Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
Jon Spencer
Chroniques

Rene Hell

Porcelain Opera

Écrit par

Versatile, l’Américain Jeff Witscher est un personnage très compliqué à cerner. Les spécialistes se perdent souvent sous la foison de ses pseudonymes et nombreuses collaborations musicales. Cette fois-ci, c’est sous le nom de Rene Hell que l’électronicien milite. On ne cherche pas à savoir pourquoi ; mais en compagnie du copain Jeff, les pistes sont automatiquement brouillées. Tout comme l’étendue très vague de sa nouvelle plaque aux reflets cosmiques. « Porcelain Opera » nous invite à pénétrer dans une autre dimension. Et autant le dire franchement, cet espace où les synthés analogiques et les variations de fréquences se marient aux bruitages et bidouillages de câbles, se révèle vraiment soporifique. On n’en tire rien de jouissif, et les phases expérimentales proposées ne sont pas neuves. Pourquoi perdre autant de temps en pondant ces fioritures ? Personne ne le sait et je doute même de l’honnêteté de Witscher. Parce qu’un disque où il ne se passe rien, excepté des bruits de navette spatiale, c’est un peu prendre les gens pour des truffes. Qu’il y reste dans sa dimension !

 

Cold Cave

Cherish the Light Years

Écrit par

Depuis quelques années, on assiste à un retour de la musique des années 80. Et en particulier de la new wave ainsi que de l’electro-pop. Et en 2011, cette situation semble avoir atteint son paroxysme. Il suffit de lire la programmation des festivals estivaux pour s’en rendre compte. Des exemples ? Le comeback de groupes tels que Duran Duran, Orchestral Manœuvres in the Dark ou The Human League. En outre, des artistes et des formations contemporaines remettent également cette époque au goût du jour. A l’instar de Cold Cave, un combo américain réunissant des musiciens issus de New-York et Philadelphie.

Cold Cave pratique ce qu’on a appelé de la cold wave. Mais ils parviennent à éviter les clichés, en revisitant le style avec classe et originalité. Les synthés et les rythmes électroniques rappellent instantanément New Order, Depeche Mode voire The Cure. Militant autrefois au sein d’un groupe de punk hardcore, Wesley Eisold est le leader. Sa voix à fleur de peau, vulnérable, rappelle celle de Robert Smith. Et il parvient à insuffler à chaque compo une bonne dose d’émotion. Le patronyme du combo est bien choisi. Il règne d’ailleurs tout au long de l’œuvre une impression de mélancolie glacée, ténébreuse, douloureuse. Un seul rayon de soleil : le morceau final « Villains of the Moon » ; mais il est insuffisant pour faire remonter la température. N’empêche, le résultat est tout à fait probant. Lors de la sortie de son premier opus, « Love Comes Close », Cold Cave était déjà parvenu à créer la surprise. « Cherish the Light Years » confirme tout le bien que l’on pensait du groupe, et va même au-delà, puisqu’une âme hante chaque chanson de ce long playing. Si le revivalisme 80’s nous est proposé sous cette forme, on ne va pas s’en plaindre. D’ailleurs, on n’en demande pas plus !

Al Basile

The goods

Écrit par

Al Basile est compositeur, poète, chanteur et musicien. Il a décidé de quitter le big band Roomful of Blues pour embrasser une carrière solo. Et manifestement, son parcours individuel a déjà été couronné de succès. « The goods » constitue d’ailleurs son huitième opus personnel, discographie entamée en 1998 par "Down on Providence Plantation". Il y a plus de 40 ans qu’il est un ami de Duke Robillard. Les deux artistes sont même fort proches. Pas étonnant que Robillard soit préposé à la mise en forme de cet elpee et que son band ait participé aux sessions d’enregistrement. Un concours que pas mal de musiciens aimeraient bénéficier.

A l’issue de ses études universitaires, Al était bardé de diplômes. Il aime jouer avec les mots, les mettre en partition. Il est conteur. Poète aussi. Et lorsqu’il mêle rimes et blues, il obtient ce qu’il appelle lui-même de la poésie en douze mesures.

"The Price (I got to pay)" est une plage bien rythmée qui libère un maximum de groove. Il se réserve la première escapade sur son instrument, une espèce de trompette trapue dont il est l'un des protagonistes les plus doués. Un coup d’accélérateur au tempo et il attaque "Along come the kid", une compo inspirée d’une chanson de Jimi Hendrix qu'il avait entendue la première fois, en 1971. Pour la circonstance, c’est Duke Robillard qui tire son épingle du jeu, un musicien capable de se débrouiller au sein d’une multitude de styles. Al est vraiment excellent aux vocaux lors des ballades mélodiques. Il y étale même toute sa classe. Et il devient même impressionnant, lorsqu’il est soutenu par des chœurs. Comme lorsqu’il est épaulé par les Blind Boys off Alabama. A l’instar de "Lie down in darkness (Raise up the light)", une chanson saturée de mélancolie ; mais aussi un des sommets de cette œuvre. Une compo au cours de laquelle ce feeling empreint de désespoir lui permet de dispenser un excellent phrasé sur son cornet. Al a écrit "843 million" à la manière d’une B.O. pour thriller. Parcouru de bruitages (crissements de pneus de voitures, sirènes de police hurlantes, détonations d’armes à feu), le morceau adopte un format R&B bien funky. Le cornet, l'orgue Hammond de Bruce Bears et la basse de Brad Hellen en profitant pour tisser des arabesques. Al Basile, c'est avant tout une voix. Elle est naturellement puissante, claire et véhicule énormément d’émotion. Et est taillée sur mesure pour chanter une ballade soul. Un peu comme celle d’Otis Redding, au cours des sixties, lorsqu’il relevait du label Stax. Et "Time can wait" en est la plus belle illustration. "I want to put it there" puise ses sources dans les rythmes de la Nouvelle Orléans. Mark Teixeira imprime le tempo. Bruce est passé au piano. Il se réincarne au sein des meilleurs joueurs locaux comme Allen Toussaint ou James Booker. Emporté par l’ivresse de l’instant, Al souffle dans son cornet. Long blues lent, "Mr Graham Bell" décrit les relations amour/haine vécues entre l'artiste et son téléphone. Il s'en prend alors à son inventeur. Caractérisé par l’excellent exercice vocal, ce blues laisse transparaître des accents jazz. A cause des interventions de Bears aux ivoires. Trempé dans le Memphis R&B, "She's a taker" divertit par son regard positif sur les relations entre homme et femme. "Reality show" adopte un même style. L’orgue de Bears s’y infiltre à la manière d’un Booker T Jones. Arrangés par Doug James, les cuivres sont bien présents. "Pealing bells" baigne dans le gospel. Remarquable, cet exercice vocal est exécuté face aux cordes réverbérées du Duke. Basile retourne une dernière fois à New Orleans pour accueillir le Père Noël, lors d’un "Don't sleep on Santa" impliquant Doug au piccolo ainsi qu’Al au cornet et au guiro. De toute bonne facture, cet opus s’achève par une dernière ballade soul, intitulée "Distant ships".

Aucan

Black Rainbow

Écrit par

Ecumant les routes d'Europe de long en large depuis 2009, les Italiens d'Aucan dispensent un mélange détonnant de rock et d'electro, saupoudré d’une pincée de hip hop. Et le résultat est haut en couleurs.

Leur récent séjour en studio leur a permis de délivrer, sous la houlette de Matt Colton (Depeche Mode, Aphew Twin, Bentley Rythm Ace,...), ce troisième essai quasi-inclassable, même si les spécialistes le considèrent comme trempé dans le Math Rock.

Embarquant leur belle compatriote Angela Kinczly sur le premier titre (« Blurred ») pour mieux la noyer dans leur savant Trip Hop, le trio s'aventure au-delà de ses premiers préceptes et envisage toutes sortes d'options, pourvu qu'elles les mènent plus avant dans leurs recherches musicales.

Lorgnant autant chez Battle (« Sound pressure Level », « Storm ») que Brian Eno (« Embarque » et ses deux minutes douze de vibrations organiques), tout en empruntant une bonne dose d'énergie au Post Rock, Aucan embrasse avec autant de bonheur toutes ces influences et les régurgitent dans un magma en fusion.

Détonnant et surprenant d'un bout à l'autre, « Black rainbow » dévoile de multiples facettes à chaque nouvelle écoute qui s'avère des plus excitantes.

De ce sombre arc-en-ciel, jaillissent de subtiles teintes dans un ciel tourmenté, où nombre de tempêtes se rêvent à naître.

En concert ce 24 Avril au PacRock Festival, Pont-à-Celles.

Art Department

The Drawing Board

Écrit par

C’est sous le label de Damian Lazarus, producteur à la recherche d’un renouveau house, que le duo canadien, réunissant Kenny Glasgow (ancêtre de la House music) et Jonny White, a décidé de sortir son premier album. Le groupe avait publié précédemment « Without You », un morceau qui avait été acclamé par des institutions de la musique électronique telles que Mixmag et Resident Advisor. Ce nouvel elpee propose des mélodies assez intéressantes, parsemées de synthétiseurs et de voix spectrales. Le style très calme, né de la rencontre entre les 2 artistes, devrait ravir les fans de deep-house qui seront véritablement servis sur un plateau d’argent. S’étalant sur 75 minutes, cet opus est surtout sculpté dans une forme d’ambient, mais une ambient qui incite surtout le mélomane à s’assoupir, bien calé, dans un canapé… Ce n’est pas une musique qui ‘pète le feu’, ni susceptible de faire danser, mais qui invite plutôt au farniente. On reprochera particulièrement aux différentes plages de libérer trop peu de feeling. Le petit prodige Seth Troxler et le duo Soul Clap et Osunlade ne sont pas parvenus à graver cette œuvre dans nos mémoires…

Laetitia Velma

Les eaux profondes

Écrit par

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Laetitia Velma n’est pas très généreuse en informations la concernant. D’où vient-elle, quel âge a-t-elle, est-elle mariée, a-t-elle des enfants, … ? Rien ! Aucune réponse ! Aucune info ne filtre sur le net.

Tout ce que l’on sait d’elle, c’est que très jeune, au début de l’adolescence, elle étudie le piano. Durant cinq ans. Le remplaçant rapidement ensuite par la guitare tout en se consacrant à l’écriture de ses premières chansons. Une brève transition via les planches théâtrales lui communique le goût de la scène et une belle assurance. Elle revient ensuite à son piano et se replonge dans la composition de ses propres chansons, paroles et musiques.

Le premier à croire en elle et qui lui mettra le pied à l’étrier se nomme Dominique A. Sur son album « L’horizon » (2006) il lui emprunte deux titres et en échange lui promet les arrangements sur les chansons qui peupleront son premier album.

Promesse tenue et c’est à Bruxelles, en belle compagnie –Pierre Jacqmin (Vénus), feu Denis Wielemans (Girls in Hawaï) et Julien Paschal (Sharko)– qu’elle confie l’enregistrement de son opus à Dominique Brusson (Yann Tiersen, Miossec, Nosfell, …)

« Les eaux profondes » se décline en 12 titres, tous interprétés dans la langue de Molière, remisant celle de Shakespeare au rang des souvenirs de jeunesse…

Passionnée de la vie, Laetitia la conjugue au présent, ses textes dégageant une simplicité en même temps qu’une soif de vivre, d’aimer, de partager, de rêver. Une véritable bouffée d’air frais à l’heure où la mode est souvent à la colère et la haine de la réalité, aux dénonciations des problèmes de notre société.

Sa voix attachante, discrète, tout en délicatesse et en douceur est à la hauteur tout comme les arrangements de Dominique A qui sont un véritable régal, mettant en valeur les très jolis textes de Laetitia.

Oscillant entre pop limpide et ballade nonchalante, l’album s’écoute sans lasser. Les guitares jouant à saute mouton avec un piano bien soutenu par une rythmique inspirée font de ces dix compositions une réussite totale pour un premier effort qui dégouline de classe et de maturité.

A découvrir sous peine de passer à côté d’un des meilleurs albums de chanson française de l’année.

 

The Soft Boys

A can of bees

Écrit par

Avant d’opter pour le patronyme des Soft Boys, cette formation répondait à celui de Dennis & The Experts. Le changement définitif s’est produit en 1977, soit un an après leur naissance. Mais le plus intéressant procède du line up de ce band qui impliquait le guitariste soliste Kimberley Rew, futur Katrina and the Waves et surtout Robyn Hitchcock, grand excentrique britannique, dont la carrière individuelle, souvent marginale, sera entrecoupée de deux reformations éphémère de son groupe phare (NDR : en 1994 et en 2001) et puis d’une aventure chez les Egyptians, vécue en compagnie de la plupart de ses anciens collaborateurs, au cours de la seconde moitié des eighties et le début des nineties ; sans oublier le projet The Venus 3 qu’il a monté en compagnie de Peter Buck de R.E.M, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows ainsi que de Bill Rieflin de Ministry, qui lui ont permis de publier trois elpees entre 2006 et 2010.

Mais revenons au tout premier elpee de Soft Boys, « The can of bees », un disque qui était paru à compte d’auteur sous le label Two Crabs, et qui vient d’être réédité en cd par Yep Roc, neuf années après Matador. Sur les onze titres de ce long playing figure une cover cinglante et virulente du célèbre « Cold Turkey » du Plastic Ono Band. Un des trois titres immortalisés ‘live’ qui figurent en fin de parcours. Syd Barrett est une influence majeure pour Robyn. Ils étaient d’ailleurs tous les deux originaires de Cambridge. Un spectre qui hante régulièrement Hitchcock. Et en particulier sur « Human music », le seul titre délicat de ce cd, caractérisé par sa mélodie sinusoïdale. Le reste de la plaque oscille entre blues aride (« Give it to the soft boys »), dissonance mélodique (NDR : « Do the chisel » aurait pu figurer sur un album de Sonic Youth), funk blanc déstructuré (« The progworkers »), énergique (« School dinner blues »), punk primaire et virulent (« Wading through a ventilator »), spasmodique (« The ratsprayer »), hypnotique et dansant (Blur se serait-il inspiré de la rythmique de « Leppo and the jooves » pour composer « Girls & Boys » ?) ou encore extravagant voire complètement décalé (NDR : si Dylan s’était converti au mouvement en question, il aurait bien pu signer ce « Return of the sacred crab »). Le tout, bien sûr, revu et corrigé par la vision psychédélique de Robyn Hitchcock et souligné par des lyrics sarcastiques et trempés dans l’amertume. Pas un disque accessible, à cause d’un sens mélodique constamment perturbé ou carrément mutilé, mais expérimental qui prélude la sortie d’un futur album culte : « Underwater moonlight »…

 

Powerdove

Be Mine

Écrit par

Powerdove est un patronyme qui ne doit pas dire grand-chose au mélomane lambda. A contrario, Annie Lewandoski est loin d’être une illustre inconnue. Et pour cause, avant d’embrasser ce nouveau projet, elle a milité au sein du groupe Emma Zung et puis a apporté son concours à de nombreux artistes issus de la scène folk expérimentale, et notamment Jamie Steward de Xiu Xiu.

« Be Mine » constitue donc le premier elpee de Powerdove. Il fait suite à deux Eps, parus juste avant la sortie de l’opus. Lors des sessions d’enregistrement, la jeune artiste a bénéficié de la collaboration de John Dieterich (Deerhoof) à la mise en forme et au mixing. De quoi prendre un bon départ.

Empreintes d’une grande sensibilité, les chansons d’Annie Lewandoski sont sculptées dans un folk minimaliste, parfois à l’extrême. Ce qui leur confère cet aspect un peu décalé, expérimental si vous préférez. Légèrement en retrait, l’instrumentation est balisée par une six cordes que tolère circonstanciellement des cuivres, une contrebasse ou encore des sonorités insolites ; une instrumentation destinée à mettre en exergue la voix douce et mélancolique d’Annie. Et sur certains morceaux on ne peut s’empêcher de penser à celle de Jamie Stewart, la vocaliste de Xiu Xiu.

« Be Mine » est une œuvre à savourer au coin du feu. Pas vraiment de saison, mais quand on aime, peu importe les circonstances !

 

Page 425 sur 1252