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dEUS - 19/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 22 juillet 2020 09:43

Paanic

Baasta ! est un duo issu d’Arras réunissant le chanteur/guitariste François-Xavier Notel et le bassiste Yoann Dirryckx. Le reste de l’instrumentation est assuré par des machines, dont une boîte à rythmes minimaliste. Soit ! Responsable d’un électro/punk particulièrement explosif, le tandem nous propose son premier album. Il fait suite à l’Ep « Sales gosses », paru début 2018. Interprétés dans la langue de Molière, les textes constituent un véritable manifeste face aux dérives de note société de consommation. Tout au long de « Ton camp », FX répète à plusieurs reprises : ‘Quand je vois vos règles du jeu, j’espère mourir avant d’être vieux !’. Un titre qui bat au rythme du pouls funky et libère des guitares crépitantes. Un des meilleurs morceaux de cet LP. « Jamais » en est un autre, un morceau au cours duquel les accès de gratte cristallines ou crépitantes sont dignes de The Dodos. Autre titre fort de l’opus, « Choisis ta vie » s’attaque à la mondialisation, l’exploitation, la surconsommation et la pollution. Un discours qui emprunte une piste reliant Joy Division et le Velvet Underground. L’expression sonore révèle pas mal de références post punk ou cold wave, également. Et même carrément punk, comme sur l’échevelé « Fin du monde », une critique des réseaux sociaux coupables d’empoisonner la vie privée. Mais le débit vocal de FX rappelle alors Plastic Bertrand. Ou de « Tora ! Tora ! Tora », une piste découpée dans des riffs sauvages et acérés, alors qu’un chant belliqueux dénonce ceux qui détruisent et exploitent la biodiversité au profit du capitalisme. En général, la voix est cependant plutôt déclamatoire, empruntant même très souvent au hip hop, en découpant bien les syllabes, mais aussi parfois elle adopte les inflexions de Bashung. Bref, un album intéressant, aux lyrics pertinents qui ne manquent cependant pas d’humour, mais dont la musique pourrait encore gagner en efficacité et en créativité, en se servant davantage d’instruments organiques… Enfin, ce n’est qu’un avis personnel…

mercredi, 22 juillet 2020 09:41

Wazooland

En 2018, GuT GuT publiait un album étonnant baptisé « Album concept ». Etonnant, d’abord parce que les textes étaient chantés dans un langage original créé à base de phonétiques, un peu comme à une certaine époque, Magma. Puis à cause de l’expression sonore essentiellement sculptée dans un funk blanc, s’inspirant de Prince et de Bowie, mais un Bowie très seventies, réminiscent de « Station to Station », et de son « Golden years ».

« Wazooland » reprend les mêmes ingrédients de base. Il recèle également des plages psychédéliques à coloration orientale (NDR : certaines sont enrichies de bouzouki), ainsi que des morceaux qui agrègent prog et fusion, un peu comme dans l’univers de Zappa. Même le métal et l’électro entrent parfois dans cette fusion. Et si les harmonies vocales sont soignées, elles le sont davantage dans l’esprit de Todd Rundgren que de Kula Shaker. De cet elpee, on épinglera quand même l’excellent « Eko », le très électrique « Altaïr », un funk/blues, dont le rythme semble emprunté au « I’m a man » du Spencer Davis Group et « Avoumen voices », sorte de pastiche du « You should be dancing » des Bee Gees.

mercredi, 22 juillet 2020 09:36

Prepared for a nightmare

Tiens, un groupe norvégien qui pourrait aisément se produire dans le cadre d’un W-Festival. La voix du chanteur n’est pas inoubliable, mais oscillant de Sisters of Mercy, en passant par Joy Division, Chameleons, Cure et du plus contemporain Black Rebel Motorcycle Club, la musique baigne dans une forme de post-punk-goth-dark-cold-wave qui devrait plaire aux nostalgiques du genre. Basse cotonneuse, guitare cristalline, chargée de reverb, claviers atmosphériques, drums syncopés (la plupart du temps) ainsi qu’un zeste d’électronique et de psychédélisme voire de shoegaze entretiennent un climat ténébreux, lancinant, hanté, brumeux, mais un peu daté quand même…

mercredi, 22 juillet 2020 09:34

Leaving meaning

« Leaving meaning » constitue déjà le quinzième album de Swans, et suivant son habitude, Michael Gira et sa troupe se sont montrés généreux. Très généreux, même, puisque cet elpee est double et propose une heure trente de musique en 12 morceaux. A propos de troupe, le New-yorkais, outre son backing group et plusieurs membres d’Angels of Light, a reçu le concours de toute une volée de collaborateurs. Dont son épouse Jennifer et les sœurs Anna et Maria von Hausswolff, aux chœurs, ainsi que Jeremy Barnes et Ben Frost, ce dernier assurant également la mise en forme. Soit 18 musicos, en tout !

A l’instar de l’œuvre de Michael Gira, et tout particulièrement chez Swans, les compos sont ténébreuses, angoissantes, hypnotiques, reptiliennes, parfois propices à la transe. Un sentiment de fausse quiétude envahit cependant le plus folk « Annaline », une plage trempée dans le minimalisme atmosphérique. Mais également « Amnesia », un morceau au cours duquel les voix féminines semblent pousser des cris de chauves-souris. Incantatoire, « The hanging man » réveille le souvenir du « Whatevershebringswesing » de Kevin Ayers, mais parcouru de volutes bouddhistes psalmodiées, alors que des sonneries de passages à niveau accentuent la perception d’angoisse. Des voix (les sœurs von Hausswolff, bien sûr et celle shamanique de Gira) qui entretiennent un climat gothique, tout au long de « Sunfucker », malgré la présence discrète de cuivres jazzyfiants, assurés par le trio de jazz noir The Necks, une section de cuivres australienne notoire pour ses impros. Elle est bien plus présente tout au long de « The Nub », une compo à la progression sinueuse, latente et lugubre. Valse mid tempo, « It's Coming It's Rea » est littéralement porté par les chœurs chatoyants et lumineux des frangines von Ausswolf. Paru en single, ce titre est également le plus accessible. Ritournelle quasi-liturgique (NDR : cet orgue !), « Cathedrals of heaven » s’enfonce progressivement dans le psychédélisme éthéré du « More » de Pink Floyd. Un rayon de soleil éclaire quand même « What is this ? », une composition atmosphérique qui nous entraîne au cœur d’un Mercury Rev. L’album s’achève par « My phantom limb ». Cette finale réverbère des échos spectraux et des harmonies vocales désynchronisées qui finissent par se démultiplier jusqu’à l’infini.

Fallait quand même en parler, mais existentialistes, les lyrics traitent du chaos et de l’effondrement du monde contemporain. Pas une surprise, puisque Gira revient régulièrement sur le sujet. Bref, les aficionados d’Angels of Light et de Swans devraient être aux anges (?!?!). Pour le mélomane lambda, l’écoute de cet album risque d’être épuisante et déprimante, à moins que vous ne l’abordiez avec un sens du 2ème voire 3ème degré. Une chose est sûre, on ne peut pas dire qu’au cours de sa carrière, Michael Gira (NDR : il est aujourd’hui âgé de 65 balais) ait accepté le moindre compromis. C’est tout à son honneur, même si le personnage est plutôt hermétique, quand on s’intéresse à son discours…

mercredi, 22 juillet 2020 09:32

Disturbance

Dans l’univers de la musique industrielle, Test Dept (ou Test Department) a vraiment marqué les eighties de son empreinte. Et pas seulement à cause de sa musique, mais aussi parce qu’il a pris parti pour la classe ouvrière britannique sous le mandat de Margaret Thatcher. Aujourd’hui, il est considéré comme un vétéran du style. Son dernier elpee, « Tactics of evolution » remontait quand même à 1997. A partir de cette époque, les différents membres du groupe se sont lancés dans d’autre projets artistiques et culturels. Et puis, en 2014, Graham Cunnington et Paul Jamrozy ont décidé de remonter le combo sous un nouveau line up et de repartir en tournée. Cinq ans plus tard, Test Dept publie donc son 14ème elpee. Et son titre est toujours aussi engagé. « Disturbance » reflète l’état d’une société en crise, victime d’un néo-libéralisme qui a entraîné l’austérité, le chômage et l’inégalité entre les revenus, mais également s’inquiète de la menace imminente d’un conflit nucléaire…

Découpé en 8 pistes, cet LP nous rappelle que s’il a été influencé par Cabaret Voltaire, Test Tept a aussi influencé Einstürzende Neubauten et même Front 242. Il est d’ailleurs amusant de retrouver ces références électro/indus ou électro/body/music (EBM) tout au long de cet opus. A l’instar de Laibach, l’hymnique « Speak truth to power » a recours aux synthés orchestraux. Plus paisible voire lunaire, « Debris » baigne au sein d’une forme d’ambient. Sombre et tourmenté, « Full spectrum dominance » est sous tension permanente, mais n’explose jamais, nous réservant des échantillonnages de voix de dictateurs, de tribuns ou de chefs-terroristes que la foule acclame. Le meilleur morceau est pour la fin, « Two flames burn ». Oriental, son intro évoque celui du « Larks’ tongues in aspic » de King Crimson, motif qui réapparaît au fil d’une plage grimpant progressivement en intensité, sur des rythmes et des chœurs martiaux, avant de s’achever par un glas à vous glacer le sang... Un album vraiment perturbant…

Robin Proper-Sheppard est de retour. Ou plus exactement Sophia, dont le nouvel album, « Holding On / Letting Go », paraîtra ce 25 septembre 2020. Il constitue une suite de « As We Make Our Way (Unknow Harbours) » (2016) et a été écrit, enregistré et produit par Robin, à Berlin et au Pays de Galles. A l’instar de l’opus précédent, Robin a fait appel à sa jeune troupe de musiciens belges pour jouer sur l'album, dont le bassiste Sander Vestraete et le guitariste Jesse Maes du groupe noise-punk Hyposchristmasstreefuzz ainsi que le claviériste Bert Vliegen (Teen Creeps), sans oublier le collaborateur de longue date Jeff Townsin, aux drums.

Deux titres en écoute : « Alive », ici et « We see you (Taking aim) »,

En concert dans le cadre des Nuits Botanique, ce 11 octobre 2020.

samedi, 18 juillet 2020 11:55

La projection de Slow Pulp…

Le parcours difficile de Slow Pulp a forgé l’unité du groupe au fil du temps grâce au lien d’une amitié à vie. Les origines du combo remontent à l’école primaire, fréquentée par Leeds, Mathews et Stoehr, se produisant alors ensemble depuis la sixième année, tout en grandissant à Madison. Massey a ensuite été invité à rejoindre leur nouveau projet, Slow Pulp, en 2017. ‘Je ne peux pas décrire un niveau de proximité avec d'autres personnes comme nous. Après avoir vécu ensemble, tourné ensemble, travaillé ensemble et écrit ensemble, nous avons appris beaucoup de choses les uns des autres si rapidement ‘, explique Massey.

Les circonstances extrêmement difficiles de la période qui a précédé la parution de cet elpee (bouleversements personnels, maladie de Lyme pour Massey et grave accident de voiture pour ses parents, une semaine avant la pandémie) ont forcé le quatuor à rompre avec ses vieilles habitudes et à apprendre à être à la fois de meilleurs compositeurs et amis. Le résultat est un changement marqué par rapport à leurs sorties précédente, grâce à un son plus accrocheur dès la première écoute.

Alors si vous aimez cette forme de psychédélisme qui met en exergue des éclats de guitare croustillants sur des mélodies imprévisibles, vous ne pourrez que succomber à la musique de Slow Pulp. Son album « Moveys » paraîtra ce 9 octobre 2020.

En attendant, le clip de « Idaho » est disponible ici

 

Tenue de danse-punk légendaire !!! est de retour ! Il publiera un nouvel EP intitulé « Certified Heavy Kats », ce 31 juillet 2020.

Mélangeant notamment des éléments de Chicago House, UK Garage et de NYC Disco, « Certified Heavy Katz » jongle entre grooves subtilement produits et chaos sonore organisé. Lors des sessions, le band a reçu le concours du leader de Liars, Angus Andrew, Maria Uzor du duo britannique Sink Ya Teeth et le co-chanteur de longue date Meah Pace.

Le single « Do The Dial Tone » (à découvrir ici) bénéficie d’une vidéo lyrique réalisée par Cheng-Hsu Chung, poursuivant un partenariat avec le groupe de clips cartoonesques. Chung avait ainsi précédemment réalisé la vidéo délirante du single de « Wallop », « Couldn’t Have Known » (à revoir ).

 

 

samedi, 18 juillet 2020 11:51

Noé Preszow est à nous…

Sur la route de la chanson depuis son plus jeune âge, Noé Preszow (prononcez ‘prèchof’), Bruxellois aux origines multiples, est un auteur-compositeur-interprète-arrangeur de 25 ans. Dans son répertoire figure des adaptations en français de Bob Dylan, une reprise d’un certain Léo Ferré ou des mises en musique de poètes contemporains. Son pari est d'unir thématiques solides et limpidité d'écoute, écriture réaliste et mélodies accessibles, envisager le présent en prenant l'époque à rebrousse-poil sans être ni aveugle ni sourd à ce qui se joue précisément aujourd’hui. Serait-on présence d’un disciple de H-F Thiefaine ? C’est en tout cas ce que le clip de « A nous » laisse penser. Et il est disponible ici

Son premier Ep paraîtra cet automne 2020.

En concert dans le cadre des Nuits Botanique, ce 24 septembre

samedi, 18 juillet 2020 11:48

Jeanne Added ne manque pas d’air

Jeanne Added a gravé un nouvel Ep ce 17 juillet 2020. Intitulé « Air », il constitue un objet parallèle, une prise de parole à la marge, instinctive et spontanée.

Ont participé aux sessions d’enregistrement, ses complices de toujours, Emiliano Turi son batteur sur scène, mais aussi Max Hershenowet et Rob Kleiner, déjà présents en co-composition sur l’album « Radiate ».

« Air » c’est aussi un moyen métrage du photographe et réalisateur Julien Mignot. De bout en bout les 8 morceaux de cet EP sont filmés et nous font partager la vie d’une bande rêvée, idéale et ouverte…

A découvrir ici