Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Jon Spencer
Ora Cogan
Chroniques

Lubomyr Melnyk

Fallen trees

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En un peu plus de dix ans le label anglais Erased Tapes est parvenu à rendre ‘cool’ la musique néo-classique.  Aujourd’hui, des artistes tels que Olafur Arnalds ou Nils Frahm côtoient dans les grands festivals estivaux les formations de hip hop ou rock. Le plus grand mérite de cette écurie est incontestablement d’être parvenue à populariser la musique classique du pianiste Lubomyr Melnyk. Agé de 70 balais, cet Allemand d’origine ukrainienne au look reconnaissable va d’ailleurs fouler, pour la troisième fois en 3 ans, les planches du Botanique, et en particulier, ce 2 mais 2019, dans le cadre des Nuits Botanique.  

On ne peut que féliciter Erased Tapes pour avoir relevé ce défi, car devenue notoire pour son jeu ‘en continu’, l’œuvre de Menyk est tout simplement hallucinante. Le compositeur a une longue histoire. Il a ainsi débuté sa carrière à Paris en prestant pour des cours de danse moderne. Au cours des les 80’s, il a également établi plusieurs records mondiaux, notamment en exécutant 19,5 notes par seconde tout en maintenant cette vitesse de 13 à 14 pendant une heure. Au-delà de ces prouesses, finalement anecdotiques, la musique de Melnyk est envoûtante. A l’écoute de « Fallen Trees » (tout comme sur les précédents opus), on se sent submergé par le flux de ces notes. En outre, ses mélodies font mouche et il est difficile de ne pas y succomber.  

Chaque écoute d’une pièce est une expérience en soi dont ne peut que vous conseiller de vivre. Allongez-vous dans votre canapé, éteignez la lumière, et faites tourner le disque…

Minus the Bear

VOIDS

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Découvrir un groupe qui a déjà annoncé sa propre fin est un exercice quelque peu bizarre. Et pour cause, les membres de Minus the Bear ont annoncé partir en tournée d’adieu après avoir gravé 6 albums en 15 années de carrière. L’écoute de « VOIDS », leur ultime œuvre, donne en tout cas fortement envie de se plonger dans le reste de sa discographie. Depuis Seattle, considéré par certains comme la Mecque indie-rock, la formation revient à ses origines math-pop (« Invisible ») tout en osant les guitares africanisantes rappelant Foals (« Lighthouse »), expérimentales (« Call the Cops ») lorsqu’elle n’emprunte pas un profil plus lyrique (« Last Kiss »). Ces vétérans parviennent à magnifier un rock de facture somme toute assez classique avec talent. Il est plus que temps et en tout cas jamais trop tard pour découvrir leur univers…

Hüsker Dü

Savage Young Dü

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La sortie de “Savage Young Dü” a dû ravir les aficionados de Hüsker Dü. Ceux-ci ont, sans doute, dû ronger leur frein en se procurant les différents opus solos de Bob Mould. Il a, en effet, fallu attendre plusieurs années et la levée de barrières juridiques (NDR : une solution certainement facilitée par la mort récente du batteur Grant Hart, en septembre 2017) pour qu’enfin puisse être éditée cette compilation résumant la sortie d’un coffret qui recèle des photos, plusieurs cds (69 titres au total !) et autres objets divers. Pour tout amateur de punk et de punk-hardcore, Hüsker Dü constitue l’une des formations-phares. Les huit albums gravés par le trio originaire de Saint-Paul (mais basé à Minneapolis), entre 1982 et 1987, année de leur séparation, ont eu une influence majeure sur des groupes tels que Nirvana, Pixies ou encore Foo Fighters.

Réunissant 23 pistes, cette compile nous réserve des morceaux issus de cassettes, démos, live ou encore de chutes de bande studio. Elle permet de (re)découvrir Bob Mould, Greg Norton et John Hart, à leurs débuts, entre 1978 à 1982 (date de la sortie du premier LP). La production est souvent minimaliste et il faut quelques minutes avant de s’adapter à la qualité sonore. Si la forme est ‘brute’, le fond est immédiatement perceptible. On y retrouve notamment cette hargne et cette énergie si caractéristiques. Les pistes déboulent à cent à l’heure. Les riffs de gratte déferlent et touchent leur cible en plein cœur ! Et puis, on se rend compte que le songwriting est déjà d’une grande qualité.

“Savage Young Dü” est un véritable cadeau destiné aux fans, heureux de découvrir ou de retrouver des titres oubliés du band mythique. Par contre, si vous ne connaissez guère la discographie de Hüsker Dü, il serait préférable que vous vous intéressiez, d’abord, à ses classiques.

Human Song

Blue Spaces

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Human Song c’est le projet de Jane Lake, une chanteuse/pianiste de nationalité française. Etablie à Strasbourg, elle est épaulée par le bassiste Matthew Corner, et lors des sessions d’enregistrement de cet elpee, elle a reçu le concours de quelques musiciens de studio, dont l’un ou l’autre drummer. Hormis sur le titre maître, pas de guitare, mais des machines pour élaborer une musique qui sous son profil le plus aventureux, est très susceptible d’évoquer Archive.

« Blue spaces » constitue son second long playing. Il fait suite à « The birth of seven crows », gravé en 2013, et un Ep baptisé « Live au centre de la terre », enregistré 70 mètres sous terre dans le gouffre de Poudrey (Doubs). Sur les onze plages de cet LP ne figure qu’un seul instrumental, le sauvage et expérimental « Hunter’s procession » ; mais si la voix de Jane est aussi éthérée qu’angélique, elle n’exprime que rarement des mots ou alors à travers des discours déclamatoires, incantatoires, un peu comme Anne Clark, privilégiant les envolées lyriques, mélancoliques et dramatiques qui finissent malheureusement par lasser. Et si « This is not a song for war » s’enfonce dans le doom après 7 minutes de long cheminement funèbre, on regrettera surtout ces interminables vocalises gothiques pour ne pas dire cisterciennes… Dommage !

Stigman

Dream Songs

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« Dream Songs » constitue le troisième elpee de Stigman, un disque qui fait suite à « Broken Skins », paru en 2013 et « Fathers », en 2015.

Stigman, c’est le projet de François Borgers. Agrégé en philosophie, ce Namurois est fan de cinéma, et tout particulièrement d’Ingrid Bergman ainsi que du réalisateur russe Andreï Tarkovski. Son patronyme s’inspire d’Ira Stigman, le personnage central d’‘À La Merci D’un Courant Violent’, un roman signé Heny Roth, écrivain américain disparu en 1995, un livre qui traite sans concession de la perte de l’innocence ainsi que la transgression.

Nonobstant ces références, la musique concoctée par Stigman n’est pas cérébrale. Elle est même plutôt accessible. Il compose la musique et les textes, joue de tous les instruments (guitares, synthés/claviers, boîte à rythmes, en vertu de la technique du re-recording), chante d’une voix chaude et expressive dans la langue de Shakespeare, et diffuse ses propres films lors de certains concerts.

Dans l’ensemble, l’atmosphère de cet opus baigne au sein de la mélancolie. Délicates, la plupart des compos sont tramées par les cordes acoustiques, les cordes électriques créant les reliefs, alors que les parties de basse sont exécutées par les synthés.
Depuis le fragile « My Castle » au dansant « Wake up », en passant par le radiophonique « Are You As Alone As I Am ? », cet LP souligne le talent de mélodiste de Borgers. A vivement conseiller si vous aimez Marble Sounds, Saint Sister ou encore Soham D…

Makeness

Loud patterns

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Kyle Molleson, alias Makeness, est originaire Leeds mais s’est installé à Londres. Ce musicien et producteur a grandi au sein d’une famille de musiciens et a emprunté rapidement la voie artistique.

Après avoir sorti un titre en compagnie d’Adult Jazz (NDR : des compatriotes !), Makeness publie son premier album. Intitulé “Loud Patterns”, il est paru sur le label Secretly Canadian. Si ses parents étaient des adeptes de la musique folk, Kyle a jeté son dévolu sur les machines, un choix bien dans l’air du temps. L’électro/pop de ce Britannique se nourrit de boîte à rythmes et de claviers, un style qui évoque des formations telles que Junior Boys, Caribou, Hot Chip ou encore Django Django, sous son format strictement électro. Les mélodies sont aussi complexes qu’accrocheuses, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee ou encore de “Stepping out Of sync”. Parfois le tempo ralentit pour laisser place à des plages plus paisibles, comme “Who Am I to Follo Love”. Si la fin de parcours est réservée à plusieurs instrumentaux, il faut reconnaître que ces morceaux n’ont pas le même impact, et hormis chauffer une salle, avant un concert, ils ne suscitent guère d’intérêt.

Bref, pour un premier essai, il faut reconnaître que ce “Loud Patterns” manque encore de consistance. Car si le songwriting est intéressant, il faut reconnaître qu’il s’essouffle en bout de course…  

Vincent Scarito

What’s in the fridge

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Cet auteur/compositeur est surtout connu pour ses talents d’acteur. Récemment, on a notamment pu le voir dans le film “Eva” de Benoît Jacquot aux côtés d’Isabelle Huppert et de Gaspard Ulliel. Il a également été programmé en supporting act au Botanique et à l’Ancienne Belgique. Car le Belge n’en est pas à son premier essai. “What’s in the Fridge” constitue déjà son troisième LP (NDR : intitulé “Beings, son deuxième était paru en 2014).

Onze des douze pistes acoustiques et intimistes qui figurent sur cet opus sont interprétés dans la langue de Shakespeare. Seule la “La Neige” est chantée dans celle de Molière. Le folk/blues de Vincent Scarito véhicule des accents jazzyfiants. Il s’efforce de faire swinguer chaque note et se démène pour insuffler du dynamisme à chacune de ses chansons, notamment en haussant le tempo, à l’instar de “For My Friends”. Malheureusement, il faut bien avouer qu’on a du mal à accrocher aux mélodies, car elles font rarement mouche. En outre, sa voix ne sort pas de l’ordinaire, alors que l’instrumentation manque de relief.

Bref, cet album ne restera pas dans les annales…    

Féloche

Chimie vivante

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Féloche ? Cet artiste vous est complètement inconnu ? Pourtant tout bébé déjà, il prêtait sa voix au gimmick ‘boom tschak’, le générique de ‘La Grande Famille’ sur Canal Plus.

Au-delà de cette parenthèse infantile, initiée du reste par feu son paternel et compositeur Hugues Le Bars, surtout connu pour ses collaborations avec Béjart, Félix, à l’état civil, connaît un succès d’estime en 2010 suite à son passage aux Francos et au titre évolutionnaire « Darwin avait raison » issu de « La Vie cajun ».

Entre électro (« Crocodiles ») et accents populaires (« Combien y a-t-il ? »), « Chimie vivante » s’avère particulièrement varié.

D’emblée, ce troisième elpee disque divise autant qu’il pose question. Un concept qui mêle thématiques telles que l’enfance, la mémoire ou encore la passion de vivre ; mais traitées sous une angulaire fantasque et jubilatoire, il peut a priori paraître original et mérite que l’on s’y attarde.

La prise de risques est osée et tellement rare dans le métier qu’il faut l’encourager et l’applaudir des deux mains. Malheureusement si l’objectif final se veut burlesque au sens noble du terme, il finit par devenir presque absurde et ridicule. Au fond, n’est pas saltimbanque qui veut !

Faussement drôles, les compositions tiennent plus à l’affabulation qu’à l’espièglerie et manquent cruellement d’éléments constructifs : pas de relief et aucune âme à l’instar de la plage d’ouverture « Le Miroir », dont la narration au ras des pâquerettes s’étiole maladroitement dès les premières notes...

Paru chez Silbo Records, label qu'il a créé pour l'occasion, le format contient objectivement une bonne dose d’implication, de la passion, de la compassion (« Capucine »), de l’investissement, de l’amour et une bonne dose d’originalité (de la mandoline mêlée à d’autre sonorités, par exemple), mais s’enfonce au cœur de domaines gentiment saugrenus comme dans « P’tite tête » dominé par le rap. Ce sont des qualités indéniables !

Là où le bât blesse, c’est le manque cruel d’humanité qui s’en dégage. L’auteur semble s’amuser plus qu’il n’amuse et l’écoute devient d’une passivité rapidement malsaine et malodorante. Car oui, n’en déplaise aux puristes, ça pue l’ennui !
Résultat, sa chimie n’a vraiment rien de vivante et serait plutôt soporifère…

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