Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Astrolites

Play For Keeps

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Selon une étude réalisée sur un sujet mâle caucasien quarantenaire, « Play For Keeps », la nouvelle pastille argentée issue des laboratoires Astrolites pourrait révolutionner le monde de la médecine. Utilisée à des fins thérapeutiques, elle pourrait, en effet, réduire le stress et combattre l’anxiété.

Résumé du déroulement de l’étude :

Le sujet (NDR : que par respect du secret médical nous désignerons par les initiales ‘MS’), est placé dans une situation de stress intense : un embouteillage de rentrée, direction la capitale. Deux heures d’anxiété, coincé entre une blonde se poudrant le nez face au rétroviseur d’une Golf couleur vert caca d’oie, au lieu d’avancer en même temps que les autres, et un poids-lourd aussi nauséabond qu’imposant. Le genre de situation qui d’ordinaire cause chez MS une forte irritation, une poussée d’urticaire, un retour du psoriasis, une furieuse envie d’écraser le klaxon et une propension déraisonnable à inviter ses voisins de file à ‘aller se faire titiller le fondement par un partenaire du même sexe’.

En lieu et place des habituelles ‘info-trafic’ et autres ‘nouvelles de notre Belgique en voie de scission’, il a été demandé au sujet d’insérer dans son lecteur Cd le nouvel album d’Astrolites.

L’effet est immédiat. Le sujet se détend, essuie le filet de bave ruisselante du bord de ses lèvres, troque le rictus satanique qui déformait son visage mal rasé pour un sourire sympathique et jovial. Le broyage du klaxon est délaissé au profit d’un léger tapotement du volant. Quant à l’habituel ‘Va te faire enc… ‘ il est remplacé par un joli ‘ouap dou ouap’. Le calme et la sérénité sont revenus. MS se surprend même à laisser le passage à un chauffard, le plaignant au passage de ne pas bénéficier de l’efficace traitement musical des Astrolites.  Seule pointe de stress, à la fin du treizième titre, entre la dernière note de « Nothing Last Forever » et le moment où il faut ré-appuyer sur la touche ‘play’ du lecteur pour reprendre une seconde dose du traitement

Astrolites n’est pas un laboratoire pharmaceutique. C’est un trio suédois pratiquant le ‘High-Speed Rockabilly’. Un style musical dont il se targue de détenir le brevet et aurait pour ingrédients (si l’on en croit la notice) une bonne dose de rockabilly, de swing, de be-bop, de surf rock et même quelques milligrammes de punk. Le sujet de l’étude, quant à lui, y a reconnu l’euphorisant rockabilly des Stray Cats (« Rock n Roll Star », « Don’t be shy »), le rock’n’roll classieux du King (« Chop Top », les guitares lead cinglantes de Chuck Berry (« I’m Coming Home », « Here I Am »), le rock’n’roll décapant de Buddy Holly (« Devil Woman », « Go Rebel Go »), le surf rock instrumental des Shadows (« Astrolito », « Camtwister ») et le punk rock fédérateur des Clash (« Smiley »). 

Conclusions

Malgré un retard plus qu’important, MS est arrivé au boulot le sourire aux lèvres. Aux reproches de son employeur, il s’est contenté de répondre : ‘ouap dou ouap’

Si les résultats de l’étude sont confirmés, les Astrolites pourraient être élevés au rang de bienfaiteurs de l’humanité. L’achat de « Play For Keeps » serait même remboursé par la sécurité sociale !

 

A Certain Ratio

Mind made up

Écrit par

Plus de six mois après sa réédition (l'album est paru en 2009), l'album qui fête trente années de carrière de ce groupe culte squatte toujours ma platine. Loin d'être une réunion sous le signe du Saint pétrodollar, « Mind made up » souligne –si c’était encore nécessaire– la grâce et l'élégance de ce combo, compagnon d'écurie de Joy Division ou autre Durutti Column, en d'autres temps.

L'industrie du disque ne manquant pas d'exemples d'échecs dans le genre (fussent-ils parés des meilleures intentions), grandes étaient les chances de les voir se vautrer lamentablement après onze années de silence. Mais la force d’A Certain Ratio procède de sa ligne de conduite irréprochable et de son style reconnaissable entre tous. Dès lors, sans élément sonore novateur, l'album prouve qu'avec de bonnes idées, jumelées à une bonne dose de talent, on peut toujours être pertinent après plus de trois décennies.

Si le terrain est balisé, les directions empruntées sont quant à elles audacieuses. A l'aise dans tous les registres brassés, ACR relève le défi brillamment. Funk blanc aux résonances Jazz ou Punk métissé aux couleurs Pop, la musique de ces pionniers mancuniens n'a rien perdu de son efficacité, ni pris la moindre ride. Agrémentés d'une ou plusieurs voix d'ébène sur quelques titres, les douze chansons de cet opus (NDR : treize si on compte un remix d’une des compos de ce cd) démontrent à qui veut l'entendre que maturité et Rock & Roll peuvent accorder leurs violons.

La fin des années 70 et le début des années 80 ont connu une explosion musicale qui irradie encore de nos jours, et son aura n'a pas fini de s'étendre.

 

Frank Zappa

The torture never stops (Dvd)

Écrit par

Frank Zappa est décédé en 1993, des suites d’un cancer. Il avait 53 ans. De son vivant, il a publié 57 albums. En 27 années de carrière, excusez du peu ! Une carrière au cours de laquelle il a goûté un peu à tous les styles. Et surtout expérimenté. Si Stravinsky, Boulez, Satie ou Mozart étaient des maîtres pour le natif de Baltimore, Frank est considéré comme une référence incontournable pour une foule d’artistes issus de la scène musicale contemporaine. Rock, pop, prog, métal, funk, psychédélique, jazz rock et j’en passe. Son toucher de guitare unique en son genre et son sens de l’autodérision lui ont conféré un statut d’artiste à la fois hyperdoué et iconoclaste.

Ce Dvd immortalise un concert accordé au Palladium de New York en 1981, pour fêter Halloween. Un rituel pour Zappa, puisqu’il s’était déjà produit à 4 reprises auparavant, dans cette enceinte. Sur les planches, Frank Zappa est vêtu d’une combinaison rose. Il est soutenu par des instrumentistes triés sur le volet : les guitaristes Steve Vai et Ray White, le claviériste Tommy Mars, le bassiste Scott Thunes, le drummer Chad Wackerman, le percussionniste Ed Mann et le claviériste/saxophoniste Bobby Martin. Si la plupart des collaborateurs participent aux backing vocaux, Steve et Scott s’investissent davantage au chant, et se réservent même le lead vocal sur l’une ou l’autre compo. Outre sa six cordes et sa voix ténébreuse, mais bien timbrée, Zappa mène tout son équipe à la baguette, mais de chef d’orchestre… Les 24 titres sélectionnés sur ce Dvd sont, pour la plupart, issus de « You are what you is » (1981), « Tinseltown rebellion » (1981), « Sheik Yerbouti » (1979) et « Zoot allures » (1976).

Contrairement aux idées reçues, sa musique est loin de provoquer la prise de tête. Elle est même très agréable à écouter. Le sens mélodique est très soigné, la performance des musiciens impressionnante et les images rendent parfaitement l’atmosphère du set. Au cours duquel il s’autorise même quelques incursions dans le cabaret, le reggae, le tango et même le hip hop (« Bamboozled by love »). Sans oublier de nous balancer un pastiche du « Money » du Floyd. Le tout est saupoudré par l’humour au second degré manifesté par Zappa. Enfin, petite impression personnelle, mais les compos les plus prog et éthérés, me font parfois penser à Todd Rungren. Plus de deux heures de bon temps, puisque le Dvd est enrichi de deux titres supplémentaires ainsi que du clip délirant de "You Are What You Is".

 

Various Artists

The Roots of Chicha 2 – Psychedelic cumbias from Peru

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Gringo? La chicha n'est pas exclusivement liée aux substances psychotropes auxquelles tu penses. Non, gringo, la Chicha est une culture (et pas seulement d'herbes!). La chicha est à la culture sud-américaine ce que Magritte et Jacques Brel sont à la culture belge. Soit un patrimoine. Tirant son nom du film « La Chichera » (1965), le style ainsi né se décline en trois mouvements distincts, fièrement représentés ici.

Regroupant dans cette deuxième compilation le meilleur du cru sorti entre 1968 et 1981 sur de petits labels locaux, « Roots of Chicha 2 » s'applique à encenser ces artistes méconnus de ce côté du Pacifique. Et de rappeler que les influences rock, latino et tropicales étaient susceptibles de se lier à toutes les sauces en ces temps de libertés artistiques.

Si Cumbia, Criollo et Climbias te semblent des termes flous (¡Hey, hombre, no hay problema! ¡Para mi también!), nul besoin de potasser ton lexique, il suffit de se laisser bercer au son des cariocas.

Bien sûr, certains noms ne te seront pas totalement inconnus, et certaines chansons font immanquablement partie de l'inconscient collectif (« El diablo » de Compay Qinto à siroter après avoir ajouté du sucre et du lait). Parfois psychédéliques, souvent chaloupées, ces compos parcourent un pan de l'histoire des genres et des codes en vigueur dans la musique de ces descendants aztèques.

Mais ce voyage dans le temps et l'espace ravivera certainement le chico qui est en toi.

 

Super 300 Blues Band

I'd rather drink muddy water

Écrit par

Malgré son patronyme fort curieux, le Super 300 est un groupe local yankee qui tient la route. Comme il en existe une multitude aux States. Un quartet réunissant d’excellents musiciens, même si ce ne sont pas des premiers rôles sur leur instrument. Apparemment, le leader s’appelle Jerry Feldman ; c’est aussi le guitariste. Il a d’ailleurs a écrit 7 des onze plages de l'album. Le chanteur/harmoniciste Brad Radis est l'autre personnalité du band. En fait, il y a déjà quarante ans qu'il côtoie Feldman. Ensemble, ils ont soutenu des artistes comme Shakey Jake Harris, Jimmy Witherspoon et Jimmy Reed. Le line up est complété par le bassiste Allan Hearn et le drummer Jim Snodgrass. Ce combo est drivé par les deux leaders depuis 18 ans. En 2005, la formation avait publié un premier opus, intitulé "West Coast boogie".

Nous sommes en Californie. Et on s’en rend compte dès les premières mesures d’"I'm not wild about that". Nous sommes même plongés dans le west coast jump. Feldman est un guitariste très versatile. Son compère Brad souffle puissamment dans son modeste instrument. "Five two blues" est bercé de swing. A cause de la présence de Mr Paul Tuvman, invité au piano. L'intro d’"I'd rather drink muddy water", une compo qui figure au répertoire de BB King, ne libère que les notes nécessaires, mais elles sont chargées d’une extrême sensibilité. Faut dire que Jerry est un sixcordiste au jeu subtil, susceptible de se frotter au jazz. La voix de Brad est un peu rugueuse, âpre, et ne colle pas toujours à tous les styles ; par contre, son intervention sur l'instrument chromatique est pertinente. De bonne facture, "Boogie woogie feelin" est une plage dont le tempo est imprimé par le drummer, Jim Snodgrass. Le "Lollipop mama" de Roy Brown s’attarde dans le jump, un morceau au cours duquel les cordes de Feldman s’intègrent à la perfection (NDR : Roy Brown était un chanteur de R&B issu de la Nouvelle Orléans ; il était aussi notoire dans l’univers du jump blues!) La lecture du "T-Bone shuffle" de T-Bone Walker poursuit dans le même style. Super 300 souffre cependant de l’absence d’un vocaliste performant. Radis n'est pas un chanteur médiocre, mais il n’a guère de charisme. Lors de la reprise du "Two-headed woman" de Willie Dixon, la section rythmique  sur lequel la section rythmique manque de caractère. A contrario des deux solistes qui tirent parfaitement leur épingle du jeu. Un instrumental : "West Coast '51". Et l’elpee s’achève, à nouveau dans le jump, lors d’un "Just right of center", caractérisé par la réplique de tous les musiciens et au cours duquel on retrouve Tuvman.

 

Solar Bears

She was coloured in

Écrit par

Dans le catalogue 2010 de petites découvertes sympathiques, mentionnons encore cet album au contenu synthétique. Boules à facettes et electronica tendance rétro en sont les ingrédients majeurs. Immanquablement, on songe parfois à Boards of Canada ; et notamment sur le morceau « Cub », caractérisé par ses arpèges de guitares noyés dans une nostalgie sépia digne d'une vielle carte postale. Mais il y a ce petit côté French touch qui fait mouche par à coups, et d'autres influences plus subtiles qui parsèment ce premier album venu d'Irlande. Disco par-ci, pop par-là, ça groove au ralenti, sous les stroboscopes de Dublin et Wicklow.

Manquant peut-être d'homogénéité pour satisfaire pleinement, ce patchwork coloré offre tout de même d'agréables incursions dans différents registres, avec il est vrai un certain penchant pour le début des années quatre-vingt. Des sonorités datées et de vielles ficelles savamment tirées. Bref, rien de bien neuf ni d'original chez ces ours solaires, mais suffisamment de savoir-faire que pour avoir d'emblée été repérés par le label Planet Mu, rarement pris en défaut. Un disque qui prouve si besoin était que guitares et vocodeur peuvent faire bon ménage.

 

Strangeways

Perfect World

Écrit par

Les reformations d’Unruly Child et de Strangeways étaient les plus attendues de la fin 2010, sur le catalogue Frontiers. Premier groupe du chanteur Terry Brock, le légendaire Strangeways est toujours considéré, plus de vingt ans après avoir publié un « Native Sons » d’anthologie, comme l’un des fleurons du hard fm britannique. Plutôt discret ces dernières années, Brock a vu sa carrière prendre un nouvel envol lors de la sortie, il y a six mois, du nouvel opus  très convaincant de Giant, autre carrure du AOR. Il y a peu, le vocaliste remettait le couvert et comblait les amateurs du genre en publiant son deuxième album solo, « Diamond Blue », florilège de titres accrocheurs à haute teneur mélodique. Autant dire que le tant attendu nouvel elpee de Strangeways s’annonçait sous les meilleurs auspices après cet avant-goût sans faute et plutôt bien burné pour du fm rock. « Perfect World » n’arrive malheureusement pas à la cheville de ce scintillant ‘diamant bleu’, et encore moins à celle de l’indétrônable « Native Sons ».

Malgré la présence de trois membres de la formation d’origine (Ian Stewart, Jim Drummond et Terry Brock), cette nouvelle livraison ne parvient jamais à décoller, à l’exception d’une quatrième plage salvatrice, le très beau « Time », qui sauve le combo d’un naufrage quasi total. Desservie par une production catastrophique, cette succession de ballades insipides s’apparente davantage à un excellent remède contre les insomnies plutôt qu’à un bon album de rock, même mélodique. Les artistes sont pourtant doués, réputés pour leur perfectionnisme et leur amour du travail bien fait. Aucun fan ne s’attendait à si piètre résultat. Le mot déception n’est pas trop fort pour décrire le sentiment qu’on éprouve à l’issue de l’écoute de la plaque dont on espère qu’elle ne sera qu’une parenthèse dans la carrière d’un Strangeways aujourd’hui largué à des encablures de ses années dorées. Unruly Child n’aura, à juste titre, aucune peine à s’imposer dans la catégorie ‘meilleure reformation AOR de l’année’.

 

Regina Spektor

Live In London

Écrit par

Depuis la publication de son quatrième LP (NDR : premier au sein d’une major), « Begin To Hope », en 2006, Regina Spektor s’est imposée comme une figure particulièrement respectée de la scène indie pop féminine. A l’heure où Fiona Apple est aux abonnées absentes et Tori Amos concocte le même disque trois fois de suite, la New-yorkaise d’origine russe arrive au bon moment. Quatre ans et quelques millions de disques écoulés plus tard, la poétesse propose son premier disque enregistré en public. Accompagné d’un Dvd retraçant une version imagée de l’œuvre sonore, « Live in London » a été immortalisé le 4 décembre 2009 à l’HMV Hammersith Apollo, au cœur de la capitale britannique, et retrace un large pan du parcours de la jeune femme. Une sorte de best-of ‘live’ que la charismatique chanteuse envoie tout sourire et parfois avec une pointe de second degré aux auditeurs/téléspectateurs.

Le Dvd s’ouvre sur une reprise culottée de l’intro du « November Rain » des Guns’n’Roses avant de suivre plus ou moins la même trajectoire que le Cd. Spektor virevolte majestueusement de ses tubes (« On The Radio », « Laughing With », « Dance Anthem Of The 80’s », sans oublier « Us ») à quelque uns de ses meilleurs morceaux (« Après Moi », « Man Of A Thousand Faces », « Ode To Divorce », « Hotel Song », « Samson ») en passant par deux ou trois inédits. Le tout bonifié par la présence d’un petit orchestre à cordes. Circonstanciellement, une guitare opère une rapide incursion (« That Time », « Bobbing For Apples ») mais la voix de Regina Spektor n’est jamais mieux mise en valeur que lorsqu’elle s’exprime derrière son instrument de prédilection, le piano. « Live In London » se destine autant aux fans qu’à ceux qui désirent découvrir un joli panorama de la carrière de la demoiselle.

 

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