Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Chroniques

Big Apple Blues

Manhattan Alley

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Né en 2012, le Big Apple Blues est un groupe… new-yorkais pardi ! Le line up réunit pourtant des musicos qui ont de la bouteille. Ainsi Zach Zunis, le guitariste, et un ex-membre des backing groups de William Clarke, Rick Holmstrom, Lester Butler et Janiva Magness. Jim Alfredson, le claviériste, drive THEO, un combo de prog. Bobby Harrison, le batteur a milité au sein Shemekia Copeland, mais a également joué auprès de Johnny Copeland. Préposé à la basse, Admir Hadzic, alias Dr Blues, en est le leader. Et Anthony Kane, le chanteur et harmoniciste. Son premier opus "Energy", remonte à 2015. Il décrivait une journée dans la vie de la grande cité de New York…

Première constatation, si Anthony Kane est bien crédité sur les notes de la pochette, l’album et intégralement instrumental, donc ne contient aucune partie vocale, mais ne recèle pas davantage de trace d’harmonica. Bizarre… 

L’essentiel de cet LP propose des morceaux de r&b dansants et captivants. A l’instar de "Happy" et surtout "The two", au cours des quels les échanges entre orgue Hammond et piano électrique, sont bien balisées par des percus luxuriantes. Le long playing recèle quelques plages lentes, dont "SDW", judicieusement coloré par un sax bien intégrée, et surtout "Love as I know it". A cause de cette mélodie imparable et puis de la guitare de Zach qui éclate à l'avant-plan. Enrichi par le concours du saxophone de Chris Eminizer, "You gotta start somewhere", morceau qui ouvre l’elpee, consomme un funk bien nerveux. Du funk qui contamine également trois autres titres, "Deep talkin'", "Subway rumble" et surtout "Steamroller", ce dernier se distinguant à nouveau d’une chouette mélodie, alimentée par des cordes très chiadées un sax omniprésent. De bonne facture, cet LP s’achève par « Rock on », un rock’n’roll (NDR : of course !), généreusement tapissé par l'orgue Hammond de Jim Alfredson…

 

Palatine

Grand Paon de Nuit

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Aussi mystérieux que l’inquiétant empereur Palpatine de la saga Stars Wars, Palatine signe un premier album d’un étrange titre : « Grand Paon de Nuit ». Mais bon sang ne saurait mentir : le quatuor a déjà fait ses armes en première partie de Dominique A ou Feu ! Chatterton. Excusez du peu ! Entre interprétations françaises et anglaises, les jeunes Parisiens semblent en tout cas aussi lettrés que ces derniers. Grâce à des textes énigmatiques et poétiques (« Comme Ce Rouge me Plaît ») portés par la voix précieuse de Vincent Ehrhart-Devay et une instrumentation folk/rock raffinée par de la reverb et des pédales, Palatine entraîne la chanson française vers des contrées décalées et romantiques. A découvrir absolument…

Kim Wilde

Here come the aliens

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Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

Au-Dessus

Au-Dessus (reissue)

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Rétropédalage dans le temps aux écuries des Acteurs de l’Ombre. Après avoir publié un très bon et prometteur « End of Chapter », le label propose de (re)découvrir les premiers pas du groupe lithuanien en délivrant une réédition remasterisée de son premier effort, paru en 2015. Force est de constater que les ingrédients destinés à transformer « End of Chapter » en album ample et profond de Post-Black Metal sont déjà bien présents. On sent néanmoins les hommes de Vilnius encore un peu prudents quant à leur prise de distance vis-à-vis des codes musicaux du Black Metal, une tendance qui va s’affirmer par la suite. L’ambiance apocalyptique est par contre déjà bien maîtrisée. Le son est parfois lourd, lent et opaque, dévoilant des racines puisant dans le Sludge, comme en témoigne particulièrement le morceau « IV » (NDR : le quatuor ne s’est, jusqu’à présent, jamais soucié de donner de titre à ses compositions). Particularité de ce remastering : chaque morceau est suivi d’un interlude qui, il faut bien le reconnaître, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble ; des intermèdes très susceptibles de nuire à l’ambiance sale et malsaine de l’opus. Quoique parfois encore un peu timoré, Au-Dessus laisse ici entrevoir des moments de génie, à l’instar de « III », une plage qui se révèle d’une incroyable richesse. Déboulant sur les chapeaux de roue, nourrie d’un riff glacial, elle se mue en version atmosphérique avant qu’une ligne de basse groovy totalement inattendue, ne vienne intelligemment s’immiscer, procurant à la compo, une singularité et un relief particuliers. Preuve en est que les artistes maîtrisent les codes du Hardcore, du Sludge et du Black Metal, pour ensuite les tordre, les mélanger et les recracher habilement à leur sauce. Il n’est peut-être pas conseillé de commencer par cet LP si vous désirez découvrir l’univers froid et possédé d’Au-Dessus, au risque d’être décontenancé par un manque de cohésion entre les titres et un arrière-goût de trop peu dans la recherche des morceaux. Il est par contre tout à fait conseillé à celles et ceux qui se seraient déjà cognés l’âme sur « End of Chapter », de ce frotter à cette œuvre. Ils prendront sans aucun doute un malin plaisir à goûter, sur ce premier Ep, aux semences alors arrivées à maturation de leur second album.

 

Antidote

Emotions singulières

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Fondé en 2015, Antidote (NDR : ne pas confondre avec le band punk batave, ni le groupe anarcho/hardcore/punk britannique) est un duo réunissant Alain Verdier et Khadija Othman. Le premier est loin d’être un néophyte, puisqu’il a participé à l’aventure de The Shakes, au cours des sixties, une formation considérée comme précurseur du psychédélisme ; un combo au sein duquel figurait un certain Dany Lademacher, guitariste belge qui a notamment milité chez Herman Brood & His Wild Romance ainsi que Kleptomania. La seconde a sévi au sein du groupe africain Princesse Mansia M’Bila, du crew hip hop Zamenhof et du combo electro/pop Urban Vibe ; en outre, sous le pseudo de Zelda, elle a atteint la finale de la Biennale de chanson française, qui s’était déroulée à Bruxelles (NDR : concours qui est devenu ‘Parcours Francofaune’).

Mixé par Ian Caple (Bashung, Higelin, Kate Bush, Tricky, Tindersticks, Yoko Ono, Simple Minds, etc.), « Emotions singulières » baigne au sein d’une mélancolie sombre qui reflète des sentiments comme la nostalgie, l’ironie, l’espoir, le désespoir ou l’humour, à travers des textes poétiques rédigés dans la langue de Molière, des poésies que chante d’une voix incantatoire, mais au timbre proche de Pierre Bachelet, Alain Verdier, ou/et –mais trop peu souvent– chatoyante, vibrante et expressive, Khadija Othman ; des textes qui reposent, à l’instar de Seterolab, sur une forme d’électro/pop minimaliste, le plus souvent dispensée en boucle. Une homogénéité qui, au fil de l’opus, finit par rendre l’ensemble monocorde...

Dommage, car quelques titres sortent du lot, à l’instar de « Soho 66 », dont la mélopée rappelle « Set the control for the heart of the sun » du Floyd, alors que les interventions vocales de Kahdija communiquent une touche arabisante à l’ensemble, de l’indolent « Femme éphémère », réminiscent du duo Gainsbourg/Birkin ou encore d’« Eclipse du sommeil », au cours duquel la voix féminine épouse la musique, un peu à la manière de Mylène Farmer.

Un concept orignal, mais bien trop dépouillé, à mon goût…

 

David Byrne

American utopia

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« Grown Backwards », le dernier album studio de David Byrne remonte déjà à 2004. Bien sûr, entre-temps, il a participé à de multiples projets, dont un opéra disco, en compagnie de Fatboy Slim, à partir de 2005. Pour enregistrer « American utopia », il a reçu le concours d’une belle brochette de collaborateurs, dont Jack Penate et surtout Brian Eno, qui non content de se charger du volet électronique, coécrit « Everybody’s coming to my house ». Une excellente composition qui aurait pu se révéler sublime, dans l’esprit de « Remain in light », si elle avait été davantage organique. Car le défaut de cet opus est bien là ! On retrouve bien la voix si particulière de Byrne, mais hormis le funky « It’s not dark up here », cet excès de synthétisme délave toute bonne disposition. Et « This is that », titre minimaliste dispensé dans l’esprit de sa collaboration avec Ryuchi Sakamoto, opérée sur la B.O. du film « Le dernier empereur », fait pâle figure. Une déception !

Dirk Da Davo

Moods

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Dirk Da Davo et TB Frank ont fondé Neon Judgement au tout début des eighties. Ce duo et Front 242 sont considérés comme des pionniers de l’electro body music (EBM). La paire s’est séparée et reformée à plusieurs reprises, moments choisis par Dirk pour se concentrer sur son autre projet, Neon Electronics, se consacrer à son label Dancedelicd ou encore entreprendre une aventure en solitaire.

Cette compile réunit des morceaux récents de Da Davo publiés en numérique sur son label. Des titres qui titres figuraient sur les Eps « Protest », « DDJMX », enregistré sous la houlette de l’ex-TC Matic Jean-Marie Aerts (NDR : pour rappel, d’abord guitariste, mais également producteur, c’est lui qui avait déjà mis en forme le « Blood and thunder » de Neon Judgement », en 1989 !), et « 3DFLY », sous celle de Make Marena, mieux connu pour avoir produit, notamment, des œuvres de Screaming Trees, The The et Bootsy Collins. Et ces deux collaborateurs cosignent chacun 4 pistes. Outre les 12 plages annoncées, le disque recèle deux bonus tracks.

De « Protest », on épinglera « Bound », un titre hanté par New Order, au cours duquel on retrouve les influences c&w de Dirk. Et puis l’hypnotique « Deny it », une morceau imprimé sur un tempo plutôt basique. On ne parvient d’ailleurs pas à déterminer s’il s’agit d’un rythme à deux ou quatre temps.

La patte de Jean-Marie Aerts est particulièrement présente tout au long des plages retenues de « DDJMX », notamment à travers les accords surf/funk de sa gratte (« Attack dogs achieve », « We’re slipping and sliding »), alors que le plus cool « New normality » baigne au sein d’un climat cinématique digne d’Ennio Morricone, une piste introduite par des accords de cordes jouées en picking. 

Hormis l’EBM électrifié « Money back », « 3DFLY » privilégie une forme de disco. Excellent, l’enlevé « How much more » lorgne même vers Pet Shop Boys.

Reste les deux extra tracks. Le premier est expérimental, alors que le second emprunte plutôt un profil indus/funk.

The Little Red Rooster Blues Band

Lock up the liquor

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Fondé en 1988, The Little Red Rooster Blues Band nous vient de Philadelphie. Son premier LP, "Homecooked blues", remonte à 1989. Et son dernier, "Highjinx and Tomfoolery", est paru en 2016. "Lock up the liquor" constitue son huitième long playing. Il est sorti dans le cadre du 30ème anniversaire de la formation. Ce quatuor implique le chanteur/guitariste Kevin McCall, l'harmoniciste Dave Holtzman, le bassiste Jeff Michael et le batteur Bob Holden. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours du claviériste Anthony Geraci, pour sept plages. Le band signe l’intégralité de son répertoire. Il reconnaît pour influences majeures, le blues issu de Chicago, du Texas, de la Louisiane et le West Coast Jump.

Shuffle instrumental, "Pitchin' woo" ouvre la plaque, une piste cool au cours de laquelle harmo et piano sont bien mis en exergue. Bob Holden imprime de ses percus, le r&b néo-orléanais "Drinkin' wine on my dime". Autre instru, "Cotton mouth" constitue le sommet de l’opus, une compo qui rend hommage au légendaire harmoniciste, James Cotton ; et Dave Holtzman se révèle digne du challenge. Dans le même registre, ce dernier brille encore et toujours sur le Chicago Westside, "Livin' at Jerry's House". Les interventions d’Anthony aux ivoires sont bouleversantes, hantées par Pinetop Perkins (Muddy Waters Band) même, tout au long de "Nothin' left between us", un blues lent qui baigne dans le Chicago Southside cher à Muddy Waters. Blues lent, "4 o'clock in the morning" bénéficie du concours du chanteur/harmoniciste Steve Guyger, un spécialiste du genre. Le titre maître clôt ce long playing. Un jump blues saignant caractérisé par la rencontre percutante entre le piano boogie d'Anthony et les cordes de Kevin. Bien que de toute bonne facture, les morceaux de cet album prennent une toute autre dimension, lorsque Geraci est de la partie…

 

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