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Julia Drouot a coupé court…

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Pulp

Pulp en veut plus…

Pulp sortira son nouvel album « More », le 6 juin 2025. Il s’agit de son premier depuis près de vingt-quatre ans.

En attendant, il nous propose l'hymne « Spike Island », une combinaison de synthés, de violon et de guitare slide, amplifiée par le producteur James Ford (Arctic Monkeys, Fontaines DC) qui a également produit l'opus.

Les paroles de « Spike Island » ont été coécrites par Jason Buckle (Relaxed Muscle).

Jarvis a déclaré au sujet de la vidéo de « Spike island » :

‘Mon idée initiale était de produire une sorte de vidéo ‘making of’ qui montrerait comment les photos ont été prises ; mais dès que j'ai introduit la première photo dans l'application d'I.A., j'ai réalisé que cela n'allait pas se produire. J'ai donc décidé de ‘suivre le courant’ et de voir où l'ordinateur me mènerait.

Le week-end où j'ai commencé à travailler sur la vidéo a été une période étrange. Je sortais de chez moi et je m'attendais à des transformations bizarres de mon environnement à cause des images générées par l'ordinateur. Cette expérience m'a marqué. Je ne sais pas si je m'en suis remis...’

Et au sujet de « More » :

‘C'est le premier album de Pulp depuis »We Love Life" en 2001. Oui : le premier album de Pulp en 24 ans. Comment cela s'est-il produit ?

Lorsque nous avons repris la tournée en 2023, nous avons répété une nouvelle chanson intitulée « Hymn of the North » pendant les balances et nous l'avons jouée à la fin de notre deuxième soirée à la Sheffield Arena. Cela a semblé ouvrir les vannes : nous avons imaginé le reste des chansons de cet album au cours de la première moitié de 2024. Certaines reprennent des idées du siècle dernier. La musique d'une chanson a été écrite par Richard Hawley. La musique d'une autre l’a été écrite par Jason Buckle. La famille Eno fait des chœurs sur une autre encore.’

L'elpee a été enregistré en trois semaines par James Ford à Walthamstow, Londres, à partir du 18 novembre 2024. Il s'agit de la durée d'enregistrement la plus courte pour un album de Pulp.

Pour découvrir « Spike Island », sous forme de clip, c’est

 

Swirlpool

Distant Echoes

Écrit par

Fondé en 2017, Swirlpool est originaire de Regensburg en Allemagne. Depuis ses débuts, il est resté fidèle à la maxime : ‘sonne mieux avec de la réverbération et de la distorsion’.

Après avoir publié l’Ep « Camomile' » en 2018 et quelques singles, il a sorti son premier elpee « Distant Echoes », ce 22 mars 2024, un disque mixé par Mark Gardener, l’un des deux chanteurs/guitaristes du légendaire groupe de shoegaze, Ride. Pas étonnant, dès lors que Swirlpool évolue dans les mêmes eaux sonores…

Dans ses textes, le groupe aborde pour thèmes, la nostalgie, l’angoisse adolescente, la dépression, la paranoïa, l’extase…

« Distant Echoes » est disponible sous forme de clip ici

Podcast # 32 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Rodolphe Coster

Intimiste et minimaliste…

Ce soir, l'AB Club accueille des artistes qui possèdent plusieurs cordes à leur arc ! Et pour cause, le violon est omniprésent, grâce à Catherine Graindorge et son groupe Nile On waX mais aussi, Rodolphe Coster, programmé en première partie, qui propose de nombreux arrangements de cordes.

Figure connue de l'underground bruxellois, Rodolphe Coster a sorti, il y a quelques mois, un premier elpee solo qui a fait grand bruit. Gravé par Capitane Records, "High With The People" a été enregistré à New-York dans un studio légendaire et on y retrouve une palette internationale de musiciens exceptionnels. La musique est inclassable. Naviguant quelque part entre no-wave, post-punk, shoegaze, noise, post-rock et avant-garde, elle évoque autant Tuxedomoon, John Maus et Molly Nilsson que Radiohead, Nine Inch Nails et les Pixies. Excusez du peu ! Ce soir, Rodolphe est seul sur scène, pour un set semi-acoustique au cours duquel il revisite les chansons de son album. Certains titres, comme le single “Seagulls Fly on Highways”, sont interprétés de manière dépouillée, à la guitare sèche mais sur d'autres compos, on découvre des arrangements de cordes préenregistrés véritablement époustouflants. Rodolphe le précise : ils ont été élaborés par Atsuko Hatano, l'artiste japonaise qui avait précisément contribué à la confection de l'opus. Mentions particulières également aux superbes “Dolls Her Maps” et “Burglar Blames Shadows”. C'est apparemment en voyant HTRK en concert que Rodolphe a décidé de concevoir cette formule intimiste et minimaliste. Visiblement ému, l'artiste révèle, ce soir, cette fragilité et cette sensibilité à fleur de peau qui le rendent si attachant. Une invitation à acheter son LP et à aller le découvrir en compagnie de son groupe au grand complet le plus vite possible !

Après quelques minutes de pause, c'est au tour de Nile On waX de grimper sur le podium. Le trio implique la violoniste Catherine Graindorge, le bassiste David Christophe et le batteur Elie Rabinovitch. Pour rappel, Catherine jouit d'une réputation internationale, comme en témoignent ses collaborations avec Iggy Pop, John Parish, Nick Cave, Hugo Race et bien d'autres. Après trois albums, des compositions pour la danse et le cinéma, le trio vient présenter un tout nouvel LP, “After Heaven”, paru sur le label allemand Tonzonen Records.

Dès les premières notes d'”Eternity”, on reconnaît le style musical unique de la formation, qui oscille entre post-rock, 'ambient', jazz-rock, psyché et musique de film. Le violon de Catherine Graindorge tisse des volutes sonores, tantôt chatoyantes, tantôt stridentes, pour créer un univers cinématographique totalement hypnotique. Par moments on pense aux productions du label ECM, ou à la musique du film ‘La Dernière Tentation du Christ’ de Peter Gabriel. Dans “More Icon”, un hommage au compositeur italien, l’expression sonore répercute un écho lointain aux envolées d'un Max Richter ou aux harmonies écorchées d'un Warren Ellis.

Si on connaissait toute l'étendue du talent de la violoniste belge, on est tout aussi impressionné par la maestria affichée par les deux autres musiciens. David Christophe utilise sa basse de façon très versatile, lui conférant tour à tour des sonorités d'un synthé, d'une guitare électrique, voire même d'un instrument à cordes. Quant à Elie, le compagnon de Catherine, c'est un batteur d'une finesse et d'une justesse remarquables. Il émane de lui une impression de puissance, d'élégance et de sérénité.

Après “Improbable”, un single… improbable, comme l'annonce avec humour David Christophe, le groupe s'autorise un détour par son 3ème album, “Bell Dogs”, pour offrir “Rhapsody” et “Pixelated Dream”. Après des applaudissements nourris du public, nous aurons droit, en rappel, à un magnifique extrait de la bande originale du film “L'Œil Silencieux”, du réalisateur belge Karim Ouelhaj, qui a été composée par le trio.

Le plaisir aura été trop court. Pendant quelques instants, nous avons vécu un voyage interstellaire et tellurique, suspendus hors du temps, la tête dans les étoiles et le corps enraciné dans la terre-mère, au sein d’un espace onirique vibrant et d'une déchirante beauté...

Setlist Rodolphe Coster:
Oh the candy clouds
Dolls Their Maps
Seagulls Fly on Highways
Plante
Dogstroke
Burglar Blames Shadows

Pour en savoir davantage sur Rodolphe Coster, cliquez sur son nom dans le cadre réservé aux informations supplémentaires, ci-dessous.

Pour acheter son album, c’est ici

Pour écouter l'interview de Rodolphe Coster dans l'émission WAVES, c'est

Crédit Photo : Axel Tihon - Branchés-Culture (Branchesculture.com)

Pulp

Décès de Steve Mackey, le bassiste de Pulp

Écrit par

Steve Mackey, le bassiste de Pulp est décédé ce jeudi 2 mars à l’âge de 56 ans. Pulp s’est formé à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, en 1978. Steve Mackey a rejoint le line up en 1989. Il a ainsi participé aux sessions d’enregistrement des elpees, « Separations », « Different Class », sur lequel figure le hit « Common people », et « His 'n' Hers ». Il était revenu au sein du band de 2011 à 2013, participant à la tournée de reformation, mais avait décliné celle qui devait débuter l’été prochain, afin de poursuivre ses projets dans le cinéma, la photographie et la musique. Il était d’ailleurs devenu producteur et avait mis en forme, notamment, des albums de M.I.A., The Horrors, Florence + the Machine ou encore Arcade Fire.

RIP

Delphine Coutant

La Galaxie du sculpteur…

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Cinq ans après avoir publié l'album « La Nuit Philarmonique », Delphine Coutant est de retour. Son sixième opus « 2 Systèmes Solaires » a bénéficié du concours d’un Octuor à Cordes, lors des sessions d’enregistrement. Il est paru d'abord en digital le 02 décembre 2022, et sortira en physique le 3 février 2023.

La chanteuse, qui entretient un rapport fusionnel à la nature, y dévoile ses nouvelles chansons aux textes surréalistes et aux musiques mâtinées d’influences classiques et discrètement pop.

Afin de composer la partition pour Octuor de cet elpee, Delphine Coutant a étudié, durant quatre ans, l’écriture musicale, l’arrangement et l’orchestration au Conservatoire de musique de Nantes.

En résidence au Laboratoire de Planétologie et Géosciences de Nantes, elle a visité son Planetarium ainsi que les réserves muséales du Muséum d’Histoire naturelle de Nantes. Ce qui l’a inspirée pour son premier single baptisé « La galaxie du sculpteur ». Filmé en répétition par Yannis Pachaud, le clip montre ce foisonnement de matières et de sons, au plus près de chaque musicien-ne, à travers un mouvement de caméra qui ne cesse de tourner lentement comme lors de la rotation des planètes.

La vidéo de « La Galaxie du Sculpteur » est disponible

 

Rodolphe Coster

En mémoire de Gilles L.

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Une dizaine de jours avant la sortie de son premier album, Rodolphe Coster et son team ont sorti un nouveau single sobrement intitulé « Gilles Memory ».

D’une durée de 4 minutes et 32 secondes et caractérisé par une ligne de basse prête à se faire une place dans l’histoire du rock, le single surprend par sa puissance, son évidence et son urgence.

Toute l’énergie du groupe de Rodolphe s’y exprime : Matt Jones de Male Gaze à la basse, Jeff Tobias de Sunwatchers dans une partie de saxophone hallucinée, Maya Postepski pour une batterie des plus frénétiques... Le tout enregistré au mythique studio G de Brooklyn.

Sur une boucle transcendantale et punk, la voix de Rodolphe exprime un hommage poétique et déchirant, plein de douleur, d’amour et de rage, à Gilles L., un ami de Rodolphe ayant tragiquement trouvé la mort lors des attentats de Bruxelles en 2016.

Leonard Cohen disait que la poésie est faite des cendres de l’existence. « Gilles Memory » est un morceau d’une puissance incroyable célébrant la mémoire de cette victime et les lueurs de l’amitié.

Artiste multidisciplinaire et personnage légendaire de la scène bruxelloise, Rodolphe Coster a déjà vécu plusieurs vies, plusieurs morts et autant de résurrections.

L’album enregistré au mythique studio G à Brooklyn a été produit par Matt Jones de Male Gaze et réunit une équipe de rêve, puisqu’il a notamment impliqué Jeff Tobias (Sunwatchers), Sarah Register (Lou Reed, Depeche Mode), Atsuko Hatano, (Jim O’Rourke) et Maya Postepski aka Princess Century (The Organ).

Il en résulte un rock froid et irrévérencieux, libre de tout carcan et suintant la rage de vivre par tous les pores.

« Gilles Memory » est à écouter ici

 

Ralph of London

Yellow sky highway (Ep)

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Ralph of London, c’est le groupe de Ralph Phillips, un auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur, né à Hackney, en Angleterre. Avant de fonder cette formation, il a développé de multiples projets musicaux, artistiques et cinématographiques et a également assuré le rôle de musicien de tournée. Drummer, il a sévi chez Scritti Politti de 2006 à 2008 et milite au sein du band de l’ex-Felt Lawrence Hayward, Go-Kart Mozart, depuis 2011.

Ce Britannique a recruté ses musicos dans le Nord de la Fance, parmi lesquels on épinglera Diane Verspeeten qui partage les parties vocales avec lui. La voix de Ralph évoque étrangement celle de Green Gartside… le leader de Scritti Politti. Et lorsque les deux artistes les conjuguent en harmonie, on ne peut s’empêcher de penser à Chumbawamba (« White bred blues »). Naviguant à la croisée des chemins de la britpop, du folk et de la world, à cause des accès de polyrythmie africaine, de la new wave et de la synth pop, les 5 titres de cet Ep tiennent parfaitement la route ; des chansons élégantes, rafraîchissantes, auxquelles il manque sans doute quelques éclats de guitare pour les rendre incontournables. Mais ce n’est peut-être aussi qu’une question de goût…

Slow Pulp

Moveys

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Les circonstances extrêmement difficiles de la période qui a précédé la parution de cet elpee (bouleversements personnels, maladie de Lyme pour Massey et grave accident de voiture pour ses parents, une semaine avant la pandémie) ont véritablement cimenté l’amitié qui lie les musiciens de Slow Pulp. Faut dire l’origine du combo remonte à l’école primaire, fréquentée par Mathews et Stoehr, se produisant alors ensemble depuis la sixième année, tout en grandissant à Madison, dans le Wisconsin.

Aujourd’hui établie à Chicago, la formation nous propose son premier album. Intitulé « Moveys », il est découpé en 10 titres pour un total de 26 minutes. Entre noisy, shoegaze et dream pop, les compos naviguent à la croisée des chemins de Pale Saints, Swerverdriver et Ride. Plus noisy pop, le sinueux « Track » évoque même My Bloody Valentine. Faut dire que les harmonies vocales éthérées, en couches, et la voix diaphane d’Emily Massey accentuent cette impression. Chargé de nuances folk, « New horse » est sculpté dans des cordes de gratte acoustiques. Jouées en picking, elles sont empreintes de délicatesse. Des cordes qui scintillent tout au long de « Channel 2 », une piste que se réserve Alex Leeds, au lead vocal. Percutant, « At it again » se charge d’intensité électrique à mi-parcours. Une électricité qui devient de plus en plus cinglante, mais en se ménageant des tonalités carillonnantes, sur le groovy « Idaho », une plage imprimée sur un mid tempo qui aurait pu figurer au répertoire de Veruca Salt.

Bénéficiant d’interventions discrètes au violon dispensées par Molly Germer, collaboratrice d’Alex G, le brumeux « Falling apart » s’enfonce dans le slowcore alors qu’enrichi par le concours de Willie Christianson à la slide et à l’harmonica, le plus country « Montana » marche carrément sur les traces de Neil Young. Exquis !

LP

Une personnalité forte et fragile à la fois

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Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Valparaìso

Broken Homeland

Écrit par

Premier album pour Valparaiso, un groupe parisien né sur les cendres de Jack the Ripper et de The Fitzcarraldo Sessions. Drivée par les frères Mazurel, elle implique également le batteur Thomas Belhom, le guitariste Mathieu Texier (Les Hurleurs) et Adrien Rodrigue, un autre ex-Jack the Ripper.

Véritable tourbillon de noms au générique de « Broken Homeland », la formation parisienne y invite, en effet, une belle brochette de collaborateurs, dont Phoebe Killdeer (Nouvelle Vague), Dominique A., Rosemary Standley (Moriarty), Julia Lanoë (Mansfield Tya), Shannon Wright, Howe Gelb (Giant Sand) et Marc Huygens (Venus, JOY)… sans oublier John Parish qui se consacre au chant, à la guitare, au mixage et à la production ! Tel le port chilien dont il porte le patronyme, Valparaiso souhaite devenir un endroit d’échanges et de partages musicaux. Et la mission est plus que réussie… Sur d’élégantes instrumentations (rappelant Calexico ou Tindersticks), enregistrées entre Bristol, Versailles et Bruxelles, les musiciens viennent poser leurs voix et autres instruments pour alimenter des titres aux ambiances diverses. Outre le spoken word de Rosemary Standley tout au long de « Fireplace », la fougue de Shannon Wright sur « The River », la country alternative chère à Howe Gelb ou la langueur de Josh Haden (Spain), le long playing recèle des titres en français auxquels participent Dominique A et Julia Lanoë. Plus qu’un simple caprice collectif ou un concept album bateau, « Broken Homeland » constitue un beau laboratoire d’idées… et un port d’attache incontournable !

 

Alpha Whale

Et Paon dans ta gueule !

Écrit par

Le ciel bleu avale le vent au-dessus de la coupe des sapins.
L’air est agréable, l’humeur est à la détente.
De parfaites conditions pour apprécier pleinement les prestations quelque peu insolites, mais fichtrement sympathiques de deux groupes observés dans notre rétroviseur depuis quelque temps. Ils doivent s’installer, en cette fin de journée, dans le jardin.
Un jardin vaste qui se prête au jeu avec bienveillance.
Tout heureux d’accueillir dans le plus grand secret deux belles bêtes de notre catalogue national.
Sauf que l’une d’elle manque lâchement à l’appel.
Sans pour autant tirer de Paon sur la comète, on estimait que cette double affiche avait de la gueule.
Le concept original offert par le label 62 TV, fêtant ses vingt ans de bien jolie manière, proposait donc aujourd’hui les concerts de deux de ses petits protégés dans le parc des oliviers
(un seul en vérité, mais le meilleur).

Suite au désistement du premier combo (NDR : nous ne le citerons pas, mais votre attention subtile ne manquera certainement pas de le repérer à travers les lignes précédentes), il revenait donc à Alpha Whale l’honneur d’ouvrir et fermer le bal.

Après avoir traversé tout le pays pour se prêter au jeu –le plus naturellement possible et avec conviction– nos Ostendais entament leur show sous une tonnelle dressée tout spécialement pour l’occasion ; et elle va très vite démontrer son utilité, alors que soudainement le ciel s’assombrit.

Émanant du lointain d’une reverb poussée à l’extrême, les voix nous parviennent, surfant sur les motifs ensoleillés de guitares diluées dans un écho spatial reproduisant ce son caractéristique d’une Pop Psyché teintée d’Allah Las, alors que le phrasé débonnaire et nonchalant rappelle The Growlers dans toute sa superbe.

L’eau commence cependant à s’immiscer de toutes parts en dessous de ce chapiteau improvisé tandis que des trombes s’abattent tout autour, sans perturber outre mesure le groupe, qui relève pourtant la tête à intervalles réguliers pour s’assurer que l’orage ne va pas nous submerger.

Au contraire, puisque c’est bien leur set qui aura le dernier mot et emportera l’enthousiasme d’un public majoritairement étranger à ce type de musique.

Pour clôturer ce petit spectacle, une dernière petite surprise attend les invités, puisque sous l’insistance d’applaudissements nourris, le band se reforme petit à petit autour de The Glücks qui l’accompagnait ce soir.

Une petite ‘Jam’ diablement efficace qui donne envie de suivre à la trace ce duo dans les toutes prochaines semaines, sans perdre de vue bien sûr, Alpha Whale, qui ce soir, nous a prouvé qu’on pouvait compter sur lui (NDR : et nous ne pourrons Paon en dire autant de l’autre formation dont je tairai décidément le nom jusqu’au bout).

(Organisation : 62TV / Givroulle boulettes)

 

Gulp

Season Sun

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Profitant de la mise en veille de Super Furry Animals, Guto Pryce, le bassiste du band gallois, s'est lancé, au cours des deux dernières années, dans un nouveau projet : Gulp. Une aventure qu'il partage en compagnie de son épouse Lindsey Leven et du guitariste Gid Goundrey. La batterie est tour à tour confiée à Gwion Llewelyn (ex-Race Horses) ou à son vieux comparse Dafydd Ieuan. Un autre SFA est également de la partie puisque Cian Ciaran se charge du mixage.

Comme beaucoup de sorties actuelles, "Season Sun" puise pas mal de ses influences dans le psychédélisme des sixties et du début des seventies. Synthés analogiques, guitares et basses fuzz confèrent un délicieux charme vintage à cette estivale ballade pastorale. Cet univers rétro est un parfait écrin pour la voix suave de Lindsey Leven. On pourrait la situer entre Alison Goldfrapp et Trish Keenan même si les intonations de l'Ecossaise sont souvent plus folk que ses consoeurs. La pureté de son chant sur "Game Love" peut même évoquer Vashti Bunyan.

"Vast Love", le morceau le plus rythmé de l'album, pourrait très bien avoir été composé par Django Django et mériterait de devenir un tube indie. Tout comme l'hypnotique "Clean & Serene", une perfection synth-pop à la rythmique motorik. D'autres tracks lorgnent davantage vers le psych-folk des sixties comme le délicat "Grey Area". Et l'on retrouve encore cette époque sur "Let's Grow", "Seasoned Sun" et "Play" qui ne sont pas sans rappeler Love. Les sonorités de la basse de monsieur Pryce y sont sans doute pour beaucoup.

Bref, "Season Sun" ne manque pas de qualité. Ses mélodies accrocheuses se découvrent avec grand plaisir et se réécoutent sans lassitude. Les nombreuses interventions du farfisa et autres synthés analogiques sont un régal pour l'amateur de sonorités vintage. Ces atmosphères nonchalamment psychédéliques devraient sans doute parler aux amateurs de Broadcast, Stereolab et des trop méconnus Soundcarriers. Elles ont en tout cas convaincu le jury du Welsh Music Prize, les victoires de la musique galloise, organisées par la BBC. L'album y sera en compétition avec ceux, entre autre, de Manic Street Preachers, Cate Le Bon, Future of The Left, Joanna Gruesome et d'une vieille connaissance, un certain Gruff Rhys...

Gulp est donc bien la bouffée d'air frais promise. Et "Season Sun", un album particulièrement agréable. Léger mais revivifiant comme un rayon de soleil sur le mont Snowdon.

 

Delphic

The Downward Spiral

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Chronique d’un buzz inversé. Ce lundi 4 mars, les Britons de Delphic investissaient l’Ancienne Belgique afin d’y présenter « Collections », leur second LP paru en janvier dernier. Initialement prévu à l’ABBox, le trio et l’AB ont dû revoir leurs ambitions à la baisse, vu la vente désastreuse de tickets pour l’événement. A voir ses salles se remplir en un clin d’œil de plus en plus régulièrement, l’AB ne serait-elle pas devenue trop gourmande ? Ou la faute revient-elle à la formation qui a eu les yeux plus gros que la fanbase ? Delphic a malgré tout respecté son engagement en déménageant son matériel vers l’ABClub, pour un concert plus intimiste que prévu.

Petite  surprise en débarquant à l’AB sur le coup des 20h40 : le hall menant vers la grande salle, qui dans ce cas-ci aurait dû être convertie en ABBox, est totalement vide. Une affiche annonce pourtant la vente des tickets à 19€/pièce. A droite, un vigile attend aux pieds des escaliers menant au Club. Le franc tombe. C’est donc en comité très réduit que vas se dérouler le concert de Delphic. L’effet est proportionnellement inverse au passage de la formation dans nos contrées, il y a 3 ans. A l’époque, face à la demande, le concert du trio prévu au Witloof Bar du Botanique, obtenait un ‘upgrade’ vers la Rotonde.

Il faut dire que la promo pour « Collections » est autrement plus discrète que celle d’« Acolyte », le premier opus, qui a récolté en son temps aussi bien succès critique que public. Le disque est d’ailleurs parvenu à atteindre le Top 10 des albums en Grande-Bretagne, début 2010. Et aux prémices du mois de février 2013, c’était au tour de « Collections » de faire ses preuves. Un mois d’exploitation plus tard le verdict est sans appel. Le flop.

Delphic a encore quelques mois pour remonter la barre en publiant un single salvateur. Un pari qui lui sera difficile à tenir tant le contenu de la plaque n’inspire pas grand-chose. La synth-pop étayée sur l’excellent « Acolyte » a désormais muté en condensé de pop-rock plutôt banal, malgré ses accents électro. En fait, dès l’entame du disque, on sent très clairement la volonté du trio de donner une dimension résolument pop-rock à ses compos, au point d’en enfoncer parfois leurs têtes dans le derrière d’un certain Matt Bellamy. Elément d’autant plus étonnant que la plaque est en partie produite par Tim Goldsworthy (DFA Records), qui a jusqu’alors habitué ses adeptes à des productions de qualité largement supérieure.

Ce soir, le line-up de Delphic compte cinq membres, pour (espérer) frapper fort. Ce sont d’abord Dan Hedley, membre honoraire de la formation et préposé aux fûts, et un guitariste complémentaire qui entrent en scène. Très vite suivis de James Cook, Richard Boardman et Matt Cocksedge. La formation démarre son set par « Baya », dernier single en date. Rien de transcendant. Ce n’est que lorsque le combo enchaîne sur les synthés délicatement rétro et électro de « Halcyon », « Clarion Call » ou encore « Doubt » que le public se réveille. L’entrelacement parfait de « Red Lights » et « This Momentary » emboîtés l’un à l’autre à grosse louche de BPMs parviendra même, tant bien que mal, à créer quelques secousses dans l’assistance.

A contrario, lorsque les cinq musiciens s’évertuent à faire découvrir des morceaux du dernier essai, ils se retrouvent alors face à un public totalement éteint. Les « Freedom Found », « Memeo » et autres « Atlas » ne produisent pas l’effet escompté et seul l’outro remixée de « Don’t Let The Dreamers Take You Away » permet de ne pas perdre le fil.

A l’heure du  rappel tel qu’il est indiqué sur la setlist, la formation décide de ne pas exécuter la ridicule tradition du retour en coulisses et enchaîne directement sur « Counterpoint », chaudement accueilli par les fans. Les Anglais se retirent alors après une version un peu écourtée du trippant « Acolyte ». En ayant consacré la plus large partie du concert à leur première œuvre, ils seront parvenu à maintenir leur réputation ‘live’ intacte. 

Cet été, les trois gaillards de Delphic devront beaucoup, beaucoup, beaucoup barouder sur la route des festivals européens. Ou éventuellement se produire en première partie d’une tournée de Muse, dont « Collections » convoite clairement les fans…

(Organisation : AB)

 

The Malpractice

Tectonics

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Le titre de l’album m’a flanqué des sueurs froides : « Tectonics » ; et j’ai craint, un instant, de devoir me farcir un horrible genre musical qui a sévi dans nos contrées, il y a peu… Mes frayeurs se sont heureusement rapidement estompées. Cet opus y navigue à des années-lumière…

The Malpractice, c’est le projet du Danois Johannes Gammelby, dont le cerveau en constante ébullition lui a permis de publier une multitude de disques, sous le patronyme de I Am Bones ou Beta Satan (NDR : au sein duquel, il est le ‘crieur’ de service. Et « Tectonics » constitue le premier elpee concocté sous son nouveau pseudo, imaginé après un échange musical opéré en compagnie de Claus Johansen des Figurines. Une discussion à propos de leur amour commun pour les mélodies ainsi que leur passion pour la pop moderne et la r’n’b. Imaginez donc une sorte de Justin Timberlake indie ! Difficile en effet de résister aux mini-hits électro-rock dansants et tranchants que sont « Oh, the Irony » ou « Boss Station ». Bien sûr, la plupart des compos sont extrêmement légères, et puis certaines souffrent de certaines fautes de goût, à l’instar de l’horrible « Fault Lines », aux relents soufflés par Marilyn Manson. Mais The Malpractice ne dénote absolument pas au sein de cette scène pop danoise, aujourd’hui particulièrement vivace… .

 

Delphic

The Kids Are Quite Alright

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Au placard la Saint-Valentin. Ce 14 février, le Botanique fêtait Delphic et la publication de son premier album, « Acolyte ». Le trio, découvert en première partie de Bloc Party ou sur la scène du festival Polsslag l’an dernier, investissait la Rotonde, en lieu et place d’un Witloof bar dans lequel il devait originellement se produire. Succès oblige.

En mai dernier, lorsque Delphic occupait les planches d’une scène du Polsslag, l’élément le plus frappant du set se situait au niveau de la ressemblance des mélodies avec celles d’un autre combo briton répondant au doux nom de Bloc Party. Depuis, les Mancuniens ont trouvé leur marques et ont publié un premier ouvrage ayant réussi à conquérir les faveurs du public et de la presse. La BBC les a d’ailleurs gratifiés d’une place confortable dans leur ‘longlist 2010’, une liste de référence des groupes à surveiller de près et qui, chaque année, vise souvent en plein dans le mille. Celle-ci incluait entre-autres, Owl City, Two Door Cinema Club, Gold Panda, Marina & The Diamonds et The Drums, des formations qui, depuis, jouissent d’un buzz grandissant.  

Rien de plus naturel donc pour Delphic que de s’extirper des caves du Botanique pour mieux investir la salle ornée d’une boule à facette. Histoire d’exciter la foule, l’ingé son diffuse un petit remix bien puissant de « Doubt ». Instinctivement, les bassins se mettent à gigoter. Ca, c’est de la promo. Chauffé comme il se doit, le public accueille ensuite le trio qui, sans cérémonie, démarre sa prestation par « Clarion Call », la plage d’ouverture de son « Acolyte ». Pas très bavarde, la formation se contentera de lancer un petit ‘bonjour’ et quelques ‘merci’ en français dans le texte au public. Les mélodies ultra-catchy de « Doubt », « Halcyon » ou « Red Lights » se talonnent.

L’assistance à l’air plutôt réceptive, plongée dans une chaleureuse ambiance animée par un jeu de lumière assez efficace. Un « Counterpoint » et « This Momentary » plus tard, James Cook (chant, basses, bidouillages), Richard Boardman (synthés) et le batteur de la tournée relégué au fond la scène quittent les planches. Le temps d’un rappel pendant lequel Matt Cocksedge (guitares, bidouillages bis) décide de rester sur une scène plongée dans l’obscurité. Quelques secondes plus tard, il entame l’intro du titre-maître de l’œuvre introductive de Delphic. Il est alors rejoint par ses trois –osons le jeu de mots– acolytes. L’ultime morceau du set, instrumental et long de près de 10 minutes, sera le clou du spectacle, transformant la Rotonde en piste de danse, d’un bout à l’autre. Discrets mais efficaces, les p’tits Britons !

Organisation : Botanique.

God Help The Girl

God Help The Girl

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« God Help The Girl » n’est rien de moins que la comédie musicale de Belle & Sebastian, un concept ambitieux et passionnant porté à bout de bras par Stuart Murdoch depuis 5 ans. Ce n’est  cependant pas la première fois que le groupe écossais se frotte à de tels projets narratifs. Il était déjà responsable de la bande originale du film de Todd Solonsz, « Storytelling ». Ici, Stuart Murdoch voit plus loin. L’album déguise une bande originale qui serait la substance initiale d’un futur scenario et d’un film. Le talentueux conteur et créateur de personnages pourrait passer, dès 2010, à la réalisation de son premier long métrage : « Story In Song ».

A la recherche de nouvelles voix féminines qui donneraient corps aux histoires tourmentées qui hantent son esprit depuis quelques années, l’artiste glaswégien lance une audition ouverte via internet en invitant le public à envoyer des vidéos ou des clips audio. C’est après cette importante audition, où plus de 400 filles venues de tout horizon avaient proposé de prêter leur voix, que « God Help The Girl » prend sa forme définitive.

Au final, Mike Cooke est chargé d’orchestrer un combo formé de neuf chanteurs et d’un orchestre de 45 musiciens composé essentiellement de cordes et de cuivres. Parmi ces neuf voix, on remarque la collaboration prestigieuse du très théâtral Neil Hannon de The Divine Comedy et celle d’Asya de Smoosh. Parmi les élus issus de l’impressionnant casting, on retiendra essentiellement trois nouveaux noms venus habiter la comédie humaine et musicale de Murdoch : Catherine Ireton, Brittany Stalling et Dina Bankole.

Cependant, l’ossature narrative s’érige principalement autour de Catherine Ireton qui incarne la mélancolique Eve, héroïne de la narration musicale. Ce visage prend vie sur la pochette de l’album et sa voix malicieuse et séduisante couvre dix des quatorze pistes. « God Help The Girl » prend alors les formes d’une charmante comédie musicale désuète qui raconte Eve. Jeune fille solitaire et paumée prise dans les tourments de l’amour au tournant de l’âge adulte. Aride et impuissante dans le désert qu’elle crée, incapable de faire confiance à l’autre, cet amour la plonge cependant dans une interminable attente du prince charmant.

Malgré des morceaux comme « Musician, Please Take Heed » qui préservent l’esprit des premiers albums de « Belle & Sebastian », l’ensemble emprunte d’autres chemins davantage ouverts à une pop sixties précieuse, une pop dont les tonalités soul et pop s’inscrivent dans la lignée de girl-groups comme « The Ronettes », « The Seekers »… Influences que l’on retrouve également sur le dernier elpee (« My Maudlin Career ») de leurs amis et compatriotes de Camera Obscura. La nostalgie des girl-groups serait-elle un phénomène de mutation sur la scène glaswégienne ?

En imaginant ce projet original, Stuart Murdoch semble avoir voulu retrouver un âge d’or : celui des filles à franges aux regards tristes qui sifflotaient un pop-milkshake (« I’ll Have To Dance With Cassie »), celui des cercles de minijupes qui se balancent sur du West Coast Jazz (« A Unified Theory »)… Décor saupoudré d’histoires d’amours brisés et lointains, de sexe et de bains mousseux. Des mélodies insouciantes et innocentes qu’on aimerait entendre chuchoter au creux de l’oreille. Une musique parfois dérobée aux derniers jours de la musique ‘lounge » des années 60 qui conserve le goût doux et sirupeux du Easy listening et symbolise le style de vie kitsch des 60’s.

D’autres airs, par contre, semblent surgir des comédies musicales britanniques traditionnelles. Ceux qui sortiraient de la boutique du diabolique barbier de Fleet Street à Londres où Stuart Murdoch emprunterait la voix de Sweeney Todd pour nous fredonner « Pretty Eve In The Tub » ou « Hiding Neath My Umbrella ».

L’opus tout entier est parsemé de douces surprises. A l’instar de la splendide voix white funk de Brittany Stalling sur la reprise du « Funny Little Frog » de Belle & Sebastian ou encore celle, adolescente, d’Asya lorsqu’elle nous étourdit de douceur sur le très pop « I Just Want Your Jeans ». Aussi, Neil Hannon se prête admirablement au jeu lors d’un séduisant duo avec Catherine Ireton sur « Perfection as a Hisper ». Une tracklist caméléonne qui surprend par sa pluralité phonique. 

Un album jalonné de fleurs bleues pop aux parfums irrésistibles. Lieu où s’animent des airs qu’on aimerait cesser de fredonner mais qui sifflotent inlassablement dans nos têtes.

L’album prendra cependant tout son sens lorsque le leader de Belle & Sebastian atteindra le but de son aventure originale. Il faudra cependant et malheureusement encore attendre avant la sortie de l’adaptation cinématographique de « God Help The Girl ». 

 

Sons of Alpha Centauri

Sons of Alpha Centauri

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Non, ce ne sont pas les héritiers naturels de Tangerine Dream, mais une formation londonienne responsable d’un premier long format qui excelle dans le desert-rock. Ou si vous préférez, le stoner (NDR : pour les puristes notamment !) Et pour être tout à fait précis, Sons of Alpha Centauri pratique un stoner instrumental, une discipline initiée par le groupe, désormais culte, Karma to Burn ! Mais là s’arrête la comparaison entre le trio américain et S.O.A.C. Beaucoup plus floydien dans l’esprit, proche de Isis, le combo anglais marche sur les traces d’un Monkey 3, qui serait parvenu à insuffler des volutes de psychédélisme anglo-saxon à son rock aride. Douze plages pour plus d’une heure de musique parfois aérienne, souvent puissante. Une basse vrombissante, des guitares acérées, des sonorités space-rock, le tout au service d’un savoir-faire musical que chaque secoueur de tête appréciera à sa juste valeur.

Précisons encore que Sons of Alpha Centauri est déjà l’auteur de trente-quatre morceaux ; tous numérotés à la façon de Karma to Burn, mais ce n’est qu’un hasard…Nous avons donc droit aux chiffres « 2 », « 14 », « 15 », « 26 », « 23 », « 25 », « 28 », « 21 », « 9 », « 31 », « 8 » et « 34 », en guise de tracklisting ! Le package très élaboré de ce skeud hors du commun vous permettra d’apprécier le caractère original de cette présentation dépourvue de véritables titres. Amis du stoner, régalez-vous !

Rodolphe Burger

No Sport

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Monsieur Burger est de retour. Baissez les yeux, soyez dignes ! Fils spirituel de Serge Gainsbourg et d’Hubert Felix Thiefaine (à l’époque de « Soleil Cherche Futur»), ce personnage mérite respect et silence quand pointe le reflet d’une nouvelle galette. L’homme revient de son grenier créateur, l’album « No Sport » sous le bras. Pour info c’est aussi dans ce grenier qu’il à concocté le dernier opus de Jacques Higelin, « Amor Doloroso ». Rodolphe est un trifouilleur. Gourmand. Insatiable. Constamment à la quête du nouveau son à manipuler et à redistribuer. Baroudeur dans l’âme, il a commencé son périple au sein de Kat Onoma,  dans les années 80. Déjà il y décortiquait toutes les bases même de sa création, afin d’en extraire la pulpe. Car c’est comme ainsi qu’il fonctionne : détacher l’ensemble construit, mettre de côté le superflu qui servira pour autre chose, et remonter ce qu’il reste, à l’aide de colle magique, produite un soir de pleine lune. Comme tout artisanat de qualité, l’opération prend du temps. Elle nous laisse parfois quelques années sans la moindre nouvelle. Le premier travail solo, « Cheval mouvement », date de 1993, « Meteor Show » album adulé et primé dans tous les sens remonte lui à 1998. « Schweyk », à 2005. Malgré ces longues périodes de quasi-silence entre les albums, Rodolphe Burger s’essaye à tout : musique, cinéma, animations. Il est de tous les tableaux, rien ne l’arrête, tout le motive. « No Sport » ne déroge pas à la règle de ce Midas de la chanson française, il est tout simplement fabuleux ! Course poursuite entre les mots, les effets acoustiques préparent le terrain aux basses et effets electros qui battent tel un rythme cardiaque rassurant. Des morceaux incroyables, inclassables tels que « Elle est pas Belle ma Chérie ? », « Rattlesnake », « Je Tourne »,…ont vite fait d’hypnotiser l’auditeur. Il faut encore souligner deux featurings assez réussi. Le premier opéré en compagnie de Rachid Taha où l’on prend un cours d’arabe (« Arabécedaire »). Le deuxième, de James Blood Ulmer (rien que ça) pour le morceau « Marie ». « No Sport » c’est 14 plages, dont aucune à jeter, où le morceau qui suit est toujours meilleur que le précédent ; et ce même si on l’écoute en boucle. Baissez les yeux je vous dis, soyez respectueux !!

Hey Willpower

P.D.A.

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Imaginez TLC, Justin Timberlake, Ciara et Prince invités à une sex party organisée par Gravy Train!!!! et Le Tigre. Une soirée bien arrosée où le mot d’ordre serait le mélange des genres, dans tous les sens du terme. Impossible ? C’était sans compter sur les pouvoirs lubriques de Hey Willpower, quartet queer mené au fouet par Will Schartz. « P.D.A. », concentré d’indietronica et de pop lascive à tendance curieusement R’n’B, caresse dans le sens du poil et léchouille là où ça fait du bien. S’ouvrant par « Hundredaire » et une intro à la Cure qui dévergonderait la plus frigide des âmes, « P.D.A. » se poursuit sur des aphrodisiaques « Not Trippin’ », « Silent Ring » et « Too Hot ». « Uh-Uh-Uh », climax de cet œuvre charnelle, résume parfaitement celle-ci en quelques mots : ‘Everybody get on the floor ! / Everybody wanna Uh-Uh-Uh !’. Le temps d’une infidélité à Imperial Teen, Will Schwartz, accompagné de son musicien Tomo Yasuda et de ses danseurs Erin Rush et Justin Kelly, balance donc une orgie auditive étonnamment détonante, forcément jouissive et agréablement obsédante. Bref, de quoi passer l’hiver bien au chaud sous la couette. Et plus on est de fous…

 

 

 

Joel RL Phelps

The Downer Trio Customs

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Les grands espaces américains, Joel RL Phelps les connaît bien. Originaire de Missoula dans le Montana, l’un des plus vastes Etats à l’ouest des USA, Phelps a déjà eu l’occasion de sillonner l’Amérique profonde en compagnie de ses diverses formations : Ein Heit (1983-87), Silkworm (qu’il forme en 1987 pour quitter en 94) et enfin The Downer Trio depuis 1994. Plutôt avare en production discographique, on profitera de la parution de ce nouvel opus (le 3ème ?) pour faire plus ample connaissance avec ce rock rugueux et âpre (« Be First ! », « What the Sgt Said ») et ces ballades folk-country amères (« Mother I’m Missing », « When Will We Bury You ? »). La voix de Phelps tantôt rocailleuse tantôt fragile ne dépare pas dans cet univers brut que dessinent ses six cordes. A l’instar des chansons des compagnons de galère Mark Eitzel ou Jeff Martin (Idaho), les chansons de Phelps racontent la vie de losers, paumés de la société ou égarés de l’amour. Avec néanmoins plus d’électricité et parfois moins de subtilité.

Help She Can´t Swim

Fashionista super dance troupe

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Les Américains ont Blood Brothers, les Anglais auront Help She Can’t Swim. A ceci près que les Blood Brothers ont un mec qui prend en charge les vocaux disons... ‘féminins’, alors qu’une vraie nana occupe ce rôle chez HSCS. A part ça, outre une tournée commune comme avec les frères de sang, Neil’s Children ou Art Brut et un label partagé avec Ikara Colt, le tableau tend à ressembler à du ‘déjà vu’ plutôt qu’à une nouveauté. Ceci dit, les petits belges auront l’occasion de voir le groupe se produire 2 fois le même jour dans deux festivals estivaux. A savoir Dour et le Rock Herk. Le band pourrait assurer pleinement et assumer sans complexe le rôle de chauffeur de plaine.