Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Holy Barbarians

Cream

Le split de Cult à peine prononcé, Ian Astbury refait surface sous la forme d'Holy Barbarians. Première constatation, il peut compter en la personne de Patrick Sugg, sur le concours d'un excellent guitariste. Habile dans l'exercice des pédales de distorsion, il donne une toute autre dimension aux compositions du groupe. Plus guère de trace, d'ailleurs, de post punk dévastateur dispensé sur un mode provocateur, mais un style à l'aspect mélodique particulièrement soigné doublé d'un groove impeccable. Depuis la ballade pop parfumée au ‘new mersey sound’ (Icicle Works?) de "Cream" à l'urban rock hymnique de Steppenwolf, insolitement nappé de synthétisme néo romantique (Ultravox?) de "Space junkie" en passant par le metal saignant, stoogien, consommé sur "Blind", la grandiloquence ‘procolharumienne’ embrassée par "You are there", le sudiste, sculpté dans la steel guitar (Juicy Lucy?) "Bodhisasattva" et le remarquable "Opium". Taillé dans les cordes de guitare reverb, presque surf et imprimé sur un tempo paso doble, cette dernière composition aurait d'ailleurs tout aussi bien pu appartenir au répertoire de Chris Isaak. Sans la voix bien sûr. Celle d'Astbury ; vibrante, acérée, transperçant la mélodie, plutôt que de la caresser...

 

Hootie & The Blowfish

Fairweather Johnson

On n’arrive pas toujours à très bien comprendre pourquoi certaines formations talentueuses végètent dans le plus profond anonymat, alors qu'un ensemble aussi quelconque que Hootie & The Blowfish cartonne aux States. Bien sûr, Darius Rucker possède une jolie voix. Un baryton rauque, profond, rappelant tantôt Sam Cooke tantôt Ritchie Havens. Mais les ingrédients de base qui entrent dans la préparation des chansons sont beaucoup trop légers pour la mettre en valeur. Funk pop, rythm'n blues et country & western se délaient en une même solution moelleuse, pour ne pas dire mielleuse. Et sur le nouvel opus de ce quartette du Sud de la Californie, hormis le ‘REMesque’ "Honeyscrew", les treize autres fragments ont un air de déjà entendu qui devrait faire flamber la bande FM. Pas nous!

 

Rich Hopkins

Dumpster of love

Rich Hopkins est un musicien que nous apprécions beaucoup. Nous ne nous en sommes jamais cachés. Un guitariste qui a sévi successivement chez Sidewinders, Sandbury, puis surtout Underbelly en compagnie de Dave Seger. Pour enregistrer ce "Dumpster of love", il a reçu le concours de près d'une quinzaine de Luminarios, parmi lesquels on retrouve Chris Cacavas. Hormis le superbe instrumental "Time (waits for no one)", partagé entre banjo, piano, guitare acoustique et violon, les dix autres fragments libèrent une inévitable intensité blanche digne des Posies ou d'Eleventh Dream Day. Les cordes de guitare tranchantes, vivifiantes, parfois même "steel" jacassent à qui mieux mieux sur un fil mélodique contagieux. Les harmonies vocales épurent le chant gémissant de Rich. L'opus est en outre ponctué d'une superbe cover de Neil Young, "Powder finger". Appelez ceci garage rock ou post New Mersey Sound, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...

 

 

Hugo Chastanet

La formule

Vu l'accessibilité un peu trop facile des chansons qui le compose, cet album n'avait rien pour nous plaire. D'autant plus qu'Hugo bénéficie d'un fameux battage médiatique radio, et qu'il n'a donc nullement besoin d'une faveur quelconque. Après plusieurs écoutes, notre sentiment n'a pas changé. Si ce n'est pour certaines compositions qui nous ont paru quand même intéressantes. Comme par exemple, " La Nacelle ", " Le jour est rouge vif " ou " Le train ". Le reste baigne dans un mélange de Pascal Obispo, Indochine, Marka, Voulzy et consorts. Très agréable à l'écoute, " La formule " sera recommandée aux amateurs de bonne variété. Mais déconseillée à ceux qui ne jurent que par la musique alternative.

 

Nina Hagen

Freud Euch

Écrit par

Katherine Hagen a connu ses heures de gloire entre 1977 et 1981. C'est à dire en pleine explosion punk. Expulsée de DDR en 1976 pour attitude antisociale, elle émigre alors à Londres. Fréquente Johnny Rotten des Sex Pistols puis les Slits avant de fonder son propre groupe. Il faudra cependant attendre l'aube des eighties, avec "Unbehagen", elpee sur lequel on retrouve notamment la cover du "Lucky Number" de Lene Lovich et surtout l'incontournable hit "African Reggae", pour voir la déesse du post punk sortir de la zone crépusculaire de l'underground. Curieusement. Nina va y replonger du jour au lendemain. Pour y cultiver une image outrancière, provocante, narcissique sur un lit (!) d'artifices. En 1991, sa tentative de come-back, soutenue par Adamski et le Red Hot Chili Peppers, se soldera par un nouvel et cuisant échec... Pour enregistrer "Freud Euch", Nina s'est totalement remise en question. D'abord, elle chante les quinze fragments de cet opus dans la langue de Goethe. Même la cover de Carole King ("Riensenschritt") et celle du Velvet Underground ("Sonntagmorgen"). Ce qui permet à sa voix semi-opératique / semi-possédée de retrouver toute cette violence naturelle, toute cette énergie sulfureuse destinée à infecter tantôt le punk, tantôt le reggae. Enfin, elle bénéficie de la collaboration de Dee Dee Ramone, auteur de quatre compositions. Et ça, c'est une bonne nouvelle!

 

James Hall

Pleasure club

Mi 95, cet ex-Mary My Hope commettait un premier opus remarquable: "My love sex & spirit". Une œuvre riche en atmosphère, contaminée par le jazz, le folk, le blues, la new wave, le reggae blanc et le white funk. Un disque dont la ligne mélodique reposait essentiellement sur le contraste saisissant entre la ligne de basse pulsante, tendre, les cordes de guitares effilées, jaillissantes, acides, et le vocal passionné, passionnel de Hall. Aussi lorsque nous eu vent de la sortie de son deuxième album, nous nous sommes mis à rêver de sa prestation éblouissante accordée au festival de Dour l'an dernier... Espoirs déçus. Ce "Pleasure club" a perdu tout ce feeling naturel, pour accomplir un bond de plus de vingt ans en arrière. Un revivalisme qu'il cultive dans les jardins passéistes de Small Faces et des Stones, à l'instar de Black Crowes. Et même lorsqu'il flirte avec le funk blanc de "Sticky fingers", on a l'impression qu'il ne parvient plus à en retrouver la formule magique. Même la voix a perdu de son amplitude, se contentant trop souvent d'abraser plutôt que de rayonner. Constatation qui touche également le reliftage d'une ancienne composition, incluse sur l'elpee, "So precious". Un symptôme qui nous entraîne à émettre de nettes réserves à l'égard de la production de Phil Nicolo (Urge Overkill, Cypress Hill, Anthrax), dont le choix n'était peut être pas aussi judicieux qu'il n'y paraissait. En tous cas, James Hall nous doit une revanche!

 

Geggy Tah

Sacred Cow

Les multi-instrumentistes Greg Kurstin (Geggy) et Tommy Jordan (Tah) sont les têtes pensantes de ce trio californien qui voue une affection profonde aux chiens. Un attachement que la formation manifeste à travers les photographies du booklet de son premier album, mais aussi et surtout dans le contenu des lyrics qui traitent presque exclusivement de la race canine. Et leur musique ne manque pas de pedigree mélodique, mordant dans le funk, le jazz, la world, la lo fi, le classique et le reggae blanc. Une pâtée sonore éclectique, dont le parfum atmosphérique, subtil, mélancolique, rappelle Satchel, voire Pigeonhead; le falsetto de Greg, très proche de celui de Shawn Smith, accentuant cette impression. Mais une musique dont la texture est tellement riche qu'elle est susceptible d'épouser tantôt une forme plus pop, plus juvénile, plus contagieuse, à l'instar de Weezer, ou de s'évader dans l'underground capricieux de Pavement...

 

Giant Sand

Goods and service

Officiellement, en dix années d'existence, Giant Sand n'a jamais fait l'objet d'un album en public. Officieusement, il existe bien l'un ou l'autre bootleg. Mais en général, ces enregistrements sont d'une qualité médiocre. "Goods and service" comble enfin cette lacune. Un disque constitué de prises "live" réalisées en 1995 tantôt à Tucson, à Ragensburg, New York, Berlin ou New York. Dix titres dont quatre inédits. Une cover du "You're so vain" de Carly Simon, pour laquelle il a reçu le concours de Vic Chessnut (NDR: encore!) au chant, et un tribut à Thin lizzy. "Warm Storm", qui figurait déjà sur l'elpee "Purge & Slouch". Tout comme Jimi Hendrix, Howe Gelb a toujours accordé une part importante à l'improvisation. Dans son style, bien sûr. C'est à dire le garage. Mais un garage infesté de blues, de jazz et de country. Ce qui explique pourquoi certaines compositions atteignent l'intensité crazyhorsienne de Neil Young, alors que d'autres privilégient les sonorités énigmatiques... Claviers discordants, accords capricieux, harmonica décharné, steel guitar indolente, projettent alors dans votre subconscient des images de l'Arizona dont les villes fantômes sont balayées par le vent du désert...

 

Gigantic

Disenchanted

D'après les déclarations récoltées auprès des musiciens de Gigantic, Kilburn est la vile d'Angleterre la plus marquée par la crise économique. Le taux de chômage, de SDF, de pauvreté, de corruption, d'alcoolisme, de répression y serait le plus élevé. C'est en tous cas ce que le chanteur Nick Marsh et le guitariste Rocco Barker nous racontent à travers les lyrics de leurs chansons. Et ils savent de quoi ils parlent, puisque cet environnement défavorable, au sein duquel ils ont vécu toute leur jeunesse les a marqués au plus profond de leur âme. Un réquisitoire que le groupe profère sur une musique tempétueuse, âpre, violente. Mais que nous estimons, nonobstant les (trop) rares clins d'œil au punk pop de Manic Street Preachers, beaucoup trop prostituée au grunge. Celui de Soundgarden circa " Superunknown " lorsque l'expression s'envenime. De Stone Temple Pilots, dès que le tempo s'alanguit. Nick Marsh possède, en outre, un timbre vocal aussi écorché que celui de Weiland, mais sans toutefois parvenir à en libérer la totalité de son potentiel émotionnel. Bien qu'ayant choisi pour patronyme le titre d'une chanson des Pixies, Gigantic ne manifeste son inclination que pour le seul " Throw you out my window ", mais l'élan popcore est instantanément récupéré par des accents glamoureusment glitteriens…

 

Girls Against Boys

House of GVSB

Quatrième album pour cet ensemble yankee plongé depuis ses débuts dans la thématique de la vie nocturne à New-York. "House of GVSB" s'intéresse plus particulièrement à ses aspects les plus malveillants, les plus pervers. Les compositions suintent lentement, dangereusement, de sexualité lubrique. Tant les backing vocaux d'Eli. Le gémissement de feedback de la guitare de Scott. Le rythme chancelant, obsessionnel. Les mots. La perspective féminine des compositions. Tout est imprégné d'érotisme venimeux. Pourtant la musique est toujours aussi âpre, sinistre, blême, minimaliste, lancinante, viscérale, écorchée par la voix vulnérable de Scott Mc Cloud. La ligne de basse glacée fouette le groove sableux de ce blues urbain, métallique, instinctif, dont ont abusé à leurs débuts, tour à tour, Richard Butler (Psychedelic Furs) puis Mark E Simth (The Fall). Les sonorités des guitares et des claviers pénètrent au cœur même des mélodies. Des mélodies susceptibles d'exploser à tout instant dans un tourbillon de douleur et de délice...

 

Gorky´s Zygotic Mynci

Bwyd Time

C'est donc la redécouverte du prog rock de la fin des sixties et du début des seventies que cet ensemble gallois nous propose d'entreprendre. Celui de Genesis circa "Foxtrot", de Kevin Ayers, de Robert Wyatt, du Gong de Daevid Allen, et même celui de Stackridge. Mais entrepris avec un sens de l'humour aussi corrosif que Gruppo Sportivo et de la dérision aussi développé que le Bonzo Dog Band. Un univers baroque, psychédélique, expérimental qui privilégie les mélodies rêveuses, flottantes, parfois même pastorales à l'instar de Mercury Rev. Harmonies vocales chuchotées, tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt en dialecte gallois, flûte, sitar, mellotron, moog, harmonium, hammond, violon (Blaine Reininger?), bruitages, se fondent comme par magie dans une instrumentation basique élégamment torturée, délicatement froissée. Spirituel, intelligent et inspiré, ce "Bwyd Time" constitue déjà le troisième elpee de Gorky's Zygotic Mynci. Et vu la qualité de ce morceau de plastique, il serait certainement judicieux de penser à ressortir les deux albums précédents...

 

Goya Dress

Dress rooms

Si Goya Dress présente certaines affinités avec le Throwing Muses contemporain, au fil du temps cette impression s'estompe, pour finalement disparaître totalement. En fait ce trio aux deux-tiers féminin, cherche à faire vibrer la corde sensible de la vulnérabilité à l'aide d'une musique intimiste, mystérieuse, syncopée (Everything But The Girl? Week End?), dont les impulsions conflictuelles sont manucurées d'arrangements méticuleux, veloutés, somptueux. Produit par John Cale, " Dress rooms " arbore une formidable richesse de sentiments. Tour à tour juvéniles, satiriques, frivoles mais également graves. A l'instar de PJ Harvey. A travers des chansons dont la poésie satirique conjuguée aux accords de piano glacés, vibrants, et au vocal limpide, féroce d'Astrid Williams nous rappelle quelque part Kate Bush, mais dans sa période la plus décapante. Superbe!

 

Dave Graney

Night of the wolverine

Tout début des eighties, Dave Graney sévissait au sein des Moodists, formation australienne aujourd'hui disparue, devenue mythique à l'instar de Birthday Party ou des Saints. Depuis, il faut avouer que ce chanteur/compositeur s'est montré plutôt discret, pour ne pas dire effacé. Il a bien commis quelques Ep's et enregistré deux albums flanqué des Coral Sankes, formation à géométrie variable qui impliquait à l'origine l'ex-guitariste de Joseph K et d'Orange Juice, Malcolm Ross ; mais cette vinylographie n'a guère reçu d'écho sur le Vieux continent. " Night of the wolverine " constitue donc la troisième tentative du kangourou en compagnie de ses serpents de corail. Une œuvre dont le climat évoque instantanément les grands espaces australiens. Un peu comme chez Go-Betweens et surtout le défunt Triffids. Hanté par l'esprit des Doors, de Dylan et de Cohen, Dave y croone de son baryton crémeux, des ballades tendrement, ironiquement meurtries par la mélancolie et la fatalité.

 

Grant Lee Buffalo

Copperopolis

Pour intituler son troisième opus, le trio californien a choisi pour nom celui d'une ville minière, aujourd'hui disparue, qui a connu ses heures de gloire en plein boom du cuivre. Un titre qui reflète parfaitement la qualité filmique des chansons de ce "Copperopolis". Tout comme sur les deux précédents elpees, Grant Lee Philipps dénonce l'illusion du rêve américain à travers son lyrisme poétique et impressionniste. Images conflictuelles nées de la corruption, de la violence, du racisme, de l'injustice et de la décadence qu'il reflète avec un sens aigu du détail. "Copperopolis" ne recèle cependant pas de titre de la trempe de "Fuzzy". Simplement 13 chansons intimistes, torturées par la voix bouleversante, gémissante, spectrale de Philipps, mais dont la texture instrumentale basique est enrichie d'une panoplie d'instruments différents. Même ethniques. Une œuvre qui n'a peut être jamais été aussi proche de l'univers des Waterboys, mais dont la solution est toujours très susceptible de s'embraser électriquement. Un disque finalement fort agréable, mais qui se contente cependant de ressasser les mêmes ingrédients avec des condiments différents.

 

Green Day

Bowling bowling bowling parking parking

Non, "Bowling bowling bowling parking parking" n'est pas le nouvel elpee de Green Day, mais simplement un mini album ‘live’, épinglant sept extraits de concerts différents, effectués respectivement à St Petersbourg, Tokyo et Prague ; et qui devraient certainement séduire les nombreux aficionados du groupe. Un morceau de plastique très agréable à écouter, mais qui comme tous les " live " n'arrive pas à reproduire parfaitement l'ambiance et la musique exprimée sur scène. En conclusion, tout cela n'est parvenu qu'à nous donner l'eau à la bouche en vue de quelque chose de bien neuf…

 

 

Gadfly

Demo nemo

Quatuor suédois, Gadfly affronte l'urban rock de la fin des sixties et du début seventies avec beaucoup de bonheur. Pensez à Steppenwolf, MC5 et surtout aux Stooges. Le métal y est laminé avec violence et efficacité sur un tempo irrésistible. Surtout à cause du guitariste, un certain Mikaël ‘Nicko’ Nickolauser dont les riffs d'électricité se révèlent à la fois incisifs, crépitants, aventureux, sans pour autant sombrer dans le nombrilisme gratuit. Parfois certains phrasés évoquent même la britpop d'un Marion, voire d'un Radiohead. Un soliste qui se démultiplie. Tirant sur toutes les ficelles de la technologie moderne, sans pour autant passer par le sampling. Pour enregistrer ce mini album, il dédouble même son interprétation, donnant ainsi l'impression de disposer de quatre mains. En final, il nous propose même un exercice de style où il use et abuse de la pédale wah wah, non pas à l'instar de feu Jimi Hendrix, mais de Robin Trower. Evidemment, sans engager un guitariste supplémentaire, on voit mal la formation se débrouiller dans le même registre sur les planches. Mais ça, c'est une autre histoire...

 

Gallon Drunk

In the long still night

Pas trop la peine de s'attarder sur les trois premiers albums de ce groupe londonien, puisque sur son tout dernier, " In the long still night ", il a décidé de changer radicalement de cap. En fait, si dans le passé Gallon Drunk constituait le résultat d'un croisement entre les Stooges, James Chance & The Contortions, Suicide, James Brown et Birthday Party, aujourd'hui, il semble avoir totalement digéré ses différentes influences, situation qui lui permet de donner une plus grande importance au sens mélodique de ses compositions. Tout en faisant toujours preuve de cette même sauvagerie naturelle qui lui a permis d'acquérir une notoriété certaine sur la scène pop/rock indépendante. Attisée par la voix caverneuse, menaçante de James Johnston, dont le timbre est toujours aussi proche de celui de Nick Cave, sa musique est, en outre, soutenue par des tas de cuivres, et des maracas. Mais c'est sur scène que Gallon Drunk se révèle le plus percutant. Notamment à cause de ce contraste saisissant entre sa musique à la fois sulfureuse et riche en atmosphères ; et la tenue de scène des musiciens, que nous pourrions qualifier de classique dans le sens le plus strict du terme, avec chemises blanches, costards et gomina...

 

The Fleshtones

Laboratory of sound

Faute de distribution officielle en Belgique, Musidisc France a donc eu la gentillesse de nous fournir le nouvel album des Fleshtones. C'est vrai qu'il est sorti fin de l'année dernière. Mais le quatuor new-yorkais est un groupe beaucoup trop important dans l'histoire de la musique pop/rock pour se permettre de faire l'impasse sur sa création. Produit par Steve Albini, ce "Laboratory of Sound" revient à un style plus "live", à des sonorités plus crades, plus saignantes, plus viscérales, même si elles sont régulièrement décolorées par le rythm'n blues. Plus rien à voir avec la pop ‘remesque’ de "Forever". Mais un garage de la trempe de "Roman Gods" voire d'"Hexbreaker". Comme sur "Hold you" et "We'll never forget". Garage parodique également. Dans le collimateur, le "Gloria" du Them ("Nostradamus Jr"), Question Mark & The Mysterians ("A motor needs gas"), les Heartbreakers et même les New York Dolls ("Let's go" et "One less step"). Le tout ponctué par une hommage à Jimi Hendrix lors d'une cover d' "I don't live today" programmée en 69ème plage. Manque plus que l'image pour savourer pleinement l'énergie éternellement juvénile dispensée sur les planches par le groupe. Cette fièvre, ce fun, cet enthousiasme communicatif. Rien que d'y avoir participé une seule fois, vous aurez la folle envie d'y retourner. Nous en sommes convaincus...

 

Robert Forster

Warm nights

En marge de la réédition des six premiers elpees des Go-Betweens en compact disc, Robert Forster nous propose son quatrième album solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours d'Edwyn Collins à la guitare et puis surtout à la production. Sur les dix compositions de cet opus, on retrouve une reprise, mais elle est de taille, puisqu'il s'agit d'un classique des mêmes Go-Betweens, " Rock'n roll friend ". Pour le reste, hormis quelques bordées d'électricité dispensées un peu plus généreusement, un zeste de claviers rognés, quelques arrangements symphoniques clairsemés, une incursion dans le reggae et une autre dans la polka, la musique épouse le profil folk pop mélancolique, fragile et hymnique typiquement et savoureusement australien...

 

Front 242

Mutage Mixage

Ceci n'est pas le nouvel album de Front 242, mais une compilation de fragments enregistrés entre 90 et 93, revus et corrigés par la technologie moderne. Un recueil de remixes, enrichi de trois inédits, resculptés pour les besoins de l'ambient. On savait que Daniel B avait toujours rêvé de composer des bandes sonores pour les films de Peter Greenaway, mais nous n'imaginions pas que la musique de Front 242 aurait pu un jour s'évaporer dans l'éther atmosphérique de Ryuichi Sakamoto. Evidement, pour parvenir à ses fins, Daniel et Patrick Codenys se sont tout d'abord remis en question, mais surtout ont fait appel à des manipulateurs, passés maître dans l'art du reliftage. Et en particulier à Underworld, Prodigy et The Orb. Evidemment, face aux nostalgiques de l'EBM, le duo belge devra faire front (!)...

 

Fun Lovin’ Criminals

Come find yourself

Séduits mais surtout amusés par son hit single "Smoke 'em", nous nous demandions quand même ce que cet ensemble new-yorkais était capable de réaliser sur un album. Et le résultat va au-delà de nos espérances. Bien sûr, comme une multitude de formations contemporaines, Fun Lovin' Criminals applique la technologie moderne à son mélange de blues, de r&b, de jazz, de trash, de blues, de metal et de funk sur un ton rap, hip hop. Mais ce cocktail se révèle aussi créatif que chez Beck, énigmatique que 900 FT Jesus et cinématique que Soul Coughing. Certains arrangements semblent même avoir été repiqués chez Tamla Motown, les Temptations en particulier. D'autres bénéficient d'une finition aussi soignée que chez Steely Dan. Voire d'une sensualité profonde, languissante comparable à Barry White. Notamment sur le final "Methadona". Un disque qui recèle son cortège inévitable de samples. Le plus cocasse relevant du "Smoke on the water" de Deep Purple pour "Bombin' the L". Pour être complet, sachez que l'un des deux chanteurs possède un débit vocal aussi véloce que celui d'Adriano Celentano. Le genre de musique qui devrait investir les night-clubs hyper branchés!