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Vive La Fête - 11/04/2024
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Ronquières Festival 2023 : vendredi 4 août Spécial

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Une édition bien particulière cette année. Si lors des précédentes, il fallait s’armer de patience pour se dénicher un petit coin ombragé, en 2023, c’est tout le contraire. Il fait frais, humide et le ciel est gris. Selon certains météorologues, le temps devrait se calmer durant le week-end. Toujours est-il que la crème solaire est restée bien rangée dans l’armoire.

C’est donc sous l’eau au sens propre comme au figuré (NDR : le plan incliné se situe au-dessus des têtes du public) que le festival va se dérouler. Un festival marqué aussi par ses nombreux points noirs.

Votre serviteur, comme bon nombre de représentants d’autres médias, se sont vu refuser l’accès presse et le frontstage. Une décision stricte et consternante, Musiczine assurant la promotion de ce festival depuis ses débuts. Manque de communication, paraît-il ! (NDLR : mon œil !) Vraiment dommage ! Faudrait-il plutôt y lire entre les lignes que Ronquières, devenu tout puissant, dénigrerait les médias alternatifs qui lui ont permis d’acquérir une telle notoriété ? (NDLR : c’est de plus en plus évident ; le Dour Festival et le Pukkelpop, qui ont la mémoire aussi courte, leur refusent même les accréditations).

Les parkings ? Une catastrophe ! Les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de laisser les zones couvertes d’herbe comme seule aire pour y mettre sa bagnole ! L’eau et la terre, ne font jamais bon ménage, un problème élémentaire que même un gamin de quatre ans aurait pu solutionner ! Résultat, les tracteurs ont été appelés à la rescousse pour sortir les véhicules enlisés dans les prairies. Génial !

Enfin, une nouvelle configuration du site a vu le jour. La scène ‘Bâbord’ fait désormais place au ‘Bâbord Club’, l’espace électro qui avait été inauguré l’an dernier. La ‘Tribord’ est conservée mais sert désormais de plus petite scène. Enfin, la nouvelle, baptisée ‘La Colline’, est la plus grande du festival et a été plantée à droite de la ‘Tribord’.

Elle est pratiquement impraticable. Un vrai champ destiné aux exercices militaire. C’est boueux, crasseux. Nombreux sont ceux qui se sont cassés la pipe dans l’épaisse couche de boue. Les filles ont tout intérêt à tronquer les talons aiguilles au profit de bottes. Elles sont moins sexy, mais nettement plus appropriées. Mais, son dénivelé important permet au plus grand nombre de profiter du spectacle.

Bref, c’est 2,5 hectares de terrains supplémentaires qui devraient permettre d’accueillir les 28 000 festivaliers prévus au quotidien.

Autre couac (décidemment), l’application permettant de recharger son bracelet de manière rapide et efficace pour boire ou manger, ne fonctionne pas, obligeant donc les spectateurs à poireauter dans les files, de longues minutes aux endroits (forcément moins nombreux) prévus à cet effet.

Question pépettes, les pintes restent accessibles pour un festival de cette envergure. Il faudra débourser trois euros. Et pour les plus affamés, 44 foodtrucks sont dispersés sur le pourtour du site.

Depuis quelques éditions, RF est passé à la vitesse supérieure. De deux jours, on est passé à trois. Si, dans le passé, le premier jour servait plutôt de mise en bouche, cette année, les organisateurs n’ont pas fait dans le détail, puisque la tête d’affiche n’est ni plus ni moins qu’Indochine !

Au vu de la circulation dense, votre serviteur arrive très tardivement, plusieurs heures de route ont été nécessaires pour atteindre le site. Du jamais vu !

Arrivé sur la plaine, au loin, The Subways termine sa prestation.

Originaire de Welwyn Garden City, dans la banlieue de Londres, ce groupe de rock indie britannique est né en 2003 et compte cinq albums studio à son actif.

Le line up réunit deux frères, Billy Lunn et Josh Morgan ainsi que l'ex-fiancée de Billy, Charlotte Cooper. Ce n'est pas parce qu’il craignait d’être confondu avec Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) mais bien en hommage à son grand-père qui lui a acheté sa première guitare que Billy a choisi Lunn comme nom de famille.

Le band est formé très tôt alors qu'ils n'avaient que 16 ans. Tout commence quand un ami de Billy l’emmène faire un tour en voiture. Il lui fait alors écouter « Supersonic » d’Oasis. C’est la révélation. Billy apprend à jouer de la guitare et participe à une compétition de groupes locaux. Il est seul armé de son instrument et se fait jeter par le jury... Il décide alors que, s’il veut former un groupe, ce sera une famille. Comme quoi, il ne faut jamais écouter ceux qui vous disent que vous n’avez pas de talent !

Billy embarque donc son petit frère Josh à la batterie et Charlotte à la basse.

Très vite, ils commencent à composer leurs propres chansons, se produisent dans de petites salles locales, investissent dans du matériel d’enregistrement, rejoignent la line-up du prestigieux Glastonbury Festival et publient un premier elpee en 2005.

En janvier 2023, le trio publie son cinquième opus, « Uncertain Joy ». A l’instar de nombreux artistes, The Subways a profité du confinement pour écrire et enregistrer une grande partie de ce projet, dont les sonorités de riffs de guitare rappellent les débuts du combo, tout en laissant place à l’innovation. L’introduction d’un synthétiseur a permis à « Uncertain Joy » de devenir l’elpee le plus varié de la discographie du combo.

Les Londoniens ont la réputation de déchirer sur les planches.

Lorsque votre serviteur débarque enfin après plus de deux heures de palabres, « Rock and Roll Queen » retentit ». Fausse joie, ce sera le dernier morceau du set. Frustrant !

Après un break qui s’imposait, Louise Attaque grimpe sur l’estrade. Une aubaine pour votre serviteur qui a pu assister, à deux reprises, au concert de Gaëtan Roussel, son chanteur charismatique.

Après avoir publié un premier LP, sobrement éponyme (1997), Louise Attaque a connu un succès fulgurant. Totalement inconnue du grand public, la bande à Roussel finit par envahir toutes les ondes radio. Mais il aura fallu du temps. L’opus se vendra à 2,5 millions d’exemplaires, également promu par une tournée nationale de deux ans.

En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets : Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo remet le couvert et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som.

Louise Attaque, c’est un ‘je t’aime moi non plus’ en quelque sorte.

Le décor est plutôt minimaliste. La batterie est étrangement haut-perchée sur une sorte de colonne. On ne peut pas la rater. Faudra voir si le préposé osera s’y aventurer.

Le chauve grimpe sur le podium et se plante en position centrale, très rapidement suivi de ses comparses. Il met en garde les spectateurs : le set sera principalement constitué des chansons issues du premier album éponyme…

Une belle revanche pour un combo complètement boudé par les radios, à ses débuts. Preuve en est que l’on peut réussir à s'imposer uniquement par les tournées, le bouche-à-oreille, et à trouver un très large public, en dehors des canaux proposés par les médias conventionnels et notamment alternatifs.

C’est donc presque un concert sans surprise auquel les fans vont assister.

« Les Nuits Parisiennes », « Léa » ou encore « Ton invitation » rappellent déjà toute l’étendue du talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble des chansons une beauté simple, mais tellement sincère.

Archet à l’épaule, Arnaud apporte un vent de fraîcheur aux compositions. Sa longue intro sur « Cracher nos souhaits » rappelle que l’instrument occupe une place de choix. La basse de Robin vient, quant à elle, envelopper les compositions de sons graves et francs. Si cette dernière se révèle, la plupart du temps, plutôt discrète, elle prend une dimension toute particulière sur « Toute Cette Histoire » et son intro haletante.

Roussel aime aussi jouer avec son public lorsque, par exemple, lui et ses musiciens, jouent en boucle une même suite d’accords jusqu’à ce que l’impulsion du public soit suffisante pour passer à l’accord suivant.

Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est dans la langue de Voltaire qu’il dispense ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel en duo (Tarmac) ou en solo, qu’il a transformé en carrière solo décomplexée et d’une grande liberté, est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque. Et comme frontman, il raconte perspicacement le quotidien, ses joies et ses travers.

Tandis que le drummer a retrouvé sa place au sol, deux musiciens complémentaires grimés de drôles de masques viennent renforcer l’enveloppe musicale, l’un au clavier et l’autre à la gratte électrique. Ils ne se découvriront pas. Un détail, puisqu’ils apportent de toute façon davantage d’énergie au set (qui n’en manque d’ailleurs pas).

Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

La seconde partie du concert sera, elle, plus visuelle. A cause de ces énormes cercles métalliques qui tournoient au-dessus des têtes des musiciens, projetant des faisceaux lumineux rappelant… des soucoupes volantes. Ces objets mèneront la danse le reste du show exécutant des va-et-vient incessants.

Après avoir demandé aux milliers de festivaliers de mettre leur portable en mode lampe, le charismatique chanteur invite le public à s’envoler avec lui tout au long du méga-hit « J’t’emmène au vent ».

L’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense. Et l’objectif est pour le moins réussi !

Une entrée et un plat principal bien copieux. Passons maintenant au dessert en compagnie d’Indochine.

Après avoir bercé les étés des années 80, grâce à des titres incontournables, les pépés du pop-rock français ont signé un retour grandiloquant pour le quarantième anniversaire du groupe.

Sirkis semble ravi d’être parmi ses fans des premiers jours. Ces derniers aussi, puisque c’est la dernière date des onze d’un périple estival. On ne les reverra donc qu’après la sortie d’un nouvel opus, semble-t-il.

Autant dire que la pression est forte des deux côtés. Et puis, sans être chauvin, rappelons que c’est aussi le public belge qui a relancé la carrière du combo, lors de la sortie de « Dancetaria ». Un album sublime également marqué par la mort de Stéphane Sirkis, le frangin, impliqué dans l’aventure depuis ses débuts.

La formation attire depuis tout temps, un public multigénérationnel. On y croise des gens d’un âge canonique entouré des petits fils qui semblent connaître sur le bout des doigts les paroles d’Indo.

Sans être sarcastique, il faut reconnaître que Sirkis, même s’il a su fédérer autant sa carrière, est loin de manier la prose dans la manière dont il compose. Et sa voix, faussement juste, n’a rien de portante. Et pourtant…

Ce qui fait succès de ce sexagénaire (NDR : ben oui, il est né le 22 juin 1959) est sans doute le côté intemporel de ses compositions. Des chansons faciles, légères, dansantes, parfois profondes, dans lesquelles une large frange de la population se reconnait.

La formation a quand même vendu plus de 10 millions d’albums, ce qui n’est pas rien !

L’endroit est plein à craquer, l’angle de vue et d’audition n’est pas optimal. Même en se déplaçant de part et d’autre du site, il est difficile de se frayer un chemin tellement la foule est compacte…

Chevaux peroxydés, Nico est soutenu par ses fidèles musicos : Oli De Sat aux claviers, Boris Jardel à la gratte, Marc Éliard à la basse et Ludwig Dahlberg derrière les fûts.

Rien n’a été laissé au hasard : écrans géants, imposante structure scénique en U, ‘carré’ spécial récompensant les fans les plus matinaux sans oublier le light show impressionnant.

Emmené par des milliers d’aficionados (certains étaient même flanqués devant le crash dès les premières heures d’ouverte), Nico et son team ont non seulement misé sur des classiques « Trois Nuits par Semaine », « L’Aventurier », « Alice & June » ou encore « L’aventurier », héros de notre enfance, mais aussi « Nos Célébrations » dont le refrain est repris par la foule hystérique. Une setlist qui a de quoi ravir les quelques 30 000 personnes qui se sont glacé(es) les roubignoles ou la nénette tandis que l’autre sur scène faisait le show.

Le combo n’est pas constamment tombé dans la facilité puisque qu’il a également puisé dans ses fonds de tiroirs des titres emblématiques comme « Tzars », « Des fleurs pour Salinger » ou encore « Le Baiser », enrichi d’une intro profonde dans laquelle il cite l’immense Bowie, trop tôt disparu.

Des surprises, il en sera encore question, et en particulier une autre intro de « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division avant « J’ai Demandé à La Lune », une ballade signée par un Mickaël Furnon particulièrement inspiré, issue de l’opus « Paradize », qui avait permis au groupe de renouer avec son public et les médias. Ou encore avec des méconnus comme « Manifesto (Les divisions de la joie) » ou « Le manoir » (« Paradize »).

Une véritable communion s’est établie entre Indo et son peuple, le combo s’étant toujours évertué à choyer son auditoire, en proposant des shows généreux (où jets de serpentins viennent de temps à autre les colorer), une musique soignée et un rapport à l’argent permettant à tout un chacun d’assister au spectacle sans se ruiner. Une qualité qu’il faut mettre en avant, la plupart des cachets demandés par les artistes et les groupes devenant exagérément élevés.

Un concert placé aussi sous le signe de la vindicative politique à travers ces images projetées, notamment de la guerre en Ukraine et d’un Poutine, largement hué par le peuple.

Il est un peu moins de minuit lorsque le show s’arrête. La plupart des festivaliers rebroussent chemin. Pourtant, Kid Noize fait de la résistance sur la scène ‘Tribord’.

Seuls les plus jeunes, les plus courageux ou les plus résistants aux intempéries resteront. Les vieux cons, réacs et autres du même acabit, iront se mettre sous la couette. Ce sera le cas de votre serviteur…

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation Ronquières festival)

 

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2023-08-03
  • Festival Name: Ronquières festival
  • Festival Place: Plan incliné
  • Festival City: Ronquières
  • Rating: 7
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