Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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The Rolling Stones

Forty licks

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Pas de nouvel album pour promotionner la nouvelle tournée des Stones qui a débuté ce 3 septembre, à Houston, mais un double CD compilateur alignant 36 des plus grands succès du groupe, ainsi que 4 inédits (" Don't stop ", " Keys to your love ", " Stealing my heart " et " Losing my touch "), enregistrés sous la houlette de Don Was. La plaque la plus intéressante est inévitablement la première, puisqu'elle se concentre sur les sixties. Epinglant des classiques tels que " Street fighting man ", " Gimme shelter ", " Satisfaction ", " Jumpin' Jack flash ", " Sympathy for the devil ", " She's a rainbow ", " Ruby Tuesday " et " Let's spend the night together ". Nonobstant la présence de ses 4 inédits, ainsi que de " Brown sugar ", " Angie " ou encore de " Tumbling dice ", le second disque fait un peu plus pâle figure. Pas d'un point de vue strictement commercial, puisqu'on y retrouve les " Start me up ", " Miss you ", " Losing my touch " et encore bien d'autres, mais d'un point de vue purement artistique. Enfin, ce n'est qu'un avis personnel. Et, bien entendu, toutes ces anciennes compositions ont été remasterisées…

 

Eileen Rose

Long shot novena

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Eileen Rose est une jeune auteur/compositeur/interprète américaine qui vient de sortir son deuxième album. Découpé en 10 morceaux, " Long shot novena " meublerait bien, à première vue, le rayon bateau " pop-rock ". Après écoute, il paraît plus difficile à caser, tant il est riche en nuances musicales, passant allègrement de la pop à la country. Ces différentes compositions offrent un registre émotionnel très éclectique, à la fois léger et mystérieux. L'instrument clef de la musique d'Eileen Rose est sa voix. Une voix chaude et éraillée capable de transcender les mélodies. Paru en 2001, son premier album (" Shine like it does ") avait eu bonne presse, et en particulier à cause de son registre vocal. Bien que plus mélancolique, " Long shot novena " possède, lui aussi, certains atouts pour être reconnu à sa juste valeur. " Two is one " passe déjà à la radio et le concours de l'ex bassiste des Sex Pistols, Glen Matlock, fait également son petit effet sur " Snake ". Nonobstant le ton grave manifesté par certaines chansons, l'ambiance reste étrangement sereine et envoûtante. A écouter dans l'intimité !

 

Perry Rose

Hocus Pocus

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Le nouvel album de Perry Rose a été enregistré au sein de quatre studios différents : au 'Production suite' de Dublin, à l''OZ' de Riec sur Belon en Bretagne et à Bruxelles, au 'Red-House' et à l''Attic'. Un périple au cours duquel, il s'est entouré de collaborateurs de premier choix. Sept fragments ont été ainsi mis en forme en Irlande, par les célèbres producteurs Chris O'Brien et Graham Murphy (Human League, Perry Blake, Trevor Horn). A Dublin, Perry a également pu compter sur le concours du percussionniste Robert 'Bongo Bob' Haris (Foalan, Riverdance). En Bretagne, il a commis deux titres en compagnie du pianiste breton Didier Squiban, et puis il a bénéficié de la participation du joueur d'uillean pipes, Ronan Le Bars (Stefan Eicher, Gilles Servat, etc.). Pour Bruxelles, Perry a pu compter sur ses amis habituels. Le trio Trad, tout d'abord (Didier Laloy, Luc Pilartz et Aurélie Dorzée). Yves Barbieux, ensuite (Urban Tad). A la flûte et à l'accordéon. Et puis le neveu de feu Jean-Pierre Catoul, Sébastien Walnier, a rejoint Perry sur " Lately ", composition écrite en hommage à Jean-Pierre. Sans oublier les deux chansons (" Glasgow " et " Did you ever "), dont la production et les arrangements ont été confiés à Didier Dessers, le producteur artistique de Pierre Rapsat. Et pour donner davantage de couleur à ses chansons, certains titres ont même été retravaillés au sein des différents studios. Résultat des courses, lorsque les chansons de Perry s'enferment sous un format résolument pop, on a l'impression de les avoir déjà entendues. Et ce nonobstant son sens mélodique, toujours aussi contagieux. A contrario, lorsqu'elles épousent la sensibilité celtique (irlandaise ou bretonne, et parfois les deux en même temps), elles libèrent une intensité véritablement rafraîchissante et en deviennent même absolument irrésistibles…

 

Rosemary´s Billygoat

Evilution

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Avec un visuel proche des déjantés Gwar, on pourrait croire que ce nouveau combo américain constitue une nouvelle parodie du métal satanique. Comme son titre l'indique, "Evilution" n'a rien à voir avec une œuvre des Petits chanteurs à la Croix de bois et nous balance la totalité des clichés du genre. Pentagramme, atmosphère diabolique, un 666 transformé pour les circonstances en 665 1/2, attitude vampirique, ambiance sado-maso, tout y est. Evoluant quelque part entre les Butthole Surfers, Black Sabbath et Marilyn Manson, le groupe n'arrive toutefois pas à nous convaincre de sa "bonne foi". Les vocaux sont épouvantables, le son douteux et les compositions pêchent par un cruel manque d'originalité. Même la reprise de l'excellent "Hell is for children" de Pat Benatar est passée à la moulinette, sans aucun humour, avec une totale absence de finesse. Un album qu'on retrouvera dans les bacs à soldes des disquaires de seconde main dans les deux mois à venir.

 

Rothko

A Continual Search For Origins

‘On a trip in Switzerland, I tried to record and capture the sounds around me, to try and catch the sound of the mountains, of just sitting in the garden listening to the palm trees fluttering in the breeze and standing in the torrential rain as a passing storm cleaned the air’. Mark Beazley n'est pas un néo-hippie reconverti à la lounge de bar tapas, mais le leader du groupe electro-post-rock Rothko. Après 3 albums, un live et diverses collaborations, le trio de base s'est désagrégé, laissant Beazley seul et sans ressources… Heureusement, le bonhomme n'est pas du genre à baisser les bras. Il a donc fait appel aux membres du groupe Delicate AWOL pour repartir de plus belle, nous léguant ce nouvel album beau et apaisant à la fois. Une oeuvre d'une langueur en tout point fœtale. Car l'auditeur - plongé dans cet environnement sonore où se côtoient bruits de pluie ("Bloodtied"), grincements de porte (" Crossing To Gandria "), accords sibyllins, (rares) voix cristallines (" On the Day We Say Goodbye ") - ne peut que perdre toute notion du temps et de l'espace, blotti dans cette musique amniotique tel un fœtus dans le ventre de sa mère. Les mots disparus (" Words Melt Away ", le dernier titre), la vie en suspens, l'esprit divaguant… c'est nu, sans armes, serein, que l'on écoute cet album, dans lequel chaque note est calme et volupté.

 

Josh Rouse

Under Cold Blue Stars

C'est à Nashville que Josh Rouse est né, a grandi et a commencé à jouer de la guitare. Rien d'étonnant dès lors à ce que sa musique lorgne dangereusement du côté de Hank Williams et de Bessie Smith, mais sans les oripeaux cow-boy généralement de rigueur. Ici, on navigue entre country ricaine et pop anglaise, les chansons de Josh Rouse n'ayant pas peur de changer leur stetson contre l'intégrale de Radiohead. " Under Cold Blue Stars " ne ressemble donc pas à un recueil de vieilles rengaines sudistes de l'Amérique profonde : ses mélodies sont avant tout ciselées pour plaire aux fans de Sparklehorse et des Cowboys Junkies, voire de David Gray. En osant l'alliance du trio classique guitare-basse-batterie et de quelques loops discrets mais bien charpentés, Josh Rouse réussit l'album de " néo-country " idéal, à classer entre la discographie de Lambchop (avec qui il a d'ailleurs collaboré, sur l'EP " Chester ") et celle des Jayhawks. Et si des titres comme Nothing Gives Me Pleasure (un hit en devenir), Feeling No Pain ou Miracle séduisent par leur simplicité et leur efficacité, ils ne tombent jamais dans la recette facile (demandez par exemple aux Counting Crows). Josh Rouse, nouveau nabab d'une musique américaine décomplexée de ses hymnes skate-rock ? " Under Cold Blue Stars ", bientôt sur toutes les ondes ? On peut toujours rêver.

 

JW Roy

Keep it coming

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Cet auteur/compositeur/interprète hollandais a déjà bien roulé sa bosse sur la scène musicale. D'âge mûr, il a ainsi participé à l'aventure de plusieurs formations musicales, dont une avec le batteur de K's Choice, avant de se lancer dans une carrière solo, en 96. " Keep it coming " est le dernier né d'une famille de trois albums. Une œuvre qui émarge à la country, mais une country dont les mélodies basiquement acoustiques autorisent une multitude d'arrangements et de rencontres avec d'autres styles musicaux. Les 11 morceaux riches en sons, à la fois classiques (guitares, harmonica, …) et modernes (boîtes à rythmes), puisent donc leurs racines dans la country/folk alternative, mais également dans le rootsrock. Car malgré certaines sonorités plus électroniques, la musique de Jan Willem Roy respecte les valeurs traditionnelles de ce genre musical. Nonobstant cette authenticité, l'album est loin de reproduire les clichés propices aux atmosphères enfumées, où une bande de cow-boys dansent avec chapeaux et santiags sur un plancher en bois. Les arrangements sont opérés avec goût et efficacité. Ce qui peut paraître étonnant lorsqu'on sait que la Hollande n'est pas réputée pour ses artistes country… " Fool to rush on " fait même penser à Bruce Springsteen et aux sons " nashvilliens ". Optimistes, la plupart des textes véhiculent des messages chargés d'espoir. Ce qui explique sans doute pourquoi le registre vocal est léger, presque joyeux. En conclusion, ce " Keep it coming " possède tous les atouts pour réconcilier la nouvelle génération avec les sons d'antan.

 

Rush

Vapor Trails

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Après cinq années d'absence, le trio légendaire canadien Rush sort de sa tourmente. Cinq années dramatiques vécues par les membres du combo ; et plus particulièrement par le batteur Neil Peart, frappé par la disparition accidentelle de son épouse, puis de sa petite fille. Deux lourdes épreuves consécutives qui auraient pu aboutir au split des géniteurs du métal progressif. Peut-on imaginer où en seraient aujourd'hui les carrières de Dream Theater ou même de Porcupine Tree, si des albums tels que "Power Windows" ou "Moving Pictures" n'avaient vu le jour à l'aube des années 80? Rush demeure la référence absolue en matière de métal alambiqué ; les dieux des harmonies symphoniques et des mélodies complexes.

Parfaitement à l'aise dans son époque, Rush nous offre une nouvelle plaque du tonnerre de Zeus, excellant dans les titres aux riffs sévèrement burnés comme lors de ses épanchements lyriques et mélancoliques. Dès la plage d'intro, "One Little Victory", Geddy Lee et ses comparses décochent des flèches fulgurantes. Avec une telle force, que le fan de base se demande s'il a bien affaire au même groupe que celui qui chantait "Time Stand Still", à l'époque de l'album rouge. Le son est agressif, très heavy, trop diront certains, mais le génie inventif du trio est intact. Les synthés sont inexistants sur "Vapor Trails", mais les trouvailles et les surprises sont légion. Les Canadiens ont mis tout leur savoir-faire au bénéfice des 13 titres qui composent cette plaque tant attendue. Et pour le bonheur de nos tympans ! Les solos de guitares occupent une place privilégiée et s'incorporent à merveille au corps des compos aussi riches que variées. Toujours aussi soignés, les arrangements apportent une envergure sans pareil à la musique du trio ; mais les amateurs de l'époque eighties resteront peut être sur leur faim, car Rush a fait le choix d'accorder sa musique au diapason du métal moderne. On est très loin de l'époque glorieuse du live "Show of Hands", mais c'est tellement bien fait, qu'on ne peut s'éterniser à regretter le passé. Plusieurs écoutes s'imposent donc...

 

R. Kelly & Jay-Z

The Best Of Both Worlds

Jay-Z et R. Kelly sont deux monstres de la black music. Mais si l'un est reconnu pour sa verve hip hop et ses talents de producteur (Jay-Z), l'autre n'a de cesse de se vautrer dans le R'n'B le plus factice et le plus sirupeux, se proclamant " King of the world ", alors que sa musique est aussi fade qu'un gros plat de nouilles. En exhibant fièrement ses pectoraux luisants aux midinettes de 13 ans sur fond de soupe FM pleine de beats putassiers, R. Kelly fait sacrément pitié. " The Best Of Both Worlds " : ce n'est donc vrai qu'à moitié, et encore… Car Jay-Z, lui aussi, trempe parfois sa musique dans la fange, quand il ne montre que son côté le plus beauf et le plus réac', celui qu'MTV aime tant diffuser dans des clips vulgaires et machistes. Pourtant, son dernier disque, " The Blue Print ", a été salué comme l'un des meilleurs albums hip hop de l'année dernière, et c'est justifié. Alors pourquoi s'être lancé à corps perdu dans cette entreprise de marketing maousse costo, au côté du plus gros mac de la musique black ? Pour le tiroir-caisse sans doute, mais question d'image, c'est une belle grosse bourde : " The Best Of Both Worlds "… Y a-t-il affirmation plus grossièrement prétentieuse, surtout quand on voit le gros R. Kelly prêcher sa bonne parole (" I Love God ", et blah blah blah) en survêt' de gros mâle en rut ? Question musique, donc, c'est plutôt raté : on sent le travail bâclé, la collaboration discutée sur contrat, mais pas en studio. " The Best Of Both Worlds " ? Euh, hum, " The Worst ", en fait.

 

Radio 4

Gotham !

" Dance To The Underground " constitue le nouvel anthem punk funk de cette fin d'année ; alors que 2002 aura vu renaître le rock'n'roll le plus coriace, des turbulents Libertines aux nébuleux Interpol. Allô New York, ici Radio 4, hommage non feint à John Lyndon et à son rock trempé dans le dub, période " Metal Box " de Pil. A l'instar du 12e morceau, justement intitulé " Radio 4 ". Tout un programme ! 1979. 23 ans déjà. Et pourtant le gang de la Grosse Pomme évite de trop recycler les poncifs du post-punk. Nous sommes bien au XXIe siècle. L'électro s'est immiscée sournoisement dans tous les genres, pour accoucher de ce monstre hybride qui donne le tournis, entre guitares qui fusent et grosses basses (beats) qui martèlent. Punk funk, donc. Liars, The Rapture, Out Hud, LCD Soundsystem, Radio 4 : aux manettes, le plus souvent, un duo de producteurs aux mains habiles, James Murphy et Tim Goldsworthy, Alias DFA. Godamn ! Ces gars-là savent y faire. Violence et dance. Dans le collimateur de cette double paire d'oreilles affolées (et affûtées) : Gang of Four, This Heat et 23 Skidoo, les nouveaux parrains d'une scène affriolante qui ose les croisements incertains, les alliances incestueuses. À l'heure où l'Amérique part en croisade contre le monde, des groupes de la trempe de Radio 4 persistent et signent : " Dance To The Underground ", clament-ils à Bush et Giulani, pour que plus jamais ne soient interdites les parties de jambes en l'air (" Certain Tragedy ", " New Disco " : de la bombe !) dans les clubs de New York et d'ailleurs. " Vous chantiez ! J'en suis fort aise ! Eh bien dansez maintenant ! ", pourrait-on s'entendre dire de politiciens rabat-joie et pisse-froid, sclérosés par l'arthrite. Eh bien oui mes amis, mieux vaut être cigale que fourmi ! Et ça, Radio 4 l'a bien compris.

 

Rajna

The Door of Serenity

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Moins 'Prog' qu'alternatif, Rajna mérite le détour. Ce duo français propose une musique d'inspiration ethnique orientale, intégrant une foule d'instruments traditionnels. Les rôles sont parfaitement répartis entre Jeanne et Fabrice : elle chante ; lui joue de tous les instruments, dont le tambour à eau, les flûtes de bambou, tablas, balalaïka, dulcimer, cloches birmanes et autres harpes. Et le résultat est vraiment très réussi. Pour les repères, on pourrait évoquer un Dead Can Dance débarrassé de sa sinistrose, donc de sa facette gothique. Rajna est parfois mélancolique, mais respire avant tout la fraîcheur et la sérénité (en parfait accord avec le titre). Jeanne ne s'essaie pas aux performances vocales époustouflantes parfois offertes par DCD, mais n'en est pas moins une chanteuse sensuelle et délicate, attachante tant dans ses chuchotements que dans ses vocalises parfois éthérées. Les plages sont certes répétitives, mais jamais lassantes. Au contraire, l'envoûtement est garanti ! Et Rajna ménage certaines 'respirations' très planantes (« Into the Dream »). Si le dépaysement et les savoureuses découvertes vous tentent, surtout ne manquez pas cette 'Porte de la Sérénité' !

 

Kid Ramos

Greasy kid stuff

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Kid Ramos est incontestablement chouchouté par son label, car il est ici encore une fois entouré par du beau monde! Evidence a donc décidé de miser sur le kid de LA. Surtout après le succès récolté par ses 2 autres albums "Kid Ramos", en 99 et "West Coast Party", l'année suivante. Une chose est sûre, il est respecté par ses pairs. Pas moins de sept harmonicistes figurent sur la liste des invités. Et tout le who's who des souffleurs de la West Coast signe présent.

Le quatuor de base est constitué de Kid à la guitare et parfois au chant, de Tom Mann au piano, et d'une super section rythmique réunissant Jeff Turmes à la basse et Richard Innes à la batterie ; c'est à dire des anciens membres du James Harman Band et du Hollywood Fats Band.

L'album s'ouvre par la plage titulaire. Un instrumental qui démontre tout le savoir-faire du kid dans le jump style. "Chicken hearted woman" est un blues lent. Ouvert par les cordes reproduisant le cri de nos gallinacés favoris, James Harman chante cette plage avec toute la maîtrise que nous lui connaissons. James chante aussi "Low down woman" au cœur d'une ambiance très country blues et "Gratitude is reaches", dans le style Chicago Southside, pendant que la slide de Ramos sonne comme la jumelle de celle d'Elmore James. L'entrée en lice d'un de mes harmonicistes favoris de toujours, Charlie Musselwhite, est bouleversante. Il a composé ce "Charlie's old Highway 51 blues" qu'il chante de cette voix immédiatement saisissable. Charlie est une légende vivante du blues. Un artiste attachant et authentique ; et les interventions de Ramos ne font qu'accentuer l'effet. Charlie revient chanter avec autorité le blues très dépouillé "Rich man 's woman". Paul deLay a certainement été l'une des meilleures découvertes des années 90. Il possède un style tellement personnel. Une voix cassée, puissante, qui transpire le vécu! Il est présent sur deux titres qu'il a écrits : "Say what you mean, baby", cuivré par Jeff Turmes, et "Ain't gonna holler". L'harmoniciste le plus proche de Kid est sans doute Mr Richard Duran, alias Lynwood Slim. Ils sont tellement complices que lorsqu'ils jouent ensemble, tout semble couler de source. Ils donnent ici une parfaite leçon de west coast jump lors de la reprise du "I don't care who knows" de Willie Dixon. Ensemble, ils apportent un traitement rockabilly au classique de Bobby "Blue" Bland, "Hold me tenderly". L'énergie reste présente. Le rythme s'intensifie avec l'entrée en lice du joyau de Sacramento, Rick Estrin (de Little Charlie and the Nightcats). Sa voix nasillarde et son harmo offensif s'acquittent parfaitement de "It's hot in here". Estrin aime aussi le blues pur. Il est merveilleux quand il pense au génial Little Walter. A l'instar de "Marion's mood", un fragment de derrière les fagots. Le virtuose Rod Piazza change de registre pour se consacrer à l'instrumental "Devil's foot". Il prend indéniablement une direction jazz et swing. Kid se met même à sonner comme Charlie Christian. La machine à vapeur s'emballe pour aborder "Mean ol' lonesome train". Une composition écrite par Lightnin' Slim et superbement rendue à la vie grâce au vieux Johnny Dyer. La Ramos party s'emballe pour la finale. Un tonique "Harmonica hangover" qui adresse un double clin d'œil à Charlie Musselwhite et à Rick Estrin. Un superbe album !

 

Pierre Rapsat

Tous les rêves

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Impossible de chroniquer cet album de Pierre Rapsat. Comment prendre du recul face à ce qui devait être un témoignage, un best-of, et devient un testament ? En avril 2001, quand il a enregistré ce double album en concert au Cirque Royal de Bruxelles, Rapsat se remettait d'un cancer. On sait maintenant que la rémission fut de courte durée. En 24 chansons, il retrace toute une carrière. Alors, forcément, on se dit qu'elle méritait une meilleure reconnaissance internationale ; que " Illusions " ou " Passagers de la nuit " ne devaient pas rester des tubes uniquement belges. J'ai redécouvert avec plaisir " Joan jouait aux dominos " dans une version très poignante. Mais, on ne m'enlèvera pas ma conviction que, ses plus belles mélodies, Rapsat les a écrites à la fin de sa vie. Je songe à " Ensemble " (qui en fait le Goldman du Parti socialiste wallon) et, plus encore, à " Tous les rêves sont en nous ". Les amateurs noteront encore la présence, en fin d'album, d'un petit extra sous la forme d'un duo avec Lio pour " Rien qu'une chanson ".

 

Raspoutitsa

Démo

Écrit par

Deuxième démo pour ce quintette tournaisien issu des cendres de Larsen Lupin. Quatre titres, dont trois chantés dans la langue de Molière et un dans celle de Shakespeare. Première constatation, pour une autoproduction, le son est impeccable, voire même raffiné. Mais il faut reconnaître que depuis l'arrivée d'un claviériste, leur musique n'a strictement plus rien à voir avec le post grunge consommé au sein de leur ancienne formation. On nage même parfois carrément dans le prog. Pensez au Genesis de l'Archange Gabriel. Claviers fluides, envolées lyriques, changements de rythmes impromptus, guitares tantôt syncopées, sinusoïdales ou cristallines, construction mélodique par paliers. Tout y est. Seul le vocal ne parvient pas à décoller au sein de la solution sonore propulsée dans l'éther atmosphérique. Pas qu'il soit médiocre, mais il ne parvient pas à se muer en falsetto. Et il est vrai, que ce style de musique exige une 'voix' ! Un titre s'écarte légèrement de l'ensemble : " Born in Christmas time ". Celui chanté en anglais. Plus funk blanc, plus métallique, plus viscéral, il est à la fois torturé par une guitare wah wah et (parfois) tourmenté par un vocal trafiqué ; mais, en fin de parcours revient à une forme plus prog…

 

Lester Quitzau

So here we are

Écrit par

Vivant du côté d'Edmonton, à Alberta très exactement, Lester Q est canadien. La slide guitar est sa spécialité. De quoi déjà plaire aux amateurs de blues ! Il est aujourd'hui aux commandes de son Very Electric Trio. Greg Johnston est à la basse, aux claviers et à accordéon, Lyle Molzan aux drums. Lester a aujourd'hui 27 ans. Il est né de père danois et de mère hollandaise!! Il a longtemps fait partie d'un groupe qui répondait au nom des Yard Dogs. En 1993, il a sorti un album intitulé "Keep on walking". Puis un second album, plus personnel et électrique en 96, "A big love". Pourtant Lester fréquente surtout les milieux ‘folk’. Ce qui l'a poussé à enregistrer en 2000, un album en compagnie de Bill Bourne, spécialiste en folk celtique, et du guitariste Madagascar Slim : "Tri/Continental". Double album, "Tri Continental Live" a vu le jour en février 2002.

"So here we are" s'ouvre par une version très électrique et un tantinet hard du "Rollin' & tumblin" de Muddy Waters. La section rythmique est en béton. La voix adaptée au style. La slide ronronne furieusement en produisant des montées en puissance très métalliques. Un important travail de production a été accompli tout au long des sessions d'enregistrement. Le son est très rempli, le dépouillement n'est pas ce monde. Le calme peut cependant faire partie de l'univers quitzalien. A l'instar du 'deltaesque' "Waiting", enrichi par la mise en forme d'effets amplifiés. "Honey Bee", autre classique de Muddy Waters, adopte un jeu assez technique de recherche sonore et de réverbération. Le reste de l'album relève de la plume de Lester. La trame musicale reste cependant semblable. Il opère un travail synthétique sur le son chez l'atmosphérique "Here we are". La voix est proche de celle de Jimi Hendrix. J'apprécie tout particulièrement "Release me", un blues lent, dépouillé, dégageant fièvre et menace. La guitare électrique est certainement inspirée par Billy Gibbons du ZZ Top. Au milieu du déluge émerge une chanson acoustique : "Broken heart. Une composition épicée d'un piano et d'un orgue discret ainsi que du violoncelle de Christine Hanson. "Devil's dues" est une composition assez complexe, à la sonorité originale. Elle peut rappeler El Fish de l'époque "Wisteria". La puissance de feu revient pour "Home on the range". La slide crache son venin. Un boogie dramatique rappelant une nouvelle fois ZZ Top! "Time takes time" est une somptueuse ballade, proche de la country music! L'album s'achève par "Heart & Soul", une complainte jazz funk, marquée par les percussions. Un étrange album aux saveurs inattendues...

 

Queens of the Stone Age

Songs For The Deaf

Certain qu'avec cet album, les QOTSA ont écrasé toute la concurrence rock de cette année : rythmiques du feu de dieu (Dave Grohl en guest-star), refrains incendiaires, mélodies en béton… " A Song For The Dead ", " Go With The Flow ", " No One Knows " : autant de tubes taillés dans le roc le plus dur, qui ne sombrent jamais, pourtant, dans le métal risible. Imparable.

 

The Quill

Voodoo Caravan

Écrit par

Du gros rouge qui tache! Des amplis à lampes! De la sueur et des riffs plombés! Des fumées aux odeurs illicites! Vous avez dit stoner? The Quill et son heavy façon seventies va botter les fesses des Fu Manchu, Cowboys and Aliens et autre Spiritual Beggars. Notons d'ailleurs les solos de Mike "Spiritual" Amott sur le titre "Shapes of Afterlite" et la participation du groupe à un album tribute à Trouble, initiateur bien malgré lui du mouvement stoner. The Quill décoiffe grave et se démarque du genre grâce à la fabuleuse voix d'un chanteur qui évoque Ray Gillen ou John Sykes, période Blue Murder ; tout en nous proposant un magnifique voyage dans un monde flower power où il fait bon rester. Comme à l'accoutumée dans le genre, les guitares sont très grasses, les tempos souvent lents, les drums sonnent comme à l'époque du Grand Funk Railroad et chaque titre constitue une véritable invitation au headbanging. Inconnu au bataillon, mais plus pour longtemps, les Quill nous viennent tout droit de Suède et comptent déjà trois albums à leur actif. Impitoyable, la deuxième plage de cette caravane voodoo justifie à elle seule l'achat de cette petite bombe aux parfums hallucinogènes. On en redemande!

 

Q And Not U

Different Damage

Signé sur le label de Fugazi Dischord, Q ant not U dégage une énergie féroce mais jamais rosse, en un mot : EMO. Cousins proches des Texans At The Drive-In dont ils reprennent un peu le flambeau, ce groupe de Washington DC en impose autant par ses chansons que par son attitude. Enfin une bonne nouvelle du Pentagone : le (vrai) hardcore n'est pas mort.

 

Paradise Lost

Symbol of Life

Écrit par

Après avoir bénéficié des faveurs de la grande EMI le temps de deux albums, Paradise Lost réintègre les rangs du circuit underground, retrouve ses valeurs, et accouche de sa meilleure plaque depuis "Draconian Times". Le nouveau né, bien emmitouflé dans un très confortable digipack, se porte à merveille et fait la joie de ses parents. "Symbol of life" est un recueil de technicité et de mélodies admirables baignant dans une ambiance sombre, noire et splendide, aux confins d'un gothic rock proche des derniers Tiamat et de la glorieuse époque heavy-doom de l'incontournable "Icon". Grâce à son metal hyper moderne mais fidèle à l'esprit du combo, l'oeuvre devrait sans nul doute replacer Paradise Lost à la place qu'il mérite, soit dans le trio de tête des groupes de hard rock anglais. Si bien qu'il redevient un concurrent sérieux pour des groupes dark et mélancoliques tels que Lacuna Coil ou Moonspell. Les singles "Isolation" et "Erased" effacent à eux seuls les erreurs commises dans le passé. La plage titulaire rivalise de beauté avec les plus grands standards du genre. Et l'excellent "Channel for" constitue le titre le plus violent et efficace écrit par le groupe depuis bien longtemps. Non seulement les riffs sont imbattables, c'est à dire accrocheurs dès la première écoute, mais les lignes de chant sont puissantes et mélodiques, sans être téléphonées, l'approche technologique éblouissante, et la production des plus dynamiques. "Symbol of life" est sans conteste un des albums de l'année et marque le retour d'un très grand groupe de metal goth, style dont il est le fondateur. Paradise Lost sera en tournée en 2003 avec Samael. Le choc des titans !

 

Paraffine

22.22’

Écrit par

Je risque de ne pas figurer sur le site de Paraffine avec ce qui va suivre... Il est clair que la scène electro-rock-metal française a le vent en poupe depuis quelque temps. Encore que le soufflé tombe peu à peu. Ai-je tort ? Pourtant, chez certains l'engouement perdure ; et les forces volontaires et dévouées, mises en œuvre pour défendre la cause, respectables. Au final, le grand vainqueur reste la musique ; et, en quelque sorte, sa vocation sociale. Revenons à Paraffine. Actuellement, je ne vois pas ce que le groupe peut insuffler au mouvement pour lui redonner une seconde jeunesse. Ce qui ne le rend pas inutile et dénué d'intérêt. Glanant ci et là des infos sur le net, des confrères soulignaient la pertinence des samples et l'utilisation judicieuse de la composante électronique; la tonalité positive des lyrics et des prestations scéniques d'anthologie. Pour les samples et les paroles, je sors d'une otite, il me reste peut-être des crasses dans les oreilles. Pour le live, j'aurais peut-être l'opportunité de vérifier ça un jour. Si je n'ai pas une conjonctivite.

 

Parallel Or 90 Degrees

More exotic ways to die

Écrit par

A l'instar de Porcupine Tree, P.or 90° propose une pop-prog sophistiqué intello et volontiers psychédélique. La démarche est toutefois moins séductrice, plus radicale, le groupe n'ayant renoncé ni aux riffs entêtants, ni aux longs développements, ni à cette liberté de ton qui sont le privilège des 'non-alignés'. Que l'on ne s'y trompe pas : ce CD est très bon, mais nécessite un effort de la part de l'auditeur : il faut l'apprivoiser. Il est plus rugueux et moins accessible que son prédécesseur, le superbe 'Unbranded'. Il aurait même un côté prétentieux s'il ne recelait cet habituel humour, qui génère ici un final en pied de nez, là une espièglerie textuelle. Et s'il est vrai qu'il est aussi plus sombre, ce qu'accentue le chant éraillé et plus agressif de Tillison, c'est pour mieux atteindre ce second degré annoncé dès le titre. Partiellement enregistré live, l'album souffre malheureusement d'une production un peu terne. Le meilleur est cependant pour la fin : 'Petroleum Addicts' arrive comme une éclaircie. Bien que contrastée, c'est la plage la plus lumineuse, la plus enjouée et la plus immédiate. Globalement ce disque reste quand même de bonne facture. Avec un cadeau prime à découvrir sur PC, dont l'intégrale du tout premier CD du groupe, datant de 89, et une séquence vidéo de 8 minutes.