Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Jacques Duvall

Expert en désespoir

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La liste des artistes pour qui Jacques Duvall a écrit est longue comme une page d’annuaire téléphonique. De Lio à Télex en passant par Chamfort, Birkin, Daho, Lavoine, Rapsat et j’en passe, ce rescapé de la génération punk a servi de parolier à plus d’une vingtaine de chanteurs ou groupes d’origine et de styles complètement disparates. Notre homme est, comme un caméléon, capable de s’adapter à l’environnement dans lequel évolue son commanditaire.

Né Eric Verwilghen un 1er août 1952 à Schaerbeek, cet ancien employé de la médiathèque préfère l’ombre à la lumière et n’en est qu’à son troisième album personnel après « Comme la Romaine » en 1983 et « Je déçois » en 90. Il est également impliqué dans des projets tels que « Pourquoi pas nous » d’Elisa Point ou encore le dernier elpee (de très bonne facture) de Lio paru sous l’appellation ‘Phantom Featuring Lio’.

En 2006, Jacques Duvall a changé de crèmerie et s’est engagé chez Freaksville, label créé par Miam Monster Miam. Depuis lors, sa productivité a explosé tant en quantité qu’en qualité. Sans cesser de proposer ses services à d’autres, il ose de plus en plus et décline en onze titres ce troisième opus perso dont il a confié la production à Benjamin Schoos de Miam Monster Miam, bien secondé par Gilles Martin (Miossec, Dominique A).

Si la pochette style J.R. de Dallas a tout pour vous foutre le bourdon et surtout l’envie de ne pas acheter ce Cd, il faut oser franchir le pas. Derrière cette affreuse jaquette se niche un véritable petit trésor de pop musique légère, limpide et colorée. Oubliées les compos compliquées, touffues et indigestes. L’affreux Jacky (ben oui, il est pas vraiment beau hein sur la pochette) nous sert ici onze blagues bien bonnes, bien belges, à déguster sans modération. Certaines sont à prendre au second degré (minimum). Ecoutez donc « La grève des éboueurs », « Tout doucement » ou même « La chanson la plus triste du monde » pour en être totalement convaincu. Le bougre a visiblement enlevé son costume de gentil parolier gnan gnan (« Les brunes comptent pas pour des prunes ») et opère sa mue de façon surprenante.

Bien soutenu par 4 voix féminines partagées entre Coralie Clément, Mademoiselle Nineteen (fille du chanteur Marc Morgan), Sophie Gallet et Christa Jérôme, Jacques Duvall nous balade au fil de ses chansons dans des parfums sonores variés, parsemés de guitares et de rythmes à la ligne claire.

Du pur plaisir ! Assurément ce qu’il a fait de mieux depuis trente ans.

Sortez donc de l’ombre Jacques Duvall !

 

Crystal Stilts

In love with Oblivion

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Dans le sillage du premier album « Alight of night », le nom de Crystal Stilts et apparu dans les astres. Si le ciel semble s'assombrir à l'aube de ce second opus, au titre fantasmagorique, l'univers de ces New-Yorkais semble définitivement s'illuminer au long de ces onze plages de très haute tenue.

Si leur shoegaze-psyché reste agrippé au bitume fumant, leur son semble avoir gagné en maturité et se démarque assurément de nombre de combos naviguant sur un surf rock aux accents hypnotiques.

Pour entamer ce voyage en terre d'oubli, « Sycamore tree » s'enfonce dans une forêt étrange à bord d'un bolide qui traverse le temps et l'espace en laissant dans son sillage une traînée de poudre blanche. Débouchant sur un paysage aride où la voix de Brad Hargett se faufile et se promène comme chez elle.

« Through the floor » s'avère tout simplement irrésistible et la suite de cet elpee s'avale comme un timbre de LSD, procurant son lot de visions extatiques et de plaisirs immédiats.

Quand atterrit l'O.V.N.I. « Alien Rivers », dans la nuit psychotrope, les sens viennent à s'oublier au bout de sept minutes dix-huit brumeuses où le fantôme de Jim Morrisson danse avec Dieu lui-même.

« Half a Moon », « Invisible city » et « Blood barons » s'envolent dans un registre plus enjoué, mais ne sombrent jamais dans la facilité.

Tout simplement épatant d'un bout à l'autre, résolument jouissif et impeccablement mis en orbite par la production de JB Towsend, guitariste du groupe, « In love with Oblivion » jette un pont entre Brooklyn et certaines étoiles qui illuminent le firmament.


 

Adam Kesher

Challenging Nature

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Si le patronyme de cette formation bordelaise est également celui d’un personnage du chef-d’œuvre noir et dérangé de David Lynch, ‘Mulholland Drive’, sa musique est bien plus lumineuse et joyeuse ! Les 10 titres de « Challenging Nature » sont en effet taillés pour l’été, les ondes et les festivals. Les membres d’Adam Kesher ont décidé d’épurer leur expression sonore en se concentrant sur l’essence mélodique de leurs morceaux. Personne ne devrait résister à l’euphorie rythmique 80’s de « Gravy Train » –proche des Friendly Fires– ou à la mélodie ultra-efficace d’« Hundred Years Later » que n’aurait pas renié Foals. Plus accessible que le précédent elpee –le très réussi mais inégal « Fortune », sorti en 2009– l’ambitieusement intitulé « Challenging Nature » (NDR : ‘What we're doing here is challenging nature’ déclare Werner Herzog, une maxime tirée du documentaire Burden of Dreams qui a inspiré le titre de l’album…’) a bénéficié du concours des maîtres de l’entertainment. Tout d’abord Dave One, des joyeux allumés Canadiens de Chromeo ; et ensuite le pape de l’électro rock frenchie, Philippe Zdar, tête pensante de Cassius. Dave One a forcé le groupe à opérer un choix parmi les 20 chansons que le band avait composées afin de ficeler l’album le plus cohérent possible. Et il s’agit d’une véritable réussite ! Une déferlante pop aux mélodies irrésistibles qui constitue un véritable défi lancé aux Américains. 

Ce long playing devrait permettre à Adam Kesher de marcher sur les traces de Phoenix et surtout d’intégrer la très ‘short list’ des groupes français au potentiel international.

 

Watine

Still Grounds for Love

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Derrière Watine musardent Catherine Watine, chanteuse française, et son compagnon de jeu Nicolas Boscovic. Le duo est entré sur la scène rock indie en 2006, en publiant l’album « Dermaphrodite », et a renforcé sa présence par « B-Side Life » en 2009. A peine un an plus tard, ils nous reviennent en nous plongeant dans l’univers organique, cinématographique et très personnel de « Still Grounds for Love ».

Dans le souffle d’un vieux vinyle, l’opus débute par un conte joliment progressif (« The Story of That Girl ») bercé par une ballade pop rock harmonieuse. Si les thèmes abordés semblent féminins (voire féministes), ils relèvent plus d’une philosophie personnelle et universaliste : « Connected Queen » aborde la Femme dans un son doucement expérimental insufflé de cordes qui octroient la même délicatesse que notre Raymondo national, d’autant plus par le xylophone qui conclut le morceau, rejoint par un piano, ouvre « The strings of my fate » dans l’intimité d’une boîte à musique en rythme de valse. Ce sont aussi des éléments tels que la résonance des ivoires ou de sabots sur les pavés qui confirment le monde féérique dans lequel Watine développe son savoir musical. Mais les synthétiseurs –fantomatiques, certes– nous rattrapent (« Trying to »), notamment en mode clavecin électrique sur « Books & Lovers » ; et si l’on replonge ci et là dans le sombre monde de Tim Burton, l’histoire mène toujours à une éclaircie et revient systématiquement à un confortable cocon. La voix étrangement masculine qui chuchote les mélodies dans son monde intimiste pourrait nous faire penser au petit frère de Keren Ann. « Strong Inside » reste dans la mélancolie et souligne l’impression baroque de l’album. Watine ne s’immobilise cependant ni dans le niais ni le contemplatif : leur plénitude est prouvée par l’intelligence compositionnelle de certains titres (le rythme décalé d’« Architect ») et le son brut qu’ils s’approprient très bien également (« Le cours de ma vie »).

Watine dépeint son univers par une electronica organique, à l’aide d’un son parfois analogue à celui exploré par Imogen Heap, dans une profusion d’arrangements réalisés avec maturité.

 

tUnE-yArDs

Whokill

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Un artiste qui parvient à créer son propre univers sonore, dès le premier album, ce n’est pas courant. Et pourtant, en publiant « Bird Brains », en 2009, Merrill Garbus alias tUnE-YaRdS, y était parvenu. Son folk détraqué et ludique semblait, en effet, sortir de nulle part et préludait une suite fort intéressante. Que confirme donc « Whokill », son second opus.

Pour concocter ce nouvel elpee, Garbus a bossé en compagnie du bassiste Nate Brenner, qui a coécrit quelques morceaux ; en outre, il a décidé d’accorder davantage de soin à la mise en forme, tâche qui avait été un peu négligée sur le précédent cd, un peu trop systématiquement lo-fi.

Loops électro, rythmes africains (l’étonnant « Riotriot » et single « Bizness ») et saxo peu orthodoxe alimentent son folk passé à la moulinette qu’elle souligne d’une voix (quasi masculine) libre de toute contrainte.

L’artiste introduit son œuvre par un ‘Lady and Gentlemen, Merrill is performing…’ ; et on peut vraiment parler de réelle performance, tant la Canadienne habite ses compositions. La polyrythmique épileptique de « My Country » répond aux salves bricolo hip-hop de « Gangsta », soutenues par une lointaine sirène. Son potentiel créatif semble inépuisable. Merill Garbus n’accorde aucun répit au mélomane et livre une multitude d’idées sur chaque morceau. En fait, à travers son folk, elle est parvenue à décloisonner les styles. Un peu comme CoCorosie, avant que le duo ne fasse naufrage…

Serions-nous en présence du chaînon manquant entre Joanna Newsom et M.I.A. ? Pour le vérifier, je vous invite à aller découvrir la saine folie de cette nouvelle diva folk, ce 3 juin, à l’AB Club, où elle se produira.

Mike Tramp

Stand Your Ground

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Est-ce par boutade ou par nostalgie que Mike Tramp a choisi de donner à son nouveau groupe le patronyme de Mike Tramp And The Rock’n’Roll Circuz ? Ce ‘cirque rock’n’roll’ dont il est un peu exclu depuis la séparation de White Lion en 1991.

Si Tramp n’a jamais quitté le milieu du rock (NDR : le vocaliste blond a publié quelques long playings en compagnie de Freak Of Nature, cinq elpees solo et a même tenté le retour d’un White Lion au line-up entièrement remanié en 2008), il n’a jamais vraiment renoué avec le succès de « Pride » et « Big Game », les albums multi-platinés du grand ‘Lion Blanc’.

Ce n’est probablement pas en publiant « Stand Your Ground », le second essai discographique du ‘Rock’n’Roll Circuz’ (NDR : un album éponyme est paru en 2009), que le chanteur danois risque de retrouver son nom au sommet des affiches. Car, il faut bien l’avouer : aussi sympathiques que soient les nouvelles compositions de Tramp et de son groupe, elles sont bien loin d’afficher cette classe ‘Vanhalenienne’ dont White Lion avait forgé sa marque de fabrique.

A notre grande déception, MikeTramp s’est un peu éloigné du hard rock de ses débuts musicaux pour adopter une combinaison de rock et de blues, à mi-chemin entre forme acoustique et alternative. Les plages de « Stand Your Ground » évoquent un peu trop souvent la musique des Américains de Soul Asylum, à l’époque de leur hit planétaire « Runaway Train ». Certes, Tramp chante toujours aussi bien, et ses mélodies sont plutôt jolies, mais le tout manque un peu trop d’énergie pour convaincre pleinement l’amateur de rock musclé.

Pour les fans inconditionnels uniquement.

 

L/O/N/G

American Primitive

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L/O/N/G est un projet imaginé par l’électronicien Rupert Huber et le leader des Walkabouts, Chris Eckman. Le tandem a choisi ce patronyme, car la gestation de cet opus a nécessité plusieurs années. Huit en tout. A l’origine, l’Autrichien et le Yankee s’étaient rencontrés dans un chalet, lors de la fête d’un ami. Et ils avaient jammé. De jams en jams, de fichiers échangés en fichiers échangés entre l’Ancien et le Nouveau Continent, l’opus a pris progressivement forme, pour aboutir à cet « American Primitive ». Et, il faut reconnaître que le fruit de cette rencontre entre folk/rock et electronica, est particulièrement réussi.

Très ‘groovy’ et hypnotiques, les deux premières plages, « Shoot your dog » ainsi que le titre maître, sont soulignées par des harmonies vocales glamoureuses, ‘bolanesques’. Encore que le résultat me fait plutôt penser aux expérimentations de Brian Eno, à l’époque de « Before and after science » (NDR : pensez à « Backwater »). Le spectre du légendaire artiste insulaire, plane d’ailleurs tout au long de l’opus. Comme par exemple, sur les titres les plus ambient, même si régulièrement, Chris vient délicatement ciseler les mélodies, à l’aide de sa six cordes acoustiques, en jouant en picking. Ou quand Rupert les balise de ses accords de piano sonore. La face la plus pop du divin chauve illumine également un titre plus pop comme « Shame this darkness », un titre imprimé sur un tempo métronomique. Eckman et Chantal Acda (Sleepindog) partagent un duo vocal sur deux plages atmosphériques, intimistes, « Wrong train comin’ » et « Night fishermen ». « Stockerau » flirte carrément avec la prog presque floydienne, mais dans l’esprit de « Dark side of the moon ». Un instrumental, tout comme « Longitude zéro », qui pulse comme à la belle époque du « How much are they ? » de Holger Czukay, Jaki Liebezeit et Jah Wobble. Et tout ce bel ensemble a été tissé méticuleusement, enrichi d’une multitude de petites touches sonores (organiques ou électroniques), afin d’aboutir à cette œuvre ambitieuse et intemporelle…

Gareth Liddiard

Strange Tourist

Écrit par

Comme l’annonce le titre de son album, « Strange Tourist », l’univers de Gareth Liddiard est en effet bien étrange ; mais pas question d’éventuelle ambiance estivale à l’écoute de son œuvre, tant elle nécessite une certaine dose d’implication de la part de l’auditeur pour y pénétrer. L’Australien, leader du très bon groupe de rock The Drones, élabore en effet de longues divagations folk (entre 7 et 10 minutes en moyenne) portées par des textes ravageurs d’une grande beauté. Le poète aborde des sujets graves comme le terrorisme (sur les 16 minutes de « The Radicalistion of D ») avec beaucoup d’engagement et de sincérité. L’auditeur ressent son interprétation vibrante grâce à sa voix tremblante et nasillarde et à travers son jeu de guitare acoustique, nerveux et inspiré. Un lyrisme intense se dégage de ses brûlots folks intimistes, arides mais grandioses. Sur « Blondin’ Makes An Omelette », Gilliard raconte, par exemple, l’histoire du funambulisme Charles Blondin, qui a traversé les chutes du Niagara au XIXème siècle sur un fil de fer. Un épisode vécu par son apprenti (‘Man, no one / Cared for him at all / Until he crossed Niagara Falls / So you'd all feel / A little lower down the scale’). L’auditeur ne sort pas indemne de son voyage dans les méandres d’une musique honnête mais maladivement contagieuse.

Un nouveau trésor découvert au sein des bushes australiens.

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