Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

Dorian Concept

Her Tears Taste Like Pears (Ep)

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Dorian Concept est passé maître dans l’art de mêler jazz et électro au cœur d’un univers sonore insolite. Compositeur et pianiste, ce musicien tripatouille, en outre, ses synthés avec une aisance impressionnante. Véritable régal, « Her Tears taste Like Pears » est particulièrement marqué par sa tendance ‘clubbing’, un titre qui devrait très facilement animer les soirées branchées consacrées à la musique électronique non-agressive. Un bémol, ce son de cloche plutôt irritant sur la durée, lors du deuxième morceau : « My Face Needs Food ».

DeVotchKa

100 Lovers

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DeVotchKa est probablement un des joyaux les mieux cachés de l’Arizona. Et pour cause, malgré un relatif anonymat, au sein duquel le groupe était tombé après avoir acquis un succès éphémère en composant la BO du film attachant ‘Little Miss Sunshine’, réalisé par Valerie Faris et Jonathan Dayton, la formation continue de publier d’excellents albums. Un long métrage qui leur avait d’ailleurs valu un Grammy Awards.

« 100 Lovers » constitue déjà le cinquième opus des Américains. Au menu : rock lyrique influencé tant par la musique de l’Est, mexicaine (« Ruthless », « Bad Luck Heels » et « Contrabanda ») que moyenne-orientale (« The Common Good »). Pourtant, DeVotchKa ne se contente pas de piller le folklore mondial, mais simplement de lui donner une autre dimension. Pas étonnant de retrouver, dès lors, le producteur de Calexico, Craig Schumacher, aux manettes ! Le combo de Tucson est d’ailleurs également venu donner un petit coup de main, lors des sessions d’enregistrement. Mais également Mauro Refosco, un percussionniste qui bosse régulièrement pour Thom Yorke et David Byrne. Et en particulier sur l’instrumental « Sunshine » et le bouleversant « The Alley », deux plages au cours desquelles ses interventions apportent un véritable vent de fraîcheur. Pourtant, le climat de l’elpee s’avère moins world que sur les précédents long playings, mais aussi plus tourmenté. Plus riche aussi. A cause des arrangements luxuriants (violons, violoncelles, trompettes, saxo, chœurs, accordéon, synthés, guitares mariachi, …) Nous entraînant au cœur d’un paysage cinématographique de toute beauté, « The Man From San Sebastian » est balayé par une nuée de cordes, envolées empreintes de mélancolie sur lesquelles vient se poser le timbre unique et gémissant d’Urata.

Œuvre dont le tracklisting est particulièrement équilibré, « 100 Lovers » est excellent d’un bout à l’autre. Un retour gagnant, après le légèrement décevant « A Mad & Faithfull Telling ». Manquait plus qu’un single euphorisant et le tout était parfait… 

Stéphanie Crayencour

La garçonnière

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Une nouvelle mode depuis peu ? Il semble de bon ton chez les spécialistes du grand ou du petit écran de pousser la chanson(nette) chez nous ou chez nos voisins francophones. Stéphanie ne déroge pas à la règle qu’ont suivie avant elle les Judith Godrèche, Sandrine Kiberlain, Marion Cotillard et enfin tout récemment Mélanie Laurent. Nouvelle mode ? Que nenni ! Rappelons tout de même qu’elle avait été (re)lancée il y a plus de trente ans par la plus française des Anglaises (ou serait-ce le contraire ?), Jane Birkin. Ne remontons pas plus loin, personne ou presque ne se souvient des Colette Renard ou Jeanne Moreau (NDLR : elle vient quand même de recommencer l’aventure en compagnie de Daho), par exemple.

Dernière en date à tenter la combinaison de ses deux passions, notre petite Bruxelloise de 24 ans, fraîche et naturelle à souhait, tente une première percée en 2009 en publiant « Juste pour voir » interprétée en duo avec Suarez. Mais c’est « La fille qui sourit de chagrin », recueillant un très joli succès sur nos ondes, qui décroche la timbale. Un coup dans le mille pour l’actrice à qui Eric Rhomer avait confié le rôle principal de sa dernière réalisation…

Depuis quelques années, entre deux tournages, Stéphanie gravite dans le milieu musical. Exilée à Paris (afin de s’y faire un nom), elle écrit même quelques chansons à l’aide d’un pote parisien et va jusqu’à fredonner ses mélodies sur scène en première partie de Saule, Suarez ou Coralie Clément.

Et c’est tout naturellement que Baptiste Lalieu, alias Saule, séduit par ce petit bout de femme se propose de lui écrire son premier album. La mise en boîte sera réalisée grâce à la collaboration de quelques amis. Amis parmi lesquels figurent Pata et Maximin, respectivement batteur et bassiste de Suarez et Jérôme Hierneux, guitariste au sein des Pleureurs, le groupe de Saule.

Le résultat de ces différentes collaborations est tout simplement génial. Saule a visiblement donné le meilleur de lui-même pour offrir à cette jolie espiègle une douzaine de chansons de la meilleure veine. Les textes correspondent parfaitement à ce que peut vivre une jeune femme en recherche ou en perte d’amour. Le couple, tous les moments de la vie d’un couple, le bonheur parfait et ses relations ensoleillées mais aussi ses difficultés lors des relations ombrageuses, voire orageuses sont le fond de commerce de notre actrice/chanteuse.

Ce qui fait la différence avec les chanteuses gnan-gnan qui squattent les ondes de nos voisins d’outre-Quiévrain ? C’est la qualité des textes proposés par Saule. Il utilise les mots justes, sans jamais tomber dans le voyeurisme, la vulgarité ou le style ‘pleurnichard’. Cerise sur le gâteau, l’humour est toujours bien présent même s’il est distillé à doses homéopathique par ci, par-là. Du grand art !

Dès la première plage, Stéphanie nous emmène du côté de chez Françoise Hardy. Pas celle d’aujourd’hui, celle d’il y a quarante ans. Tout y est, la mélodie, la voix, le rythme. « Pleure-moi, j’adore, j’adore, j’adore,… »

Moi aussi, j’adore. « Bye bye » qui lui succède redonnerait du ‘peps’, de l’envie à un suicidaire. Les cordes subliment ce morceau d’un optimisme rayonnant. La suite est du même tonneau. La bonne humeur règne et dégouline tout au long de cet album qui consacrera sans nul doute une nouvelle icône de la chanson française ‘made in Belgium’. Et elle sait tout faire cette petite ingénue. Tendez donc l’oreille vers « Grand méchant lou », « Sugar, sugar » pour être totalement convaincu de son potentiel. Ajoutons également deux splendides duos partagés en compagnie de Saule (of course) : « Rhododendron » et l’excellentissime « Depuis que t’es parti ».

Et on n’oubliera pas pour autant « Kids », splendide ballade folk à la Cocoon, interprétée en duo également mais impliquant Sacha Toorop cette fois.

Rien à ajouter. Le premier effort réalisé de concert avec Saule et quelques complices belges est un véritable petit bijou de musicalité, d’humour, de tendresse.

Vous avez bien 15€ qui traînent dans vos poches, non ? Vous ne les regretterez pas ! Allez quoi, un effort !

A ne rater sous aucun prétexte aux Nuits Botanique le 13 mai ou aux Francofolies de Spa le 23 juillet.

Vive la new wave (nouvelle mode pour les ignares) ! Et une victoire, une !!! Si elle ne l’a pas, c’est qu’on l’aura refilé à Jenifer ou une autre gagnante de la Starac (Ah ah ah) !

Dennis Coffey

Dennis Coffey

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Le légendaire guitariste funk Dennis Coffey est de retour. Figure immense des Funk Brothers, le backing band de la Motown, on lui doit des riffs endiablés sous toutes les formes. De son immortel « Scorpio » (maintes fois samplé) en passant par ses multiples collaborations musicales avec des artistes tels que Funkadelic ou encore The Temptations, l’Américain originaire de Détroit est devenu le premier blanc à participer à la mythique émission télévisée « Soul Train ». De son style de jeu, on retiendra surtout un côté brut et des sonorités heavy qu’il injectait dans des compositions soul et R&B.

Toujours au taquet, le label Strut est fier de pondre la dernière galette studio de Coffey. Et autant être franc, à 71 piges, Dennis Coffey a toujours une pêche de dingue. Album de collaborations, on retrouve après le groovy « 7th Galaxy » des vocalistes tels que Fanny Franklin pour le remuant « Don’t Knock My Love ». Sans exagérer sur ses cordes, Coffey brûle sa Gibson au fur et à mesure que les tracks progressent. C’est également le cas sur la pépite « Somebody’s Been Sleeping » où les cuivres bouillants se fondent à la voix impeccable de Lisa Kekaula de la formation de The Bellrays. Enfin, imprévisible, le guitariste partage un duo avec l’Ecossais Paolo Nutini. Un titre entre rock et blues sauvage. Un morceau finalement évocateur du jeu de guitare souvent distordu, mais excellent de Sir Coffey. Une bombe funk à ne manquer sous aucun prétexte ! 

 

Wilde Starr

Arrival

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Personnellement, je n’attendais rien de cet album. Et au final, il se révèle une véritable tuerie. Comme quoi, il faut se méfier des premières impressions. Il faut dire à ma décharge qu’à première vue, Wilde Starr semble se complaire dans l’accumulation de ces ‘clichés’ que les extérieurs à notre confrérie métallique n’hésitent pas à qualifier de ringards : un patronyme ronflant signifiant ‘Etoile Sauvage’ orthographié bizarrement de manière à être original, une pochette illustrée par un glaive orné d’une tête de démon sur une toile de fond lézardée d’éclairs et un couple de musiciens qui n’ont pas vraiment l’air de perdreaux de l’année.

Après avoir jeté un coup d’œil à la bio, mon avis avait déjà changé. Mais après avoir écouté « Arrival », une conclusion s’est imposée : cette formation n’était pas aussi insipide qu’annoncé et son metal pas aussi stéréotypé que ne le laissait supposer l’artwork de son CD. 

En premier lieu, ‘Wilde Starr’ ne signifie pas du tout ‘étoile sauvage’. Il s’agit simplement de l’association des noms de famille des deux instigateurs du projet : Dave Starr et London Wilde. Et, si le duo n’a pas l’air tout jeune, c’est qu’il a derrière lui un sérieux bagage métallique. Dave Starr est un vétéran de la scène heavy américaine. Il était le bassiste du combo trash métal Lääz Rockit avant de rejoindre Vicious Rumours en 1985. Il apparait sur quatre disques studio du célèbre combo mené par Geoff Thorpe et notamment sur le classique « Digital Dictator » de 1988. Le quatre-cordiste offre ensuite ses services au légendaire guitar-hero David T. Chastain en compagnie duquel il enregistre « In An Outrage », en 2003. C’est d’ailleurs à l’occasion de cet enregistrement que Dave s’acoquine avec la blonde London Wilde. Cette dernière est ingénieur du son et travaille à l’époque sur la plaque de Chastain (NDR : un job qu’elle exerce depuis 1994, outre ses activités de chanteuse et de claviériste de studio).

Wilde et Starr se découvrent une passion commune pour la musique de Judas Priest. Ils formulent rapidement l’idée de monter un projet commun. Une première démo intitulée « Generation Next » est mise en ligne en 2007. En plus des ses habituelles parties de basse, Dave s’empare  la six cordes pour la première fois de sa carrière. D’anciens collègues guitaristes, comme David T. Chastain et Vinnie Moore (UFO, ex-Vicious Rumours), lui reconnaissent d’ailleurs un certain talent de gratteur. London, qui avoue considérer Rob Halford (Judas Priest), Geoff Tate (Queensrÿche) et Ronnie James Dio comme la Sainte Trinité, se charge des vocaux et des claviers. En 2008, le duo s’adjoint les services de Jim Hawthorne, un requin de studio, pour tenir les fûts et les baguettes sur son premier opus.

Bien qu’il ne nous soit parvenu qu’aujourd’hui, « Arrival » est sorti sur le marché depuis le mois d’Août 2009. Malgré toutes ses qualités, l’opus n’a manifestement pas reçu tout le soutien qu’il aurait mérité. Dave et London continuent cependant à croire en leur bébé et tentent aujourd’hui d’en relancer la promotion. Et c’est tant mieux, car, voyez-vous, « Arrival » ce n’est pas moins de 54 minutes de bonheur pour l’amateur de métal classique et de power métal à l’américaine.

Le métal de Wilde Starr, à l’instar de celui des eighties, ne s’encombre pas de démesure technique. Les riffs sont simples et accrocheurs. Les parties lead sont bien ficelées, sans être trop démonstratives. Le son de la six cordes ressemble à s’y méprendre à celui de Chastain. London Wilde utilise ses claviers d’une manière ‘cinématographique’, préférant créer des ambiances plutôt que de se lancer dans d’inutiles parties lead. Mais c’est surtout au niveau du chant que la dame force le respect. Car la belle n’hésite pas à se battre à armes égales avec les ténors du métal classique. Son timbre de voix rappelle étrangement le très regretté Midnight (Crimson Glory), mais aussi un peu Ray Adler (Fates Warning) et Geoff Tate. Sur « Rise », ses vocalises suraigües rivalisent même de puissance avec celles du dieu Halford.

Si vous aimez Chastain, Crimson Glory, Judas Priest, Queensrÿche, Vicious Rumours et le métal classieux de la seconde moitié des eighties, il n’est pas encore trop tard pour donner une seconde chance à « Arrival ».

Julia Stone

The Memory Machine

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Album très réussi que ce « The Memory Machine », premier essai en solo de Julia Stone. D’abord, il y a la très belle illustration reproduite sur la pochette qui rend hommage aux films d’épouvante des années 50. Puis la voix de Julia, vraiment craquante. Et enfin l’instrumentation à la fois classe, minimaliste, discrète mais terriblement efficace. Jusqu’à présent, son succès, elle l’avait surtout récolté en compagnie de son frère, Angus, au sein de leur duo. L’Australienne a donc décidé aujourd’hui de franchir le cap de l’effort en solitaire.

« The Memory Machine » regorge de petites pépites pop-folk qui devraient envahir les ondes radiophoniques, au cours des prochains mois. A l’instar de l’irrésistible ballade « Winter On the Weekend » ou du single très printanier « Catastrophe ! », caractérisé par les interventions de trompettes séduisantes presque aguicheuses. Malgré une certaine uniformité dans le ton, ses compos se révèlent particulièrement riches, des chansons au cours desquelles elle parvient à trouver un parfait équilibre entre la douceur de l’instrumentation (guitares acoustiques, ukulélé, piano), climat rétro et lyrics plus sombres (« What’s Wrong With Me ? »).

Et si cette ‘machine mémorielle’ était la traduction de souvenirs d’une enfance bercée par la musique ?

Julia Stone et sont frère Angus se produiront en concert le 2 mai au Cirque Royal de Bruxelles…

 

Sade

The Ultimate Collection

Écrit par

La dernière compile consacrée à Sade remonte à 1994. Depuis, Helen Folasade Adu a quand même publié deux albums, dont le dernier « Soldier of love », l’an dernier. Un disque de toute bonne facture, même s’il ne recelait pas de tube en puissance. « The Ultimate Collection » épingle donc toutes les chansons qui ont marqué la carrière de la Britannico-nigériane. Dont les inévitables « Your love is king », « Smooth operator », « The sweetest taboo » ou encore « Hang on to your love ».

Le plus intéressant procède de la présence de deux chansons inédites. Soit l’électro-orientaliste « Love is Found » (Natacha Atlas ?) ainsi que le langoureux et minimaliste « I Would Never Have Guessed »). Mais aussi un remix de « Your side » opéré par The Neptunes et un autre de « The Moon And The Sky », pour laquelle elle a reçu le concours du rappeur Jay-Z. Sans oublier la cover romantique du « Still in love with you » de Thin Lizzy (NDR: qui a dit un slow crapuleux?)

The Phoenix Foundation

Buffalo

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The Phoenix Foundation, c’est l’histoire de trois gamins de Wellington qui ont passé leur adolescence à s’envoyer du Sepultura et autres Slayer dans les oreilles avant de décider de s’armer eux-mêmes de guitares et d’écrire leurs propres chansons. En 2000, ils publient un premier Ep qui fait fi de toutes leurs influences et révèle leur amour pour les mélopées psyché-pop. S’ensuit dix années durant lesquelles le trio règne sur les ondes néo-zélandaises et australiennes. Une décennie également marquée par un changement au sein du line-up de la formation qui passe sans transition de trio à sextet. Ce n’est qu’en 2007, après la sortie de la bande son de l’excellent film indépendant « Shark Vs Eagle », pour lequel The Phoenix Foundation a enregistré sept morceaux, que « Horsepower », le premier ouvrage de la formation, trouve le chemin des bacs ricains. Soit quatre ans après sa date de sortie originelle.

En 2010, The Phoenix Foundation s’acoquine avec Memphis Industries et délivrent « Buffalo », le disque qui les révèle enfin au reste du monde. Et à juste titre, car ces gars-là s’y connaissent en matière de pop multicouches. « Eventually » ouvre le bal, façon ‘Shins’, avant de laisser place à des titres Folk Pop aux mélodies pastorales et vivaces qui évoquent parfois Super Furry Animals ou les Stone Roses (l'excellent "Pot"). « Buffalo » a été publié l’hiver dernier mais c’est ce printemps qu’il prend tout son sens et toute sa saveur.

Live : dans le cadre du festival Boomtown (Gand) le 19 juillet.

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