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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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La vérité selon RORI

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Fastball

All the pain money can buy

Si vous n’avez jamais entendu de Fastball, que du hit single, " The way ", ou du clip consacré à cette chanson, vous imaginez probablement que ce trio pourrait entrer en compétition avec Cake. Et vous avez tout à fait tort. Oh, bien sûr, la suite de l’album recèle bien encore l’une ou l’autre miette de gâteau, mais elles sont tellement rares, qu’il vaut mieux les balayer. Bien que d’Austin dans le Texas, la formation n’émarge pas davantage au blues ou à la country, mais plutôt à la pop. En général, américaine sous son profil le plus fade Parce qu’inspirée par Tom Petty & the Heartbreakers ou Dylan, lorsqu’il était encore flanqué du Band. Heureusement, cet " All the pain money can buy " comporte également ses moments forts. Comme " Charlie the methadone man " et " Sweet water, Texas ", psychédéliques dans l’esprit de 13th Floor Elevator. Ou encore l’élégant " Out of my head ", qui aurait pu figurer dans le répertoire d’Elvis Costello ", voire le surprenant " Soon or later ", à la fois grunge dans le groove et beatlenesque au niveau des harmonies vocales. C’est vrai qu’en disposant de deux chanteurs aussi complets que Tony Scalzo et Miles Zuniga, Fastball peut imaginer, dans le futur, truster les hits. Suffit, de trouver les bonnes chansons !

 

The Fleshtones

More than skin deep

Les Fleshtones viennent de fêter leur 22ème année d’existence. Et pourtant, ce groupe manifeste toujours le même enthousiasme, la même fraîcheur et la même fougue rock’n’rollienne. Sceptiques ? Allez donc les voir, lorsqu’ils se produisent sur les planches, et vous comprendrez pourquoi leurs concerts ont valeur de mythe. Le quatuor new-yorkais vient, en outre, de sortir un nouvel album, " More than skin deep ", un disque alliant fun et énergie, mais sans grande surprise. D’autant plus que sa confection n’a bénéficié d’aucune collaboration notoire à la production, de type Peter Buck ou Steve Albini, comme sur les précédents opus. Ce qui n’empêche pas les quatorze fragments de ce morceau de plastique de faire la part belle au psyché/garage/rock de la meilleure veine. Des chansons inévitablement hantées par les spectres des Yardbirds, de Count Five, de Sam the Sham, des Sonics, de Question Mark & The Mysterians ou des Stooges. Imprimées sur un tempo toujours aussi tribal, sur lequel vagabonde la ‘six cordes’ cristalline de Keith, elles sont écorchées tantôt par l’harmonica poussiéreux, le farfisa aigrelet et surtout la voix gémissante de Zaremba. Du pur Fleshtones quoi !…

 

Everclear

So much for the afterglow

Alexis est chanteur, compositeur, guitariste, claviériste, producteur et joue de la mandoline. Montoya, bassiste et choriste, se montre aussi habile à la mandoline, tout en assumant les claviers. Enfin, Eklund cumule les fonctions de batteur, de percussionniste et de troisième " keyboardiste ". Ils auraient pu faire appel à cinq ou six musiciens pour réaliser ce qu’ils ont fait mais ont préféré, à l’instar d’Eels, ne pas chercher ailleurs ce dont ils se sentaient capables de réaliser à trois. Hormis l’une ou l’autre note de violon ou de cuivre, tout est assumé par le trio. Et avec beaucoup de brio, puisque " So much for the afterglow " est tout simplement aussi savoureux qu’un morceau de foie gras fourré sur une brioche grillée. Des guitares tantôt perçantes, tantôt ronflantes, une basse syncopée, dominante, explosive, des rythmes emballés, des mélodies oppressives, bref tout ce qu’on aime dans la musique américaine. On pense ainsi au rock incisif de Bush, à la pop mélodique de Weezer ou de Nada Surf. Au krautrock de Can même, voire aux Pixies dans leurs grands moments. Un disque indispensable à votre collection.

 

Evil Superstars

Boogie-Children-R-Us

Tout comme dEUS, Evil Superstars a bonne presse en Grande-Bretagne. Ce qui n’est pas évident, lorsqu’on connaît le caractère protectionniste des concitoyens de Tony Blair. Ah oui ! Si vous l’ignorez encore, Evil Superstars sont belges, issus de Zolder, dans le Limbourg, très précisément. Drivé par un certain Mauro Pawlowski –crooner au falsetto sordide, rampant, compositeur à la perspective lyrique surréaliste, beefheartienne et guitariste à la dégaine torturée– le quintette vient de graver son deuxième CD. Un disque dont les quatorze berceuses diaboliquement ironiques, mélodiquement énigmatiques, sordidement sensuelles macèrent dans un univers underground visité par les Birthday Party, Elevate, Brainiac, Placebo, Flaming Lips, Jon Spencer Blues Explosion, Girls Against Boys, Screamin’ Trees, et la liste n’est pas exhaustive…

 

Echobelly

Lustra

Difficile d’évoluer lorsqu’on est égal à soi même. C’est un peu le dilemme auquel est confronté Echobelly. Parce que toutes les compositions de " Lustra " auraient pu aussi bien figurer sur les deux premiers albums, " Everyone’s got me " et " On ". Et la présence de Gil Norton à la production (Pixies, Echo & The Bunnymen, Foo Fighters) n’a strictement rien changé. N’empêche, cet opus demeure agréable à écouter. Onze fragments de britpop hymnique, vivifiante, purifiés par des cordes guitares crépitantes, cinglantes, imprimés sur un tempo capricieux et contaminés par le timbre vocal acéré, emphatique de Sonya Aurora Madan, responsable de textes qui traitent de schizophrénie, d’obsession et de meurtre…

 

Eels

Electro-shock blues

"Electro-shock blues " constitue le quatrième album de Mark Olivier Everett, et non son deuxième. Il est vrai que l’Europe ne l’avait découvert qu’en 1996, lors de la sortie du remarquable " Beautiful freak ", ponctué par le succès de son single " Novocaine for the soul ". Depuis deux ans, Everett n’a vraiment pas eu le temps de rigoler. Sa mère s’est éteinte à la suite d’un cancer, après avoir vécu une phase terminale assez pénible. Sa sœur s’est suicidée. Et plusieurs de ses amis sont décédés prématurément. Pour s’en sortir, E s’est mis à écrire les chansons de ce deuxième album. Une forme d’exorcisme qu’il a répercuté sur les seize compositions de ce morceau de plastique. En racontant simplement le cours des événements tragiques qu’il a dû éprouver. Et pourtant, cet album est loin d’être déprimant. En fait, E cherche à transformer sa situation négative en conjonction positive. A l’instar du single " Last stop : this town ", et surtout de " P.S. you rock my world ", où il estime qu’il est peut-être temps de vivre… Pas de hit de la trempe de " Novocaine for the soul " sur cet elpee, mais de superbes chansons empreintes d’une inévitable mélancolie, un blues cependant le plus souvent apaisant, enveloppé d’électro-groove lisses, tapissé de tintements de boîte à musique, voire même cuivré de subtiles touches de jazz, sous Morphine, comme sur le titre maître. Ce qui n’empêche pas Everett de se montrer également plus incisif, surtout lorsqu’il laisse épancher son courroux. Alors, c’est à Tom Waits que l’on pense ou alors à Grant Lee Philipps du Grant Lee Buffalo, lorsque l’électricité se fait enfin plus présente. Superbe !

 

Mark Eitzel

Caught in a trap and I can’t back out’ cause I love you too much, baby

Difficile de faire plus bref dans le choix du titre d’un album. Manquait plus que trois ou quatre phrases supplémentaires dans l’intitulé, et la chronique était bouclée. Ce qui aurait été franchement injuste, puisque le nouvel opus de Mark Eitzel est fort intéressant. D’abord, il y a la partie minimaliste, dépouillée. Plus conventionnelle, mais excellente, où l’artiste interprète d’une voix gémissante, veloutée, des chansons noyées dans les lyrics cruellement introspectifs, en s’accompagnant d’une guitare acoustique aux sonorités vulnérables pépiantes. Et puis, bonne surprise, Mark opère un retour à l’électricité. D’abord, en catimini, sur " Goodbye ", à l’instar d’un Red House Painters. Et puis, avec une incandescence aussi intense, luxuriante et écorchée de feedback que chez le défunt American Music Club. Sur deux titres, " Queen of no one " et " Cold light of day ". Et pour réaliser cette performance, il a reçu le concours de Steve Shelley, de James Mc New et surtout de l’ex-Cramps, ex-Gun Club, King Congo Powers. Et avant de revenir, le temps de deux fragments dans son univers intimiste, il nous accorde avec " Go away " un détour par une pop plus chatoyante, kaléidoscopique, tellement proche de Kitchens of Distinction…

 

Embrace

The good will out

Le plus dérangeant chez Embrace, ce sont les affinités qu’il partage, sans doute involontairement, avec des formations aussi contemporaines que The Verve, Oasis et les Stone Roses. Encore que ces derniers soient séparés depuis peu. Affinités musicales, mais également d’attitude et d’intensité émotionnelle. Ajoutez-y deux frères. A la guitare, Dany et Richard (NDR : non, non, pas Ashcroft) Mc Namara. Le premier, lead singer, campe des inflexions qui nous rappellent Gary Brooker du mythique Procol Harum, alors que le second, s’il chante beaucoup plus rarement, possède un timbre fort proche de Liam Gallagher. Des conditions qui alimentent inévitablement les comparaisons. Et pourtant, leur premier opus est excellent. La plupart du temps enrichi d’orchestrations luxuriantes. Hormis le " charlatanesque " " Fireworks " et le plus intimiste " Now you’re nobody ", interprété dans l’esprit de Simon & Garfunkel, les compositions se révèlent le plus souvent hymniques, empreintes d’une mélancolie typiquement britpop, pop britannique, quoi !…

 

Del Amitri

Hatful of rain

‘Si vous aimez les Byrds et le Crazy Horse, vous aimerez Del Amitri’. C’est ce que la bio du net annonce. Sorry, mais c’est vraiment n’importe quoi. D’abord, si à ses débuts, la formation glasgowégienne était issue de la vague ‘postcard’, on ne peut pas vraiment dire qu’elle en était un parfait exemple. Nonobstant le fait que le combo se soit toujours ouvertement réclamé d’Orange Juice et de Joseph K. M’enfin, une chose est incontestable, à l’origine, sa pop était contagieuse et surtout rafraîchissante. Mais de là à envisager des comparaisons aussi approximatives, il y a une marge électrique que nous n’oserions même pas franchir. D’ailleurs, au fil des albums, la bande à Justin Currie s’est mise à épouser un profil de plus en plus accessible, de plus en plus mièvre. A un tel point qu’on se demande aujourd’hui, comment Del Amitri, pourtant remanié à plusieurs reprises, est encore vivant. Reste quand même toute une flopée de singles, tels que " Nothing ever happens ", Kiss this thing goodbye ", " Roll to me ", " Always the last to know ", " Don’t come home too soon " " et " Cry to be found ". Sans oublier les quelques compositions d’honnête et même parfois d’excellente facture, curieusement le plus souvent sculptées sous un format acoustique, qui font l’objet de ce " Best of ". Un seul regret, l’absence de " Sense sickness " et de " No strings ". Mais on suppose que ses chansons n’avaient pas suffisamment d’impact commercial…

 

The Delgados

Peloton

Laika, They Might Be Russians, Rollerskate Skinny, Throwing Muses et surtout Mercury Rev auraient influencé cet ensemble glasgowégien, que nous ne serions pas surpris. Le Velvet et les Pastels également. Mais là, c’est une évidence. Pourtant, chez les Delgados, il y a tellement de fraîcheur, qu’n’on a jamais l’impression de se farcir un recyclage. Que du contraire. Parce que leur musique recèle une foule de nuances subtiles et d’idées ambitieuses, aventureuses mêmes, susceptibles de sonder l’underground sans pour autant abandonner une piste mélodiquement pop, sûrement tracée. En intitulant son deuxième album " Peloton ", et en s’inspirant de Pedro Delgado, champion cycliste espagnol qui avait brillé au tour de France voici quelques années, pour choisir son patronyme, le groupe a peut-être encore l’intention de gagner quelques étapes. Mais revenons à leur dernier opus. Tantôt fragile, tantôt rebelle, souvent capricieux, il alterne climats atmosphériques, tantôt traversés d’une section à cordes, tantôt d’une flûte, enrichis par la conjugaison des vocaux moelleux d’Emma Pollock et d’Alun Woodward, et climats électriques bourdonnants, presque ‘mybloodyvalentinesques’, comme sur le superbe et sinusoïdal " Russia orthodox ". Remarquable !

 

Ani DiFranco

Little plastic castle

Guitariste/compositrice/chanteuse folk punk dans le sens le plus alternatif du terme, Ani DiFranco sort des albums à une cadence infernale. Si nos renseignements sont exacts, ce " Little plastic castle " doit être au moins son dixième. En huit années, ce n’est quand même pas de la tarte ! Ce dernier opus, constitue, en outre, son œuvre la plus accessible, commise à ce jour. Les cuivres y font une apparition remarquée. Notamment sur le titre maître, " Deep fish " ainsi que " Pulse ", ce dernier fragment bénéficiant même du concours de Jon Hassell à la trompette. Mais le changement le plus caractéristique procède de la plus grande mélodicité de ses chansons que nous pourrions qualifier de pop, nonobstant des lyrics toujours aussi féroces, féministes dans le sens le plus libéré du terme, qu’elle chante d’une voix très vibrante, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Tracey Chapman et de Suzanne Vega…
 

 

 

 

The Din Pedals

The Din Pedals

Fondé en 1990, cet ensemble était, à l’origine, constitué d’un trio. Et, à l’instar de China Drum, offrait la particularité de compter en son sein un drummer/chanteur. Depuis l’arrivée d’un nouveau batteur, James Grundler a pu se consacrer exclusivement au chant. Une aubaine pour le groupe, car cet artiste possède un organe vocal impressionnant. Se payant même un timbre et des inflexions héritées en ligne droite de Bono et de Thom Yorke. Or la musique des Din Pedals navigue à la croisée des chemins de U2 circa " Boy " et de Radiohead, libérant tout au long de cet opus éponyme, onze mélodies pop/rock mélancoliques, hymniques, dont la texture est musclée par une section rythmique puissante, solide, électrifiée par des cordes de guitares jaillissantes, pétillantes, jacassantes ou gémissantes et enrichies de lyrics psychotiques… Inévitablement, une question nous vient à l’esprit : serions-nous en présence d’un futur supergroupe ?

 

The Divine Comedy

Fin de siècle

Pour enregistrer leur nouvel album, The Divine Comedy a de nouveau fait appel à l’orchestre philarmonique The Brunel Ensemble, toujours sous la direction de Chris Austin. Un nouvel elpee qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des " Casanova " et de " A short album about love ". Neil Hannon, leader, chanteur et principal compositeur y joue à être Kurt Weill, Marc Almond, Phil Spector, Scott Walker et Frederic Chopin en même temps. Encore, que sur cet opus, on a parfois l’impression de retrouver la solennité d’un Peter Hammill ou la gravité de Magma. Enfin juste le temps d’y penser, avant que le soufflet ne retombe dans la fantaisie du music-hall. C’est d’ailleurs en tirant parti de ces paradoxes que Neil nourrit son Divine Comedy. Une nourriture faite de chimères baroques, de cabaret et de mélodie romantique, dans le sens le plus easy listening du terme. Souvent déconcertant, cet opus n’en est pas moins séduisant, démontrant ainsi tout le savoir-faire de ce génie narcissique de la pop britannique…
 

 

Drugstore

White magic for lovers

Isabelle Monteiro, Mike Chilinsky et Daron Robinson, rejoints depuis peu par une violoncelliste, sont de grands admirateurs de Radiohead. Sur scène, il leur arrive même régulièrement de reprendre " Black star ". Pas étonnant que Thom Yorke leur ait renvoyé l’ascenseur, en participant à l’enregistrement de leur formidable single " El president ". Une chanson très engagée, qui traite de la politique interventionniste des Etats Unis. Une composition que l’on retrouve sur le nouvel album de Drugstore, " White magic for lovers ". Faut dire qu’Isabel est née au Brésil, et qu’elle n’a pas sa langue en poche. Un autre exemple ? " Say hello ", titre où elle se soucie du sort des prostituées, des junkies et des paumés. Pour enregistrer son dernier opus, la formation a reçu le concours d’un ensemble mariachi. Ce qui vous donne une petite idée de la coloration sonore de leur musique, que l’on pourrait qualifier de pop dans l’esprit de Mazzy Star, mais avec un esprit fondamentalement plus optimiste…

 

Damon & Naomi

Playback singers

Damon Krukowski et Naomi Yang constituaient, autrefois, les deux tiers du Galaxie 500. A l’issue du split de ce groupe, Dean Wareham s’en est allé fonder Luna, tandis que le couple décidait de poursuivre l’aventure en duo. Qui en est ainsi à son troisième album. Damon s’est cependant reconverti à la guitare acoustique, sans pour autant négliger les drums, alors que Naomi cumule aujourd’hui basse, six cordes électriques et un curieux instrument responsable de sonorités aussi spectrales que bourdonnantes. Enfin, ils chantent tous les deux. Surtout Damon. Toutes les compositions de ce " Playback singers " baignent au sein d’un climat indolent, mélancolique, climat qui au fil de l’écoute, vous flanque carrément le bourdon. Pas que les compositions soient mal ficelées, mais plutôt linéaire, à notre goût. Avec un peu de relief et surtout une bonne dose d’intensité électrique, cet opus décrochait, la timbale. Ce n’est malheureusement pas le cas… 

 

Dawn Of The Replicants

One head, two arms, two legs

Premier album pour ce quintette du nord de l'Angleterre, de Galashiels très exactement, un patelin perdu à la frontière de l'Ecosse. Un opus qui accumule une foultitude de références, oscillant de Roxy Music à Echo & The Bunnymen, en passant par Stereolab, Status Quo, My Bloody Valentine, Velvet Underground, Sonic Youth, 60ft Dolls, Arab Strab, Mogwai, Gorky's Zygotic Mynci, Syd Barrett, les Kinks, Wire, Throbbing Gristle, Joy Division, Suicide ; et nous n'avons pas la prétention de toutes les avoir décelées. C'est dire si ce " One head, two arms, two legs " se révèle déroutant dans son art du recyclage. On pourrait même ajouter les Only Ones et Midnight Oil, à cause du vocal nasillard de Paul Vickers, coincé quelque part entre celui de Peter Perrett et de Pete Garett. Un Vickers qui est un peu la tête pensante de ce Dawn Of The Replicants ; et surtout le responsable des lyrics, des lyrics torturés, surréalistes, bourrés de symboles et de métaphores. Ce disque est, en tout cas, d'excellente facture, libérant une pop expérimentale qui ne néglige pas pour autant l'aspect mélodique…

 

Deep Blue Something

Byzantium

En 1991, trois étudiants qui fréquentent l’université du Texas nord décident de mettre sur pied un projet musical. Initialement appelé Leper Mesiah, le trio se découvre très vite des talents cachés et de nouvelles ambitions. Une demo est enregistrée, un second guitariste embauché, et un nom choisi : Deep Blue Something. Deux ans après sa création, le groupe commet son premier album : " 11th song ". Il faudra cependant attendre 1995 pour voir la formation texane décrocher son principal succès commercial, " Breakfast at Tiffany’s ", un single qui atteint la cinquième place des charts européens. Restait à attendre la confirmation, déjà bien amorcée l’an dernier avec un superbe cds, " If you want my love, you got it ". Et c’est chose faite avec " Byzantium ", un nouvel album qui fera assurément partie des plus belles réalisations de l’année. Un disque trempé dans une sorte de pop électrique habituellement dispensée au pays des kangourous, par des groupes comme Died Pretty, Chevelles, et surtout Midnight Oil. On pense également à d’autres influences. A Cake, lorsque viennent s’incruster quelques accords de mariachi. A Big Country lorsque Toby dessine, de sa guitare, de superbes et fragiles envolées mélodiques ou alors les taille dans des riffs glacés qui vous flanquent la chair de poule. Aux Chameleons, pour ne pas dire Echo & the Bunnymen, lorsque le son se fait plus âpre, plus rude, plus froid. A Jet Black Joe dans ses moments les plus agressifs. Enfin, aux Silencers pour ce côté tendre, mélancolique, cette fraîcheur qui se dégage sur chacune des quinze compositions. En un mot, splendide !

 

Deep Purple

30 : the very best of

Pour célébrer les 30 années d’existence de Deep Purple, EMI a décidé de sortir un " best of ". Pardon, un " very best of ". Une compile sur laquelle vous retrouverez, évidemment, tous les classiques du combo. Notamment " Hush ", " Black night ", " Speed king ", " Smoke on the water ", " Highway star ", " Woman from Tokyo ", etc., etc.

 

Deep Purple

Abandon

Les vieux dinosaures sont de retour avec un nouvel album et sous un line-up presque classique, puisque si Ian Gillan, Jon Lord, Ian Paice et Roger Glover sont toujours au poste, Ritchie Blackmore a cédé sa guitare à Steve Morse. Ce qui permet finalement à Glover de mieux rogner les compositions à l’aide de son "Hammond". D’ailleurs, on a l’impression que le Purple s’est souvenu de la recette utilisée à l’aube de seventies pour graver un des fondements de tout l’édifice hard, "In rock". Bien sûr, en 1998, ça fait un peu ringard; mais finalement, lorsqu’on voit que la rencontre entre Page et Plant a réveillé un style musical à la dérive depuis plus de vingt-cinq ans, il n’y a aucune raison de faire la fine bouche. Et surtout de gâcher son plaisir. Parce que dans le style, cet "Abandon" est une excellente surprise; et lorsqu’on sait qu’en général, nous sommes particulièrement allergiques à tout ce qui touche au hard rock, il est assez facile d’imaginer la portée de notre jugement. Et là-dessus, on va s’en repayer une tranche (NDR: de CD?); à fond la caisse, bien entendu (?!?!).

 

Carrie

Fear of sound

Lorsqu’on écoute la musique de cet ensemble cosmopolite, au sein duquel on retrouve l’ex-bassiste d’EMF, Zac Foley, on se demande pourquoi il a adopté pour nom, le titre de ce célèbre film d’épouvante, commis en 1970 par Brian De Palma, un long métrage qui mettait en scène l’anti-héroïne Sisy Spacek ? Une musique que nous pourrions qualifier de power pop limpide, dont le soin apporté aux harmonies vocales nous rappelle les Beach Boys. Les mélodies contagieuses sont presque aussi légères que chez les Undertones. Et l’instrumentation très équilibrée, fouettée, à l’instar d’un Radiohead, d’un Jane’s Addiction, d’un Weezer ou même parfois d’un Nirvana au sommet de son art, par des cordes de guitare vivifiantes, cinglantes. C’est en se penchant sur le contenu des lyrics que l’on comprend mieux les raisons de ce choix. Steve Ludwin, personnage issu du sud profond des States, qui cumule les fonctions de compositeur, de chanteur et de guitariste, en est le principal responsable. Des textes sombres, torturés, qui paradoxalement, alimentent de parfaites pop songs. Pas pour rien, que Ted Nicely, (Girls Against Boys, Fugazi) a accepté d’en assurer la production…

Cat Power

Moon pix

Réponse féminine à Will Oldham de Palace et à Bill Callahan de Smog, Chan Marshall, alias Cat Power, en est déjà à son quatrième album. Un disque pour lequel elle a reçu le concours des deux tiers de Dirty Three, soit le guitariste Mick Turner, et le drummer Jim White, alors que lors de l’enregistrement de son opus précédent, ce sont Tim Foljahn (Two Dollar Guitar) et Steve Shelley (Sonic Youth) qui lui avaient servi de backing group. Pourtant, ces remaniements n’influent en rien sur la musique de Cat Power. Toujours aussi intimiste, ténébreuse, taillée dans l’émotion la plus pure et la plus dépouillée. Onze titres partagent ce " Moon pix ", onze compostions austères, lo fi, minimalistes, qu’elle chante d’une voix gémissante, fragile et puissante à la fois, en marchant sur une corde tendue entre la lucidité de ses textes introspectifs et le monde crépusculaire du folk hanté. Elle y révèle tantôt ses racines sudistes (" You may know him "), lorsqu’elle n’épanche pas toute sa férocité, avec tendresse, à l’instar de " Metal heart ". Mais les chansons qui nous avons le plus appréciées sortent quelque peu de ce contexte. Tout d’abord, l’hypnotique " Cross bones style ", le mystérieux, spectral, " He turns down ", et puis l’hymnique " American flag "…