La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Le nouvel elpee des Dodos paraîtra ce 31 août. Intitulé “Time To Die” il sera suivi d’une tournée mondiale qui passera par le Botanique de Bruxelles le 8 septembre et la Maroquinerie de Paris la veille. Ce troisième opus a été produit par Phil Ek (Fleet Foxes, The Shins, Built to Spill). Le line up implique un nouveau musicien : le vibraphoniste Keaton Snyder. Pour rappel le combo se produira au festival de Dour. Et leurs prestations ‘live’ sont tout à fait remarquables !

Tracklisting:

Small Deaths
Longform
Fables
The Strums
This Is A Business
Two Medicines
Troll Nacht
Acorn Factory
A Time To Die

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/thedodos

mardi, 16 juin 2009 22:31

There are no goodbyes

“There are no goodbyes” constitue le cinquième album solo, enregistré en studio, pour Sophia. Et il s’inscrit parfaitement dans la lignée du précédent opus, « Technology Won’t Save Us ». Des compos poignantes, confessionnelles et mélancoliques qu’il chante de son timbre doux-amer si particulier. En s’accompagnant à la guitare. En picking. Le plus souvent acoustique mais électrifiée (NDR : une exception « Dreaming », une brève compo minimaliste interprétée à la sèche). Les mélodies sont contagieuses, parfois hymniques. Notamment sur le single et titre maître qui ouvre l’opus. Même que la conjugaison des accords de piano sonore, des envolées de guitare soniques entrecoupées par des impulsions de drums offensifs, me fait plutôt penser à Coldplay. Chanson plus allègre, « Obvious » est cependant contaminé par des lyrics toujours aussi sombres. Robin partage un duo en compagnie d’Astrid Willimason, sur la valse lente « Something ». Jusqu’alors pas vraiment de surprise. Mais le plus intéressant procède de la fin de l’elpee. Tout d’abord lors de « Sign ». Balayée par une steel guitare et des cordes de râpe languissantes, cette compo aurait pu émarger à l’americana, s’il n’y avait ce sens mélodique bien spécifique. Et enfin les trois derniers morceaux du disque. Enrichis de somptueux arrangements symphoniques. Encore que parmi ces trois chansons, « Leaving » est vraiment celle qui mérite une attention toute particulière. Car si arrangements symphoniques il y a, ils sont dominés par des cuivres énigmatiques. Et puis, cette ligne de basse pulsante remue les tripes. Bref, ce titre lorgne manifestement vers la quintessence de Broken Social Scene. Toutes proportions gardées, bien sûr. Mais le résultat est vraiment remarquable. Robin s’intéresserait-il à la nouvelle scène canadienne ?

mercredi, 10 juin 2009 00:13

Everyone is having fun

Jack Beauregard est un duo allemand réunissant le chanteur/guitariste Daniel Schaub et le claviériste/électronicien Pär Lammers. Issus de Cologne, ils se sont rencontrés dans le cadre de leurs études. A Amsterdam. Au conservatoire musical. Et ont choisi pour patronyme le héros d’un western spaghetti, interprété par Henry Fonda.

Les compos évoluent, le plus souvent, sur un (mid) tempo nonchalant (NDR : trois exceptions qui confirment la règle : les hypnotiques et presque dansants « Distance in between » et « Anyone around » ainsi que le r&b électro « I admit »), laissant les mélodies douces-amères irradier tout leur magnétisme contagieux. Evoluant quelque part entre Talk Talk, Take That, José Gonzales, Postal Service, Scritti Politti et New Musik, leur solution sonore mêle folk et indietronic au sein d’un climat empreint de douceur, de tendresse mais aussi de mélancolie ; mais sans jamais glisser vers la mièvrerie. Leur approche minimaliste y est sans doute pour quelque chose. Les harmonies vocales sont limpides, impeccables, savoureuses, parfois même ‘beatlenesques’. Tout au long d’« Everybody is happy », elles sont même caractérisées par une conjugaison étrange entre voix et contre-voix. Un superbe album pour un duo dont on devrait entendre bientôt parler…

 

mercredi, 10 juin 2009 00:12

In the ever

Né à Hawaii, Mason Jennings a vécu toute sa jeunesse à Pittsburgh, avant de s’établir à Minneapolis, où il vit d’ailleurs toujours. « In the ever » constitue déjà son sixième album. Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (NDR : et surtout guitariste), Jason est réputé pour la qualité de ses lyrics. Que certains spécialistes n’hésitent pas à comparer à ceux de Dylan. Faut dire que Jennings pratique une musique essentiellement tramée dans le folk, même si ses chansons sont très susceptibles de s’ouvrir, circonstanciellement, à des tas d’instruments. Y compris électrifiés. Hormis l’une ou l’autre exception, il fait d’ailleurs pratiquement tout sur cet elpee, même la production. Il y a bien quelques collaborateurs, mais en général, ils sont confinés à la portion congrue. On retiendra quand même la présence de Robert Carranza au mixing pour quatre titres, et celle de Jack Johnson, le patron du label, sur « I love you and Buddha too », aux backing vocaux.

Mais bref, revenons aux textes. Ils traitent aussi bien des problèmes de religion (NDR : ou de spiritualité, selon), de politique, de rapports humains que de questions existentielles. Souvent abordés à la première personne du singulier. Sur « Going back to New Orleans », il revient sur le désastre engendré par l’ouragan Katrina, mais également sur l’intervention militaire des Yankees en Irak, et ses conséquences. C’est aussi la meilleur compo de l’elpee. Les drums réverbérés y sont imprimés sur le rythme du chemin de fer, et le souffle de l’harmonica évoque la vapeur d’une locomotive… Le reste de l’opus ne manque pas de charme, épingle des mélodies souvent contagieuses, met en exergue son timbre vocal sinueux, quoique bien timbré, mais souffre d’une trop grande linéarité rythmique… Bref, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour pouvoir apprécier cet opus à sa juste valeur…

 

dimanche, 31 décembre 2000 01:00

Dreamers and lovers

En dix années d'existence, BGG a aligné six albums, dont deux (" Hunalaria " et " Handsome ") ont reçu le concours de Mike Rathke, guitariste et producteur de Lou Reed, à la mise en forme. A l'initiative de Mike, Lou avait d'ailleurs joué sur un titre du second cité. Et il faut croire qu'un déclic a dû se produire dans la tête du New-yorkais, car depuis, il leur file de temps à autre un petit coup de pouce. Comme en 1996, lorsqu'il les avait engagés pour jouer en première partie de sa tournée européenne. Faut dire que la formation belge pratique un rock 'n roll bien dans l'esprit du prince des ténèbres. Parfois aussi sombre. Légèrement jazzyfiant. Et puis le timbre vocal âpre et desséché de Luc Crabe est capable d'emprunter des inflexions fort proches. Lorsqu'elles ne sont pas empruntées au Bowie décadent et seventies ou à l'ex Bauhaus, Peter Murphy. Mais le plus souvent, la musique de BGG se révèle beaucoup moins sinistre. Plus pop si vous préférez. Vous avez d'ailleurs certainement pu le constater en écoutant leur superbe single " Major crush ", sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et hormis le torturé et tendre à la fois " Who makes the bubble burst ? ", réminiscent de Peter Hammill, l'ensemble de l'opus est de la même veine. En une décennie, Luc a pris de la bouteille. Ce qui explique pourquoi il s'est décidé à produire et à mixer ce " Dreamers & lovers ". Tout seul, comme un grand. Et le résultat est impeccable, il faut le reconnaître. Un disque pour lequel il s'est entouré d'une section de cuivres ; mais qui permet aussi à Johan Ancaer, le nouveau guitariste, de démontrer l'étendue de son talent.

 

La "petite équipe" de Rock it Mourcourt s'est reformée après avoir enregistré quelques départs et quelques arrivées, sous l'appellation Asbl OFF. L’organisation dispose d’un nouveau lieu de ralliement : le Water Moulin (Bld Eisenhower 207 à Tournai - derrière la gare).

Et ce mardi 9 juin se produiront The Intelligence (http://ww.myspace.com/theworldisadrag), une formation américaine signée chez In The Red Records et le combo bruxellois 1982 (http://www.myspace.com/the1982)

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/rockitmourcourt

 

 

mercredi, 30 avril 1997 03:00

Du bons sens au délire...

Délirant! Gong l’était franchement au début des années 70 ; surtout lorsqu’il était conduit par Daevid Allen. Remis en selle en 1996, ces hippies adeptes d’une imagerie humoristique (camembert électrique, théière volante) étaient peut-être aussi, pour leurs climats volontiers atmosphériques, de vrais précurseurs de la scène ambient.

Un mot d’histoire tout d’abord. C’est en 1969 que Daevid Allen lance Gong à Paris, où cet Australien s’est installé sur une péniche après une tournée de Soft Machine. C’est que les douaniers britanniques sont parfois tatillons pour les sans papiers… De son doux délire, Allen mène ensuite ce groupe du bout du nez ; puis le quitte en 1975, laissant le soin au violoniste Didier Malherbe de continuer. Le groupe survit ainsi jusqu’en 1979, sous la houlette du percussionniste Pierre Moerlen. Aujourd’hui, Gong vient donc de refaire surface. En réunissant l’essentiel de son noyau initial : Daevid Allen donc, mais aussi Didier Malherbe, Gilly Smith et Pip Pyle (NDLR : il est malheureusement décédé le 28 août 2006). Pyle puis Allen se succèdent à l’interview. Une question évidente d’abord. Pourquoi cette reformation ?

Pip : Au début des années 90, la télé britannique m’a demandé de remettre sur pied, le temps d’une émission, à la fois Gong et Hatfield and the North (NDR : Pip a aussi joué au sein de Caravan dont il ne parlera pas lors de cette conversation). Pour Gong, Didier, Gilly et Daevid ont répondu immédiatement. Puis, après l’émission, Daevid a lancé l’idée de refaire par exemple, une tournée de 2 à 3 semaines. En 1994, nous avons ainsi fêté à Londres le 25ème anniversaire du groupe. Un moment inoubliable… Après cet épisode, la demande s’amplifiant, on a pu tourner au Japon et aux Etats-Unis.

On établit parfois un lien entre les vieux disques de Gong et la scène ambient contemporaine. Aves-vous une explication ?

P. : Steffy, notre guitariste, est assez branché techno et trance. On touche donc un peu à ces styles. A Los Angeles, la presse nous a même qualifiés de ‘godfather’ de la trance, mais ça me laisse dubitatif… La technologie a quand même évolué. A ses débuts, Gong n’avait pas un seul ampli de 30 watts. Par après, nous avons acquis toute une panoplie de gadgets, mais sans jamais disposer d’un matériel aussi sophistiqué que la plupart des musiciens actuels.

Quelle est ta réaction lorsqu’un groupe comme Ozric Tentacles se réclame de Gong ?

P. : il existe beaucoup de jeunes formations soi-disant psychédéliques. J’ai vu Ozric Tentacles lors d’un festival, mais je n’y ai pas trouvé l’influence de Gong. Pas de prime abord, en tout cas. Gong a été un des premiers groupes à utiliser des synthés, des rythmes hypnotiques, des effets ‘glissandi’… les spécialistes s’accordent à dire que la trance et la rave ont puisé des éléments chez Gong.

Quelle est la part d’improvisation dans la musique de Gong, aujourd’hui ?

P. : les arrangements définis assez vaguement, permettent de développer des riffs répétitifs, hypnotiques, sur lesquels il est possible de broder, et donc d’improviser. Didier improvise d’ailleurs tout le temps. En fait, seul le bassiste respecte une ligne de conduite plus construite.

Didier est même assez proche du jazz moderne. Lorsqu’il a repris Gong à son compte, le style du groupe s’est fait plus jazzy, un peu comme Weather Report ou Chic Corea.

P. : c’est vrai, Didier est plus attiré par le jazz, mais il s’intéresse aussi à des trucs ethniques par exemple. Moi aussi, j’ai joué du jazz. Surtout du jazz d’ailleurs… Dans Gong, beaucoup de styles se côtoient. Les musiciens apportent leur propre coloration musicale : un peu de jazz, de rock, de trance, de hard… C’est à la fois la force et la faiblesse du groupe.

Steve Hillage, qui a joué avec Gong dans le temps, est aujourd’hui connu comme producteur. Pourquoi ne pas l’avoir rappelé ?

P. : il a pris une direction trop orientée vers la techno, la trance, etc. Je le considère comme un bon guitariste, mais j’avoue ne pas trop aimer ses bidouillages électroniques.
Daevid Allen : Steve Hillage ? Mais il fait de la merde aujourd’hui ! (Daevid frappe sur la table, puis s’assied dessus). Qu’on ne me parle plus de ce type !

Même pour son travail de producteur ?

D. : là, il est très bon. Mais comme guitariste, il est horrible ! Le pire qu’ait connu Gong. Seul Christian Vander (NDR : le drummer de Magma a un jour joué de la guitare pour Gong), était meilleur que moi…

Tu rentres parfois en Australie ?

D. : non, non ! Je ne peux plus y retourner. J’ai trop d’enfants là-bas. Sans blague…

Daevid, tu t’es fait très discret après la sortie de « Good morning », un album enregistré en 1976, en compagnie de l’ensemble espagnol Euterpe.

D. : après avoir publié ce disque, j’ai quitté Virgin. Je déteste ce label. Il a détruit ma carrière, parce que je n’entrais pas dans les plans de leurs combines. Un jour, à Londres, j’ai envahi les bureaux de Virgin pour protester contre leur acharnement à empêcher le public de se rendre à mes concerts… Par la suite, j’ai signé chez Charly Records. J’ai monté mon studio et commencé à répéter avec des guitaristes de flamenco. Ceux-ci m’ont permis de réaliser la fusion presque parfaite entre l’acoustique et l’électronique.

On a vu aussi cet album de New York Gong (« About time ») en 1980, enregistré, entre autres, avec Gary Windo, Fred Maher et Bill Laswell.

D. : oui, j’ai aussi enregistré, avec Chris Cutler et d’autres, l’album « Daevid Allen n’existe pas ». Un titre en français ! C’est plus ou moins à cette époque que j’ai arrêté de fumer, et exigé que plus personne ne fume pendant les séances d’enregistrement, pour que la musique soit la plus précise, la plus planante, la plus claire possible… J’ai toujours préféré la musique acoustique, plutôt femelle même, précise et sensuelle. Je n’aime pas le jazz rock. Tu sais la musique de mecs… (NDR : il pose en soliste de hard, puis entame la danse du scalp)

Vois-tu encore les anciens de Soft Machine : Robert Wyatt et Mike Ratledge ? Ou encore Kevin Ayers, avec lequel tu as tourné aux Etats-Unis, et qui, comme toi, vit aux Baléares.

D. : mais on ne se voit jamais (il réprime un rire franc). Sans doute Kevin ne sort-il que le matin. Et moi, je vis la nuit… Pour cette tournée aux Etats-Unis, quand il était sur scène, j’attendais mon tour dans les toilettes… On se croisait constamment. Sans jamais se voir.

Tes dessins délirants ornent une bonne partie des pochettes de ta discographie. Tu dessines toujours ?

D. :  tout le temps, mais c’est juste pour le fun. Lors des concerts, les fans me présentent souvent les pochettes pour que je les signe. Et je dessine, pardon, je barbouille dessus. Oui, je fais de l’artwork… (NDR : je lui soumets celle d’« Angels Egg »). Il la jette par terre et, dans l’hilarité générale, bondit et feint de la piétiner)

Interview parue dans le n° 52 (avril 97) du magazine Mofo.

 

vendredi, 29 mai 2009 17:16

Eels en streaming sur son Myspace

L’intégralité du nouvel album d’Eels, « Hombre Lobo » est en écoute sur son site MySpace : http://www.myspace.com/eels jusqu’au premier juin. Qu’on se le dise…

 

mercredi, 27 mai 2009 00:33

Lovers at the Gun Club

Surnommé le Johnny Cash britannique, Jackie Leven n’est pas né de la dernière pluie. Agé bientôt de 60 balais, cet Ecossais a débuté sa carrière musicale fin des sixties, sous le patronyme de John St Field. Son tout premier elpee date d’ailleurs de 1971. En 1978, il fonde Doll By Doll, formation punk/psyché/blues devenue aujourd’hui mythique. Le combo va d’ailleurs enregistrer quatre albums avant de splitter en 1983. Leven embrasse alors une carrière en solitaire. Mais victime d’une agression, pendant l’enregistrement de son album solo, il devient presque aphone. Démoralisé, l’artiste s’abandonne à l’héroïne. Il lui faudra dix ans pour sortir de cette addiction (NDR : on ne lui connaît que de brèves apparitions sur l’un ou l’autre single de ses amis) ; et en 1994 sa carrière individuelle commence alors vraiment.

« Lovers at the Gun Club » constitue son 14ème elpee sous son patronyme. Un disque pour lequel il a notamment reçu la collaboration de Johnny Dowd (un pote !), sur deux plages. Tout d’abord sur le titre maître et morceau d’ouverture, caractérisé par ce mélange d’accordéon, de synthé et de sitar électrique, ces coups de révolver samplés et ce clin d’œil au « Gloria du Them (NDR : beaucoup de choses en même temps !) et « The dent in the fender and the wheel of fate », une compo languissante et ténébreuse, fruit d’un mélange de soul, de jazz (NDR : cette trompette obturée !) et de folk. Jackie possède une superbe voix. Si ses inflexions rappellent Cash, son baryton de crooner est susceptible de camper un hybride entre Stuart Staples (Tindersticks) et Michael J. Sheehy. Et il le démontre sur les ballades mélancoliques, mais aussi mid tempo. Jackie est également un excellent guitariste. Sa technique en fingerpicking est stupéfiante sur « Olivier blues », un morceau de jazz/blues auquel il ne manque que les chœurs pour glisser vers le gospel. On a même envie de claquer des doigts. Et puis lors du délicat et fragile « Woman in a car », probablement le meilleur fragment du long playing. On retiendra également, au sein du tracklisting, « To whom it may concern », un poème du dernier poète beat américain, Kenneth Patches », qu’il récite sur un arrangement musical, issu de sa plume. Et si vous connaissez parfaitement la langue anglaise, je vous invite à découvrir ses lyrics. Dépeignant la société contemporaine qui l’entoure (NDR : même les fans du club de foot de Sunderland y passent), ils ne manquent pas d’humour… noir. Très britannique cette prose, même si la musique lorgne, paradoxalement, davantage vers les States…

mardi, 19 mai 2009 21:28

Mr. Lucky

Sept années déjà que Chris Isaak n’avait plus enregistré de nouvel album. Bien sûr, il ne s’est pas tourné les pouces, puisqu’il a sorti une compile, un ‘live’ et un disque de Noël ; mais surtout présenté un talk show à la TV, baptisé ‘The Chris Isaak hour’. « Mr. Lucky » fait donc suite à « Always Got Tonight », publié en 2002. Il s’agit de son neuvième opus studio. Un disque au cours duquel il partage deux duos vocaux. Tout d’abord « Breaking apart », en compagnie de Trisha Yearwood », une ballade romantique enrichie d’arrangements symphoniques. La version originale figurait déjà sur l’album « Speak of the devil » en 1998. Et puis de Michelle Branch, sur la ballade mid tempo « I lose my heart », une compo dont le sens mélodique me rappelle curieusement Abba. L’elpee recèle d’ailleurs plusieurs ballades mid tempo, interprétées dans l’esprit d’un Roy Orbison. Pas pour rien que le Californien soit considéré comme son fils spirituel. Ce ne sont pourtant pas les compos qui me bottent le plus. Et encore moins « We let her down », un tube hymnique qui pourrait figurer au répertoire de Simple Minds. Les plages plus country & western s’avèrent déjà plus intéressantes. A l’instar de « We’ve got tomorrow », enrichi d’une section de cuivres très néo-orléanaise. Ou encore du bluegrass teinté de charleston, « Take my heart ». Mais quand l’artiste laisse vagabonder sa guitare, les compos prennent une toute autre dimension. Que ce soit sur des tonalités surf, reverb ou tout simplement décapantes. Et je pense tout particulièrement à « My lonely man », imprimé sur un tempo rockabilly, à l’uptempo « Best I ever head », une composition très sudiste, qui lorgne manifestement vers Lynyrd Skynyrd. Sans oublier les intenses « We lost our way » et « Very pretty girl », deux titres qui suintent d’électricité vivifiante. L’elpee s’achève même par un blues saignant intitulé « Big wide wonderful world ». A 52 balais, Chris en a encore sous la pédale ; le tout, c’est qu’il n’oublie pas d’appuyer dessus…