New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Kings Of Convenience

Riot of an Empty Street

Le premier album des Kings of Convenience formulait cet adage : « Quiet is the new loud », et le monde de vibrer à nouveau pour le tout acoustique, trente ans après Simon and Garfunkel et Nick Drake. Depuis lors, Erlend Oye s’est mis à l’électro (son album solo, un DJ Kicks, une collaboration avec Royksopp) et le bruit est revenu fort à la mode. Mais le duo de Bergen réapparaît dans cette tourmente, et nous refait le coup des harmonies vocales et des guitares en bois. Résultat : « Riot of an Empty Street » sonne comme son prédécesseur, apportant peut-être cette touche bossa qui donne envie de danser (en chaussettes) sur le dance-floor (« I’d Rather Dance with You », tube amoureux qui met la pêche quand on s’ennuie). Mais attention, ne pas confondre fragilité et efféminé : Erlend Oye et Eirik Glambek Boe ne sont pas des tapettes qui pleurnichent, même si leur folk doucereux ne plaira sans doute pas aux fans poilus des Darkness… « Riot… », au contraire, caresse gentiment nos oreilles, et s’écoute au mieux en pleine quiétude dominicale. Ces deux-là n’ont peut-être pas inventé l’eau chaude, mais leurs ballades légères et romantiques font du bien quand autour de nous règne le bordel. Un peu d’amour, quoi… C’est la seule chose qui compte.

David Kitt

The Black and Red Notebook

David Kitt est sans doute un des songwriters anglais les plus mésestimé de ces dernières années : « Small Moments » et « The Big Romance », ses deux premiers albums (2000 et 2001), contiennent pourtant de splendides morceaux folk, à la lisière d’autres genres aussi féconds que l’électro, le kraut rock et la new wave. Passé tout aussi inaperçu, « Square 1 », sorti il y a un an et demi, déblayait encore plus ce terrain mouvementé et fertile : décidément David Kitt appartenait bien à la classe des meilleurs, mais le sort voulut qu’il resterait dans l’ombre, à éviter les coups de soleil médiatiques. Après avoir commis cet opus, la situation ne changera sans doute guère ; en fait une compilation de reprises (exception faite d’« All Night Long » - rien à voir avec Lionel Richie)… Bref un disque de récré qui plaira d’abord aux fans, mais qui pour les autres peut servir de tremplin. Parce qu’il contient tout l’univers de Kitt (l’acoustique introspective, le beat minimaliste, la transe vaporeuse), mais pour la circonstance au service de covers : « Magnolia » de J.J. Cale (de « Naturally », « le disque préféré » de Kitt), « Teenage Riot » de Sonic Youth (où l’on retrouve la furie live de David Kitt), « Dancing in the Moonlight » de Thin Lizzy, « Pressure Drop » de Toots & the Maytals,… Mais quand donc David Kitt sera-t-il reconnu à sa juste valeur ? La patience est une vertu, et comme le disait Beverly Sills : ‘Aux vrais sommets, nul raccourci’.

Amen (USA)

Death before musick

Écrit par
Oubliez Marilyn Manson et intronisez Casey Chaos en véritable Antéchrist. Car voilà l’ennemi public numéro un aux States. Troublion sorti de Californie, Amen se démarque surtout par la personnalité de son leader, le bien nommé Chaos, énergumène braillard et despotique. Prolifique, enragé et engagé, le gaillard pond les chansons aussi rapidement que les pendules et tire à boulets rouges sur tout ce qui passe : politique, mœurs, famille. Jouant des images plus que de musique, chaque sortie du groupe vaut son pesant d’or en collages et clichés chocs, frisant parfois la drôlerie involontaire (la sucette/vibro de l’adolescente pré-pubère du 2ème album). Passé ces moments de décorticage visuels et tentant de repérer les nombreux plagiats, avouons que la musique d’Amen casse les c******* assez rapidement. Et même si à la base le combat de Chaos reste louable, s’enfiler l’intégralité de l’album d’une traite relève du masochisme. On préférera donc s’en écouter une rasade avant d’aller bosser. Effet garanti ! Paradoxalement, Amen bénéficie donc d’un capital sympathie supérieur à la moyenne ; même si musicalement, le groupe atteint rarement des sommets. Pour l’anecdote, signalons que Chaos a tapé de la basse chez Christian Death et à produit un titre des 80’s Matchbox B-Line Disaster... Dernière interrogation : est-ce que Biafra (Dead Kennedys) touche au moins des royalties ? California Über alles après tout...

Tortoise

It´s All Around You

Tortoise, sans doute le groupe américain à qui on peut reprocher d’avoir lancé (grosso modo) la vague post-rock il y a plus de dix ans. Avec le temps, difficile de se souvenir du bien-fondé de cette étiquette : post-rock ? Du recyclage en règle d’une certaine tendance jazz et kraut-rock (Can, Weather Report,…), voire la version pédante d’un rock progressif qui fit le malheur des coiffeurs dans les années 70. En 2004, que reste-t-il de Tortoise, cité à tort et à travers depuis ce jour béni (sic) où dans leur cave John McEntire et ses potes ont eu la bonne idée de s’essayer au vibraphone ? Pas grand-chose. Du moins c’est ce qu’on croyait après le pénible « Standards », sorti il y a quatre ans sur Warp et qui voyait Tortoise s’enliser dans une bien piètre caricature : la sienne (du post-post modernisme ?). D’où cette résolution pour l’année nouvelle : revenir à quelque chose de moins ambitieux mais de plus excitant, bref éviter l’esbroufe techn(olog)ique et parier cette fois sur l’humain, le plus terrestre. Sur cette nouveauté : des voix (certes passées au crible synthétique), sur le très beau « The Lithium Stiffs »… Tortoise prouve ainsi qu’il lui est encore possible d’un peu renouveler sa palette sonore : épicé par ses riffs bourdonnants et sa batterie qui vitupère, « Salt the Skies », le titre de clôture, sonne même franchement (post-) rock’n’roll. Mais que les fans se rassurent : « It’s All Around You » est du Tortoise pur jus, infusé par ce bon vieux vibraphone (les typiques « Stretch » et « On The Chin ») et ces subtiles collisions sonores, moins surprenantes qu’il y a dix ans, mais toujours un poil au-dessus de la mêlée.

Triggerfinger

Triggerfinger

Du blues-rock bien couillu dans la tradition US, plein de guitares qui bourdonnent et de rythmes tournoyants : Triggerfinger nous vient pourtant de Flandre, et ses trois membres ont joué avec Hooverphonic, Monza, BJ Scott et Angelico. Rien de très rock’n’roll, donc, mais qu’on ne s’y trompe pas : Triggerfinger connaît ses classiques (Led Zeppelin, QOTSA, JSBX, Bad Company,…). Pas étonnant dès lors qu’Herman Schueremans les ait invités pour jouer cette année sur la Mainstage de Werchter. Le son est énorme, même sur la reprise étonnante d’« Au Suivant » de Jacques Brel… Pour les fans de rock qui cogne et qui colle de près aux racines du blues. Solidement roots et sacrément jouissif. Envoyez la purée !

Wovenhand

Consider the birds

Écrit par
Périodiquement, les musiciens de l6th Horsepower développent leurs projets personnels. Enfin, pas tout a fait, puisque Lilium est aujourd’hui celui de Pascal Humblet et de Jean-Yves Tola ; alors que Wovenhand appartient exclusivement à David Eugène Edwards. Pour enregistrer « Consider the birds », David a bien reçu le concours de l’un ou l’autre collaborateur épisodique ; et notamment de Daniel Memahon au piano. Mais en général, il assume l’essentiel de l’instrumentation. Le chant aussi, bien sûr. Sa voix est toujours aussi expressive, profonde, bouleversante ; et véhicule des paraboles torturées par les démons qui rongent sa conscience. Et en particulier le conflit entre la morale biblique et les tentations sexuelles. Moins expérimental que « Blush music », elpee destiné à sonoriser un ballet, ce troisième opus solo oscille entre climats de mauvaise augure, spectraux, presque sinistres et compositions propices à l’élévation de l’âme. Parfois (« Oil on panel » et l’adaptation de la chanson traditionnelle « Down in yon forest »), on a l’impression de replonger dans l’univers prog surréaliste et austère de Peter Hammill. A moins que ce ne soit celui, plus lugubre, de Nick Cave. La présence d’un piano sonore renforçant cette sensation. Parfois aussi, le rythme tribal, appalachien, palpite au gré de sa poésie sombre. Parfois encore, la technologie moderne opère quelques boucles subrepticement hypnotiques. Bref un superbe album qui aurait pu être dédié aux mémoires de Hank Williams, Nick Drake et de Ian Curtis…



 

AqME

Polaroïds & pornographie

Écrit par
2ème album pour ces Parisiens, bénéficiant d’un bon suivi par la presse hexagonale. Et là franchement je comprends pas... Laborieux, pompeux, ridicule voilà ce qui me vient à l’esprit. Et me voilà face à une plaque qui ne m’inspire que des choses négatives. Bon, j’ai une vaisselle à faire.

Cypress Hill

Till Death Do Us Part

Après le trip métallique plutôt gras du bide (« Skull & Bones », 2000) et le bide tout court (« Stoned Raiders », 2001), on n’attendait plus grand chose de Cypress Hill… « Another Body Drops », le titre d’ouverture de ce sixième album, nous rassure : hargneux, détonnant, on retrouve enfin le Cypress Hill qu’on aime, en grande forme malgré l’abus toujours conséquent de substances illicites. Du rap pour les rockers ? Plus tellement : sur cet album Cypress Hill varie pour une fois les plaisirs, au lieu de nous resservir l’habituel mixture « rap plombé de riffs heavy », devenue leur marque de fabrique mais aussi, à la longue, leur fardeau. Rap, reggae (« What’s Your Number », le single, pompé sur « Guns of Brixton » des Clash), dancehall (« Ganja Bus », avec Damian Marley, le fils de), latino (« Latin Thugs »), (bad) trip-hop (« Never Know »), r’n’b (« Till Death… »), dub (« Busted in the Hood »),… « Till Death Do Us Part » pourrait bien être le disque le plus éclectique de la bande à Muggs et B-Real. Evidemment, parce que Cypress Hill reste Cypress Hill, c’est aussi reparti pour un tour d’esthétique morbide (les squelettes), d’interludes hommages à la fumette (la pipe à eau de « Bong Hit ») et de tics métal encore insistants… Mais petit à petit, ces clichés tendent à disparaître, et Cypress Hill de rêver au come-back fracassant, comme il y a dix ans, quand il était un des groupes majeurs de la scène hip hop internationale. « Till Death Do Us Part » sonne en tout cas comme le meilleur album de Cypress Hill depuis… « IV » (1998). Prochaine étape : remplacer les pétards par le bâton de réglisse ?

Daniel Darc

Crèvecœur

Il y a quelques mois encore on croyait Daniel Darc mort. Un souvenir, qui hantait nos esprits : « Cherchez le garçon », il a disparu dans les limbes, crucifié sur l’autel du ‘sex and drugs and rock’n’roll’, lessivé par des années de dérive solitaire, l’anonymat forcé… Et puis la rédemption, ce « Crèvecoeur » crépusculaire qui annonce pourtant des lendemains qui chantent, peut-être. Daniel Darc est revenu de tout, écorché vif à la langue râpeuse, Notre Dame des Fleurs version destroy, les bras noircis par le vice mais l’esprit encore clair, le cerveau si brûlé qu’il est vierge de péchés. Daniel Darc expurge nos peines, rassasie nos idées les plus noires : la résurrection n’en est que plus belle, et « Crèvecœur » un grand disque. D’amour, de confidences, d’amitié, de doutes et d’espoirs. Point de cynisme dans ces 13 titres au phrasé douloureux, à l’écriture en clair obscur. Les paroles cinglent, hésitent, pointent les souffrances du siècle sans tomber dans le morbide. Le cœur bat, le sang afflue, au contact de l’air il noircit et joue de nos vies. Daniel Darc est bien vivant, et sa musique est essentielle : à l’origine il rencontre Frédéric Lo, qui le remet sur pattes. Nouveau tandem sur le fil du rasoir, mais sur la même longueur d’ondes : aux mélodies sensibles, aux arrangements magiques de son metteur en son, Darc réplique de ses mots violents, de ses maux tentants. La Bible en poche, il récite le Psaume 23. « Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés » : Daniel Darc se relève, respire et expie. Il jongle avec le bonheur si fragile, préfère les nuits blanches au repos du guerrier. C’est un disque de survivant, mais peu importe : c’est un grand disque. Mieux vaut le redire, et plonger dedans, encore et encore. « La nuit ne dure pas/Le soleil détruit tout chaque fois » : on broie du noir, pour que subsiste l’espoir. On ne crèvera pas, même si c’est temporaire. Il faut survivre, laisser des traces, et ‘si le cœur flanche, la mémoire, elle, résiste encore’.

Dionysos

Wathever The Weather – Concert électrique

Sur la pochette de cet album live, Dionysos pose au beau milieu d’un cimetière hanté par des petits fantômes qui chantent, une momie à lunettes qui fume une clope et trois femmes aux regards électriques. Le dessin est signé Joann Sfar, l’un des plus talentueux auteurs de BD de ces dernières années (« Le Chat du Rabbin, « Petit Vampire »,…), dont l’univers magique sied bien à la musique du quintette français. Une musique délicieuse et dadaïste qui tire de l’enfance toute sa sève créatrice, son enthousiasme décalé mais sincère, son allant magnifique et charmant. Comme sur la pochette, la pop-rock enjouée de Dionysos semble munie de roulettes pour avancer plus vite et surmonter tous les obstacles avec la grâce d’un skateur en plein voltige. On connaît d’ailleurs les talents de cascadeur de Mathias, adepte fougueux des crowd surfing et des sauts sans élastique… « Y saute bien ! », dit d’ailleurs un monstre à chapeau à son copain batracien sur la photo d’un des concerts (furieux) du groupe : « Trop bien ! », qu’il lui répond, admiratif. C’est vrai que Dionysos, en live, est une incroyable machine à sauter et à danser : la preuve par ce disque, duquel on ressort en sueur, comme pour de vrai. Quel plaisir d’entendre « Frog », « Anorak » ou « Coccinelle » joués à vitesse V-V’, dans une ambiance de feu qui vaut bien le plus déjanté des sabbats de sorcières ! Où l’on remarque aussi que les chansons de Dionysos puisent dans le blues d’Amérique (la reprise d’« I Put a Spell on You »), ce produit du terroir qui pactise souvent avec le diable… Ce qui explique la présence de tous ces vampires sur la pochette : ils sont les plus grands fans de Dionysos (d’où l’autre reprise, celle de « Thank You Satan », de Léo Ferré). Attention qu’en écoutant ce disque, vous aussi ne soyez pas victimes d’un sortilège diabolique… Parce qu’une fois dans le lecteur, ce CD vous hypnotise et vous met vite en transe. Vous voilà prévenus ! Et surtout, faites bien gaffe aux vampires : petits ou grands, quand ils pogotent ça fait un massacre.

Dionysos

Wathever The Weather – Concert acoustique

Sur la pochette de cet album live, Dionysos pose en pleine forêt enchantée, entouré de petits monstres qui fument la pipe, un vampire-lune au regard diabolique et une femme arbre aux cheveux de branches. Le dessin est signé Joann Sfar, un des plus talentueux auteurs de BD de ces dernières années (« Le Chat du Rabbin, « Petit Vampire »,…), dont l’univers magique sied bien à la musique du quintette français. Une musique délicieuse et dadaïste qui tire de l’enfance toute sa sève créatrice, son enthousiasme décalé mais sincère, son allant magnifique et charmant. Comme sur la pochette, la pop-rock enjouée de Dionysos semble munie de roulettes pour avancer plus vite et surmonter tous les obstacles avec la grâce d’un skateur en plein voltige. On connaît d’ailleurs les talents de cascadeur de Mathias, adepte fougueux des crowd surfing et des sauts sans élastique… On connaissait moins ses penchants pour l’acoustique, même si le répertoire de Dionysos se prête finalement bien à tous les gommages et les coloriages. Quel plaisir d’entendre « Song For Jedi », « Coccinelle » ou « Tokyo Montana » dépouillés de leurs oripeaux électriques, nous montrant ainsi leurs plus beaux atours comme une femme quand elle se dénude. On remarque alors que les chansons de Dionysos puisent dans les plus fertiles des terreaux d’Amérique : la country et le blues, deux genres à dimension humaine, donc plus proche de nous, de la vérité. Du piano boogie de « Spiderman » et « Surfin’ Frog » aux silences orageux d’« Anorak » et d’« I Love You », on nage en plein bonheur, heureux d’entendre ces chansons comme pour la première fois. C’est bête à dire, mais Dionysos nous rappelle à quel point la musique est d’abord une affaire de plaisir, d’innocence, de rêve et de surprise. Il ne faut pas l’oublier.

Dizzee Rascal

Showtime

En un an, Dylan Mills alias Dizzee Rascal, 20 ans au compteur, est devenu une star du " grime " (ou " eskibeat "), ce mélange épileptique de jungle, de hip hop et d’électro dont il est le plus fier ambassadeur. " Boy In Da Corner ", son premier album, a été couronné du Mercury Prize, et s’est vendu à 250.000 exemplaires dans le monde : normal, c’est une tuerie. Avec " Showtime ", Dizzee Rascal persiste dans le beat qui arrache et le flow mitraillette, et signe à nouveau un putain de grand disque. Certes, la surprise n’est plus au rendez-vous. Mais Rascal, au lieu de creuser le même sillon inauguré avec " Boy In Da Corner ", élargit sa palette de sons et son champ d’action, en osant par exemple l’exercice r’n’b (" Get By ", featuring Vanya) et la complainte introspective (" Imagine " et son verbe affûté, qui s’adresse à ceux qui le traitent de vendu). On n’en dira jamais assez sur l’onde de choc que provoque la musique de Dizzee Rascal dans le monde étriqué du hip hop. " Showtime " ? Désormais c’est entre ses mains que se joue le futur d’un genre en pilotage automatique, bien plus conservateur qu’on ne le croit. Stand up : voilà Dizzee Rascal. Sa musique est fantastique, et son succès bien mérité. Parce que c’est clair et net : ce n’est pas tous les jours qu’on croise chez nos disquaires des révolutionnaires. Tayaut !

Hollywood P$$$ Stars

Year of the Tiger

Les voilà signés chez Naïve, signe que le rock juvénile des Liégeois d’Hollywood Porn Stars pourrait s’exporter au-delà de nos frontières. Une bonne nouvelle, après le succès public et critique rencontré par les Girls et Ghinzu en France et même ailleurs… Le rock wallon, donc, se porte bien, même si ce n’est que le début. Après « All on the Six » (EP sorti l’année dernière – cfr rubrique « Interviews »), Anthony Sinatra, Redboy et leurs deux potes de l’ombre se fendent enfin d’un premier album en bonne et due forme. Ici la forme est encore et toujours de l’Emo et de la pop, bref du bon rock mélodieux et fougueux, teinté parfois d’électronique (vous suivez ?). Il y a même des solos et des titres plus calmes, mais l’essentiel réside dans ces guitares incisives qui se cherchent des noises. Surprise : Redboy abandonne presque le chant, laissant à Sinatra une latitude vocale jusqu’alors en pleine mue… « Year of the Tiger » montre ainsi les Liégeois plus sûrs d’eux-mêmes, l’année (live) 2004 leur ayant permis de gommer toute erreur de jeunesse. Aujourd’hui, Hollywood Porn Stars est un groupe soudé, musicalement sans reproches, qui frappe à nos oreilles. Désormais nos pavillons leur sont grands ouverts : ils peuvent même y rester toute l’année 2005.

Liars

They Were Wrong, So We Drowned

Qui a eu tort ? La plupart d’entre nous, qui pensions que les Liars allaient sauver la face du punk funk revival avec leur premier album sorti il y a deux ans, un mix décadent de guitares incendiaires, de basses addictives et de groove mutant. Parce que les Liars sont (déjà) de retour, et ça n’a plus rien à voir : finies les mélodies, les refrains, les poses de rock stars,… « They Were Wrong, So We Drowned » est taillé dans le bruit le plus tribal, sur les ruines indus d’un rock exposé aux pires radiations, comme Sonic Youth en son temps. Pour faire ce disque, Angus Andrew et Aaron Hemphill se sont enfermés dans une baraque au fond des bois. Ce qui explique la présence de fantômes qu’on entend aux détours de chaque titre. « Fly, fly, the devil in your eye, shoot shoot ! », chante Andrew sur « We Fence Other Gardens With The Bones of Our Own » (sic) : peut-être qu’il a vu un truc bizarre en pleine nuit, et qu’il exhorte son pote à sortir son flingue. On n’est jamais trop prudent ! Ou peut-être que c’est dans l’œil de son pote qu’il a vu le diable, et qu’il panique comme en plein « Evil Dead ». Ce disque pourrait d’ailleurs servir de bande-son parfaite au « Blair Witch Project », d’autant qu’il parle beaucoup de sorcières, même si on n’y comprend que pouic. Ca fout les boules, cet amas de dissonances et de batterie martelante, de bleeps crissants et de riffs à la (massacre à la) tronçonneuse. Les Liars se sont perdus en pleine nature, et doivent combattre les démons qui n’ont qu’une seule envie : défoncer leur porte. Et leur crâne. Et le nôtre. Au loin, des tam-tam : peut-être des cannibales. Il fait noir. Qui est là ? C’est quoi, ces cris ! ? Pourquoi tu te promènes avec cette perceuse ? ! ? Mais, qui… Aaaaahh ! ! ! ! (Long silence, il fait jour, les oiseaux chantent, des traces de sang sur les murs, un disque traîne par terre, entre deux corps… Seule pièce à conviction de ce carnage affreux. « Mais que s’est-il passé ? », se demande l’enquêteur en insérant le CD dans son autoradio… To be continued).

Syd Matters

A whisper and a sigh

Écrit par
En choisissant pour pseudonyme Syd Matters, Jonathan Morali ne pouvait que vouer une grande admiration à Roger Barrett. Et refléter cette passion à travers sa musique. Seule différence, il ne se contente pas de gratter sa six cordes, mais caresse régulièrement vers le clavier, tire parti d’une boîte à rythme et surtout, a recours à la technologie moderne. Hormis « Black and white eyes », fragment pour lequel il s’est entouré d’un véritable backing band, Morali fait pratiquement cavalier seul tout au long de cet opus. Son premier ! Un disque dont les chansons empreintes de mélancolie brumeuse sont soulignées par son timbre vocal éraillé, tellement proche de Mark Olivier Everett. A un tel point que parfois il lui arrive d’emprunter le sens mélodique d’Eels. L’ombre de Syd Barrett est donc bien présente, mais aussi de Gorky’s Zygotic Mynci. En particulier sur les plages les plus minimalistes. Mercury Rev et Flaming Lips aussi. Dès que les arrangements et les orchestrations épousent une forme plus complexe. A l’instar du remarquable « Dead machine ». Ce périple à travers le psychédélisme nous propulse même, nonobstant son clin d’œil à Grandaddy, dans l’univers floydien de « More », sur un étonnant « Bones ». Et les oscillations du clavier n’y sont pas pour rien ! Des oscillations que le lugubre et ‘cathédralesque’ « Morpheus » conjugue sur un mode Eyeless in Gaza. Une composition dont la mélodie refait surface lors du morceau caché. Un seul titre s’écarte de l’ensemble : « Stone man ». Low tech, contagieux, il me fait même pense à Taxi Girl. Un chouette album habillé d’un superbe digipack.

Modest Mouse

Good News For People Who Love Bad News

Après avoir commis cet opus, Modest Mouse devrait enfin rencontrer le succès, du moins celui d’estime. Jusqu’ici, Isaac Brock et ses sbires n’étaient jamais vraiment parvenus à se faire remarquer. Le changement ? Il y a un tube, déjà (« Float On »). Et puis tout le reste : « Bury Me With It » et son rock branque à la Père Ubu, l’exercice country « Bukowski », le bucolique « The Good Times Are Killing Me », auquel Flaming Lips ont participé,… Modest Mouse pourrait bien remplacer Pavement dans le cœur de tous les fans déçus d’indie : grâce à ses mélodies déroutantes, ses chansons en colimaçon, cette folie douce irriguant chaque note de cet album au poil, Modest Mouse a de quoi, pour une fois, se vanter. La modestie ici est un vilain défaut : quand on pond pareil disque, y a de quoi être fier, et le crier fort à qui veut l’entendre. Pour la circonstance, on devrait être nombreux à répondre à l’appel.

Pinback

Summer In Abaddon

Ne pas croire qu’on en saura davantage sur Pinback : ces gars-là ne lâcheront pas le morceau, même après une nuit de défonce (cfr interview). Leur musique se suffit à elle-même : la belle affaire, certes ; mais dans leur cas elle devrait largement nous suffire. Qu’on ne comprenne que pouic à leurs " métaphores de métaphores " n’enlève rien à la beauté sourde qui suinte de leurs opus. Et celui-ci vaut bien les deux premiers, car pour une fois Rob Crow et Zach Smith s’épanouissent et touchent à l’essentiel : on les croirait presque heureux, c’est dire… " Summer In Abaddon " est donc l’album le plus abouti de Pinback, le plus jusqu’au-boutiste aussi. Leur style, inimitable, n’a jamais si bien sonné : encore une fois l’on se perd dans les méandres rythmiques de ces complaintes douces-amères, mais ce qui change est qu’ils osent enfin la ligne claire, l’audace presque pop (" Fortress "), voire rock (" AFK "). Certes, on parle ici de décalage : Pinback ne sera jamais le groupe de pop ultime, à chantonner sous la douche. Il est bien plus subtil. Donc infiniment plus touchant. Qu’on se rassure : Pinback reste ce groupe atypique, qu’on chérit en secret. Mais pour la circonstance, on aimerait le partager, parce qu’il est temps de le reconnaître : ces types sont, dans leur genre (unique), de vrais petits génies.

Soldout

Stop Talking

Il va sans dire que Soldout a tout pour plaire chez les fashion victim : hymnes rétro (elektroklash ?), design léché (la pochette), paroles sexy, refrains m’as-tu-vu, références excitantes (Miss Kittin, Garbage, Le Tigre, Peaches, Felix Da Housecat, etc.). En plus Soldout est un produit du terroir : Charlotte Maison et David Baboulis sont wallons, et leur label est hutois. Et leur premier single, l’imparable « I Don’t Want To Have Sex With You », s’avère déjà un tube… de ce côté-ci de la frontière linguistique. Stop ! Reprenons : Soldout a tout pour plaire à tout le monde : ses chansons valent bien celles de Vive La Fête, c’est plein de beats pouet pouet et de guitares Red Bull, c’est parfait pour danser tout l’été et draguer les minettes, c’est facile à chanter. Soldout n’a rien du duo carriériste : de toute façon sa musique (électro-pop) reflète l’instant présent, cette époque chic et choc. Il faut en profiter maintenant, sinon il sera trop tard. Soldout on aime, sans aucun opportunisme. « Stop Talking » shit, and dance to the beat !

Sophia

People Are Like Seasons

Pour beaucoup d'entre nous, la musique de Sophia symbolise la douleur et la tristesse, résonne à nos oreilles comme le cri déchirant d'un homme en pleine déroute sentimentale. C'est que Robin Proper-Sheppard n'a pas eu de chance avec The God Machine, son premier groupe : alors que lui et ses deux potes enregistraient leur deuxième album promis à toutes les louanges, la mort vint frapper à leur porte sans crier gare, emportant l'un d'entre eux, pour toujours. C'est le début du calvaire pour le chanteur, qui, pour oublier, panser ses plaies, se lance éperdument dans l'écriture de chansons au pessimisme malade. Le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres : " Fixed Water ", le premier album de Sophia, aura ainsi permis à bien des mélomanes au cœur fragile d'exorciser leurs peurs et leurs rancœurs, face à cette vie qui parfois s'enlise dans le pire des marasmes émotionnels. Pour un temps, Robin Proper-Sheppard deviendra notre ami dans la déroute, et sa musique mélancolique une bouée en plein déluge. Après " The Infinite Circle " (1998), moins convaincant, et un live aux Nachten, Sheppard est de retour, encore tourmenté mais plus fougueux, parce qu'après les nuages noirs vient l'orage, et que coups du sort et coups de sang, ça va plutôt bien ensemble. " Oh My Love " donne le ton : encore une fois ça parle de rupture, sauf qu'ici la guitare se fait plus électrique, et la batterie plus coriace. En un mot : ça pète, mais sans que la mélodie en pâtisse. Du grand art. D'autant que Sheppard ne tombe jamais dans le larmoyant : c'est triste mais pas patraque… La souffrance est palpable mais le chant évite toute complaisance. L'honneur est sauf, la tête est haute. " Swept back to all the grief and the worries ", entonne-t-il d'ailleurs sur le titre suivant (" Swept Back "), comme quoi le plus dur est passé… Sur " Desert Son No 2 ", l'ambiance pourtant retombe : c'est la chute de tension… Avant un final bruitiste digne du meilleur Mogwai, qui donne envie de taper des poings sur les murs. La violence engendre la violence : " Darkness " et " If a Change Is Gonna Come " crachent leur venin rock jusqu'à l'épuisement, signe d'un retour au calme salvateur (" Swore to Myself "). Après tel déchaînement, une pause s'impose (" Swore to Myself "), avant l'exercice pop (" Holidays Are Nice " : son " California Dreaming " à lui ?) et deux complaintes finales belles à pleurer - du Sophia pur jus, aux blessures de cœur à peine cicatrisées (" I Left You " et " Another Trauma " : la joie). Une chose est sûre : même si Sheppard a durci le son, ce n'est pas encore la fête dans sa tête… Les célibataires forcés ont en tout cas de quoi se réjouir : grâce à Sophia, leur Saint-Valentin ne se fera pas en solitaire. Comme on dit : dans la déprime, mieux vaut se serrer les coudes.

Subtle

A new white

Écrit par
Sextet en provenance d’Oakland, Subtle pratique une musique que l’on peut vraiment qualifier d’hybride. A la croisée des chemins de l’électro, du rock et du hip-hop, les onze plages composant « A new white » (c’est le nom de l’album) mangent d’ailleurs un peu à tous les râteliers pour finir par engendrer un ensemble sonore compact et cohérent. Jalonnées de beats tour à tour lourds ou syncopés ainsi que de samples froids, les ambiances proposées ici se révèlent résolument apocalyptiques et hivernales au point de pouvoir revendiquer l’étiquette d’‘enfer industriel’ ou de ‘cauchemar peuplé de petits nains maléfiques’. L’ensemble est, de plus, bien soutenu par un MC à la voix paranoïaque qui, s’il se mettait au rock pur et dur, pourrait sérieusement penser à faire l’une ou l’autre pige du côté des Pixies si d’aventure Frank Black était victime d’une indigestion… On retiendra ainsi, au cours de ces quarante minutes de voyage polaire, des titres comme « I love L.A » et sa guitare gentillette faussement annonciatrice de moments de plénitude ainsi qu’un « Silence… » à l’ambiance de Noël nucléaire. Au final, et ce malgré une voix qui pourra agacer sur la longueur, « A new white » se révélera fort intéressant à petites doses…

The Flower Kings

Adam & Eve

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Flower Kings est un grand groupe. Ses albums sont toujours attendus avec fébrilité. Et donnent lieu à des débats passionnés entre fans. 'Adam & Eve' n'échappera pas à cette règle. Signalons d'emblée que toute composante jazz a complètement disparu et que, globalement, le groupe a pris une direction plus sobre, directe et heavy. Le band réédite le coup de 'Unfold the Future' en ouvrant l'album par une longue plage en forme d'hommage à Yes. 'Love Supreme' propose un chant et des harmonies vocales souvent héritières du géant modèle, jusqu' au refrain ('Coming up - Growing up'), plus Andersonien que nature. On a ainsi droit à l'un ou l'autre clin d'œil adressé à la basse à Squire, aux claviers de Wakeman ; et on se demande si Howe n'est pas intervenu sur certains passages. Quelques notes de guitare en second plan (après 7 bonnes minutes) sortent d'ailleurs tout droit de 'Relayer'. Accumulant les références, la plage ne se lancera toutefois dans aucun de ces développements grandioses chers à Yes (et à la portée de nos Suédois chéris). Très réussie et attachante, cette première plage a quand même un petit goût de redite. Après deux courtes plages enchaînées et très plaisantes, 'A Vampire's View' s’enfonce au sein d’une atmosphère oppressante ponctuée d'un très beau refrain chanté. Mais l'argument est ténu et ce morceau aurait gagné à être deux fois moins long. Joli interlude au piano. Puis la plage titulaire : une pêche incroyable dans un registre heavy (déjà abordé sur 'The Rainmaker'), seulement entrecoupé d’un break apaisé. Simple mais efficace. Après une sucrerie brève mais bien fondante ('Starlight Man'), 'Timelines' prend un démarrage explosif et échevelé avant d’étendre sa langueur sur plus de 6 minutes peu passionnantes. Longue plage de plus de 18 minutes, 'Drivers Seat' se perd malheureusement dans un cocktail de choses déjà entendues et ne parvient jamais à décoller. A vrai dire, c'est la seule vraie déception de l'album, même si on décèle un peu l'ombre de la toute récente collaboration Stolt/Tillison. 'The Blade of Cain' clôture l'album dans une très classique envolée lyrique, belle, ample et émotionnelle à souhait, mais trop esseulée pour être transcendée. Bref, un album un peu aride et meublé de réemploi. Certes pas un mauvais CD, mais un chapitre mineur dans l'œuvre de la formation. Pourtant, Flower Kings est et reste un grand groupe. Et le fan déçu trouvera une belle consolation dans les nombreux et passionnants projets parallèles auxquels ses musiciens ont apporté leur contribution (Tangent, Karmakanic, Tomas Bodin, Kaipa, …)