Non, le groupe de metal le plus martial de la planète ne s'est pas risqué à l'exercice périlleux de reprendre le fameux tube de Desireless en version indus ! "Reise Reise" (voyage voyage) est incontestablement l'album le plus attendu de la rentrée, la nouvelle livraison de Rammstein, un violent retour de flamme, quatre ans après la sortie du désormais classique "Mutter". Certes, les Berlinois ont pris leur temps pour lui donner un digne successeur, mais les tensions dans le groupe survenues durant la dernière tournée européenne et l'échec commercial (très relatif) de l'album "vert" aux States n'ont pas joué en faveur de la productivité du combo. Pour ne rien arranger, durant l'enregistrement de "Reise Reise" de sérieux affrontements verbaux ont éclaté quant à la part d'investissement et d'engagement de chacun au sein de la collectivité. C'est donc un album accouché dans la douleur que nous offrent les ‘poètes allemands’ qui n'ont pas hésité à confier la version remix du premier single "Mein Teil" au groupe électro-pop anglais Pet Shop Boys! Globalement, cette nouvelle offrande s'avère moins puissante et heavy que "Mutter", ce qui ne signifie pas pour autant que les maîtres des flammes ont perdu leur identité. Dès les premières mesures de la plage titulaire, on sait que la déferlante Rammstein va tout écraser sur son passage. Avec l'ambigu autant qu'amusant "Amerika" - prochain single de l'album - le groupe y va de son clin d'oeil à l'envahissement américain dans les cultures du Vieux Continent, n'hésitant pas à citer la plus célèbre marque de boisson pétillante du monde. Nos Berlinois ont toujours adoré les gros clichés! "Moskau", "Keine lust" et la version non remixée de "Mein Teil" s'inscrivent davantage dans la lignée de la période "Herzeleid". Mais c'est à l'écoute de "Los", perle incontestée du disque, que les fans risquent d'être légèrement désorientés. Une guitare sèche, des accords de hard bluesy, une basse ronflante, une rythmique implacable. Rammstein innove et se lance dans une sorte de blues industriel absolument irrésistible. Quant aux trois titres qui referment ce voyage de 48 minutes et 30 secondes (NDR : un peu court non?), ils ne deviendront pas des classiques du groupe, même si le refrain de la chanson "Amour" est aisément mémorisable pour les moins germanophones d'entre nous.