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Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 10 novembre 2009 01:00

Crazy rhythms

“Crazy rhythms” constitue le tout premier album de cette formation issue d’Hoboken, dans le New Jersey. Il est paru en 1980 et fait l’objet aujourd’hui d’une réédition. Revendiquant ouvertement l’influence du Velvet Underground et des Modern Lovers, le quatuor avait puisé son patronyme dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. Anti-groupe absolu affichant un look de nerds, The Feelies privilégiait avant tout la musique. Son mélange de psychédélisme, de pop et de punk est unique en son genre. Balisé sur un tempo krautrock, souvent enlevé, enrichi par de multiples percussions, il met en exergue des mélodies hymniques créées par des guitares duales, hypnotiques, répétitives, obsessionnelles même, tout en privilégiant la ligne claire, alors que les vocaux ne dépassent jamais le volume de l’instrumentation. Ce qui explique pourquoi cet opus deviendra une référence pour des groupes comme Yo La Tengo ou encore Galaxie 500. L’elpee recèle, en outre, une version insolite, mais particulièrement réussie du « Everybody’s got something to hide except me and my monkey » des Beatles. Séparée en 1992, la formation a décidé de se réunir en 2008, pour accorder quelques prestations ‘live’, aux States…

La réédition propose des démos, faces B, enregistrements ‘live’ et raretés, mais via une carte de téléchargement numérique glissée à l’intérieur du boîtier.

 

mardi, 10 novembre 2009 01:00

The good earth

Il a fallu six longues années avant de voir sortir le deuxième elpee des Feelies. Si bien que du line up initial, il ne reste plus que Glenn Mercer et Bill Million. C’est-à-dire les chanteurs/guitaristes. Mais le quatuor est passé à un quintet, suite à l’engagement d’un percussionniste. Produit par Peter Buck, le guitariste de REM, cet opus met davantage l’accent sur l’aspect acoustique. Et puis le son est moins brouillon et les compos moins expérimentales. Quoique toujours aussi complexes. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de tenir la route. La frénésie semble en apparence moins présente. Mais ce n’est qu’une impression consécutive au soin des arrangements. D’ailleurs, les envolées de rythmes sont toujours aussi tribales. Et on retrouve ce style très caractéristique des échanges de cordes opérés entre Glenn et Bill. Simplement l’acoustique a pris le pas sur l’électrique. Les sèches sont, en outre, tantôt grattées, tantôt jouées en fingerpicking. Et les voix murmurées confèrent à l’ensemble un intimisme presque lo-fi. Pas difficile de comprendre pourquoi tous les artistes néo-folk se sont toujours réclamés des Feelies. Aussi bien Belle & Sebastian que The Dodos…

La réédition propose des démos, faces B, enregistrements ‘live’ et raretés, mais via une carte de téléchargement numérique glissée à l’intérieur du boîtier.

 

La Roux ayant déclaré forfait, c’est vers la formation irlandaise Two Door Cinema Club que les organisateurs s’étaient tournés. Beaucoup plus de monde pour le second jour. Presque 900 personnes. Faut dire que l’affiche était nettement plus alléchante…

Two Door Cinema Club nous vient donc d’Irlande. Mais du Nord. De Bangor, très exactement. Un trio (chant/rythmique + guitare + basse) qui bénéficie du concours d’un quatrième membre en live. Un drummer. Pour donner davantage de relief à la boîte à rythmes. Et ma foi, leur britrock ne manque pas d’allure. Le chanteur possède une superbe voix. Le groove ronflant de la basse est impressionnant. Et les accès de guitare sont souvent tintinnabulants (NDR : dans l’esprit d’un House of Love voire de Big Country). On pense à Franz Ferdinand, aux débuts de Bloc Party voire à ceux de Coldplay, le tout enrichi d’un zeste d’electronica, à la manière de Hot Chip. Et sur les planches, les musicos ont la pêche. Leur set va décrocher une belle salve d’applaudissements. Bien méritée, en plus. Pas pour l’originalité, mais pour la fraîcheur libérée tout au long de leur prestation…

Un top model pour embrayer. Enfin, côté mode. Plutôt mignonne, la mèche lui retombant souvent sur les yeux, la mini-jupe classe (NDR : style ‘Twiggy’), cette Américaine (NDR : elle est née à Washington mais s’est établie à New-York), chante (plutôt bien) en s’accompagnant à la guitare. Enfin en plaquant des accords de guitare. Elle est soutenue par un bassiste, un soliste et un drummer. Bref, un line up fort classique. La musique de Lyssie Trullie est très marquée par la pop des eighties (Blondie, Go Go’s), ne manque pas de charme ni de sens mélodique, mais son minimalisme est trop carré pour donner une quelque impulsion à des compos pourtant bien troussées. Résultat des courses, elles ont beaucoup de mal à se démarquer les unes des autres. On a malgré tout droit à une cover du « Ready for the floor » de Hot Chip. Néanmoins, ce concert ne me laissera pas un souvenir impérissable…

Florence & The Machine, c’est la nouvelle coqueluche de la scène pop/rock britannique. Pourtant, les quelques titres écoutés sur le MySpace ne m’avaient pas du tout convaincus. J’ai même eu l’impression de me farcir un clone d’Anne Clark. Mais il ne faut jamais rester sur une mauvaise première impression. Et ce concert va le démontrer (NDR : comme quoi, il ne faut pas de contenter des sites de socialisation pour se faire une bonne idée du potentiel d’un artiste ou d’un groupe, que ce soit au niveau audio ou vidéo ; c’est ici que les critiques émises par les journalistes indépendants –comme celles publiées sur votre Webzine– ont toute leur importance). Avant que le combo ne monte sur les planches, on assiste à la préparation de la déco. Dans le fond, une projection représentant une tapisserie fleurie. Des fleurs, il y en a partout. En plastique. Aussi, on ne sait pas trop si c’est pour fêter un anniversaire ou à la mémoire d’un défunt. Et puis des lampes chinoises (NDR : à moins qu’il ne s’agisse des cages à oiseaux) disséminées, un peu partout sur le podium. A gauche de la scène, une superbe harpe. Les lumières déclinent et les haut-parleurs diffusent un instrumental noisy (NDR : pas pu me rappeler, au moment d’écrire ces lignes, de quel morceau, ni de quel formation ou artiste, il s’agissait). Puis les musiciens montent sur scène. Florence, la dernière. Drapée dans une robe bouffante, on croirait qu’elle sort d’un conte de fées d’Andersen. Mais ce qui frappe d’abord, c’est sa longue chevelure cuivrée. Le set s’ouvre par « Between two lungs ». On est alors immédiatement fasciné par sa voix. A la fois son timbre et ses inflexions. Rappelant à des degrés divers Siouxsie Sioux (les ululements), Heather Nova (les envolées éthérées), Lene Lovitch (l’amplitude du registre) et Grace Slick (la richesse de la tonalité). Pour gouverne, Grace Slick était la vocaliste de Jefferson Airplane, puis du Jefferson Starship. Lorsqu’elle ne chante pas, Florence tourne sur elle-même ou alors frappe sur un tom, placé juste à côté d’elle, au milieu de la scène. Les morceaux défilent : le spirituel « My boy builds coffins », le venimeux « Kiss with a fish », le passionné « Howl », un « Dog days are over », au cours duquel elle invite le public à bondir sur place, le « Cosmic love » qui rend hommage à sa maman, l’épique « Blinding », caractérisé par son envolée de cordes ainsi que la cover du « You got the love » de Candi Staton ». Les arrangements sont soignés, élaborés et délicats. Le tempo versatile. Le climat parfois dramatique. L’instrumentation limpide. Faut dire que les interventions à la harpe apportent ce petit côté rafraîchissant aux compos. Et puis les drums alternent le fluide et le frénétique, alors que les riffs de guitare entretiennent un climat de mauvaise augure. On est totalement subjugué par la prestation et on est surpris lorsqu’elle s’achève par un « Rabbit heart » de toute beauté. Tonnerre d’applaudissements. Remerciements de la jeune Londonienne qui se rend compte, sans doute, d’un état de grâce qui lui a permis de communier avec le public…

Responsable d’un premier album de bonne facture (« Manners »), Passion Pit était donc invité à clôturer le festival. Un quintet issu de Cambridge (NDR : c’est aux States, dans le Massachusetts, pas en Angleterre !) fondé par le chanteur/compositeur Michael Angelakos. Drôle de voix. Sorte de falsetto campant un hybride entre Prince, Paddy McAloon (Prefab Sprout), Lionel Ritchie, George Michael et Green Gartside (Scritti Politti). L’expression sonore baigne dans une forme d’électro-rock bien dans l’air du temps. Principal préposé aux synthés et autres machines, Ayad Al Adhamy semble être le membre catalyseur du quintet. Et probablement l’ingé du son. En début de parcours, il quitte son poste, pour solliciter un meilleur réglage de la console. Le guitariste et le bassiste doublent aussi parfois aux synthés. Si bien qu’il arrive de voir trois électroniciens balisant les compos. Techniquement, le set est bien balancé, très puissant (NDR : oscillant le plus souvent autour des 105db) ; mais j’éprouve de grosses difficultés à rentrer dans cet univers trop synthétique à mon goût (NDR : probablement l’âge !) Et puis, il y a ce manque de passion (NDR : paradoxal pour un groupe répondant au patronyme de Passion Pit), de fièvre et ce zeste de folie qu’on retrouve par exemple, chez Friendly Fires. Acclamations nourries des aficionados de ce style musical. Mais pas de rappel. Un peu trop artificiel à mon goût ! Heureusement, ce soir, il y avait Florence & the Machine…

Two Door Cinema Club + Lissy Trulie + Florence & The Machine + Passion Pit

(voir aussi notre section photos) 

Organisation Aéronef Lille 

 

Petite confusion. En lisant l’intitulé de la 22ème édition du festival ‘Les Inrocks’, on y a ajouté ‘tck tck tck’. Mais rien à voir avec la formation américaine !!! (NDR : prononcez tchik tchik tchik), dont on aurait pu croire un instant faire la tête d’affiche. Le festival se veut toujours défricheur de talents. Et il ne faut pas oublier qu’avant de se forger une belle notoriété, des formations ou des artistes comme les White Stripes, Muse, Franz Ferdinand, Interpol, Editors, Arctic Monkeys, Libertines, les Kooks, Kaiser Chiefs, Oasis ou encore Devendra Banhart se sont produits dans de cadre de ce périple hexagonal. Enfin, la soirée de ce jeudi n’a enregistré que 400 entrées.

Il revenait à Violens d’ouvrir le bal. Une formation new-yorkaise dont le patronyme est le résultat d’une contraction entre violence et violons. Pas de violons cependant au sein du line up ; mais une violence bien contenue, canalisée par une forme de psyché/pop inspiré tour à tour par les Zombies, les Byrds et Johnny Marr. Enfin c’est l’impression qu’a pu me laisser le dernier (NDR : et seul) morceau de leur set, auquel j’ai pu assister. Un groupe à revoir, c’est une certitude…

On installe ensuite un pupitre, derrière lequel vient se poster un Dj. Qui commence à bidouiller pendant quelques morceaux sur ses machines et ses platines. Pas de quoi fouetter un chat… Lorsque soudain, apparaît un personnage vêtu d’une bure. Un instant, j’ai cru qu’il s’agissait de Julian Cope, revenu d’un pèlerinage à Stonehenge. Mais, lorsque de jolies jambes commencent à dépasser du manteau, plus aucun doute n’est permis : c’est une fille ! Elle est jolie, blanche et s’appelle Amanda Blank ! Se met à gesticuler, puis enfin à chanter sur une forme de mélange d'électro, de pop, de rap hardcore et de house. Mais lorsqu’elle enlève son déguisement, c’est pour s’exhiber en body particulièrement sexy. On comprend mieux pourquoi Amanda Mallory (c’est son vrai nom) est considérée comme la nouvelle bombe du rap. Pas trop mon truc, mais on s’approche quand même du podium pour mieux contempler ses formes. Et puis son show très chaud, sensuel et explosif. On pense à Lil Kim, Lady Gaga, mais surtout on se dit que si on avait une souris pareille sur son grenier, on tuerait le chat… (NDR : à transposer en picard, S.V.P. ; et puis à vérifier dans notre galerie photos). La féline, n’est cependant pas une néophyte, puisqu’elle a déjà bossé en compagnie de Yuksek, Diplo, Santogold, M.I.A., Plastic Little, Teki Latex de TTC, Ghosface Killah du Wu Tang clan et David Stisek de TV On The Radio. Pour le reste, ne m’en demandez pas plus. Peu réceptif à ce style de musique, je n’ai cependant pas snobé le plaisir des yeux (NDR : elle est quand même plus jolie à regarder que Margaret Thatcher…)  

Place ensuite aux Black Lips, un quatuor issu d’Atlanta, réputé pour son rock/garage crade, furieux, sauvage, bourré d’énergie, mais qui accroche immédiatement par ses mélodies contagieuses. Première constatation, la section rythmique est particulièrement solide et fédère la plupart des compos. Et si tous les musiciens se partagent les parties vocales, un des deux guitaristes se contente des backing vocaux. L’autre, le moustachu au chapeau de pèlerin possède une voix encore plus éraillée que celle du lead singer, Jared Swilley ; ce dernier jouant sur une drôle de basse. On pense au Clash, aux Fleshtones, aux Strokes, à Brian Jonestown Massacre et même parfois à Téléphone pour le sens mélodique ; mais ce sont les compos les plus canalisées qui font surtout mouche. Pas trop de provocation ou d’outrage ce soir (NDR : donc ni strip-tease, ni vomi, ni urine au menu, mais un simple collant entre deux des musicos). Bref un set fort plaisant, presque inoffensif, au cours duquel on aura droit aux inévitables, « O Katrina », « Cold hands », « Sea of blasphemy », « Stranger », « Fairy stories » et « Dutronc ». Sans oublier, un des rares morceaux plus tendres, « Bad kids ». Les Black Lips deviendraient-ils respectables. Pas bon pour le rock’n’roll tout ça…

Derrière Ebony Bones, se cache l’ancien drummer de Damned, Rat Scabies. Il est devenu arrangeur et producteur et tire les ficelles. Avant de se lancer dans la musique, Ebony Bones alias Ebony Thomas, était une starlette dans les séries de TV britanniques. Et puis elle en a eu marre et s’est lancé dans la musique. Ce qui explique sans doute ce sens du spectacle, du visuel, auquel elle attache tant d’importance lors de ses shows. D’abord, il y a ces deux choristes peinturlurées et vêtues de robes en vesse-de-loup, qui s’agitent tout au long du set. Ils sont sept sur les planches dont une saxophoniste, également très maquillée, un drummer au look efféminé, malgré ses longs cheveux et sa moustache (NDR : on dirait un pastiche de Tony Iommi, le guitariste de Black Sabbath, lorsqu’il était jeune), deux claviéristes dont un double aux percus, et un gratteur dont le chapeau doit avoir été trouvé dans les ruines du Machu Picchu. Et puis Ebony, dans une tenue improbable, très colorée, kitsch, clownesque presque, les collants blancs à petits cœurs, des bracelets partout et une coiffure crépue impressionnante. Tout au long du set elle va arpenter la longueur de la scène, en haranguant la foule. On se croirait en plein carnaval, mais pas celui de Rio, plutôt de Trinidad. Le groupe démarre sur les chapeaux de roues par « We know all about U ». Et va dérouler son mélange de punk, ragga, soul, funk, punk, r&b, et de rythmes africains sans pratiquement reprendre son souffle. Deux covers dans le tracklisting : le « Another brick in the wall » du Floyd et en rappel, quand même, « I wanna be your dog », des Stooges. Chouette alors ? Cela aurait pu. Mais le set est tellement linéaire qu’on finit par ne plus accrocher. Il manque un peu de raffinement dans la musique et de variation dans le show pour pouvoir mieux l’apprécier. Ce n’est peut-être qu’une question de temps et d’expérience…

Violens + Amanda Blank + Black Lips + Ebony Bones

(voir aussi notre section photos)

Organisation Aéronef Lille

dimanche, 28 février 1993 01:00

Proche de l’esprit des Doors

Détonateur (involontaire) du mouvement ‘baggy’ mancunien, au même titre que Stone Roses et Happy Mondays, Inspiral Carpets avait soufflé tour à tour le chaud et le froid en enregistrant le superbe "Life" en 1990, puis le controversé "The Beast Inside", l'année suivante. Novembre dernier, le quintette a gravé "Revenge of the Goldfish", un troisième opus frais, pétillant, qui nous a complètement réconciliés avec le groupe, une oeuvre qui s'inscrit dans le mouvement néo pop du début des nineties. Pourtant, le Carpets aiment les Doors, et ils ne s'en cachent pas ; mais ils réfutent toute implication dans le revivalisme sixties. Tom, le chanteur, et Graham le guitariste, nous ont accordé une longue interview. Nous vous en proposons les extraits les plus intéressants, mais également les plus loufoques...

A la fin des eighties, vous avez été assimilés par la scène ‘baggy’ de Manchester? Ce phénomène a-t-il favorisé votre succès?

Graham : Au départ, c'était un avantage d'appartenir à cette scène, parce que Manchester polarisait toute l'attention des médias. Il est exact que si nous avons été emportés par le mouvement, nous ne nous en sommes jamais réclamés. D'ailleurs, fin 1990, lorsque notre deuxième album est sorti, cette situation s'est retournée contre nous. "The Beast Inside" était un disque ‘anti party’, et en tous cas, à des miles de la musique de danse qui sévissait alors à Manchester. En fait, la presse nous avait déjà enterrés avant même d'avoir écouté le cd. D'autre part, le public qui ne jurait que par le ‘baggy’ trouvait le contenu trop sérieux, pas assez ‘fun’, si vous préférez. Ainsi, l'avantage, s'est transformé en désavantage.

Que penses-tu de groupes comme Happy Mondays et Stone Roses qui relevaient de cette scène?

Tom : Avant 1988, personne n'avait jamais entendu parler de ‘baggy’. Ce sont les journalistes, et en particulier ceux du Melody Maker qui ont inventé ce vocable. La première fois que j'ai assisté à un concert de Stone Roses, c'était en 1987. Nous n'avions pas les mêmes, idées, et certainement pas celle de fonder une scène homogène. Bien sûr, à partir de 1988, nous avons tourné avec les Stone Roses et les Mondays ; et il est inévitable, dans ce contexte, que nous ayons exercé une certaine influence sur chacun de ces groupes, comme chacun d'entre eux a exercé une certaine influence sur nous. Mais toutes ces formations ont tenu à conserver leur propre style, leur propre identité. Personne n'a jamais comparé les Smiths à Happy Mondays, parce qu'ils sont de Manchester, que je sache!

Bien que de Wolverhampton, les Charlatans ont également été confondu avec cette scène ; même qu'au début, vous étiez souvent mis en parallèle avec eux, à cause de la sonorité très ‘Doors’ des claviers. Comment réagissez-vous à ces allusions?

T. : Je pense que si nous sommes inspirés des Doors, les Charlatans se sont inspirés de nous. Et pas seulement à cause des claviers; mais également du look et du light show. Bien qu'inconsciemment, le contraire soit peut-être tout aussi vrai... Notre perspective du rythme est quand même totalement différente ; c'est la raison pour laquelle nous nous sentons plus proche de l'esprit des Doors que les Charlatans. Attention, mon raisonnement est loin d'être péjoratif, car le fait de s'inspirer des autres favorise la création, et permet d'élargir son audience. Je m'explique. Les Happy Mondays ont bâti leur succès en tirant parti de la popularité des Stone Roses. Et puis nous avons bâti le nôtre en séduisant ceux des Happy Mondays et des Stone Roses. Mais à l'inverse, notre succès aux USA a permis aux Mondays et à Stone Roses de se créer une ouverture outre-Atlantique. Finalement, dans ce mécanisme, tout le monde s'y retrouve.

Qu'est ce qui vous attire chez les Doors?

G. : Tout! Les textes d'abord. Jim Morrison était à la fois capable de raconter des histoires très ‘noir et blanc’, mais également très ‘hard’, du style ‘Hey baby, viens, nous allons coucher ensemble ce soir, etc., etc.’, des images lascives que nous avons réutilisées sur l'album The Beast Inside. Pour nous, Jim n'est pas seulement un symbole, mais aussi un grand compositeur qui peignait les moeurs les plus tabous de ses contemporains... Et puis il y a les claviers. Parce que cet instrument constitue un élément clef de notre musique, comme chez les Doors. D'ailleurs si tu compares David à Ray (NDR : Manzarek), il prendra cela pour un compliment. Et c'est la même chose si tu compares Jim à Tom. Pour nous les Doors, c'est très important!

Que penses-tu du film sur les Doors, réalisé par Oliver Stone?

T. : Pure fiction!
G. : C'est un film intéressant, mais il montre les facettes les plus excessives du personnage. Jim n'avait pas que des mauvais côtés, même s'il ne devait pas être facile de vivre avec lui au sein du groupe. Mais s'il est devenu un mythe, ce n'est certainement pas à cause de ses débordements, mais surtout parce qu'il reflétait le mal être de sa génération...
T. : Le film est quand même fort romancé, un peu comme celui qui relate l'assassinat de John Kennedy...

Quel est le style musical qui a le plus marqué Inspiral Carpets? La house, la pop, le psychédélisme, le punk, le garage ou autre chose?

G. : Toute l'histoire du rock. Depuis Elvis Presley jusqu'à Alice Donut, en passant par les Pistols, Can, Talking Heads et bien sur les Doors. Personnellement, la house ne me botte pas trop, mais elle est indispensable à notre section rythmique.
T. : Depuis que la house est devenue une tendance dominante en Grande-Bretagne, elle a perdu toute sa stimulation, tout son crédit. A Manchester, la house est devenue un produit de consommation tout à fait banal. Des tas de jeunes se rendent chaque soir dans les boîtes pour y fumer un joint et danser sur de la house. Où sont donc la passion et l'excitation nécessaires à l'émulation, je vous le demande?...

Vous affichez une tendance plutôt revivaliste alors?

T. : Pas du tout! Nous ne sommes pas des revivalistes. Nous explorons le plus large éventail de formes musicales possible pour en retirer le maximum de feeling. Le revivalisme est totalement étranger à Inspiral Carpets!...

Comment avez-vous fait pour dénicher ce fabuleux orgue ‘farfisa’? Combien l'avez-vous payé?

T. : Cent livres dans une brocante à Londres!

Que représente pour vous le 19 avril 1986?

G. : La première fois que le groupe a perçu un cachet après avoir donné un concert. Ce jour restera longtemps gravé dans notre mémoire...

Quelles sont les différences marquantes entre vos trois albums? Sur votre dernier, les textes font allusion à Dieu et à l'amour, mais d'une manière désenchantée, pourquoi?

T. : "Life" notre premier disque, était bien dans l'air du temps. "The Beast Inside"  baignait dans une atmosphère plus progressive, paradoxalement plus sereine et plus sensuelle, même s'il recelait deux morceaux plus dansants. Nous avons voulu insuffler à "Revenge of the Goldfish" un son et un format plus pop. Chaque titre dépasse rarement les trois minutes, et pourrait figurer sur un single. Quant aux textes, c'est une forme d'ironie. Nous n'avons certainement pas l'intention de disserter sur l'existence de Dieu ou sur la religion. Laissons ces élucubrations philosophiques à l'Amérique et aux Américains. Ils raffolent de ces concepts. Nos lyrics sous-entendent des choses très terre à terre comme la tentation, le désir sexuel, la libido, des desseins plutôt charnels que nous tentons d'inoculer dans nos compositions avec une forte dose d'humour...

Sur ce disque, il existe une chanson qui porte le titre "Here come the Flood", alors que le producteur de l'album, du groupe S Express, s'appelle Pascal Gabriel. C'est aussi une autre forme d'humour?

T. : Hein!...
G. : (Il éclate de rire). A non là, on l'a pas fait exprès, c'est une drôle de coïncidence!

Croyez-vous à la réincarnation?

T. : Trois mille ans avant notre ère, je vivais dans la peau d'un pharaon qui régnait sur la grande Egypte...
G. : Je souhaiterai me réincarner sous la forme d'un chien. Oui, un chien! Un chien ou une radio. Plutôt une radio, car c'est plus facile pour se faire comprendre, ah, ah, ah...

Est-ce que les poissons rouges (NDR : par référence au titre et à la pochette de l'album) sont prisonniers dans leur bocal?

G. : C'est une existence très triste!...
T. : C'est une très triste existence!...
G. : Vraiment triste comme existence! Etc.

N'avez-vous jamais pensé vous procurer un tapis volant?

G. : Oh mais si, nous en possédons un. Il nous permet de nous rendre de Grande Bretagne aux quatre coins du globe. Surtout ne le répétez à personne!...

Quelle est la couleur d'Inspiral Carpets?

G. : Bleu mer et orange ; nous avons pourtant vécu une période pourpre...

Avez-vous peur du silence?

T. : Non, il constitue le refuge de notre imagination. Il ne nous effraie pas, mais nous permet  de nous pencher sur notre conscience. Le silence nous inspire...

Interview paru dans le n°10 de février 93 du magazine Mofo

lundi, 31 mai 1993 02:00

Concrétiser ses propres idées…

Poète introverti, cet ex leader de Loft, puis de Weather Prophets a décidé de faire cavalier seul en 1989. Depuis, il nous a livré quatre albums différents, "Submarine", "Zoo", "Paradise", et aujourd'hui "God and other short stories". En évolution constante, puisque de la morosité et de l'intimisme, il est parvenu aujourd'hui  à traduire ses émotions sous une forme de pop plus optimiste. Rencontre avec un Peter Astor détendu, souriant, décidé à faire table rase du passé, et surtout très satisfait de son dernier disque, pour lequel nous avons voulu tout savoir. Ou presque! 

Avais-tu l'intention, dès ta plus tendre enfance, de devenir un artiste? As-tu suivi des études en conséquence? Que ferais-tu si tu n'étais pas musicien?

A l'âge de onze ans, je rêvais de devenir un footballeur célèbre. Sinon, je passais mon temps à jouer avec des petits soldats ou à assembler des modules de tanks. J'ai terminé un cycle d'études consacré à la littérature anglaise. J'étais à la fois intéressé et motivé, parce que j'y ai gagné plus d'argent que lorsque je suis devenu chômeur! En Grande Bretagne, le chômage est un grave problème. La plupart des musiciens ont connu cette situation difficile à leurs débuts. Si je n'étais pas devenu musicien, je ressemblerais à ces bâtards qui, pour oublier leur condition misérable, se saoulent la gueule toute la journée dans un bar, en espérant une hypothétique providence...

Avant d'entreprendre une carrière solo, tu as joué au sein de Loft et des Weather Prophets. A quelle formule donnes-tu la préférence?

A celle que je mène pour l'instant. Cela me paraît le choix le plus honnête, le plus adapté à ma sensibilité. Prends l'exemple d'Andrew Eldritch, il a conservé le patronyme Sisters of Mercy, alors qu'il est devenu le seul maître à bord. Et il y en a beaucoup d'autres dans le cas. J'estime qu'il est plus correct de jouer sous son propre nom lorsque tu es seul responsable de la création. Faire partie d'un groupe, c'est apprendre à vivre ensemble, à faire des concessions, des compromis. Parfois, tu te rends compte que tu fais fausse route, mais tu n'oses pas l'exprimer de peur d'exacerber les susceptibilités. Attention, cette aventure est enrichissante, mais elle ne correspond pas à ma nature. J'ai choisi délibérément de poursuivre une carrière individuelle, et j'en suis très heureux. Ce qui n'exclut pas la participation de collaborateurs sur scène et sur vinyle. Mais je ne tiens plus à appartenir à un groupe, car je n'aurai plus le sentiment d'interpréter ma propre création, de concrétiser mes propres idées.

Est-ce que tu reprends parfois des chansons de Loft et de Weather Prophets en concert?

Quelques unes. Mais pas trop! Mais cela n'a guère d'importance... (NDR : il a l'air embarrassé). Ce serait trop ennuyeux d'interpréter ces vieux morceaux. En fait, je me limite à l'une ou l'autre chanson de Loft ou des Prophets. Des faces ‘B’ de singles méconnus. Le reste ne m'intéresse plus. Je préfère me consacrer au nouveau répertoire!

Comment s'est déroulé l'enregistrement de ton dernier album? Es-tu satisfait du résultat?

Il a fallu deux mois et demi pour le terminer. Je dois avouer que son enregistrement n'a pas été facile. J'y ai travaillé très dur. J'ai voulu tirer un maximum de moi-même, et j'ai fait preuve de la plus grande sévérité quant au choix des morceaux. Mais je suis content du résultat. Maintenant, ne me demandes pas d'analyser ma propre création, c'est un peu comme si tu devais décrire ta propre maison, alors que tu l'occupes depuis plusieurs années. Disons qu'il est plus optimiste, plus pop, par rapport à ce que j'ai réalisé jusqu'à présent...

Moins dramatique que "Submarine"?

Absolument! "Submarine" développait des thèmes très sérieux, réalistes même. "God and Other Short Stories" se veut plus positif. Et je suis enchanté que tu l'aies compris dans ce sens.

Est-ce que Dieu est plus important que les autres petites histoires?

Non! Que veux-tu dire par là?

Que représente Dieu dans la vie et dans l'œuvre de Peter Astor?

C'est une question difficile. C'est un peu comme si tu me demandais le chemin qui mène au ciel, alors que j'ai égaré le plan...

Tu crois en Dieu? A la religion?

Non! Je voudrais bien, mais non!

"God and Other Short Stories", c'est seulement un titre?

Oui! Un titre ironique...

Sur ce disque, de nombreuses plages relatent des histoires qui se déroulent le week-end. Est-ce une nouvelle fascination pour Peter Astor?

Pas seulement les week-ends! En fait, après avoir enregistré les chansons de cet album, je me suis rendu compte qu'il y en avait une qui concernait le mercredi, une autre le jeudi, etc. jusqu'au dimanche. Et je me suis dit qu'il serait intéressant de les aligner sur le Cd. Mais au départ, ce n'était pas du tout intentionnel.

A quoi accordes-tu le plus d'importance, aux paroles ou à la musique?

Aux deux! La conjugaison des deux éléments est très importante. Une bonne chanson ne se limite pas à de bons mots!

Es-tu d'un naturel pessimiste?

C'est relatif. Je suis un romantique, et cette sensibilité imprègne mes chansons. Mais je ne suis pas un pessimiste. Pas toujours quoi! Disons que je trouve de la beauté dans la tristesse. Cela donne une signification à la poésie. Je ne suis d'ailleurs pas le seul artiste à y puiser l'inspiration...

Romantique, cela fait très conservateur britannique! Pourtant, tu ne portes pas de chapeau-melon?

Conservateur? Certainement pas dans le domaine de la politique! Traditionnel? C'est très relatif. Peut-être parce que je critique tous ceux qui détruisent l'environnement ou ces nihilistes qui foutent la merde partout. Mais aussi marginal parce que j'aime toutes les formes d'art contemporain, et que je suis tolérant en matière de sexualité. On ne peut donc dire que je sois un véritable conservateur...

Au cours de ton adolescence, tu appréciais tout particulièrement Patti Smith, Television et le Velvet Underground. Que penses-tu du dernier album de Television?  De la reformation du Velvet?

Je n'aime pas du tout le dernier Cd de Television. Il se limite à des riffs de guitares, et pas très subtils en plus! Il ne recèle aucune bonne chanson. L'aura de Television appartient au passé! Le Velvet? Sterling Morrison a sans doute besoin de fric. Pas les autres, je suppose. Lou Reed est devenu le personnage le plus pompeux et le plus ennuyeux du monde musical. Il n'a plus aucun talent et je ne parviens pas à comprendre comment il parvient encore à avoir du succès. "New-York" était son chef-d’œuvre. Le reste n’est que détritus. "Magic & Loss" ne mérite même pas les immondices. Il est dégoûtant! Je n'ai jamais rien entendu d'aussi mauvais! John Cale? Au cours des seventies, il a beaucoup apporté à la musique underground. Depuis, à ma connaissance, il n'a plus fait grand chose d'intéressant. Cette reformation n'est motivée que par l'appât du gain. A moins qu'elle ne soit destinée à leur procurer de la compagnie (rires). Je hais ce style de reformation. Tout comme celle des Buzzcocks. Elles sont totalement ridicules.

La presse rock te rapproche souvent de Nick Drake. Comment réagis-tu à ces comparaisons? Ce personnage est-il si important pour Peter Astor?

Ce n'est pas parce que j'apprécie l'œuvre de Nick Drake qu'il faut nécessairement me comparer à lui. Il est mort! Alors, je préfère être comparé à des artistes comme Metallica, Nirvana, Screamin' Trees ou Babes In Toyland. Au moins eux sont toujours vivants...

(Interview parue dans le n°13 du magazine Mofo de mai 1993)

 

dimanche, 01 novembre 2009 12:38

Une Peel Sessions pour Mercury Rev

Une Peel Sessions consacrée à Mercury Rev vient de paraître. Elle est double est couvre les enregistrements opérés auprès du célèbre DJ britannique défunt, entre 1991 et 2001.

Tracklisting

Cd 1

1. Frittering - John Peel Session 27/08/1991
2. Coney Island Cyclone - John Peel Session 27/08/1991
3. Syringe Mouth - John Peel Session 27/08/1991
4. Chasin' A Bee - John Peel Session 27/08/1991
5. Trickledown - John Peel Session 13/07/1993
6. Downs Are Feminine Balloons - John Peel Session 13/07/1993
7. Boys Peel Out - John Peel Session 13/07/1993
8. Everlasting Arm - John Peel Session 02/07/1995
9. I Only Have Eyes For You - John Peel Session 02/07/1995
10. Racing The Tide - John Peel Session 02/07/1995
11. Close Encounters Of The 3rd Grade - John Peel Session 02/07/1995

Cd 2

1. I Don't Wanna Be A Soldier Mama I Don't Wanna Die - John Peel Session 05/05/1999
2. The Funny Bird/Tonite It Shows - John Peel Session 05/05/1999
3. Observatory Crest - John Peel Session 05/05/1999
4. Tides Of The Moon - John Peel Session 15/11/2001
5. Little Rhymes - John Peel Session 15/11/2001
6. Spider And Flies - John Peel Session 15/11/2001

7. Planet Caravan - John Peel Session 15/11/2001
8. Gymnopedies 3 - John Peel Session 15/11/2001
9. Hercules - John Peel Session 15/11/2001

Pour plus d’infos : http://www.mercuryrev.com

 

mardi, 27 octobre 2009 01:00

Generic Flipper

Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.

Mais venons-en à leurs albums. Sept enregistrés en studio au compteur. « Generic Flipper » est le premier. Il remonte à 1982. Il était alors paru chez Subterranean. Et a été réédité par Domino, l’an dernier. En 1986, le magazine ‘Blender’ l’avait sélectionné parmi les 100 meilleurs albums ‘indie’ rock de tous les temps. Pour la musique, hormis la voix, on a l’impression d’entendre un mix improbable entre les débuts de Wire, de Siouxsie & The Banshees et de Black Sabbath. Mais en live. Alors que le disque a été concocté en studio… Le tout balisé par un groove phénoménal : celui produit par les deux basses. Quant aux textes, ils traduisent un sentiment d’anti-establishment cultivé par le groupe et que balancent à tour de rôle, les deux vocalistes, Will Shatter et Bruce Loose…

 

mardi, 27 octobre 2009 01:00

Sex Bomb Baby!

Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.

En 1987, Will Shatter succombe à une overdose d’héroïne. Subterranean grave l’année suivante une compile baptisée « Sex Bomb Baby ». On y retrouve notamment les meilleures compos de la formation dont les six faces des trois premiers singles ainsi que cinq titres live enregistrés entre 80 et 82. John Dougherty débarque à la basse en 1990 et participe à l’enregistrement d’un single et dans la foulée de l’album « American Grafishy » ainsi que de « Nürnberg Fish Trials » qui paraîtra l’année suivante. Mais en 1993, il décède dans les mêmes circonstances que son prédécesseur. Ce qui va provoquer un arrêt du groupe pendant une bonne décennie. Les musiciens vont bien essayer l’une ou l’autre reconversion dans différents projets, dont No Flipper, mais ces tentatives demeureront sans lendemain. Et en 2005, ils décident de reprendre l’aventure en recrutant l’ex-Bad Posture, Bruno DeSmartass à la basse. Qui ne restera qu’un an au sein du line up. Finalement, ils font appel à Krist Novoselic (Nirvana, Foo Fighters) qui accepte le challenge et leur donne même un sérieux coup de pouce en participant à l’écriture de nouvelles chansons et à leurs tournées. C’était entre 2006 et 2007. Mais trop absorbé par ses nouvelles préoccupations électorales et puis pas le Foo Fighters, il abandonne le navire en 2008. Il est quand même l’auteur de notes de pochettes sur la réédition du premier elpee, « Generic Flipper » ; Buzz Osborne des Melvins se chargeant de celles du deuxième, « Gone fishin’ ». La réédition de « Sex Bomb Baby! » est parue en 2008. Depuis, le groupe a recruté une nouvelle bassiste, Rachel Thoele ; et a même enregistré un nouvel elpee ce 19 mai 2009. On attend impatiemment la suite…

mardi, 27 octobre 2009 01:00

Gone fishin’

Fondé en 1979 par Ted Falconi, Will Shatter, Steve DePace et Ricky Williams (remplacé au bout de six mois par Bruce Looser), Flipper est un quatuor issu de San Francisco qui s’est forgé une solide réputation en adoptant une attitude punk pure et dure. Leurs sets étaient de mauvaise facture et complètement bordéliques, le public les rejoignant régulièrement sur les planches. A un tel point qu’ils suscitaient le mépris de la part des musiciens issus de la scène underground locale. Pourtant, leur concept était plutôt original : jouer du punk plus lentement, mais aussi avec davantage de puissance. Vous me voyez venir ? Ben oui, Kurt Cobain les considérait comme une de ses influences majeures. A une époque, il portait d’ailleurs un t-shirt à leur effigie (NDR : un poisson mort !) Et les Melvins ont repris deux titres de leur répertoire sur un vinyle. En 1990. Sans oublier l’admiration que leur portait Black Flag et Eric Avery (Jane’s Addiction). Faut dire qu’au fil du temps, leur musique est devenue plus audible. Ce qui ne veut pas dire que les gaillards étaient décidés à se ranger… Et pour cause, on leur reproche d’avoir tagué leur logo un peu partout dans la ville. Et même d’avoir incité leurs fans à faire de même sur les monuments historiques, à travers le monde.

Mais venons-en à leurs albums. Sept enregistrés en studio au compteur, dont cinq (NDR : et trois singles) entre 1979 et fin 1987. « Gone fishin’ » est leur deuxième. Il remonte à 1984. Mieux produites et parfois même élaborées, les compos sont enrichies d’un saxophone. Très présent, il se révèle parfois jazzyfiant. Et puis d’un piano, d’une clavinette et de percussions électroniques. L’artwork de l’opus reproduit fidèlement celui proposé par Subterranean. La camionnette et l’effigie des quatre membres du groupe sont à découper selon les pointillés et à reconstituer. A l’époque, en versant 2$, le label proposait d’envoyer une pochette vide. Le label Domino s’est donc chargé de rééditer ce disque l’an dernier.