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Claud et la musique

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Chroniques

Various Artists

En route !

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"En route !" est une compilation publiée par Freaksville, un label belge créé en 2006. Ce recueil, réunissant principalement des artistes issus ‘du tout Paris’, séduit par des mélodies à nettes tendances disco.

Partagé en 9 pistes plus une dixième en bonus, ce Long Playing est agréable à l'écoute, et plutôt réussi dans son ensemble. Toutefois, aucun morceau ne sort véritablement du lot.

Epinglant plusieurs chansons ‘en français dans le texte’, cet elpee est conçu pour servir de compagnon de route, d'où le titre. Et effectivement, les morceaux sont mélodieux et assez variés dans l'ensemble, de telle sorte que l'album s'écoute aisément et d'une seule traite sans que l'on s'en rende compte. Ces titres constituent donc un disque idéal pour sonoriser la route des vacances ou lors d'un long périple, trajets au cours desquels le style alambiqué de pop électro et de compos instrumentales trouveront leur meilleur public.

Un bémol cependant : la présence de Lio. Bien sûr, elle relève de la même écurie ; mais rien à faire, je n’arrive pas à avaler sa voix. Sur le sixième titre de cette compile, elle se contente de ‘lire les paroles’, de sa voix nasillarde, démontrant une nouvelle fois, si besoin était, qu'elle n'a jamais été capable de chanter.

Hormis cette fausse note, le reste est de bonne facture, même s’il ne laissera pas, non plus, un souvenir impérissable dans les mémoires.

 

Various Artists

BBE 15 compiled by Chris Read

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BBE Records est un label indépendant qui se focalise essentiellement sur la musique soul. Il nous propose aujourd’hui une compile consacrée au hip-hop et au jazz pratiqués au cours de ces 15 dernières années, un recueil remixé par le talentueux DJ anglais, Chris Read.

Malheureusement, ce double album est complètement plat et sans aucun intérêt. Si le mix de Chris Read et impeccable, on ne peut malheureusement pas en dire autant des morceaux choisis. En effet, les chansons sélectionnées sont totalement insignifiantes. Le tracklisting passe d’un morceau voire même d’un album à l'autre, sans qu’on puisse se rendre compte qu’on a changé de compo, tant la mélodie est similaire, le ‘chant’ exaspérant et les rythmes plutôt répétitifs. Rien de neuf à l’horizon, quoi !

Le double elpee se targue pourtant de proposer "15 years of real music for real people" ; mais j'avoue me demander encore quelle était la cible visée sur cet elpee ? Le fan de hip-hop reprochera aux titres le manque de rythme, dans la musique comme dans les paroles. Celui d'électro ne sera assurément pas séduit par l'absence de beatbox et de synthés, ainsi que par la présence de cuivres jazzyfiants. Finalement, ce disque s’adresserait-il à l’amateur de jazz ? Non plus, puisque la présence de grosses basses tonitruantes risquent fort de l’horripiler, dès le 1er morceau.

Reste, peut-être, d'éventuels amateurs de musique hybride, à la croisée des chemins de ces trois styles. Et à mon humble avis, ils ne doivent pas courir les rues… 

Sachez quand même que votre serviteur n'a absolument rien retiré de ce double cd, même après avoir poussé le vice jusqu'à le réécouter plusieurs fois afin de dénicher, mais en vain, un quelconque aspect positif.

Impossible de raisonnablement vous conseiller cette compilation, tant on s'ennuie à son écoute.

 

Uniform Motion

One frame per second

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A l’image de la pochette, qui fait la part belle au rêve et à l’enfance, Uniform Motion nous propose son nouvel elpee, « One Frame per Second ». Créé en 2008, le trio réunit Andy Richards, chanteur-guitariste-auteur-compositeur anglais, Renaud Forestie, illustrateur français ainsi que son compatriote Olivier Piotte, à la batterie et au clavier, qui les a rejoints en 2011. 

Après avoir publié deux albums (« Pictures » en 2009 et « Life » en 2010, sur lequel figure l’aérien « Roll Over »), Uniform Motion a donc décidé de graver son troisième, un opus qui s’inscrit dans la même veine, mais en plus abouti : planant, apaisant, doux, chargé de tendresse, invitant au voyage, à l’évasion. On retrouve la prépondérance de la guitare sèche et la voix chaude et rassurante du chanteur, qui nous berce tendrement, dans le pur style folk-indie. Les entêtantes mélodies d’Uniform Motion sont à déguster en écoute libre sur leur site.

Dès les premiers accords, on est séduit par l’effet réconfortant et enveloppant de cet album très ‘uniforme’ et cohérent. Une composition intimiste et épurée qui donne envie de cocooner au coin du feu.

Puis, très vite, on fredonne certains airs. Et on ne rêve que de réécouter, encore et encore.

L’ensemble procure une sensation de sérénité. Apaise et fait du bien. Que demander de plus ? Davantage de relief peut-être…

Plusieurs morceaux retiennent toutefois l’attention. « There is no way, there is no way » par son côté enivrant et délicieusement mélancolique. On l’écouterait bien en boucle. Sans doute LE titre de l’album. « Fools, Don't Listen To A Word I Say » commence trop calmement mais la belle envolée de la fin évoque les Girls in Hawaï. « We’re Hauling Land Through the Air » et « I will put my Life on Tape » accrochent aussi davantage l’oreille car plus structurés, plus vivants. L’album se clôture par une plage aux airs de berceuse, peut-être pour nous aider à appuyer sur stop, à ôter les écouteurs et à redescendre sur terre.

Mariachi El Bronx

Mariachi El Bronx 2

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Non, Mariachi El Bronx, le projet latino des furieux Angelinos punks The Bronx n’était pas une one-shot ! Matt Caughtran et sa bande reviennent en effet nous servir un second album de musique mariachi ! Convaincant sur un elpee, le concept allait-il passer la rampe du second essai ? Mais oui, et haut la main de surcroit ! Sincère et captivant, leur mariachi-punk est dynamisé par le ‘guitarron’, l’accordéon ainsi que le ‘jarana’, mais aussi par des grattes acoustiques et des trompettes ; et il tape à nouveau dans le mille. Bénéficiant du concours d’Alfredo Ortiz (percussionniste chez les Beasties Boys et Money Mark) ainsi que de Vincent Hidalgo –dont le père, David, est toujours impliqué chez les mythiques Los Lobos– The Bronx est devenu un véritable groupe. Et au sein de cette ambiance mexicaine, défile de véritables petites perles véhiculant des textes engagés, que chante d’une voix puissante et claire, Matt Caughtran. Des coups de cœur ? « 48 Roses » et « Revolution Girls ».

Mariachi El Bronx serait-il devenu l’incarnation idéale du Los Angeles américano-hispanique contemporain ? Une chose est sûre, en réalisant un mix parfait entre Black Flag et Los Lobos, les deux groupes préférés de Matt Caughtran, il est peut-être occupé de marcher sur les traces du Clash et même des Pogues…

 

M+A

things.yes

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Gang Gang Dance, Wilco, Nicolas Jaar, Bon Iver et les autres ont du souci à se faire.

Novembre est un mois critique pour le chroniqueur musical. Les tops de fin d’année approchent. Les jours défilent à toute vitesse et le choix devient de plus en plus pressant. Personne n’y coupe. Aussi, quand bien même le rédacteur est persuadé de tenir son top 5 bien avant les deux derniers mois de l’année, il y a toujours cette petite sortie inattendue, qui vous prend de revers et vous oblige à redéfinir ce dont vous étiez sûr à 100%. « things.yes », le premier LP de M+A est de ceux-ci. Une putain de claque. Monotreme, label qui compte dans ses rangs 65daysofstatic et This Will Destroy You pour ne citer qu’eux, vient de frapper un grand coup en prenant sous son aile ce duo originaire de Forli, en Italie. Michele Ducci et Alessandro Angioli, respectivement 19 et 22 ans, proposent dix morceaux de pop cristalline, enrobés d’une gracieuse touche d’electronica. Une pure merveille. Le genre de disque qui vous oblige à user de tous les superlatifs possibles et imaginables.

« Yeloww » ouvre la galette de manière magistrale par un coup de synthé aérien auquel viennent se greffer tour à tour une flûte espiègle et des vocalises discrètement fondues dans le paysage sonore. S’ensuivent l’enivrant « Yes.pop » et l’impeccable « Liko Lene Lisa » dont les notes de saxo pénètrent instantanément la moindre cellule cérébrale rencontrée sur son chemin. En milieu de parcours, M+A ne lâche pas sa proie et ne cesse de surprendre. Plus particulièrement sur la plage intitulée « Blå », un morceau électronique subtil et ultra-efficace, et « Ly », un Kinder surprise auditif en guise de clôture du disque. En gravant « things.yes », M+A vient de s’introduire sur la scène indie par la grande porte. Triple.yes !

 

Judas Priest

Single Cuts

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Quel est donc l’intérêt de publier une énième compilation du grand Judas Priest, si ce n’est pour capitaliser un maximum sur son compte avant la dissolution de la légende du heavy metal ?

« Single Cuts » aura au moins, outre son aspect bassement commercial, la qualité de retracer l’histoire de la meilleure période du combo. Celle qui oscille entre 77 et 1992. Et on s’amuse follement à redécouvrir des singles au succès des plus relatifs tels que « Locked In », « United » ou « Don’t Go ».

Le mélomane lambda sera également étonné d’apprendre que les deux premiers simples du Priest étaient, l’un comme l’autre, des reprises d’artistes au style bien éloigné du metal. Le sublime « Diamonds and Rust » signé Joan Baez et le moins populaire « Better by Tou, Better Than Me » emprunté à Gary Wright révèle une formation qui se cherche encore.

Et quel contraste, lorsqu’on est confronté aux machines de guerre que sont « Painkiller » et « Freewheel Burning ». Vraiment de quoi déconcerter. Révélation en pleine période punk, Judas Priest a traversé toutes les modes et s’est imposé comme une des formations les plus importantes de l’histoire du metal.

Au final, « Single Cuts » égrène 19 ‘hits’ qui nous rappellent à quel point Priest nous est indispensable !

 

Markéta Irglová

Anar

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Markéta Irglová. Ce nom à consonance slave ne vous dit probablement pas grand-chose. Pourtant, si on vous parle du film ‘Once’, ses chansons vous reviendront peut-être à l’esprit…

C’est à Dublin que cette jeune musicienne, née en 1988 en Tchéquie, est devenue comédienne et a composé la bande son de cette charmante bluette narrant de manière très émouvante la rencontre entre une jeune mère immigrée et un troubadour local (Glen Hansard). Ce film de John Carney avait rencontré un véritable succès en salle et une des chansons (« Falling Slowly »), composée par le duo sous le pseudo de The Swell Season, avait d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure chanson originale. Markéta Irglová avait à peine 19 ans à l’époque !

Depuis, on avait un peu perdu sa trace (malgré la comédie musicale inspirée du film que Glen Hansard est occupé de mettre sur pied…) mais elle revient aujourd’hui proposer « Anar », son 1er album solo. Et, s’il est toujours question de folk délicat et précieux (« Your Company », « Crossroads »), il a cette fois été enregistré à New-York, avec l’aide de Tim Iseler, son mari… depuis seulement un mois ! « Anar » signifie ‘pomme grenade’ en persan (NDR : ce qui explique la peinture de l’artiste Nahid Hagigat, pour illustrer la pochette…) Ce fruit est lié à la fertilité et à l’abondance, un état d’esprit qui correspond au degré d’inspiration de Marketa, lors de son déménagement à la ‘Big Apple’. La musicienne reconnaît pour influence majeure Otis Redding ; et, en effet, on peut déceler une touche soul sur des morceaux comme « Go Back » ou « We are Good ». Certaines compos sont même proches de l’univers de Joan As Policewoman ; à cause de l’instrumentation. Très riche, elle est ainsi parcourue de cuivres et de chœurs, même si c’est le piano qui domine la majorité des titres, lui conférant une élégante sobriété.

Pas facile de se remettre d’un Oscar obtenu si jeune (pauvre Eliott Smith…) ; mais Markéta Irglová vient de démontrer que c’était possible, en publiant une très belle première œuvre en solitaire !

 

Iceage

New Brigade

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« New Brigade » était déjà paru en janvier dernier sur un petit label danois. Et vous vous en doutez, la formation nous vient du Danemark. Depuis, Iceage détruit depuis tout sur son passage. A cause de cet opus, bien sûr, qui fait un véritable buzz sur la scène pop/rock internationale. Même le site américain Pitchfork, fait plutôt rare lorsqu’il évalue une formation européenne, s’est rallié aux critiques enthousiastes…

Ce groupe, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas la vingtaine d’années, nous crache toute sa violence à la figure. Ce qui n’a finalement rien d’exceptionnel. Et paraît même assez normal. Mais la manière est ici totalement différente. En général ce type de comportement est illustré par une suite d’accords simplistes et de lyrics rebelles clamés par un chevelu enragé. Cependant, chez ces ados issus de Copenhague, la forme est différente. Certes, la violence est omniprésente tout au long des douze morceaux consommés en 25 minutes par cet elpee. Mais ils sont le fruit d’une maturité musicale étonnante, pour un si jeune combo. Les influences sont parfaitement digérées. Intelligent, leur punk doit autant au charisme d’un Joy Division, à la violence du hardcore qu’à la noise d’un No Age voire de Liars. Il règne tout au long de l’œuvre, une énergie malsaine, cultivée essentiellement par le son des grattes et la voix nonchalante. Chaque morceau est un uppercut asséné dans l’estomac. Et ils font mal ! Le coup de grâce ? « Broken Bone », un titre tout simplement exceptionnel. Bref, on ne sort pas indemne de ce combat. En frappant haut et fort, ces Scandinaves viennent probablement de publier un des albums de l’année. Une révélation ! A ne manquer sous aucun prétexte, lors de leur prestation qu’ils accorderont à l’Ancienne Belgique, le 30 novembre prochain…  

 

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