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The Music

The Music

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Franchement, après avoir écouté cet album pour la première fois, je suis resté sur le cul. Un disque à ne pas mettre entre les oreilles du premier venu, il faut l'avouer. Pourtant, si le mélomane est branché, il vous remerciera plus de cent fois. Mais s'il est largué, il risque fort de péter un plomb, voire le circuit. Je m'explique. Sur les dix fragments qui composent le premier opus de ce quatuor de Leeds, peu d'espace a été réservé à la récupération. Le flux sonore, dévastateur, tumultueux, viscéral est une constante. Rien de tel pour opérer un lavage complet (NDR : et efficace !) de votre matière grise. Mais quels sont les paramètres qui permettent un tel phénomène. Tout d'abord la voix de Robert Harvey. Et quelle voix ! Haut perchée, stridente, sauvage, elle met littéralement le feu à la musique. Un peu à la manière de Robert Plant, lorsqu'il sévissait chez Led Zeppelin.

Fondamentalement, The Music a d'ailleurs hérité de la passion volcanique et de la conviction électrique cultivée chez le célèbre dirigeable, qu'il manifeste à travers un mélange de heavy métal sulfureux et de blues fougueux. Enfin, à la base. Car ce cocktail explosif laisse la porte ouverte à bien d'autres courants musicaux. Le psychédélisme tout d'abord. Celui de The Verve (NDR : ses deux premiers elpees !) et des Spiritualized Electric Mainline. Le funk et la house ensuite. Héritée en ligne droite des Stone Roses. Le tout raffiné par un zeste de technologie moderne, histoire de ne pas oublier que nous vivons en 2002. Un assortiment tempétueux, tentaculaire, au cours duquel The Music libère ses passions, ses frustrations, ses colères, mais également laisse la place à ses espoirs. Un must ? C'est une certitude ! Mais un must au sein duquel une flopée de remixeurs pourrait facilement trouver matière à travailler. Espérons simplement qu'ils soient de la trempe d'Underworld ou de Prodigy.

 

The Music

You might as well try to fuck me (Ep)

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Le chanteur de cette formation de Leeds possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Rob Harvey ! Et son timbre campe un hybride entre Perry Farrell et Grace Slick. S'il n'y avait les notes de la pochette, j'aurais presque juré qu'il s'agissait d'une femme, tant son falsetto éthéré, gémissant, est saisissant. The Music n'a pas encore sorti d'album, mais trois EP. Constitué de quatre titres " You might as well try to fuck me " baigne dans un univers psychédélique à l'intensité noisy. A cet égard, le titre maître de ce disque est un petit bijou d'intensité électrique. Beaucoup plus atmosphériques, nonobstant une forme dance héritée probablement des Stone Roses, les trois autres fragments nous replongent dans l'univers visionnaire, halluciné, tourmenté de The Verve, lorsque le cerveau de Richard Ashcroft était encore balayé par " A storm in heaven ". Un futur grand groupe est probablement occupé de naître…

 

Charlie Musselwhite

One night in America

Écrit par

Figure de proue légendaire du blues blanc, Charlie est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi ; mais il a vécu plusieurs années à Memphis, dans le Tennessee. Il s'était établi à Chicago en 1962, où il a écumé les clubs, l'harmonica en poche et la guitare en bandoulière. Son premier album, "Stand back! Here comes Charlie Musselwhite's Southside Blues Band" était paru en 1966, sur Vanguard. Depuis, il s'est fixé en Californie et a sorti un nombre impressionnant d'elpees. Son dernier, "Continental drifter", remonte à 1999. Un disque remarquable, paru chez Pointblank. Une œuvre au cours de laquelle, il était parvenu à réaliser une fusion originale entre son blues et la musique traditionnelle cubaine. Cette nouvelle plaque opère un changement radical !

La première plage, "Trail of tears", plante le décor : nous sommes bien à Memphis, au carrefour du blues, du country et du rock'n'roll. La voix de Charlie se mêle à celles de Kelly Willis et de Christine Ohlman, pendant que les guitares de G.E Smith et Robben Ford se partagent les soli. Ecrit par le pianiste Ivory Joe Hunter, "Cold grey light of dawn" baigne au sein d'un climat parfaitement country. Sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album ! Memphis Charlie se rappelle sa jeunesse. Cet album, dit-il, est une réflexion sur ses expériences que j'ai menées à Memphis, au cours des années 40 et 50. "Blues overtook me" est une composition autobiographique. Elle retrace la manière dont le blues l'accosta naguère à Memphis. Les guitares de G.E Smith et Robben Ford le suivent à la trace, alors que Robben sort un solo très rock'n'roll qui sied parfaitement à ce climat. "In a town this size" est clairement country. Authentique spécialiste de country et de bluegrass, Marty Stuart est à la guitare. La voix cristalline de la citoyenne d'Austin, Kelly Willis, accompagne parfaitement celle du vieux Charlie. Rehaussé par la présence de la chanteuse Christine Ohlman, "Walking alone" est une plage légèrement rythmée, assez différente de ce que nous avait habitué Charlie. Illuminée par la guitare de G.E Smith et la mandoline de Stuart, mais également balayée par l'harmonica, "Rank strangers to me" est une ballade très lente, proche des canons de la country et du blues. La reprise du "One time one night" de David Hidalgo et Louie Perez de Los Lobos est imprimée sur un rythme rock'n'roll. Tout fan de Charlie Musselwhite aime le retrouver dans l'exercice du blues authentique. Epaulé par la seule basse de T-Bone Wolk, il le pratique sur le grave "In your darkest hour". Et puis également chez le très très lent, enrichi par la voix de Miss Ohlman , "Ain't it time?". Charlie est aussi resté un vieux fan de Johnny Cash. Il le croisait régulièrement à Memphis, à l'époque des enregistrements Sun. Il reprend avec beaucoup de respect son "Big river". G.E Smith s'y révèle très à l'aise aux cordes. Soutenu par les guitares de G.E et de Robben Ford, la fin d'album est plus classique. Mais en même temps, Charlie retrouve toute sa verve à l'harmonica. A l'instar de son "I'll meet you over there" et du célèbre "Ain't that lovin' you baby", de Jimmy Reed ; une finale au cours de laquelle l'intervention de Ford est particulièrement brillante. Ce retour aux sources d'inspiration de l'artiste décontenancera sans doute le fan qui avait apprécié l'album précédent qui, je le rappelle, était le fruit de la rencontre du blues moderne et de la fusion cubaine.

 

My Dying Bride

The Voice of the Wretched

Écrit par

Enregistré dans le superbe complexe 013 de Tilburg (Hollande), une des meilleures salles de concerts d'Europe, ce premier live des anglais de My Dying Bride est le témoignage parfait de sa dernière tournée, opérée dans le cadre de la Peacefest. Toujours aussi doom, la formation nous livre en l'espace d'un mois, non seulement un album public, mais aussi un DVD enregistré en 1996 à Cracovie. Faut-il évoquer également les deux compilations, "Meisterwerk 1 et 2" sorties en 2001? L'actualité de ce groupe hors du commun est donc bel et bien chargée ; et le fan ne sait plus où donner du portefeuille. Live ou best-of supplémentaire? Toujours est-il que cette technique de marketing n'enlève rien à la grande qualité de la superbe musique dépressive de ce géant du métal des ténèbres. Les "She's in the Dark", "The Cry of Mankind", et autre "Your River" sont toujours aussi beaux à pleurer, mais on regrettera néanmoins l'absence du violoniste Martin Powell, dont un simple coup d'archet suffisait pour briser la monotonie de certaines plages. Une des faiblesses de l'elpee, je le concède ! Ce qui n'empêchera pas les fans de le considérer comme indispensable. Quant aux néophytes, ils se rabattront sur l'indispensable "Like Gods of the Sun", un sommet du genre.

 

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

Music Drama

Révélation wallonne de l'année 2000, Redboy alias My Little Cheap Dictaphone sort enfin son premier disque (après la démo " Listening Is Sexy "). Résultat des courses : on n'avait plus eu pareille claque depuis l'album de Millionaire. En mélangeant hardiment influences américaines (Sparklehorse, Pixies) et popote bien de chez nous (Venus, Orange Black), Redboy nous fait voir la vie en couleurs et en cinémascope, l'écran mental de ses rêveries pop-rock crépitant dans nos oreilles en dérangement. Car la musique de My Little Cheap Dictaphone n'est pas lisse comme du velours : elle patine, se plante, repart au quart de tour, fonce tête baissée dans les murs de la pop la plus frelatée –ce genre de mélodies catchy mais qui ne crachent jamais dans la soupe. Ici, la pop est malmenée par un theremin un peu branque (" Steven's Winter ") ou par un ragtime en goguette avec de la country (" So Sorry Today "). Sur " Silencio ", on croise Marnie et Norman en pleine crise de Sueurs Froides, tandis qu'" Am I Your Friend ? " ouvre l'album comme la musique de Danny Elfman les films de Tim Burton. " I want to get higher and higher ", chante Redboy sur " Get High ". Avec " Music Drama ", il s'envole loin au-dessus de la Baraque Fraiture, et nous avec : le soleil n'est plus loin, tout comme la planète Mars. My Little Cheap Dictaphone ? Le meilleur aller-simple vers les étoiles.

My Morning Jacket

Chocolate and Ice (Ep)

Pour cet Ep, Jim James a tout fait tout seul : difficile à croire, tant la luxuriance de ses chansons et la complexité de leur structure semblent dissimuler une armada de musiciens - évidemment tous fans de Neil Young. Cobra se déroule ainsi pendant plus de vingt minutes, splendide sarabande de sons entremêlés et de couleurs chatoyantes. A côté de cette symphonie néo-country de poche, les autres titres auraient pu faire pâle figure : heureusement il n'en est rien. Sur " Sweetheart " et " Can You See The Hard Helmet On my Head ? ", on jurerait entendre les barbus de Grandaddy secourir Jim dans sa lourde tâche de lonesome cow boy, avec Brian Wilson en superviseur. Rien que du bon, en somme… Bref, à se procurer d'urgence.

 

My Skinny Wonderland

Wat went wrong ?

Écrit par

Alias Skinny, Philippe Tasquin est un artiste dont le talent et l'éclectisme lui ont permis de travailler en compagnie d'une multitude de musiciens en Belgique. Aussi bien dans le domaine de la pop, du rock, de la musique alternative, contemporaine, symphonique et de la variété. Parmi les plus notoires, je citerai Pierre Vervloesem, Bernard Plouvier et Klaus Klang. Le rôle de directeur musical (pour le Théâtre National, par exemple) lui a même parfois été confié. A ma connaissance, je ne lui connaissais, que deux albums solos. Dont le deuxième " Stars & clowns " lui avait permis, entre parodie et romantisme, de mêler rock seventies et fantaisies pianistiques.

" Wat went wrong ? " constitue le premier elpee de son nouveau projet, My Skinny Wonderland. Un disque pour lequel, il a quand même reçu le concours de toute une série de collaborateurs, dont un certain Luc Tytgat, un ingénieur du son qui avait notamment travaillé pour Siglo XX, Neon Judgment, Kat Onoma, Asylum Party et Little Nemo, aux célèbre studios 'Pyramide'. Il est ici derrière les manettes sur la moitié de l'opus.

Mais venons en à ce " Wat went wrong ? ". Un disque très surprenant (NDR : mais est-ce une surprise ?), dont les compositions filmiques, capable de transcender les genres et les styles, nous entraînent au cœur d'un univers à la fois sombre et lyrique, riche et dense, ironique et angoissant. Des compositions dont les thèmes sont reflétés à travers un superbe booklet (NDR : signé Thierry Mondelaers). Des compositions alimentées par des arrangements de cordes et des chœurs somptueux, des guitares noisy, un piano jazzyfiant, cabaret ou tourmenté, des clavecins et des harmoniums, des cuivres débridés, etc., que souligne parfois le falsetto céleste de Philippe. Sans oublier les collages, les bruitages et les samples. Passé l'intro, on entre immédiatement dans le monde de l'étrange : fruit d'une rencontre hypothétique entre Ravel et Frédéric Rossif, " Quiet village ", hit obscur des 50's signé Les Baster, est ainsi remodelé en cocktail instrumental préparé à base de rumba et de music-hall. Tout un programme ! La prog y a également son mot à dire. A l'instar d’" Have finally found a job ", sorte de King Crimson 'hitchcockien'. De " Whodunit ", au cours duquel on imagine Miles Davies venir faire une jam avec Magma. Du redoutable " Blind alley ", hymne à la paranoïa. Et enfin du titre maître, thriller imaginaire hanté par un piano spectral et écartelé entre funk blanc et jazz moderne. Skinny aborde donc aussi le music hall. Américain. Celui de l'avant-guerre. Il se fait ainsi crooner classe sur " Town without pity ", en adressant un clin d'œil à Frank Sinatra. Cartoonesque tout au long du très 'old fashion' " The new liberace ", une plage parcourue par des chœurs doo wop. Fred Astaire aurait pu y danser des claquettes ! Et enfin sur le chant de Noël " The paramount ". Deux plages s'écartent ( ?!?!?) totalement de l'ensemble. Tout d'abord le sauvage, presque métallique (Primus ?) " Damned messiah ", et puis le très pop " Finally ", chanson qui aurait pu relever du répertoire d'un Perry Blake. L'élégance d'un John Barry, la folie de Mr Bungle et l'avant-gardisme de Tuxedo Moon n'ont jamais fait aussi bon ménage…

 

Madrugada

Grit

Écrit par

Après avoir commis deux albums sombres et mélancoliques ("Industrial silence" et " The nightly disease"), Madrugada nous revient avec un troisième opus beaucoup plus redoutable, et surtout sauvage. Inspiré du roman d'Henry Miller, " Printemps noir ", ce disque a été enregistré à Berlin sous la houlette de Head, le producteur de PJ Harvey. Une œuvre découpée en 11 fragments, dont un morceau caché qui s'écarte totalement de la ligne de conduite du groupe. Et pour cause, confessionnel, minimaliste, il repose sur une trame électro acoustique. Le morceau de plastique recèle cependant encore l'une ou l'autre plage du même tonneau que les deux premiers elpees. Et je pense tout particulièrement à la ballade venimeuse, " I don't fit ", à " Madrugada VII ", hymne tramé sur un crescendo qui s'achève en libérant une véritable intensité déferlante ; ou encore au lancinant, nonobstant ses propriétés noisy, " Proxy ". Mais le reste embrasse de toutes nouvelles perspectives sonores. Le plus souvent à la croisée des chemins des Stooges, de Sisters Of Mercy et du Fall. En outre, le baryton profond de Sivert Hoyen cède parfois la place à des inflexions déclamatoires héritées en ligne droite de Mark E Smith. C'est tout à fait évident chez le décapant " 7 seconds ". Mais aussi sur " Ready ", agité par d'implacables décharges électriques. Et même tout au long du gothico-stoogien " Come back Billy Pilgrim ". Un mélange qui devient même explosif sur l'entêtant et hynotique, " Blood shot adult commitment ". Un régal ! Le disque s'ouvre, en outre, de nouveaux débouchés sonores. A l'instar de " Try ", un titre dont le groove lorgne d'abord du côté des Stones (" Jumpin' Jack flash " ?), avant de progressivement se tourner vers celui de Primal Scream, lorsque les chœurs gospel entrent dans la danse. De " Get back in line ", modulé sur un tempo dub, mais rogné de claviers poussiéreux. Ou encore de l'énigmatique et ténébreux " Got you ". Imprimé sur un tempo cold wave, comme seul Tones on Tail en avait le secret. Un must !

 

The Makers

Strangest Parade

The Makers sont à David Bowie ce que les Puddle of Mudd sont à Nirvana : de pâles copies sans jus ni stupre, des pantins mimant leur(s) maître(s) en espérant décrocher la timbale ; bref des imposteurs ayant bien étudié leur abécédaire du rock'n'roll, mais ayant mélangé toutes les lettres. A ‘M’ on trouve ainsi : Man Who Fell From Earth, Mercury (Freddy), Mötley Crüe, Mott the Hopple. The Makers auraient-ils bloqué à la lettre ‘M’ lors de leur examen de passage dans la grande fratrie des rockers en cuir noir et rouge à lèvres ? Peut-être, mais la lettre ‘G’ semble également leur aller à merveille : 'Glam', 'Garage'… 'Glam Garage'. Oui ! ! ! The Makers font du glam garage ! Leur pose de rock stars, leur minauderies seventies, leur look de tapettes poilus du torse, leurs chansons piquées à Ziggy Stardust… Mais oui, tout est là ! " Rock'n'roll suicide ", chantait justement Bowie sur cet album légendaire… En écoutant The Makers, on se dit qu'il ne croyait pas si bien dire. Ecouter The Makers en 2002, c'est donc comme écouter Bowie en 1972, mais en moins bien… Euh, où est l'intérêt, alors ? Ben… Nulle part.

 

Aimee Mann

Lost in space

Écrit par

Si on ne tient pas compte de sa participation à la la B.O. du film Magnolia, " Lost in space " constitue le quatrième album d'Aimee Mann. Un album mélancolique qui traite des thèmes de l'obsession, de la compulsion ou encore de la dépendance (" Humpty Dumpty ", " Real bad news "). Les onze morceaux de cet opus manifestent une sensibilité acoustique, mise à fleur de peau par les accords expressifs d'Aimee à la guitare ; des fragments enrichis toutefois, occasionnellement, par quelques discrètes distorsions électroniques. Mais chacune des mélodies est mise au service de sa voix riche et de son lyrisme éloquent. Ballades plus ou moins heureuses, plages plus ou moins instrumentales, vocalises plus ou moins dépressives, " Lost in space " consacre la création la plus douloureuse d'Aimee Mann. Au creux de la vague, l'atmosphère reste, tout au long de l'écoute, triste mais pas sans espoir. Nonobstant cette lourdeur mélancolique, une artiste qui compose la musique, écrit les paroles de ses chansons et les interprète, ne peut qu'être pardonnée de son humeur maussade ; encore qu'il soit permis d'espérer que ce spleen ne soit que passager. Et si cette œuvre ressemble, quelque part, aux précédentes, lorsqu'une certaine familiarisation (pour ne pas dire dépendance) à cette association particulière entre la voix et les mélodies commence à s'installer, ce n'est pas pour me déplaire. A quand le suivant ?

Maria Blonde

Démo

Des Français venant de Bordeaux, fans de Slint et de Portobello Bones, qui aiment donc les poussées noisy d'adrénaline, les voix pleines de colère retenue, les rythmiques puissantes et l'émotion à fleur de peau : voilà le portrait de Maria Blonde, un groupe à la réputation scénique déjà confirmée, et qui pourrait devenir le Placebo ou le Six By Seven français. Sur cet EP, " Christmas Day " impressionne par ses mélodies, " Dahaina " par sa hargne proche de Sonic Youth et ses breaks déments, " One Gram Of Her " par sa capacité à rivaliser avec Mogwai. Sauveront-ils la face du rock indé hexagonal ? Réponse en novembre, avec l'album.

 

Lil' Ed

Heads up!

Écrit par

Lil' Ed Williams est né en 1955 dans le West Side de Chicago. J.B. Hutto, son oncle, lui apprend tous les rudiments du blues. Un des plus grands 'slide guitarists' de la grande époque du Chicago blues, avec bien entendu Elmore James et Hound Dog Taylor. La première incarnation de son groupe, les Blues Imperials, date déjà de 1975. C'est le boss d'Alligator qui les a découverts et leur a permis d'enregistrer sur son célèbre label, "Roughhousin" en 1986. Lil' Ed va écumer toutes les scènes nationales et internationales. Depuis l'Europe au Canada, en passant par le Japon et Australie.

"Chicken, gravy & biscuits" est paru en 89 et "What you see is what you get" en 92. Quelque temps plus tard, on retrouve sa trace sur le double album live, "The Alligator Records 20th Anniversary Tour". C'est pourtant à cette époque qu'il décide de suspendre les activités des Blues Imperials et de disparaître dans un certain anonymat. Il remonte pourtant le vaisseau en 1998 ; et dans la foulée grave "Get wild". Si on se réfère aux photos reproduites sur la pochette, Ed semble toujours aussi souriant. Et très fier de son beau fez au sommet du crâne. Il est épaulé par son fidèle bassiste James "Pookie" Young. Son demi-frère qui l'accompagne depuis les débuts. Le line up est complété par deux musiciens blancs : Mike Garrett à la guitare et Kelly Littleton aux drums.

"Heads up!" ouvre l'opus judicieusement. Sur "Woman in the castle", le rythme est très rock'n'roll. La slide rugit dès la première note. Elle sent bon le parfum de Hound Dog. "Never miss your water" maintient le tempo soutenu. De sa voix dominatrice, Lil' Ed chante avec férocité. Il libère de courtes phrases à la guitare, comme autant de lames de rasoir. Le son est terriblement métallique. Impressionnant ! Le bonheur est toujours au beau fixe chez "Natural man". La slide épouse le motif classique du Chicago blues. Le son dur et abrupt évolue, c'est une certitude, au sein d'un univers plus proche de Hound Dog que d'Elmore James. Long slow blues, comme Muddy Waters pouvait nous le prodiguer depuis le cœur du South Side, "The creeper" est un véritable régal. Toute l'intensité dramatique s'y libère. La voix puissante se joue des obstacles. La slide joue son rôle à la perfection. Le rythme revient au grand galop dès "My mind is gone". Un morceau signé Pam Williams. La slide est lancée à vive allure, comme un train qui écrase tout au passage. Les percussions sémillantes de Kelly Littleton renforcent cette impression du chemin de fer. "Four leaf clover" nous renvoie plutôt vers le Westside de la Cité des Vents. Le style a changé, et c'est Mike Garrett qui dirige la manœuvre aux cordes. Leçon de cuisine, "Lil'l Ed's home cooking" nous maintient un peu à l'écart du travail sur la slide. Toujours un pied dans l'Ouest de la ville, la guitare reprend brillamment "Black night". Un canon du blues lent, écrit par Jessie Robinson, au cours duquel la guitare, dont le feeling coule à travers les veines de l'artiste, atteint un maximum d'intensité. Un sommet! "Empty house tour" marque le retour au tempo rapide. Ed et Mike s'échangent les soli. Ils décochent tour à tour des flèches meurtrières. "Computer girl" libère un maximum de groove. La guitare se montre de plus en plus agressive. Le travail instrumental opéré sur "Ed head's boogie" est un véritable régal pour les oreilles. On n'entend d'ailleurs plus guère de nos jours une slide jouée avec autant d'expression! Chanté d'une voix très passionnée, "I still love you" constitue le dernier blues lent. Un fragment bien long, brûlant, au cours duquel les notes dispensées par la guitare sont réservées et limitées. Cet excellent album se termine un peu comme il avait débuté. Par un shuffle poignant. Intitulé "I love my baby", il marque un dernier retour victorieux de la slide. Superbe!

 

Arto Lindsay

Invoke

Brésilien d'origine mais New-Yorkais d'adoption, Arto Lindsay s'illustre brillamment dans un registre musical alambiqué, difficilement classable. De la bossa-nova de " Beija-Me " au hip hop radioactif de " Predigo ", l'ancien membre du groupe no-wave DNA n'a pas peur des étiquettes. Depuis le succès critique de son dernier album " Prize ", Lindsay continue d'arpenter les chemins non balisés du rock, du jazz et de la musique brésilienne, comme Lurie et Zorn, ses voisins de palier de l'intelligentsia à guitares et trompettes. Voyage aller-retour pour Rio, " Invoke " mélange donc savamment rythmes urbains et airs traditionnels, n'oubliant jamais d'attiser le feu mélodique et d'invoquer les dieux de la bossa (Jobim en tête). Exigeant mais passionnant, cet album de traverse s'avère le compagnon idéal des soirées en solitaire, qu'on soit fan de Lou Reed, Caeteno Veloso ou Masada. A découvrir !

 

Aynsley Lister

Supakev n pilchards

Écrit par

Agé de bien moins de trente ans, Aynsley est encore un très jeune musicien. Il avait déjà commis deux albums autoproduits, en 96 et 97, avant d'être remarqué par Thomas Ruf, boss du label qui porte le même nom. En 1999, il avait également gravé un opus éponyme produit par Jim Gaines ; un disque suivi en 2001 par "Everything I need". Le jeune chanteur/guitariste anglais poursuit son apprentissage tout au long de cet enregistrement quasi unplugged. Un set immortalisé live au South Parade Pier de Southsea, en juillet 2001.

Lister prouve qu'il peut interpréter le blues des créateurs. Sa voix ne crève certes pas l'écran sonore, mais elle passe bien. En outre, l'artiste semble s'amuser face à son public. Il reprend ici pas moins de quatre compositions de Robert Johnson, dont l'ouverture "Stop breakin' down", un "Kind hearted woman" dont la voix sanglotante est saturée d'émotion, ainsi que "Crossroads" et "Walkin' blues". Assez technique, son jeu de guitare transparaît très bien sur plusieurs titres. A l'instar de "Tougher than tough" de Jimmy Witherspoon. Il se tire aussi très bien d'affaire au bottleneck, dans un style Delta. C'est une évidence chez la cover de "Mean old world" de Little Walter et d'"Empire State Express" de Son House. A mi-parcours, il réussit quelques petits coups de boogie ; et en particulier "Mad man blues" de John Lee Hooker et "Come go home with me" de Sam "Lightnin" Hopkins. Au beau milieu de ce programme blues, il concède l'une ou l'autre chanson. Tout d'abord l'adaptation du "Strong enough" de Sheryl Crow ; et enfin, en guise de rappel, une bien jolie et longue reprise d'"As the crow flies" de Tony Joe White. Lister demeure un artiste à suivre !

 

Little Charlie

That´s big!

Écrit par

Trente ans déjà que Little Charlie Baty et Rick Estrim font équipe ensemble. Et cela s'entend tout au long de ce voyage musical qui nous transporte de la Californie à Chicago en passant par le Texas. Ils y maîtrisent avec brio, swing, jump, blues et rockabilly. Si on ne tient pas compte de la collection "DeLuxe edition", les Nightcats ont déjà commis sept albums pour le label Alligator.

Le disque s'ouvre par "Real love". L'intro de Little Charlie Baty à la guitare est tapissée de courtes phrases aiguës, assassines. Rick Estrin pose sa voix nasillarde, avant d'expirer au creux de l'instrument chromatique. Atmosphère Nightcats garantie ! "Weekend off" aborde le West Coast swing. La guitare déborde de vitalité dans ce style jump. John Firmin et Rob Sudduth soufflent dans leur sax. Steve Lucky est assis derrière le piano. "Desperate man" épouse un jeu plus conventionnel. Frankie Randall à la basse et Joey Ventitelli aux percussions impriment le rythme. Les cordes suivent cette trame qui baigne dans les bayous. Rick est détendu à l'harmo. "Livin' good" revient au Chicago blues. Il sent bon le Westside. Le petit Charlie ne distille que les notes nécessaires, avant de nous accorder un de ces soli dont il a le secret. Un exercice de style qui monte délicatement en puissance pour ouvrir le champ à Estrin. La plage titulaire est un excellent shuffle, bien saignant. Du rythme pour les solistes en pleine verve ! Et c'est James Harman en personne qui répond aux vocaux de Rick. La machine parfaitement huilée se fond dans l'instrumental "Bluto's back". Mr Baty ouvre le jeu, bientôt relayé par un autre grand de la scène californienne : Rusty Zinn. Il signe une intervention époustouflante devant l'orgue de Steve Lucky. "I'll bet I never cross your mind" est un blues lent royal. Les Nightcats, le piano et les cuivres forment un environnement parfait pour permettre à Baty de mettre en exergue un solo très T-Bone. Et ce festin composé de superbes plages rythmées persiste jusqu'à la fin de l'opus. A l'instar d'"I know she used to be your woman", au cours duquel Estrin se sent inspiré par Sonny Boy Williamson, du swing "Money must think I'm dead" et de "Coastin' Hank", qui démontre tout le talent d'Estrin sur le chromatique. Une voix nouvelle apparaît sur "It better get better". En fait, il s'agit de celle de Rusty Zinn. Il chante cette composition exotique d'Estrin, d'un timbre aigu, haut perché. "Bayview" est un instrumental jazz, base d'un dialogue très versatile entre Baty et les ivoires de Chris Siebert. "Steady rollin' man" est une plage dépouillée, très roots, ne réunissant qu'Estrin et la basse acoustique. Charlie revient, plus brillant que jamais, pour interpréter la finale swing "Go on if you're goin". Excellent!

 

Little Victor & Sophie Kay

Just rockin´ the blues

Écrit par

Malgré un sobriquet qu'il doit non pas à sa petite taille, mais plutôt au fait qu'il ait commencé à jouer dès son plus jeune âge, Little Victor n'est certainement pas à ‘court’ de talents. Originaire du Texas, Victor pratique le blues depuis plus de quinze ans. Après avoir côtoyé, du côté de Beale Street, de vieux bluesmen de la scène locale de Memphis, il s'active sur les planches des clubs d'Austin en se produisant avec les artistes du coin. A l'instar de son ami et compère, Paul Orta, il finit par s'installer à Paris, en France. C'est dans la ville lumière qu'il rencontre Miss Sophie Kay. De formation classique, ses goûts s'orientent vers le folk-gospel avant de tomber dans le blues, suite à une rencontre déterminante avec R.L Burnside.

Little Victor (chant, guitare, harmo) et Sophie Kay (chant, guitare) nous distillent du blues dans la pure tradition du Delta des années 40. L'album débute par une reprise de Little Walter, "I just keep lovin' her", qui laisse la place à un jeu subtil de guitare, appuyé de solis d'harmo. Victor dévoile ses talents vocaux dès la 2ème plage, le ragtime "Two days ago", aux voix particulières et aux consonances très R'n'R fifties. Rythmées par les six cordes de Sophie, la plupart des plages ont été arrangées par Little Vic. Sophie prend le relais en chantant "Chauffeur blues". Ce n'est d'ailleurs pas l'unique titre sur lequel cette admiratrice de Memphis Minnie assure les vocaux ("Rock little daddy", etc.) Notre américain à Paris s'illustre encore de très belle manière en mettant en avant son jeu de guitare efficace et sans superficialité. Sur "I'm gonna get my baby", le Bo Weavil n'est pas très loin, et ce tant par le style et la sonorité, que par la présence bien agréable de Vince "Sleepy" Talpart, à la contrebasse, sur six titres du CD. La rythmique est d'ailleurs, elle aussi, assurée par Eric "Rockin' Lulu" Lelet, batteur sur le 1er album du Bo Weavil. Partagé entre le Memphis Sound des années 50 et le blues profond du Delta, Little Victor et Sophie Kay nous transportent dans un voyage d'authenticité, une véritable musique de juke-joint. L'écoute de l'album ne nuit en rien à la santé, bien au contraire. Le duo se produira le 1er juin à la Ferme de la Madelone à Gouvy; d'autres dates sont envisagées dans nos régions. Restez attentifs !

 

Lock Up

Hate Breeds Suffering

Écrit par

Quand deux musiciens de Napalm Death (dont le sympathique Shane Embury), le batteur de Dimmu Borgir et l'ex chanteur de At The Gates se retrouvent pour taper le bœuf, ça donne Lock Up, un groupe de death metal extrême d'une technicité époustouflante. Evidemment, on ne fait pas dans le genre thé au citron et petits fours ! Exit Peter Tatgren qui hurlait sur le premier effort du combo, et bienvenue à Thomas Lindberg (At The Gates) pour faire passer définitivement Lock Up du statut de side-project à celui de vrai groupe. Bien sûr, les similitudes avec la musique ultra nerveuse de Napalm Death sont palpables ; mais Lock Up est loin d'être une copie carbone du célèbre groupe de death métal. Puissantes, hargneuses, rageuses, d'une précision inouïe, les plages qui composent ce "Hate Breeds Suffering" exploitent un potentiel de férocité avec une classe digne des meilleurs moments de Slayer, voire même de certains groupes hard core metal cultes tels que Crumbsuckers, Dark Angel ou Cro Mags. Une bombe difficile à désamorcer. Mieux encore, de la dynamite !

 

Love As Laughter

Sea as shining sea

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Love As Laughter a été fondé en 1994 par Sam Jayne. Enfin, il s'agissait plutôt d'un projet que d'un groupe, puisque L.A.L. se résumait à sa seule et unique personne. Et c'est en solitaire qu'il a enregistré le premier elpee. Au fil du temps, Jayne a étoffé son line up. A un tel point qu'à une certaine époque, il se composait de huit musiciens. Aujourd'hui, L.A.L. est un trio. Sam n'est quand même pas un illustre inconnu, puisqu'il avait collaboré à l'enregistrement de l'album "One foot in the grave" de Beck. Mais, il faut reconnaître que la production discographique de sa formation est, à ce jour, toujours demeurée confidentielle. " Sea as shining sea " possède tous les atouts pour permettre enfin au groupe de sortir de la zone crépusculaire de l'underground. Un disque pas tellement facile à assimiler, mais qui progressivement exerce ses charmes. A cause de cette sensibilité sixties particulièrement vivace, sauvage, malsaine, urbaine, puisée chez des monstres sacrés comme le Who (" Substitute ", " My generation ") les Stones (période " Let it bleed ") et le Velvet Underground. Et puis de ce sens mélodique particulièrement contagieux, nonobstant les guitares obliques, distordues, les lyrics sombres, et la voix desséchée de Jayne. L'album regorge de titres les plus surprenants les uns que les autres. On a ainsi droit à une excursion dans le psychédélisme épique (" Druggachussets "), le psychédélisme punkysant post Wire ( sur le meilleur fragment de l'album, " My case "), ou encore dans le country blues comique (" Sam Jayne=dead "). Bref, un disque à découvrir absolument !

 

Low

Trust

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Après avoir longtemps véhiculé l'image et même le symbole du slowcore, Low a opéré un virage à 180° lors de la sortie de " Things we lost in the fire ", en 2001. " Trust " confirme ce changement d'orientation sonore. Bien sûr, l'opus recèle encore quelques fragments empreints de nonchalance ténébreuse, presque sinistre. Et je pense tout particulièrement à " John Prine ", dont les sonorités glaciales et accusatrices, réverbèrent comme une cloche d'église, à travers un paysage d'hiver dénudé. Ou encore à " The lamb ", dont le cognement sourd des drums accompagne le chorus funéraire. Ce sont presque les exceptions qui confirment la règle. Car le reste de l'opus oscille entre périples atmosphérico-psychédéliques, fragments beaucoup plus allègres, presque folk, et plages chargées d'intensité électrique vivifiante, décapante. Ce sont d'ailleurs les plus belles. " (That's how you sing) Amazing Grace", tout d'abord. Une chanson bercée de guitares bringuebalantes, dans un style fort proche de Red House Painters. " Snowstorm ", ensuite. A cause de ce fil mélodique qui épouse le feedback ondoyant. Et enfin et puis surtout " Canada ". Trempée dans un psychédélisme délicieux, cette pop song au tempo enlevé libère un groove viscéral, presque contagieux, digne des Breeders. Les voix de Mimi Parker et d'Alan Sparhawk sont toujours aussi limpides, mais décalées, histoire de transcender chaque mélodie. A un tel point que parfois on à l'impression qu'elles frôlent le gospel. Enfin le superbe lyrisme offre des moments de beauté solennelle. Dommage cependant que l'album ne soit pas davantage sous tension électrique, cet opus aurait alors pu truster une place parmi les dix meilleurs albums de l'année. Ce n'est sans doute que partie remise…

 

Luna

Romantica

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Si vous l'ignorerez encore, Luna est une formation drivée par Dean Wareham. Un Néo-zélandais qui a sévi, au cours de la seconde moitié des eighties, au sein du trio mythique Galaxie 500. " Romantica " constitue déjà le 6ème opus de sa nouvelle formation dont le line up vient de s'élargir à une certaine Britta Phillips. Pour y tenir la basse et assurer les backing vocaux. Elle partage même, de son timbre voluptueux, le chant avec Dean sur le savoureux " Mermaid Eyes ". Sur les onze fragments de cet opus, les quatre derniers baignent au sein d'un climat intimiste, pour ne pas dire nonchalant. Y compris le mid tempo " Dizzy ", et " Rememories ", traversé par les accents d'une slide. Mais la marque de fabrique de Luna procède de la conjugaison des cordes de guitares échangées entre Dean et Sean Eden. Des cordes tour à tour tourbillonnantes, gémissantes (Edwyn Collins ?), luxuriantes, bringuebalantes, incisives, chatoyantes ou encore veloutées. Un style hérité en ligne droite du mouvement écossais postcard, illustré par Orange Juice, Aztec Camera ou encore Pastels, au début des eighties. A moins que ce ne soit de l'écurie du label néo-zélandais Flying Nun (JPS Experience, Bats, Verlaines, Chills, Clean), né à la même époque. Ou peut-être encore un peu des deux. Evidemment, les puristes retourneront aux racines pour citer les Feelies, Television et bien sûr le Velvet Underground. Bref, chez les adeptes de cette pop soyeuse, atmosphérique et fruitée, Luna est un astre sonore de choix. Pour enregistrer cet elpee, le combo a reçu le concours de Gene Holder (dB's) à la production et de Dave Fridman (Flaming Lips, Mercury Rev, Mogwai) au mixing. Dave a même enrichi " Black champagne " d'arrangements de cordes somptueux. Deux compos s'écartent cependant légèrement de la ligne de conduite observée par " Romantica ". Tout d'abord, le groovy " Swedish fish " et puis le rock enlevé " 1995 ". Mais en général, les mélodies simples hantées par la voix chaude de Dean, dans un style mi chanté / mi parlé, créent un remarquable tableau visionnaire, pittoresque, romantique, de la pop. Du grand art !

 

Lunascape

Reflecting seyelence

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Bien qu'achevé en 1999, le premier opus de cette formation belge vient seulement de voir le jour. Un disque qui a bénéficié du concours d'Ash Howe (Faithless, Texas, Brian Ferry) à la co-production ; mais également de Piet Goddaer (Ozark henry) pour les arrangements de cordes. Ce qui vous donne une petite idée du soin qui a été apporté à la finition de cet elpee. Lunascape, c'est avant tout Walter Hilshorst et Kyoko Baertsoen. Le premier se réserve la guitare, la programmation, la co-production et partage l'écriture des chansons avec Kyoko. Kyoko le chant. Cette ex vocaliste de Hooverphonic possède une superbe voix, dont le timbre limpide, cristallin, éthéré, évoque tantôt Karin Oliver (la première vocaliste de His Name Is Alive), tantôt Heather Nova, Dolores O'Rioardan (Cranberries) ou encore Liz Fraser (Cocteau Twins). Excusez du peu ! Cocteau Twins est en outre une des influences majeures du groupe. Tout comme Dead Can Dance. Mais également et surtout Portishead. Parce que nonobstant un titre plus pop, plus hymnique, (" My second skin "), une incursion dans le techno metal (" Sin for me "), un détour par le reggae blanc (" Mourning star ", et enfin, une excursion dans l'exotisme (" Lane Navachi "), le reste de l'opus baigne dans une sorte de trip hop atmosphérique. Une trip hop née de la rencontre entre rythmes contagieux, samplings, boucles, arrangements de cordes, guitares électrique et acoustique, dont les mélodies puissantes, élégantes, sont caressées par la voix de Kyoko. Et si toute l'œuvre peut être créditée de très bonne facture, j'avoue quand même un faible pour " Tears from the moon ". Pas parce que cette chanson fait également l'objet d'un clip. Un clip qui a d'ailleurs été diffusé au festival de Berlin ; mais tout simplement parce que c'est une très belle chanson…