Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Tony Iommi

Masters of Reality

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Tony Iommi n'est pas né de la dernière pluie ! Pour enregistrer son premier album solo, l'âme noire de Black Sabbath s'est entourée de dix chanteurs, dont la plupart sont affiliés à la nouvelle garde du métal américain. De quoi convaincre les jeunes fans de Korn et de Soulfly pour qui " Masters of Reality " ne constitue pas l'album de référence en matière de rock qui tache. Intelligent et rusé comme le renard, Iommi reste néanmoins maître à bord tout en s'adaptant avec une grande souplesse aux styles de ses invités. Phil Anselmo (Pantera), Dave Grohl (Foo Fighters), Billy Corgan (Smashing Pumpkins), Peter Steele (Type O Negative), Billy Idol et autre Skin (Skunk Anansie) n'ont ici qu'un rôle de second plan et se chargent, souvent brillamment, de dresser un pont entre l'arrière garde et la nouvelle génération. Mais c'est néanmoins avec son vieux comparse Ozzy Osbourne que Tony Iommi demeure le plus convaincant. D'une classe déconcertante, " Who's foolin who " nous transporte à la glorieuse époque du " Sabbath bloody sabbath ". Cohérence, modernité et nostalgie n'ont jamais aussi bien cohabité.

 

Iowaska

Vine Of Souls

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Bizarre, bizarre. Pochette toute droite sortie de la scène death polonaise des années 80 que voilà, n'est-ce pas ? L'habit ne fait pas toujours le moine dirons-nous. Mais là il faut avouer que la surprise est de taille. Le label. Alternative Tentacles, surtout reconnu pour ses signatures punk/rock barrées (Nomeansno, Neurosis, Dead Kennedys, Brujeria, Pachinko,…). Et qu'entend-on sur cette plaque ? Bin, difficile à décrire. Un peu de rock évidemment, mais aussi du punk (Sex Pistols ? PIL ?), du métal bien juteux, du dub (!?), de la new wave à la Siouxie (Iowaska est emmené par une chanteuse) et un peu de progressif ; bref, un joyeux foutoir. A se demander ce qui a bien pu séduire Biafra (à la production et au mastering) dans cette formation. J'en perds les maigres restes de mon latin. Ceci dit, en concert ça doit être marrant, mais vite lassant. Tout comme dans le calme de ma chambre quoi…

 

Isis

Celestial

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Dès la plage d'ouverture, le ton est donné. Isis n'est pas ici pour rigoler. Ni faire de la figuration. Que les fans de musique lourde approchent : l'écoute de cette plaque vous est chaudement recommandée par votre humble serviteur. Isis allie de façon magistrale la puissance sèche du hardcore nouvelle génération (Converge, Cave In, Dillinger Escape Plan) et les aspects noirs, tout comme les structures, de Neurosis, Eyehategod ou de The Thrones. Suivant un nouveau rite pratiqué chez ce type de groupe, les breaks sont généralement imprévisibles. Entamés le plus souvent de façon furieuse, les morceaux bifurquent très vite vers des passages plus atmosphériques (j'ai pas dit basculent dans l'ambient !), tout en maintenant une tension toujours bien palpable. Avec comme il se doit, une montée paroxystique en bonne et due forme. Le hurleur en chef s'en donne à cœur joie et il serait étonnant qu'il soit en pleine forme après avoir accordé une prestation. Tout comme le batteur d'ailleurs. Isis remporte également la Palme Musiczine du titre d'album le plus pertinent du moment : céleste et bestial. Voilà comment qualifier ce brûlot.

 

Imperial Crowns

Imperial Crowns

Écrit par

Les Crowns s'inscrivent bien dans le contexte du blues contemporain ; un style adopté par le label Fat Possum, auquel adhère les North Mississippi All Stars. La richesse potentielle insoupçonnée de leur musique leur permet d'occuper une place privilégiée au sein de cet univers. Première étiquette : ‘Psyché Delta’. A cause du style allumé, la voix d'outre-tombe, et les guitares souvent débridées. Seconde étiquette : ‘Sweet'n cruel swamp, stomp, rock'n soul blues’ ! Vous y voyez plus clair? Fondé sous la forme d'un trio à Los Angeles, les Imperial Crowns se composent du chanteur harmoniciste Jimmie Wood, du guitariste J.J Holiday et du batteur Billie Sullivan. Oui, leur blues s'inspire directement du Delta du Mississippi. D'ailleurs J.J n'a-t-il pas collaboré avec Robert Lockwood Jr, Furry Lewis, Sunnyland Slim, Hubert Sumlin et même le français Little Bob ?

Le son n'est pas possible. La rythmique martelée par Sullivan et appuyée par les bassistes Lawrence Lerma et Lynn Davis, y contribue pour beaucoup. L'ouverture "Ramblin' woman blues" est déjà un concentré du son "I.C". La voix est fantomatique, telle un Omar Dykes hyper trafiqué juste avant qu'il ne hurle toute sa douleur. La slide crache le feu! "Hunt you down" évolue à l'envers du décor. La mélodie se faisant presque pop. "Preachin' the blues" est un blues speedé, un peu country, imprimé sur un rythme du chemin de fer et accentué par les saxes de Stephen Allen qui riffent et déferlent dans un style très free. Composition de Bobby Womack, "Love TKO" se traîne langoureusement. La slide impitoyable impose sa sonorité extraterrestre. La voix et l'harmo sont eux bien de ce monde, prouvant les antagonismes exacerbés, dès que se libère la slide. Plus classique, "Big boy", ne peut cependant trahir toute l'étendue sonore de ses composantes. Elles dérangent et impressionnent en même temps. La plupart des plages baignent au sein de cette atmosphère du Delta. Les meilleures sont cependant les plus lentes. A cause de l'intensité dramatique et de la majesté qu'elles dégagent. A l'instar de "Stone righteous". Le travail opéré sur le classique "Since I met you baby" de Ivory Joe Hunter est un grand moment. Traversé par le sax de Stephen Allen, il s'inscrit parfaitement au sein de l'environnement sonore. Le traditionnel "Jack O' diamond blues" nous pousse au cœur du Delta, à l'ombre des mythiques précurseurs qui vacillent à l'arrière. Une finale qui nous ramène plus de 60 ans en arrière. Impressionnant !

 

Low + Dirty Three

In The Fishtank 7

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Voilà une idée qu'elle est bonne : inviter gracieusement un groupe en tournée aux Pays Bas pour offrir 2 jours de studio totalement libres afin d'enregistrer un maximum de 30 minutes de musique. Entendez donc aussi bien des reprises, des inédits, qu'une collaboration comme c'est le cas pour ce septième volet de la collection. Pour le petit rappel, les autres artistes ayant déjà bénéficié de cette opportunité sont : Nomeansno, Guv'ner, The Tassilli Players, Snuff, Tortoise + The Ex et enfin June Of 44'. Comme vous le remarquerez, pas de cloisonnement de style et prions pour que cette initiative ne s'arrêtera de si tôt. Revenons à ce Fishtank vol. 7. Que les admirateurs des 2 formations ici présentes se rassurent, ils retrouveront leurs chats. Pas de changement de style radical, mais une légère plus value pour les 2 groupes. Low continue son introspection country/folkisante de l'ouest américain, épaulé par la délicatesse de violon d'Ellis des ‘3 mauvais’. Féru de Dirty Three, je ne retrouve cependant par l'aspect crescendo et les tourments du violon d'Ellis (excepté sur le dernier morceau digne d'un Temple Of The Dog !) Mais bon, comme ils sont les ‘invités’ de Low, j'imagine qu'ils ont du se fondre dans les compositions plutôt que d'imprimer vraiment leur style. Quoi qu'il en soit, cet Ep reste d'une beauté et d'une limpidité exemplaire pour toute personne un tant soit peu mélancolique…

 

Hefner

Dead Media

Pour concocter ce quatrième album, Hefner a troqué les guitares contre de vieux synthés analogiques et des claviers Bontempi. Et le résultat laissera les fans de la première heure sans doute un peu déboussolés. Les riffs abrasifs chers à Darren Hayman ont donc (presque) disparu, laissant la place à des beats très eighties, entre Prince et Human League. Sans doute que le chanteur de ce groupe, pourtant abonné aux refrains rock de la pire espèce, a voulu lui aussi prouver son attirance pour Kraftwerk (une référence incontournable à mentionner pour forcer le respect, mais qui devient, à la longue, un pis-aller en matière d'influence pseudo-revendiquée). C'est sûr qu'en se prosternant devant le génie des alchimistes de Düsseldorf, on s'attire les faveurs d'un nouveau public, davantage acquis à la cause de Timbaland que de Mick Ronson… Mais à trop vouloir jouer avec les boutons d'une boîte à rythme, Hefner s'est embourbé dans une formule qui n'a jamais été la sienne. Résultat : les chansons de ce " Dead Media " sont bancales, comme si Hayman s'était senti piégé entre l'envie de se défaire de l'image rock qui colle à la peau de son groupe et l'amateurisme de celui qui découvre les gadgets d'un moog acheté à la brocante. Certains titres sont quand même à sauver du naufrage, tel ce " Alan Bean " au refrain tenace ou cette chanson néo-country (" Home ") aux relents byrdsiens forts sympathiques. Mais pour les amateurs de musique passerelle, entre électro et pop-rock, autant aller voir du côté de chez Beck ou de Primal Scream.

 

Daniel Hélin

Les bulles

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Alors que beaucoup de ses confrères se compliquent la vie avec des références alambiquées, le chanteur belge a le grand mérite d'aller droit au but. Il suffit de lire les titres de ses chansons pour le comprendre : la vache, le cochon, la guerre, carte postale, panne de courant… ici on ne trouvera pas de faux semblant. Pas de métaphore éthérée, non plus : quand il dit, très bien, son amour de " Clarisse ", Daniel Hélin ne fait pas mine de parler d'autre chose, même s'il prend soin d'utiliser un langage poétique. Il évite aussi le piège de la caricature facile : en racontant " Le dragueur des piscines ", Daniel Hélin passe habilement de la description humoristique à l'évocation de la détresse psychologique. Ce talent très original, Daniel Hélin le transcende par une énergie hors du commun, une fanfare détonante, un engagement politique (l'album est dédié aux travailleurs de Clabecq, poursuivis pour les faits de violence commis lors des manifestations consécutives à l'annonce de la fermeture de leur usine). S'il refuse tout compromis, il a enfin l'intelligence de ne jamais sombrer dans la provocation gratuite. Bref, si comme Daniel Hélin, la délicatesse des mélodies ne figure pas au premier rang de vos priorités musicales, cet album vous réjouira. Entrer dans son univers nécessite un petit effort, mais le jeu en vaut la chandelle.

 

Her Space Holiday

Ambidextrous

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"Ambidextrous" n'est pas un nouvel album de Her Space Holiday (alias Mark Bianchi), mais une collection de remixes. Neuf exercices de style particulièrement réussis qui battent au rythme des pulsations électroniques tout en prenant soin de préserver le sens mélodique des compositions. Huit fragments signés Elastica, Aspera Ad Astra, Bright Eyes, Ruby, Micromars, Logic, Brave Captain, Duster et une de sa plume qui prennent ici une toute autre dimension. Le plus souvent impressionniste. Surtout lorsqu'à l'instar d'un Flaming Lips ou d'un Mercury Rev, elles sont délavées dans les arrangements orchestraux à caractère symphonique et les harmonies vocales lysergiques. Parfois quelques accès de trompette traversent étrangement l'espace sonore. Ou alors quelques bruitages insolites. Mais, sans jamais troubler cette sensation de mélancolie intense qui vous envahit peu à peu, pour ne plus vous abandonner…

 

Kristin Hersh

Sunny border blue

Écrit par

On ne peut pas dire, qu'à ce jour, la carrière individuelle de Kristin Hersh ait été couronnée de succès. Pourtant, l'ex co-fondatrice du mythique Throwing Muses compte déjà 5 albums à son actif. Son principal atout réside dans sa voix. Une voix aigrelette, grinçante, vulnérable, bouleversante, capable de vous transpercer littéralement l'âme. Une voix qu'elle met au service d'une pop semi-acoustique élégante, mélodieuse, richement texturée et unique en son genre. Depuis qu'elle a quitté les Muses, sa musique est devenue plus accessible, sans pour autant tomber dans la mièvrerie, bien sûr. Suffit d'ailleurs de se pencher sur ses lyrics pour s'en convaincre. Des lyrics très personnels, pour ne pas dire autobiographiques, qui reflètent ses colères, ses douleurs, ses espoirs, sa paranoïa ; des lyrics qui abordent des thèmes qui lui torturent l'esprit : la sexualité, les sentiments conflictuels, le manque de confiance en soi. On a même parfois l'impression qu'elle déchire, à chaque chanson, une page de sa propre existence. Mais il faut croire qu'elle ne sortira jamais de la zone crépusculaire de l'underground ; alors que franchement, elle mériterait un autre statut. " Sunny border blue " est de la même veine. Il est aussi brillant que les précédents opus ; mais il ne séduira qu'un public averti. Kristin y joue de tous les instruments : depuis la guitare (acoustique et électrique) à la batterie, en passant par la basse, les claviers et les drums. Elle produit également ce disque qui recèle une seule cover : " Trouble " de Cat Stevens. Tout au long de cet elpee, Kristin épanche ses émotions, mais des émotions somptueuses, organiques, emballées dans la beauté…

 

Hey Mercedes

Everynight fire works

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Au sein de cet ensemble yankee, on retrouve trois membres du défunt Braid, ainsi que l'ex-guitariste d'Alligator Gun. Pas difficile donc d'imaginer que la musique d'Hey Mercedes fréquente un même univers punkcore. Vous n'avez pas tout à fait tort. Surtout à cause de la ligne de basse souple observée par Todd Bell, du drumming syncopé, fluide de Damon Atkinson, ainsi que des accès de guitare impétueux et du timbre vocal personnel, limpide, de Bob Nanna. Mais vous n'avez pas tout à fait raison, non plus. En fait, le quatrième larron - en l'occurrence Mark Dawursk - apporte une nouvelle coloration à l'expression sonore. A l'aide de sa six cordes. Electrique, bien sûr. Son style gomme même la force négative véhiculée par Braid, pour laisser place à une énergie allègre, rafraîchissante, née d'un subtil mélange entre électricité consommée dans la complexité et la fureur, section rythmique efficace et sens mélodique contagieux. Pensez à une rencontre hypothétique entre Foo Fighters et Sugar ! " Everynight fire works " constitue le premier album de cette formation basée à Milwaukee. Un opus de bonne facture qui a bénéficié d'une production particulièrement raffinée, mais qui souffre quand même d'une certaine linéarité dans le ton…

 

Hi-Dramatic

Thrift

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"Thrift" est en fait le sigle de ‘Thirteen hi-ranking incredibly fashionable tracks’! Traduisez ‘Treize morceaux de haut niveau incroyablement à la mode’. Nonobstant ce titre, le quatuor batave (NDR : qui doit beaucoup aimer les jeux de mots) n'a pas épargné son énergie pour pratiquer un style musical dominé par le rockabilly, le punkabilly, le countrybilly et le surf. Ce qui ne l'empêche pas d'injecter dans cette expression sonore des doses variables de jazz, de blues et même de cha cha cha. Sur " Witching ways " et " Fever that seems right ", la forme passe même au paso doble, dans un style que n'aurait pas renié Calexico, nonobstant la voix de crooner de Bastiaan. Car des spectres, Hi Dramatic en réverbère une multitude. A la cadence du cheval vapeur. Depuis les Shadows à Dick Dale, en passant par les Cramps, Stray Cats, JPS Experience et Carl Perkins...

 

Joe Hill Louis

Boogie in the park

Écrit par

De son véritable nom Leslie Hill, Louis était né en 1921. A Raines dans le Tennessee, au Sud de Memphis. Très jeune, il a appris l'harmonica, la guitare et la batterie de pied. Et à l'instar de Dr Ross et de Juke Boy Bonner, il deviendra l'un des hommes-orchestres mythiques du blues. A ses débuts, il se faisait appeler Joe Hill Louis, the Be-Bop Guy and his One man Band. Pas difficile de comprendre pourquoi, puisqu'il se produisait en solitaire.

Cet album réunit principalement les enregistrements commis pour le label Modern, sous la direction de Sam Phillips. Ils datent de juillet 1950 à février 1953. Sam allait devenir le légendaire patron du label Sun, vecteur principal du rock'n'roll de l'époque. Joe Hill Louis nous a quittés il y a très longtemps, victime d'une infection due au tétanos. C'était en 1957!

L'œuvre s'ouvre par " Heartache baby ", une composition qui transpire la sérénité. Elle remonte à 1951 ; et c'est bien Joe Hill qui assure le tout. " I feel like a million " nous pousse dans le monde véritable du one man band. Il y règne une ambiance authentique conduite par la frénésie du rythme et caractérisée par l'attaque de l'harmonica. Un monde en soi ! L'homme dégage un feeling à fleur de peau dans son travail sur l'émouvant " Cold Chills ". Un titre composé par John Lee " Sonny Boy " Williamson. Il a très certainement été largement inspiré par ce dernier puisqu'il reprend encore " Early in the morning ", " Western union man " et " Good morning little schoolgirl ". Il s'acquitte également d'une reprise saignante d' " Eyesight tot the blind ", de Rice Miller, Sonny Boy II Williamson. Lorsqu'il aborde des thèmes lents, l'atmosphère des swamps louisianais et leurs expressions lascives me traversent l'esprit. Et c'est out à fait évident sur " Come back baby " et " Mistreat me woman ". Mais je préfère l'énergie dégagée au cœur des plages les plus rythmées, les boogies ; même si la technique instrumentale est parfois rudimentaire. Je ne me lasse d'ailleurs pas d'écouter " Boogie in the park ", " Big legged woman ", " Broke and hundry ", " Backslide boogie " et bien sûr le " Joe Hill Boogie ". Parfois, il s'inspire du jeu de guitare de John Lee Hooker qui était très populaire à l'époque (" Gotta go baby "), ou encore de Muddy Waters (" Street walkin' woman " et " The way you treat me "). Félicitons une nouvelle fois la maison Ace pour la richesse des notes de pochette. Et puis, si on tient compte que ce disque aligne 28 plages pour un total de 78', nous en avons pour notre argent. Une merveilleuse collection!

 

His Name Is Alive

Someday my blues will cover the earth

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Apparemment, j'ai dû manquer un épisode. Et cet épisode répond au nom de " Fort lake ", un album de trip hop semi-orchestral paru en 1998. Faut croire qu'à cette époque, la promo était déficiente… Bref, je dois avouer avoir été assez désagréablement surpris par la nouvelle orientation musicale empruntée par HNIA. Une métamorphose qui s'est amorcée lorsque la choriste de gospel Lovetta Pippen a remplacé la vocaliste aux inflexions angéliques, Karin Oliver. En 1996, si mes renseignements sont exacts. Si Karin possédait un timbre éthéré, propice à une musique fondamentalement atmosphérique, particulièrement romantique et à l'architecture gothique ( !?!?!), celui de Lovetta possède une profondeur, une texture et une sensualité qui s'inscrit dans la lignée des grandes chanteuses de jazz, de blues et de r&b. Pas pour rien qu'elle admire Aretha Franklin. Il faut croire que Warn Defever, le leader et fondateur du groupe, a adapté son écriture en conséquence. Et puis surtout opté pour une instrumentation plus technologique : synthés, boîtes à rythmes, samplings, et des arrangements plus sophistiqués, dont les cordes synthétisées ne sont pas les moindres. Créant ainsi une musique hybride où le violon, le violoncelle, la guitare (tantôt électrique ou acoustique) et la contrebasse ont, quand même encore, de temps en temps, leur mot à dire. Les traces de Cocteau Twins ou de Dead Can Dance ont été définitivement gommées dans la musique de HNIA. Ce " Someday my blues will cover the earth " explore même une version plus jazz, soul, voire blues de la trip hop que certains ont déjà qualifiée de r&b post millénaire. Personnellement, ce n'est pas ma tasse de thé ; et je dois avouer que cet opus me reste sur l'estomac…Question de goût sans doute…

 

Hitch

Monolith

Pour faire simple, disons que Hitch est un groupe d'emocore, c'est-à-dire qu'il appartient à la catégorie des combos qui font pleurer leurs guitares avant l'explosion cathartique habituelle de cris et de larsens. Copains de Millionaire et de Reiziger, ces Belges du bout du monde (ils ont enregistré cet album, le troisième, en Croatie) ont du talent à revendre, mais peu d'inspiration. La voix du chanteur ressemble à celle de Scott McCloud (Girls Against Boys), les guitares rappellent Fugazi et At The Drive-In, la rythmique Sonic Youth… C'est bien foutu, certes, mais cela manque de chansons fédératrices, comme peut l'être par exemple ce " Bodyexperiencerevue " de leurs amis anversois. Pour les fans d'emo bien de chez nous, qui aiment écumer les festivals de villages flamands où Dog Eat Dog et Liquido sont en tête d'affiche.

 

Dave Hole

Outside looking in

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Au cours des dernières années, Dave Hole s'est fait un nom dans les cercles du blues. Doté d'un potentiel bien affûté à la slide, cet Australien né à Perth a écumé la scène nationale durant 20 ans avant de tenter sa chance sur les autres continents. Son 1er album est sorti en 91. Et ce "Short fuse blues" lui a valu beaucoup de critiques favorables dont celles du patron du label Alligator, Bruce Iglauer. En 96, il atterrit à Chicago pour enregistrer "Ticket to Chicago", en compagnie de musiciens de Buddy Guy. " Outside looking in " constitue son 8ème opus, si on tient compte de la collection "Whole lotta blues", parue en 96.

Dave est une tornade. La slide dévaste tout sur son passage. Il entame donc tout naturellement "Jemmy Lee", en force. La puissance métallique dirige la slide vers les sommets. Rien ne peut endiguer le flot de notes acérées. "He knows the rules" de Jimmy Mc Cracklin le guide sur des thèmes plus proches du Chicago blues d'Elmore James et de Hound Dog Taylor. Le piano de Bob Patient suit à la trace la slide impatiente et assoiffée. Le climat se détend pour aborder le titre maître, sur le thème connu de "It hurts me too", ainsi que sur "How long?" dont la slide, parcourue sur un tempo lent, force le respect. "You move me so" est une composition de BB King. La section rythmique est très percussive, proche de la Nouvelle Orléans. J. Battes est aux drums, Roy Daniel à la basse ; et le concours d'un Patient virevoltant aux ivoires, laisse encore échapper la slide insatiable. "Walk away" sort du blues pour aborder un rockin' blues imprimé sur un solide motif rythmique. Hole sait au besoin réduire l'amplification ou la couper. A l'instar de "Nobody" et de "Get a job". L'album reste varié. Pour preuve "Insomniac", dominé par le beat de Bo Diddley. Ou encore "Out of my reach", lente ballade veloutée dont la fureur est verrouillée. L'album se termine par un royal "Living on borrowed time". Excellent !

 

John Lee Hooker

Boogie Chillen

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John Lee Hooker est au paradis des bluesmen! Il nous a quitté un jour de cet été 2001, terrassé au beau milieu de son sommeil, dans sa maison de San Francisco. Il avait 83 ans. L'un des tous derniers géants s'en est allé. Il laisse derrière lui une carrière qui s'étale sur plus d'un demi-siècle. Le hasard veut que cette collection soit sortie au même moment. Une œuvre qui se concentre sur ses 1ers enregistrements, datant de 1948 et 49. Il était né en 1917, près de Clarcksdale, dans le Mississippi. Il deviendra vite urbain ; passant par Memphis et Cincinnati avant d'aboutir à Detroit. C'est au cœur de cette cité de l'automobile qu'il a commencé à enregistrer sous la direction de Bernard Besman, un promoteur local. Ces séances de septembre 1948 produiront des titres devenus légendaires.

Le 1er 78 tours réunissait le blues classique "Sally Mae" et une composition rythmée, déjà imprimée sur ce riff hypnotique qui ne pouvait appartenir qu'à John Lee : "Boogie Chillen". Elle décrochera un n°1 des ventes, à une époque où c'était les formations de Louis Jordan ou de Charles Brown qui tenaient le haut du pavé. Ce n'était pas un mince exploit, car le Hooker était très proche du Delta. L'homme seul chante, gratte sa guitare et tape sur une planche, pour imprimer le rythme. De la même session, on retrouve également "Crawlin' King Snake" et "Hobo blues". Hooker est très demandé et il enregistre pour quiconque paie bien les séances. Il apparaît ainsi sous d'autres noms ou patronymes, tels que Birmingham Sam, Delta John ou Texas Slim. Tout le reste de la collection est issu de sessions accordées en 1949. Quelques boogies y figurent ; et notamment "Woogie boogie", "Weeping willow" et "Goin' mad blues", sur lesquels sa technique rythmique au pied est particulièrement distincte. Sur "Burnin' hell", son concitoyen Eddie Burns l'accompagne à l'harmonica. Curieusement, son inspiration s'assombrit lors de la dernière séance accordée en août 49. Et en particulier sur des titres tels que "Nightmare blues", "Devil's jump" ou "I'm gonna kill that woman". Ce n'est un secret pour personne, mais la célébrité de Hooker remonte aux années 60, lorsque le public blanc a découvert le blues. Sa réputation était devenue universelle dans les 90s, surtout après avoir gravé l'album "The Healer". Repose en paix, John Lee, tu l'as bien mérité!

 

Craig Horton

In my spirit

Écrit par

Craig Horton a joué de la guitare au sein du Little Walter Band, à la fin des 50s. Au cours des sixties, il émigre à Chicago, où il côtoie Muddy Waters, Buddy Guy, Freddie King et Otis Rush. Une carte de visite plutôt remarquable pour cet illustre inconnu originaire de Conway, dans l'Arkansas! Dans les 80s, il vient en Europe en compagnie de Sam Myers et du Mississippi Delta Blues Band. Aujourd'hui âgé de 61 ans, cet homme s'est fixé à Oakland, dans la baie de San Francisco. Produit par le guitariste Rusty Zinn, " In my spirit " constitue son tout 1er album.

Excellente ouverture, "Chest pain blues" fait le plein de bonnes vibrations et laisse augurer une suite brillante. Un R&B chanté d'une voix forte, chargée de feeling, au cours duquel le piano de Bob Welsh et les cuivres forment la rampe de lacement pour la guitare de Craig, dont le minimum de notes assurent une efficacité maximale. "3 days and 3 nights" aborde le swing. La voix de Horton fait réellement mouche. Une voix musicale, autoritaire, naturellement soul, douce un instant, pénétrante le suivant. "One more time" est un superbe blues lent. Les cuivres et l'orgue Hammond de Jim Pugh introduisent les vocaux puissants, rappelant ici, dans la démarche et le style, le Mighty Sam McClain. Le solo de guitare émet un son vif, mais le doigté est si proche de Rusty Zinn que je me pose inévitablement des questions. "Spell bound" est l'autre plage lente. "Night club" est un boogie shuffle de classe. Le piano de Bob Welsh et les cordes sont insatiables. "Cottonwood Tree" est un mambo savoureusement cuivré. Craig Horton reprend deux plages qu'il avait enregistrées au cours des 60s, en compagnie de Bill Warren et de Jump Jackson, dont un pétillant "Ridin' in my Jaguar", souligné par un son de guitare pas possible. Le pied! Deux titres sont produits par Frank Goldwasser alias Paris Slim. Les musiciens sont différents mais l'effet est le même. Craig Horton est une découverte pour le blues contemporain! "One more time" est très rythmé. Tous les instruments s'emboîtent les uns dans les autres. Le solo de guitare est à peine croyable. Comment cet homme a pu rester ainsi longtemps méconnu? Ce titre me rappelle un peu Ray Charles devant son piano et son orgue. Les accents jazzy de "That's her" véhiculent un swing produit par la section rythmique assurée par John Hanes et Henry Oden. En fin d'album, il n'est plus guère possible de retenir l'énergie dispensée par Mr Horton. Un superbe album!

 

Höst

The damage suite

Écrit par

Höst n'est pas un groupe, mais un projet monté par Al DeLoner, principal compositeur et guitariste de Midnight Choir, et Chris Eckman, musicien qui remplit les mêmes fonctions chez les Walkabouts, en plus du chant. En fait, cette collaboration a été imaginée par Jarl Holstad, un Norvégien qui était à la recherche d'une bande sonore pour son court métrage " Robert Johnsen ". Mais le plus original dans cette collaboration procède de la méthode utilisée. En fait, Al et Chris ont travaillé chacun de leur côté. Dans leur propre studio. Le premier à Oslo. Le second à Seattle. Et les deux personnages n'ont échangé leurs idées qu'à travers les e-mails ou par téléphone. Travaillant à tour de rôle sur ce projet. Quoique expérimental, le résultat n'est pas trop mal fichu. Un elpee atmosphérique, expérimental, cosmique, qui mêle instrumentation basique (guitare, claviers, piano, drums, harmonica, accordéon, basse) et technologie de pointe. Très peu de vocaux. Parfois computarisés ou alors éthérés, il se fondent parfaitement dans un univers sonore qui emprunte autant à Brian Eno, Robert Fripp, le Floyd, Kraftwerk, Tangerine Dream, Ennio Morricone qu'à Wim Mertens. Etrange…

 

The Human League

Secrets

Écrit par

Le dernier album de Human league remonte déjà 1995. Intitulé " Octopus ", cet elpee de bonne facture était pourtant passé totalement inaperçu. Faut dire que depuis 1984, et nonobstant l'apparition d'une guitare électrique, la formation de Sheffield n'est plus jamais parvenue à épingler le moindre hit. Une performance qu'elle avait pourtant réalisée au cours de la première moitié des eighties, en utilisant exclusivement des sonorités obtenues par des synthétiseurs, à travers des tubes tels que " Love action ", " Don't you want me ", " Mirror man " " (Keep feeling) Fascination " ou encore " The lebanon ". Une période faste qui a ouvert la voie au succès des Soft Cell, Depeche Mode et consorts. Pourtant, la période la plus intéressante du combo se situe entre 77 et 80. Lorsque influencé par Kraftwerk et Cabaret Voltaire, il naviguait en plein avant-garde du courant industriel. Du line up initial, il ne reste d'ailleurs plus que le seul Phillip Oakey. Bref, venons-en à ce " Secrets ". Dont la pop synthétique semble avoir retrouvé des couleurs. Et des titres aussi contagieux, sophistiqués et dansants que " All I ever wanted ", " Love me madly " ou " Sin city " pourrait finalement bien retrouver les charts. Sans quoi, si à l'écoute de ce disque, on ne criera pas au génie ; les fragments qui le compose ont au moins le mérite d'être très agréable à écouter ; et puis rappelleront certainement d'excellents souvenirs à toute une génération aujourd'hui composée de presque ou à peine quadragénaires…

 

Ian Hunter

Rant

Écrit par

Le pedigree de Ian Hunter est impressionnant. Ex-figure de proue de Mott The Hoople, guitariste des New Yarbirds, admiré par David Bowie à l'époque glorieuse de « Ziggy Stardust », il s'est consacré au cours des années 70 et 80 à la production ; emmenant sur la voie du succès des artistes tels que Billy Idol (Generation X), Michael Monroe (Hanoi Rocks) et Ellen Folley (Urgent). Citée comme source d'influence par des artistes aussi divers que Kiss, REM, Blur ou Motley Crue, la rock star, toujours permanentée et affublée de ses célèbres lunettes noires, est aussi l'auteur de quelques standards, curieusement popularisés (ou remis au goût du jour) par Great White, Blue Oyster Cult et Pointer Sisters (!?). " Rant " constitue sa dernière livraison solo. Mais cette tentative de retour semble vouée à l'échec, tant l'inspiration fait défaut tout au long des douze titres, plus ou moins rock n' roll, qui composent ce disque. C'est mou, ennuyeux et dénué de tout intérêt!

 

Huntingtons

Songs In The Key Of You

Difficile de ne pas penser aux Ramones à l'écoute de ce sixième album des punks de Baltimore : mêmes riffs binaires, mêmes paroles stupides (" That guy stole my girl ", " Sorry about your window ", " Off my brain "), même candeur juvénile, même volonté d'ériger la règle du " un, deux, trois, let's go ! " au rang d'art de la composition, même je-m'en-foutisme salvateur et déconneur… Bref les Huntingtons se posent comme la digne progéniture des Ramones, à qui ils n'ont eu cesse d'ailleurs de faire référence. Comble de leur vénération pour le gang new-yorkais, leur troisième album s'appelle même " File Under Ramones " ! Tant qu'à enfoncer le clou, mentionnons également le fait que le groupe a été le back-up band de feu Joey Ramone pendant ses dernières tournées en solo… Certes, ces arguments de vente ne pèchent ni par orgueil ni par originalité, mais tant qu'à ranimer la flamme de l'un des plus grands punks, et musiciens tout court, pourquoi pas ? Gabba Gabba Hey !