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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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The Cranberries

Wake up and smell the coffee

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Si j'avais dû rédiger cette chronique, à l'issue de la première écoute de cet elpee, je dois avouer qu'elle aurait été largement négative. J'ai donc pris la peine de réécouter cette plaque, afin d'étayer la critique. Depuis, mon avis est un peu plus mitigé. En fait sur les 13 fragments qui composent l'opus, six sont franchement dispensables, lorsqu'ils ne sont pas soporifiques. Mais le reste ne manque finalement pas d'allure. Depuis la délicate ballade " Never grow old " au postcard (Smiths ?) " Do you know ", en passant par le single vivifiant et hymnique " Analyse ", le syncopé " Time is ticking out ", le classique " This is the day ", le titre maître, dont la mélodie onctueuse est littéralement dynamisée par les riffs de guitare bringuebalants dispensés par Noël Hogan ainsi que l'allègre et contagieux " I really hope ". Des chansons sur lesquelles la voix haut perchée de Dolores O'Riordan atteint toute son amplitude. Sur l'édition limitée de ce " Wake up and smell the coffee " figure une version " live " de Salvation ", accordée à Paris ; et puis une très jolie cover d' " In the ghetto " de Presley, rehaussée par la présence d'une slide guitar, question du lui conserver un parfum country. Un elpee qui a bénéficié, en outre, du concours de Stephen Street (Smiths, Morrissey, Blur), à la production.

 

The Cult

Beyond Good and Evil

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Réconcilié avec son compère guitariste Billy Duffy, Ian Astbury a reformé The Cult, après cinq années de séparation. Que les inconditionnels se rassurent, le tandem fonctionne toujours à merveille ; et la production signée Bob Rock fait la part belle aux grosses guitares tout en flattant la voix reconnaissable entre mille d'Astbury. Un personnage qui est toujours parvenu à maintenir un certain équilibre au sein du groupe ; aussi bien dans sa période new wave (Death Cult), gothique (Love), hard rock (Electric) que heavy (Sonic Temple). Aucune des entreprises solo des deux leaders n'a porté ses fruits depuis l'éclatement de 95. Ce qui explique sans doute pourquoi l'idée d'une reformation avait déjà été avancée lors de la campagne promo du Best of de 2000. Si les tensions se sont apaisées entre les deux fortes personnalités, la rage est plus que jamais présente au fil des douze perles qui composent " Beyond Good and Evil ". Un disque qui se veut une synthèse de l'ensemble des éléments qui caractérise The Cult, un groupe de rock authentique, doué d'un sens de la mélodie inné et d'une spontanéité particulièrement forte. Une plaque qui vient nous asséner une baffe monstrueuse en puisant son énergie du côté de chez Led Zep, Aerosmith, Black Sabbath ou Monster Magnet. Privilège d'une longue absence, The Cult se permet de n'aligner que des titres forts sans jamais tomber dans l'auto parodie ou le mauvais goût. Un tout grand disque de pur hard rock, tout simplement.

 

The Cure

Greatest hits

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"Boys don't cry", "A forest", "Let's go to bed", "The lovecats", "Close to me", "Lovesong", "Friday I'm in love" et les autres tubes inévitables figurent sur cette compile. Dix huit en tout ! Une aubaine pour toutes celles et tout ceux qui ne connaissent la bande à Robert Smith qu'à travers ces hits. Et qui voudraient se les procurer. Mais aucune utilité pour tout fan qui possède la discographie intégrale de Cure. Enfin, et surtout, une belle opération de marketing pour toute la chaîne de production du label…. Cependant, une édition limitée de ce " Greatest hits " propose, sur un deuxième CD, tous ces tubes en version acoustique. Et c'est ici que se situe l'intérêt de ce double CD. Car le Cure atteint une toute autre dimension sous cette formule. Souvenez-vous de leur prestation accordée dans le cadre de la célèbre et défunte émission TV ‘Unplugged’, sur MTV. Une dimension encore plus poignante, plus émotionnelle, proche de leurs débuts, que la plupart des médias ne les estimaient plus capables de manifester. Surtout depuis que la formation éprouve de plus en plus de mal à se renouveler. Et ce ne sont pas les fans de la première heure qui me contrediront…

The Cadillac Kings

Lou Ann

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Tenez-vous bien : une nouvelle formation de british blues sort enfin de l'ombre, outre-Manche! Je dois d'ailleurs avouer être resté sur ma faim au cours de ces vingt dernières années. Pas que la Grande-Bretagne soufre d'une disette, mais parce que le niveau général est demeuré trop longtemps bien en deçà des productions nées outre-Atlantique. Et ce n'est pas pour rien si parmi les meilleurs, on retrouve encore Paul Lamb and the Kingsnakes, Big Joe Louis and his Shuffle Kings et les Big Town Playboys. Auxquels il faudra ajouter bientôt les Cadillac Kings. Un combo bien dans la tradition actuelle du blues ; c'est à dire marqué par de forts accents de swing et de boogie.

Les Kings sont six : le chanteur Mike Thomas, Paul Morgan à la guitare, le jeune Gary Howard au piano, Gary Potts à l'harmonica, Bernie Brewster à la basse et Ray Maquis à la batterie. Ces deux derniers jouent ensemble depuis plus de trente ans. Ils ont sévi chez Key Largo, un groupe oublié du British Blues Boom qui avait enregistré, en compagnie de Mike Vernon, un album sur Blue Horizon. Le groupe s'est formé en 1998 sous le patronyme Third Degree. Il définit sa musique comme un cocktail de West Coast jump, T-Bone swing, Chicago blues et Texas shuffle. Et il en est probablement bien ainsi. Leur 1er album s'intitulait "I'm gone".

"Lou Ann" s'ouvre par "I'm leaving you baby". Une entrée en matière convaincante. Dès les 1ères notes, on croirait entendre les Kingsnakes. Il est vrai que Gary Potts est un élève de Paul Lamb. Cependant les Kings sont très différents. La guitare de Paul se veut très west coast, un style marqué par l'empreinte de Junior Watson et de Rusty Zinn. Le rythme monte d'un cran pour "Cadillac swing". Le piano est bien présent. L'harmonica se déchaîne et impressionne. "Cruise-o-matic" est une solide composition qui me rappelle l'homme de Boston, Rick Russell. Mike chante en s'accompagnant d'une slide décapante. Colin Hartshorn est venu souffler dans son sax tenor. Thomas possède une excellente plume. Et dans un style assez proche de Guitar Slim, "Was it something that I said?" est à nouveau superbe. La cohésion des musiciens y est remarquable. "Fortune teller" est un shuffle, plus proche de Chicago, caractérisé par un son de guitare pourri et un harmonica qui n'en peut plus d'éblouir. "The spirit is willing" est un long blues lent. Paul Morgan a parfaitement assimilé le style créé par T-Bone Walker. Lorsque Gary Howard empoigne l'accordéon sur "Turn your damper down", il ouvre une parenthèse zydeco. Changement de rôle lorsque Ray Maquis prend les cordes et Potts chante pour affronter le swing rapide de "Fat boy's Five & Dime". Et la finale nous plonge dans le rock'n'roll et boogie de "Lou Ann", "Bee boogie" et "Jump children". Impressionnant !

 

Caesars Palace

Youth is wasted on the young

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Le premier album de ce quatuor suédois était sorti en 1998 ; mais il vient seulement de bénéficier d'une distribution officielle en Belgique. Un disque dont la plupart des compositions sont hantées à la fois par la britpop d'Oasis (NDR : surtout son premier opus) et le garage d'Inspiral Carpets. Oasis tout d'abord. A cause du timbre vocal de César Vidal. Aussi miaulant que celui de Liam Gallagher. Et puis des sonorités dispensées par la six cordes. Electriques, vibrato, elles semblent sortir directement du manche de Paul ‘Bonehead’ Arthurs. La mélodie de " My abduction love ", semble même avoir été calquée sur celle de " Supersonic ". Inspiral Carpets ensuite. Dès que le farfisa entre en lice. Et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, ce clavier n'est pas joué par un membre du groupe, mais par David Nyström. Un musicien de studio particulièrement apprécié sur la scène scandinave ; et qui marque véritablement de son empreinte l'ensemble de l'opus. Une empreinte psychédélique, revivaliste, dont le doigté est aussi savoureux et rafraîchissant que celui de Clint Boon. Autre invité de marque : Klas Ahlund. Un personnage qui avait apporté son concours à l'album " Desireless " d'Eagle Eye Cherry. Non content d'avoir produit l'elpee, il assure également la quasi-totalité des parties de guitare acoustique. Avec beaucoup de subtilité, il faut le reconnaître. Deux fragments épousent cependant un profil plus punk. En l'occurrence " Anything you want " et " She' a planet ". Et puis un seul une perspective gothique. L'intro "Sort it out". Un morceau qui libère un groove digne de Sisters Of Mercy. Excellent !

 

Caesars Palace

Cherry kicks

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Si le premier opus de cet ensemble suédois était inspiré à la fois par la britpop d'Oasis et le garage d'Inspiral Carpets, il faut reconnaître que chez ce " Cherry kicks ", les influences semblent avoir été totalement digérées. Tout d'abord, David Nyström qui nappait la plupart des mélodies de son farfisa, n'intervient plus que sur deux fragments. En fait, il a cédé le relais au nouveau drummer, Nino Keller, qui en fait une utilisation moins envahissante, lorsqu'il ne rend pas les sonorités plus synthétiques. Ensuite, le chant de Cesar Vidal s'est presque débarrassé de ses inflexions ‘miaulantes’, ‘liamgallagheresques’. Enfin, à l'instar, des claviers, les guitares se fondent mieux dans l'ensemble. Résultat des courses, le garage pop de Caesars Palace a pris une forme fort proche de celle de 22 Pisterpirkko, mais en plus dynamique et en plus contagieux. D'ailleurs on pourrait facilement siffloter les douze chansons de cet elpee, le matin, sous la douche…

 

Cairo

Time of Legends

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Aujourd'hui réduit à un trio, Cairo persévère dans sa quête du rock progressif axé sur les claviers. Ces nouveaux ambassadeurs perpétuent ainsi la tradition d'une musique symphonique façon Emerson Lake and Palmer. On comprend mieux aussi pourquoi ce nouvel opus a été signé sur l'écurie Magna Carta, spécialisée dans le prog d'outre-Atlantique. Une seule écoute ne suffit pas pour cerner le potentiel de ce " Time of Legends ". Plusieurs tentatives sont même nécessaires, voire indispensables. En huit morceaux épiques, dont " The Prophecy " qui excède les dix minutes, Cairo nous livre une plaque où les guitares se font lancinantes et où les harmonies vocales donnent le frisson. Tout un contexte propice aux mélodies dramatiques qui soutiennent les claviers puissants et omniprésents de Mark Robertson. Epoustouflant de technique et de beauté, l'ensemble reste néanmoins assez métal. Mais ce sont les passages typiques de rock prog, dans son acceptation la plus classique du terme, qui dominent les compositions à tiroirs d'une musique qualifiée par certains de pompeuse, tandis que d'autres préféreront utiliser le qualificatif grandiose.

 

Chris Cain

Cain does King

Écrit par

Chris est californien. Il a accompli des études musicales à San José. Il avait opté pour le jazz et pouvait jouer du piano, de la basse, de la clarinette et du ténor sax. La guitare, il l'a apprise de lui-même. Son premier album, "Late night city blues", remonte à 1987. Un disque pour lequel il sera nominé pour quatre W.C Handy Blues Awards. Ce disque était sorti sur le label des frères Ford, Blue Rock'it. Ses trois elpees suivants paraîtront chez Blind Pig : "Cuttin' loose" en 90, "Can't buy a break" en 92 et "Somewhere along the way" en 95.

Pour enregistrer son cinquième, "Unscheduled flight", il réintègre Blue Rock!it. Nous sommes alors en 1997. La même année, il crée la revue musicale ‘Thunder knocking at the door’. Elle remporte un franc succès dans la baie de San Francisco, et lui permet de financer en 98, "Live at the Rep", un album qui épingle des chansons de cette revue. Cain a toujours été inspiré par Albert et B.B King. Il vouait aussi une admiration sans bornes à un fervent adepte de BB, Mike Bloomfield. Ce nouvel album porte bien son nom. Une œuvre très réussie qui rend un hommage avoué à B.B King.

Il est entouré de la section rythmique du Ford Blues Band. En l'occurrence Dewayne Pete à la basse et Patrick Ford à la batterie. Une section de cuivres permet de recréer le son de BB. Son choix s'est porté sur des chansons du répertoire de King, écrites entre les années 50 et 70.

L'entrée des cuivres sur "Heartbreaker" est majestueuse. La voix chaude de Chris colle bien à ce style si caractéristique. Mais ici, c'est surtout sa guitare qui accroche. Elle sonne même comme la sœur jumelle de Lucille. Lorsqu'il attaque "Whole lot of lovin", le mimétisme se propage à sa voix. Etonnant! Je ne vais pas cependant m'étendre à (NDLR : heureusement que tu n'as pas utilisé la préposition sur..) toutes les plages, car l'album forme un tout bien compact, un hommage vibrant à la légende vivante de Memphis. Cain reprend les différentes facettes du King. Aussi bien les ballades, à l'instar de "Better not look down". Que le blues lent. Sans bavardage excessif, "Gambler's blues" mérite même la médaille de 1ère classe. Et c'est également en économisant ses notes, qu'il séduit sur "Take it home" et "Looking the world over". Allez à la découverte de ce bel album qui s'achève en beauté par "Hummingbird"!

 

Cake

Comfort eagle

Écrit par

Qu'est ce qui ressemble plus à un album de Cake, qu'un autre album de Cake? Un nouvel album de Cake, pardi ! Il est vrai que, nonobstant le départ du guitariste Greg Brown, la musique de la bande à John Mc Crea n'a guère évolué en quatre opus. Seule différence, mais elle est significative, " Fashion nugget ", le deuxième, recelait quand même des hits de la trempe de " Perhaps, perhaps, perhaps ", " Frank Sinatra " ou encore la cover du standard intemporel, immortalisé par Gloria Gaynor, " I will survive ". A l'écoute de " Comfort eagle ", vous n'aurez donc ni de mauvaise, ni de bonne surprise. Il y a bien ça et là quelques accès de moog weezerien, mais sur les onze fragments que recèle cet opus, dix agrègent le plus naturellement du monde folk, country, hip hop, salsa, jazz, rock, pop et funk, dans un contexte latino. Seul " Short skirt/Long jacket ", pastiche humoristique du " Vicious " de Lou Reed, s'autorise une aventure dans le reggae/punk. Heureusement, la pâte sonore de ce Cake est légère et se digère facilement. Mais il serait peut être temps que le combo de Sacramento, pense à renouveler ses condiments…

 

The Cakeheads

Our favourite place

Écrit par

Ce trio allemand, munichois pour être plus précis, pratique une pop sucrée, insouciante, allègre, légèrement jazzyfiante, née de la combinaison d'instruments digitaux et analogues. Un style que pratiquait, début des eighties, des groupes tels qu'Everything But The Girl ou encore Week End ; et que tente de remettre au goût du jour, mais à sa manière, Pizzicato Five. Cakeheads y ajoute une touche de funk, de soul, et de bossa nova, histoire de se forger un style un peu plus personnel. Coïncidence, la vocaliste de Cakeheads répond au doux nom de Mariko Okuyama. Et lorsqu'elle chante, elle me fait inévitablement penser à Maki Nomiya. Parce que les vocaux sont la plupart du temps assurés par Axel Koch (NDR : il est également le leader du groupe et le mari de Mariko). Et il possède une superbe voix, très ample, dont le timbre est capable de passer du baryton profond (Matt Johnson) au glamoureux clair et précieux (Neil Hannon). Un album fort agréable, mais qui risque fort de ne pas laisser un souvenir impérissable…

Califone

Roomsound

Écrit par

Au sein de Califone, on retrouve Tim Rutili, le chanteur/compositeur du défunt Red Red Meat, une formation qui avait concocté un superbe album en 1995, " Bunny gets paid ". " Roomsound " constitue le premier opus de sa nouvelle formation. Et l'atmosphère qui y règne n'est pas à la joie. D'abord à cause des lyrics. Teintés de désespoir et de solitude, ils sont chantés par Tim d'une voix déchirante, dont le timbre campe un hybride entre celui de Mark Lanegan, de Kurt Cobain et de Kevin Weatherill (Immaculate Fools). De la musique ensuite. Fruit d'un mélange de rock, de country et de blues, elle évolue sur un tempo plutôt lent, opérant des méandres entre les mélodies sinistres. Une musique qui repose sur une instrumentation minimaliste : guitare acoustique et électrique, slide et percussions clairsemées reçoivent épisodiquement le concours d'un piano, d'un banjo, d'un harmonica, d'un violon et de quelques bruitages électroniques. Un disque plutôt bien fichu qui me rappelle parfois " If I could only remember my name " de David Crosby, mais sans les harmonies vocales…

 

Camden

Miscellaneous

Écrit par

La nouvelle formation d'Axl Peleman, mieux connu pour avoir sévi au cours des 90's comme bassiste et chanteur du groupe Ashbury Faith, vient de commettre son premier album. Un disque beaucoup plus intimiste, que ceux qu'il avait enregistré à l'époque où il militait au sein de son précédent groupe. Pas de samples, de digitalisation, ni de bidouillages technologiques, mais une instrumentation basique destinée à alimenter une pop mélodique et contagieuse, qu'Axl épice de son timbre vocal fragile, légèrement nasillard, proche de celui d'E. A l'écoute de ce " Miscellaneous ", il ne fait guère de doute qu'Eels a exercé et exerce encore et toujours une influence majeure sur Camden. Tout comme les Beatles, Elvis Costello et Ben Harper. C'est d'ailleurs Axl qui le concède. Personnellement j'y ajouterai David Gray. A cause des accords raffinés que dispense par sa six cordes acoustique. Et puis le Band. Dès que les claviers poussiéreux, rognés, infiltrent la mélodie. L'opus recèle, en outre, un fragment consacré au trip hop (Mr HSP "), une aventure jazzyfiante (" That's just me "), une épatante cover, mise à la sauce blues acoustique, du " Cold turkey " de Plastic Ono Band et deux morceaux cachés.

 

Borknagar

Empiricism

Écrit par

Borknagar a enfanté un album qui peut véritablement être qualifié de black métal progressif. Après un "Quintessence" symphonique à souhait, les Norvégiens ont réalisé, à travers "Empiricism", un tour de force flamboyant, illuminé par l'arrivée du chanteur Vintersorg. Ce nom qui n'est pas inconnu auprès des amateurs de dark métal, constitue une référence en terme de vocalises mélodiques. D'une richesse inouïe, ce cinquième opus sera sans nul doute celui de la consécration, Car il s'agit bien de chef d'œuvre, tant Borknagar innove en brisant des frontières, en poussant les limites de la créativité jusqu'à leur paroxysme. Ici, on pense autant à Dimmu Borgir qu'à Anekdoten, à Satyricon qu'à Devil Dolls et on passe allégrement du black métal au rock progressif, ou du folk au rock symphonique. Aucun temps mort, aucune faute de goût. "Empiricism" est l'illustration parfaite d'un métal contemporain qui se veut évolutif, limpide, et lumineux.

 

Bottom

Feel so good when you´re gone

Écrit par

De quoi mettre la puce à l'oreille : Man's Ruin n'a pas l'habitude de signer des tocards. Preuve supplémentaire s'il le fallait avec Bottom, trio féminin des environs de New York, dont voici le deuxième album. Produit par Billy Anderson (Mr Bungle et Neurosis), "Feel so good…" nous plonge dans un heavy basique, un stoner lourd et un rock digne de la frange des riot girls (L7 en tête). Inutile de préciser que tout ça sent bon le souffre, que les demoiselles secouent leurs chevelures sans compter, que le son est bien étouffé comme il faut et que le rythme ferait passer une tortue pour un lièvre. Signalons quand même que le chant de Sina tient plus des beuglements que de la voix d'opéra. Le tout forme une plaque lourde, hargneuse, bourrée de distorsions, parfois même abordée dans la droite lignée de Eyehategod. Les amateurs de slows langoureux, impatients d'inviter une des 3 furieuses, repasseront donc pour cette fois.

 

David Bowie

All Saints : Collected instrumentals 1977-1999

Écrit par

La face électronique de Bowie remonte à 1977. Après une cure de désintoxication, il part vivre quelque temps à Berlin. C'est à cette époque qu'il commence à enregistrer sa trilogie " Low "/" Heroes "/ "Lodger ", considérée comme une œuvre majeure de l'artiste ; une oeuvre qui va jeter les bases d'une nouvelle approche musicale et bouleverser les structures traditionnelles du rock. " Low " en compagnie de Brian Eno. " Heroes " flanqué du guitariste de King Crimson, Robert Fripp. Une chose est sûre, avant d'entamer ces enregistrements, il est tombé sous le charme du krautrock, et en particulier de Krafwerk. Sur les deux premiers elpees de cette trilogie, il développe des climats synthétiques, atmosphériques, industriels ou ambient qui auront une influence considérable sur la new wave dépressive de la fin des 70's et du début des 80's. Mais également sur toute la musique électronique qui suivra, y compris contemporaine, telle que la trip hop. Neuf titres sont extraits des deux disques en question. Deux de la bande sonore de l'émission TV " Buddha of Suburbia ". Un de " …hours ", commis en 1999 ; ainsi qu'une excursion symphonique entreprise en compagnie de Philip Glass, pour l'adaptation de " Low Symphony ". Sans oublier trois raretés (" All Saints ", " Abdulmajid " et " Crystal Japan "). Pas d'extraits de " Lodger ". Normal, " All Saints : collected instumentals 1977-1999" ne réunit des que des titres instrumentaux…

 

Boxharp

The tailored soldier

Écrit par

Boxharp est le projet du vocaliste de The Court and Sparks, MC Taylor. Une formation qui, à l'instar d'Uncle Tupelo et de Calexico, jouit d'une solide réputation sur la scène country alternative. Pour enregistrer son premier opus solo, Taylor a quand même fait appel à plusieurs collaborateurs. Et parmi ceux-ci, on retrouve inévitablement trois musiciens de son groupe. Un disque qui explore un même univers sonore, mais en plus expérimental, atmosphérique. Un peu comme si Sigur Rós s'était mis à la country & western. Car si on retrouve bien l'indispensable steel, des tas de guitares acoustiques, un piano tintant et l'inévitable voix âpre, graveleuse, crépusculaire de Taylor, l'œuvre est traversée subrepticement de bruitages insolites, tels que grincements de portes, bruits de pas, clameurs distantes, soupirs, souffle du vent, etc. Des chansons qui sont parfois teintées de gospel ou de blues. Toutes des propriétés qui accentuent le climat spectral, ténébreux, mystérieux, à la beauté poussiéreuse, de l'œuvre ; une œuvre peuplée de chansons aux lyrics douloureux, nostalgiques, empreints de solitude. Mais là, fallait s'en douter !

 

Boyd Small

So easy

Écrit par

Batteur/chanteur, Boyd Small est originaire de l'Oregon. Il y a drivé les Terraplanes avant de fonder son propre band, le Boyd Small Big Blues Band. Il a aussi longtemps côtoyé Screamin' Jay Hawkins et Guitar Shorty. En 1997, il est curieusement venu se fixer à Amsterdam pour apporter son aide à la création du label Cool Buzz. Un label qui nous a permis de découvrir quelques révélations hollandaises telles que Drippin' Honey, T-99, Sugarcane et Cuban Heels. Boyd a même enregistré l'album "This time no lies" pour ce label.

Au sein du Boyd Small Band, nous retrouvons de nombreux musiciens de Sugarcane. En l'occurrence le guitariste Bas Flesseman, le bassiste Jasper Mortier et les cuivres, Aldo Groen, Matthijs Willemsen et Jon Spijker. Mischa den Haring, le guitariste de T-99 est également de la partie. Boyd Small possède un style particulier, très personnel, qui ne permet guère de comparaison. Inutile donc de lui coller des étiquettes. Il compose l'intégralité de son répertoire et sa voix fort originale, légèrement nasillarde, campe une espèce de Lou Reed bluesman.

L'harmoniciste Richard Koster pointe le bout du nez sur "Jungle Law" qui démarre de fort belle manière. "Say when" laisse transparaître une richesse et une complexité insoupçonnées. A cause de la trompette de Willemsen qui ouvre les soli, de la guitare de Flesseman toute en réverbération et des chœurs qui répondent à Boyd. Les cuivres se déploient telle une fanfare avant de se fondre dans "Straight up", une ballade envoûtante dont les cordes discrètes de Bart vont et viennent. Son solo sur l'éclatant "Just one" est très impressionnant. La guitare rythmique imprime le riff. L'harmonica intervient sur fond cuivré. Le ton monte. Boyd pousse ses cordes vocales, pour emprunter un timbre proche de Bono. Excellent! Le rythme se développe, s'accélère sur le très R&B "Too down for the fight", tout comme sur "Paper bag" d'ailleurs. Un fragment marqué par un nouveau changement de rythme et un accompagnement de chœurs du meilleur effet. La richesse de la composition est telle que les accents prennent parfois une forme pop, mais dans le bon sens du terme. Et je pense tout particulièrement à "64 Belair" qui manifeste toujours cette explosivité instrumentale, rehaussée ici par la présence du sax de Jan Spijker. Même schéma pour "Lessons never learned", "Solid ground" et le joli "Kansas" de Willie Barber, abordé derechef sous la forme d'un clin d'œil à Lou Reed. Chanté avec passion et discernement, "I'm bitter" est un slow blues dont la sensibilité perce nos âmes. Le sax de Jan monte en puissance. Les chœurs s'élèvent. Encore une réussite ! Ce très bon album de blues pop ne plaira sans doute pas aux puristes ; mais il est tellement différent dans sa démarche qu'il mérite qu'on s'y intéresse. Définitivement attractif et original !

 

Brain Donor

Love peace & fuck

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Julian Cope est de retour. Mais au sein d'un trio, impliquant deux membres de Spiritualized, Doggen et Kevlar. Le line up idéal pour entreprendre une aventure cosmique, pensez-vous. Et bien non. En fait, le premier opus de Brain Donor est avant tout sculpté dans le métal urbain, inspiré des Stooges, de MC5, de Blue Cheer, voire des Troggs. Un métal dont le flux sonique évoque la face la plus féroce, frénétique, distordue du Spacemen 3, voire de Loop ; mais un métal abordé sous un angle psychédélique, obsessionnel, hypnotique, réminiscent du mouvement krautrock des Can, Faust, Amon Düül II et consorts. Une seule composition est contaminée par le sens mélodique pop à coloration ‘new mersey sound’, auquel Cope nous avait habitués : " Lughnasad " ; mais c'est bien le seul répit qu'il nous accorde sur huit longues compositions … Impressionnant !

 

Georges Brassens

La mauvaise réputation

Écrit par

Peut-on résumer Brassens à un double CD de 45 chansons ? Il y a celles du début (" La mauvaise réputation ", " Le gorille "), les délicieux poèmes (" Les passantes "), les gros mots (" Le pornographe "), une ritournelle pour enfants (" La chanson du hérisson ") et même ma préférée : " Supplique pour être enterré sur la plage de Sète ", avec son implacable rythmique (si, si !). Et je ne vais pas énumérer ici toutes celles qui auraient mérité de se retrouver sur la compilation ; nous serions vite proche de l'intégrale ! Mais quel est donc l'intérêt de cette compile ? Si vous ne disposez pas encore les chansons en CD et que vos grands enfants ignorent que des textes ont été écrits avant MC Solaar, cette anthologie constitue une belle entrée en matière. Car, après ces 45 chansons, on cherche les autres. Qu'est-ce que ça devait être à l'époque quand Brassens sortait un nouveau disque ; quand on découvrait soudain une douzaine de chansons dont on n'avait jamais entendu la moindre strophe ? Tout cela permet de se rendre compte qu'il sera sans doute impossible d'égaler un jour les textes de Brassens, d'évoluer encore dans ce registre, dénué de tout artifice et pourtant si difficilement imitable.

 

Bratmobile

Ladies, women and girls

Écrit par

Lorsqu'on évoque le mouvement ‘riot grrrl’ on pense immédiatement à Veruca Salt, Juliana Hatfield ou encore aux Breeders. Moins à Bikini Kill ou à Bratmobile. Normal puisque ces deux formations ont nettement eu moins de succès. Pourtant, elles ont eu une influence majeure sur cette scène. A cause de leur attitude fondamentalement féministe. Que Bratmobile n'a jamais eu trop de mal à observer, vu son line up exclusivement féminin. Ce trio s'était pourtant séparé en 94, avant de se reformer quatre ans plus tard. Ce qui n'a pas changé grand chose à leur démarche musicale. Et ce " Ladies, women and girls " en est le plus bel exemple. Un disque découpé en treize fragments instinctifs, contagieux, féroces, sauvages, imprimés sur un tempo tribal, impitoyable et lacérés par le vocal gémissant, grinçant d'Allison Wolfe, responsable de lyrics aussi sarcastiques qu'effrontés. Il plane même les spectres des Cramps, d'X-Ray Spex, des Raincoats, d'Huggy Bear ou même des Avengers sur leur solution sonore, qui doit autant au punk, à la pop, au surf qu'au psychobilly. Et lorsque Jon Nikki (The Primadonnas, Gene Defcon) injecte ses claviers fluides, psychédéliques, c'est même aux 13Th Floor Elevators que l'on se met à penser. A l'instar de " Your're fried ", " Well you wanna know what ", " Flavor of the month club " ou " Affection training ", les meilleures chansons de cet elpee. Enfin, pour être complet, sachez que c'est Jon qui partage la production avec Tim Green (Bikini Kill, Sleater-Kinney, Melvins).

 

Marc Breitfelder & Jack Cook

Feed my body to the fishes but my soul to the Lord above

Écrit par

Issu de Kiel, en Allemagne, Marc est un harmoniciste réputé dans son pays où il a décroché quelques prix. Personnellement, je dois avouer ne pas le connaître. Pour l'instrument chromatique, il avoue des influences aussi diverses que Toots Thielemans, Stevie Wonder et Paul deLay, côté diatonique, Paul Butterfield, Magic Dick, Jean-Jacques Milteau, William Clarke et Little Walter tout de même.

Jack Cook est né à Seattle. Il a presque 40 balais. Un guitariste séduit par la slide d'Elmore James et la tonalité de Sleepy John Estes. Il a sévi au sein de l'Isaac Scott Band, en compagnie de l'harmoniciste Steve Bailey. Plus récemment, il a milité chez le trio acoustique, les Phantoms of Soul.

Jack a une fort bonne voix. Il débute par "About to lose my mind" d'Arthur "Big Boy" Spires. L'harmonica qui l'appuie laisse augurer de très agréables choses pour la suite. Elles sont d'ailleurs confirmées dès "Put it all in there", une composition dont le texte a été écrit par Wild Child Butler. Marc aborde ce titre avec beaucoup de verve. La rythmique imprime le beat de Bo Diddley. Je suis assez étonné par la virtuosité naturelle et originale affichée par ce jeune musicien allemand. Il passe à l'instrument chromatique pour interpréter "Outside man", de Junior Parker. Différents thèmes sont abordés sur cet opus. Le bon vieux jazz pour "Chicken ain't nothin' but a bird" (de Louis Jordan), qu'il dédie à son ami Carlos Del Junco, et le country blues sur "Saturday blues", exécuté en duo avec le dobro de Jack. Cook rend hommage à son maître, Sleepy John Estes, en exécutant avec brio "Goin' to Brownsville", toujours armé de son dobro. Il adapte également "Just give me a chance" de Silas Hogan, en hommage à Stevie Wonder, et "Work song" de Nat Adderly en hommage à Paul Butterfield. Jack Cook termine en solitaire par la plage titulaire. Un très bon album de blues acoustique.