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DEADLETTER
Kreator - 25/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 08 septembre 2020 18:04

On & On

Lorsque Daniel Blumberg quitte Yuck, en 2013, il tente de nouvelles aventures musicales, tour à tour chez Hebronix, Oupa et Guo. Puis, en 2018, il grave son premier elpee solo, « Minus ». Un disque pur lequel il reçoit le concours de Ute Kanngiesser au violoncelle, Billy Steiger au violon, Tom Wheathly à la contrebasse et Jim White (Dirty Three) aux drums. Des musiciens qu’il a rencontré au café OTO, à Londres. Et il a reconduit la même équipe pour concocter son second opus, « On & On », Daniel se consacrant au chant et à la guitare, délaissant paradoxalement son piano, instrument qui, dans le passé, balisait souvent ses compos… 

Le titre maître est proposé en quatre déclinaisons, un ‘& on’ en plus. Mais il sert, en quelque sorte, d’intermède –doux ou chaotique– entre les autres plages. Encore que, exception qui confirme la règle, « Bound » et « Silence breaker », se succèdent au cœur de l’opus. Caractérisé par son intensité émotionnelle graduelle et d’une durée de 7’, « Bound » constitue le titre le plus mélodieux du long playing. Le second se révèle davantage tourmenté, parfois teinté d’exotisme et bénéficie de la collaboration d’Elvin Brandhi, le partenaire d’impro de Blumberg chez BAKH. Chaleureux, « Teethgritter » est imprimé sur le rythme du chemin de fer jusqu’aux 2/3 de son parcours ; contrebasse en picking, violoncelle, violon et harmo hanté lacérant ensuite littéralement l’expression sonore. Une instrumentation qui ondule suivant les flux et les reflux du déstructuré « Pillow ». Car, ce qui frappe tout au long de cet LP, c’est justement cette combinaison entre déstructuration et sens mélodique. Et « Siderstep summer », la meilleure plage de ce long playing, en est certainement le plus bel exemple. Arrangements de cordes, éclaboussures de sonorités abrasives voire grinçantes improvisées (violon, violoncelle, contrebasse) et percus erratiques alimentant une compo finalement harmonieuse qu’on pourrait qualifier de noisy/folk…

Et pour que votre info soit complète, sachez que cet « On & on » a été mis en forme par Pete Walsh, un collaborateur de longue date de Scott Walker. Et puis que cette œuvre est dédiée à feu David Berman, chanteur, guitariste, compositeur et poète chez Silver Jews, groupe qu’il avait fondé en compagnie des futurs Pavement, Stephen Malkmus et Bob Nastanovich, en 1989.

mardi, 08 septembre 2020 17:58

Crimson moon (reissue)

Décédé en octobre 2011, Bert Jansch avait 57 balais quand il a gravé « Crimson Moon ». C’était en 2000. Pour concocter cet opus, l’Ecossais avait reçu le concours de Johnny Marr (The Smiths, Electronic, etc.) et Bernard Butler (Suede) aux grattes électriques. Cependant, les deux musicos n’y rivalisent pas de déflagrations flamboyantes. Leurs interventions sont bien sûr électriques. Elles enrichissent la texture des compos. Mais aussi subtiles qu’efficaces, elles ne s’imposent jamais. Tout ceci dans un cadre défini par la guitare sèche, le plus souvent jouée en picking par Bert, et dont le doigté tout comme le feeling sont incomparables.

Dans l’histoire du rock, Bert Jansch est une véritable légende. Il a ainsi influencé, parmi les plus célèbres, rien de moins que Jimmy Page et Neil Young. Excusez du peu !

Son aventure la plus marquante, il va la vivre au sein de Pentangle, en compagnie de John Renbourne, de la chanteuse Jacqui McShee, du contrebassiste Danny Thompson (NDR : qui va notamment bosser ensuite, en compagnie de Nick Drake, John Martyn et Tim Buckley) et le batteur Terry Cox. Dans quel style ? Le folk/rock ! Mais un folk/rock baroque et teinté de jazz.

Bref, ce « Crimson moon », qui vient dont d’être réédité, est une œuvre à part dans la longue discographie de Jansch. Bien sûr, on y retrouve quelques plages réminiscentes de son aventure chez Pentangle, à l’instar de « My Donald », une cover de Owen Hand remontant à 1964, au cours de laquelle sa fille Loren se consacre aux vocaux, un peu à la manière de Jacqui. Puis l’un ou l’autre titre plus acoustique, comme l’allègre « Neptune’s daughter », qu’il interprète seul à la sèche. Du blues aussi. Sans oublier le titre maître traduit en bossa nova. Et si son fils, Adam assure les parties de basse sur quelques morceaux, la quintessence de l’œuvre procède justement des interventions électriques, mais tellement raffinées de Johnny et Bernard. Même que l’allègre « Going home » aurait pu figurer au répertoire de Dire Straits. Et si Bert n’a pas une voix inoubliable, lorsqu’elle devient nasillarde, ses inflexions sont désarmantes et sincères tout en rappelant celles de Bob Dylan…

Superbe !

mardi, 08 septembre 2020 17:53

Homegrown

46 ans plus tard, Neil Young exhume un album qu’il avait décidé de ne pas sortir, suite à sa rupture avec feue l’actrice Carrie Sondgress, la mère de son fils Zeke. Enregistré entre juin 1974 et janvier 1975, soit entre « On the beach » et « Tonight’s the night », il est considéré, par l’artiste lui-même, comme le chaînon manquant entre « Harvest » (1972) et « Comes a time » (1978). Donc il privilégie la forme acoustique. Enfin, pas seulement, puisque si, en général, les compos mettent en exergue ce type d’instrumentation (sèche, banjo, piano, contrebasse, harmo, etc.), sans oublier la voix de Neil et les backing vocaux (NDR : assurés sur deux pistes, par Emmylou Harris), elles concèdent circonstanciellement une part d’électricité. De la pedal steel (Ben Keith), ce qui semble logique, mais également de la basse (Tim Drummond), des drums (Levon Helm) et de la guitare électrique. Dispensée parcimonieusement, sauf sur « Vacancy », dont l’intensité caustique et les harmonies vocales spécifiques rappellent les meilleurs moments du Crazy Horse, et dans une moindre mesure le blues déglingué « We don’t smoke it no more », dont le groove est tramé sur un piano boogie. Et puis il y a « Florida », un morceau bizarre, au cours duquel on entend un monologue un peu barré divaguer sur des larsens de guitare.

Sept plages sur les douze qui figurent sur cet LP n’étaient jamais officiellement sorties. Mais elles avaient déjà soit été interprétées en ‘live’, soit figuré sur l’un ou l’autre opus, sous des versions différentes. On épinglera quand même « White line », une chanson que Neil avait enregistrée en Angleterre, en compagnie de Robbie Robertson, le guitariste de The Band.  

Toutes les compos ont été remasterisées et tiennent parfaitement la route, même si certaines peuvent parfois paraître un peu datées.

mardi, 08 septembre 2020 17:52

The New Abnormal

Les Strokes sont de retour, quatre ans après avoir publié l’Ep « Comedown machine » et sept longues années après avoir gravé leur dernier elpee, « Future present ». Faut dire qu’au cours de cette période, tous les musiciens se sont concentrés sur leurs propres projets.

Produit par Rick Rubin (AC/DC, Johnny Cash, Kula Shaker, Metallica, Public Enemy, Red Hot Chili Peppers, The Mars Volta, Tom Petty, etc.) « The New Abnormal » constitue donc le sixième opus du combo new-yorkais.

Entre crooner et falsetto, la voix de Casablancas n’a jamais sonné aussi juste. Même que parfois, quand il monte dans les aigus, on a l’impression qu’il emprunte les inflexions de Kelly Jones (Stereophonics) voire de Rivers Cuomo (Weezer). Et les ballades lui donnent l’opportunité de bien la mettre en exergue. Pas toujours sur une expression sonore géniale, il faut le reconnaitre. Notamment lorsqu’elle abuse de l’électro. M’enfin, c’est dans l’air du temps. Serait-ce un coup du magicien Rubin ? Autre bonne nouvelle, la conjugaison de grattes entre Albert Hammond Jr et Nick Valensi est toujours aussi efficace, lorsqu’elles se manifestent, bien évidemment…

Inégal, le long playing recèle cependant quelques titres de bonne facture, et tout particulièrement lorsque les Strokes font du Strokes. Et là, ça vaut le coup ! A l’instar du bien balancé « Why are Sundays so depressing », de l’enlevé « Bad decisions » dont la mélodie rappelle le « Dancing with myself » de Generation X », groupe légendaire au sein duquel a milité Billy Idol, alors que celle d’« Eternal Summer », entre disco, post punk et prog rock semble à la fois hantée par Psychedelic Furs (« Ghost in you » ?) et le Pink Floyd de Roger Waters… 

mardi, 08 septembre 2020 17:49

Show pony (Ep)

Alias (?) Daniel Pitout, Orville Peck serait (NDR : c’est au conditionnel !) l’ancien drummer du combo punk canadien Nü Sensae. Se cachant derrière un masque à franges, ce personnage mystérieux a enregistré son premier elpee solo, « Pony », en 2019. Et il nous propose une suite, aujourd’hui, un Ep, qu’il a baptisé « Show pony ».

Si sa musique est fondamentalement country, il a le mérite et l’audace de l’extirper de sa structure rigide et traditionnelle, pour la transformer en alt country. Peck possède également une superbe voix, un baryton qui évoque Roy Orbison et Elvis Presley. Parfois aussi Stuart A. Staples (Tindersticks).

« Summertime » ouvre l’Ep. Sur fond de pedal steel, de guitare surf et de banjo, cette ballade mélancolique est parue en single. « No glory in the West » constitue la piste la plus dépouillée de ce disque. Orville accompagne simplement sa voix à la sèche. Le crescendo progressif du piano sert de tremplin à l’incursion superbe de la guitare électrique, une valse lente dont la mélodie rappelle « Helpless » de Crosby, Stills, Nash & Young. Jouée en picking, sans le concours de drums, « Kids » est une jolie compo lo-fi. Il n’y a pas davantage de rythme pour « Fancy » (NDR : une compo de Reba McEntire écrite par Bobbie Gentry), mais un zeste de banjo, de percus et de sèche, sur ce morceau qui achève l’Ep. Malgré un solo de gratte tordu et déchirant, il est, en outre, rendu atmosphérique par les interventions vaporeuses et denses de l’orgue.

Enfin, il échange un duo avec la chanteuse Shania Twain sur « Legends never die ». Un titre allègre, léger qui se distingue par leurs superbes harmonies vocales, et invite une guitare gémissante en fin de parcours. Un morceau qui adresse un clin d’œil à la communauté LGBTQ, Orville se déclarant ouvertement gay, aveu qui, bien évidemment, ne plait certainement pas aux adeptes purs et durs de la musique country yankee…

mardi, 08 septembre 2020 17:47

Harry

Né en 1986, Dead Famous People est un groupe néo-zélandais qui, à ce jour, n’avait gravé que des Eps, outre les différentes compilations qui lui ont été consacrées. En 1987, il avait cependant signé chez le label Flying Nun. Une référence ! Puis il est parti tenter sa chance à Londres. Pas une idée géniale, bien qu’il ait rejoint l’écurie de Billy Bragg, Utility. Il avait même enregistré plusieurs démos. Bref, le mal du pays et le manque de reconnaissance ont eu raison de cette aventure. Si bien que la leader, chanteuse et compositrice, Dons Savage, a été invitée en studio, par Saint Etienne, pour participer aux vocaux. Et notamment pour le futur hit, « Kiss and make up ». C’est aussi à cette époque que Martin Phillips, le leader de The Chills convie également Dons à participer aux chœurs pour l’album « Submarine bells ». Parce que les harmonies vocales sont une des caractéristiques principales de DFP. Conjuguées en harmonie, en compagnie d’Elizabeth (Biddy) Leyland et de Wendy Kjestrup, elles sont absolument superbes.

Dons a donc remonté Dead Famous People, après une longue pause pour élever son fils, Harry, et s’est entouré de nouveaux collaborateurs. Si le band est entré à Auckland, pour enregistrer de nouvelles compos, « Harry » réunit les fameuses démos abandonnées fin des 80’s, à Londres. Elles ont été remasterisées.

10 pistes très pop, au mélodies contagieuses (« Turn on the light », le superbe et romantique « The great unknown »), sucrées, aux guitares chatoyantes, parfois hymniques (« Goddess of chill »), aux superbes harmonies vocales, et qui évoquent tour à tour les Chills, Big Star voire même les Hollies…

samedi, 29 août 2020 15:56

Fetch the bolt cutter

Fiona Apple est un fameux personnage. Féministe jusqu’au bout des ongles (NDR : elle a été violée à l’âge de 12 ans !), elle dénonce le monde qui l’entoure. Et tout particulièrement dans ses lyrics. Certains médias ont même baptisé ce nouvel opus de post ‘Me Too’. Son cinquième, alors que le premier remonte déjà à 1996. Mais à chaque fois, on se prend une claque. Pas seulement à cause des textes, mais aussi de la musique. « Fetch the bolt cutter » a été enregistré chez elle, à Venice Beach. Et c’est la première fois qu’elle supervise entièrement la mise en forme de son elpee, même si elle a reçu le concours des ingénieurs du son Tchad Blake et John Would.

Mais venons-en à ce disque, qui outre l’instrumentation basique (piano, guitare/(contre)basse/batterie) est truffé de cris, chuchotements, respirations noueuses, percus insolites (notamment africaines, exotiques, métalliques, caribéennes, parfois synthétiques et même produites à l’aide d’ossements), des aboiements de chiens, etc. Et puis, il y a la voix de Fiona capable d’osciller d’un cri déchirant à un murmure intimiste, en passant par des intonation féroces, fragiles, puissantes ou frémissantes. Sans oublier les chœurs ! Angéliques, liturgiques, quasi-a cappella ou gospel. Tout un programme ! D’autant plus que l’autrice/compositrice/interprète n’hésite pas à jouer avec les structures des morceaux, en brisant les rythmes, par exemple ou encore en nous plongeant dans une forme d’univers vaudou. Un peu à la manière de Tom Waits pour l’album « Bone machine ». Bref, trempé dans un blues singulier, cet LP est à la fois complexe et désorientant. Mais il reflète parfaitement le talent créatif de l’artiste. 

samedi, 29 août 2020 15:52

10 :20

« 10 :20 » n’est pas un nouvel elpee de Wire, mais une compile réunissant de nouvelles versions de titres déjà publiés. Des enregistrements qui devaient paraître dans le cadre du ‘Record Store day’, annulé pour cause de Covid 19. Ce qui n’a pas empêché la formation de sortir, quand même, ce recueil de morceaux revus et corrigés, dont certaines raretés, qui figuraient notamment sur « Red Barked Tree » et « Mind hive », pour la première partie de « 10 :20 », et d’autres composés plus récemment, en ce qui concerne la seconde partie. Bien que Bruce Gilbert ait quitté le navire en 2004, après la sortie de l’album « Send », on retrouve bien le son de Wire, même si les plages 1 à 4 impliquent Margaret Fiedler McGinnis (Laïka) et Simms aux grattes solos, alors que pour le reste, c’est ce dernier qui se charge de la ‘lead guitar’, Colin Newman se réservant, bien entendu, la rythmique. Cependant, le plus intéressant procède de l’approche différente des compos. 

« Boiling Boy » se distingue par la limpidité des sonorités des cordes, mais également sa richesse, une texture entretenue par les trois gratteurs, même lorsque la compo monte en intensité à mi-parcours. 

Caractérisé par sa mélodie accrocheuse, « German shepherds » bénéficie de chouettes harmonies vocales échangées entre Newman, Lewis et Fielder.

Rêverie à la fois hypnotique et atmosphérique, « He knows » évolue sur un tempo plus lent ; harmonieuse, la ligne de basse créant, en quelque sorte, le contrepoint.

On retrouve toute l’urgence punk sur le brutal et psychotique « Underwater experience ».

« The art of persistence » est bercé par une douce et jolie mélodie, rappelant les travaux solos de Colin Newman,

Ethéré et mystérieux, « Small black reptile » s’achève dans un trip psychédélique.

Des sonorités chaleureuses de synthé s’infiltrent tout au long de « Wolf collides », une plage à la mélodie épurée.

Le long playing s’achève par « Over theirs », une plage de plus de 9’. C’est également la meilleure de cet LP. Les guitares sont denses. Monolithique, le drumming martelé est puissant. Et parfois, on a l’impression de frôler le « Kashmir » de Led Zeppelin. Etonnant !

samedi, 22 août 2020 18:33

Ramp (Réédition)

Paru en 1991, « Ramp » constitue le septième elpee de Giant Sand, un disque qui vient d’être réédité après remasterisation. Il a été, en outre, enrichi d’une session live, immortalisée le 30 janvier 1991, aux Mad Dog Studios. Aux treize plages sont donc venues s’ajouter 7 autres, pour un total de 20 morceaux !

Lors des sessions de « Ramp », Howe Gelb avait reçu le concours du jeune et fraîchement arrivé Joey Burns, futur Calexico, à la basse, son compère John Convertino (également futur Calexico) aux drums, Victoria Williams ainsi que Pappy Allen, vétéran de la country, alors âgé de 74 balais, aux vocaux. Sans oublier Howe également au micro et aux grattes.

L’expérience révèle que Howe avait décidé d’enregistrer les compos en studio sous sa forme la plus électrique et d’y insérer l’acoustique (banjo, dobro, pedal steel, harmonica), via la machine DAT. Et le résultat ne manque pas d’allure, même si les brisures de rythmes sont légion. Et puis il y a la voix flemmarde de Gelb, très proche de celle de Lou Reed…

L’opus s’ouvre par l’offensif « Warm Storm », une plage enrobée de chœurs féminins, et s’achève par le funk blues « Patsy’s blues », une piste au cours de laquelle on entend un enfant chanter… faux… Hymnique « Romance of falling » navigue quelque part entre les Pixies et Kurt Vile. Des Pixies qui hantent encore le remuant, déjanté et enlevé « Always horses coming ». Mais encore « Anti-shadow » en fin de parcours, même si les soubresauts en amont évoquent plutôt Pavement. Lorsque l’intensité électrique envahit l’allègre « Wonder », on ne peut s’empêcher de penser à Neil Young et son Crazy Horse. Imprimés sur des tempos bien carrés, « Neon filler », que Gelb déclame en s’accompagnant au piano, et « Z.Z. Quicker foot » auraient pu figurer au répertoire de Lou Reed. Si « Jazzer Snipe » dévoile un jazz bien allègre (Soul Coughing ?), « Resolver » s’ouvre en mode cabaret, une valse lente et saccadée qui vire ensuite au c&w galopant. Country & western qu’on retrouve sur « Nowhere » (?!?!?) avant le retour du rythme. Sans oublier la cover du classique « Welcome to my world » de Jim Reeves, au cours de laquelle Gelb se prend pour un crooner.

Place ensuite aux « Mad Dog Sessions ». Piano, drums et bass alimentent le jazzy et enfumé « Back to the Black & Grey ». Ballade bluesy mid tempo un peu détraquée, « Trickel down system » vire ensuite au skiffle. Entre blues et jazz « Bible black, book II » est entretenu par un piano et une contrebasse. Effilées, les grattes découpent littéralement « Can’t find love », un funk/rock spasmodique, dansant et alerte. Plus électrique encore, la mouture ‘live’ de « Romance of Falling » redessine l’axe Pavement/Pixies. Enfin si la sobriété de « Still to far » nous replonge dans la folk/country, « Shadow to you » nous ressert un rock carré à la Lou Reed. Il y manque trois titres qui figuraient sur les sessions originelles. Pourquoi ? Aucune idée !

samedi, 22 août 2020 18:30

Bonaventura

Duc de Norfolk, Thomas Howard (1473 - 1554) est un homme politique et un courtisan du règne d'Henri VIII, mais c’est surtout le faux nom choisi par le célèbre hors-la-loi Jesse James, lorsqu’il s’est installé dans le Tennessee, comme fermier, pour tenter d’échapper à son passé. C’est ce patronyme, en y ajoutant ‘Memorial’, qu’a choisi ce quartet issu de Guingamp.

« Bonaventura » constitue son second elpee, un disque partagé entre plages instrumentales ou chantées par Yann Olivier, alors soutenu par les backing vocaux du claviériste Elouan Jegat, dans un style qu’on pourrait qualifier de liturgique voire contemplatif. Bien qu’essentiellement organique (guitare surf ou gémissante, basse bavarde, percus puissantes ou amples, clavier ou piano), la musique de cette formation bretonne a également recours à l’électronique. Mais de manière judicieuse. Mélancolique et atmosphérique, cette expression sonore semble puiser ses influences majeures chez Pink Floyd, Archive et Mercury Rev. Einstürzende Neubauten également. Surtout sur les compos les plus bruitistes. Encore qu’instrumentales et partagées au moins en trois parties, les 8’ du titre maître doivent autant à Ennio Morricone qu’à John Barry. Ecrite par la poétesse et slammeuse Clotilde de Brito, « Feel alright » recèle les rares paroles interprétées dans la langue de Molière. Caractérisé par ses interventions de gratte en picking (Vini Reilly ?), la ballade mid tempo « Let it glow » s’étoffe progressivement avant de virer au rock hypnotique. De nombreuses pistes adoptent d’ailleurs ce format de ballade mid tempo, même si des changements de rythme se produisent circonstanciellement. Une œuvre qui devrait faire mouche chez les aficionados de néo prog…