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Le parfum de vie de Goudi

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Rick Derringer

Blues Deluxe

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Rick Derringer est bien connu pour avoir été de longues années le second guitariste de Johnny Winter. Quelle expérience pour ce jeune homme issu des milieux pop des sixties en compagnie de ses McCoys ! Pour ceux qui se rappellent l'époque, Rick n'était pas rejeté dans l'ombre de l'albinos texan, mais passait régulièrement à l'avant-plan.

"Blues Deluxe" constitue déjà son 3ème album pour Blues Bureau. Il fait suite à "Back to the blues" et "Electra blues". Mais n'y cherchez pas les structures hard habituelles du label. Non, cet album a de quoi plaire aux oreilles des aficionados du blues. Beaucoup de reprises entourent 2 de ses compositions : Sonny Boy, Jimmy Reed, Howlin' Wolf, Freddie King, etc.

Il démarre bien par "Let the good times roll", un jeu de cordes en finesse, clair et distinct, une voix qui n'est pas inoubliable, mais juste, comme en témoigne la version de "Runnin' blue" de Boz Scaggs. A signaler "Blues power" (de Leon Russell et Clapton), "Key to the highway", "Hide Away 1972" et "Checking out my baby". Une mention spéciale aux deux titres longs et lents, "Something inside of me", écrit par Danny Kirwan (ex Fleetwood Mac), et surtout la plage titulaire "Blues Deluxe". Les vétérans se rappelleront ce fabuleux titre live sur l'album "Truth" du Jeff Beck Group en 68 (avec Rod Stewart au chant, Nicky Hopkins au piano et Ron Wood à la basse). En fait ce Blues Deluxe était pompé sur le "Goin' crazy" de Buddy Guy. Allez, bon album Rick!

 

Dynatones

Shake that mess

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Groupe de la route, les Dynatones existent depuis bien longtemps. Big Salwitz mène, de manière autoritaire, tout ce beau monde de ses baguettes! Les Dynatones comptent déjà quelques albums à leur actif. Mais celui-ci a un objectif assez clair: dansez, remuez-vous. En se servant d’un savant cocktail de blues, de R&B, de rockabilly et de funk.

Pas tellement éloigné dans ses premiers morceaux, de l'univers des Blues Brothers, "Don't cry no more", pourrait sortir tout droit du répertoire des frères Blues. C'est encore plus vrai pour "Never felt like this before", écrit par Booker T et Isaac Hayes. Plus d'attention dans les voix de "Zig zag lightning", écrit par Little Johnny Taylor, à qui est dédié l'album. Tout en restant dans le rythme, le climat se fait plus bluesy sur "Memphis women and fried chicken". Nous sommes au cœur de Beale Street! La voix de Marcus Scott fait merveille. La guitare de Steve Edmonson se découvre, elle glousse de joie! Toujours dans un climat Stax, les Dynatones se colorent d'Albert King, sur "Cadillac assembly line", et Edmonson y maîtrise parfaitement son blues. Le R&B revient à grandes enjambées sur "Baby don't leave me", qui se réincarne en Sam & Dave plus vrai que nature! Le tempo se fait rocker sur "Bring her back". Les Dynatones célèbrent brillamment le fameux beat de Memphis.

 

The Ford Blues Band

1999

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On ne compte plus les albums de la famille Ford, sur le label Crosscut, qui vouent une admiration sans borne à ses membres. Place donc au Ford Blues Band, le groupe de Patrick Ford, le batteur producteur. Ce n'est pas Mark qui tient l'harmo mais l'excellent Andy. Un solide chanteur, par ailleurs.

L'album débute sous les meilleurs auspices, par la reprise d'un des meilleurs titres de Paul Butterfield, "Lovin' cup". Le tempo imprimé par Pat, la basse de Dewayne Pete et les phrases d'harmo d'Andy donnent un fameux coup de groove au bon vieux "Look whatcha done" de Magic Sam. La claque ! Quant au guitariste Volker Strifler, il montre qu'il est plus qu'un faire-valoir. Surprise, le FBB reprend alors "Another kinda love", écrit par John Mayall pour son album "A hard road" (en 66 avec Peter Green). Strifler chante et joue plutôt dans le style Clapton époque Bluesbreakers justement. "Hell & purgatory" est sauvé par le souffle vif d'Andy sur son instrument. Strifler chante sans trop de relief. Just est un souffleur puissant. Il souffle et respire comme un acharné comme si son sort en dépendait. Une évidence sur le rythmé "Pick up the phone". Il ne compose qu'un seul titre et c'est dommage, car son "Zip it up" est un shuffle instrumental torride et réussi. Pour ne pas être en reste, Strifer réserve une mélodie accrocheuse à "You've got the touch", mais se montre plus convaincant sur le funky "Somebody help me". Encore et toujours des reprises : "Bring it to Jerome" de Bo Diddley, assez boogie, chanté, enlevé à la Johnny Winter par Just. Et un "Watch yourself" plutôt agressif, signé Buddy Guy. En fin de parcours, le frère prodigue, Robben Ford vient chanter et gratter sur "Daydreamin". Et le niveau s'élève subitement!

 

Tino Gonzales

Live at the Dinosaur 2

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Deuxième volume live au Dinosaur, sur Horseplay, après celui de Steve Guyger. Le Dinosaur Bar BQ se trouve à Syracuse dans l'Etat de New York. Cet opus est aussi le 2ème live de Tino, si on ajoute "Live at the Chameleon", paru en 1993. Tino est d’ailleurs assez prolifique. Rappelons ainsi ses albums studio, "Two sides of a heart", "A new generation in blues" (Blues Wave), "Tequila nights" sorti en Europe chez Dixiefrog et "Smiles for miles" sur Horseplay. Ce qui doit donc lui faire 5 albums. Mais pour compliquer les choses, il faut ajouter deux collections reprenant l'essentiel de "Live at the Chameleon" et "Two sides of a heart", sans oublier les deux premiers elpees, "Double feature" sur Blues Wave et "A heart full of blues" sur Dixiefrog. Ouf !

Gonzales apporte dans son blues ses racines latino américaines. Il n'est pas un musicien génial, ni même très original, mais il prend toute sa dimension sur les planches, en dispensant un R&B entraînant, imprégné par une voix qui a dû se forger au travers d'excès bien divers.

Ce disque recèle peu de compositions personnelles. Il y a bien "Dead man's shoes" qui démarre plutôt bien, pour lequel il a débauché le sax d'Arnie Lawrence. "Piece of work" et "Lovin' tool", confessent des accents funky fort similaires. Et "Come baby" est imprimé sur un tempo rapide. Une seule incursion dans ses racines latines, l'instrumental "Mil amores". Le reste est constitué de reprises sans intérêt spécial mais qui se révèlent, sans doute, des points de référence pour l'auditoire. Défilent ainsi, "Same old blues", de Don Nix, "I'll play the blues for you", "Texas", un blues sublime qui figurait au répertoire de l'Electric Flag, "My back scratcher" de Frank Frost et enfin "My love is here to stay" de Sam Myers. Toujours sur la route le Tino!

 

Kenny Brown

Goin´ back to Mississippi

Écrit par

Kenny Brown est issu de Nesbit, dans le Mississippi. Un homme qui a toujours vécu proche des racines du blues et du rock'n'roll. Dès son jeune âge, il baigne au sein de ce climat. Il était donc inscrit dans les astres qu'il devienne musicien et adopte le style musical de son environnement direct. Il joue de la guitare de manière naturelle, mais assez primaire et brute. Une slide qui roucoule malgré son traitement pour le moins rude. Le blues du Mississippi, il l’a découvert au travers des juke joints. Il a fréquenté ainsi des gens comme R.L Burnside ou Jr Kimbrough et a participé à de nombreuses sessions pour le label Fat Possum. Appuyé par une section rythmique et par un deuxième chanteur/guitariste, en la personne de Dale Beavers, il a enregistré cet album en 1996 ; mais ce n'est qu'aujourd'hui qu'il est distribué chez nous (NDR : merci à l’écurie allemande Herman's).

Dès les premières notes de "Jumper in the line", on entre dans un univers très rock’n’roll, sale et poussiéreux. Accumulant un maximum de beauté dans l'angoisse que développe sa slide sur le très beau "In the mood". Plus rock'n'roll encore, il attaque la plage titulaire, en se tournant vers Son Mississippi. Une empreinte d'acier qui forge le rythme, les vocaux éructés dans la sueur environnante. L'addition des deux guitares donne le plus souvent un roots rock'n'roll très nerveux, au rythme frétillant. A l’instar de "Talk about me" et surtout "Hold me baby", au cours desquels la slide de Brown cherche constamment à s'échapper. L'ambiance du Delta plane sur la plupart des titres. L'électricité est omniprésente sur "Wretched mind". Au tournant cela boogie, blouse, et rocke à travers "From now on". Seuls moments d'une quiétude oppressante, la finale "I'm a lover", forte de ses guitares menaçantes et hallucinées. Et enfin, Kenny ouvre "Frankie & Albert", une courte parenthèse, en forme de clin d'œil adressé au créateur du Mississippi, Joe Callicott. Superbe album!

 

Campbell Brothers

Pass me not

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Les musiciens qui composent cet ensemble sont des membres de la Holiness Church. Charles Campbell est pasteur à Rochester dans l'Etat de New York. Et le petit monde de la musique réunit les fils du pasteur, Chuck et Phil, et son petit fils Carl. La famille anime ainsi la Maison de Dieu! La steel guitare électrique prend une place prédominante dans le style musical issu de cette congrégation. Le trio est enrichi du chant gospel de Katie Jackson, rebaptisée la Mahalia Jackson de ce mouvement religieux et spirituel. Au sein de ce mouvement, le blues et le rock sont bannis. Les musiciens puisent donc des éléments dans la musique country, le reggae le R&B et le jazz.

Ce 1er album des frères Campbell va vous faire frissonner dès les 1ères notes échappées de la pedal steel de Chick. "Pass me not, oh gentle saviour" se veut angoissant et savoureux à la fois. La slide gémit, hurle, trépigne, en un mot souffre, mais dans la beauté. "I feel good" est un chant joyeux célébrant la quiétude et le bien-être. On se retrouve au c(h)œur de l'Eglise. Tous les orteils sont en mouvement. Et si "Walk with me" n'est pas du blues, qu'est-ce donc, alors? Un blues pour l'éternel! Philipp met "Jump for joy" sur orbite à l’aide de sa guitare. Il est vite rejoint par les sons incroyables de la lap steel 8 cordes d'un autre frère, Carlton. Sur "Morning train", la pedal steel souffle comme une locomotive, lancée sur les rails par les percussions de Carlton. "There is no failure in God" est un autre blues de l'espoir et de la foi en Dieu. Un petit bijou! Je vous conseille vivement cet album.

 

Grady Champion

Payin´ for my sins

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Grady est un jeune chanteur/harmoniciste noir de 30 ans, originaire de Canton, dans le Mississippi. " Playin’ for my sins " constitue bien son deuxième album. Il est vrai que "Goin' back home" n’avait pas eu la chance de tomber dans un bon circuit de distribution.

Dès le départ, l'auditeur est marqué par l'énergie, le caractère sauvage et primaire du chant. Une voix qui peut rappeler quelque part celle de Johnny Copeland. L'harmonica est lui inspiré par Sony Boy Willamson. L'homme ne manque en tout cas pas de tonus! "You got some explaining to do" est une mélodie funky colorée par un trombone et la slappin' basse de Richard Cousins (ex-Robert Cray Band), qui accroche l'oreille. "Good as new" est un hymne lent, victorieux, taillé sur mesure pour sa voix éraillée. "My rooster is king" est joué sur un tempo boogie plein de vigueur. L'harmonica est lâché sur un ton proche du "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Il réalise un excellent job lors de sa reprise dramatique de "Goin' down slow", sur un mode déclamatoire. Les phrases d'Alan Mirikitani son subtiles. Il reste bien d'attaque pour le blues rock "Let me be". La guitare est bien sentie! Grady s’autorise, bien entendu, une reprise de Sonny Boy : un "Don't start me talkin" au souffle puissant. Un elpee encourageant dont nous retiendrons la voix très personnelle de notre Champion!

 

Chicago Rhythm & Blues Kings

Chicago Rhythm & Blues Kings

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Derrière les Chicago R&B Kings, se cachent en fait les Mellow Fellows. Tout au moins trois d'entre eux. En l’occurrence, le saxo Terry Ogolini, le trompettiste Don Tenuto et le bassiste Bob Halaj. Les Mellow Fellows, c’était le groupe qui accompagnait le regretté Larry ‘Big Twist’ Nolan. Le groupe a changé de nom parce qu'il a déniché un nouveau chanteur charismatique, en la personne d'Ernie Peniston. La production de Gene Barge est superbe. Il a réalisé un son impeccable pour ce cocktail explosif de R&B.

Il chante lui-même un splendide "Love is a five letter word", soutenu par le piano tenace de Michael Logan. Barge est aussi un saxophoniste notoire. Il a joué, il y a fort longtemps, pour Chuck Willis, Little Milton et Koko Taylor. Swing et groove, pour l'instrumental "Ho too-do-loo", caractérisé par de brillantes interventions de Tenuto et Ogolini. "Creepin under my skin" est un slow blues royal, balayé par de géniales parties de cuivres et illuminé par un break de guitare imaginé par David Mick. "Homecoming" est une ballade soul instrumentale. Les Kings reprennent 2 compos de Cash McCall, dont un solide "Girlfriend, woman and wife", belle trilogie chantée passionnément par Ernie. Un album de R&B contemporain.

 

Pee Wee Crayton

Early hour blues

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Les grands, ceux qui ont créé les styles aussi présents ces dernières années, tels que T-Bone Walker, Percy Mayfield, Lowell Fulsom, Johnny Guitar Watson et… Pee Wee Crayton, ont tous disparu, mais leur musique a rarement pris une ride. Pee Wee Crayton a été en son temps un grand novateur. Il suffit d'écouter l'ouverture "Blues at daybreak". Le style, le rythme, les riffs imprimés par les cuivres, le piano qui roucoule et cette guitare très présente à l'avant-plan dessinant des chorus qui nous sont familiers. C'est aussi bien entendu l'ambiance fin de soirée. La moiteur qui s'installe. Les volutes de fumée. Les silhouettes enlacées qui se profilent dans la pénombre de la piste de danse. C'est l'atmosphère de "Early hours" et de "Blues after hours".

L'album ne reprend pas les plus grandes années de l'artiste. Il réunit pour la 1ère fois en CD le meilleur de 2 albums sortis en 83 et 84 sur le label Murray Brothers. Mais qu'est-ce que ça peut être bon de retrouver le jump délirant, le swing torride de "Barefootin", flanqué de Honey Piazza au piano. Malheureusement, l'année suivante, soit en 85, Pee Wee partait pour le paradis des bluesmen. Sa guitare est au bord de la rupture quand il attaque le "When I'm wrong" de BB King, pendant que Rod Piazza plante son harmo dans le décor. Rod prend un solo comme au bon temps où il cotoyait George Smith. Ajoutons que les titres signés Crayton sont pour la plupart issus de la plume de son épouse Esther. A pointer "Red Rose boogie" et "Hearin home". Je serai complet en vous disant que c'est Doug McLeod qui se réserve la guitare rythmique.

 

Arthur Adams

Back on track

Écrit par

Quel bonheur d'album nous a donc pondu Arthur Adams! Tout y est. Mais tout d'abord un grand coup de chapeau à l'écriture. Les heureuses mélodies se bousculent au portillon. Le blues, la soul, le R&B, et le funk se mélangent subtilement et en douceur. La guitare affiche une richesse insoupçonnée. Arthur manifeste un talent inné à sortir les bonnes notes au moment voulu ; et jamais une de trop. Le naturel transpire à chaque intervention. "Back on track" est une œuvre colorée, au sens propre comme au sens figuré. Car sur la pochette, le très noir Arthur, flanqué de sa guitare aussi noire, le complet bleu profond et la chemise rouge, pose sur fond jaune. Trop!

Adams doit être le nouveau Cray pour le siècle nouveau! Pourtant, si Arthur est un chanteur remarquable, sur cet opus, on ressent moins de chaleur et de profondeur dans sa voix, relâchement cependant compensé par une fameuse dose de relief. On pense le plus souvent à BB King. Mais aussi, et c’est plus étonnant, à un John Mayall en verve (tendez l'oreille à "Who does she think she is" et "Honda Betty"). Ou encore et surtout à lui-même. Adams est exceptionnellement personnel. Car dans son style truffé d’arrangements spéciaux, l’aventure est toujours au rendez-vous. Je vous conseille d’écouter cet album d'une traite, et vous savourerez une solide tranche de blues qui varie depuis la mélodie de "Back on track" jusqu'au final "Backup man". Arthur est basé depuis plusieurs décennies à Los Angeles, mais il est né à Medon dans le Tennessee. Question blues, son maître était bien entendu BB King. Et BB, est là, sur deux plages, échangeant chorus et vocaux sur "Get you next to me" et "The long haul"; ce dernier d'une beauté à pleurer. On dit de lui qu'il chante comme un ange. C’est vrai que l'émotion n'a pas de limite quand il interprète des titres lents, tels que "You really got it going on" ou "Rehabilitation song". Un must dans le genre!

 

Luther Allison

Live in Chicago

Écrit par

Déjà deux ans que Luther nous a quittés. Il a eu le plaisir de recueillir la pleine gloire de son vivant, mais un peu tard, il faut le reconnaître. Artiste attachant, bluesman extraordinaire, c’est bien un grand qui nous a quitté. Merci à Ruf de sortir ce double album live, dans sa bonne ville de Chicago, qu’il retrouvait à peine.

La part belle est faite aux derniers albums, "Bad love" (3 titres), "Blue streak"(7) et "Reckless" (2). Et c’est son backing band américain, le James Solberg Band qui assure.

Le premier disque devrait ravir ses fans de blues, c’est une certitude. Il se paie ici une superbe tranche de blues, qu’il interprète de sa voix puissante, râpeuse, accrocheuse, en s’accompagnant de sa guitare suramplifiée, implacable. Tout cet album a été enregistré le 3 juin 1995 lors du Chicago Blues Festival. Le plus grand moment est indéniablement le blues lent, "Cherry Red wine". Absolument exceptionnel dans son accomplissement ! Dans le genre, "Bad love" est tout à fait brillant, lui aussi. Les titres rythmés sont volontiers durs, voire agressifs ("Soul fixin’ man" et "Move from the hood"). Luther aimait aussi jouer de la slide. Il reprend le "Give me back my wig" de Hound Dog Taylor et le classique de Tampa Red, "It hurts me too", composition qui figurait bien sûr au répertoire d’Elmore James. Un medley hommage à BB King termine ce disque, comme il clôturait le festival. Partagé entre "Gambler’s blues" et "Sweet little angel", il bénéficie du concours de deux compères du Westside de Chicago: Eddie C. Campbell et surtout Otis Rush. Un moment savoureux.

Le deuxième disque se concentre davantage sur le Luther plus soul, plus R&B. S’il avait enregistré pour Tamla Motown, il aurait pu figurer sans problème dans le catalogue Stax (ici "Think with your heart" vaut bien un standard d’Otis Redding!). Les prises de cet album ont été réalisées en partie au Buddy Guy's Legends, en 95 (retenons le très long "All the king's horses" et la guitare de "Walking papers") ; tandis que quatre fragments proviennent de l'un de ses derniers concerts accordés au Zoo Bar de Lincoln, en mai 97, dans le Nebraska. Pourtant déjà durement atteint par la maladie, il pouvait encore sortir des choses admirables comme "Will it ever change?". Trop, Luther, tu étais trop!!

 

Blue Chamber

Arms of the blues

Écrit par

Le leader de Blue Chamber, c'est Big John Dickerson. Un solide musico noir, à la voix basse bien assise, qui marque déjà 66 ans au compteur. Il s’est établi depuis quelques années du côté de Minneapolis. C’est là qu'il a formé Blue Chamber en compagnie du Paul Mayasich et du trompettiste Joe Derasmi.

Blue Chamber débute sur un ton très Memphis, un "Good man blues". La guitare de Mayasich et l'orgue de Scott Miller sont à l'unisson. Un swing cuivré hante "Make the count". La voix de Big John prend toute son ampleur, lorsqu'il chante passionnément le lent "Reap what you sow", une chanson composée par la redoutable paire, Mike Bloomfield et Nick Gravenites, lorsqu’ils sévissaient au sein d’Electric Flag. Sur un ton R&B, légèrement funky, l'ombre de l'Electric Flag passe encore sur une somptueuse partie de 6 cordes accordée à "Tell me". Mais j'aime aussi lorsque l'ambiance se fait Stax. Comme dans la version funk, cuivrée, du "Low down dirty shame" de Carey Bell ; ainsi que sur la reprise explosivement boogie du "You upset me baby" de B.B. King. Un bon album qui se termine en jug style par "Black Coffie". A souligner, la production impeccable de Jim Gaines.

 

Blue Diamonds

Hit the big time

Écrit par

C'est la plage titulaire qui ouvre l'album. La guitare économe, versatile et très à l'aise de John Franken ainsi que la voix puissante et déchirée de Grana Louise constituent une excellente entrée en matière. Nous sommes à Saint-Paul, la ville collée à Minneapolis, berceau du label Blue Loon. Sous l'étiquette Blue Diamonds, nous retrouvons en fait le Joël Johnson Band qui avait enregistré il n'y a guère, pour Blue Loon. Johnson chante et assure la guitare rythmique. Tom Burns est à l'harmonica, Jon Norstad à la batterie et John Franken, à la guitare solo. Depuis le décès de Will Donicht, c'est Jack Taylor qui tient la basse. Mais la cerise sur le gâteau est apportée par la voix de la noire et néanmoins blonde, Grana Louise. Elle est impressionnante d'aisance et d'autorité sur "Raunchy Rita". Elle chante passionnément le blues et reprend le "Sugar in my bowl" de Nina Simone. Le rythme s'accélère quelque peu sur un rythme de rumba pour "I want my money back", une piste composée par Gaye Adegbalola de Saffire. Le backing band y est éclatant. Joel Johnson se réserve, quand même, quelques parties vocales. Elles font même impression sur "Ain't good lookin", face à la slide de Franken. Et se conjuguent en rythme avec celles de Grana, lors d’un pétillant Won't somedy tell me" qui clôture ce tout bon album.

 

Bo Weavil (France)

Early recordings

Écrit par

La Belgique avait déjà enfanté, du côté d'Anvers, ses Bo Weavils. Ceux qui nous concernent nous viennent de l'Hexagone. Au départ, ils étaient deux. Boogie Matt ‘Arrow’, chant, guitare, harmonica et Sleepy Vince Talpaert à la basse. Au hasard des tournées, ils ont engagé Lulu Lelet aux percussions.

Mais venons-en à cet "Early recordings". L'enregistrement est mono, le son est sale, très sale! Le BWBB puise son blues loin dans le passé. Dans le delta du Mississippi où tout a commencé, mais en y intégrant aussi les éléments d'amplification qui ont mis le blues urbain sur les rails dans les villes industrielles du Nord, telles que Chicago ou encore Detroit.

Boogie Matt est assez violent dans la voix, mais aussi et surtout dans la manière dont il traite ses instruments. L’harmonica sur "So loaded" et la guitare sur "Hold me" en sont de parfaites illustrations. Il se sert aussi brutalement de son bottleneck que le bon vieux Hound Dog Taylor. Cap plein sud pour "Fever boogie". L’harmonica est sans doute inspiré par Sonny Boy, mais il se révèle tellement sauvage, bestial même. C'est bien le boogie fiévreux. Pour "Big city blues", retour au Nord. Les cheminées de la Motor City crachent leur fumée noire, âcre, quasi irrespirable. John Lee Hooker se fait un demi-siècle plus jeune. Les portes du juke joint s'ouvrent pour "Drinkin' both night & day", quelque part dans le Mississippi, peut-être du côté de Rolling Fork. Un fantôme passe! Tout au long de l’album, les dix-sept titres s’égrènent ainsi, courts, musclés. Tout ne reste pas au niveau des premiers, mais l'ennui ne s'installe jamais. L'énergie déployée est monstrueuse, le jeu est très immédiat, la sueur et la moiteur s'installent. Matt peut parfois rappeler, sous cet angle, un Papa George Lightfoot ("I'm doing fine"/"That's enough"). Mais c'est bien tout l'héritage de grands du passé qui défile. Depuis Elmore James à Howlin'Wolf en passant par Robert Nighthawk, Lightnin' Hopkins ("I wonder where the women be"), Dr Ross, et même plus au Sud, Slim Harpo ("They call me the hook").

 

Skeeter Brandon & HWY 61

I'm a man of my word

Écrit par

Skeeter Brandon possède une voix superbement taillée pour le blues. Chaude, puissante, à l'aise dans tous les registres. Une voix qui s'est harmonieusement développée dans l'exercice du gospel.

Skeeter s’est établi en Caroline du Nord. Il chante mais joue aussi divinement des claviers, du piano et de l’orgue. « I'm a man of my word » constitue déjà son 4è album concocté en compagnie du groupe Hwy 61, pour le label New Moon de Chapel Hill. Il avait pris les rennes de cette formation en 1990, suite au décès inattendu du leader Walter ‘Lightnin' Bug’ Rhodes. Skeeter voue énormément d'admiration à ce dernier. Il reprend d’ailleurs régulièrement ses compositions, comme ici "How old you got to be" (avec lap steel guitar) et "Now hear this". Deux changements dans Hwy 61. Si le bassiste Chris Grant est toujours au poste, Max Drake a remplacé le talentueux Armand Lenchek aux cordes et Russ Wilson a pris la place aux percussions. L'album est excellent. J’en épinglerai les remarquables blues "I'm a man of my word" et surtout "Drug avenue". Sans oublier le bien cuivré "I'm a hog for you", le Chicago blues à la Elmore James "Stop that grinnin" et un certain "Blues down in my bones" qui se promène sur les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Randy Friel, le boss du label a écrit "It ain't right". Rythmé, Skeeter le chante avec toute l'aisance et la sensibilité qui caractérisent sa voix, alors que la guitare de Max rocke ferme. Big band et piano boogie alimentent "The girls are here". Variété des rythmes, qualité des compositions et des musiciens font la part belle à cet elpee, de la 1ère à la dernière minute. Chaudement recommandé !

 

Clarence ‘Gatemouth’ Brown

BlackJack

Écrit par

Gatemouth est un ‘touche à tout’ génial. " BlackJack" date cependant de 1978! Ce n’est sans doute pas le meilleur de Clarence, mais son intérêt réside, sans doute, dans la panoplie de styles qu’il réunit. Il s'attaque avec le même bonheur au blues, au jazz, à la country ou au zydeco.

L'entrée en matière "Here am I" (Me voici) est un blues d'une richesse sans limite. Tous les instruments sont parfaitement en place et sont joués d'une manière tellement créatrice. Et on pense tout particulièrement à la pedal steel de Don Buzard. D'ailleurs, ce "BlackJack" est un album qui laisse la part belle au country. La pedal steel se lie à la flûte de Bobby Campo pour attaquer l’instrumental country swing, "Tippin' in". Nous avons droit à Clarence le violoniste sur le superbe "Song for Renee". Etalant la joie de vivre cajun sur "When my blue moon turns to cold again". Clarence l'harmoniciste, plus rare de nos jours, très animal sur "Street corner". Clarence le guitariste bien sûr. Toujours aussi prodigieux lorsqu’il étale sa vitesse d'exécution sur le très jazzy "Pressure cooker". Et enfin, Clarence le mandoliniste, très cowboy, sur "Take me back to Tulsa". Sur la plage titulaire, il nous démontre pourquoi on l’avait tant comparé au grand T-Bone Walker ; mais il y injecte tant de sa personnalité qu'on lui baisse le chapeau sans réserve. Question dextérité, il ne doit rien à personne, ses échanges avec Don Buzard et Bobby Campo (trompette) sur ""Honey Boy" s’élèvent à un très haut niveau.

 

Alain Souchon

Au ras des pâquerettes

Écrit par

Souchon souchonne évidemment. Des musiques légères, des mots épars, des expressions enfantines et, au total, des ambiances délicieuses. On s'y plonge avec d'autant moins de réticences que Souchon fait du Souchon sans trop se répéter. Il conserve ses ingrédients personnels mais change de livre de recettes au fil du temps qui passe. Il ne dit plus "J'ai dix ans" mais raconte les humeurs d'un quinquagénaire moderne, inquiet des désastres écologiques ("Pardon"), amoureux des marchandes de glaces ("Tailler la zone")... "Au ras des pâquerettes" a été peaufiné en cinq ans - d'où son côté un peu trop léché à mon goût - avec la complicité habituelle de Laurent Voulzy et celle de son fils Pierre, responsable de la musique pour plusieurs compositions. Le disque comporte quelques morceaux plus faibles ("Une guitare, un citoyen", par exemple) mais est tiré, comme Souchon sait le faire à chaque fois, par une mélodie irrésistible qui fait le bonheur des radios (de toutes les radios, car dans toutes les chapelles on aime Souchon). Ce tube, c'est donc "Le baiser", une rêverie en mer du nord avec des parfums de Belgique et des effluves de fancy fair.

 

Mocket

Pro forma

Écrit par

Mocket est d'abord un duo. Un duo d'expérimentateurs sonores. Leurs instruments répondent aux doux noms de ‘farfisa’, ‘casio ski’, ‘juno 60’ ou encore ‘customized modulation systems’. On les imagine sans peine tripoter des tas de boutons au fond de leur cave. Et se mettre à répéter après avoir vu un bon petit film. Certainement tourné par un obscur réalisateur finnois. Mais Mocket peut aussi être un groupe. Et là ce quatuor se met à naviguer dans les eaux d'un Add (n) to X, le lyrisme électronique en moins. Quoique jamais franchement désagréable, la musique de Mocket ne marquera pas davantage les esprits. Il manque ‘un je ne sais quoi’ qui pourrait les faire passer dans la catégorie supérieure. Pourtant, le groupe ne manque pas de qualités, et est susceptible de captiver un certain public, ouvert à ce type de traitements sonores. Une prestation lors d'un festival pourrait sûrement changer les choses. Encore faudrait-il savoir sur quelle scène les faire jouer… Je proposerai entre Blonde Redhead et Add (n) to X.

Travis

Entre Kubrick et Shirley

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On ne parle que d’eux, pour l’instant, en Grande-Bretagne. Faut dire qu’au moment d’écrire ces lignes, Travis passait la barre des 600 000 albums vendus. Rien que dans l’Albion. Chez nous, la radio vous a sans doute permis d’entendre, voire d’écouter, l’un ou l’autre single. Malgré ce succès, le quatuor de Glasgow est resté simple, ouvert, tout en défendant des idées, pertinentes et personnelles. Un groupe très soudé, aussi, qui se présente au complet aux interviews…

Il y a peu, vous déclariez que tout ce que vous vouliez faire, c’était du rock. Mais aujourd’hui, vous n’en êtes plus tout à fait sûrs…

Cela pourrait être du rock, du roll ou n’importe quoi. Ce qui compte, c’est la direction émotionnelle du groupe. Prenons une chaise ; une chaise est destinée à s’asseoir. Or, Marilyn Mansun est une chaise sur laquelle on ne peut pas s’asseoir. En fait, on pourrait tout aussi bien la définir comme une chaise rock’n roll ou une chaise blah blah blah. La chaise pourrait se traduire par des vêtements que vous enfilez pour monter sur une scène de théâtre. Mais cette même chaise, vous n’allez pas l’emporter pour vous rendre au cinéma. Peut-on s’asseoir dessus ? Si oui, faites-le. Si pas abstenez-vous ! C’est un peu une nécessité. Comme si on disait qu’il fallait rejeter tel type, parce qu’il est blanc ou noir. Et pourquoi le rock est mieux que le roll ? D’un côté, il y a le rock et ses émotions. De l’autre, le roll et les siennes. Le public a soif de rock’n'roll et oublie les émotions. Evidemment, certains ont pris le titre de notre premier album (« All I want to do is rock ») au premier degré. Nous aurions tout aussi bien pu l’intituler « Je voudrais devenir un dessinateur de BD » ou « Un chauffeur de taxi ». Ce qui compte, c’est ce que vous voulez faire. Le mot rock, utilisé dans cette phrase, est un mot comme n’importe quel autre. C’est comme lorsque tu utilises le terme sexe. C’est un mot bien connu. Mais on aurait tout aussi bien pu opter pour « All I wanna do is blah blah blah ».

Noël Gallagher explique que Travis est le groupe qu’il préfère…

C’est sympa. Mais sa réaction n’a rien à voir avec une bénédiction papale. Si le souverain pontife nous avait bénis, le compliment aurait pris une autre dimension. M’enfin, il a un plus grand impact que si c’était une de nos mères qui nous tenait ce type de discours. Ce qui est cool aujourd’hui n’est pas nécessairement ce qui s’écoutera demain. Nous gardons la tête bien sur les épaules…

Peut-on dire que la sensibilité musicale de Travis est féminine, par rapport à celle d’Oasis qui est considérée comme essentiellement masculine ?

Oui, on partage ce point de vue. Tout ce qui est destructeur est masculin. Mais le plus intéressant procède de cette dynamique entre le feeling masculin et féminin. De ce choc entre ces deux mondes.

Apparemment, vous ne voyez pas Bowie d’un très bon œil. Une raison ?

Nous ne sommes pas des inconditionnels de Bowie, mais nous estimons que sa musique est superbe, fantastique. En fait, nous nous demandons si tous les artifices qu’il utilisait n’étaient pas destinés à camouffler la faiblesse de ses chansons. Mais aujoiurd’hui, il s’est débarrassé de tout le tralala, pour redevenir lui-même. Et ça, c’est Bowie ! Il demeure une énigme. Nous ne sommes pas intéressés par ‘fuck the artist’, mais par son œuvre. C’est elle qui est là avant l’artiste. Qu’on s’appelle Bowie ou quelqu’un d’autre. L’artiste est en fait utilisé comme un sachet de thé. On le trempe dans sa tasse pour qu’il infuse. Et lorsqu’on a fini de boire sa tasse de thé, il ne reste plus que le sachet. La musique est plus importante que nous en tant que personnes. Par contre, Marilyn Mansun est plus célèbre que sa musique. Parce qu’il a décidé de se mettre d’abord en évidence…

Y a-t-il une bonne raison pour dédier votre nouvel album à Stanley Kubrick ? Et puis à une certaine Shirley ?

Il y a un tas de spectateurs qui n’ont pas apprécié le film. Mais moi (NDR : Francis), le l’ai trouvé fantastique (NDR : ils ne paraissent pas trop d’accord sur la réponse). En fait, il aurait dû être parolier. Et ce qui transparaît à travers ses films aurait pu se traduire en chanson, en mélodie, en littérature. C’est comme un signal lumineux, comme quelqu’un qui tiendrait un flambeau. Hier, j’ai rencontré un critique de cinéma. Un type qui travaille pour la TV et la presse magazine. Il haïssait le film. Il s’attendait à voir quelque chose de plus sexy. Kubrick a conçu de telles œuvres d’art que le journaliste en fait une interprétation abusive. Il extrapole parce qu’il n’a pas aimé le film, en disant que si le film est nul, Kubrick est nul. En fait, lorsque les gens adorent ce que vous faites ou le détestent, vous êtes dans le bon. Par contre, si la conclusion est toujours accommodante, le résultat ne peut être que médiocre. Il faut que l’artiste soit un déclencheur. Son œuvre doit susciter une réaction. Il en est de même pour la musique. Il faut l’écouter avant de l’apprécier ou de la détester. L’œuvre n’existe pas si personne ne l’écoute, ne la sent, ne la touche. Toutes les tendances artistiques partagent cet objectif. Ce qui explique pourquoi nous avons rendu un hommage à la créativité de Kubrick.

Et Shirley alors ?

C’est un chien qui frétille la queue, lorsqu’il est heureux. Et nous, notre esprit vagabonde quelque part entre celui de ce chien et celui de Kubrick.

Merci à Vincent Devos.

Interview parue dans le n°79 (décembre 99) du magazine MOFO.

Rodolphe Burger

Meteor show

Rudolphe Burger n’est autre que le chanteur et leader de Kat Onoma, formation strasbourgeoise dont nous n’avons malheureusement plus aucune nouvelle depuis trop longtemps. Existe-t-elle d’ailleurs encore ? Nous n’en savons strictement rien. Mais une chose est sûre, ce " Meteor show " est une excellente surprise. Expérimental lorsqu’il réalise la fusion du rock urbain de Lou Reed, le blues tordu de Nick Cave et le cabaret industriel de Tuxedo Moon, il devient franchement irrésistible lorsqu’il parvient à fixer son groove viscéral et à cristalliser son climat venimeux. Il nous fait alors penser à un Daho au sommet de son art ; mais en plus intelligent. Rodolphe est d’ailleurs réputé pour ses textes empruntés à la littérature anglo-saxonne, mais également française. Et il ne se prive pas à nouveau d’y puiser son inspiration, tout au long de " Meteor show ". En outre, sur cet opus, il réalise plusieurs covers personnalisées. Notamment de Dylan, d’Hendrix et puis des Stones…

 

The Stooges

1969

Août 69. Il n'y a que quelques jours que l'homme a marché sur la lune et les Stooges sortent leur premier LP. Il ne grimpe pas vraiment à l'allure d'une fusée dans le Billboard : seulement la 106ème place. Ce petit pas dans les charts est pourtant un bond de géant. Près d'un quart de siècle plus tard, le NME (octobre 93) classe ce disque 62ème album de tous les temps, et il ya encore des groupes qui s'inspirent ouvertement des débuts d'Iggy.

Probablement un signe que l'album restera un classique, même si les ‘claphands’ de "1969" et de "No Fun" titres auxquels répondent plus tard "Funhouse" et "Funtime' ou le riff au piano de "I wanna be your dog" (auquel répond plus tard "Dogfood" ) ont un peu vieilli. Comme le délire psyché –le groupe s'est appelé d’abord Psychedelic Stooges– de "We will fall", seul moment faible du disque. Pour la petite histoire, on dit que l'enregistrement a été bouclé en 4 jours et ce qui avait frappé John Cale (producteur) c’était l'incroyable détermination de ce gamin de 21 ans : celui-là savait ce qu’il voulait...