Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Ora Cogan
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Chroniques

Kim Wilde

Here come the aliens

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Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

Au-Dessus

Au-Dessus (reissue)

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Rétropédalage dans le temps aux écuries des Acteurs de l’Ombre. Après avoir publié un très bon et prometteur « End of Chapter », le label propose de (re)découvrir les premiers pas du groupe lithuanien en délivrant une réédition remasterisée de son premier effort, paru en 2015. Force est de constater que les ingrédients destinés à transformer « End of Chapter » en album ample et profond de Post-Black Metal sont déjà bien présents. On sent néanmoins les hommes de Vilnius encore un peu prudents quant à leur prise de distance vis-à-vis des codes musicaux du Black Metal, une tendance qui va s’affirmer par la suite. L’ambiance apocalyptique est par contre déjà bien maîtrisée. Le son est parfois lourd, lent et opaque, dévoilant des racines puisant dans le Sludge, comme en témoigne particulièrement le morceau « IV » (NDR : le quatuor ne s’est, jusqu’à présent, jamais soucié de donner de titre à ses compositions). Particularité de ce remastering : chaque morceau est suivi d’un interlude qui, il faut bien le reconnaître, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble ; des intermèdes très susceptibles de nuire à l’ambiance sale et malsaine de l’opus. Quoique parfois encore un peu timoré, Au-Dessus laisse ici entrevoir des moments de génie, à l’instar de « III », une plage qui se révèle d’une incroyable richesse. Déboulant sur les chapeaux de roue, nourrie d’un riff glacial, elle se mue en version atmosphérique avant qu’une ligne de basse groovy totalement inattendue, ne vienne intelligemment s’immiscer, procurant à la compo, une singularité et un relief particuliers. Preuve en est que les artistes maîtrisent les codes du Hardcore, du Sludge et du Black Metal, pour ensuite les tordre, les mélanger et les recracher habilement à leur sauce. Il n’est peut-être pas conseillé de commencer par cet LP si vous désirez découvrir l’univers froid et possédé d’Au-Dessus, au risque d’être décontenancé par un manque de cohésion entre les titres et un arrière-goût de trop peu dans la recherche des morceaux. Il est par contre tout à fait conseillé à celles et ceux qui se seraient déjà cognés l’âme sur « End of Chapter », de ce frotter à cette œuvre. Ils prendront sans aucun doute un malin plaisir à goûter, sur ce premier Ep, aux semences alors arrivées à maturation de leur second album.

 

Antidote

Emotions singulières

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Fondé en 2015, Antidote (NDR : ne pas confondre avec le band punk batave, ni le groupe anarcho/hardcore/punk britannique) est un duo réunissant Alain Verdier et Khadija Othman. Le premier est loin d’être un néophyte, puisqu’il a participé à l’aventure de The Shakes, au cours des sixties, une formation considérée comme précurseur du psychédélisme ; un combo au sein duquel figurait un certain Dany Lademacher, guitariste belge qui a notamment milité chez Herman Brood & His Wild Romance ainsi que Kleptomania. La seconde a sévi au sein du groupe africain Princesse Mansia M’Bila, du crew hip hop Zamenhof et du combo electro/pop Urban Vibe ; en outre, sous le pseudo de Zelda, elle a atteint la finale de la Biennale de chanson française, qui s’était déroulée à Bruxelles (NDR : concours qui est devenu ‘Parcours Francofaune’).

Mixé par Ian Caple (Bashung, Higelin, Kate Bush, Tricky, Tindersticks, Yoko Ono, Simple Minds, etc.), « Emotions singulières » baigne au sein d’une mélancolie sombre qui reflète des sentiments comme la nostalgie, l’ironie, l’espoir, le désespoir ou l’humour, à travers des textes poétiques rédigés dans la langue de Molière, des poésies que chante d’une voix incantatoire, mais au timbre proche de Pierre Bachelet, Alain Verdier, ou/et –mais trop peu souvent– chatoyante, vibrante et expressive, Khadija Othman ; des textes qui reposent, à l’instar de Seterolab, sur une forme d’électro/pop minimaliste, le plus souvent dispensée en boucle. Une homogénéité qui, au fil de l’opus, finit par rendre l’ensemble monocorde...

Dommage, car quelques titres sortent du lot, à l’instar de « Soho 66 », dont la mélopée rappelle « Set the control for the heart of the sun » du Floyd, alors que les interventions vocales de Kahdija communiquent une touche arabisante à l’ensemble, de l’indolent « Femme éphémère », réminiscent du duo Gainsbourg/Birkin ou encore d’« Eclipse du sommeil », au cours duquel la voix féminine épouse la musique, un peu à la manière de Mylène Farmer.

Un concept orignal, mais bien trop dépouillé, à mon goût…

 

David Byrne

American utopia

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« Grown Backwards », le dernier album studio de David Byrne remonte déjà à 2004. Bien sûr, entre-temps, il a participé à de multiples projets, dont un opéra disco, en compagnie de Fatboy Slim, à partir de 2005. Pour enregistrer « American utopia », il a reçu le concours d’une belle brochette de collaborateurs, dont Jack Penate et surtout Brian Eno, qui non content de se charger du volet électronique, coécrit « Everybody’s coming to my house ». Une excellente composition qui aurait pu se révéler sublime, dans l’esprit de « Remain in light », si elle avait été davantage organique. Car le défaut de cet opus est bien là ! On retrouve bien la voix si particulière de Byrne, mais hormis le funky « It’s not dark up here », cet excès de synthétisme délave toute bonne disposition. Et « This is that », titre minimaliste dispensé dans l’esprit de sa collaboration avec Ryuchi Sakamoto, opérée sur la B.O. du film « Le dernier empereur », fait pâle figure. Une déception !

Dirk Da Davo

Moods

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Dirk Da Davo et TB Frank ont fondé Neon Judgement au tout début des eighties. Ce duo et Front 242 sont considérés comme des pionniers de l’electro body music (EBM). La paire s’est séparée et reformée à plusieurs reprises, moments choisis par Dirk pour se concentrer sur son autre projet, Neon Electronics, se consacrer à son label Dancedelicd ou encore entreprendre une aventure en solitaire.

Cette compile réunit des morceaux récents de Da Davo publiés en numérique sur son label. Des titres qui titres figuraient sur les Eps « Protest », « DDJMX », enregistré sous la houlette de l’ex-TC Matic Jean-Marie Aerts (NDR : pour rappel, d’abord guitariste, mais également producteur, c’est lui qui avait déjà mis en forme le « Blood and thunder » de Neon Judgement », en 1989 !), et « 3DFLY », sous celle de Make Marena, mieux connu pour avoir produit, notamment, des œuvres de Screaming Trees, The The et Bootsy Collins. Et ces deux collaborateurs cosignent chacun 4 pistes. Outre les 12 plages annoncées, le disque recèle deux bonus tracks.

De « Protest », on épinglera « Bound », un titre hanté par New Order, au cours duquel on retrouve les influences c&w de Dirk. Et puis l’hypnotique « Deny it », une morceau imprimé sur un tempo plutôt basique. On ne parvient d’ailleurs pas à déterminer s’il s’agit d’un rythme à deux ou quatre temps.

La patte de Jean-Marie Aerts est particulièrement présente tout au long des plages retenues de « DDJMX », notamment à travers les accords surf/funk de sa gratte (« Attack dogs achieve », « We’re slipping and sliding »), alors que le plus cool « New normality » baigne au sein d’un climat cinématique digne d’Ennio Morricone, une piste introduite par des accords de cordes jouées en picking. 

Hormis l’EBM électrifié « Money back », « 3DFLY » privilégie une forme de disco. Excellent, l’enlevé « How much more » lorgne même vers Pet Shop Boys.

Reste les deux extra tracks. Le premier est expérimental, alors que le second emprunte plutôt un profil indus/funk.

The Little Red Rooster Blues Band

Lock up the liquor

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Fondé en 1988, The Little Red Rooster Blues Band nous vient de Philadelphie. Son premier LP, "Homecooked blues", remonte à 1989. Et son dernier, "Highjinx and Tomfoolery", est paru en 2016. "Lock up the liquor" constitue son huitième long playing. Il est sorti dans le cadre du 30ème anniversaire de la formation. Ce quatuor implique le chanteur/guitariste Kevin McCall, l'harmoniciste Dave Holtzman, le bassiste Jeff Michael et le batteur Bob Holden. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours du claviériste Anthony Geraci, pour sept plages. Le band signe l’intégralité de son répertoire. Il reconnaît pour influences majeures, le blues issu de Chicago, du Texas, de la Louisiane et le West Coast Jump.

Shuffle instrumental, "Pitchin' woo" ouvre la plaque, une piste cool au cours de laquelle harmo et piano sont bien mis en exergue. Bob Holden imprime de ses percus, le r&b néo-orléanais "Drinkin' wine on my dime". Autre instru, "Cotton mouth" constitue le sommet de l’opus, une compo qui rend hommage au légendaire harmoniciste, James Cotton ; et Dave Holtzman se révèle digne du challenge. Dans le même registre, ce dernier brille encore et toujours sur le Chicago Westside, "Livin' at Jerry's House". Les interventions d’Anthony aux ivoires sont bouleversantes, hantées par Pinetop Perkins (Muddy Waters Band) même, tout au long de "Nothin' left between us", un blues lent qui baigne dans le Chicago Southside cher à Muddy Waters. Blues lent, "4 o'clock in the morning" bénéficie du concours du chanteur/harmoniciste Steve Guyger, un spécialiste du genre. Le titre maître clôt ce long playing. Un jump blues saignant caractérisé par la rencontre percutante entre le piano boogie d'Anthony et les cordes de Kevin. Bien que de toute bonne facture, les morceaux de cet album prennent une toute autre dimension, lorsque Geraci est de la partie…

 

Dennis Herrera

You stole my heart

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Dennis est originaire de San Jose, une ville ancrée dans la baie de San Francisco. Ce chanteur/guitariste californien drive son band depuis une bonne dizaine d’années. Pourtant, si son premier elpee, "Blues well done!", remonte à 2007, son deuxième, "Livin' life not worryin'", est seulement paru l’an dernier. Son savoureux cocktail de blues, il le puise aussi bien à Chicago, au Texas qu’en Californie. Il signe les 11 plages de ce troisième LP. Une œuvre dont les sessions se sont déroulées aux studios Greaseland de Kid Andersen, dans sa bonne ville de San José, ainsi qu’au sein de l’Ardent de Los Angeles. Pour la circonstance, il a reçu le concours de redoutables musiciens. 

Quatre plages ont été mises en boîte à Greaseland, dont l'ouverture "You stole my heart". Très rapide, ce boogie blues est un véritable brûlot. Sid Morris se déchaîne sur ses ivoires, alors que le notoire Jack Sanford (NDR : il a notamment côtoyé Rick Estrin & The Nightcats, Mark Hummel, Chris Cain ou encore Nick Moss) brille au saxophone. R&b classique, "Look out" se distingue par ses échanges entre l'orgue de Rich Wenzel et le sax. Les cordes de Dennis et le piano de Sid sont bien mis en exergue tout au long de l’instrumental très West Coast, "You can name it".

Le reste a été immortalisé à LA. Dont "Recovery", un blues/jazz aux accents latinos, caractérisé par des notes de guitare singulières. Blues nerveux, "Backed-up" est le fruit de la rencontre entre l'harmonica de Denis Depoître et le piano de Rich Wenzel. Deux titres sont exécutés en formule trio, guitare/batterie/orgue Hammond (NDR : les parties de basse sont jouées à l’aide des pédales). Tout d’abord le blues lent classieux, "My past time". Puis le shuffle rythmé classique, "Run with the losers". Enfin, Dennis Herrera est seul pour attaquer le morceau final "Bittersweet", un titre acoustique au cours duquel il se consacre au chant et aux cordes…

 

The Proven Ones

Wild again

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The Proven Ones est un supergroupe réunissant des musiciens qui ont milité au sein de formations notoires. Que ce soit Fabulous Thunderbirds, Ronnie Earl & the Broadcasters, Sugar Ray and the Bluetones, Rod Piazza Mighty Flyers, James Harman Band ou Radio Kings. Il implique de grands noms issus à la fois de la Côte Est et de la Côte Ouest des States. Côté East Coast, figure le remarquable chanteur Brian Templeton (ex-Radio Kings) et le claviériste Anthony Geraci (ex-Little Anthony and the Loco-Motives, Sugar Ray, Ronnie Earl). Côté West Coast, le guitariste Kid Ramos, le bassiste Willie J. Campbell et le batteur Jimi Bott, trois musicos qui ont, à un moment ou un autre, sévi chez les Fabulous Thunderbirds. Expérimentés, ces musicos viennent de graver "Wild again", un disque enregistré au sein du studio Roseleaf, à Portland, dans l’Oregon. Les dix plages sont partagées entre propres compos et reprises.

Une intro majestueuse tramée dans les accords d’orgue Hammond et de piano prélude "Cheap thrills", avant que la voix de Brian s’impose, soutenue par les cordes de Kid Ramos qui s’autorise néanmoins déjà, son premier billet de sortie. Toujours aussi entraînant, "City dump" est enrichi de cuivres et se distingue par les envols de la guitare et du sax ténor de Renato Coranto. "Don't leave me this way" baigne au sein d’un climat néo-orléanais, un blues lent cuivré signé Fats Domino et Dave Bartholomew. Lorsqu’il militait chez Fleetwood Mac, Peter Green avait composé "If you see my baby". Quel bonheur d’écouter cette nouvelle version, au cours de laquelle Kid Ramos, bien épaulé par les ivoires d’Anthony, démontre avoir parfaitement assimilé le style et les tonalités immortalisés par Green. Geraci signe "Why baby why", un shuffle qui baigne au sein d’une atmosphère brûlante, ponctué par une nouvelle intervention classieuse sur les cordes. Le "Right track" de Kim Wilson (NDR : extrait de son elpee, "Smoking joint") est un r&b coloré par les interventions au saxophone de Chris Mercer (NDR : ce musicien britannique a participé à l’aventure des Bluesbreakers de John Mayall, au cours des 60’s). La guitare largement amplifiée du Kid balise "Wild again", un blues/rock texan. Très long blues lent, le "Loan me a dime" de Fenton Robinson brille de mille feux. Un excellent opus qui permet à Kid Ramos de démontrer tout son talent dans le style…


 

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