L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Chroniques

Danuel Tate

Mexican Hotbox

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Claviériste au sein de Cobblestone Jazz, le Canadien Danuel Tate a de l’or dans les mains. Très jeune, il apprend le piano et se convertit au jazz. Son premier opus, « Mexican Hotbox », suscite néanmoins des interrogations. Tate aurait-il délaissé ses élans jazzyfiants pour embrasser l’électro mexicaine dans l’esprit d’un Instituto Mexicano Del Sonido ? En observant l’image de la pochette, on aurait pu le craindre. Mais après avoir écouté cet opus, il s’avère que Danuel a tout simplement teinté son jazz de quelques touches latines. Et puis, il communique à son groove, en se servant de beats house, une profondeur réellement fascinante.

« Mexican Hotbox » ouvre le bal. Un vocodeur spatial pénètre dans l’univers sonore deep house teinté d’une multitude de couleurs. Le ton est donné. Intense et minimaliste « Careful Mind » lorgne manifestement vers Metro Area. Bourré de swing, « OK Then » est une petite merveille. A cause de ce clavier Rhodes perché très haut au-dessus de beats jazzy aux BPM transcendants.

Danuel est un excellent jazzman. Mais il semble tout aussi doué lorsqu’il se frotte à l’électronique.

 

Bruce Springsteen

The promise - The lost sessions : Darkness on the Edge of Town

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Comme son sous-titre le précise, cette œuvre réunit des titres qui avaient été éliminés de l’album “Darkness on the Edge of Town”, publié en 1978. Dont « Fire », popularisé par Robert Gordon. Et surtout le célèbre « Because the night » que le boss avait écrit en compagnie de Patti Smith, en 1978. Une compo traduite, à l’époque, en hymne rock, par la Chicagolaise.  La compile recèle, en outre, des versions différentes de morceaux, qui figuraient sur l’édition originale. La plupart d’entre eux avaient cependant déjà été retenus pour différentes compiles, dont le triple elpee « Live 1975-1985 » ; mais il en restait encore. De quoi ficeler ce double opus, en attendant une suite à « Workin on a dream », dont la sortie remonte à janvier 2009.

Je ne vais pas vous décortiquer toutes les compos qui figurent sur cette double plaque. Simplement vous préciser qu’elles avaient été enregistrées en compagnie du E Street Band. Et puis qu’à cette époque, le boss était en bisbille avec son ex-manager, un conflit qui va même se muer en conflit juridique. Ce qui explique le ton ténébreux et austère de la plupart des chansons, même si la seconde plaque se révèle un peu plus allègre. N’empêche le résultat est tout à fait convainquant et échappe à la catégorie des compiles de type ‘Fonds de tiroirs’…

 

Solefald

Norrøn livskunst

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L’actualité musicale plus que consistante de la fin d’année 2010 a bien failli me/nous faire passer à côté de cette perle. Amateur de musique ‘à l’ancienne’ votre serviteur a tendance à vouloir privilégier l’écoute (et la chronique) d’albums reçus en format Cd. Indie Recordings a choisi la voie du ‘digipromo’ (NDR : des albums digitaux envoyés aux chroniqueurs en version mp3) pour la promotion et, par conséquent, voit la plupart de ses productions passer à la trappe dans nos colonnes. Dommage puisque le label norvégien ne signe généralement que des groupes de qualité.

J’avais adoré les deux premiers opus de Solefald (« The Linear Scaffold » paru en 1997 et « Neonism » en 1999). Je me suis donc quand même décidé à jeter une oreille sur « Norrøn livskunst », le nouvel elpee de ce duo black métal avant-gardiste norvégien. Grand bien m’en a pris puisque Solefald vient, sans conteste, de sortir le meilleur de ses huit long playings.

Comme le souligne d’une manière très humoristique la bio du groupe, ‘Solefald est un animal étrange au sein du troupeau black métal puisqu’aucun de ses membres n’a séjourné en prison’. Mais un casier judiciaire vierge n’est pas le seul signe distinctif du combo. Il serait aussi judicieux d’évoquer le mélange improbable de sérieux et d’humour qui le caractérise ainsi qu’une propension démesurée à l’expérimentation musicale. Outre son implication au sein de la formation black/thrash expérimentale Sturmgeist, Cornelius Jakhelln’ (chant, guitare et basse) est aussi un auteur reconnu en Norvège. Il a publié des romans épiques, des livres pour enfants et des recueils de poèmes. Lars A. Nedland, alias Lazare (chant, claviers, batterie) milite aussi chez Bork Nagar, Carpathian Forest, Age Of Silence et Asmegin est, à ses heures, producteur pour la télévision norvégienne, mais également acteur. Il a joué dans une parodie télévisée relatant de manière humoristique les dérives du black métal (« Barron Blod »).

« Norrøn livskunst » (‘L’art de vivre nordique’) s’ouvre par le superbe « Song Til Stormen » ; un titre lent, intense, presque planant sur lequel les voix claires si caractéristiques du duo Lazare/Cornelius sont rehaussées de chœurs féminins envoûtants. « Norrøn Livskunst », se décline dans un style plus purement black métal. Vocaux écorchés et riffs speedés rappellent les origines nordiques du groupe. Sur l’étrange « Tittentattenteksti », Agnete Kjølsrud (Djerv, ex-Animal Alpha) vient poser des vocaux d’adolescente hystérique sur des lignes de guitares mélodiques surprenantes. « Tridsljod (Blackabilly) » est un black’n’roll plein d’humour au cours duquel les vocaux ressemblent étrangement à ceux d’ICS Vortex (ex-Bork Nagar, ex-Dimmu Borgir, Arcturus). Il s’inspire d’un personnage issu d’un roman policier écrit par Cornélius. « Eukalyptustreet » justifie à lui seul l’achat de l’album. Solefald y réussit l’exploit, en neuf minutes chrono, de faire passer l’auditeur d’une ambiance néo-hippie au black métal symphonique intense. Et ce, à grand renfort de soli de saxophone jubilatoires, d’arrangements vocaux intenses, de guitares pachydermiques et de piano virtuose. Retour au black métal sur « Raudedauden », un titre qui présente la particularité d’être agrémenté d’un solo de guitare, intervention plutôt rare chez Solefald. « Vitets Vidd I Verdi » est un melting-pot organisé de black métal, de rythmes électro, d’ambiances jazzy et de chœurs féminins, sur lequel l’hystérique Agnete refait une apparition vocale remarquée. Métal extrême haineux balancé au rythme des blast-beats ensuite pour « Hugferdi ». « Waves Over Vallhalla (An Icelandic Odyssey Part 3) » revient un court instant sur la saga viking débutée en 2005 sur l’album « Red For Fire » ainsi que sur l’elpee « Black For Death » de 2006. « Norrøn livskunst » s’achève en douceur sur les magnifiques arrangements vocaux et l’orgue hammond du fascinant « Til Heimen Yver Havet ».

Envoyé par le label sur un support ‘politiquement correct’, « Norrøn livskunst » aurait été chroniqué à sa sortie en novembre 2010 et aurait probablement figuré tout en haut de mon top 10 personnel. Recommandé à tous les fans d’Arcturus, Vintersorg, Ulver ainsi qu’aux plus éclectiques des amateurs de musique extrême. Du grand art nordique !

 

Slide On Venus

Put Music To Your Troubles (Ep)

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L’aventure commence pour Slide On venus en 2008, lors de la sortie d’un premier Ep intitulé « Pixel ». Depuis lors, le quatuor défraie la chronique : articles élogieux, travail accompli en compagnie d’un producteur notoire (NDR : en l’occurrence Kim Rosen –Franz Ferdinand, Fall Out Boys, The Chemical Brothers–), distribution au pays de l’oncle Sam ; le tout couronné par un prix décroché lors du Festival Inter Ecoles du Gibus comme meilleur groupe de rock. En 2010, il était donc temps pour le groupe de Besançon de sortir un troisième Ep. Ce sera « Put Music to Your Troubles ».

Malgré tout ce contexte favorable, j’ai beau écouter et le réécouter, je ne parviens pas à accrocher. Les réminiscences ‘emocore’ américaines de leur solution sonore pop/rock ont pris un coup de vieux. La voix du chanteur me rappelle celle des punks californiens du début du millénaire. Je cherche vainement un quelconque sens mélodique. Il ne correspond, en tout cas, pas du tout aux attentes suscitées par la prose déversée lors de la sortie de leurs deux premiers Eps. Bref, j’ai beau retourner ce « Put Music to Your Troubles » sous toutes ses coutures, il me laisse indifférent…

 

Shout Out Louds

Work

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En 2005, les Shout Out Louds publiaient « Howl Howl Gaff Gaff », un premier disque impérieux, porté par « The Comeback », un single dont la mélodie, une fois assimilée, frisait l’obsession. Le résultat sera un peu moins percutant pour « Our Ill Wills », une œuvre légèrement plus ‘travaillée’, qui suivra deux ans plus tard. Mais le quintet suédois remonte la pente grâce à son troisième labeur, « Work ». Contrairement à son précédent opus, « Work » opère dans la simplicité. Les notes naturelles de pianos remplacent élégamment les lignes de synthé. Et l’emphase est plus que jamais placée sur les vocalises d’Adam Olenius plutôt que sur les envolées mélodiques.

Les morceaux les plus marquants de « Work » en sont également les plus entêtants. Les mélodies et/ou refrains de titres tels que « Throwing Stones », « Fall Hard », « Too Late Too Slow », « Paper Moon » ou « The Candle Burned Out » ne sont certes pas révolutionnaires mais chatouillent agréablement les conduits auditifs. Le troisième opus des Shout Out Louds souffre cependant de quelques imperfections (« Walls », « Show Me Something New », « Play the Game ») qui l’empêcheront probablement d’accéder au titre de disque incontournable.  

Ariel Pink

Before Today

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Ariel Pink est probablement l’un des personnages les plus hauts en couleurs et difficile d’accès de la scène indie contemporaine. Il signe, en compagnie de ses trois acolytes de Haunted Graffiti, une sorte de « Rocky Horror Picture Show » des années 2010, entre ingéniosité et douce folie. Après avoir publié une flopée d’œuvres confidentielles, Ariel Pink sort de sa tanière et délivre un disque qui donne envie d’enfiler une paire de collants, de se coiffer comme un David Bowie circa « Labyrinthe » et d’exécuter un ballet dantesque, un peigne à la main en guise de micro.

Qualifiés de pop ‘retro-futuriste’, les morceaux qui étayent « Before Today » sont de véritables hymnes à la démence, taillées sur mesure pour les créatures de la nuit et autres ‘freaks ’ assumés. Ariel Pink’s Haunted Graffiti peut se targuer d’avoir délivré l’un des disques les plus intéressants, analytiques et divinement absurdes de l’année 2010. D’ailleurs, sur scène, Ariel Pink et ses comparses délivrent un show comparable à une visite guidée dans l’enceinte d’un asile de fous, le soir d’Halloween. « Before Today » est une œuvre surprenante, décomplexée et sans faille. En un mot, culte !  

The New Loud

Can’t Stop Not Knowing (Ep)

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The New Loud est un combo originaire de Milwaukee qui propose un premier Ep aux allures de Los Campesinos! sous stéroïdes (si si, c’est possible!). « Can’t Stop Not Knowing » réunit 5 morceaux pop-punk qui invitent à gigoter dans tous les sens et se rentrer dedans comme au bon vieux temps des pogos. Après une mise en bouche pas dégueulasse (« Don’t Dance »), le trio se permet un emprunt plutôt couillu. Le « 2+2=5 » de Radiohead s’y voit complètement retravaillé. Les fans hardcore de la bande à Thom Yorke crieront certainement au scandale, mais le combo tire son épingle du jeu en gonflant le morceau de ses riffs efficaces, ses chœurs punk et de ses grosses caisses maltraitées.

Les morceaux suivants sont agréables sans être tout à fait percutants. « Heaven » est une production pop taillée pour la bande FM, un essai assez flagrant destiné à toucher un plus large public. Plutôt banal, « The Short Way To Get To You » est le titre le plus dispensable de l’Ep, si l’on ne compte pas la version longue de « Heaven » glissée en fin de parcours. The New Loud tente également une petite incursion dans le shoegaze sur « Every Girl I See ». « Can’t Stop Not Knowing » est un Ep respectable. Reste à voir si The New Loud tiendra la distance sur « Measure Melt », son premier LP, à paraître sous peu.

 

Manic Street Preachers

Postcards from a young man

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Il est loin le temps du nihilisme punk (NDR: serait-ce un pléonasme?) prôné par Manic Street Preachers. Si leur engagement politique est toujours d’actualité, il s’est quand même fortement tempéré ; et puis il épouse des causes bien plus constructives. Il est loin le temps de la virulence punk libérée par leur musique. C’était fin des 80’s, début des 90’s. Il est loin le temps de l’attitude rebelle revendiquée par cet ensemble gallois. Elle va même complètement disparaître en 1995, en même temps que leur parolier, Richey James, dont on ne retrouvera jamais la trace. Et pourtant, réduite à un trio, la formation continue d’enregistrer. Des disques, pour la plupart, sculptés dans la pop. « Postcards from a young man » constitue leur dixième opus. Une œuvre qui a de nouveau reçu le concours de Dave Eringa, à ma mise en forme. Et il y a mis un camion de cordes. Surtout en début de parcours. Sympa, mais pas vraiment de quoi soulever l’enthousiasme. Certains titres ainsi arrangés me font même parfois penser à Divine Comedy (pour les meilleurs, mais sans l’aspect baroque), Elton John (« Hazleton avenue ») voire même Neil Diamond. Ni de quoi pavoiser. Et encore moins lors d’un « Golden platitudes », dont le final évoque un certain Wallace Collection circa « Daydream ». On a aussi droit à du hard FM. Sur l’hymnique « All we make is entertainement », que sauve d’excellent lyrics ou le radiophonique « A billion balconies facing the sun », qui bénéficie de la participation de l’ex-Gun’s N Roses, Duff Mc Kagan, à la basse. Lors des sessions d’enregistrement, le trio a également reçu le concours de Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen) sur « Some kind of nothingness », un titre enrichi de chœurs gospel (NDR : des chœurs qui apportent à plusieurs compos, manifestement, un plus) et puis John Cale, qui se réserve les claviers sur l’excellent « Auto-intoxication », une plage caractérisée par ses changements de tempo entre refrains et couplets, ses accords de gratte acérés et cette rythmique implacable. L’ombre de Lenny Kravitz plane également sur ce morceau. Le long playing recèle deux autres titres de toute bonne facture. Tout d’abord « The descent (pages 1 & 2) », dont la jolie mélodie est à la fois digne de John Lennon et de Ray Davies ; et puis un très curieux « The future has been here 4ever ». Nicky Wire chante (NDR oui, oui !) d’un timbre laconique, un peu à la manière de Dean Warheham (Luna) pendant que Sean Moore hante le morceau de ses interventions énigmatiques à la trompette. Dommage cette moitié de cd, totalement anecdotique…

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