète américain, il était considéré comme une figure de proue du country/folk américain. Il avait entamé sa carrière au début des seventies et ses chansons ont été interprétées ou reprises par de nombreux artistes tant féminins que masculins ; et notamment Joan Baez, Bette Midler, Johnny Cash, Theo Hakola, Al Kooper, Bonnie Raitt, Bettye LaVette, Alison Krauss et Robert Plant.

Posthume, sa dernière chanson s’intitule « I remember everything ; et elle est d’une extrême douceur. Un legs qu’il a laissé avant d’aller rejoindre ses pairs au firmament des stars incontournables de la musique country/folk…

La version live de ce titre est en écoute ici

https://www.johnprine.com/

John Mary Go Round

Le bayou dinantais, fallait quand même oser !

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John Mary Go Round, c'est le patronyme choisi par Michel Brasseur, le chanteur de Country Cooking, pour son projet solo, un projet qu’il a monté en 2016. L'idée lui est venue en traversant le sud de l'Amérique. ‘C'est là que j'ai eu la première fois l'occasion de jouer sur des ‘cigar box guitars’ (NDR : instruments primitifs fabriqués par les esclaves noirs, et dont la caisse de résonance est une boite à cigare’), explique-t-il. L'effet sera immédiat : ‘Je devais jouer de ces instruments sur scène’, ajoute-t-il.

Chapeau stetson rivé sur la tête, chaussé de lunettes fumées, vêtu d’un costume 3 pièces, dont un pantalon retenu par des bretelles larges du Kentucky et d’une chemise blanche, le Dinantais s’installe sur son siège. Il fait une chaleur caniculaire dans la salle ; faut croire que Michel a enfilé un costard climatisé. On distingue la présence de 5 grattes à sa droite et devant lui, la cymbalette à pieds et les cajons.

Le set sera divisé en 2 parties de plus de 50 minutes, entrecoupé par un entracte d’un quart d’heure, moment au cours duquel Michel va discuter avec le public. Un public apparemment de connaisseurs, aussi attentifs qu’attentionnés. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du Zik-Zak. Le son est excellent. Aux manettes : Olivier Delescaille, le sixcordiste de Beautiful Badness.

Michel ouvre son récital par le titre éponyme de son premier album solo, « Take a Ride », une compo qu’il interprète à la gratte et à l’harmo. C’est le premier saut dans les marais du bayou. A cet instant, on imagine les esclaves noirs victime de la ségrégation raciale qui fuyaient vers le Nord des States.

Lors des morceaux les plus sauvages, donc garage/punk/blues, on ne peut s’empêcher de penser au groupe liégeois, The Experimental Blues Band, mais également au Jon Spencer Blues Band.

Il embraie par « Old Friend ». Vu qu’il ne se débarrasse toujours pas de son costume, certains spectateurs commencent à avoir chaud pour lui. Votre serviteur, aussi. Puis, il aligne « Six Billions Flowers » et « You’re Right », en respectant l’ordre chronologique de son dernier elpee. Il nous réserve une superbe cover du « Sweet dreams » d’Eurythmics. Si Marilyn Manson en avait réalisé une interprétation burnée, on se souvient surtout de celle qu’Annie Lennox avait accordée sur la plaine de Werchter, en soutien-gorge de couleur rouge. Pour Michel c’est en costume-cravate-chapeau. Il attaque ensuite « I heard the wind ». On aurait préféré sentir son souffle !

Michel change de gratte entre chaque morceau, mais sa technique est irréprochable, sur les cordes. Les sonorités qu’il en extrait sont particulièrement métalliques, et tout particulièrement sur les cigar box et la dobro. Ses interventions à l’harmo sont à couper le souffle (!?!?). Son blues/roots lorgne parfois vers Seasick Steve. Chevrotante, graveleuse et filtrée par le micro américain, sa voix colle très bien à la tessiture des cordes de la cigar box.

En se servant de deux de ces cordophones, à 3 ou 4 cordes, d’un dobro, d’une Gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et d’un micro américain, John Mary Go Round est parvenu à nous faire traverser le bayou (dinantais ?) de la Louisiane de long en large.   

Ce soir votre serviteur a passé la meilleure soirée de son année, depuis l’apparition du Covid 19. Le bayou dinantais, fallait quand même oser !  Vivement le prochain épisode ! Ce sera encore du blues, mais à la Madeleine. En occurrence Larkin Poe !

Setlist : « Take a ride », « Old friend », « Six billions flowers », « You ´re right », « Sweet dreams » (cover Eurythmics ), « I heard the wind », « I Play Alone », « 81 square feet », « Death walk blues », « Born along the river », « Walking through the back door », « I wanna hear », « Sandra blues »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

John Primer & Bob Corritore

The gypsy woman told me

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L'un est noir, chante et joue de la guitare, l'autre blanc, souffle dans son harmonica. Deux artistes reconnus dans l’univers du blues. Le premier, John Primer, accuse 75 ans. Il vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Son haut fait d'armes ? Avoir été membre du Muddy Waters Band durant les trois dernières années de vie du bluesman légendaire. Mais il a également et longtemps accompagné une autre grande figure du blues, Magic Slim, au sein de Teardrops.

Bob Corritore est âgé de 63 ans. Il est propriétaire du Rhythm Room, un club notoire de Phoenix, en Arizona. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, le plus souvent, sous le patronyme, Bob Corritore & Friends. Il avait déjà gravé deux long playings avec John Primer, deux disques parus chez Delta Groove, "Knockin' around these blues", en 2013, et "Ain't nothing you can do!", en 2017.

"The gypsy woman told me" est découpé en douze plages. En studio, le tandem a reçu le concours d'amis, tous excellents musiciens. Essentiellement constituées de reprises signées par de célèbres bluesmen, les sessions se sont déroulées dans une ambiance propice aux jams.

Dynamique, le "Keep A-driving" de Chuck Willis (NDR : un artiste trop tôt disparu à l'âge de 30 ans) ouvre l’elpee. "The gypsy woman told me" est issu de la plume de Muddy Waters. La reprise, qui met en exergue le piano de Bob Welsh, la slide de John et bien sûr l'harmo, est impeccable et nous entraîne au cœur du Chicago southside. L’adaptation acoustique du "Gambling blues" de Lil' Son Jackson (NDR : un Texan !) est chargée de feeling. Signé Sandy Jones (NDR : c’est lui qui avait composé "Laudromat Blues" pour Albert King, en 1966), il constitue un des sommets de cet LP. Les interventions à l’harmo de Bob sont bouleversantes tout au long du "I got the same old blues" de JJ Cale, une plage qui bénéficie de la participation Jimi ‘Primetime’ Smith (NDR : un pote issu de Chicago) aux cordes. Bob Corritore ressuscite le fantôme de Sonny Boy Williamson 2 sur son "My imagination". Le "Left me with a broken heart" de Jimmy Rodgers nous replonge dans cette superbe ambiance du Chicago de la grande époque. Billy Flynn y brille aux cordes. Tout comme lors de la finale, une reprise du "Ain't gonna be no cuttin' loose" de James Cotton, au cours de laquelle il épaule Bob…

Jeremiah Johnson

Heavens to Betsy

Écrit par

Jeremiah Johnson est originaire de St Louis, dans le Missouri. Il y a d’ailleurs passé toute sa jeunesse. Parmi ses références majeures, il cite Eric Clapton, Alvin Lee, Hank Williams Sr et Jr. En 1999, il part vivre à Houston, au Texas. Il y restera une dizaine d'années. Le temps de bien assimiler le Texas blues. De retour sur sa terre natale, ce chanteur/guitariste décide d’intégrer ces nouvelles influences à son blues/rock. Ce n’est qu’à partir de son quatrième opus, "Grind" (NDR : gravé en 2014, il bénéficie du concours de Devon Allman à la production), qu’il est enfin reconnu par la critique. Il embraie par "Blues heart attack", en 2016, avant de signer sur le label allemand Ruf. Ecurie pour laquelle il sort "Straitjacket", en 2018, un long playing mis en forme par Mike Zito. "Heavens to Betsy" constitue donc son 7ème LP.

Le disque s’ouvre en force par "White lightning", un southern rock très bien ficelé, manifestement marqué par la large famille Allman. Les cordes de Jeremiah occupent tous les espaces libres et prennent leur envol dès qu’elles en ont l’occasion ; à l’instar de "Soul crush". Mais dans l’ensemble, c’est le saxophone de Frank Bauer qui souffle sur les braises. La voix colle parfaitement à "Tornado", une superbe fresque sudiste réminiscente de Devon Allman. Le répertoire de Johnson est varié. Ainsi, "Ecstasy" est une ballade lente aux accents pop, chaleureusement tapissée par l'orgue de Steff et au sein de laquelle le sax de Bauer s’incruste. Caractérisés par leurs riffs puissants, "Forever and a day" et "American steel" nous replongent dans le rockin' blues des années 70. Pensez à Bad Company voire à Whitesnake. Particulièrement country, americana même, "Leo Stone" conjugue cordes acoustiques et électriques, ces dernières flirtant avec le style de Dickey Betts. Dans le même genre, "Long way home" est une plage rappelant le Band de Bob Dylan, une remarquable ballade à la solide mélodie, à l’ambiance décontractée et au climat généreusement nappé d’interventions à l'orgue Hammond. Jemeriah nous réserve également deux rock'n'roll dynamiques, "Castles in the air" et "Preacher's daughter". Une seule reprise sur ce long playing, le franchement blues "Born under a bad sign" de Booker T Jones. Le célèbre Albert King l’avait traduit en succès dès 1967, alors que l’année suivante, le trio anglais The Cream en avait réalisé une superbe version…   

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