La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Client

Client

Découvertes par Andrew Fletcher (Depeche Mode, minable pousse-disques à ses heures), les deux demoiselles de Client n'aiment pas trop qu'on les regarde : un peu comme ces putes qui prennent l'argent du beurre sans rougir, après leur sale besogne exécutée à la va-vite. " Available on request/We never say no/Satisfaction guaranteed/Superior quality ", chante l'une d'une voix monocorde sur " Client ", le morceau d'ouverture : vendant leur voix et leur corps mais pas leur visage (la pochette), nos deux hôtesses prétendent donc assouvir nos désirs les plus fous… De l'électro-pop eighties façon New Order (" Rock And Roll Machine ", " Price of Love ", " Civilian ", " Sugar Candy Kisses ") ? Du Pet Shop Girls ? De la techno kraftwerkienne en soubrette (" Pills ") ? Nos désirs, malheureusement, valent plus que ça. Et ne s'achètent pas avec quelques vulgaires fripons et des boîtes à rythmes de blondes frigides. " We innovate, never imitate " (" Client ")… Hum ! Désolé, mais le client est roi. Et il veut être remboursé.

The Clone Defects

Shape of Venus

Écrit par

Tout comme les White Stripes, The Clone Defect nous vient de Detroit. Leur premier single avait d'ailleurs été produit par Jack White des Stripes. Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vulgar, alias Tim Lampinen, ce quartet a bâti sa réputation sur les planches, en accordant des concerts dévastateurs. Faut dire que leur musique transpire le rock'n roll avec une ferveur nuisible et une énergie survoltée : trivial, sale, insalubre, agressif, puant l'alcool, il est incontestablement influencé par les Heartbreakers, les Dead Boys, MC5 et les Germs. C'est à dire le punk, le glam, le garage et le rock pur et dur. J'ajouterai les Stones. A cause des traces insidieuses de soul et de ryhtm'n blues (motown ?). Qui transparaissent parfois à travers des riffs de guitare caractéristiques, probablement piqués à Keith Richard. Pensez à " Street fighting man " et à " Gimme shelter ". Tim a un jour déclaré que trop de musiciens ignoraient que les mots punk et rock'n roll étaient identiques. Pour lui, c'est un mode de vie, une attitude, avant d'être un courant musical. Et ce n'est pas Lux Interior des Cramps qui le contredira. Ce qui vous donne une idée de l'esprit qui hante les Clone Defects. Pourtant, au fil du temps la formation a appris à canaliser cette énergie chaotique pour la restituer dans un punk rock frénétique. Et ce " Shape of Venus " en est le résultat. Un album vraiment dans l'air du temps !

Coldplay

Live 2003

Écrit par

Un Cd et un Dvd composent ce "Live 2003". Des enregistrements opérés les 21 et 22 juillet dernier au Horden Pavilion de Sydney. Le DVD recèle un documentaire de 40 minutes consacré à la vie quotidienne des quatre musiciens et un enregistrement public d'une heure et demie. Sur les planches, Coldplay possède une aura différente. Lors de son passage à Forest National, on avait pu se rendre compte que le groupe était capable de libérer une intensité phénoménale. De passer de moments d'émotion à fleur de peau à la fièvre électrique la plus féroce, avec une facilité déconcertante. Mais surtout de donner une forme nouvelle à chacune de leurs chansons, afin de les rendre plus vivantes. Et puis il y a Chris Martin, un showman qui ne tient pas en place et dont le charisme procède davantage du capital sympathie qu'il affiche que d'une quelconque image ou attitude. Et pour votre information, sachez que si la plupart des standards de la formation ont été sélectionnés pour la circonstance, deux fragments devraient faire le bonheur des véritables aficionados : tout d'abord l'inédit " Moses ", et puis le rarissime " See you soon ". Sans oublier " One I love " ; c'est à dire un fragment issu du single " In my place ", un titre dont les guitares bringuebalantes rappellent ici encore davantage la période la plus brillante du défunt et mythique House Of Love…

Column

Centipede

Janine, chanteuse de ce groupe électro-goth qui n'a pas peur du kitsch, fait beaucoup de manières sur ce " Centipede " plutôt grotesque. Déjà, s'appeler Janine quand on chante dans un groupe, c'est pas la joie : imaginez si PJ Harvey avait pour prénom Paulette-Jeaninne… On comprendrait de suite le choix des initiales. Sur la pochette, Janine fait sa Belle de Jour, ligotée comme une fan de Die Form : justement, la musique de Column ressemble vaguement à un produit avarié d'EBM croisé avec du rock fainéant (tendance Garbage, voire Goldfrapp, pour la voix). Sûr que tout ça sent le faisan : des beats datés, des samples bon marchés, des vocalises horribles à la Nina Hagen… Assez, la coupe est pleine ! Autant se taper Within Temptation à l'Eurorock, au moins chez eux y a du spectacle.

Confuse The Cat

Kiss, Kiss, Kissinger

Après trois beaux albums d'emocore et plusieurs années de bourlingue en Flandre, Reiziger n'est plus. Mais à peine le deuil consommé, voilà que Geert Plessers nous revient déjà avec un nouveau groupe, Confuse The Cat. La voie empruntée par Geert et ses trois compères s'avère cette fois plus minimaliste : un violon parfois, une note de piano, un riff suspendu au-dessus d'une mélodie qui peine à s'accrocher… Confuse The Cat se dérobe, comme au jeu, agaçant, du… chat et de la souris. Et quand le chat est parti, les souris dansent. Sauf qu'ici, elles tournent en rond et se tournent les pouces. L'indie pop de Confuse The Cat se veut limpide, elle n'est qu'insipide. Les titres s'enchaînent et se ressemblent, coincés dans une rythmique soporifique qui rend l'écoute rébarbative. Confuse The Cat a beau s'échiner à trouver la mélodie qui surprend, l'atmosphère qui réconforte, la note qui caresse, sa musique ne nous laisse qu'un sentiment diffus. Confus, le chat ?

 

Console

Reset The Preset

Le double album est une gageure que peu d'artistes osent relever, tant l'entreprise s'avère casse-gueule : pour une trentaine de titres enchaînés, combien valent réellement la peine, et se distinguent des faces B habituelles, le plus souvent facultatives ? Les Beatles, Smashing Pumpkins, Bob Dylan (époque vinyle), GYBE !,… Rares sont ceux qui peuvent se vanter d'avoir captivé l'auditeur pendant (plus de) deux heures. Bonne nouvelle : Console, avec " Reset The Preset ", pourrait bien intégrer le cercle très fermé (et jalousé) de ces stakhanovistes de la musique, qui plus est dans la catégorie " électro ". Chapeau bas, monsieur Gretschmann : après avoir participé au carton plein de " Neon Golden " et de " Shrink " (le virage électro de Notwist, c'est votre idée), voilà qu'on vous retrouve ailleurs, toujours du côté de la pop synthétique (" Reset "), mais aussi aux confins de l'ambient (" Preset "). Finalement, c'est un peu comme du Notwist, sauf que le jaune (la pop) a été séparé du blanc (l'expérimentation) pour éviter l'omelette. Sacré parti pris que de concevoir deux albums aux styles différents plutôt que de mélanger les deux, n'est-ce pas Monsieur Gretschmann ? Heureusement, vous avez les mains vertes, et un certain talent pour réussir toutes vos recettes : que ce soit sur ce " Reset " électro-pop (Lali Puna vs Adult) ou sur ce " Preset " instrumental, vous évitez toute faute de goût. Encore bravo ! Nous, on préfère quand même le premier CD, pour l'ambiance festive et les tubes en puissance (" Surfin' Atari ", " A+A = B "). Le deuxième, on se le réserve pour nos soirées cafardeuses, ou pour calmer nos nerfs… " Preset " d'abord, pour se défouler (quoique tous les titres ne sont pas d'humeur dansante), puis " Preset ", pour se reposer : vous avez tout capté, cher Monsieur G. " Reset " : le dance-floor. " Preset " : le chill-out. Quel homme, ce Martin… " Reset the Preset ", c'est donc comme sortir en club, sauf qu'il faut pas débourser un kopeck : trop fort, le concept. Allez, hop, on y retourne… Hé, où t'a mis la boule à facettes ?

 

Consorzio Acqua Potabile

Il Bianco Regno Di Dooha

Écrit par

Une chorale d'enfants de maternelle assez craquante, relayée par une flûte enchanteresse qui, en deux notes, passe au registre dramatique pour introduire une fringante ouverture flûte/guitare/claviers héritière de Jethro Tull. Puis, place à la guitare sèche ; et enfin au chanteur, qui s'exprime dans la langue de Verdi, expressif mais pas maniéré. En quelques mesures, la magie opère et ce CD nous introduit dans l'antre d'un conteur truculent, d'un alchimiste guérisseur, d'un adorable saltimbanque. Dans ce règne blanc de Dooha, il y a à la fois sophistication et naïveté touchante, drame et tendresse, tourmente et 'dolce vita'. C'est un album concept progressif dans toute sa splendeur, mélodique et symphonique, avec une légèreté et une finesse, typiquement latines et des références palpables mais non-tyranniques aux seventies (PFM et Banco essentiellement). Les claviers règnent en maîtres (il y a deux claviéristes dans le groupe), mais sans imposer la moindre démonstration nombriliste. Au contraire, la fluidité et l'extraordinaire variété des sonorités sont des atouts majeurs de cet opus. Et s'il est vrai que la guitare électrique a bien du mal à se faire une place autrement qu'en rythmique ou en doublant les claviers (il y a quand même deux ou trois soli), guitare sèche, flûte, clarinette, cornemuse et autres classiques compensent élégamment et servent sans faillir des mélodies finement ciselées. Si le groupe a eu l'intelligence d'éviter les plages systématiquement longues (ceci dit, la dernière s'étale sur plus de 20 minutes), l'unité de l'ensemble est assurée par les quelques thèmes exposés d'emblée, qui se développent en parallèle, réservant quelques 'apparitions' au fil de l'œuvre. La chorale enfantine, par exemple, reviendra, portée par la puissance lyrique des envolées finales, mais annonçant la conclusion de l'histoire. CAP nous aura offert entre-temps une grande bouffée d'enchantement, de beauté tourbillonnante, de rêverie éveillée. Un cadeau inattendu mais espéré en silence, comme un peu d'Italie qui descendrait l'Escaut. Merci, amis milanais! CD à commander sur le site www.capgroup.it. N'hésitez plus.

Convict

Twentyfourseven

Écrit par

Commençons par la bonne surprise : "Passed Away", le titre d'ouverture qui nous ballade en pleine ambiance gothique (Sisters en plein) grâce à un seul xylophone ; une ambiance teintée de punk rock mélodique bien entraînant. Une réussite totale. Passons aux mauvaises surprises : le reste. A mon avis Convict a senti que " Passed Away " était une bonne chanson, alors ils l'ont dupliquée 9 fois. Mais en oubliant ce qui faisait le réel intérêt du titre, à savoir : le xylophone et cette simili inconscience, improbabilité à marier 2 genres tellement codifiés, à la limite parodiques. Bon, ils reviennent à leurs moutons et ceux du label sur la suite et nous ennuient rapidement. Et ce n'est pas la reprise mollassonne du " So what " des Anti Nowhere League qui me fera changer d'avis.

 

Cool Blue

Soft & slow

Écrit par

Cette formation belge a été montée en 1998, pour accompagner la chanteuse Lieve Deconinck. Miss Lieve est entourée de Lieven Coudijzer à la guitare, son frère Bart à la basse, Frank Debode à la batterie et Willem Claus au saxophone. Joan Schotte, un vieil abonné du BluesBoarder, siège derrière l'orgue Hammond. Le style se décrit comme ‘Cool blue’. Un savant mélange de jazz et de blues au cœur duquel l'émotion et la spontanéité du blues fait bon ménage avec le caractère cool du jazz. Un style qui ne se base pas sur le rythme. Il se veut essentiellement ‘soft and slow’ ; doux et lent, si vous préférez. L'album a été enregistré live dans le plus célèbre juke joint belge : le Banana Peel de Ruiselede.

Le répertoire est classique. Il s'ouvre par "Dangerous mind" de BB King et embraie immédiatement par le fameux "I'll sing the blues" d'Albert King. Certainement un exemple type du style pratiqué par Cool Blue. Lieven joue sa partie de cordes avec habileté. Les musiciens soignent le décor. Willem sort de l'ombre pour signer son solo de sax. La voix me rappelle tantôt celle de la délicieuse Ann Vancanegem, tantôt de la chanteuse du regretté Red Rooster, tantôt encore de l'ex Vaya Con Dios, Dani Klein. Signé Mose Allison, "Mind on vacation" est un excellent blues. Lieve le chante avec passion. Lieven met la pression sur ses cordes, avant de céder le relais à Joan qui communique beaucoup de chaleur dans son jeu à l'Hammond. Lieven chante "Come rain or come shine" de sa voix de velours. Un exercice périlleux, sans filet, très dépouillé. Cool Blue interprète avec un réel bonheur le "New coat of paint" de Tom Waits. L'orgue Hammond apporte beaucoup de densité sonore à cette plage très soft and slow, en effet! "Things better left unsaid" hausse de rythme, histoire de permettre à Willem Claus de sortir le sax de sa réserve. L'improvisation du style pratiqué par Cool Blue est résumée en 8 minutes sur la plage titulaire. La voix féminine chaleureuse est entourée de sax, d'orgue et de guitare. Le groupe adapte le "Whipping post" des Allman Brothers. Une des plus belles pages d'histoire de la guitare, consacrée au Fillmore East par les duels échangés entre Duane Allman et Dicky Betts. Ici, Joan Schotte amorce les débats de la même manière que Gregg Allman. La version tient la route ! Elle conserve l'esprit de la version originale. Vers la fin du concert, Cool Blue renoue avec le rythme dans une adaptation bien jazzy et swing de "Route 66". En guise de rappel, Cool Blue interprète "Riviera paradise". Un long blues lent écrit par Stevie Ray Vaughan. Cette reprise très cool et imagée plait manifestement au public du Banana Peel. Normal, puisque Lieven, Bart et Joan s'en sortent à leur avantage. Madame et messieurs, je vous tire mon chapeau !

The Coral

Magic and medicine

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L'an dernier, cette formation liverpuldienne avait commis un premier album particulièrement intéressant. Un disque qui semblait avoir hérité de la fibre lyrique et psychédélique du mythique Teardrop Explodes, lorsqu'il ne trahissait pas, sous le format acoustique, une sensibilité mélodique proche des La's. Si l'esprit de la bande à Lee Mavers et à John Power continue de hanter les morceaux minimalistes, le 'garage' n'est plus maître du jeu. Il doit composer avec le blues, le folk, le reggae, le rythm'n blues et surtout la country. Pas seulement à cause du tempo très caractéristique. Mais aussi parce que cette country se révèle filmique, 'eniomorriconesque'. A l'instar des ténébreux " Secret kiss " et du remarquable " Don't think you're the first ", un fragment poussiéreux déchiré par un harmonica spectral (Wall of Voodoo ?) et dont la chevauchée fantastique s'achève dans le désert poussiéreux de la West Coast. Pour The Coral, du blues au ryhtmn' blues, il n'y a qu'un pas. Que " Talkin' gypsy market blues " et le final " Confessions of A.D.D.D. " n'hésitent pas à franchir ! Le premier en adressant un clin d'œil aux Yardbirds. Le second en libérant toute son énergie lors d'un final à la fois cuivré et déjanté. L'opus recèle même une plage rockabilly balayée par une guitare 'crazyhorsienne' (" Bill Mc Cai "), et puis " In the forest ", un titre à la fois mystique, sombre et romantique, rêve cotonneux au cours duquel l'orgue solennel rejoint la voix de James Skellyn, une voix dont le timbre me fait de plus en plus penser à Neil Diamond. Une impression qui se renforce encore sur les chansons les plus romantiques…

 

Jack Costanzo

Scorching the skins

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Difficile de savoir si la salsa est venue au jazz de Jack Costanzo ou si le jazz est venu à la salsa de Costanzo Jack ! Pas de dédoublement, pas la peine non plus de chercher un Docteur Jeykill et Mr Hyde en la personne du percussionniste américain ; car tout se mêle, la trompette avec les percussions, le rythme mambo avec un jazz qui rappelle, de temps à autre, Quincy Jones. Mais sans doute est-ce normal puisque Costanzo a été un des premiers percussionnistes à intégrer des tempos afro-cubains dans le jazz. Et parfois aussi, Jack Costanzo revient à ses premières amours en introduisant un hémistiche de percussions pures, vives et enivrantes ("Bongo Jam"). Son opus "Scorching the skins" est riche de tous ces sons vraiment chiadés, où chaque note devient importante. Mais surtout, cet album est une invitation au voyage et à la danse. Il vous sera en effet impossible de résister à quelques pas de salsa en vous imaginant à Cuba. Si le musicien autodidacte de 80 ans est mal connu, malgré la mouvance cubaine qui envahit les ondes, il a joué avec les plus grands jazzmen, dont Nat King Cole, Stan Kenton, Eddie Cano. Rarement un album a donné l'impression d'être aussi complet, régulier. Aucun morceau n'est à éviter, car chacun d'eux met en exergue le talent du maître des percussions. Un enchantement à l'état pur qui nous ferait presque oublier la réalité ! Entre les rythmes mambo, jazz, swing et salsa, Jack Costanzo fait ressortir chaque instrument et termine son album par l'excellent "After Hours", caractérisé par une délicieuse intro au piano. Un disque à se procurer très vite ; car sachez que les enregistrements de 1954 ("Afro Cuban Jazz North of the Border" et "Afro Cubano") n'ont jamais été réédités. Alors n'attendez pas cinquante ans pour vous offrir ce "Scorching the skins".

Count Five

Psychotic Revelation

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Octobre 1966, " Psychotic reaction ", la chanson d'un groupe obscur issu de San José, en Californie, décroche le n° 5 dans les charts américains. Un titre de rock garage directement inspiré par les Yardbirds qui restera, cependant, sans lendemain. Le quintet eut beau graver un elpee et toute une série de singles, sans doute un peu trop similaires, la formation va disparaître dans la plus grande indifférence. Jusqu'en 1972, moment choisi par Lenny Kaye, le guitariste de Patti Smith, pour l'inclure dans sa collection " Nuggets ". A partir de ce moment, à l'instar des Castaways, des Standells et de quelques autres, Count Five va devenir une légende du garage rock. Le label 'Big Beat' a donc décidé de leur consacrer une nouvelle compilation (NDR : un 'live' était déjà sorti en 1993). Soit la réédition de l'album paru en 1966, enrichi d'inédits, de démos et surtout d'une version jamais sortie à ce jour, du titre phare. N'empêche, en écoutant ce disque, on ne peut nier l'influence majeure que ces ensembles des sixties ont pu avoir sur des groupes comme les Hives, Clone Defect, les Strokes et autres Von Bondies. De tout ce mouvement 'garage revival' dont le charme désuet sent si bon le rock'n roll…

 

Cradle Of Filth

Damnation and a Day

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Ca y est ! Le black metal a infiltré la grosse industrie. Cradle of Filth est le premier groupe du style à bénéficier d'une signature sur un major, Sony Music en l'occurrence. Les vampires des temps modernes auraient-ils vendu leurs âmes noires au diable pognon en mettant de l'eau dans leurs calices de sang ? Que non par Lucifer ! Bien qu'agrémentées de parties orchestrales qui dégagent une atmosphère quasi biblique, les dix-sept pistes de " Damnation and a Day " exsudent toujours une agressivité féroce. Le tout pour une durée totale qui frôle les 75 minutes ! Epique et harmonieuse, même si on attendait une production davantage soignée, la pièce s'écoute sans interruption, jusqu'à la fin de l'histoire... Car Dani Filth et ses valets, épaulés par l'Orchestre philharmonique de Hongrie, ont brodé un concept historique et horrifique retraçant l'épopée d'un personnage qui, chassé du paradis, fait entrer le mal dans le monde des hommes. Cradle est sur un terrain qu'il connaît bien et on a peu de peine à imaginer, au fil des morceaux, le théâtre et les décors qui se greffent sur cette oeuvre sombre et malsaine. Outre les orchestrations grandiloquentes, rien n'a changé dans la musique du combo anglais. Peut-on réellement parler d'évolution? Dans les arrangements sans aucun doute, mais les bases musicales sont restées identiquement les mêmes depuis " Cruelty and the Beast " qui a ouvert les portes de la gloire à un groupe qui a, d'une certaine façon, popularisé le black metal. Les ventes seront bonnes et la tournée qui s'annonce un succès de foule.

Carl Craig

The Workout

Affirmer qu'on attend toujours avec impatience un nouveau projet de Carl Craig relève de l'euphémisme : depuis " More Songs About Food and Revolutionary Art ", et surtout depuis Innerzone Orchestra (l'incroyable " Bug In The Bass Bin "), Carl Craig continue à nous fasciner, ne serait-ce que par son aptitude à transcender les genres, de la techno au jazz, de la house à la soul. Son nouveau CD mix pour le label React (le premier) nous propose ainsi de découvrir quelques-unes de ses nouvelles pépites : de cet " Experimento " en ouverture du second CD aux deux morceaux signés Tres Demented, l'un de ses nombreux pseudonymes (tous publiés sur Planet E, son propre label). A côté de ces inédits qui témoignent de la bonne forme de Craig, d'autres titres comme le déjà culte " Hand To phone " d'Adult et l'" Emotional " de Soul Designer (alias Fabrice Lig) nous rassurent quant à l'éclectisme de l'artiste (à citer encore : Recloose, Gus Gus, Bugge Wesseltoft, Jah Wobble,…). Carl Craig a voulu un mix varié, à écouter " at any volume through any sound source ", partout et tout le temps. Et d'ajouter, sûr de son coup, que " The Workout is a tool for lifestyle… is there to be your personal soundtrack to your life… is the CD for you ". Hum, d'accord : la pochette en jette, comme la plupart des titres… Mais de là à dire qu'il s'agit de la bande-son de notre vie, il y a un pas, énorme, que nous nous refuserons quand même de franchir. Sans rancune, hein, Carl.

 

The Cramps

Fiends of dope island

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Après 5 longues années d'absence, les Cramps nous reviennent avec ce "Fiends of dope island". Vous avez certainement appris que Bryan Gregory, un des membres fondateurs, est décédé en 2001, suite à une pneumonie. Il n'avait que 46 ans. Mais, il est vrai qu'il avait quitté le groupe depuis 1980. Toujours drivés par Lux Interior et Poison Ivy, les Cramps ont encore changé de bassiste. Il s'agit de l'ex Mau Maus et Mr Badwrench, Chopper Franklin. Par contre, le quartet semble avoir trouvé en Drumdini, un drummer stable, puisqu'il figure dans le line up, depuis maintenant plus de 10 ans. Autre changement : le label. C'est presque une habitude. Mais, c'est pour ressusciter 'Vengeance' ; c'est à dire le label qui avait guidé leurs premiers pas. C'est aussi devenu leur propre label. Bref, venons en à cet opus. Un elpee qui porte bien les couleurs des Cramps. On y replonge dans les coins les plus reculés du psyché/rock'n roll primal, animal, tribal. On succombe toujours aux pulsions rythmiques de ce mélange dangereux, marécageux et un peu fou de rockabilly, de surf, de psychédélisme, de punk sixties et d'humour macabre. On y rencontre toujours les fantômes de Dracula, de Frankestein, d'Eddie Cochran et d'Elvis Presley. Oui, oui, vous pouvez mettre dans le même sac. Puis l'une ou l'autre cover d'artistes inconnus. Trois en tout. Dont une ballade mid tempo du standard exotique " Taboo ". L'opus recèle également deux sortilèges incantatoires : " Big black witchchcraft rock " et " Papa satan sang Louis ". Deux blues aussi. Urbain et effrayant, " Color me black " aurait pu être interprété par Nick Cave à l'époque de Bithday Party. Cryptique et délirant, " Dopefiend boogie " démontre bien que le Jon Spencer Blues Explosion est son héritier naturel. Encore qu'on pourrait croire le contraire, à l'écoute de "Dr Fucker M.D. ", tourmenté par un theremin étrange. Et si le déchaîné et survolté, " Wrong way ticket " évolue aux confins du paroxysme, " Fissure of Rolando " renoue avec la sauvagerie mélodique d'un " Human fly ". Avec un peu de promo, il pourrait devenir un hit radiophonique. Dommage d'ailleurs que cet aspect mélodique ne soit pas ici plus souvent mis en évidence. N'empêche avec un disque pareil, on peut à nouveau déterrer la hache de guerre et entamer la danse du scalp autour de la table du salon.

 

Cré Tonnerre

Souquez les gars !

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Chansons à boire, chansons à danser, chansons d'étudiants, chansons d'amour et... chansons de marins : ce disque est un véritable trésor pour les animateurs de soirées de mariage, de communion, de bleusaille et de noces en tous genres, qui souhaitent renouveler leur répertoire de farandoles. C'est vrai que depuis que le Grand Jojo a pris sa retraite, il n'y a plus guère sur Jean-Luc Fonck, qu'ils peuvent compter. Les pieds dans la Semois (NDR : ils ont originaires du sud de la province du Luxembourg, en Belgique) et un verre de rhum (NDR : pas de Sttellla) à la main, ce quatuor rêve de galions remplis d'or, de belles aux cheveux rouges flamboyants et d'îles aux trésors. L'un gratouille sa guitare, l'autre chante à tue-tête, le troisième tripote les boutons de son accordéon et le dernier fait jaillir des sons bizarres de son clavier en goguette. C'est probablement ringard, mais ça ne maque pas de charme, surtout lorsque la musique tutoie le folk celtique, au sein d'un univers sonore qui me fait parfois penser à Renaud…

Culture

World Peace

Écrit par

Culture, honorable représentant de la vague reggae roots, sort cette année son trentième album. Si à l'origine ce trio vocal évoluait dans un registre fort proche de Burning Spear, aujourd'hui il est surtout associé à Joseph Hill. Chanteur principal il continue à mener la barque en compagnie d'Albert Walker. Mais cet autre membre fondateur se contente ici de participer aux chœurs. Ecrit et enregistré avant le lancement de l'offensive américaine en Irak, cet album est habité par le thème de la guerre. Les lyrics de Hill analysent la situation actuelle, tout en restant fidèle à l'optique positive qui est depuis longtemps la sienne. Enregistré en compagnie d'une formation complète (basse, batterie, section cuivres, fait rare dans la production jamaïcaine d'aujourd'hui), " World Peace " est un opus plaisant et de bonne facture. Certes il n'y a rien ici qui atteigne les sommets conquis par la formation au cours des seventies (" Two sevens clash ", " Peace and love "), mais l'ensemble réserve de très bons moments. A l'instar de " Sweet Freedom ", " Never Get Weary " ou encore de " Selection Train ", une énième relecture du " People Get Ready " de Curtis Mayfield, tant apprécié par les artistes jamaïcains. Culture poursuit donc sa route, auréolé de tous les honneurs ; si toutefois vous ne connaissez rien des travaux de Joe Hill, jetez d'abord une oreille sur ses précédents albums ; et en particulier sur " Trod On " (NDR : également chez Heartbeat) ou encore " Two Sevens Clash ", un elpee qui avait séduit les punks en 1977.

 

Nick Curran

Doctor Velvet

Écrit par

Originaire de Portland, dans le Maine, Nick Curran constitue une des dernières révélations de la scène blues rockabilly moderne. Et pourtant, il est à peine âgé de 20 ans. Musicien professionnel, son père lui fait découvrir Duke Robillard et les Fabulous Thunderbirds. A 15 ans, il joue dans le groupe de son paternel, avant de rejoindre Ronnie Dawson, une légende du rockabilly. Il se lie ensuite avec la reine du rockabilly texan : Kim Lenz flanquée de ses Jaguars. Cette dernière la pousse à rejoindre Dallas, où il se produit d'abord régulièrement aux côtés de Hash Brown. Nick entame ensuite une carrière personnelle ; et en 99, il enregistre son premier album, "Fixin' your head". En 2000, il monte ses Nitelifes ; et l'année suivante, il commet son second elpee, "Nitelife boogie". La même année, il émigre à Austin où il est remarqué par Jimmie Vaughan qui le prend sous son aile protectrice. Curran adore le vieux R&B et le jump des années 40 et 50. Ses idoles répondent aux noms d'Amos Milburn, Wynonie Harris, Roy Brown et Jimmy Liggins. Il est souvent comparé à un hybride entre T-Bone Walker, Little Richard et Johnny Guitar Watson.

Ses Nitelifes se résument à une section rythmique composée d'Eric Przygocki à la basse, et de Damien Llanes aux drums. Enregistré 'live' au sein des studios de Fort Horton à Austin, cet album a bénéficié du concours de quelques invités.

L'album s'ouvre par la plage titulaire. Nous sommes immédiatement plongés dans cette ambiance de la fin des 40s. Rev Murph Moticka et Joe Morales se réservent les saxes. De solides chœurs masculins appuient le chant rocailleux de Nick. La guitare et le piano de Matt Farrell sortent de leur tanière. Signé Freddie King, "Lonesome whistle blues" nous entraîne dans l'univers du Chicago blues. Celui de Magic Sam, du West Side. De puissants chœurs doowop soutiennent les parties vocales. La guitare distille un blues bien vécu. Le p'tit a tout compris ! Surtout qu'il est ensuite relayé par un maître du genre : Mr Jimmie Vaughan en personne. C'est le bonheur ici bas! Nick possède une voix assez ravagée, taillée au couteau. Elle peut aussi se révéler une solide rampe de lancement pour un chant plus rockabilly. A la manière de Little Richard, si vous préférez. Damien ne sent plus ses bras. Le piano de Matt frétille et sautille. Curran y va de son solo, très inspiré par le frère Jimmie. J'adore le style de "Drivin' me crazy. Un peu mambo, proche d'Otis Rush, mené à la manière des Paladins de Dave Gonzalez ; mais avec ce petit plus procuré par l'harmonica bien huileux de Gary Primich. "Don't be angry" reste planté dans le début des 50s. Un prétexte pour sortir à nouveau un nouveau solo à haut niveau ; mais secondé par le sax ténor, il évolue dans un registre plus jazzy. Ballade bluesy, "Please don't leave me" semble sortir tout droit des juke boxes nés au cours des fifties. Nick y dispense une intervention lumineuse. Le blues est rythmé. La guitare de Nick épouse une sensibilité très West Coast jump sur "Midnite hour". Une composition parfaitement ciselée, signée Clarence Gatemouth Brown, qui permet un dialogue entre Nick et Jimmie Vaughan. Une joute à très haut niveau ! "One more time", la fête continue tout au long de la rencontre entre le piano honky tonk de Farrell et la guitare très nerveuse, presque métallique, de Curran. Primich revient souffler sur le rapide "Can't stop loving you". Le langoureux "She's gone" est un moment chaleureux à partager avec votre partenaire. Toujours aussi diverdifiée, la palette conserve son intérêt en fin de parcours. A l'instar du swing "Beautiful girl", de l'amusante cover country de Hank Williams, "Cold cold heart", et du final explosif "Stompin' at the Fort". Instrumental, ce roadhouse boogie est caractérisé par une savoureuse succession d'accords de piano et de cordes. Un superbe album!

 

Custom Made Scare

The show must go off

Écrit par

Amateurs de stoner rock et surtout du son de Detroit forgé par MC5 et The Stooges, c'est à vous de jouer ! Car Custom Made Scare est un groupe à découvrir. Véritablement underground, il possède toutes les qualités pour séduire les fans de Peter Pan, des Fuzztones et de Reverend Horton Heat. Accro aux sonorités les plus crades des seventies et à la country déjantée, il se qualifie de trucker-cowpunk band. L'énergie est au service de mélodies imparables, les riffs se succèdent sans jamais décevoir et le chant est tellement proche d'un certain Iggy Pop qu'on se croirait presque revenu à l'époque de "Raw Power". Plus punk que metal, mais plus metal que rock, Custom Made Scare brasse différentes influences, comme les Strokes ou The Datsuns, l'esprit 100% garage en plus. Un voyage en bahut qui mérite le détour.

 

C-Rayz Walz

Ravipops (The Substance)

C-Rayz appelle son rap ‘The Art of Energy’. Il se distinguerait des autres fonctionnaires du hip hop par son flow enlevé, ses rimes étranges et ses samples hippies (des flûtes hindoues aux trompettes de la mort). Du soleil ou de l'infini cosmique, C-Rayz semble tirer son inspiration (NDR : voir la pochette). Pourtant, son rap n'est pas baba, à peine sent-il la marguerite (rappelez-vous le " Daisy Age " et les Native Tongues - De La Soul, A Tribe Called Quest, etc.). On y parle aussi de flingues, de règlements de compte et de massacres… Mais de massacres de phoques (" Seal Killer "), et d'" armes d'éléphants " (" Elephant Guns "). Du rap goa, du hip hop new age ? Sur le fond peut-être, mais pas vraiment sur la forme : à part quelques sons de harpe (à la Rodney Jerkins), des barrissements et des samples limite bollywood, c'est du gros son bien burné… Mais inventif. A la Def Jux, quoi ! C-Rayz dénote un peu dans le paysage ultra balisé du hip hop tendance FM : tant mieux. C'est avec un réel bonheur qu'on écoute son " Ravipops " haut en couleurs, et en tubes (" The Essence ", " The Line Up " avec Vast Aire, MF Doom, " We Live ", " Battle Me "). Comme un léger vent de fraîcheur (en direct des paradis artificiels ?), cet album vient balayer tous les préjugés tenaces qui collent aux baskets (Adidas) du rap US. En ces temps de canicule, ça fait du bien.

Caesar

Caesar

Ne pas donner de titre à son disque, c'est déjà une déclaration d'intention, surtout s'il s'agit du quatrième : avec ce nouvel album, Caesar entend donc bien prouver qu'il n'a pas dévié de sa ligne de conduite originelle, à savoir proposer une power-pop de qualité, sans esbroufe mais pleine d'étincelles. Autrement dit, si vous avez aimez les trois précédents, dont ce " Leaving Sparks " produit par Albini, vous aimerez sans doute celui-ci, puisqu'on y retrouve à l'identique ce qui plaît chez le trio hollandais : des guitares accrocheuses, du piano primesautier, des chœurs féminins à la Bettie Serveert, des mélodies qui font taper du pied, bref de la bonne pop bien produite, entre Fountains of Wayne, Pavement (" Dark Matter "), Pixies (" The Safeword ") et Supergrass (" El Cat Race "). Roald Van Oosten, Semmi Automatic et Claire Obscure ne révolutionneront pas l'histoire du rock, mais là n'est pas le souci : du moment qu'ils se marrent et nous avec, ce n'est déjà pas si mal… Rendons donc à Caesar ce qui leur appartient.