Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (5 Items)

Pavement

Quarantine The Past

Écrit par

Décidemment, l’année 2010 est l’année de résurgence des groupes américains issus des nineties. Qu’ils soient lo-fi, indie, stoner ou sur la paille. Les reformations de Dinosaur Jr, Pixies, Jane’s Addiction, Hole, Rage Against The Machine, Sebadoh, Throwing Muses, Kyuss… en témoignent d’ailleurs largement. 

Moment précis où le label Domino incite les cinq membres de Pavement à regagner le chemin des planches pour une tournée mondiale et profite de la vague pour publier un best of de 23 titres, concentrant l’essentiel de l’œuvre du groupe californien. Synthèse parfaite dressant l’essentiel de l’une des formations phare des 90’s ayant zappé les années 2000. « Quarantine The Past » propose un tracklisting sinueux tiré des cinq albums du groupe parus entre 1992 et 1999 : « Slanted And Enchanted » (1992), « Crooked Rain… » (1994), le parfait « Wowee Zowee » (1995), « Brighten The Corners » (1997) et « Terror Twilight » (1999).   

A ses débuts, « Pavement » ne disposait pourtant pas des atouts essentiels pour devenir un groupe culte. « Slanted And Enchanted », premier elpee sorti en 1992, se présentait davantage comme l’œuvre d’un petit groupe post-punk artisanal au jeu basique et immédiat. C’est précisément ce charme flou et chaotique qui ravira très tôt le label Domino et le public. Un son dissonant et expérimental, des mélodies brisées et désarticulées, une voix imprécise (voire fausse), des paroles laconiques… seront les ingrédients du charme lo-fi du quintette de Stockton. Les propos de Scott ‘Spiral Stairs’ Kannberg (guitare) résument parfaitement l’esprit ‘slacker rock’ (NDR : genre inventé par le groupe signifiant rock paresseux) de Pavement : ‘Nous savions à peine jouer à nos débuts. Nous nous contentions de bricoler les chansons comme nous pouvions. Nous n’étions pas brillants. Amateurs, plutôt. A la fin, nous n’avancions plus, nous ne progressions plus, nous avions même presque honte de jouer. Il faut bien comprendre qu’au départ nous n’étions qu’une petite bande de geeks.’

Plus de dix ans sont passés ; l’univers brouillon de Pavement inspiré de celui de The Fall et Sonic Youth aurait-il évolué ? Stephen Malkmus et ses acolytes vous apporteront personnellement la réponse lors de leur prochaine tournée mondiale qui passera furtivement en bord de Meuse lors de la cinquième édition des Ardentes à Liège.   

Pavement

Terror twilight

Pavement n’est pas une formation qui sort de l’ordinaire. Mais une chose est sûre, sa démarche est originale. D’autant plus qu’elle parvient toujours à surprendre, même après un cinquième (ou sixième ?) album. Première innovation, elle a confié la production de " Terror twilight " à Nigel Godrich ". Celui là même qui avait mis en forme " Ok Computer " de Radiohead et " Mutations " de Beck. Jamais, jusqu’à présent, le groupe yankee n’avait accepté de céder les manettes à quelqu’un de l’extérieur au groupe. Et le concours de Nigel donne une toute autre dimension au son de Pavement. Un son que nous pourrions qualifier de moins pourri, de plus net si vous préférez. Ce qui n’empêche pas le groupe de continuer à cultiver ce conflit perpétuel entre l’ordre et le chaos, et surtout de laisser vagabonder son esprit au gré de la mélodie pop. Depuis la tendre chanson d’amour " Spit on a stranger " au single versatile " …and carrot rope ", en passant par la country décalée de " Folk jam " (Beck ?), le superbe, déchirant et hymnique " Cream of gold ", le ‘captainbeeheartien’ au groove post Groundhogs " Platform blues ", le syncopé " Speak see remember " et " Billy ", dont le psychédélisme est abordé dans l’esprit de Giant Sand. Sans oublier " You are the light " à la fois teinté par une coloration Kinks à la mod " Lola ", rongé par la férocité des Pixies et fertilisé par la complexité jazzyfiante de King Crimson, ainsi que " The hexx ", dont le traitement énigmatique, de mauvaise augure, évoque quelque part Blonde Redhead. Onze titres obliques aux lyrics cryptiques qui impliquent également davantage d’effets à retardement et de reverb.

 

Pavement

Brighten the corners

Bien que fondé depuis 1989, ce quintette yankee compte, à ce jour, une foultitude de maxis et surtout cinq albums à son actif. Son cinquième, " Brighten the corners ", a été enregistré en Caroline du Nord, sous la houlette de Mitch Easter. Au " Piedmond triad ". C'est à dire dans le même studio où REM a concocté ses deux derniers opus... Pavement, c'est avant tout Stephen Malkmus et Scott " Spiral Stairs " Kannberg. Deux personnages responsables de l'essentiel des compositions. Textes et musique. Dont le lyrisme ésotérique autant qu'humoristique parvient à se fondre dans l'intelligence rampante des chansons volontairement déstructurées. En gravant cet opus, ces lords de la lo-fi, ces sultans de la flemme viennent encore de confirmer leur statut de groupe imprévisible. Que les mauvaises langues taxeront de chaînon manquant entre The Fall et les Pixies... quoique, à notre humble avis, cette métaphore ne soit Pavement négative...

 

Pavement

Wowee Zowee

Groupe aussi controversé qu'exclusif, Pavement jouit d'une énorme popularité en Europe, alors que ses trois premiers albums ont été mal distribués. Allez comprendre! Musicalement, la formation semble être arrivée à un tournant. Ces lords de la lo fi, ces sultans de la flemme viennent de réaliser un album riche et intéressant. Intéressant parce qu'imprévisible. Parfois aussi déstructuré que Captain Beefheart, expérimental que Sonic Youth, basiquement rock ou même country. Mais une country conçue dans le même esprit que Grant Lee Buffalo ou Jayhawks. C'est à dire qui permet à la steel guitare de se vautrer dans sa magnificence. Dix-huit titres au lyrisme ésotérique autant qu'humoristique et à l'intelligence rampante. Alors, groupe génial ou fumiste? Peut être un peu des deux. Comment comprendre d'ailleurs, que ce groupe, considéré comme la formation américaine la plus anglophile, puisse à la fois détester James et Smashing Pumpkins? L'univers n'est pas uniquement pavé de bonnes intentions...

 

Pavement

Combien connais-tu de gens réellement drôles ?

Écrit par

Tous ceux qui avaient été déçus par le concert de Pavement, en première partie de Sonic Youth, s'ils étaient ce 19 mars au VK, ont pris une sacrée claque. Finies les approximations maladroites : ils s'amusent toujours autant mais, cette fois avec nous. Et comme c'était la dernière date de leur tournée en compagnie de Stereolab, ils ont terminé ensemble lors d’un final inoubliable.

Quelques heures plus tôt, Scott (ou Spiral Stairs, guitariste et membre fondateur avec Steve Malkmus) et Bob (le percussionniste/vocaliste) parlent de ce premier album enregistré pour la première fois comme un ‘vrai’ groupe, "Crooked Rain, Crooked Rain". Un ‘vrai’ groupe qui a subi un changement de personnel. Le line up aux deux batteurs a en effet dû en remplacer un...

Scott : Les deux disques représentent assez fidèlement l'état du groupe à ces deux périodes très différentes. Pour le premier nous étions trois, pour celui-ci cinq. Il a fallu tenir compte de beaucoup plus d'opinions sur le son du futur album. Mais en même temps, les changements ne sont pas vraiment marquants. Rien de fondamental, en tout cas.

Après le départ de Gary Young (NDR : l'ancien drummer), vous auriez pu vous contenter d’un seul batteur...

Scott : Bob ne s’est jamais contenté de pallier aux ‘absences’ de Gary. Parfois, il était à peu près incapable de jouer et on n’entendait que la seule batterie de Bob.
Bob :
Ce sont deux configurations distinctes. Maintenant qu'on dispose d’un batteur fiable, je peux me concentrer sur des tas de percussions comme le tambourin ou les maracas et davantage chanter, aussi. Et puis enrichir la rythmique. Dès le début, on savait qu'il fallait un nouveau batteur. Il n’y avait aucun doute à ce sujet. Je ne voulais pas me limiter à la batterie. Et puis, c’est différent des formations habituelles. Et plus amusant.

Et comment avez-vous recruté Steve West (le nouveau drummer)?

Bob : Nous avons été à l’école ensemble. Je le connais depuis mes 13 ans. Il a déménagé à New York un an après nous. Il travaillait comme Steve Malkmus au Musée d'Art. Comme garde. Ils sont devenus amis et ont commencé à jouer ensemble. Maintenant, ils partagent le même appartement.
Scott :
Comme il était batteur, la suite s'imposait.

Avez-vous toujours vos boulots hors de l’aventure Pavement?

Bob : On travaille tellement cette année qu'on n'a pas le temps de rentrer à la maison. Donc, à part la vaisselle, on ne fait rien de plus. Difficile de trouver quelqu'un qui t'engagerait pour trois semaines...
Scott :
Parfois, c'est un problème quand on est chez soi pour trois mois. Que faire pendant cette période ? On peut dire que maintenant, Pavement, c'est notre boulot. On n'a pas pour autant changé : depuis deux ans, on a toujours les mêmes amis, on va toujours dans les mêmes bars. Et je pense que ce mode de vie ne variera pas. Ce serait peut-être le cas si quelqu’un au sein du band commençait à s'en foutre ; mais je ne l'imagine pas. Cette situation se produit lorsqu'un de ses membres commence à devenir paresseux ou ne prend plus ses décisions lui-même.

Le succès –même dans un circuit indépendant– est perturbant, non?

Scott : C'est vrai qu’il est troublant d’enregistrer un disque pour soi, entre amis, et de le voir acquérir un tel retentissement! Qu'un travail qui nous a demandé une telle énergie soit aimé, c’est réconfortant. Mais, en même temps, on le considère comme une œuvre d'art. C'est sérieux pour nous mais encore plus pour ceux qui écrivent à notre sujet ou nous écoutent! C'est bien, mais bizarre... Le succès de "Slanted ar Enchanted" ne nous a pas affectés. On a juste enregistré un autre disque parce qu'on disposait de nouvelles chansons. Il n’y a pas de pression. On s'amuse, alors...

Y avait-il une volonté que le deuxième ne soit pas une redite du premier?

Scott : "Slanted and Enchanted" compte deux années d’existence. Normal que notre musique ne soit plus la même aujourd’hui, puisque nous avons évolué. Même l’Ep "Watery, Domestic", sorti un an plus tard, est fort différent. Il y avait une volonté consciente de ne pas se répéter, mais ce n'est pas la même raison. Quand on a tourné un an et demi avec les mêmes chansons, on finit par ne plus pouvoir 1es supporter. Donc, on veut entendre autre chose.

Vous reprenez encore les anciens titres?

Scott : Oui. Mais le nouveau batteur refuse de les jouer! On doit donc le rémunérer pour chaque ancien titre interprété.
Steve West :
C'est vrai. 10 dollars par ancienne chanson. Parfois, je rentre à la maison avec 30 dollars d'extras gagné chaque soir. C'était ma condition pour rejoindre le groupe. Tant pis si ça paraît excessif. C'est pour cette raison que je demande au public s'il veut entendre certains titres…

L'instrumental "5 - 4 = Unity" est assez inattendu.

Bob : Oui, bizarre, plutôt jazz. C’est à cause de ce qu’on écoutait à l'époque. Cette compo et "Newark Wilder" évoquent davantage Roxy Music que The Fall.

"Unfair" pourrait presque rendre un hommage à Sonic Youth...

Bob : Ou au grunge...

Et c'est quoi, le grunge?

Bob : Le grunge, incarne les premiers moments qui ont marqué la scène de Seattle. Comme les premiers Soundgarden, Tad, les groupes de chez Sub Pop, Mudhoney, Skinyard, Babes In Toyland... De 1987 à 1990, essentiellement. Ces groupes aux guitares noisy, poisseuses. Sonic Youth et Dinosaur Jr ont été catalogués grunge. Ce qui était absurde. Les journalistes ont besoin de mettre des étiquettes ; et, à cette époque, Sonic Youth était sans doute plus proche du grunge que de n'importe quelle autre catégorie. Jesus Lizard, dans cette optique, pourrait aussi être qualifié de grunge. Pas de problème, si on nous étiquette ‘grunge’…

De quoi parle "Here"  sur "S & E" ?

Bob : C'est une chanson qui parle de blagues totalement nulles. Combien connais-tu de gens réellement drôles, dont les sarcasmes sont brillants? La plupart d’entre eux sont seuls à rire de leurs plaisanteries. Steve a écrit cette chanson en pensant à ces vieux gardiens de musée qui passent leur temps à débiter des histoires épouvantables. Leur sens de l'humour lamentable pouvait devenir irritant pour lui... Mais il vaut mieux côtoyer quelqu’un qui raconte des mauvaises blagues qu’un personnage mal dans sa peau. Je préfère écouter une plaisanterie nulle qu'un déprimé qui se plaint de sa solitude.

Vous aimeriez composer davantage pour le groupe?

Scott : Toutes les chansons ne sont pas écrites par Steve Malkmus. Chaque membre de la formation essaie de composer ses propres chansons de Pavement. Ensuite, nous bossons pour n’en retenir que les meilleures. C'est d'abord un travail d’ensemble. Si Steve (West), Mark (le bassiste) ou moi le voulions, nous pourrions participer davantage à l’écriture. D’ailleurs, quand elles sont valables, elles sont retenues pour figurer sur le disque. Mais je ne suis pas sûr d'avoir envie d'écrire des chansons pour Pavement. J'aime les jouer, moins les écrire.
Bob:
Il n'existe aucune hiérarchie, chacun apporte beaucoup. Mais on peut vite voir qui est le plus doué pour l'écriture. Il serait idiot de ma part de vouloir disputer Steve sur ce point : il écrit des chansons nettement meilleures que les miennes. Peut-être serait-il intéressant de tenter une expérience à la Sebadoh où tous apportent leur collaboration ?
Scott :
Disons qu'on voudrait plus être davantage plutôt comme R.E.M. que comme Dinosaur Jr. Quand j'ai entendu leurs disques, au début, je trouvais le groupe génial. Et puis j'ai lu plein d’articles sur Dinosaur Jr. ; tous relataient que Jay Mascis était omnipotent. J’apprécie toujours le band, mais j’ai un peu été déçu.
Bob :
On a beaucoup appris de notre tournée accomplie en compagnie de Sonic Youth. Bien que Kim Gordon et Thurston Moore soient les plus connus, les plus reconnaissables, on a pu voir l'importance de Steve Shelley. Ou du sorcier des guitares qu'est Lee Ranaldo.
Scott:
Je les admire mais perso, je ne pourrais pas continuer aussi longtemps qu'eux. A 30 ans, j'arrête. Plus que trois ans! Mes 20 ans, c'était pour faire le con un maximum. Après, j'ai bien l'intention de retourner étudier. Mais qui sait? Peut-être qu'à ce moment-là, j'aimerai tellement ce mode de vie, que poursuivre cette aventure serait inévitable. Je pense que le rock doit rester une histoire de jeunes. Et continuer à 35 ans me paraît absurde. Sonic Youth, c'est l'exception. A 15 ans, quand tu découvres le rock, tu as envie de te révolter. Mais contre quoi veux-tu te révolter à 35 ans?

(Article paru dans le n° 22 du magazine Mofo d’Avril 1994)