New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Le Tone

Le petit nabab

Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter, sur l’une ou l’autre station radiophonique, le single désopilant « Joli Dragon ». Mais oui, ce petit morceau traversé de voix enfantines, imprimé sur un rythme au groove irrésistible et parsemé de bruitages étranges. Ces bruitages qui nous rappellent les fameux jeux électroniques, réservés aux plus jeunes. Si vous appréciez ce style de composition, cet opus devrait vous plaire. Débordant d’humour, parcouru de rythmes saugrenus et envahi de samples les plus divers qui folâtrent entre sonorités graves et aiguës, « Le petit nabab » regorge de comptines idéales pour animer vos petites soirées domestiques. A condition de ne pas en abuser. C’est dansant, c’est marrant, mais après quelques temps, cela devient franchement lassant…

 

Leftfield

Rhythm and stealth

En 1995, Neil Barnes et Paul Daley commettaient « Leftism », une œuvre qui allait laisser une trace indélébile dans le paysage musical électronique. Il faut d’ailleurs se demander si cet opus n’est pas le détonateur qui a fait de la ‘dance’ un véritable phénomène de masse. C’est pourtant ce qu’affirment aujourd’hui de nombreux DJ’s et journalistes branchés sur ce style en vogue. « Rythm and stealth » recherche encore et toujours la pulsion underground, en puisant ses sources dans la dub, la house, la techno et la musique africaine. Pas de trace cependant, ici, comme sur le premier album, de l’ex-figure de proue des Sex Pistols, John Lydon. Mais bien de Roots Manuva, mythe vivant du hip hop anglais. Sur le morceau qui ouvre le morceau de plastique. Et puis d’Afrika Bambaataa. Sur un inévitable fragment tribal intitulé « Afrika Shox ». Mais le plus important sur ce disque, procède du soin apporté par le duo britannique à la mise en forme et aux arrangements. Par pour rien qu’il leur a fallu dix-huit mois pour les administrer à ce disque…

 

Jars Of Clay

If I left the zoo

Quatuor yankee, Jars of Clay voue une grande admiration aux Beatles, à tout ce qui touche à la folk song, un peu comme chez Counting Crows. Ainsi qu’à la musique atmosphérique des seventies. En particulier celle de Kansas, Kayak et consorts. Aussi bons instrumentistes que chanteurs, fonctions qu’ils partagent à des degrés divers, le combo ne semble pas avoir beaucoup évolué en un peu plus de cinq années d’existence. Hormis le très joli « Sad clown » et son piano ‘plink plonk’, cet « If I left the zoo » n’a pas plus de relief que les succès populaires les plus édulcorés d’Eric Clapton ou de Dire Straits. En tout cas, cet album ne réveillera pas l’animal qui sommeille au fond de chaque être humain. A moins que vous ne souhaitiez quitter le zoo…

 

Jethro Tull

J-Tull dot com

Écrit par

Lorsqu’on vend 60 millions d’albums en un peu plus de trente années d’existence, dans un domaine aussi pointu que la musique rock progressive, décrochant au passage deux numéros un aux States, on mérite assurément le statut de légende. A l’instar de Yes, Genesis circa Peter Gabriel, Vander Graaf Generator ou King Crimson. Ce qui n’a pas empêché Jethro Tull de connaître une période relativement creuse au cours des eighties, avant de revenir en force, il y a plus ou moins cinq ans. Sous une forme folk rock tout d’abord, style au sein duquel il a toujours excellé. Puis par le biais de la sortie de deux opus intéressants. En l’occurrence l’œuvre solo de Ian Anderson " Divinities ", instrumental aux accents classiques, pour ne pas dire symphoniques. Puis, le très étonnant, " Roots to branches ", digne de " Thick as a brick " voire d’" Aqualung ". C’était il y a déjà quatre ans.

Aujourd’hui, " J-Tull dot com ", qui ne sort plus chez Chrysalis, mais Papillon (NDR : cherchez l’astuce !), nous a laissé un goût de trop peu. Ian n’a rien perdu de son talent de flûtiste et possède toujours ce baryton chaleureux et profond. Mais le retour de Martin Barre (NDR : qui a dit Martin Guerre ?) n’est pas très judicieux. Parce que le style lourd et hardeux de cet ex guitariste du Tull, n’a guère évolué en trois décennies. Quant aux synthés, ils font un peu tâche d’huile dans l’ensemble. C’est d’ailleurs lorsque le Tull revient aux sources qu’il est le plus performant. Une situation trop rare pour permettre aux inconditionnels du groupe de vraiment s’éclater. Et il ne faut pas nous dire, après coup, qu’ils n’avaient pas été prévenus !

Joy Zipper

Joy Zipper

Ce qui frappe tout d’abord sur cet album, c’est le raffinement du son. Un raffinement qui nous rappelle un certain Capability Brown, qui avait sévi au cours des seventies. Joy Zipper est un duo constitué de Vinny Cafiso et de Tabitha Tindale. Ils ont bien été assistés par l’un ou l’autre musicien de studio, pour enregistrer cet opus, mais en général, Vinny se réserve la quasi totalité de l’instrumentation ; Tabitha assumant quelques parties de claviers. Mais le plus étonnant procède de la qualité de leurs harmonies vocales, harmonies échangées entre le timbre délicat de Vinny et celui plus puéril de Tabitha. Translucides, elles nous rappellent ni plus ni moins les Beatles. Des Beatles que le groupe a certainement dû beaucoup écouter. Surtout le double blanc. Mais cette fascination pour les Fab Four est mêlée à une multitude d’autres influences. Psychédéliques, tout d’abord. Et on pense ici le plus souvent à Sonic Youth et à Syd Barrett, dans leur phase la plus moelleuse. A Ultra Vivid Scene également ; en particulier sur le torturé et opulent « Everyday ». Enfin krautrock, comme dans le final « Apathy », où le groupe joue sur les oscillations du son. On imagine même sur « Transformation fantasy », un Stereolab qui se serait shooté à la country. Mais le duo obéit à une même constante, mener toutes ces expérimentations avec la plus grande délicatesse. Ce qui rend cet album si savoureux à écouter. Un must qui tombe littéralement du ciel !

 

June’s High

Summersault

Cette formation néerlandaise, issue d’Amsterdam très exactement, affiche une sensibilité musicale tellement proche de celle des groupes insulaires contemporains, qu’elle pourrait aisément émarger au mouvement britpop. A l’instar d’Oasis, de Travis et surtout de Gene. Faut dire que le chanteur Jan Willem Marchal possède une voix dont les inflexions sont partagées entre celle de Martin Rossiter et de Denny Laine (Moody Blues). Mais le plus curieux, chez June’s High, procède de cette faculté à passer de la pop basique à l’easy listening, un peu comme Divine Comedy. Pourtant, le quintette atteint son meilleur niveau lorsqu’il parvient à fusionner ces deux styles. A l’instar des remarquables « Serene » et « Lately ». Le groupe s’autorise même une aventure dans le grebo (Pop Will Eat Itself, Ned’s Atomic Dustbin) sur le sautillant « Worried ». A suivre de très près !
 

 

Kashmir

The good life

‘Kashmir navigue à la croisée des chemins de Kent et de Pearl Jam, mais bénéficie surtout de la présence d’un excellent chanteur, qui répond au nom de Kasper Eistrup, dont l’amplitude du timbre vocal évoque tantôt Eddie Vedder, tantôt Sting’. C’est que nous avions décrété à chaud, après avoir écouté leur single " Mom is here, daddy in space ". Un single qui précédait la sortie du troisième opus de Kashmir. Un trio danois, qui a bénéficié du concours de John Carin à la production, personnage qui s’était occupé de tous les albums du Floyd, et même du trio Gilmour/Wright, Mason, depuis The Wall. " The good life " nous a cependant laissé sur notre faim. Pas qu’il soit de mauvaise facture, ni fasse mentir l’impression première laissée par le single ; mais il s’englue progressivement dans une atmosphère cotonneuse, climat entretenu par des harmonies vocales impeccables, mais tellement prévisibles, et une instrumentation tellement raffinée, qu’elle en perd tout relief…

 

Kula Shaker

Peasants, pigs and astronauts

Saviez-vous que le premier album de Kula Shaker s’était vendu à plus d’un million d’exemplaires ? Pas en Belgique, bien sûr, mais à travers le monde. Etonnant, non ! Surtout que la plupart des animateurs des radios ‘gaga’ l’avaient purement et simplement snobé, préférant sans soute dispenser leur soupe quotidienne, composée de jeux stupides, de disques demandés (NDR : qui a dit imposés ?), de banalités lucratives, et épisodiquement épicée d’un hommage à un croulant déifié ou à un défunt canonisé.

Après cette montée d’adrénaline régénératrice, venons-en au deuxième opus de ce quartette londonien. Toujours aussi contaminé par le psychédélisme de la fin des sixties et du début des seventies, et imprégné de la philosophie hindouiste, il vient probablement de se placer en ordre utile pour figurer parmi les ‘must’ de l’année 1999. Vous avez peut-être eu l’occasion (NDR : si vous n’êtes pas un fidèle auditeur des radios ‘gaga’), d’entendre (voire d’écouter), le single " Mystical machine gun ", en vous demandant si le Floyd et Arthur Brown ne s’étaient pas réunis pour faire une jam. Et bien, ce " Peasants, pigs and astronauts " recèle d’autres excellentes surprises. Ne nous attardons pas trop sur les mélopées submergées par le mysticisme oriental, surtout lorsque les vocaux sont interprétés en sanskrit. Un baragouin qui a dû bien faire rigoler tout le monde lors de l’enregistrement de cet elpee. Mais plutôt des compositions qui remuent les tripes. Hypnotiques, électriques, rognées de claviers poussiéreux, dans l’esprit de Deep Purple circa " Hush ", mais reliftée par le groove envoûtant des Stone Roses. Avec des vocaux sinusoïdaux hérités en ligne droite du " Magical mystery tour " des Beatles. Et si vous accordez une grande importance à la qualité du son, sachez que c’est Bob Ezrin (Floyd, Peter Gabriel, Alice Cooper) qui s’est chargé de la production…

 

The Jackie Papers

I´m in love

Au sein de ce Jackie Papers (Tampa, Floride), on retrouve l’ex-leader de Pink Lincolns, Chris Barrows. Et puis surtout trois filles. Qui ne chantent pas. Ou très peu. Se réservant les drums, la basse et la lead guitar. Et pas pour y faire de la figuration, puisque les six titres de ce mini CD sont sculptés dans une forme de punk pop frénétique, vivace, inspiré à la fois par les Ramones, Black Flag et les Stooges….

 

James

Millionaires

Écrit par

‘Si justice il y a, « Millionaires » devrait rejoindre les albums qui ont marqué les nineties, tels Urban Hymns de Verve ou OK Computer de Radiohead’. Ce sont des propos tirés de ‘Q’, un magazine musical anglais, des propos qui reflètent avec justesse toute l’admiration que votre serviteur porte à ce combo. Archi connu en Angleterre (rappelons que leur « Best of » avait été, en 1998, l’un des disques les plus vendus du pays), considéré comme un fer de lance de la pop anglaise, au même titre qu’Oasis, Pulp ou Stone Roses, James se retrouve bizarrement oublié par la Belgique et la France.

Ce nouvel album constitue donc, tout comme l’ont été les précédents, un nouvel espoir de consécration internationale. Et pour augmenter les chances de succès, plusieurs personnes ont participé aux sessions d’enregistrement. Notamment Brian Eno, Ozzy Osborne, Jamie Catto (Faithless) et Sinead O’Connor, même si elle n’accompagne de la voix que les dernières notes du CD. 12 titres très variés qui feront autant plaisir aux fans qu’aux néophytes. Il y a quelque chose de britpop. Celle de Radiohead, de Gene, de Cast ou du Verve, quand les guitares et les violons se mêlent à la nostalgie. On ressent la cold-wave de New Order quand les synthés se font plus présents. Il y a de la mélancolie. Pensez à Heather Nova. Du romantisme. Pensez aux Kinks. Ajoutez-y un soupçon de grandiloquence circa U2 et une atmosphère ponctuellement mystérieuse. Quant à Tim Booth, le chanteur, il incarne encore un peu plus la fusion de quatre noms mythiques de la musique pop. A savoir Jim Kerr (Simple Minds), Bono, Michael Stipe (REM) et Morrissey (The Smiths). Superbe album donc, à condition de fermer les yeux sur deux morceaux dispensables qui dénotent avec l’ambiance des dix autres. Le très Pet Shop Boys « Afro Lover » et « We’re going to miss you ». « Millionaires » fera certainement partie des 10 meilleurs albums de l’année. Sans ces deux fausses notes, nous aurions parié pour plus encore…

 

Gene

Revelations

Difficile de se forger une identité propre, lorsque l’étiquette de nouveaux Smiths vous colle à la peau. C’est un peu la mésaventure que connaît Gene depuis ses débuts, des débuts qui remontent quand même à 1993. C’est vrai que Martin Rossiter possède une superbe voix, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Morrissey et de John Watts (Fischer Z). Que Steve Mason est un guitariste aussi doué que Stephen Street. Et puis que les deux formations incarnent la quintessence de la pop typiquement britannique. A caractère hymnique. Enfin, que leurs lyrics sont trempés dans la mélancolie, la passion et la violence. Mais ici s’arrêtent les comparaisons. Heureusement d’ailleurs ! Gene musclant ses mélodies par une interprétation plus riche, truffée d’arrangements aussi bien rock, jazz que soul, à coloration ‘Motown’ pour être plus précis. Et on s’en rend compte, lorsqu’on a la patience d’écouter cet excellent " Revelations ", à plusieurs reprises…

 

Gomez

Liquid skin

Quatorze mois après avoir accouché de " Bring it on ", Gomez nous revient avec un deuxième album. Un disque dont les sessions d’enregistrement se sont déroulées tantôt à Liverpool, à Londres (aux studios " Abbey Road ") et puis dans un manoir près de Hastings. Une œuvre qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être réellement apprécié à sa juste valeur. Parce que si le son est moins épais que sur leur précédent opus, il est paradoxalement plus riche. L’instrumentation acoustique, la guitare sèche surtout, est plus présente. On y trouve même parfois une section de cordes ou des mariachis, sans oublier des claviers ou du piano. Mais leur groove est toujours aussi irrésistible. Les drums acariâtres et la basse grondante, pulsante. Sans oublier le formidable timbre de Ben Ottewell, dont la gorge, selon un célèbre magazine musical insulaire, aurait subi une trachéotomie en dub. " Liquid skin " baigne dans un contexte qui tourne autour du rythm’n blues, de la house, du psychédélisme, du funk, du swamp, du bayou et de la roots. Les spécialistes du blues apprécieront, sans aucun doute. Gomez réalise ainsi la liaison parfaite entre l’héritage d’un certain passé, incarné par Lightin’ Hopkins, Toots & The Maytals, Grateful Dead, Allman Brothers Band, Jefferson Airplane et Nick Drake, et le présent des Happy Mondays, Beck et Tom Waits. On a même l’illusion d’entrevoir le spectre de Tuxedo Moon, sur l’étonnant " Las Vegas dealer ". Mais Gomez a tellement bien digéré toutes ses influences, que son expression sonore en est devenue bien personnelle. Un album cinq étoiles assurément !

 

The Gourds

Ghosts of halellelujah

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Country-folk forever ! Et rien ne pourra nous faire échapper aux intonations de voix si caractéristiques, aux reprises en chœur du refrain, au violon et à la bonne parole chrétienne... De quoi satisfaire tous les camionneurs américains qui traversent les états avec pour seule compagnie un lecteur de CD. Et retrouver la foi...

 

Grateful Dead

Trouble Ahead, Trouble Behind / The Dead Live In Concert 1971

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L'histoire du Grateful Dead s'est donc terminée le 8 août 1995, par le décès de son leader et guitariste Jerry Garcia. Une aventure qui avait commencé le 1er août 1957 ; mais dont le baptême ne fut célébré qu'en 1965 lorsque le même Jerry Garcia, après avoir compulsé un gros dictionnaire, opta pour un fascinant couple de mots: mort reconnaissant. Des bouquins ont depuis été consacrés à cette véritable institution qui a été, avec le Jefferson Airplane notamment, à l'origine de l'acid rock ainsi que l'incarnation du foyer d'expérimentation culturelle et musicale de la Flower Generation. Groupe de scène par excellence, Grateful Dead étonna par ses concerts, marathons de cinq à six heures, jouant même lors du festival de Watkins, le 28 juillet 1973, devant 600.000 personnes! Quant à cet album posthume, un live bien sûr, il réunit des enregistrements réalisés en 1971, incluant le show du Fillmore East de New York exécuté le 21 avril 1971.

 

Guitar Wolf

Jet generation

Fondé en 1987, il faut reconnaître que ce trio nippon ne fait pas dans la dentelle. Comment pourrait-il en être autrement, lorsqu’on reconnaît pour maîtres spirituels les Stooges, MC5 et les Ramones ? Son rock’n roll est souvent chaotique, imprévisible, mais également et paradoxalement empreint d’humour et de glamour. Et tout au long de ce " Jet generation ", il libère cette énergie à du deux cent à l’heure, en écorchant au passage la célèbre cover d’Eddie Cochran, " Summertimes blues ". One, two, three, four…

 

Peter Hammill

This

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Quarantième album pour Peter Hammill ! Et à notre humble avis, au vu de la forme qu’il affiche, il n’est pas près de raccrocher. Pourtant, il faut reconnaître que depuis " The noise ", commis en 1993, Peter regarde davantage dans le rétroviseur que vers le futur. On avait déjà pu la constater lors de la sortie de " Roaring forties ", en 94, de " X my heart ", en 96 et d’  " Everyone you hold " en 97.

" This " nous replonge, pour une bonne moitié de l’œuvre, dans le chaos organisé, complexe, envoûtant, à la limite de l’obsessionnel, cher à Vandergraaf Generator. Et on pense ici plus particulièrement à " H to he am the only one ", à " Goldbluff ", mais surtout au chef d’œuvre " Pawn hearts ". Pas étonnant, lorsqu’on sait que son inséparable pote, David Jackson, au saxophone et à la flûte, et puis Stuart Gordon au violon et au violoncelle ont participé activement à l’enregistrement de cet opus, Manny Elis n’apportant sa contribution aux drums et aux percussions que sur quatre morceaux. Peter assure donc tout le reste, y compris le chant et la production. Une fameuse performance, au vu de la richesse de ce disque, qui ne se contente heureusement pas d’exhumer une seule période de son passé alternatif. " Since the kids ", par exemple, est sculpté dans un piano angoissant, souligné de chœurs angéliques, comme à l’époque de " Chameleon in the shadows of the night ", alors que transpercé par le violon tzigane, non pas de Graham Smith, mais de Stuart, " Nightmare " réveille les angoisses éprouvées sur " Over ". En outre, Peter, s’aventure à nouveau dans la recherche technologique. Hybridité âprement électrique d’ " Always is next ", et puis en final une symphonie contemporaine de plus de 14 minutes, sorte de prolongement ambiant entamé en 1980, sur Black Box, et développé quelques années plus tard, mais à leur manière, par Fripp et Eno…

 

Joe Henry

Fuse

Pour enregistrer son septième album, Joe Henry a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs, parmi lesquels on retrouve des musiciens particulièrement huppés, tels que Jamie Muhoberac (Seal), le guitariste de jazz Anthony Wilson, le Dirty Dozen Brass Band, « Ready » Freddie Washington (Will Smith, Michaël Jackson), Chris Whitley, Randy Jacobs (Was (Not was), David Byrne et les trois quart de Wallflowers, en l’occurrence Ramie Jafee, Greg Richling et Jakob Dylan. Et la liste est loin d’être exhaustive. En outre, si Joe a assumé la production, il a bénéficié d’un fameux coup de pouce d’ingénieurs du son aussi efficaces que T-bone Burnett, Rich Will et surtout Daniel Lanois. Et en général, lorsque Daniel Lanois met les doigts sur l’enregistrement d’un album, il y a comme une fusion ( ?) magique qui se produit. Et c’est encore le cas sur ce « Fuse », œuvre impressionniste, urbaine, composée d’une palette de petites touches de sonorités technologiques et basiques, tantôt jazzyfiantes, funkysantes, hip hop, avant-rock, soul, folk ou pop, pour atteindre un produit fini franchement étonnant, accessible et contemporain, mais aussi unique et rafraîchissant, au climat nightclubbien, dont l’intimisme et la sensualité sont accentués par les confessions vocales cinématiques, fiévreuses et hantées de Joe…

 

Kristin Hersh

Sky motel

Coproduit par Trina Shoemaker (Sherryl Crow), " Sky motel " constitue le quatrième album solo de l’ex Throwing Muses. Une œuvre aux lyrics toujours aussi impénétrables, qu’elle chante de son timbre vocal souple et sinueux, mais aux mélodies tellement contagieuses, qu’on a parfois envie de fredonner. La plume libérée de ses textures enchevêtrées, noueuses, Kristin propage son intensité pop au gré de son imagination ; toutes ses chansons résonnant avec une honnêteté dépouillée et une chaleur instinctive. Hormis la participation épisodique de David Narcizo aux backing vocaux et à la batterie, ainsi que l’une ou l’autre intervention d’une section de cordes, elle se réserve tous les instruments. Basse, drums et bien sûr guitares. Acoustique et électrique. Et ces petites échardes de six cordes qui émettent des sonorités chatoyantes, réverbérantes, nous rappellent même parfois un certain House Of Love…

 

High Llamas

Snowbug

Tout comme Stereolab, les High Llamas jouent sur la répétition hypnotique et vibratoire des sons. Pas étonnant que Sean O’Hagan participe régulièrement aux sessions d’enregistrement de la bande à Laetitia Sadier. Laetitia et Mary Hansen lui ont d’ailleurs renvoyé l’ascenseur en apportant leur collaboration aux backing vocaux. Un opus dont la mise en forme a été confiée à plusieurs ingénieurs du son. Dont Jim O’Rourke. Mais aussi et surtout la tête pensante de Tortoise, John Mc Entire. « Snowbug » constitue le 5ème album des High Llamas. Fruit d’un mélange subtil et mélodique entre instrumentation acoustique et électronique, il baigne dans un climat fluide, aquatique, tour à tour parfumé de french pop, agité de rythmes brésiliens ou enrobé d’orchestrations de cordes. On a même parfois l’impression d’assister à un pastiche baroque, kitsch et esthétique des Beach Boys revu et corrigé par la Canterbury school de Caravan. Tout un programme ! Une seule ombre au tableau, cet elpee souffre d’une trop grande linéarité dans le ton, qui finit par lasser.
 

 

Hurricane # 1

Only the strongiest will survive

Hurricane #1 clamait, deux ans plus tôt, emprunter une route sise entre les Stone Roses et Oasis. Sans en préciser la direction, cependant. Les choses sont aujourd’hui un peu plus claires. A cause de ce deuxième opus : " Only the strongest will survive ". Pourquoi ? Tout d’abord parce que la grande gueule du groupe, Alex Lowe, chanteur et guitariste, partage aujourd’hui le leadership avec Andy Bell, ancien leader et ex guitariste de Ride. Un équilibre qui ne va pas sans nous rappeler le tandem des terribles frangins Gallagher. Ensuite le style musical s’est métamorphosé. Les lignes de guitares claires et glacées du fabuleux " Step into my world " ont fait place à de plus amples murs de son. Enfin, le groupe a de plus en plus souvent recours à un quatuor à cordes. Une démarche adoptée, en son temps par Oasis. A l’époque de " Definitely Maybe ", lorsque le quintette mancunien s’efforçait d’imprimer un tempo indie sur des mélodies pop. " N.Y.C. " en est d’ailleurs le plus bel exemple. A l’écoute du second titre de l’opus, on pourrait presque faire gober à un néophyte la sortie d’un tout nouveau single du célèbre combo mancunien. Quant à " Remote control ", sorti en single, il reste à nos yeux la composition la plus percutante. Criblée de riffs de guitares chatoyants, elle atteint une intensité électrique proche d’un Gene voire d’un House of Love…

 

Idlewild

Hope is important

Si vous n’êtes pas très réceptif au punk pur et dur, et que vous avez la mauvaise habitude, avant de vous procurer un elpee, de n’écouter que le premier morceau, vous risquez fort de vous tromper sur la marchandise. De ce premier opus d’Idlewild, c’est une certitude. Car, si punk il y a, il s’exprime en termes beaucoup plus pop qu’au cours de cette entrée en matière, avouons-le frénétique. L’intensité tempétueuse, la véhémence adolescente et le rush d’adrénaline sont ainsi tempérés par un sens mélodique intuitif, mais raffiné. Les influences qui oscillent des Pixies à Fall, en passant par Black Flag et Hüsker Dü n’accumulent jamais les tensions, mais s’équilibrent harmonieusement, un peu comme sur le premier album de Manic Street Preachers, " Generation terrorists ". Et puis la voix légèrement nasillarde de Roddy Woomble, dont le timbre semble déchiré quelque part entre celui de Damon Albarn (Blur) et de Shane Mc Gowan (Pogues), apporte une sensibilité toute particulière aux compositions de cet " Hope is important ". C’est encore plus flagrant sur les chansons les plus mélancoliques, telles que la jolie ballade, " I’m happy to be here tonight ", le single attachant, " I’m a message " ou encore le très élaboré, enrichi pour la circonstance d’un violon grinçant mais terriblement efficace, " Safe and sound "…