Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Daan

Bridge Burner

Daan n'a jamais caché son admiration pour les synthés pop eighties de Human League ainsi que les mélodies guimauves de Culture Club et de Duran Duran, groupes de garçons coiffeurs pour midinettes du Top 50 ; mais qui ouvrirent pourtant les portes du succès à l'électro balbutiante. Voilà donc le message de ce " Bridge Burner " : flirter avec les beats les moins avouables (" Sons Of Grey ", hommage à Visage ?, " Sunchild " et ses nappes FM en ouverture), rendre hommage aux grands faiseurs de tubes des années 80, sans pour autant tomber dans la parodie ou le mauvais goût. Car c'est là la force de cet album : réussir l'alliage parfait entre influences électro-pop d'il y a 20 ans et rock ancré dans le présent… Et du rock belge, pour couronner le tout. Daan, chanteur-guitariste chez Dead Man Ray et fan de Duran Duran, cela donne donc " Bridge Burner " en solo, un sacré disque : " Love " sonne comme du Prince passé à la moulinette anversoise, " Angels " présente un Daan reconverti en rappeur du samedi soir, " Swedish Designer Drugs " fait péter le disco dans le salon (tube de l'année), et " Appetite ", comptine rock décalée, met fin en beauté à tout ce beau bordel…. Qu'on déroule (enfin) le tapis rouge pour Daan, car ce " Bridge Burner " mérite tous les honneurs.

 

Daisybox

Organic

Daisybox fait partie de ces groupes qui se doivent de supporter les comparaisons, tant leur musique copie celle de certains de leurs aînés : ici, Placebo, Smashing Pumpkins et Indochine. " Canary Bay " aurait d'ailleurs été repris par ce groupe de campus il y a quelques années (quand ils s'appelaient encore Daisy), de quoi facilement alimenter les choux gras des mauvaises langues (" On n'a pas besoin d'un Indochine bis " / " C'est déjà le topo avec Sirkis ", etc.). Pourtant, en écoutant bien ces mélodies faciles mais accrocheuses, ces paroles niaises mais touchantes, on se prend rapidement d'affection pour ce groupe parisien d'ados attardés qui auraient trop écouté " 1979 " (" Pause ", " Ultra Non "), " Without You I'm Nothing " (" Etanche ", " 45 Minutes "), Pixies (" Pile Ou Face ") et, donc, Indochine (" La Lune ", hommage maladroit à un certain hit récent du groupe à Sirkis ?). A deux (voire trois) voix, les Daisybox ont pour eux des chansons fraîches et légères, des bonnes bouilles de rockers juvéniles, un parrain à la réputation redorée ces derniers mois (Sirkis, donc), un son de toute bonne tenue (Daniel Presley à la production), bref un album qui devrait contenter tous les amateurs de pop-rock français gentil et lisse comme un bon vieux " Bob Morane ". C'est déjà ça.

 

Nick Curran

Nitelife boogie

Écrit par

Le backing group de Currant a pris du galon depuis que son patronyme a été collé à celui de Nick Curran. Pourtant le line up du groupe a été chamboulé. Si Matthew Przygocki continue d'assumer la basse acoustique, Jim Trimmier et T.D ‘Murph’ Motycka les saxophones, le combo s'est choisi un nouveau batteur en la personne de Philip Law, et un pianiste qui répond au nom de T Jarrod Bonta.

Nick possède la voix d'un rocker des fifties. L'ouverture très rock'n'roll en est une belle démonstration. Très rapide, "I'm glad, glad" bénéficie d'interventions de saxes et de guitare. Il aborde le R&B dans l'esprit des forties, chez "Nitelife boogie". Un fragment écrit par Joe Liggins, qui libère un maximum de swing et de jive. Les musiciens prennent leur pied pour répondre en chœur aux vocaux de Nick. Le band est très à l'aise au sein de cet univers sonore. Pas pour rien qu'il se poursuit par "Let the daddy hold you". La section rythmique porte bien l'ensemble et les saxophones sont à la fête. "I want to love somebody" revient au blues traditionnel. Remarquablement ficelé, il permet au cordes de s'évader dans un style jump ; un style très apprécié par les adeptes de Junior Watson, Hollywood Fats ou encore Kid Ramos... La reprise de "Low down dirty shame" de T-Bone Walker est en tous points remarquables. La guitare est fluide, les saxes et le piano bien mis en place, et le chant manifestement adapté à ce style. Un grand moment ! Le travail de Curran sur les cordes est ici impressionnant. Il a parfaitement assimilé la technique des maîtres que furent T-Bone Walker et Charlie Christian. Etonnant ! La puissance de voix éclabousse tout sur "Close to midnight", un fragment proche du Chicago Westside. Curran s'acquitte d'un grand exercice de style instrumental sur "Space guitar" de Johnny Watson. Il y fait preuve de maîtrise et dextérité! Drivé par le piano de T Jarrod, le boogie shuffle "She's fifteen" est le théâtre d'une grande prestation sur les cordes. Ce savoir-faire se reproduit de nouveau sur "Jukebox Mama". Moment de douceur, "You know my love" de Willie Dixon, laisse un peu souffler le rythme. Une version enlevée avec brio. Aussi excellent que recommandable, cet elpee s'achève dans le rock'n'roll cuivré de "Don't jive me baby". A plus d'un titre, Nick Curran me fait penser à notre Marc T. Faut dire que les multiples facettes de leurs talents respectifs sont très semblables…

Sandrine Collard

Je communique

Pour sûr qu'elle communique, cette Sandrine Collard : entre deux beats façon Telex (Dan Lacksman à la production), cette nouvelle muse électro-pop à la française (genre Miss Kittin vs Françoise Hardy) nous parle de tout ce qui lui tient à cœur, des gsm (" Le gsm ") aux grimaces (" Les grimaces ") en passant par ses histoires de cœur (" Les femmes ", " Je doute ", " Fuis-moi "). Sorte de popote électronique pour femme de ménage de l'an 2000, " Je communique " s'écoute comme un journal intime lu à voix haute, sur un ton monocorde et des nappes eighties passe-partout. " Si j'avais pu imaginer qu'un jour mes leçons de solfège me serviraient à proclamer le fond de mes pensées ", clame Collard sur " Les femmes "… Comme quoi, le solfège, ça sert aussi pour sonner branché, entre une reprise de Christophe (" Les marionnettes ") et l'intrumental " Aïe ", rigolo. " Comme à pile ou face, il faut du style pour pouvoir faire un coup sensass " (" Le coup sensass ", irrésistible) : Sandrine Collard, malgré son " bla-bla " qui parfois s'" essouffle " (voir " Mes discussions "), réussit donc plus ou moins son coup, devenant ainsi une prétendante sérieuse au titre de " Vive La Fête d'entre Sambre et Meuse ".

 

Concrete Blonde

Group therapy

Écrit par

Bien que né en 1986 et disparu en 1993, Concrete Blonde a toujours été associé au mouvement " Paisley Underground ", institué quatre années plus tôt par le Dream Syndicate de Steve Wynn. Un " Paisley underground " inspiré à la fois par le psyché/garage de la west coast de la fin des sixties et du début des seventies (NDR : pensez à Jefferson Airplane et à Quicksilver Messenger Service), le gothisme et la culture mexicaine. Paru en 1994, leur précédent opus s'intitulait même " Mexican Moon ". L'an dernier, le trio a donc décidé de se reformer. Sous son line up initial. C'est à dire le guitariste Jim Mankey, le drummer Harry Rushakoff et la chanteuse/bassiste Johnette Napolitano. Le temps de tourner quelque mois, et la formation est entrée en studio pour enregistrer ce " Group therapy ". Sur lequel elle rend tout d'abord un hommage à Roxy Music. Il ne faut pas oublier que Paul Thompson, le batteur original, a également transité par Concrete Blonde. Et puis quelque part, en se réunissant, Roxy Music a donné l'envie au trio de se reformer. " Group therapy " n'est pas un album qui s'assimile facilement. D'ailleurs, plusieurs écoutes sont nécessaires avant de s'en imprégner. Mais lorsqu'on s'est laissé envahir par les mélodies douces-amères, elles ne vous lâchent plus l'esprit. Imprimées sur un mid tempo, elles permettent à Johnette d'épancher, de son timbre vocal savoureux, voluptueux, légèrement rocailleux, un lyrisme élégiaque, ténébreux, à travers des textes très personnels, à défaut d'être véritablement autobiographiques. Mais Concrete Blonde ne serait pas Concrete Blonde, s'il n'y avait ces flambées d'électricité blanche. Elle n'est pas omniprésente, mais lorsqu'elle se consume avec ferveur, elle vous remue littéralement les tripes. L'album se paie même une incursion dans le reggae blanc (" Tonight "), la new wave (" Violent "), le soul/jazz réminiscent de Sade (" Inside/outside ") et s'en réserve inévitablement une dans le folklore espagnol, lorsqu'elle chante " Your llorona ", dans la langue de Cervantès. Johnette échange même sa basse contre la six cordes de Jim, sur le très émouvant " Take me home ". Un bien bel album !

Consolidated

The End Of Meaning

Depuis plus de dix ans, Consolidated milite en faveur d'un monde meilleur, bombardant notre société conservatrice de ses riffs poisseux et de ses samples guerriers. Finalement davantage connu pour son activisme que pour sa musique, le groupe d'Adam Sherburne finit par n'être plus qu'une tribune politique ; le tocsin de l'anarchie l'emportant sur le son et les mélodies. Capitalisme, égocentrisme, consensualisme, Consolidated part en croisade contre les ‘ismes’ les plus dévastateurs, en reléguant le rock au second plan alors qu'il est l'une des plus fabuleuses machines de combat. Car ici, point de rock salvateur ni de refrains accrocheurs : Sherburne préfère coller bout à bout samples de discours politiques, slogans et interférences radiophoniques, qu'empoigner sa guitare et rentrer dans le lard. La plupart des morceaux sont des copier-coller à la manière du cut up de Burroughs, mais sans le génie de l'écrivain ; et quand la musique se détache, c'est pour flirter du côté du progressif le plus minable. Si les Melvins rappaient sur des discussions de comptoir à Genève ou Seattle, ça donnerait ça : autant réécouter un bon Public Enemy en lisant le " No Logo " de Naomi Klein.

 

The Cooper Temple Clause

See this through and leave

Écrit par

Trois guitaristes sévissent au sein de cette formation insulaire (Reading), dont le line up est composé de six musiciens. Une formation qui mêle une foultitude de styles qui oscillent de l'alternatif à l'électronique en passant par la pop ; mais sur un mode tantôt noisy, tantôt psychédélique. Lorsque l'expression élève le tempo, c'est à Spriritualized Electric Mainline et à Loop qu'on se met à penser. Un tempo hypnotique, parfois binaire, 'hawkwindien', y régit alors les envolées soniques, cosmiques, parfois érigées en véritable mur d'intensité électrique. Lorsque les chansons se font plus pop, elles épousent avantage le profil des débuts d'Oasis. Le timbre du chanteur campant même un hybride entre celui de Liam Gallagher (mais sans les miaulements) et de Roddy Woomble (Idlewild). Il s'agit bien sûr de la tendance générale de l'opus. Intermède électronique " 555-4823 " sonde le drum'n bass dans l'esprit des expérimentations de La Monte Young. Répétitif, oppressif, " Been training dogs ", frôle l'univers du Led Zeppelin. En alternant les rythmes, le plus sombre, plus mélancolique, plus complexe, " Murder song " opte pour une construction prog, bénéficiant même du concours d'un violon aux envolées lyriques. Un violon qu'on retrouve sur le frémissant et énigmatique " Let's kill music ". Enfin, superbe ballade électrique " The lake " lorgne purement et simplement du côté de JJ72. Excellent !

Karin Clercq

Femme X

Écrit par

Cet album est né de la rencontre entre une comédienne belge, qui ne s'attendait pas à devenir chanteuse, et le collaborateur de Miossec, Guillaume Jouan. Il nous plonge dans une ambiance mélancolique et soignée, pas trop éloignée d'Hooverphonic ; même si le chant lorgne plutôt du côté de Zazie. Rien à voir avec la tension des albums de Miossec, donc. La critique a accueilli cet opus avec enthousiasme. Je suis plus mitigé. Peut-être parce que Karin Clercq offre un univers très féminin (le désir, le corps, l'attirance, le regard des autres…) qui n'est fatalement pas le mien. Elle défend son choix : si les mentalités ont fortement évolué, ‘ bizarement, peu de femmes osent dire leurs envies ; parler de ce qui fait vibrer leur corps et leurs sentiments dans leurs chansons’. Il faut admettre que Karin Clercq y parvient avec talent, notamment pour décrire l'enfance violée (" Etranger ") ou le parcours de celle à qui l'on promettait le paradis et qui se retrouve sur le trottoir (" La chanson d'Anna "). L'explication à ma réticence confuse à l'égard de cet album, je la trouve dans la dernière phrase de la chanson " Manqué ". Karin Clercq y raconte l'attente lascive d'un amant qui arrive très tard, trop tard. " Nos désirs et nos corps ne vont pas fusionner/Je suis hyper à cheval sur la ponctualité ", chante-t-elle. C'est là l'unique trace d'humour et d'ironie sur 13 chansons. J'en aurais voulu un peu plus, mais peut-être est-ce un trait masculin…

 

Clinic

Walking with thee

Écrit par

Révélé par John Peel en 1999, Clinic s'est fait connaître à travers la bande sonore d'une pub levi's. Intitulée " The second line ", cette composition figurait sur leur premier opus. Les Liverpuldiens aux masques chirurgicaux nous reviennent avec un deuxième album. Un disque aux ambiances inquiétantes, crépusculaires, aux effets particuliers et aux sonorités dérangées dont les influences majeures semblent partagées entre Suicide, Wall Of Voodoo, Morphine, les Monks, Can et Split Enz. A la limite, ce groupe aurait pu naître à une époque où le punk n'était déjà plus le punk ; mais la new wave, pas encore la new wave. Sur le titre maître on a cependant droit à un fragment de glam rogné par un moog ; et chez " Pet eunuch ", à du rock'n roll garage que Richard Hell aurait pu produire s'il avait eu l'idée de torturer une cover de Jerry Lee Lewis. Reptilien, glacé, envoûtant, minimaliste, austère même, le reste de l'opus ressemble à une concoction habilement maladroite de mélodies élaborées et de styles capricieux. Une forme de psychédélique anémique aux pulsations sinistres, à l'humour sombre, mais aux climats tellement envoûtants qu'il est très difficile de ne pas y succomber. Et si la présence de gémissements, de souffles, de claquements de portes ou autres bruitages insolites, entretiennent cette atmosphère, les sonorités lointaines du mélodica quasi omniprésent et cette voix tour à tour intrigante, spectrale, nasillarde ou encore falsetto (Thom Yorke ?) d'Ade Blackburn y contribuent largement. Etrange et fascinant à la fois !

 

Clover´s Cloe

Tales from my skyscraper

Écrit par

Du line up initial de cette formation bruxelloise, il ne demeure plus que le guitariste Gilles Dewint et surtout la compositrice/chanteuse/pianiste/guitariste Cloé Defossez. Des remaniements successifs qui n'ont cependant eu aucune incidence sur le style musical pratiqué. La structure classique de la chanson continue d'enrober le format pop, une pop qui peut se teinter de jazz, de folk, de rock ou encore de lo fi. Et puis il y a toujours la superbe voix de Cloé, capable d'osciller du plus intimiste au plus violent, en passant par le douloureux, à l'instar d'une Kristin Hersh ou d'une Tori Amos. Habillé d'une superbe pochette, " Tales from my skyscraper " constitue leur premier album. Un disque découpé en 13 fragments sur lequel on retrouve une composition qui figurait déjà sur le premier maxi (" Those square of light ") et deux sur le second (" Fast fast " et " No matter "). Hormis ces trois fragments, le légèrement psychédélique " Who are you ", le très beau et fluide " Letter " ainsi que l'ondoyant, parfois tempétueux, " A jealous girl ", le reste de l'opus épouse, nonobstant certains accents syncopés, un profil très souvent minimaliste… Tiens, tiens : " A jealous girl " : cette dernière chanson serait-elle une réponse au " Jealous guy " de Lennon ? La question mérite d'être posée, car sur " A wrong century ", Cloé s'est mis en tête de siffloter, pas comme John ou Bryan Ferry, mais avec un feeling certain. Bref, en adoptant ce profil minimaliste Clover's Cloé me fait penser à une ballerine qui danse sur la pointe des pieds : les accès subtils du violon grinçant, les accords du piano sonore, les drums feutrés, le style vocal mi chuchoté/mi chanté de Cloé ; tout concourt à nous plonger au sein d'un univers empreint de mélancolie et d'intimisme. Un univers qui ne permet pas à l'instrumentation de se libérer. Ce qui est un peu dommage au vu du potentiel de ce groupe. N'empêche, dans le style ce " Tales from my skyscraper " est plutôt bien réussi…

Col. Parker

Rock n´ roll Music

Écrit par

Col. Parker a la couleur des Black Crowes, le parfum des Black Crowes, mais ils ne seront jamais les Black Crowes! Comme le band des frères Robinson, Col Parker a été biberonné aux Rolling Stones et à l'Humble Pie. Les musiciens ont même adopté les mêmes tenues vestimentaires, la même attitude baba cool, fument les mêmes cigarettes et boivent le même bourbon. Bref, cette formation serait tombée directement aux oubliettes si elle ne comptait en son sein un certain Gilby Clarke. Si, si, souvenez-vous, il officiait jadis dans un groupe obscur qui ne fait plus parler de lui depuis dix ans, si ce n'est pour annoncer un quarante-troisième changement de line up et l'éventualité de la sortie d'un nouvel album pour le printemps 2008. Et oui, Gilby était bel et bien, dans une lointaine époque, le complice d'un certain Axl Rose, dictateur de son état et très secondairement chanteur dans un groupe de rock n' roll qui répondait au doux nom de Gun's n' Roses. Mais tout cela nous éloigne de Col. Parker. Ils ont la couleur des Black Crowes, le parfum des Black Crowes, mais ils ne seront jamais les Black Crowes...

 

Coldplay

In my place (single)

Écrit par

En attendant la sortie de son deuxième opus prévu pour fin août, Coldplay se signale déjà par son nouveau single. Une superbe chanson empreinte de délicatesse et de mélancolie que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique, à moins que vous n'ayez eu le loisir de visionner le clip vidéo qui lui est consacré. Deux morceaux figurent également sur ce disque. Tout d'abord " Bloom blaum ", une composition sculptée dans le minimalisme acoustique. Mais surtout " One I love ", un titre dont les guitares bringuebalantes rappellent ni plus ni moins la période la plus brillante du défunt et mythique House Of Love... Bien vite l'album !

Chokebore

It´s a miracle

Écrit par

Quatre années après avoir sorti " Black Black ", les Hawaïens de Chokebore nous reviennent avec un cinquième elpee. Un disque enregistré à LA, sous la houlette de Francis Miranda. Pas de single fédérateur cependant, sur cet opus. Ni " Ciao LA ", dont la mélodie contagieuse est à la fois tordue et limpide, ni le lennonesque " Ultra-lite " ne possèdent ce pouvoir. Pas que la plaque soit de mauvaise facture. Que du contraire ! En fait toute l'œuvre trempe dans le même climat. Pas qu'elle ait été abordée sous la forme d'un concept album, mais parce que les textes inquiétants et captivants reflètent le mal être de Troy Bruno Balthazar. Des poésies désespérées et intimistes qu'il chante d'un timbre lancinant, fluet, et qui collent parfaitement à la musique ténébreuse, parfois presque funèbre, de Chokebore. Les arrangements très travaillés et la guitare acoustique beaucoup plus présente parviennent cependant à alléger les mélodies entêtantes et nonchalantes ; des mélodies paradoxalement écorchées par les cordes de guitare incisives, inquiétantes, dissonantes. Et si l'ensemble travaille davantage sur le son et les ambiances, il recèle encore un titre à l'énergie acide (" Little dream "), un autre enseveli sous les décibels noisy (" Be forceful ") et un dernier tout aussi noisy, mais sinueux (" Person you choose "). A conseiller vivement aux aficionados de Swell !

The Church

After everything

Écrit par

Lors de sa fondation, en 1980, cette formation avait été qualifiée de réponse antipodale aux Chameleons. A cause de la sonorité des guitares jumelées. Légèrement réverbérantes, épiques, félines et délicates elles balisaient des mélodies aux couleurs pastels, des mélodies empreintes de mélancolie presque cold wave. Si les Chameleons ont malheureusement disparu de la circulation, The Church est toujours dans le coup. Pourtant, cette formation australienne a failli splitter à plusieurs reprises. Une rupture qui aurait pu être précipitée par la dispersion des quatre musiciens aux quatre coins de globe. Mais ces séparations provisoires ont permis à la plupart des membres de combo de commettre l'un ou l'autre opus solo. Et ainsi de se ressourcer. Ce qui explique sans doute pourquoi, The Church compte aujourd'hui la bagatelle de 15 albums à son actif. Et puis surtout est responsable d'un superbe single commis en 1994, un classique qui est associé à leur identité : " Under the milky way ". Pas de single potentiel sur " After everything ", mais 10 compositions élégantes, aux mélodies glacées, nées d'une combinaison rafraîchissante, mais intemporelle, de classicisme et de spontanéité. Pas de surprises majeures non plus. Cette œuvre s'inscrivant parfaitement dans l'esprit de leurs précédents elpees. D'ailleurs, sur certains fragments, The Church nous rappelle qu'il a également été contaminé par le psychédélisme atmosphérique, cosmique, du Floyd. Bref, un album fort agréable à écouter, mais sans véritables moments forts, ni moments particulièrement faibles…

 

The Cinematic Orchestra

Every Day

Rarement jazz et électro auront fait si bon ménage : " Every Day " en mode ‘repeat’ dans le lecteur, c'est comme assister, béat, aux noces impétueuses entre Miles Davis et Red Snapper, John Barry et le Philly Sound. Et quand le rappeur anglais Roots Manuva pose son flow tranquille sur l'un de ces paysages sonores, cela donne un " All Things To All Men " d'anthologie. Splendide !

Cinerex

CX

Si notre plat pays peut se targuer d'avoir une identité rock bien à lui, l'électro, elle, n'a pas encore enfanté d'albums maison vraiment convaincants : Agent 5.1, Pink Satellite, Fabrice Lig, voire Hooverphonic, ces quelques perles (rares) ont été jetées aux pourceaux sans tambours ni trompettes. Hormis Telex, Les Liaisons Dangereuses et Front 242, la Belgian Touch n'a donc jamais fait vendre. Cinerex pourrait bien changer cette donne : avec son mélange de beats suaves, de voix câlines et de mélodies chavirées, le groupe à Kelvin Smits n'éprouve aucune difficulté à rivaliser avec les grands du trip-hop et même du r'n'b. " CX " sonne ainsi comme du Ursula Rucker produit par les Neptunes (" Buy This "), du Zero 7 remixé par les Soulquarians (" Busted "). Avec " Shine " et " Twists & Starts ", le collectif (Alissa Kueker au chant, une Américaine) devrait même se tailler une petite place dans nos charts préférés, entre Jill Scott et les productions G-Tone. Finis Praga Khan et sa techno de kermesse : " CX " sur toutes les stéréos du pays, c'est toute l'électro belge qui sortirait de son ghetto (NDR : ou si vous préférez de sa médiocrité). Maintenant, que ce rêve devienne réalité…

Clan Of Xymox

Notes from the Underground

Écrit par

Dans les années 80, Clan of Xymox était sans conteste un des chefs de file de la vague gothique estampillée Sisters of Mercy. En 2002, l'imagerie du combo est intacte, sa foi aussi, et un certain public (NDR : celui de l'EuroRock festival notamment) lui est resté fidèle. Mais est-il encore capable aujourd'hui de rivaliser avec les grosses machines que sont Theatre of Tragedy, 69 Eyes ou Moonspell ? Quelle importance répondront les vrais fans ! Car si Xymox n'est certes plus à la pointe de ce qui se fait de nos jours en matière de rock ténébreux, ce "Notes from the Underground" est loin d'être un mauvais album. Cette plaque devrait même hanter les soirées des Catacombes, et séduire les gothics girls qui écument les rues les plus sombres, une fois le soleil couché. Xymox garde son côté foncièrement séducteur, même si son manque d'imagination ne lui permet plus d'atteindre le rang des incontournables.

W.C. Clark

From Austin with Soul

Écrit par

Considéré comme le ‘Godfather of the Austin Blues’ (NDR : autrement dit le parrain du blues de la capitale texane), Wesley Curley Clark est né en 1939. A Austin, vous vous en doutez. Au cours de sa carrière, il a rencontré beaucoup de beau monde. Et notamment T.B Bell et Joe Tex. Il a également croisé la route de tous les artistes connus du blues texan contemporain : les deux célèbres frères Stevie Ray et Jimmie Vaughan ; ainsi que les chanteuses Lou Ann Barton, Angela Strehli et Marcia Ball. Au début des 70s, il a sévi chez Southern Feeling, en compagnie de Strehli et de Dennis Freeman ; puis chez Triple Threat Revue, au sein duquel il a côtoyé Stevie Ray et Miss Barton. A ce jour, son W.C Clark Blues Revue est responsable de l'autoproduit "Something for everybody" (1986) et de 3 elpees pour Black Top : "Heart of gold" en 94, "Texas soul" en 96 et "Lover's plea" en 98. Des œuvres qu'il a commises pratiquement sous le même line up ; c'est à dire le guitariste Derek O'Brien, les claviéristes Riley Osborne et Nick Connolly, ainsi que la section rythmique de Double Trouble, Tommy Shannon et Chris Layton. Sans oublier le célèbre Texas Horn, Mr Kaz Kazanoff ; par ailleurs producteur de cette toute nouvelle plaque.

WC vient, en effet, d'être signé par le plus célèbre label blues de Chicago, Alligator. Le disque porte judicieusement son nom, car d'un bout à l'autre, il est saturé de soul. L'artiste possède une voix remarquable, très versée dans un style qui répond au nom de Memphis blues, mais avec cette touche inimitable de guitare qui n'appartient qu'au Texas blues.

L'album s'ouvre par "Snatching it back". Une composition écrite par Clarence Carter, au cours de laquelle la voix communique immédiatement cette chaleur innée. L'enchaînement blues s'opère dès "Midnight hour blues". Pat Boyack est à la guitare rythmique pour interpréter cette excellente et nerveuse reprise de Clarence Gatemouth Brown ; mais c'est W.C qui dirige sans partage la manœuvre aux cordes. En l'écoutant, il ne fait plus aucun doute qu'un certain Jimmie Vaughan a dû beaucoup écouter le parrain d'Austin. L'homme est aussi à l'aise dans l'exercice de la ballade soul blues. A l'instar d' "I've been searching" et de "Got to find a lover". Sur "Don't mess up a good thing", on reconnaît de suite la présence de sa copine, Marcia Ball. Elle est venue pour y chanter et jouer du piano. Et y démontrer tout le talent qu'on lui reconnaît! Plus soul, et même très Memphis Stax, l'adaptation du "How long is a heartache supposed to last?" aurait fait pâlir Mr Otis Redding lui-même. "Let it rain" consomme du soul blues de première division. Les Texas Horns de Kaz Kazanoff participent à la fête et la guitare n'en finit plus de s'extérioriser. La reprise du bien connu "Get out of my life, woman" d'Allen Toussaint est un autre grand moment. Une plage funky, style New Orleans, fort cuivrée, au cours de laquelle Riley Osborne se réserve l'orgue. Et ne passons pas sous silence les titres plus rythmés, tels que "Got me where you want me" du répertoire de Bobby Bland, ainsi qu'"I'm gonna disappear". Un tout bon album!

Mick Clarke

Official bootleg – Live in Luxembourg

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Ce chanteur/guitariste anglais a déjà bien roulé sa bosse sur les routes du blues. Il a même participé au fameux British Blues Boom. A la fin des sixties. Donc en fin de parcours. Flanqué alors de son groupe londonien Killin' Floor. Une formation qui a eu le bonheur d'accompagner Howlin' Wolf, Otis Spann et Freddie King, sur scène.

Depuis une vingtaine d'années, Mick est épaulé par son propre backing band. En compagnie duquel il a commis "Looking for trouble", en 1983. Chez Appaloosa. Puis, "Rock me" et "All these blues", toujours sur le même label. Ensuite "West Coast Connection". Aux USA, chez Brambus. Un opus qui bénéficiait du concours de Curtis Salgado. Enfin "Steel and fire", "Tell the truth", "No compromise", "Happy home" (un duo échangé avec le claviériste Lou Martin), et "New Mountain". Pour Burnside, le célèbre label basé à Portland, dans l'Oregon. Sans oublier "Roll again" et la compile "Premium rockin' blues" pour l'écurie allemande Taxim. Ouf !

" Official bootleg " constitue sa onzième plaque. Mais sa première enregistrée 'live' ! "Live in Luxemburg" éclot au cœur d'un instrumental. Extrait de son dernier album studio, "Bromley City limits" évolue sur fond d'orgue, une formule que Mick a toujours beaucoup appréciée. Sa guitare est remarquablement mise en valeur. Influencé par le grand Freddie King, il a toujours favorisé l'exercice instrumental. Clarke est épaulé par Dave Lennox aux claviers, Chris Sharley à la batterie et Eddie Masters à la basse. Il chante d'une voix engagée, mais sans registre particulier, "Looking for trouble", la plage titulaire de son 1er album. Sa guitare se permet quelques premières envolées remarquées. Mick aime par dessus tout le Chicago blues classique. Celui de l'écurie Chess. C'est indubitable ! Pas étonnant que le "That's allright" de Jimmy Rogers figure toujours à son répertoire. Mick chante d'une manière assez enragée, un rien criarde. Il laisse le champ libre à Lennox, son pianiste ; mais c'est sa guitare qui se taille la part du lion. Le medley "London town"/"Cool night air" est imprimé sur un rythme soutenu. Mick peut y développer son jeu à la slide. Issu de la plume de Muddy Waters, "You gonna miss me" est un excellent blues lent. Signé Willie Dixon, "You need love" est ici emporté par le rythme d'un boogie rapide et puissant. Il figurait sur le tout 1er album de Killing Floor, en 1969. Ce fameux morceau, Led Zeppelin allait le métamorphoser en "Whola lotta love", quelques années plus tard… Le concert de Mick Clarke s'achève par l'adaptation du "Don't you lie to me" de Chuck Berry. Un titre rock'n'roll qui baigne dans la sueur du travail accompli, pour notre plus grand plaisir. Continue Mick! Ce disque a été enregistré le 29 juin 2002, lors du dernier 'Big Blues Festival'. Un événement qui s'est déroulé sur les bords de la Moselle, à Luxembourg. Il est uniquement disponible via le site internet de Mick. J'insiste encore une fois pour vous signaler que cet " Official bootleg " est son tout premier album live!

 

Manu Chao

Radio Bemba Sound System

Après une tournée de plus de deux ans, 120 concerts dans le monde entier, un succès foudroyant, Manu Chao pose la guitare et ses valises, le temps de souffler et de se régénérer. En guise d'épilogue à cette fabuleuse aventure, qui l'aura vu mettre le feu à Werchter et à Forest National l'année dernière, cet album live constitue une bombe festive sans retardement, un festival de couleurs musicales et de rythmes bariolés (reggae, ska, pop, rock, punk). Rarement CD live n'aura si bien retranscrit la magie d'un concert, surtout quand l'artiste s'appelle Manu Chao. Car qui connaît l'ex-Mano Negra par la seule écoute de ses deux albums solo sera sans doute surpris dès ce " Radio Bemba Sound System " enclenché sur la platine du salon. En 29 titres, 70 minutes Manu Chao et son groupe furibard (le Radio Bemba) foutent le souk comme personne. Et sans temps morts. Les morceaux s'enchaînent à vive allure, ça pète, ça transpire, ça donne la trique. Un véritable feu d'artifice de bonne humeur, de déconnade, de joie… Samba ! Faites le test : insérez le CD dans votre lecteur, et laissez-vous aller. Le soleil entre dans vos tympans, le cœur se réchauffe, les jambes se permettent de joyeux pédalos : fiesta ! ! ! La Mano dans le rétroviseur (" Mala Vida ", King Kong Five ") et l'horizon, radieux, droit devant, Manu Chao et ses potes en délire (ces trompettes, ces percus, cette ambiance !) rappellent au garde-à-vous l'été dans nos maisons. Me gustas tu, amigos !

DJ Cam

Soulshine (b)

Écrit par

‘Composed, produced and conducted by Cam’… Cher Cam… Dès la pochette, on comprend ce que t'as voulu dire : t'en a marre d'être considéré comme l'éternel second couteau de la scène electro française, pas vrai ? T'as bien raison, mon vieux, faut prendre les choses en main… On peut dire que tu fais partie des grands maintenant, les Saint-Germain et les autres. Même que t'as enlevé la particule " Dj " : c'est vrai que ça faisait un peu ringard. Bien joué. Et puis la lounge, ça cartonne à mort ces temps-ci, alors pourquoi ne pas en profiter? T'as eu bien raison : tout le monde aurait fait la même chose, de toute façon… Bravo, mon petit, tu vas en vendre des camions entiers, de ce " Soulshine ". C'est bien parti pour faire un tabac dans les bars à tapas et les compiles de chez Oxfam ! A c'qu'on dit, même Bruno de Cafe Del Mar le passe en boucle, c'est dire ! Mais où sont passés tes samples de Coltrane ? Pourtant ça en jetait un max… Enfin bon, il y a des guest stars comme Guru et Anggun, alors pourquoi se plaindre ? Evites quand même de mettre des chaussettes blanches et des mocassins tout pourris comme Ludovic Navarre, parce que ça, franchement, c'est pas top classe. De toute façon, t'es " protected by god ", comme tu dis, alors bon… En tout cas bravo : c'est vraiment du bon boulot. Amitiés.