Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Chroniques

Forest Swords

Dagger Paths

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J’avoue qu’après avoir écouté cet album, j’ai éprouvé les pires difficultés à définir le style musical de ce Forest Swords. Une chose est sûre : il est étrange. Conservons-donc le résultat de cette périlleuse analyse pour la fin de l’article !

Forest Swords c’est le projet solo de Matthew Barnes. Un producteur anglais quasiment inconnu au bataillon. « Dagger Paths » constitue son premier elpee. Un disque dont l’expression sonore ressemble à un puzzle sonore atmosphérique. Atmosphérique, mais aussi sombre, puissant et menaçant. Les morceaux sont partagés entre riffs de guitares, samples, voix tribales, réverbération ou encore beats singuliers, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, le spectaculaire « Miarches ». Barnes reconnaît avoir été influencé par le hip-hop et le R&B. Désolé, mais hormis quelques beats, je n’en ai pas relevé d’autres traces sur ce disque. Il y aurait même un sample d’Aaliyah. Faut vraiment bien chercher, alors. Découpé en huit fragments, « Dagger Paths » pourrait cependant sonoriser les scènes les plus abscondes du cinéma de Lynch ; ultime référence en matière d’ambiance onirique et glauque. « Forest Swords » serpente entre les paysages mentaux d’une jungle inhospitalière et claustrophobe. Le plus bel exemple ? « Holylake Mysst », une compo de sept minutes dont le parcours parsemé de percussions, de basses dub caverneuses et de distorsions malveillantes s’élève jusqu’aux ténèbres… Charmant ! Et le reste de l’œuvre est de la même trempe. Bref, on ne rigole pas beaucoup à l’écoute de cette messe noire célébrée par le maître de cérémonie. Et franchement, si c’est du hip-hop, c’est alors Missy Elliott remixé par SunnO)))) !

Si cet album constitue une belle découverte, pour votre serviteur, elle n’est pas à mettre entre toutes les oreilles du mélomane lambda. D’abord je vous déconseille vivement son écoute si vous êtes de mauvaise humeur, à moins que vous ne vouliez ruminer votre vengeance. Ah oui, j’allais oublier ? Le style musical ! Quelque part entre la house, la techno tribale et le drone. Difficile à imaginer ? Mais après avoir procédé à plusieurs auditions, vous me comprendrez mieux. « Dagger Paths » ? Cauchemars assurés.

Artús

Drac

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La France regorge de talents à découvrir. Malheureusement, une poignée de privilégiés continuent de s’accaparer les médias, la TV surtout.

Heureusement, les labels indépendants continuent de faire de la résistance. A l’instar du ‘Folklore de la Zone Mondiale’. Lancée par les Bérurier Noir, cette écurie à notamment sorti de l’ombre des formations comme Ethnopaire, Guarapita ou encore Lucrate Milk. Familha Artús, c’est leur dernière révélation. Son album « Drac » (dragon en Gascon) constitue un véritable produit du terroir. Il sent bon le savant mélange de cultures, la chaleur du pays basque ainsi que la découverte de contrées inexplorées jusqu’alors.

Attention cependant, à moins d’avoir une oreille avertie, cet elpee nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Les compos oscillent allègrement du tribal (« Jo vos i voi diser ua cançon ») au futuriste (« Monem »), en passant par le folk, l’ethno, l’urban, l’électro le prog rock et même le métal (« Demens la vila de bordeu »), sans pour autant négliger le groove.

Mais au beau milieu de ce voyage surprenant et agréable, figure un titre étincelant, un véritable joyau à l’état pur, à écouter en boucle : « Capiteni salias ». Une petite merveille. Un véritable chant de bataille de plus de 10 minutes. Et si un clip vidéo devait être consacré à ce titre, il faudrait carrément lui réserver un court-métrage. Et encore, il pourrait servir de BO à lui tout seul !

« Cantem en allegressa » prend le mélomane en otage, le séquestre en terre inconnue, et l’endoctrine afin qu’il rejoigne la cause du collectif. Réellement captivant, cet opus donne envie de découvrir le groupe en live. Leurs prestations accordées sur les planches ont d’ailleurs défrayé la chronique au sein de l’Hexagone (NDR : notamment lors de leur set accordé aux Vieilles Charrues), mais également en Italie et en Espagne. Espérons qu’ils feront bientôt un crochet par la Belgique. Un appel du pied est lancé aux organisateurs.

The Ex

Catch my shoe

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A l’instar des Young Gods, The Ex est un autre groupe culte. La légende prétend que leur formation se serait réalisée dans un squat d’Amsterdam. Trente années que la formation batave roule sa bosse sur la scène alternative. Et des groupes comme Sonic Youth, Fugazi ou Sloy les citent en référence.

Et c’est d’ailleurs directement à ces deux dernières formations que je pense, à l’écoute du titre d’ouverture, « Maybe I was the pilot ». Mais très vite mon enthousiasme va s’essouffler. Pourtant, l’opus est produit par Steve Albini ; mais ses 9 titres manquent de subtilité. Et pas seulement parce que le nouveau chanteur Arnold de Boer (NDR : de boer se traduit par ‘le paysan’ en néerlandais, ca ne s’invente pas) ne possède pas le charisme de Sok, membre fondateur, qu’il a remplacé. Il y a bien quelques touches jazzyfiantes ou encore garage qui assouplissent, circonstanciellement, le tranchant des six cordes. Ou encore une compo plus insolite et tempérée, intitulée « Eoyelo », un morceau évoquant la beauté des femmes Gurage, un groupe ethnique de l’Ehiopie, pays dont est passionné le nouveau leader de The Ex. Mais dans l’ensemble, cet opus m’a laissé sur ma faim. Cependant, vu l’aura dont dispose le combo (NDR : son engagement sociopolitique, son concept de distribution DIY et ses prestations ‘live’ fabuleuses), on leur pardonnera ce faux pas. En attendant une prochaine sortie, qui ne devrait tarder, la discographie du groupe se révélant plutôt prolifique…

DJ /Rupture & Andy Moor

Patches

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Deux univers antinomiques entrent en collision. « Patches » est le fruit d’une collaboration entre Jace Clayton alias DJ /rupture, prophète du Mash-Up, et Andy Moor, guitariste au sein de The Ex. Enregistré en 2007 lors d’une tournée en commun, le mariage entre les distos de Moor et les beats de DJ /rupture, est assez surprenant de prime abord. Mais cette union inattendue prend tout son sens dès le second morceau de la plaque, « Sometimes It Can Be Hard To Breathe ». Une compo où les riffs acérés du guitariste s’entrelacent subtilement aux bidouillages électroniques du DJ. Ce dernier ne ménage pas son collègue en virevoltant du dubstep à de l’abstract hip hop ou même de l’ambient et de la world music au trip hop. Il va même jusqu’à incorporer des samples hors-sujets de Tracy Chapman ou encore Diana Ross ! Mais le musicien hollandais, même en pleine improvisation, a plus d’un tour dans son sac et place chaque note à l’emplacement qui lui semble être destiné. « Patches » est une véritable joute musicale, captivante de la première à la dernière manche. Et c’est l’auditeur qui en sort gagnant, haut la main.

 

Deerhoof

Deerhoof Vs. Evil

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A travers Satomi Matsuzaki, sa chanteuse d’origine japonaise, les Californiens de Deerhoof ont toujours été en quelque sorte les grands frères détraqués de Blonde Redhead. Le trio concocte depuis des années une musique bizarre, intransigeante et inclassable qui, si elle s’est adoucie au fil du temps, ne caresse pas les oreilles tout en demeurant extrêmement originale. « Deerhoof Vs. Evil » constitue leur 10ème album publié depuis leurs débuts, en 1996. Et le combo vient de frapper un nouveau coup sonique et unique à la fois. Entre les élucubrations bruitistes, le rythme lent et étrange de « The Merry Barracks », la guitare hispanisante du superbe « No One Asked to Dance », les deux minutes rock n’ roll loufoque de « Dance the Jet » ou le plus exotique « Hey I Can », pas la peine de chercher la moindre ligne conductrice tout au long de leurs 12 nouveaux titres. A mi-parcours, on croit même rêver, Deerhoof aurait composé son premier véritable single, « Super Duper Rescue Heads !», un morceau qui pourrait passer sur les ondes les plus mainstream ! Mais, très vite, pour notre plus grand bonheur, les effets de pédale refont surface. Donc les accords de guitare dissonants. Mais aussi le falsetto bizarre de Satomi. Deer… ouf (ahah…)! Les Américains sauvent la face… même s’ils marchent sur les plates bandes de Yeasayer, pour la circonstance.

Difficile de tomber amoureux de la musique de Deerhoof dès la première écoute mais votre –très relatif– courage nécessaire sera mille fois récompensé ! En concert le 26 avril à De Kreun à Courtrai.

Crystal Fighters

Star Of Love

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Ce n’est pas gagné d’avance pour les Crystal Fighters. « Star Of Love », le premier album de ce quintet originaire d’Espagne et installé à Londres, est ce qu’on peut qualifier de sacré bordel. Découvert il y’a plus ou moins un an lors de la sortie de l’excellent single « I Love London », distribué par Kitsuné, les Crystal Fighters proposent onze morceaux sculptés dans une d’électro-pop tribale mâtinée d’instrumentation basque. Ce métissage, qui aurait pu se solder sur un labeur tout à fait original, débouche sur une œuvre inégale et lassante. La BBC va même jusqu’à comparer une composition du quintette (« At Home ») à de la musique d’une publicité pour Body Shop. Pas faux ! Mais Crystal Fighters peut également évoquer, dans ses meilleurs moments, un Go! Team survitaminé (« I Do This Everyday », « In The Summer »). De jolis passages, bien trop sporadiques. Et dans ses plus délires les plus dispensables, « Star Of Love » passe pour une version cheap du « Subiza » de Delorean (« Follow », « Xtatic Truth », « Solar System »). Le premier LP des Crystal Fighters déborde d’énergie pour peu d’idées et ne laisse, en bout de course, aucune empreinte indélébile. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Crystal Fighters, réputés excellent en ‘live’ (c’est toujours ça de gagné), seront sur les planches de Tour&Taxis lors de la Pias Nite du 26 mars.

Andy Cohen

Built right on the ground

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Andy Cohen n'est pas vraiment notoire au sein des milieux du blues européen! Pourtant, ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste s'est forgé une solide réputation chez lui dans les sphères folk et blues. Certains spécialistes prétendent même qu’il mériterait autant de considération que Taj Mahal et Ry Cooder! Originaire de Boston, il est surtout imprégné du climat musical de Memphis. D'abord pianiste, ce grand amateur de jazz traditionnel s’est finalement converti au folk blues authentique, immortalisé par Rev Gary Davis, Leadbelly, Blind Lemon Jefferson, Big Bill Broonzy, Skip James ou Bukka White! D’une grande pureté, cet essai est découpé en 15 chapitres.

Andy a calé sa machine à remonter le temps, près de 80 ans en arrière, pour aborder le titre maître. Un folk blues sans concessions signé par l'obscur Teddy Darby. Je lui préfère le thème du chemin de fer, généralement propice à un tempo plus vivifiant. A l’instar de "Railroad blues", une compo au cours de laquelle Cohen se révèle très en verve sur les cordes. L’adaptation de "Cairo blues", un titre écrit en 1929, est très intéressante. Un assemblage complexe basé sur onze mesures et non douze. Son répertoire suscite notre curiosité tout au long des trois quarts d'heure que dure l’opus ; car il y a de la diversité chez ce musicologue averti. D’ailleurs, il est aussi bien à l'aise derrière les 88 touches d'ivoire du piano. Et le démontre sur "Honky Tonk train", un classique du boogie issu de la plume de Meade Lux Lewis ainsi que tout au long de "Shake-a-boogie". Andy aborde aussi les douces ballades country. Et en particulier deux plages signées Jimmie Rodgers : "Miss the Mississippi and you" et "My old pal" qu’il chante en duo en compagnie de son ami Kurt Anderson. Il se réserve aussi les vocaux sur le "Mopper's blues" de Big Bill Broonzy, un morceau qui figurait, à une certaine époque, au répertoire de Rod Stewart, et sur le "Me and my chauffeur" de Memphis Minnie. L’elpee recèle quelques plages instrumentales. Tout d’abord "Jim Dickinson stomp", un hommage rendu par Cohen au célèbre producteur, disparu l'année dernière. "Temptation rag", ensuite. Un classique du pré-jazz, adapté en leur temps par Sidney Bechet et Bennie Goodman. Et enfin le  "Grandpa's spells" de Jelly Roll Morton. Andy clôture cette session d'amour pour sa musique lors d’un duo qu’il partage en compagnie de sa chère épouse, Larkin Bryant. Une dernière ballade intitulée "Tennessee blues". Une compo écrite par Bobby Charles, une gloire du swamp pop, disparue début 2010. 

Amplifier

The Octopus

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A l’instar de ses compatriotes de Marillion, le trio rock alternatif britannique Amplifier a choisi de se passer du soutien financier du ‘music business’. Aucun contrat ne le lie plus désormais à un label. Il a donc le contrôle total sur tout ce qui touche de près ou de loin à sa création. Sans personne pour leur imposer de limites, Sel Balamir (guitare et chant), Neil Mahony (basse) et Matt Brobin (batterie) ont disposé de toute la liberté nécessaire à la réalisation de « The Octopus », un double album conceptuel ambitieux qui est, sans doute possible, l’un des points culminants de leur carrière.

Né à Manchester dans le courant de l’année 1999, Amplifier a sorti un premier opus éponyme chez Music For Nations, en 2004. Son second, « Insider » a été publié en 2006 par le label allemand SPV. Pas vraiment lié à une scène particulaire, le groupe a tourné en compagnie de formations assez  différentes telles que les  Deftones, Opeth ou Porcupine Tree. Le nouvel elpee, dont la composition a été mise en chantier dès 2007, est désormais disponible à la vente sur son site officiel (http://www.amplifiertheband.com/merchandise.php )

Ceux et celles qui, interpellés par l’association des mots ‘rock’ et ‘Manchester’, espèrent trouver ici un palliatif à leur manque d’Oasis peuvent passer leur chemin. On n’aborde pas  le chef-d’œuvre d’Amplifier comme la ‘britpop’ insipide des frères Gallagher. « The Octopus »  est un pavé musical intense s’étendant sur plus de deux heures. Une pièce conceptuelle découpée en seize plages, dont le contenu appelle immanquablement à la réflexion. Amplifier jette ici une idée effrayante : ‘Et si quelque chose avait pris le contrôle’ ? Une chose  immonde, aussi proche de vous que votre propre peau et dont vous n’avez même pas conscience…

Ce n’est pas un hasard si les trois Britanniques ont mis plusieurs années pour écrire, enregistrer et produire ce nouvel essai. La musique y est variée, complexe, voire même schizophrénique par moment. Pourtant, elle se révèle parfois étonnamment accessible. « The Octopus » semble constituer le point de convergence de plusieurs styles. On découvre au fil des écoutes des bribes imbriquées de rock alternatif, de rock progressif, de hard rock et de heavy métal. Un peu comme si le groupe s’était imprégné de la musique de Muse, Porcupine Tree, Tool, Oceansize, Radiohead, Marillion (période Hogart), Black Sabbath et Led Zeppelin, avant de s’attaquer à ses propres compositions. 

L’intro « The Runner » installe l’ambiance paranoïaque de la plaque. Des bruits de pas rapides et un fond sonore oppressant tiennent en haleine. On attend une déflagration sonore. Cependant, le déluge de décibels n’arrive pas tout de suite. C’est la voix sublime de Sel Balamir, combinée à un piano grandiloquent, qui plante le décor sur un « Minion's Song » intimiste. La déflagration vient plus tard sur « Interglacial Spell ». Distorsion maximale et ligne de basse monstrueuse pour introduire un titre dont le tempo rappelle le « Kashmir » de Led Zeppelin. Sur « The Wave », le trio s’arrange pour sonner comme s’il était un quintet en construisant un mur de guitares heavy impénétrable. Vient ensuite l’étonnant « Octopus » et ses neuf minutes hypnotiques, atmosphériques, … magiques.

Il faudrait plusieurs pages pour décrire ici toutes les circonvolutions et toutes les tournures qu’empruntent les compositions. Métalliques, acoustiques, brutales, planantes, organiques, synthétiques. Chaque titre est une aventure et un pas vers la perfection. Amplifier est probablement l’une des meilleures choses qui soit arrivée à l’Angleterre depuis bien longtemps. Ne passez pas à côté de cette œuvre.

« The Octopus » est disponible au format double Cd ou triple LP (NDR : pour ceux et celles d’entre vous  qui adhèrent au retour du grand vinyle noir). Une édition limitée à cinq cent exemplaires de la version Cd contient, quant à elle, un livret de 70 pages détaillant, à la manière d’un roman, le concept caché derrière cet énigmatique « Octopus ». Chaque exemplaire de cette édition limitée sera dédicacé par les membres du groupe. Avis aux collectionneurs.

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