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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

Hayseed Dixie

Free your mind… and your grass will follow

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Hayseed Dixie est issu du fin fond du pays de l’Oncle Sam. Et son patronyme –né d’une prononciation yankee d’AC/DC–ne trompe pas : il pratique du bluegrass. Il s’est d’ailleurs fait connaître, début du millénaire, en publiant un album constitué de reprises du band australien…

Quinzième elpee de la formation, « Free your mind… and your grass will follow » recèle à nouveau des covers, preparées dans le même esprit, mais de combos ou artistes différents. Ainsi, l’opus s’ouvre par une adaptation très rythmée du « Buffalo soldier » de Bob Marley. A contrario, « Oliver’s Amy » est beaucoup plus proche de la version originale d’Elvis Costello. Faut dire que le leader affiche un timbre vocal très proche du Londonien. Et tout au long du « Black or white » de Michael Jackson, l’afro pop et le folk américain font paradoxalement bon ménage… 

Cependant, ce sont les compos signées par le band qui se révèlent les plus intéressantes. Parce qu’originales. A l’instar de « So quickly we forget » ou du final « Ain’t no country big enough », deux véritables hymnes à l’ouverture. Sans oublier les ballades qui sentent bon le Tennessee natal, des pistes au cours desquelles le rockgrass se distingue par ses chœurs, alors qu’un banjo catalyse l’ensemble, en arrière-plan…

Hayseed Dixie se rapproche du cap des 1 500 dates de concerts à travers le monde. Il s’était déjà illustré lors d’un passage remarqué, dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines, en 2011, et celui de Dranouter, en 2016…

Billy Hector

Some day baby

Écrit par

Originaire d’Orange, dans le New Jersey, Billy Hector a accompli ses débuts à la fin des 70’s, au sein de The Shots. Au cours des eighties, on le retrouve, chez les Fairlaines. Ce chanteur a enfin fondé son Band, en 1993. Il ne faut cependant pas oublier que Billy a été guitariste de tournée pour des célébrités du blues, et tout particulièrement Hubert Sumlin, qui a été le gratteur attitré de Howlin' Wolf et Joe Louis Walker. Sa discographie est conséquente, ce "Some day baby" constituant probablement son 15ème album. 

Dynamique, "Wizard Of Babylon", le titre d’ouverture, est une petite perle de r&b. La section de cuivres en impose et l’intro à la guitare est belle à pleurer. Pour la circonstance, Billy me rappelle le grand Mike Bloomfield lorsqu’il était soutenu par l’Electric Flag. Plus blues, "Someday baby" adopte un même tempo. La section rythmique libère un groove incroyable. En écrasant ses pédales sans ménagement, le leader prend à nouveau son envol. Si le blues est privilégié, certaines pistes optent pour d’autres styles comme le funk ou le r&b cuivré et dansant. En outre, BH s’attaque impeccablement à deux traditionnels. Tout d’abord "Alabama Bound" que Billy chante auprès de Suzan Lastovica. Particulièrement soignée, l'instrumentation y met en exergue les échanges entre la slide et l'harmonica du notoire Dennis Gruenling, invité pour la circonstance. Puis "On your bond", une plage au cours de laquelle la slide s'épanouit au cœur des cuivres. Caractérisé par des envols somptueux aux cordes, "Hit the road" et "Whiskey" sont deux excellent blues lents. Enfin, le titre qui se détache de l’ensemble, "Moonlight in her eyes", est un blues nerveux et très rythmé balisé par une section rythmique très soudée. Mr Hector libère ses cordes particulièrement acérées. Soigneusement construite, la compo est enrichie, en finale, par celles du New Retro Strings. Impeccable !

 

Hot Snakes

Jericho sirens

Écrit par

Il a fallu attendre quatorze ans pour que la troupe originaire de San Diego décide enfin de se réunir pour nous livrer un quatrième album. Cette décision, certainement motivée en partie par la proposition du légendaire label de Seattle, Sub Pop, devrait ravir les adeptes de punk-hardcore. Et bonne nouvelle, l’attente en valait la peine.

Toujours emmené par le mythique duo réunissant Rick Froberg (guitare, voix) et John Reis (guitare), Hot Snakes revient donc aux affaires en publiant « Jericho Sirens », un opus d’une efficacité redoutable. Dix morceaux en une demi-heure. Aucun répit à déplorer tout au long de ce quatrième essai. Dès les premiers riffs de « I Need a Doctor », les quinquagénaires démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur savoir-faire. Une plage qui donne le ton au long playing ! Si l’énergie est toujours bien présente, le band est également capable de ralentir le tempo afin de torcher des mélodies accrocheuses, à l’instar de l’excellent « Six wave hold-down ».

Le retour aux affaires des Californiens est une réussite. Hot Snake n’a pas pris une ride ! Espérons simplement qu’il ne faudra pas attendre une autre décennie avant de voir naître un successeur à « Jericho Sirens ». Mais avant de penser à la future et hypothétique discographie du combo, il serait sans doute intéressant d’aller voir ce qu’il a dans le ventre, lors de son concert, qui accordera à Courtrai (au Wild Westen), ce 18 octobre prochain...

 

The Celtic Social Club

A new kind of freedom

Écrit par

Bienvenue en Bretagne ! Là où la musique celtique est reine. Digne représentant du genre, The Celtic Social Club réunit bien évidemment des musicos du cru, mais également issu du reste de l’Hexagone, mais également d’Ecosse. Sans oublier les invités qui ne jurent que par la foi celte. Chevilles ouvrières du projet, Manu Masko et Jean-Pierre Riou ne sont pas des néophytes. Il ont même déjà bien roulé leur bosse ou plus littéralement brassé un breuvage similaire, notamment au sein de leur ancienne formation, Red Cardell. Ce collectif et celui de Buena Vista Social Club (NDR : cubain, faut-il le rappeler) ont un patronyme analogue. Et une démarche parallèle. Dans l’esprit, bien sûr ! Parce qu’ils cherchent à populariser un style musical, en y apportant des touches personnelles et contemporaines. En outre, pour mettre en forme cet LP, le band a bénéficié du concours d’un producteur notoire, en l’occurrence L’Irlandais John Reynolds (Sinéad O'Connor, U2, Brian Eno, Chieftains…)

Le titre maître ouvre la plaque, un titre punk/ska enrichi par le banjo et l’accordéon, qui lorgne manifestement vers Rancid. Entre ballades brumeuses (« Dream to believe in », « Aliens ») et plages davantage allègres (« Lucy Wan », « A dub for black donald »), on est plongé dans une ambiance d’un bon pub chauffé à blanc. Mais ce sont les pistes les plus tribales, comme « Hoolieman » ou en final, « After the fall », qui se révèlent les plus intéressantes. Et pour cause, elles affichent un feeling artistique breton et exploratoire qu’on retrouve, par exemple, chez Familha Artus, au sommet de sa forme…

Un chouette album à écouter, les longues soirées d’hiver, au coin d’un feu de bois, tout en sirotant une bonne bouteille de whisky (ou d’hydromel, selon) entre amis…

The War and Treaty

Healing Tide

Écrit par

The War and Treaty est un duo réunissant Michael Trotter et son épouse, Tanya. Cette dernière est née et a vécu à Washington où elle sera rejointe bien plus tard par son futur mari. Michael a servi durant des années dans l'armée US, et tout particulièrement en Irak où il aura l'occasion de mettre en évidence ses talents musicaux. Après son service, il rencontre, lors d'un concert, Tanya Blount. Ils deviennent rapidement inséparables et se marient. Puis entérinent leur union en fondant The War and Treaty. TW&T pratique de la southern soul, qu’illuminent les deux voix aussi complémentaires qu’extraordinaires…

Seules quelques percus rudimentaires balisent "Love like there's no tomorrow", une ‘field holler’ ou une ‘work song’ primitive que chante le couple, presque a cappella. A vous flanquer des frissons partout. Changement radical de registre pour "Healing tide", puisque piano, orgue et cordes amplifiées alimentent ce blues/rock puissant, y compris à travers les harmonies vocales. La voix de Tanya s’impose tout au long du superbe r&b "Are you ready to love me?" Amorcé par l’orgue Hammond, l’indolent "If it's in your heart" est illuminé par les interventions de la pedal steel, alors que la voix de Michael, saturée d'émotion, est ensuite relayée par Tanya, qui lui donne la réplique. Superbe ! Un échange vocal qu’on retrouve, en fin de parcours, sur "It's not over yet". The War & Treaty s’attaque également à d’autres styles. Comme le bluegrass ("Here is where the loving is at"), le roots/blues ("One and the same", une plage soulignée par un harmo au cours de laquelle la gratte est traitée au bottleneck), la gospel/soul ("Hearts") et le funk ("All I wanna do"), une piste caractérisée par des cordes déjantées. Excellent!

 

Kara Grainger

Living with your ghost

Écrit par

Originaire des faubourgs de Sydney, Kara a chopé le virus de la musique, dès son plus jeune âge. Elle et son frère intègrent le groupe Papa Lips, alors qu’elle n’a que 16 printemps. Le band enregistre un Ep, avant de transformer son patronyme en Grainger. Kara et Mitch décident alors de tenter l’aventure à New Yok, où ils débarquent le 9 septembre 2001, soit deux jours avant les attentats terroristes…

A partir de 2006, l’Australienne entame une carrière solo. Elle s’établit à Los Angeles, deux ans plus tard et publie l’elpee "L.A Blues", en 2011, et "Shiver & Sigh", en 2013.

Le long playing est paru sur le label Station House, soit la même écurie qui avait sorti le superbe opus du bluesman italien Dany Franchi, "Problem Child". Louisianais d’origine suédoise, Anders Osborne signe la production et partage les parties de guitare auprès de Miss Grainger.

Le titre maître ouvre la plaque. La voix est cool et agréable. Découpée dans des riffs rythmiques, la plage met en exergue la slide d'Anders et l'orgue d'Ivan Neville (NDR : le fils du notoire Aaron). Très roots, "Working my way back home" véhicule des accents légèrement funky. Osborne colore de sa slide le blues/rock sauvage "Man with soul". Acoustique, "Somewhere to be found" carbure au blues roots, une compo paisible enrichie de jolis arrangements de cordes. Piano et cuivres balisent les pistes funk "You're in New Orleans" et "Groove train". Hard rock, "Favorite sun" aurait pu figurer au répertoire du Deep Purple de Jon Lord. Tapissé par un orgue Hammond et ciselé par une guitare en picking, "Love will get you through the door" baigne savoureusement dans le Delta…

 

Lori McKenna

The tree

Écrit par

Lori McKenna vit près de Boston dans le Massachusetts. Cette chanteuse de folk et de country est surtout reconnue pour ses talents de compositrice. Au cours des dernières années, elle a remporté plusieurs prix pour ses chansons. Son thème de prédilection reste la famille. Miss McKenna a déjà publié une dizaine de productions depuis sa première, en l'an 2000. Cet opus a été produit par Dave Cobb qui se consacre également aux guitares. L'ensemble est très homogène et met en valeur la voix si expressive et adaptée à son répertoire de Lori.

L'introduction de cordes acoustiques sur "A mother never rests" annonce cette voix si présente et douce, qui donne le ton à tout ce qui va suivre. Les sonorités de la sèche sont d’une grande pureté et sont bien mises en exergue tout au long de "People get old". "The young and angry again" et "Happy people" sont davantage rythmés. La structure du titre maître est particulièrement soignée. Enfin, Dave Cobb est passé au mellotron pour "The lot behind St Mary's"…

 

Mugwump

Drape

Écrit par

Sur ce second album, Mugwump troque ses outils électroniques contre un attirail classiquement bien plus rock. Enregistré sur une période de 9 mois, en compagnie du bassiste Stephane Fedele, du guitariste Thomas Stadnicki et du batteur Lukas Melville, « Drape » navigue quelque part entre post-punk, noise et post-rock (« No Trepidation »), quand il ne mouille pas en eaux ‘kraut’ (« Rain/frame »), tout en larguant quelques amarres électro destinées à aérer l’ensemble (« Empty Peculiar »), au sein d’un climat réminiscent d’un passé proche… Geoffrey Mugwump a donc troqué son rôle de DJ/producteur contre celui d’un leader de groupe rock ; et il manifeste un véritable talent dans cette reconversion. Cependant, si sa voix de crooner est aussi belle que nonchalante et décadente, l’expression sonore perd ici de son originalité et de son énergie. Saluons néanmoins la prise de risque et la bonne facture de l’ensemble.

 

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