La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Golden Smog

Another Fine Day

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Composé de musiciens recrutés dans des bands comme Soul Asylum (Daniel Murphy), The Jayhawks (Marc Perlman et Gary Louris) ou encore l’excellent Wilco (Jeff Tweedy), ce combo hybride apparaît comme une savante réunion de prestataires qui n’ont aucune envie d’élire une tête pensante. Se répartissant les tâches avec anarchie, ils se retrouvent huit années après un album intitulé Weird Tales qui - soyons honnêtes - n’avait pas marqué les mémoires. Quand l’un chante, l’autre joue de la guitare, et quand l’autre se met aux ‘drums’, l’un s’adonne aux ‘vocals’. Le résultat est forcément déstabilisant, puisqu’on perd chaque fois nos repères au fur et à mesure du défilement des chansons. D’un pop-rock banal en ouverture, on passe directement à un rock’n roll plus enjoué, avant de poursuivre dans la légèreté et de s’abandonner, ici et là, à des plages plus délicates d'où s'extirpe une voix féminine. Le fil conducteur ? Il se décèle après plusieurs écoutes, lorsque nos oreilles comprennent qu’il n’y a rien à comprendre. Il suffit d’accepter le fait que le conventionnel peut côtoyer le plaisant.

Smog

A River Ain´t Too Much To Love

La dernière fois (« Supper ») qu’on avait vu Bill Callahan, il pétait presque la forme. Quelqu’un l’aurait même pris en flagrant délit de sourire. Son cas allait bientôt être jugé au Tribunal International de la Félicité : il devait être relâché pour ‘bonne conduite’, après plus de dix ans de réclusion criminelle. Son crime ? Celui de n’avoir jamais chanté une chanson gaie, et de tourner le dos au public. « Supper » et son tempo allègre (une première) auraient donc dû sauver notre homme de l’incompréhension… Mais voilà qu’il sort ce disque, et ré-aggrave son cas. ‘Vous ne faites aucun effort’, lui aurait déclaré l’avocat de Domino à l’écoute de ces dix titres. Une guitare, une batterie (et encore !). Parfois un violon, un piano, peut-être un accordéon. Et rien de plus. Bill Callahan nous refait le coup de l’autiste à l’humour/l’amour laminé(s). ‘Black is all colours at once’, soupire-t-il de sa voix caverneuse sur « I Feel Like The Mother Of The World ». Un beau titre, une belle chanson. Le noir, c’est logique pour un type qui chante l’amour à l’imparfait et se nourrit de turpitudes. Se réjouir, ici, demande donc un effort surhumain.

Smog

Supper

Depuis quelques albums (" Knock Knock ", " Dongs of Sevotion "), Bill Callahan semble s'être ouvert au monde et aux autres. Parce qu'avant, c'était presque la croix et la bannière pour écouter jusqu'au bout ses disques malades et bricolés. Sur ce dixième album, Callahan pourrait même passer pour sympathique et détendu, tant ses mélodies se sont aérées. L'arrivée au chant de Sarabeth Tucek l'a sans doute décoincé, lui qui avait l'habitude de marmonner des trucs pas clairs sur CD, et de dos en concert… " Supper " pourrait donc bien passer pour l'album le plus accessible de (Smog), en tout cas le plus enjoué. Certes, ce n'est pas encore la franche déconnade, mais on sent le bonhomme désormais à l'aise dans ses baskets. Les morceaux les plus lumineux sont clairement ceux interprétés en duo : " Feather by Feather " en ouverture avec sa guitare slide, " Butterflies Drowned In Wine ", sorte de version tronquée et délétère du " Caterpillar " de Cure, et surtout " Truth Serum ", splendide tentative de dialogue à la Hazlewood/Sinatra, mais sur une vieille platine qui tournerait au ralenti. S'ensuit une autre merveille, " Our Anniversary ", dont les accords ouateux pourraient servir de bande-son pépère pour chaque anniversaire, si possible au mois d'août, sous un soleil tétanisant et à l'abri du vent. Imaginez Callahan en clown McDonald, chantant de sa voix monocorde " Happy Birthday " à des gosses apeurés : une belle vision de l'Amérique. A la fin, Bill se prend même pour George Harrison, avec un " Driving " un peu mystique qu'on croirait sorti d'un " Yellow Submarine " plein de fuites. Malgré quelques vieux défauts tenaces (ce côté fielleux sous la couche de vernis), Bill Callahan semble avoir trouvé la lumière au bout du tunnel (" A Guiding Light " en conclusion sereine). Tant mieux : ça nous fera des vacances.

 

Smog

Knock knock

Dix compositions sur le nouvel opus de Bill Callahan, alias Smog. Et surprise, elles ne se confinent pas toutes dans l’intimisme ténébreux, à l’instar de " Red Apple falls ", son précédent opus. Bien sûr, Bill réserve encore une bonne place aux chansons minimalistes, réduites à sa voix, à la guitare sèche, un piano, épisodiquement des percussions, ou même un violoncelle, comme sur le spectral " Lets move to the country ". Mais sur " Knock knock ", l’électricité est beaucoup plus présente. Et pas seulement en catimini. Suspendu à l’intensité ‘ronronnante’ d’une six cordes, Held ", épouse le profil semi atmosphérique, semi psychédélique d’un Kevin Ayers, tout en adoptant un tempo aussi obsessionnel que celui de Kevin Coyne, circa " Millionnaires and teddy bears ". " No dancing " bourdonne fiévreusement, section de cordes et chœurs d’enfants à l’appui. Une chorale assurée par le Chicago Children Choir, que l’on retrouve également sur le velvetien " Hit the ground running ", dont le grattage de cordes de guitare déshydrate " Cold blooded old times "…

 

Smog

Red apple falls

Palace, Sophia et Smog appartiennent à cette nouvelle scène yankee dont le spleen minimaliste contraste singulièrement avec la férocité électrique dispensée par la plupart des groupes contemporains du pays de l'Oncle Sam. Smog, c'est avant tout Bill Callahan, personnage introspectif responsable de chansons le plus souvent autobiographiques, mais surtout mélancoliques. Il les chuchote d'une voix basse, confidentielle, en s'accompagnant d'une instrumentation la plus dépouillée possible, qu'il résume le plus souvent à quelques cordes de guitare acoustiques, une steel guitar, un piano émacié et des drums plus caressés que frottés, une instrumentation embuée, suivant les circonstances et en filigrane, d'arrangements sporadiques, dont une trompette occultée. Sur " Red apple falls ", Callahan a réussi la rencontre parfaite entre la cruauté austère de " The doctor came at dawn " et la plénitude luxuriante de " Wild love ", faisant défiler tel un écheveau des images abstraites, expressionnistes qu'il voit au plus profond d'une âme sinistrée, ... la sienne.

 

Smog

The doctor came at dawn

Nul n'aurait un jour imaginé que Léonard Cohen aurait laissé un héritier naturel. Et pourtant, Bill Callahan mérite assurément ce legs. On se demande d'ailleurs pourquoi il enregistre encore sous le patronyme Smog, puisque sur ce " The doctor came at dawn ", il fait pratiquement cavalier seul. Un peu à la manière de Bill Oldham, matière grise de Palace. Ne vous attendez donc à rien de très réjouissant sur cet opus, mais plutôt à un épanchement d'émotion, de mélancolie, et de tristesse hors du commun. Né d'une instrumentation minimaliste pathétique, obsessionnelle, partagée entre cordes de guitares acoustiques languissantes, accords de piano désolés, austères, accès de violoncelle furtifs, éclaboussures de tambourin et arrangements symphoniques épars quoique luxuriants. Le tout découpé entre silences, lourds de conséquences. Que meuble lugubrement, cruellement la voix douce, profonde, légèrement nasillarde de Bill. Beau et triste à la fois!

 

Smog

Wild Love

Album étrange mais attachant pour ce combo californien (San Fransisco) qui avait été, à l'issue de la sortie de ses premiers disques, un peu trop hâtivement relégué au stade de la lo-fi des Sebadoh, Swell et consorts. En fait, hormis l'une ou l'autre composition qui aurait pu figurer sur le magnum opus de Pavement, "Crooked Rain", ou dont le profil correspondrait à un hypothétique Palace Brothers countryfié, la quintessence de "Wild Love" procède de ce contraste saisissant entre maximalisme et minimalisme. Maximalisme des orchestrations, harmonieusement luxuriantes comme chez Tindersticks, et en particulier sur la pièce maîtresse de l'opus "Prince alone in the studio". Ou vulnérablement intimistes à l'instar de Shelleyan Orphan. Minimalisme des accords grêles, plaqués, des cordes de la guitare, même chargés de feedback, des drums épars, des claviers à trois sous. Une ambivalence propice à ces chansons glaciales, romantiques, mélancoliques que Bill Callahan interprète d'une voix blessée en mêlant les sentiments de solitude, de désespoir, de chagrin et de trahison...

 

Smog

Burning Kingdom

Tout comme Sebadoh et Swell, Smog relève de la ‘lo fi’, mouvement musical yankee qui cherche l'inspiration dans une fascination morbide pour la solitude, le désespoir et la souffrance. Pas très rigolo donc. Mais très souvent efficace. Comme les trois premiers albums du brouillard émotionnel. Malheureusement ce nouveau maxi six titres s'égare un peu trop souvent dans l'expérimentation filandreuse. Et les trop rares instants d'intensité et de fièvre ne parviennent qu'à nous faire regretter les "Sewn to the sky", "Forgotten Foundation" et "Julius Caesar"...