Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Chroniques

Bruto Minore

Ronin

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Il y a presque trente ans que Bruno Dorella développe un projet qu’il a baptisé Ronin. Après plusieurs années de stand-by, le Milanais nous propose son septième elpee. Pour la circonstance, le line-up de son backing group a été complètement chamboulé, puisqu’il implique Nicola Manzan (guitare et violon), Roberto Villa (basse, clarinette) et Alessandro Vagnoni (batterie). 

Intitulé « Bruto Minore », en référence à un poème de Giacomo Leopardi qui traite de l’assassinat de Jules César, cet album est essentiellement instrumental. D’excellentes incursions post-rock rencontrent des envolées baroques inspirées par la musique de chambre. A l’instar du morceau qui ouvre le long playing, « Capriccio ». Une impression accentuée par les interventions au violon de Nicola Manzan. Cependant, tout au long des neuf plages de cet elpee, c’est Bruno Dorella qui mène la barque, de ses riffs de gratte, d’une main de maître, les autres musicos se limitant à enrichir ses interventions.

Une belle découverte. D’ailleurs, votre serviteur a décidé de suivre le parcours du projet de Bruno Dorella de très près...

Robert Jon & The Wreck

Last light on the highway

Écrit par

Robert Jon & The Wreck est une formation née en 2011, à Orange County, au sud de Los Angeles. Un quintet qui implique le gratteur Henry James Schneekluth, le claviériste Steve Maggiora, le bassiste Warren Murrel, le batteur Andrew Espantman et bien sûr, le chanteur/guitariste Jon Burrison. Son premier elpee "Fire started", remonte à 2011. Depuis, il publie un nouvel album, chaque année. Et son, dernier, "Take me higher", était paru en 2019. Surprenant et sans concession, son style baigne dans le southern rock (rock sudiste), même si manifestement, le band n’hésite pas à s’enfoncer dans le psychédélisme… 

Belle entrée en matière, "Oh miss Carolina" lorgne vers la country. Une ballade southern rock séduisante, dominée par la voix rocailleuse de Jon. Caractérisée par un brillant envol sur les cordes, opéré par le soliste, la plage baigne au sein d’un climat réminiscent de la quintessence des Eagles. Blues cuivré, "Work it out" met une nouvelle fois bien en exergue les qualités vocales du leader, pour la circonstance, soutenu par des voix féminines. Rythmée, directe et efficace, "Can't stand it" conjugue les cordes des deux guitares. Les deux solistes en remettent une couche tout au long du remuant "Do you remember", un country rock très bien ficelé qui rappelle notamment The Marshall Tucker Band ainsi que les Outlaws, mais surtout impressionne par son homogénéité. Impeccablement tapissé par l’orgue "Tired of drinking alone" est un excellent southern au cours duquel la slide métallique se libère. Audacieux, "Don't let me go" est amorcé par les cordes aventureuse d’Henry James, alors que les riffs rythmiques ‘rollingstoniens’ nous plongent au cœur d'une atmosphère ravageuse. Mais la sortie royale opérée par la slide nous embarque alors dans un trip psychédélique. Les interventions du gratteur sont particulièrement créatives. Et il le démontre une nouvelle fois sur "One last time", un southern country blues mélodique et délicat, malgré des accents métalliques. Puis "Gold". La voix de Jon et puissante sur cette ballade indolente introduite au piano, alors que les cordes sont chargées de feeling. Le titre maître bénéficie de deux versions. La première est amorcée par des cordes acoustiques. Une ballade que chante Jon, tout en douceur. La seconde est plus longue et chiadée. L’atmosphère est bien plus dramatique et invite cordes électriques et piano. Progressivement le tempo évolue vers le soul rock boogie, d’où émerge la voix, comme chez les Doobie Brothers. Superbe !

Rusty Ends

The last of the boogiemen

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Même s'il semble inconnu au bataillon, Rusty Ends n'est pas né de la dernière pluie. Et certains médias n’hésitent pas affirmer qu’il a créé un lien entre le blues et le rock des années 50 et 60, en plein XXIème siècle. Originaire de Louisville, dans le Kentucky, sa première séance d'enregistrement date de 1969. Soit depuis plus de 50 ans. C'était à Memphis, dans le studio du légendaire Sam Phillips. Il fonde son propre groupe dans les nineties, qu’il baptise The Rusty Spoon Blues Band. Vers 2010, il disparait des radars musicaux, avant de refaire surface, au cours des dernières années, dans un style qu'il qualifie de hillbilly hoodoo, un style inspiré du rockabilly, du blues et de la soul. Chanteur/guitariste, il est soutenu par une section rythmique réunissant son ami de longue date, le bassiste Uncle Dave Zirnheld, et le drummer Gene Wickliffe.

Rockabilly, "Cheap wine" ouvre l’elpee. Rusty est dans son élément. Sa technique à la gratte est sans faille. Il embraie par l'instrumental "Unholy roller". "Hillbilly Hoodoo" reflète le genre qu’il a défini, un blues funky caractérisé par la présence permanente et envoûtante de cordes jouées en rythmique saccadée. De toute évidence, le blues appartient à son ADN. Il y plonge d’ailleurs à plusieurs reprises. A l’instar du lent, léger et sentimental "I forgot to say I love you". Tout en retenue et en feeling, "We love our way through the blues" est un blues indolent, abordé dans l’esprit d’Otis Rush. D’une voix déclamatoire, Rusty évoque ses lointains souvenirs, lorsqu’il fréquentait les bars, nightclubs et autres troquets, sis le long de la mythique Dixie Highway qui reliait le Nord au Sud, du Michigan à Miami, tout au long du funky blues "Midnight angels". Le long playing est varié. Ainsi, l’amusant "Stiletto heels and fishnet hose" (Trad : talons aiguille et bas résille) est légèrement teinté de jazz. Le son de "Let me cross your mind" semble sortir d’un vieux jukebox. Le sax de Gary Falk, invité pour la circonstance, rappelle l'époque lointaine où Rusty accompagnait les Shirelles, Coasters et Drifters. Enfin, l’empreinte western swing marque "Bob Wills played the blues"…

B Boys

Dada

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Issus de Brookly, les B Boys sont habituellement des breakdancers ; mais en quoi se transforment-ils lorsqu’ils se revendiquent ‘Dada’ ? En trio qui marche ouvertement sur les plates-bandes de Parquet Courts ! Son premier elpee mêle, en tout cas, et judicieusement, les sonorités du post-punk (« Another Thing »), la coolitude des Strokes (« Anthem ») et la morgue de The Fall (« Fear It »). Rien de dadaïste ou à contre-courant, donc, dans la musique de ce combo, mais un album pur jus new-yorkais qui ne pourra que ravir les fans du genre ! La voix du chanteur, Andrew Kerr, est de plus parfaite pour allumer des brulots nerveux attisés par des interventions de basse caoutchouteuses à souhait (« B Boys Anthem »).

Mike Zito

Quarantine Blues

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Coronavirus oblige, les musiciens sont au repos forcé. Pour un hyperactif tel que Mike Zito, impossible de tourner en rond à ne rien faire. A l’issue de leur dernière tournée européenne, Mike et son band ont dû rester en quarantaine durant quatorze jours avant de retrouver leur liberté en mère patrie. Une belle occasion de composer de nouvelles chansons, de les enregistrer et d'offrir un album gratuit à leurs fans ; des chansons immédiates où transparaissent leurs émotions, espoirs, craintes, peurs et passions du moment. Finalement, dix chansons pour libérer le monde de ses anxiétés.

Le backing group de Mike implique Matt Johnson (batterie), Doug Byrkit (basse) et Lewis Stephens (claviers). Il a écrit et réalisé des démos qu’il a transmises à ses musicos, qui chacun de leur côté ont opéré leurs interventions respectives, puis retransmis la matière au leader. Ce dernier s’est alors chargé de collecter, mixer et produire l’ensemble. Le disque est disponible sur le site web de Mike, tant en cd qu’en téléchargement (voir ici)

L’opus démarre par l’excellent power blues rock "Don't let the world get you down" (Trad : 'Ne laissez pas le Monde vous descendre’). Le conseil d’un sage. La voix est juste, l'orgue, chaleureux, et la guitare, magique. Tout aussi délicieux, "Looking out this window" conjugue cordes électriques et acoustiques. Fruit d'une collaboration avec Tracii Guns, co-fondateur de Guns N' Roses et de L.A Roses, le puissant, "Don't touch me" baigne dans le métal. "Quarantine blues" s’abat comme un couperet et plombe l’ambiance. Un blues du mal-être, du repli sur soi, de la solitude. Face à la slide lourde et torturée, la voix ressemble à un cri. Le riff simple, mais efficace adopté sur "Walking the street" lorgne vers ZZ Top. La section rythmique épaule parfaitement la voix. Un climat qu’on retrouve tout au long de "Dust up". Slow blues, "Dark raven" baigne au sein d’une l'atmosphère dramatique. Mike double les guitares lors d’un duel où émergent des chapelets de notes entrelacés. Excellent, "Call of the world" est abordé dans l’esprit de Neil Young et son Crazy Horse. Cool, "After the storm" rappelle la collaboration entre Eric Clapton et JJ Cale. Mike avait écrit "Hurts my heart" en 2012 pour le Royal Southern Brotherhood, morceau qui figure sur son premier opus. Il nous en propose une nouvelle version. Et le long playing de s’achever royalement par la ballade acoustique "What it used to be".

Grand Palladium

Grand Palladium

Écrit par

Après avoir bourlingué chacun de leur côté, Kevin Moal et Vincent Dauvergne ont décidé de faire converger leurs talents vers Grand Palladium, formation née sur les cendres de leurs aventures musicales.

Après cinq années d’existence et une expérience rondement menée, l’union sacrée de deux comparses aboutit à la sortie d’un premier elpee éponyme.

Enregistré avec l'aide de Benoît ‘Scholl’ Fournier, drummer de Matmatah –dont le combo a assuré la première partie lors de la tournée 2017/2018– ce premier opus baigne résolument dans le pop/folk.

Plutôt simples dans la construction mélodique, les compos s’inspirent très largement de l’univers des Innocents dont ils aiment d’ailleurs souligner la filiation avec une fierté non dissimulée.

Les grattes, la rythmique envoûtante, la ligne de basse scandaleusement entêtante et les bidouillages, dont le duo a le secret, alimentent des titres tour à tour espiègles, matures, joyeux ou mélancoliques et même une piste faussement négative (« Emilie »).

Le résultat surprend, car si le genre a été exploité maintes fois dans le passé, grâce à des thématiques passe-partout (histoires d’amour, de rencontres, de voyages, envie de vivre des choses nouvelles...), ce premier essai parvient à se démarquer de la norme. Et pour cause, les sonorités sont chargées de subtilités et de feeling. Enfin, on épinglera l'artwork de la pochette tiré d’une photo de Rod Maurice.

Au final, ce souffle poétique fait du bien. Et si Grand Palladium brandissait le nouvel étendard de la chanson française ?

Mick Clarke

Big wheel

Écrit par

Mick Clarke est l’un des plus anciens blues rockers anglais encore en activité. Il a vécu la glorieuse époque du British Blues Boom de la fin des sixties au sein de son band de l'époque, Killing Floor. Depuis près de quarante ans, il mène son MC Band. Cet infatigable musicien a beaucoup tourné, surtout en Europe. Aujourd'hui il passe la plupart de son temps chez lui. Il y compose, enregistre dans son studio, produit et publie ses albums sur son label Rockfold.

L’opus recèle 14 plages, dont onze inédites et trois nouvelles versions de compos datant de l'année dernière. "Trouble at your door" ouvre le bal, un ancien morceau signé Elmore James, qui remonte à 1960. Un blues rock bien classique, sans fioritures, caractérisé par de brèves mais meurtrières phrases sur les cordes. Il double cordes électriques et dobro acoustique et force sa voix afin de communiquer sa souffrance sur "Trouble trouble", une piste qui évolue sur un tempo plus lent. Inspirée par Roy Buchanon, "Snappin' at the wheel" accélère le tempo. Concis, saignants et incisifs, ses envols constituent du MC pur et dur. Le long playing recèle trois plages instrumentales. "Full circle", une autre cover d’Elmore James. Clarke y étale sa technique à la slide. "Mick's guitar boogie" ensuite. Il a rage de vaincre, dans l’esprit de Chuck Berry et Jeff Beck. "Flyin' lo", enfin. Un hommage chargé d’émotion adressé à Freddie King qu'il avait accompagné en tournée, dès 1969, avec Killing Floor. Mick, rocker de cœur mais bluesman dans l'âme respecte les monuments du blues. Sa reprise du "I stay in the mood" de BB King est nerveuse. Celle du "Everything' s gonna be alright" de Little Walter, allègre et convaincante. Et enfin du "Heard it all before" d'Otis Rush, chargée de feeling. Le riff de gratte exécuté sur "Dog and bone" semble emprunté à Keith Richards, même si l’attaque du morceau évoque plutôt ZZ Top. Boogie classieux, "Down to the bridge" se souvient d’un ancien club londonien. Et "Big wheel" clôt cet LP, tout en subtilité.

Mike Zito

Rock'n'roll

Écrit par

Mike Zito fêtera le demi-siècle en cette fin d'année 2020. Originaire de St Louis, dans le Missouri, ce musicien est certainement l'un des plus actifs dans l’univers contemporain et du blues et du rock. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, il est aussi l'une des chevilles ouvrières du label allemand Ruf. On lui prête des grandes vertus comme l’honnêteté, l’authenticité et l’intégrité. Mike possède un cœur de rocker. Pas étonnant qu’il ait alors intitulé cette plaque "Rock'n'Roll" en la sous-titrant ‘A tribute to Chuck Berry’. Tout comme Mike, Chuck Berry était né à St-Louis. Il nous a quittés en mars 2017, à l’âge de 90 ans.

Mr Zito produit cet opus qui réunit vingt titres issus du répertoire du grand rocker disparu. Il est soutenu par son band et, vu les moyens mis à sa disposition, a invité toute une série d'invités notoires.

L’ouverture est royale. Mike s'affiche en compagnie de Charles Berry III, le fils de Chuck pour "St Louis Blues", un morceau écrit par le légendaire WC Handy, en 1914. Un véritable festival de hits du grand rock'n'roller défile ; et il est émaillé de quelques incontestables réussites. A l’instar de "Johnny B. Goode", pour lequel il est épaulé par Walter Trout, "No particular place to go", par son concitoyen Jeremiah Johnson, le boogie infernal "Reelin' and rockin'", par Tommy Castro ou encore "Let it rock", par Jimmy Vivino. Berry avait signé son premier contrat sur le label Chess, à la demande de Muddy Waters en personne. Le blues n’est donc pas négligé. Le superbe "Wee Wee hours" auquel collabore un Joe Bonamassa en très grande forme le confirme. Mais la face roots non plus. Comme sur ce "Memphis", une piste au cours de laquelle les interventions d’Anders Osborne à la slide sont élégantes. Puis "Too much monkey business", une plage à laquelle Luther Dickinson (North Mississippi All stars) et Stephens au piano boogie participent. Et aussi l’exotique "Havana Moon", une compo alimentée par la slide Sonny Landreth. Mais également "Brown eyed handsome man", un titre que chante Zito, épaulé par Kirk Fletcher et Josh Smith aux cordes. Et enfin, la finale, l'amusant "My ding a ling" morceau auquel contribue Kid Andersen. Un excellent hommage !

Mike Zito & Friends

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