Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Nina Kraviz, la DJ qui venait du froid…

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DJ et productrice moscovite, Nina Kraviz publiera son premier album éponyme le 27 février 2012. Extrait de cet elpee, le single “Ghetto Kraviz” est déjà disponible. Et croyez-moi, sa deep-house sensuelle devrait faire des ravages…

Track Listing :

1.    Walking In The Night (with Hard Ton on 303)
2.    Aus (feat. King Aus on the Mic)
3.    Ghetto Kraviz
4.    Taxi Talk
5.    False Attraction
6.    Working
7.    Choices
8.    Love Or Go
9.    Best Friend
10.  4 Ben
11.  Turn On The Radio
12. 
Petr
13.  The Needle
14.  Fire

 

Jef Barbara sur Tricatel !

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Nouvelle signature du label Tricatel, le Canadien Jef Barbara publiera son premier album « Contamination », le 5 mars prochain. En attendant de découvrir sur disque celui qui brasse des influences oscillant de George Michael à Marlène Dietrich, en passant par Bryan Ferry, plusieurs clips sont visibles sur la toile.

"Les Homosexuelles" : http://youtu.be/1zkndwY1OeQ
"Wild Boys" : http://youtu.be/vGg2-63QlD4
"Cocaïne Love" :
http://youtu.be/IJdNM6IhNhM

Pour plus d’infos : http://http://www.myspace.com/jefbarbara

 

Zita Swoon sous l’attente…

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Zita Swoon publiera « Wait for Me » le 20 février prochain. Cet album est le fruit de la collaboration entre la bande à Stef Kamil Carlens et les musiciens burkinabais Awa Démé et Mamadou Diabaté Kibié. Au programme : une rencontre entre la musique occidentale et le Mandinka.

A découvrir le 4 mars à l’Ancienne Belgique à Bruxelles et le 14 du même mois au Lotto Mons Expo.

 

Lady Linn n’a pas l’intention de faire ses adieux…

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Avec sa frange à la Betty Page et son sourire radieux, lady Linn flanquée de ses Magnificent Seven, publiera au printemps prochain l’album « No Goodbye At All », un disque qui a bénéficié de la production de Renaud Létang. Des références ? Duke Ellington, Dinah Washington et Ella Fitzgerald. Des influences ? La pop rétro des 60’s et la bossa nova. Les mélodies cuivrées, sont en outre, illuminées par la voix chargée d’émotion Lady Linn…

Le clip « Cry Baby » est visible sur la toile : http://www.youtube.com/watch?v=S3hTTQBcyCw

Pour plus d’infos : http://www.ladylinn.be/

 

Les inédits de DJ Kicks pour février.

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L’excellente série ‘DJ-Kicks’ publiera ses titres inédits en février prochain. Elle sera sous-titrée ‘Exclusive’. Que du beau monde au programme : Hot Chip, Gold Panda, Apparat, etc.

1. Four Tet - Pockets
2. Henrik Schwarz - Imagination Limitation
3. Hot Chip - My Piano
4. Booka Shade - Numbers
5. Chromeo - I Can’t Tell You Why
6. The Juan MacLean - Feel So Good
7. Holden - Triangle Folds
8. Kode9 - You Don’t Wash (Dub)
9. Apparat - Sayulita
10. Soul Clap - Lonely C feat. Charles Levine
11. Motor City Drum Ensemble - L.O.V.E.
12. Scuba - M.A.R.S.
13. Gold Panda - An Iceberg Hurled Northward Through Clouds

14. Photek & Kuru - Fountainhead

 

DucHeSs SaYS

The Queen is dead? God saves Duchess !

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Exercice périlleux pour lequel j’affiche toujours une certaine appréhension, l’établissement d’un Top proposant le meilleur du meilleur de l’année écoulée me pousse toujours à retarder l’échéance au maximum. Bien m’en a pris, puisque ce jeudi quinze décembre, m’était donné l’occasion d’aller applaudir les Canadiens de DucHeSs SaYS, pour ce qui restera, d’un point de vue scénique, un des hauts faits d’armes de 2011.

Au vu de leur prestation incendiaire, pleine de gouaille et de rébellion bon enfant, dont le souvenir brûlant dessine encore quelques jours plus tard un rictus jubilatoire aux commissures de mes lèvres à peine engourdies par les premiers froids, je ne peux que les asseoir définitivement sur le trône consacrant la prestation de ces douze derniers mois.

Ce soir, je me suis échappé de ma cage sur le tard, et malgré un vol sans encombre, je déplore devoir manquer à l’appel de Lady Fucked Up. Gentes demoiselles, veuillez me pardonner ce malencontreux contretemps qui ne m’a pas permis de juger de votre prestation. D’autant plus que selon les rumeurs, elle était des plus réussies. Jeunes pousses du label Cheap Satanism Records, ces fleurs du mâle devraient me permettre au plus tôt de pallier à ce manquement, car je ne doute pas avoir l’occasion de les croiser à l’entame de l’an nouveau. Et pour sûr, je ne manquerai pas d’en faire le compte rendu, ici même.

Il est à peine un peu plus de vingt heures et les Parisiens de Pilöt prennent corps sur le devant de la scène.

Petit bout de femme étrangement vêtue, Alex C.T. De Selve, chanteuse de son état, se dresse alors dans la lumière, et sa douce folie s’étend alors comme une ombre démesurée qui va planer tout au long du set, sur un public happé par son chant sauvage et sa fausse fragilité.

L’ossature tour à tour cambrée, puis recroquevillée dans un pyjama enfantin trop large, rappelant les baigneurs du début du vingtième siècle, elle étrangle sa voix avant de la laisser prendre corps et finalement subjuguer l’auditoire.

Illustration parfaite de la brindille allumant un feu de forêt.

Sur le fil d’un rasoir dont la lame entaille joyeusement les poncifs de multiples genres, du Punk aux épileptiques soubresauts d’un Rock Bleu-Blanc-Rouge désireux de se faire plus anglophile que la très chère Albion, Pilöt libère une énergie primale que l’on rencontrait chez Sloy, autre fantastique groupe Hexagonal.

Une belle claque, qui annonçait une fameuse gifle…

Parce que confronté à DucHeSs SaYS, l’ampleur du séisme allait encore gravir quelques échelons sur la réglette de Richter.

Dresser le tableau de l’univers frappadingues de ces Québécois me demanderait plus de nuances que ma palette n’en comporte.

Ces prédicateurs de l’Eglise des perruches (un ordre mêlant clairvoyance et astrologie) déconstruisent et reconstruisent à leur guise les préceptes du Saint Rock, en y ajoutant une bonne dose d’humour et de démence sauvagement dosée.

Annie-Claude Deschênes, en grande prêtresse de cérémonie, sait y faire quand il est question d’haranguer les foules et amener le public à communier dans une orgie sonore explosive.

N’hésitant pas à inscrire le titre du morceau suivant au feutre indélébile sur le bras d’une spectatrice, à frapper le front des plus distraits ou encore à subtiliser quelques draps de son hôtel pour les transformer en étendards festifs animés par son auditoire, la charismatique Canadienne a passé les trois quarts du concert au milieu d’une foule enchantée et prête à en découdre, comme le prouve les nombreuses invasions ‘on stage’, aux côtés de musiciens vraisemblablement acquis à cette cause et passablement indifférents à ce genre de débordements.

D’un bout à l’autre de ce concert mémorable, tension et frénésie se taillent la part belle d’un gâteau que l’on mangerait jusqu’à l’indigestion.

Au final, on aura droit à deux rappels ‘expérimentaux’. De quoi asseoir la popularité de ces Ducheess au regard d’un Magasin 4 ravi d’une telle débauche de saine folie, et surtout au mien.

Pour ceux qui avaient eu la chance d’assister à un de leurs sets (notamment celui accordé à Dour, cet été), comme pour les autres qui les découvraient ce soir, DS démontre qu’elle est une formation à voir, revoir et re-revoir absolument !

Certains concerts vous donnent le sentiment d’assister à un événement. Parce que pléthore de groupes préfèrent se la jouer ‘sérieux’ et ne dégagent pas grand-chose, si ce n’est un ennui profond, il faut participer à un concert de DucHeSs SaYS, au moins une fois dans sa vie.

Lady Fucked Up + Pilöt + DucHeSs SaYS

(Organisation : Cheap Satanism Records + HeXaGEN + Magasin 4)

Ty Segall

Goodbye Bread

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Ty Segall est un artiste un peu fêlé. Mais son talent est indéniable.

Relativement moins sauvage que ses précédents essais, « Goodbye Bread » explore le côté le plus pop du jeune prodige californien. Il affiche ici une forme de maturité inattendue, bien loin des volées de bois verts lancées à la face d’un monde en perpétuelle recherche d’un diamant brut à polir. Et pour y parvenir, il a décidé de piller avec grâce et élégance sa collection de disques les plus incandescents.

Pointant son « Revolver » droit sur la cible, il tire à bout portant dans le garage de ses grands parents. Insaisissable, il s’offre ainsi le portrait de Beck et dégomme le fantôme de Jay Reatard avec insolence.

Jamais trop propre sur lui, iconoclaste et adepte d’une cool attitude irrésistible, le gaillard nous livre ici un digne successeur à son « Melted », maintes fois plébiscité par les férus de Rock sixties bien crade et un rien barré.

C’est un sacré bon disque au cours duquel, sous ses allures foutraques, l’artiste dissimule mal une certaine révérence à ses aïeuls. Mais comme il affiche avec un tel aplomb, une telle fougue et même une telle candeur, on ne saurait que (se) (ré)jouir pleinement d’un tel bonheur…

 

Rustie

Glass Swords

Écrit par

Originaire de Glasgow, Rustie militait, à ses débuts, dans l’univers du hip-hop. Puis, il a décidé de s’orienter vers l’électro. Et grand bien lui en a pris, car pour un premier opus, le jeune musicien vient de frapper fort. Non seulement, il affiche une grande maîtrise du ‘beat’, mais il possède un art inné pour développer des mélodies house.

L’elpee s’ouvre par "Glass Swords", une plage qui baigne de manière assez surprenante, dans les sonorités tribales. Mais au fil des écoutes, on se laisse emporter par le rythme, d’abord endiablé, puis finalement irrésistible. Ce qui autorise une comparaison avec une légende du genre, Daft Punk.

Particulièrement agréable à écouter, "Surph" déborde d’énergie. Et "Hover Traps" aurait pu devenir un tube s’il avait pu bénéficier d’un refrain contagieux. N’empêche, sur le dance-floor, il devrait mettre tout le monde d’accord. Enfin, celles et ceux qui ne jurent que par l’électro pure et dure ; car pour les non-initiés, ce style risque fort de devenir rapidement lassant. Chacun ses goûts !

Bref, « Glass Swords » est un LP qui se révèle, dans son ensemble, fort réussi. Une étoile montante de l'électro à surveiller attentivement. Et une nouvelle fois, la preuve que le label Warp a toujours le nez creux…

 

Petula Clarck

Instinction

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Manifestement, pour l’instant la Cité du Doudou a le vent en poupe. Alors que Di Rupo vient d’être nommé Premier ministre, le duo montois Petula Clarck nous propose son second opus. Deux évènements qui n’ont aucun rapport, mais qui suscitent un certain intérêt. Voire un intérêt certain. Musiczine ne traitant pas de politique, nous nous concentrerons donc sur Petula Clarck.

Aucune crise identitaire chez Petula Clarck. Les deux enragés reprennent les affaires là où ils les avaient laissées il y a deux ans, lors de la sortie de l’excellent « Aye-Aye-Aye », un elpee qui leur avait permis de se faire connaître.

Dès le morceau d’ouverture, Petula Clarck prend le taureau par les cornes ou plutôt le dragon par la queue (comme tout bon Montois qui se respecte). La formule n’a pas changé. Quatorze morceaux chargés d’intensité et efficaces qui ne dépassent pas les deux minutes. Enfin, à l’exception de deux plages. Les riffs incisifs sont omniprésents. Les drums convulsifs et frénétiques. L’énergie est communicative. Et sans s’en rendre compte, les pieds battent la mesure, tandis que la tête suit le mouvement. Différence quand même, les cris sont moins présents… Autant dire que si vous ne parvenez pas à vous contrôler, dans le métro, les gens vous regardent de travers. D’ailleurs, j’aspire à assister à un de leurs sets, afin de pouvoir gesticuler, en toute tranquillité.

Bref, si chez Petula Clarck, le style est de mieux en mieux maîtrisé, il serait peut-être souhaitable que le groupe commence à se remettre en question. Afin de ne pas épuiser le filon jusqu’à le rendre stérile. Et ainsi nous réserver de futures et bonnes surprises…

 

Paranoid Castle

Champagne Nightmares

Écrit par

Après nous avoir permis de découvrir Astronautalis, responsable d’un superbe premier album chroniqué en ces pages la semaine dernière, le label yankee Fake Four Inc persiste et signe en nous livrant le second opus de Paranoid Castle. Deux petits bijoux sculptés dans un hip hop particulièrement novateur. Et franchement, dans le style, l’écurie se révèle la plus intéressante, pour l’instant. D’ailleurs, je dois avouer que depuis quelque temps, ma flamme pour le hip hop était occupée de s’éteindre. Et ce label américain, grâce à ces deux opus, vient tout simplement de ranimer les braises…

Paranoid Castle est né de la collaboration entre Kirky Dominant, un rappeur issu d’Oakland mais aujourd’hui établi à New York, et le producteur canadien Factor. Une association qui est née en 2003. Intelligents, ironiques, sarcastiques même, les lyrics abordent les relations humaines difficiles. Ils sont tour à tour chantés ou rappés par Dominant. Mais contrairement à ses condisciples du genre, il aborde ses thèmes avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Et le tout est superbement soutenu par les beats et les samples de Factor. Un coup de cœur ? « Stacey Is Doing WAY Too Much », une plage qui baigne dans une atmosphère ‘bon enfant’…

Rafraîchissant, allègre même, « Champagne Nightmares » est un album à consommer sans modération.

 

Mr. Oizo

Stade 2

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Nouvel opus de Mr. Oizo, « Stade 2 » constitue un pur exercice de style comme peut si bien les produire Quentin Dupieux, depuis ses débuts. L’électron libre d’Ed Banger n’en fait jamais qu’à sa tête et sa nouvelle production ne déroge pas à la règle. Les beats délirants, distordus et puissants issus d’un cerveau passablement dérangé (si en juge ses films complètement barrés comme ‘Rubber’, sorti l’année dernière) sont toujours au programme. Le hit « Flat Beat » pour la pub de Levi’s lui a permis de bénéficier d’une grande liberté d’action et le Français ne s’en prive pas. Les 13 plages de « Stade 2 » aux titres loufoques (« Camelfuck », « Oral Sax » ou « Douche Beat ») oscillent entre house, rock et acid tout en s’offrant des samples souvent drôles. Pas la moins mélodie à l’horizon, mais de l’électro massif et percutant. Un album libre et irritant à la fois mais probablement jouissif lorsqu’on est dans un état second (« Stade 2 » ?) Evidemment, celui-ci n’est pas prêt de passer sur France 2 !

 

Miossec

Chansons Ordinaires

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Miossec n’est certainement le plus poétique des paroliers francophones, mais appartient sans aucun doute à la catégorie des plus directs! Il n’enrobe pas ses paroles d’un doucereux emballage ! Ce n’est pas nécessaire pour donner le goût au travail du Brestois. Ses « Chansons Ordinaires » perpétuent sa tradition. Pas question de déroger à la règle. Mais soyons honnêtes, ses coutumes musicales ne métamorphosent pas Christophe Miossec en artiste transcendant. Ce huitième opus va contenter son public déjà acquis à sa cause, mais aura du mal à en conquérir un nouveau. Les textes sont pour la plupart relativement faibles, faciles. Les mélodies manquent de renouvellement. Et on ne rencontre pas sur ce disque les plus grandes compos de l’auteur-compositeur-interprète français. Là où il y a un véritable effort, c’est sur le titre qu’il a adopté. C’est en effet un record de longueur qu’il a établi en choisissant « Chansons Ordinaires », puisque jusque là, celui qui dénombrait le plus de lettres était « A prendre ». Je me moque un peu parce que les chansons sont intitulées de manière un peu simpliste (« Chanson que personne n’écoute », « Chanson pour les amis », etc.). L’origine remonte à l’entre-deux guerre où les chansons avaient toutes une fonction et étaient baptisées par rapport à celle-ci. Mais n’éternisons pas cette chronique qui suscite aussi peu d’intérêt que l’elpee auquel il se rapporte.

 

Mina May

Everything was beautiful and nothing hurt

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Mina May et l’actrice porno du même nom n’ont aucun point commun. Enfin, presque, puisqu’on ne décèle rien que de la testostérone chez ce quatuor toulonnais formé en 2000 : Antoni (basse-claviers-guitare), El Pulpo (batterie), Kriss Baritone (guitare) et Flashing Teeth (voix, guitare, claviers). Après avoir accordé des centaines de concerts, un premier album éponyme sort en 2008, puis un remarquable Ep (« Skylarking »), l’année suivante. La formation décide alors de partir et de s’évader pour mieux se retrouver. Leur année passée ensemble à Montréal a donné naissance ce 15 novembre à « Everything was beautiful and nothing hurt », un opus publié sur le label indépendant Pacinist / Almost music.

Un album puissant, qui démarre sur les chapeaux de roue, en balançant des sonorités à la Ghinzu. Excusez du peu ! La suite ne déçoit pas. C’est du rock, du vrai, toutes guitares électriques dehors et ambiances psyché empruntées aux Doors. C’est enivrant, hypnotique. La façon de chanter (en anglais) de Flashing Teeth n’est pas sans rappeler les années New Wave. Siouxsie, tout particulièrement. Mais la voix proprement dite ressemble à celle de Frank Black, des Pixies. Une sacrée référence encore ! Le cinquième morceau marque une rupture nette et soudaine. « Everything was beautiful and nothing hurt » est beaucoup plus électro, la voix est plus présente et plus torturée. Un bijou. « Visitor » a des allures de longue litanie déstructurée, davantage parlée que chantée. Sur « Think Twice », on retrouve le style autrement plus rock du début de cet elpee. Les guitares de « Nails on stainless steel » sont stridentes, presque dérangeantes pour qui serait sensible aux acouphènes. « Rising sun » nous permet de planer pendant 6 délicieuses minutes électro. Et nos boys psychédéliques concluent par « In the turmoil », lors d’un mélange rock et synthés vintage qui résume bien leur style, souvent comparé à celui de Radiohead, à très juste titre.

Bref, un disque riche, ambitieux, intéressant, intelligent et qui brasse une multitude d’influences. Ne passez pas à côté de cet elpee typiquement anglo-saxon et pourtant bien français. Un grain de folie et beaucoup de talent. Et plus on écoute, plus on aime, vous êtes prévenus !

 

Manatee

Like a small animal

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Ce premier Ep marque les débuts de Manatee, groupe issu de Normandie, créé en 2009. Le trio de Caen (Maxime Marais, Tiphaine Moreau et Charlotte Paiola à la voix) a fait sensation au festival Nördik Impakt, en 2010. Manatee est à la fois un fleuve des Etats-Unis et le nom anglais d’un mammifère marin, mais il s’agit surtout ici d’un clin d’œil adressé à Animal Collective et leur album « Danse Manatee ».

Ce que les Français ont gravé là, c’est de la pop acidulée et rafraîchissante dans la veine des Cranberries ou des Cardigans. Du moins pour les deux premiers titres. L’Ep s’ouvre sur « Blind night Travel », au rythme entraînant et enivrant. « Reflection » est sans conteste le meilleur morceau de l’elpee. Gâce à la sensibilité et la simplicité de sa mélodie. C’est magique, scintillant, comme un manège de chevaux de bois qui prendrait son envol. La chanteuse nous envoûte en anglais sur des rythmiques électro. « The one » et « Sponge » nous invitent à plonger dans le monde sous-marin à l’aide de sonorités aquatiques, organiques, parfois un peu agaçantes. Ces deux derniers morceaux plus artificiels, déstructurés et synthétiques ne plairont peut être pas au plus grand nombre, mais font de Manatee un groupe à part sur la scène pop.

Gageons que le trio continuera sur sa lancée prometteuse et nous proposera prochainement un album complet plus jusqu’au-boutiste dans son approche.

 

David Lynch

Crazy Clown Time

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David Lynch cherche de nouveaux horizons pour chouchouter son cher public. Il choisit donc de se laisser choir dans la chanson. Charmante idée à priori! Changeant de ton sur chaque piste, l’une chassant l’autre comme on jetterait un chat noir tel un chiffon dans une chasse aux sorcières. Certains se sentiront chagrinés par ces enchaînements peu chatoyants, d’autres déboucheront peut-être le champagne et chantonneront : ‘Lynch est un génie, un champion toutes catégories’. Mais cet album est plutôt charcuté et digne d’un charlot que chargé et blindé comme un char prêt à écraser chaque obstacle sur son chemin. « Crazy Clown Time » fait chuter le cinéaste au rang de charlatan. Il nous sert du réchauffé, il ne chamboule pas le monde musical. Il a versé dans un chaudron de vieilles chaussettes usées qu’il espérait changer en chant chaleureux. C’est quelque peu le chiche-kebab. On ne sait pas trop ce qu’on peut trouver dedans. C’est de la chirurgie, on rafistole. Mais nous ne sommes pas de vulgaires chameaux qui peuvent être chahutés au bon vouloir des chacals qui les entourent, il faut que l’on puisse s’abreuver aux bonnes sources. Dès lors, si son challenge était de chambarder, ce vieux charognard n’a pas raté son coup. Son disque est bien chaloupé, il nous fait même parfois un chouia chanceler, il nous chatouille les tripes. Mais cet ensemble parait aussi chétif qu’un château de cartes. Si un chasse-neige passe par-là, il aura vite fait de chaparder la place de David Lynch.

« Crazy Clown Time » est une allitération musicale (vous savez cette répétition de sons dans une phrase ou un texte). C’est indiscutablement un exercice de style, mais je vous laisse juger si c’est poétique ou si, au contraire, c’est d’une lourdeur profonde.

 

Clare Louise

Castles In The Air

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‘Tout ce qui brille n’est pas or’. Tiens, pourquoi les apparences peuvent être trompeuses, lorsqu’on évoque Clare Louise ? Elle a une jolie voix, ses mélodies sont à la fois entraînantes, douces, subtiles et légèrement folk et quoique vivant à Bruxelles, elle n’incarne pas pour autant une nouvelle découverte belge, quoique…

Née entre Normandie et Bretagne, mais exilée dans notre capitale pour terminer son cursus scolaire, Claire Girardeau décide, diplôme en poche, d’y rester pour tenter de percer dans son domaine de prédilection, la chanson folk. Baignée lors de son Erasmus par les rythmes irlandais, c’est tout naturellement qu’elle se rapproche du chant traditionnel et du folklore celtes.

Un premier Ep plus que confidentiel ne la décourage pas. Et bien aidée cette fois par Marc Huygens (ex-Venus), elle réussit à enregistrer douze titres sur ce premier album. Bénéficiant de la collaboration de ses fidèles acolytes Charlotte Danhier au violoncelle et Cédric Van Caillie à la guitare, mais aussi d’un petit coup de pouce de quelques invités, dont Tuur Florizoone, Françoise Vidick (JOY) et Mathieu Catala (Balimurphy), notre Belge d’adoption atteint son objectif. Il en résulte une première œuvre intime, fragile, raffinée.

Portées par une voix pure et somptueuse, haut-perchée et profonde, ses douze chansons sont autant de compositions intemporelles, tantôt emplies de simplicité, tantôt minutieusement arrangées.

La réussite est au rendez-vous. Les guitares et le violoncelle, se partagent seuls le pouvoir de véhiculer ces mélodies délicates.

Premier véritable essai gentiment transformé pour ‘notre’ adoptée, longuement bercée par les guitares des Dylan, Neil Young et autre Joni Mitchell qu’écoutaient ses parents dans les brumes qui cachent parfois le Mont Saint-Michel.

 

Louise Attaque

Du monde tout autour

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Premier Best-Of pour Louise Attaque, qui célèbre 17 ans de tubes. Car Louise Attaque c’est une machine à tubes ! Et on les reconnaît immédiatement à la voix cassée de Gaëtan Roussel et au violon d’Arnaud Samuel. Le quatuor compte aussi Robin Feix à la basse et Alexandre Margraff aux drums. Leur travail a d’ailleurs été récompensé par trois victoires de la musique. Et leurs chansons ont marqué toute une génération de trentenaires.

Leur premier opus « Louise Attaque » sort en 1997 et se vend à 2,5 millions d'exemplaires (!) ; le second « Comme on a dit », en 2000, s’écoule à 700 000 ! Le groupe se sépare alors momentanément. En 2005, ils gravent « A plus tard crocodile ». En 2009, en solo, Gaëtan Roussel publie « Ginger » (et hop, encore une victoire de la musique). Mais aujourd’hui, le temps d’un instant, le groupe se reforme et propose un véritable petit trésor pour les fêtes de fin d’année.

Vous pensez ne pas connaître tous les morceaux de ce Best-Of ? Détrompez-vous ! Ecoutez et vous serez surpris d’entendre que tous sonnent familiers.

De « Amours », « Ton invitation », le célébrissime « J’t’emmène au vent », « Les nuits parisiennes », « Savoir » et « Léa » (issus de leur premier album – une des meilleures ventes dans l’histoire du rock français) à « Depuis toujours », « Si l’on marchait jusqu’à demain » et « Si c’était hier » (« A plus tard Crocodile »), en passant par « Tu dis rien » et « La Plume » (« Comme on a dit »), ils n’ont certainement eu aucun mal à composer cette compile à partir de leurs trois albums. Mais quels albums !

Ce Best-Of recèle aussi deux inédits : « Snark », ressuscité des débuts de Louise Attaque (en 1998), et le single de lancement de l’album « Du monde tout autour », qui porte clairement leur signature et tourne déjà à profusion sur les meilleures radios. On vous le dit, ils sont forts, très forts !  

Le coffret Edition Collector réunit le CD 17 titres, un DVD d’1h30 offrant 4 titres live, 2 documentaires et le clip du single « Du monde tout autour », ainsi qu’un livret 24 pages, 2 stickers et 3 lithographies. Dessin original de Robin Feix. Les fans sont gâtés !

 

Los Campesinos!

Hello Sadness

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Un titre hommage à Françoise Sagan, pour étaler la confiture, un album enregistré à Girona (Espagne), pour le côté ‘exotique’, des claviers vintages, pour la hype, un pop-rock dans le vent, pour imiter ses pairs… « Los Campesinos ! » aurait-il sorti, sabots aux pieds, la panoplie complète destinée aux clubs des popeux branchés ? Une plaquette pop de plus ? Fort heureusement, le bilan de « Hello Sadness » n’est pas si dramatique. Le quatrième long-playing des génies pop-rock en provenance de Cardiff  respire la générosité et la sincérité. Dix titres, évoquant l'amour, la rupture, la perte, le chagrin, les corps emmêlés, spontanément sortis des tripes de Gareth Campesinos ! Un album instinctif dans lequel le chanteur s’épanche sans retenue, parle de lui, confie son expérience. Le contexte général change alors le décor musical. Il amorce une certaine rupture artistique et donne à entendre des compositions sensiblement teintées de mélancolie (« Every Defeat A Divorce (Three Lions) », « Hate For Island »).  

Après avoir conquis l’Europe et les Etats-Unis, grâce à trois albums salués par la critique, mais également à des tournées intenses accomplies aux quatre coins du monde, lui permettant de se produire dans des festivals prestigieux tels que le Primavera en Espagne ou le festival des Inrockuptibles en France, la formation galloise nous revient aujourd’hui à la tête de chansons pop directes et concises, à l’image du premier extrait « By your hand ». Des arrangements à la production, en passant par la qualité des textes, tout indique que « Los Campesinos! a changé de cap. De quoi ravir les fans et attiser la curiosité des autres ! ‘C’est par l’urgence, les couleurs, l’excentricité et l’hédonisme que Los Campesinos! rénove la pop music’.

Un détour intimiste qui aura néanmoins le mérite d’attirer la curiosité des amateurs du genre.

 

Krux

III – He Who Sleeps Amongst The Stars

Écrit par

Fruit d’une maléfique collaboration entre des ex-musiciens d’Entombed, d’Opeth, et de Therion, Krux est diaboliquement emmené par Leif Edling, actuel Candlemass, dont le split serait imminent !

Troisième volet d’une trilogie taillée dans un doom spatial seventies à souhait, Krux III élargit encore ses horizons en envoyant quelques riffs plus actuels, bien palpables dans l’intro de « Emily Pane » chargée de chœurs à la Therion.

Titre épique d’une dizaine de minutes, « Prince Azaar And The Invisible Pagoda » s’avère tout simplement magistral. Son break sublime est dominé par une basse au son ultime, le tout dans une atmosphère moins spatiale, mais pas très loin d’une dimension cinématographique.

Hommage ou simple hasard ? Une plage nous renvoie carrément dans le ciel d’un Rainbow, époque RJ Dio, c’est une évidence.

« The Death Farm » se veut plus direct, plus doom dans la tradition années 80. On pense même à Nemesis, la toute première mouture de ce qui deviendra Candlemass.

Ce troisième tome  se distingue enfin par la grande qualité de ses solos de guitare, des parties comme on en trouve rarement au sein de la scène actuelle du metal pachydermique. Fredrik Akeson est tout simplement bluffant, aussi à l’aise dans la mélodie que dans les exercices plus ténébreux. Krux nous invite à découvrir une autre vision du doom, tout au long d’un futur classique qui, souhaitons-le, permettra  à Edling et sa troupe de ne plus tirer le diable par la queue, à l’avenir.

 

Chilly Gonzales

The Unspeakable Chilly Gonzales

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Chilly Gonzales, jamais à court d’idées, revient moins d’un an après la sortie de l’album-concept au résultat mitigé, « Ivory Tower ». Pour la circonstance, le délire du Canadien est autrement plus fun que son escapade précédente. Pas de long métrage pour accompagner cette nouvelle galette, mais un orchestre. Car Jason Beck, alias Gonzales, propose le premier album de rap entièrement orchestral de l’histoire ! The Roots se sont d’ailleurs presque immédiatement emparés du concept en annonçant que le successeur de « Undun », leur nouvelle galette, surferait sur cette vague. Gonzo retourne donc à ce qu’il fait de mieux sur ce « The Unpeakable Chilly Gonzales » : surprendre l’auditeur.

Les trompettes chevaleresques de « Supervillain Music », les percussions et le refrain entêtant de « Party On My Mind », les cordes cinématographiques de « Different Kind Of Prostitute » sont autant d’éléments intrigants qui font de cette galette l’une des plus intéressantes de l’année. « Shut Up And Play The Piano », clin d’œil à son excellent « Piano Solo », referme sublimement la galette. Pour arriver à un tel résultat Chilly Gonzales s’est payé les services de… son frangin, le compositeur Christophe Beck (responsable notamment des B.O. de Buffy The Vampire Slayer, Very Bad Trip, Percy Jackson, etc.) ainsi que de son amie de toujours, Leslie Feist, qui a, pour l’occasion, endossé le rôle de coach vocal ! Le résultat : neuf morceaux solides, entre rap et musique de film. Un mariage de genres qui ne devrait laisser personne indifférent, à commencer par les fans de Gonzo. A quand l’opérette électro ?

 

The Fox Heads

We Want to be Numb

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Les fans des Beasties Boys sont invités à écouter impérativement « We Want to be Numb », le premier album de The Fox Heads, un duo qui mélange brillamment le hip-hop old school et l’esprit indie. Un ‘hip-pop’ franco-canadien bicéphale composé du MC Ira Lee –déjà entendu aux côtés de Rubin Steiner sur l’immense et rigolo « Gay & Proud »– et du producteur tourangeau Funken.

Bénéficiant du concours remarqué d’artistes ou de groupes comme Boogers, Pneu ou Mesparrow (NDR : l’inénarrable « Tits » rappelle les œuvres honteuses mais jouissives de Bloodhound Gang), The Fox Heads explore l’électro-pop (« We Want to be Numb »), le rock  (« Best Day » et « Single Friends », deux compos qui s’inscrivent manifestement  dans la lignée du Français Boogers) et la pop (« Google It »). Ce single ainsi que « Happy Father’s Day », une plage magnifiée par le flow très cool d’Ira Lee, sont drôles et truffés de traits d’esprit. Et difficile de résister à l’humour pétillant qui en émane.

Sculpté dans un hip-hop hybride et positif, « We Want to be Numb » est un véritable concentré de bonne humeur !