Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Mayflower Madame

Paint it in blue (single)

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« Paint It in Blue » constitue le deuxième extrait du troisième elpee de Mayflower Madame, « Insight », qui sortira le 1er novembre 2024  

Le rock sombre et psychédélique de ce groupe norvégien est issu d’un mélange unique de guitares rêveuses, de synthétiseurs éthérés, de lignes de basse lancinantes et d’interventions de drums ‘motorik’ que hante la voix envoûtante du leader, Trond Fagernes, et dont les textes parlent d'amour et de dépendance.

Combinant les grooves rythmiques du krautrock et du post-punk avec les atmosphères étincelantes du shoegaze et du néo-psychédélisme, la musique nous entraîne dans un voyage hypnotique à travers les ombres, un périple rempli de mélodies obsédantes et de rythmes palpitants.

La vidéo de « Paint It in Blue » est disponible ici 

Podcast # 42 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Madame Robert

C’est pas Blanche-Neige ni Cendrillon

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Six ans après avoir publié son dernier album, « Comme De Niro », Madame Robert nous propose son second, « C’est pas Blanche-Neige ni Cendrillon » qui, on peut l’affirmer, sent le groove à plein nez !

Madame Robert aurait pu être le fraté ou le blaze (argot) d’une maison close à Pigalle, au cours de 50’s. Ou bien votre voisine d’appartement, peu aimable, qui vit avec ses 3 matous angoras ou encore celui d’un vieux professeur de math un peu retorse. « Madame Robert », c’est également une chanson de Nino Ferrer.

Madame Robert c’est encore le patronyme d’un groupe musical tout droit sorti d’un jukebox de ce troquet de quartier. Madame Robert, cette créature amicale, toute en rondeurs et en sourires aguicheurs, toujours accueillante derrière son bar et prête à en découdre à la première parole déplacée. Elle est la confidente des pochetrons et le soutien moral des estropiés du bonheur. Il était temps que quelqu’un rende hommage à cette héroïne du quotidien.

Le band est drivé par un fervent adepte d’un rock musclé, en l’occurrence le chanteur Reuno (Lofofora, Mudweiser). Il implique aussi le bassiste Stef Zen (ex-Parabellum, il milite toujours au sein du Harvest Blues Band), le sixcordiste Julien Mutis (Harvest Blues Band, lui aussi), la claviériste Léa Worms (elle accompagne généralement les chanteuses Gaëlle Buswel et Nina Attal) ainsi que le drummer Fabien Rault (Little Odetta). Bref un quintet parisien, formé en 2016, dont la musique agrège rock’n’roll, rhythm’n’blues, soul, chanson française et bonne humeur.  

Baptisée « Chez Madame Robert », la plage d’ouverture démarre sur les chapeaux de roues. Dans son troquet ou son pochtron, on est bien accueilli, à condition de laisser son cafard sous le paillasson. « Parisien » cultive l’autodérision et le second degré. C’est à l’image du combo : fun, décalé et sans prise de tête. Un rock nerveux, rétro, bien emballé et qui nous fait chaud aux mirettes. Reuno a souvent eu recours, dans ses projets parallèles, à sa voix de crooner, mais alors sans se frotter au rock métallique. Son timbre chaud à la Gainsbourg période sixties en est la plus belle démonstration sur « Presley ». Si « A Ciel Ouvert » lorgne vers la soul, « La fille du Dr Jekyll » véhicule des accents funky voire disco. Très 80’s, certainement ! « Toutarien » et « L’effet Pervers » sortent des sentiers battus pour emprunter ceux des Beatles. Stef est vraiment impérial sur ses quatre cordes, tout au long d’« Irresponsable » et de « Les Dancefloors ». Le long playing s’achève par « Le Dimanche », une compo toute en subtilités. Et la production est nickel !

En espérant que le groupe se produise bientôt, près de chez vous…

Mayflower Madame

L’extase annoncée de Mayflower Madame…

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Le groupe norvégien Mayflower Madame publie ce 10 mai 2024, « A Foretold Ecstasy », premier single extrait de son troisième elpee, qui paraîtra cet automne. Le titre est accompagné d’une vidéo réalisée par Astrid Serck, collaboratrice visuelle de longue date du groupe.

Dans « A Foretold Ecstasy » le groupe affine son alliance caractéristique de post-punk, de shoegaze et de psychédélisme dans un paysage sonore plus net, caractérisé par une section rythmique puissante, des synthés atmosphériques et des guitares saturées de reverb.

Selon le chanteur Trond Fagernes, les paroles parlent de la recherche constante d'une sorte d'exaltation ou de sensation enivrante pour soulager ses troubles intérieurs, tout en étant conscient que ce n'est qu'un état passager suivi d'une chute inévitable.

Le futur long playing a été mixé et masterisé par le célèbre ingénieur italien Maurizio Baggio (The Soft Moon, Boy Harsher, The Vacant Lots.

Le clip de « A Foretold Ecstasy » est disponible

 

 

Madame Monsieur

Tandem

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Madame Monsieur, binôme sexué, s’est fait connaître auprès du grand public lors du Concours Eurovision de la chanson en 2018. Il y défendait l’étendard tricolore d’Outre Quiévrain en interprétant le titre fédérateur « Mercy ». Une chanson inspirée de l’histoire vraie d’une enfant née un an plus tôt sur l’Aquarius, un navire qui porte secours aux migrants.

Derrière ce patronyme, on retrouve Emilie Satt et Jean-Karl Lucas. Ils se sont rencontrés en 2008. Une rencontre fructueuse, puisque le succès est immédiatement au rendez-vous. « Human Bear » devient l’hymne qui vantera les mérites de la Ford Mondeo. Et dans la foulée, la demoiselle pose sa voix sur différents spots publicitaires (Materne, Balisto, etc.)

« Tandem », projet sorti de l’imagination fertile de la paire, a bénéficié du concours de la bagatelle de 26 collaborations ; des artistes et groupes aux univers diamétralement différents, parmi lesquels figurent Kyo, Oxmo Puccino, Claudio Capéo et Lili Poe.

Ces coopérations nées au feeling reflètent une volonté de nous plonger au sein d’un univers clairement étiqueté ‘Monsieur Madame’ tout en laissant la créativité musicale des différents acteurs s’exprimer. Avec en filigrane, bien évidemment, ce désir commun de coucher sur papier une ode à la perfection.

Bon gré, mal gré, ce projet à l’origine saugrenu s’est globalement traduit en succès, l’album nous réservant de belles chansons radiophoniques aux mélodies très pop. Quant aux thématiques, elles sont sans doute nombreuses, mais collent parfaitement à la philosophie de ses auteurs et de ses interprètes. A l’instar de « Sa beauté » (sauvegarde de la planète), « Paparazzo » (les paparazzis) ou encore de « On m’a dit » (le harcèlement).

On reprochera peut-être cette œuvre d’être un peu trop longue (NDR : près d’une heure trente d’écoute, quand même). Ce qui, inévitablement, entraîne des moments plus faibles. A ce sujet, on épinglera une prestation peu convaincante de Bandido, mais surtout le concours pas vraiment judicieux de Black M.

Mais qu’importe, puisque l’objectif final est atteint. Et pour cause, ce projet est né pour défendre une cause unique : apporter de la joie et la bonne humeur.

Bref, un « Tandem » qui a le vent en poupe !

Mayflower Madame

Prepared for a nightmare

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Tiens, un groupe norvégien qui pourrait aisément se produire dans le cadre d’un W-Festival. La voix du chanteur n’est pas inoubliable, mais oscillant de Sisters of Mercy, en passant par Joy Division, Chameleons, Cure et du plus contemporain Black Rebel Motorcycle Club, la musique baigne dans une forme de post-punk-goth-dark-cold-wave qui devrait plaire aux nostalgiques du genre. Basse cotonneuse, guitare cristalline, chargée de reverb, claviers atmosphériques, drums syncopés (la plupart du temps) ainsi qu’un zeste d’électronique et de psychédélisme voire de shoegaze entretiennent un climat ténébreux, lancinant, hanté, brumeux, mais un peu daté quand même…

Adam Naas

Ne jamais se fier aux apparences…

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Dans le cadre de l’Open Club Day’, le Salon de Silly (‘Clubs Plasma’), accueillait ce vendredi soir, Adam Naas, Tanaë et Dj Mixsoup, ces deux derniers respectivement comme supporting act et en after. Près de 250 personnes se sont déplacées pour cette soirée. L’Open Club Day (organisé par Live DMA) s’est déroulé pour la première fois en 2012 à Zurich, en Suisse et vise à sensibiliser les voisins, les acteurs culturels locaux, les autorités et les décideurs politiques à la réalité du travail quotidien dans un lieu de concerts. Le 2 février 2019, 120 clubs sis parmi 10 pays européens, dont Le Salon, ont ouvert leurs portes à un public qui pourrait ne pas être familier avec les activités de musique ‘live’ et de ‘clubbing’. Une occasion de dévoiler l’envers du décor et de proposer une série d’activités inédites : visites guidées, découverte des coulisses, échanges avec le personnel et les bénévoles, introduction aux différentes professions et activités, ateliers et activités participatives, concerts...

Tanaë est une jeune liégeoise (NDR : 22 printemps !) qui a été propulsée sur le devant de la scène, suite au buzz de sa reprise « One Dance » de Drake et une réinterprétation pour le moins surprenante de « Barbie Girl » de Aqua. Elle a gravé son premier, « Introspection », début 2018 et son premier elpee devrait paraître en mai prochain. Influencée par Lauryn Hill, Portishead et Amy Winehouse, mais également par la génération montante comme Jorja Smith, Billie Eilish ou Kali Uchis, cette jeune chanteuse/compositrice parvient à faire danser le public, sur des rythmes urbains.  

Quand elle grimpe sur les planches, on se rend compte qu’elle n’est pas très grande. Elle est soutenue par un préposé à la semi-acoustique, sans un poil sur le caillou, mais assez technique et talentueux. Et puis par une loop machine, dont les sonorités en couches collent parfaitement à la voix de Tanaë, une voix soul, graveleuse qui évoque tour à tour BJ Scott, Beth Hart voire Typh Barrow, et quand elle monte dans les tours, on est véritablement scotchés. Elle entame son set par « Shill be ». Pop, ses mélodies sont accrocheuses. Le son est excellent. Elle agite constamment les mains, à la manière de Joe Cocker. Sa setlist est partagée entre compos personnelles et covers, dont une d’« Addicted To You » du regretté Avicci, une version cool et acoustique… Une prestation bien sympathique…

Setlist : « Shill Be », « Addicted To You », « Need You Love », « All In You », « One Dance », « All In You », « Glory Box », « Heartless », « Wonder Why », « Let Me Love », « Don’T Go », « One  Night ».

Dans la catégorie des promesses pop alternatives, Adam Naas est considéré comme un des grands espoirs de la scène française. Il puise ses influences musicales chez The XX, James Blake, Dermot Kennedy, Hozier, Rag'n'Bone Man et Prince (NDR : ce look !), alors que soul et fragile, sa voix évoque tour à tour Anohni Hegarty, Benjamin Clémentine, Asaf Avidan ou Ben l’Oncle Soul.  

Sur scène, le Parisien semble timide, désorienté et mal à l’aise. Il communique très peu, et les quelques mots dispensés entre l’une ou l’autre chanson manquent d’assurance. Faut dire que plutôt chétif, son physique le rend vulnérable. On dirait presque un moineau tombé du nid plutôt qu’une future valeur sûre de la pop, biberonnée à la Motown. Pourtant, lorsqu’il chante, cette pusillanimité disparaît pour laisser place à la classe. Il est flanqué de deux claviéristes qui reproduisent les sonorités de cuivres, cordes ou ivoires et se sert parfois d’une gratte électrique ou acoustique. Et c’est loin d’être un manchot sur son manche ! Sa voix passe du plus grave aux aigus avec une facilité déconcertante, à tel point que parfois on se demande si ses cordes vocales ne sont pas artificielles. N’empêche elle sera parvenue à bouleverser l’auditoire pendant une bonne heure…  

Setlist : « Golden Drop », « You Shoud Now », « Fading Away », « No Love Without Risk », « Close To Me », « The Love », « Shalala Love », « Fool », « Untitled 1 », « Strange Love », « Holding Me », « Love Is Never To Blame », « Cherry Lipstick ».

(Organisation : Silly Concerts) 

Ryan Adams

Let Him Ride...

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Mister Adams allait-il enfin débarquer sur une scène belge ou allait-on avoir droit à une énième annulation ? Le suspense était entier le 5 octobre dernier. Jusqu'à la dernière seconde. Après avoir annulé les deux tournées européennes précédentes, Ryan Adams s'est enfin décidé à satisfaire un public qui commençait légèrement à s'impatienter.

Nouveau membre honoraire des Cardinals, Neal Casal en a profité pour assurer la première partie et présenter son dernier album en date, « No Wish To Reminisce » devant un public en général, attentif. Sauf lorsque Ryan Adams, à la batterie, s'adonnait à quelques pitreries entre deux gorgées de vin. Le set d'ouverture, assez court, a très vite été suivi par le plat de résistance.

Normal. Avec les 2h30 de concert que le groupe se prépare à prester, le public du Cirque Royal allait en avoir pour son argent. De retour sur scène, Ryan et Neal, accompagnés des autres Cardinals, ne perdent pas de temps. S'enchaînent alors des titres essentiellement issus de « Cold Roses » dont « Tonight », « Let It Ride » ou un « Magnolia Mountain » épique d'une bonne quinzaine de minutes. Quelque peu décevant pour quelqu'un qui n'apprécie pas forcément ce double album. La prestation était toutefois relevée par la conviction et l'énergie dont le groupe faisait foi sur scène. Pas de chance pour les fans des efforts solo du jeune homme, ce dernier n'ayant interprété que de très rares vieux morceaux dont les excellents « I See Monsters », « Dear Chicago » et « 29 ». Dommage. En 2h30 de show ininterrompu, Ryan Adams & The Cardinals ont donc fait la part belle à quelques titres plus obscurs, voire inédits, dont un délire punk. Rien de transcendant. Mais bon, Ryan a fait acte de présence. C'est mieux que rien.

 

Adam and The Madams

Macadamia

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Adam and The Madams c’est le projet d’Adam Lanfrey (guitare, chant, basse) auquel participe Cyprien Steck (claviers) et Art Vonfelt (drums, grattes).

« Macadamia » constitue son quatrième opus, un disque qui tire un peu dans toutes les directions, depuis la lo fi au psychédélisme, en passant par la pop, le garage, le jazz, le punk, le folktronica, le rock et l’électro expérimentale ou vintage. Un peu comme si on avait mis Pavement, MGMT, Beck, Fugazi, Four Tet dans un shaker et ajouté un zeste de Fab Four, avant de servir le contenu non filtré. Car si l’elpee recèle l’une ou l’autre ballade aérienne et jazzyfiante (le cuivré et lancinant « I don’t wanna choose ») ou champêtre (« Devil’s tail »), il recèle surtout des pistes sauvages et déjantées. A l’instar du sonique « Head medicine », du savoureusement vintage « Since you’re gone », du féroce « I’m coming », de la fausse ballade « I’m here » (Supergrass rencontre Radiohead circa « Ok Computer » ?), aussi percutante que tendrement nostalgique, de l’électro-noise « She said no » et de l’impétueux « Stupid ». Mention particulière pour le céleste, entraînant et mélodieux, « Ant hill », qui sevré d’électro aurait pu figurer au répertoire de The Dodos…

 

Bryan Adams

Un Bryan brillant !

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Bryan Adams est un rocker à succès. Il a vendu plus de 100 millions d’albums dont 15 elpees studio –le dernier en date, « Get Up », remonte à 2015, un disque produit par Jeff Lynne (ELO)– et quelques compiles, parmi lesquelles on épinglera « Ultimate », un long playing publié l’an dernier qui recèle par ailleurs deux inédits, « Ultimate Love » et « Please Stay ». Sans oublier 7 Dvd et 4 elpees ‘live’, dont le « MTV Unplugged », paru en 1997, ainsi que 12 collaborations à des B.O. de films. En outre, on ne peut passer sous silence son engagement en faveur de l'environnement, la lutte contre le cancer du sein ainsi que ses campagnes en faveur de la protection animale, à travers l'association PETA.

Pas de supporting act. La salle est comble pour accueillir le Canadien. En attendant le spectacle, l’artwork du dernier LP est projeté sur un immense écran. Une grue virtuelle vient y plaquer la tête de Bryan, de profil. Différents personnages apparaissent sous la forme d’hologrammes et viennent le saluer, dépoussiérer son image, lui remettre un GSM, qu’il jette derrière lui. Fun ! Au cours du set, cet écran va alterner prises ‘live’ du concert, prises de vue de la foule qui y assiste, vidéos consacrées au morceau ad hoc ou encore les paroles qui défilent, comme lors d’un karaoké. Interdiction de prendre des photos ou de filmer. La sécurité veille !

Sur les planches, Bryan –qui débarque bien sûr, le dernier– est flanqué de quatre musicos. En l’occurrence Mickey Curry aux drums, planté sur une estrade, Gary Breit au piano à queue, le fidèle Keith Scott à la gratte électrique et… un bassiste… Adams se consacre tour à tour à la sèche ou à l’électrique.

Le show s’ouvre par le rock’n’roll puissant « Ultimate Love », un morceau qui adresse un clin d’œil à ZZ Top. Le son est bon. Le light show est déjà impressionnant. Il y a des stroboscopes qui pulsent un peu partout : une quinzaine délimitent le tour du podium, d’autres sont suspendus au plafond où on remarque également la présence de néons multicolores ; et tout cet éclairage monte ou descend en fonction des compos. L’auditoire reprend les paroles en chœur ; et 20 000 personnes à l’unisson, c’est impressionnant ! A la fin du titre, Bryan pointe sa gratte en l’air. « Can't Stop This Thing We Started » embraie. Adams et Scott chantent en duo. Ce dernier arrache littéralement ses cordes. Régulièrement, il vient à l’avant-plan pour s’autoriser de longs solos. Sur la toile tendue en arrière-plan, une femme en hauts talons court dans la rue d’une grande ville. Les deux compères s’affronteront régulièrement manche contre manche. Plusieurs micros sont disposés à l’avant du podium, afin de permettre à Adams de se balader sur les planches, tout en continuant d’assurer les vocaux. Les lumières blanches émanant du plafond mettent en exergue les costumes des artistes et entretiennent ainsi une ambiance… monochrome. Breit a troqué ses ivoires contre une gratte pour le plus paisible « Run To You ». Idéal pour enlacer sa partenaire, sur la piste de danse. La planète bleue arbore toutes ses facettes sur l’écran. Un cosmonaute plane autour d’une navette. Bryan a empoigné, pour cette circonstance, une sèche. Il incite la fosse à participer, en exécutant des gestes de la main. Il prend une pause et salue l’auditoire et après avoir s’être présenté, signale qu’il s’agit de son show. Il rend hommage à Tina Turner… et à cet instant, on imagine qu’elle va débarquer sur le podium. C’était une vanne... Néanmoins, elle hante littéralement « Go Down Rockin' » et « It’S Only Love ». Il adresse un mot particulier aux femmes. Et puis, salue également la victoire des Belges au Mondial. Et lorsqu’il entonne le « Seven Nation Army » des White Stripes, la foule reprend le refrain en chœur.

Les hits défilent et le public semble ravi. Une belle interactivité s’est établie entre l’artiste et l’auditoire, depuis le début du concert. Lorsqu’il se consacre en solo à la semi-acoustique, on n’entend pas une mouche voler. Pendant, « (Everything I Do) I Do It For You », Bryan, Scott et le bassiste font face au drummer, dos au public. Ils balancent tous les trois, le popotin. Bryan ose une claque sur les fesses de Scott, ce qui déclenche l’hilarité générale.

Assez long, le rappel va proposer trois titres acoustiques et puis surtout la cover des Crickets, « I Fought The Law », immortalisée par The Clash, ainsi que « Straight From The Heart », morceau au cours duquel Bryan Adams –en grande forme, malgré ses 59 balais !– va briller à l’harmonica. Au bout de 120 minutes, la setlist aura parcouru l’intégralité des titres –pour la plupart des hits– qui figurent sur cet « Ultimate Love »… entre autres… et permis au public de vivre un bon moment, mais surtout d’oublier les tracas de l’existence ; et ça, c’est l’essentiel…

Si vous voulez revivre l’intégralité du concert, ici

Setlist : « Ultimate Love », « Can't Stop This Thing We Started », « Run To You », « Go Down Rockin' », « Heaven », « This Time », « It’S Only Love », « Cloud #9 », « Young Belong To Me », « Summer Of 69 », « Here I Am », « Lonely Nights », « (Everything I Do) I Do It For You », « Back To You », « Somebody », « Have You Ever Really Loved a Woman? », « The Only Thing That Looks Good On Me Is You », « Cuts Like a Knife », « 18 Til I Die », « I'M Ready », « Brand New Day ».

Rappel : « I Could Get Used To This », « I Fought The Law », « Whiskey In The Jar », « Straight From The Heart », « When The Night Comes », « All For Love ».

(Organisation : Live Nation)

Adam Carpet

Hardcore Problem Solver (Ep)

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« Hardcore Problem Solver » constitue le dernier Ep d’Adam Carpet. Pour la circonstance, le combo milanais a épousé un profil plus électro que lors de son précédent album, « Parabola ». La musique des Transalpins pourrait être qualifiée de post électro-pop, car elle est souvent instrumentale (« Rock is Dead, Mambo is Not ») tout en n’oubliant jamais sa forme sautillante et mélodique, à l’instar d’une plage comme « Hector Mann ». Rafraîchissant !

 

Adam Karch

Moving forward

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La musique d’Adam Karch baigne dans le blues, le roots ou l’americana. Son instrument de prédilection ? La sèche. Ce Montréalais est soutenu par une section rythmique constituée du drummer Bernard Deslauriers et du bassiste Marc-André Drouin. "Moving forward" constitue son quatrième elpee. Il réunit compos personnelles et quelques reprises.

"Seaside venues" ouvre la plaque. La voix du Canadien est très expressive et plutôt éraillée. Elle évoque le plus souvent Bob Seger, responsable d’une belle flopée de ballades merveilleuses. Pas étonnant donc que Karch attaque "Night moves", l’une des plus belles chansons du natif de Detroit. Et la version est impeccable. "Those steady lights" campe une autre ballade de toute bonne facture. Lorsque l’artiste s’enfonce au cœur du blues, c’est dans un registre laidback, cool : à l’instar de "Did you get the latest news", "Lil’ black dress" ou encore de la cover de "Louis Collins", un blues primaire signé Mississippi John Hurt. Dans le même style, l’instrumental "Somewhere in El Paso" est absolument superbe, une plage remarquablement tramée dans les cordes acoustiques. Le long playing recèle quelques morceaux de folk élégamment intimistes. Tout d’abord le "City Boy" de Keb Mo, pour lequel il a reçu le concours d’un ami québécois à l’harmonica, Guy Bélanger. "On a cold grey sky", ensuite. Puis "The contract", dont l’intervention aux cordes est à la fois somptueuse et bouleversante. Et enfin, "Realize you’re mine". Du long playing, on épinglera encore l’adaptation toute personnelle du notoire "Werewolves of London" de Warren Zevon, dont les sonorités sont d’une pureté presque virginale.

 

Adam Carpet

Parabolas

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Cinquième elpee pour ce quintet italien qui pratique une forme d’électro contaminée, suivant les plages, par le post rock, la techno, l’ambient et même le funk (blanc ou noir). Peut-être aussi un peu le post punk, mais en fin de parcours. Jean-Michel Jarre, Kraftwerk, Air et Giorgio Moroder doivent plus que probablement hanter les rêves de ce band transalpin. Quant à savoir s’ils peuplent les miens, c’est une autre histoire. Les risques de se retrouver sur la Carpet et de se casser l’Adam sont bien trop élevés…

 

Adam & The Madams

Adam & The Madams

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En recevant un album sous forme de bricolage DIY –publié en édition limitée à 1000 exemplaires– confectionné en toile de jute (oui, oui…), on imaginait que la musique d’Adam & The Madams louvoierait à quelques encablures des Orges de Barback et autres projets du genre… Et bien non ! Ce trio strasbourgeois ne verse absolument pas du côté festif de la force musicale, mais délivre une musique naviguant entre pop indie (« Forever Awesome »), rock garage (« Zoology ») et blues hanté (« Bully ») et baignant au sein d’un climat manifestement marqué par les sixties. Faut dire que les inflexions vocales spectrales d’Adam Lanfrey (« Bully » encore), les claviers vintage de Cyprien Steck et le swing indéniable entretenu par Arthur Vonfelt y contribuent amplement. Adam et ses Madams réveillent les fantômes des Clap Your Hands Say Yeah voire des Born Ruffians afin de livrer 8 titres référencés mais impeccables.

 

Adam Cohen

Quelle belle soirée !

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Ce samedi 11 octobre, l’Orangerie du Botanique accueille le fils de Léonard Cohen, Adam. La salle est en configuration assise. A ce jour, il a publié quatre elpees, dont le dernier, « We go home », est paru ce 15 septembre. Initialement, le spectacle devait se dérouler à la Rotonde. Vu le succès des réservations, il a été transféré dans la grande salle. Et le supporting act est assuré par la Belgo-suisse Stéphanie Blanchoud, dont la sortie du prochain opus est prévue pour le début 2015.

Dès 2005, Stéphanie Blanchoud s’était illustrée en gravant un premier LP intitulé « A Coeur Ouvert », un disque bien accueilli par la critique musicale, en Belgique. La jeune artiste décroche de nombreux prix et tourne pas mal. Elle participe notamment au ‘Coup de Cœur Francophone’ à Montréal, aux ‘Francofolies’ de Spa, aux ‘Découvertes’ à Mautauban ainsi qu’aux ‘Jeux de la Francophonie’ à Niamey. Elle rencontre Jean François Assy, le violoncelliste d’Alain Bashung, qui lui écrit la plupart des titres de l'album, « Insomnies », long playing qui paraît  en 2009. Ce deuxième essai lui ouvre de nouvelles perspectives et lui permet d’assurer les premières parties de Benabar, Yodelice, Jane Birkin et Maurane. Cette dernière l’invite à participer à son périple ‘Nougaro’ pour plusieurs dates, dont celle de l’Olympia à Paris, en mai 2010.

Stéphanie part ensuite aux Etats-Unis, l’année suivante, pour mettre en boîte un Ep, dans le cadre de son projet ‘Blanche’, sous la houlette du producteur Jack Johnson. Et début 2015, elle devrait livrer un nouvel elpee davantage imprégné des sonorités anglo-saxonnes. Empruntées, notamment à T-Bone Burnett. Pour le concocter, elle a bénéficié du concours de Marcello Giuliani (Sophie Hunger, Erik Truffaz, Lou Doillon) à la mise en forme. Et puis du chanteur Daan, lors d’un duo.

Le set de Stéphanie baigne au sein d’un climat feutré. Elle est épaulée par deux musicos. Un guitariste/mandoliniste/percussionniste (David Piedfort) et un violoncelliste/bassiste (David Piedfort). Elle possède une très belle voix, chaude, sensuelle, passionnée, qu’elle souligne de sa gratte électro-acoustique.

En une demi-heure de prestation, elle va nous dispenser quelques jolies chansons dans la langue de Molière, pistes qui figureront sur son prochain long playing. Et une dans celle de Shakespeare, vraiment superbe. Manifestement, la musique de l’artiste a pris une coloration nettement plus anglo-saxonne ; et l’instrumentation n’est pas étrangère à ce phénomène.

Setlist : "Tout au bout du monde", "A quoi ça rime", "Oops" (cover de Britney Spears), "Les beaux jours", "Perdre la douleur", "Mes bonnes manières". Rappel en solo : "Déjà ça"

Adam Cohen s’était produit, il y a un peu plus de deux ans, dans le cadre du Brussels Summer Festival, sous le dôme du Magic Mirrors. L'artiste était parvenu à charmer son auditoire, grâce à des compos issues de son troisième long playing, « Like A Man ». Un disque qui me fait penser à deux formations que j’apprécie énormément, Mumford And Sons et The Lumineers. A l’instar d’Adam, ils pratiquent une folk dépouillée, illuminée par des instruments à cordes, et dont les mélodies vous prennent carrément aux tripes. Des chansons à savourer devant un bon feu de bois, par une froide soirée d'hiver. J'étais donc impatient de revoir le fils de Léonard en concert…

Il est venu défendre son quatrième LP, « We Go Home ». Il présente chacune de ses chansons, tantôt en anglais, tantôt en français. Sur les planches, il est soutenu sur sa gauche par la guitariste Trish Robb ainsi que son ami et multi-instrumentiste (percussions, piano, basse et guitare) Michael Chaves. Et deux charmantes violonistes ainsi que la violoncelliste Mai Bloomfield, circonstanciellement préposée aux claviers, s’installent derrière lui. Adam est âgé depuis peu de 42 ans. Il ressemble à son père. C’est frappant ! Et puis il ne se prend pas la tête et semble prendre son pied sur scène. Il a un excellent contact avec le public, un contact qu’on pourrait qualifier d’interactif.

Le spectacle s’ouvre en douceur par « Too Real ». Trish a placé sa guitare horizontalement et en joue en mode 'pedal steel'. Adam possède des inflexions vocales proches de celles de son paternel. Aussi chaude, sa voix peut se faire grave et légèrement rocailleuse. Et il la maîtrise parfaitement. A la gratte, il tire parfaitement son épingle du jeu. Il existe une grande complicité entre l’artiste et ses musicos, principalement de sexe féminin. A l’instar du dernier opus, les compos sont généreusement enrichies d’instruments à cordes et de chœurs. Le sens mélodique est irrésistible. Les textes sont soignés. A plusieurs reprises, Adam demande aux spectateurs la raison de leur présence. Les réponses sont empreintes d’émotion, ce qui aura le don de toucher le poète au grand cœur. A l’écoute de « Put Your Bags Down », on ne peut que fermer les yeux. Contagieux, le titre maître du dernier LP incite la foule à reprendre le refrain en chœur. « What Other Guy » est un extrait de « Like A Man », une chanson douce, soulignée de chœurs, qu’Adam interprète d’un timbre paisible. Il embraie par « Don't Crack », tiré du dernier long playing, et « Like A Man », titre maître de l’opus paru en 2011. Le duo échangé entre Tris et Adam pour « Sweet Dominique » constitue un moment fort du concert. La connivence entre les deux musicos est totale. Le public le ressent. Pour « What Kind Of Woman », issu du nouvel opus, Adam utilise un cornet de téléphone vintage, afin de nous transmettre son message positif. Un titre de toute beauté, bercé par des cordes omniprésentes…  

Adam siège derrière le piano pour « Love Is ». Les musiciens claquent des doigts et l’auditoire embraie, avant d’applaudir généreusement. On sent une parfaite communion entre ce public et les artistes. Le set s’achève par « Beautiful », un dernier morceau du long playing précédent. Mais cette belle soirée, chargée d’émotion, intense et intimiste à la fois, ne peut se terminer ainsi. La foule en redemande. 

Après tant d’acclamations, la troupe revient sur l’estrade et le rappel va nous réserver des instants comme je les apprécie tout particulièrement. Plus de micro. Plus d’électricité. Et c’est totalement ‘unplugged’, que le band nous réserve trois perles, « So Much To Learn », « Uniform » et en finale, « Fall Apart ».

Le temps est passé trop vite. Mais quelle belle soirée !

(Organisation : Botanique)

Adam’s Castle

Vices

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Comme nous avons pu le constater dans le chapitre précédent (XXII, paragraphe trente, alinéa trois bis) l’électrodynamique des corps en mouvements entraîne irrémédiablement une immersion progressive des masses dans la courbure de l’espace temps.

L’équation du théorème d’Adam’s Castle se fonde, quant à elle, sur trois constantes intangibles, formant une rythmique inébranlable qui tient lieu de structure à la fondation basse + batterie + piano (Rhodes).

Une fois éliminés les parasites régulièrement rencontrés dans ce type d’atmosphère (voix et guitare entraînant généralement l’attention A de l’auditeur A’ vers un point nébuleux, vraie chimère cosmique), ces trois constantes établissent progressivement un noyau dur autour duquel gravite les poussières d’étoiles.

S’ensuit alors une série de chocs plus ou moins violents créant une énergie cinétique.

Bref, une théorie un peu math collant parfaitement au contenu un peu prog de ce trio instrumental légèrement conceptuel.

C’est techniquement irréprochable et un poil ébranlant sur la longueur. De quoi passionner assurément les amateurs du genre privilégiant les constructions complexes sur fond de savoir-faire clinique.

 

Arthur Adams

Feet back in the door (single)

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Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…

 

Ryan Adams

Ashes & Fire

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De toute évidence, Ryan Adams n’est jamais parvenu, à ce jour, à égaler la beauté de son diptyque « Love Is Hell », la fraîcheur de « Heartbreaker » ou la grandeur de « 29 ». Si l’on omet « Demolition » et que l’on considère les deux volumes de « Love Is Hell » comme un seul et même ouvrage, « Ashes & Fire », représente le septième Lp solo du camarade Adams. Un nouvel élément discographique qui témoigne d’une volonté de retourner aux sources. On retrouve donc au sein de « Ashes & Fire » quelques-uns des ingrédients qui ont fait le succès des disques précités. Seulement, la fougue de la jeunesse qui alimentaient « Heartbreaker » ne sont plus ici qu’un lointain souvenir et les émotions libérées par « Love Is Hell » et « 29 » complètement délaissées.

« Ashes & Fire » n’est pas un mauvais disque en soi mais intéressera principalement les inconditionnels du chanteur. Adams met un petit bémol sur l’Americana pour créer des mélopées plus folky, mais elles ne provoquent d’étincelles qu’à quelques rares occasions (« Invisible Riverside », « Rocks », « Chains Of Love », « Lucky Now »). Le souci principal de Ryan Adams en ce moment, c’est que, depuis la sortie de « Cold Roses » en 2005, il devient difficile de distinguer ses œuvres en solitaire de celles pour lesquels il s’entoure de ses Cardinals. Ryan Adams s’est donc contenté de faire du Ryan Adams… Pas dégueulasse, mais pas inoubliable non plus.

 

Adam Kesher

Challenging Nature

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Si le patronyme de cette formation bordelaise est également celui d’un personnage du chef-d’œuvre noir et dérangé de David Lynch, ‘Mulholland Drive’, sa musique est bien plus lumineuse et joyeuse ! Les 10 titres de « Challenging Nature » sont en effet taillés pour l’été, les ondes et les festivals. Les membres d’Adam Kesher ont décidé d’épurer leur expression sonore en se concentrant sur l’essence mélodique de leurs morceaux. Personne ne devrait résister à l’euphorie rythmique 80’s de « Gravy Train » –proche des Friendly Fires– ou à la mélodie ultra-efficace d’« Hundred Years Later » que n’aurait pas renié Foals. Plus accessible que le précédent elpee –le très réussi mais inégal « Fortune », sorti en 2009– l’ambitieusement intitulé « Challenging Nature » (NDR : ‘What we're doing here is challenging nature’ déclare Werner Herzog, une maxime tirée du documentaire Burden of Dreams qui a inspiré le titre de l’album…’) a bénéficié du concours des maîtres de l’entertainment. Tout d’abord Dave One, des joyeux allumés Canadiens de Chromeo ; et ensuite le pape de l’électro rock frenchie, Philippe Zdar, tête pensante de Cassius. Dave One a forcé le groupe à opérer un choix parmi les 20 chansons que le band avait composées afin de ficeler l’album le plus cohérent possible. Et il s’agit d’une véritable réussite ! Une déferlante pop aux mélodies irrésistibles qui constitue un véritable défi lancé aux Américains. 

Ce long playing devrait permettre à Adam Kesher de marcher sur les traces de Phoenix et surtout d’intégrer la très ‘short list’ des groupes français au potentiel international.

 

Adam Kesher

Un défi à la nature…

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Deux ans après publié un premier album qui avait marqué les esprits (et les pistes de danse), la formation française Adam Kesher vient de lui donner une suite, « Challenging Nature ». Produit par Dave One de Chromeo et mixé par Philippe Zdar de Cassius, il s’agit d’une véritable collection de petites bombes électro-rock destinées à mettre le feu aux festivals estivaux. C’est Julien Perez, le chanteur/claviériste, qui s’est fait le porte-parole du quintet.

Cette question doit probablement souvent revenir sur le tapis : qui est Adam Kesher ?

Adam Kesher est un personnage issu du film ‘Mulholland Drive’, réalisé par David Lynch. Le nom sonnait bien. C'est marrant, parfois les gens pensent qu'il s'agit d'un chanteur, alors que nous sommes un groupe.

Pourquoi avoir choisi Dave One (Chromeo) et Philippe Zdar (Cassius) pour produire et mixer « Challenging Nature » ? Qu’attendiez-vous d’eux ?

Nous avons rencontré Dave One par l'intermédiaire de Matthieu Couturier qui dirige le label ‘Disque Primeur’. Il y a longtemps qu'on cherchait quelqu'un capable d’avoir du recul par rapport au groupe, mais dont les idées étaient compatibles avec les nôtres. Matthieu nous a proposé Dave, un de ses amis, et le courant est passé tout de suite. C'était cocasse de bosser avec lui, car il est fan de groupes ou de chanteurs comme Phil Collins, Fleetwood Mac ou même Indochine. Au départ, ses goûts me faisaient flipper ; mais finalement, tout c’est très bien passé. En ce qui concerne Philippe Zdar, Chromeo mixe presque tous ses titres chez lui et Pierrick, notre bassiste, a aussi joué de la guitare pour Cassius. Nous bénéficions donc de quelques entrées. On a été assez impressionnés par les séances de mixing !

Quelle orientation souhaitiez-vous emprunter lors de l’enregistrement de ce nouvel album ? Perso, j’y décèle des traces de Friendly Fires (sur « Gravy Train ») voire de Foals sur certains titres.

Je pense que personne chez Adam Kesher n'écoute Friendly Fires ou Foals ; mais nous partageons très probablement des références en commun. En ce qui concerne « Gravy Train », la grosse influence sur ce titre, c'est Dinosaur L, le projet disco d'Arthur Russell monté dans les années 80. D'ailleurs on écoutait pas mal de ‘Weird disco’ et d'electro funk lorsqu’on a réalisé ce disque, que ce soit des trucs issus 80's ou plus récents. Par exemple, la production des labels DFA, Italian Do it Better ou Permanent Vacation. Mais aussi de la pop mainstream : Prince, Michael Jackson ou même Depeche Mode. De la musique répétitive également. Terry Riley et Steve Reich, notamment. Ou encore de l’indie rock comme Deerhunter et Jay Reatard.

Certaines de vos dernières découvertes musicales vous ont-elles influencées ?

On est rarement influencé par un groupe en particulier, c'est plutôt une culture musicale, dans tout ce qu'elle peut avoir d'hétérogène, qui s'exprime lorsqu'on la transpose en musique.

Qui fait quoi dans le groupe ? Est-ce que tout le monde participe au processus créatif ?

Il n’existe pas de recette miracle pour écrire. Parfois, l'un de nous pond un morceau en entier ; à d’autres moments, c’est vraiment le résultat d’un travail de groupe au cours duquel on fait tourner un plan pendant des heures.

Quel a été votre emploi du temps depuis la sortie de votre premier  album ? Manifestement, certains collaborateurs ont quitté le navire.

On a pas mal tourné depuis ; aux Etats Unis, au Canada et en Europe. Deux membres sont partis et Pierrick nous a rejoints. Le groupe a enfin trouvé son équilibre… On a aussi des ‘side projects’ comme Zooey, Beatmark, A Fight for Love et 25 Hours a Day.

Selon vous, quelle est la principale différence entre ce nouvel album et le précédent ?

Même si nous aimons toujours le premier disque, on nous a surtout reproché son côté patchwork. Nous y explorions diverses directions musicales avec une envie peut-être un peu immature de montrer tout ce que nous savions faire. Sur le nouvel album, nous avons cherché à réaliser un disque plus cohérent, qui tienne la distance. Il a donc fallu opérer un choix parmi les morceaux. Au départ, nous disposions d’une vingtaine de démos. Dave et nous avons conservé les dix morceaux susceptibles de se fondre dans un ensemble. Et puis, nous avons voulu faire un vrai disque pop, qui soit accessible au plus grand nombre. Nous avons tenté de mettre en valeur les mélodies ; option que nous ne prenions pas, forcément, avant. Nous avions tendance à tout noyer sous des nappes de synthés et des couches de guitare !

Pourquoi avoir choisi « Challenging Nature » comme titre pour votre cd ? Considérations écologiques ou défi à la nature ?

A l’époque où nous terminions les sessions d’enregistrement, se déroulait une rétrospective consacrée à Werner Herzog à Paris. Nous avons revu ‘Burden of Dreams’, le documentaire d'Herzog sur le tournage de ‘Fitzcarraldo’. Herzog y déclare, au cours de la projection, qu'à l'inverse de son acteur Klaus Kinski, dont la vision de la jungle est romantique, il n'y voit qu'un territoire hostile et obscène. Il conclut ensuite par ces mots : ‘What we're doing here is challenging nature’ (Trad : ‘Ce que nous faisons ici c’est défier la nature’). On aimait bien ce passage un peu grandiloquent et puis on trouvait qu’il collait au titre d’un d'album de rock. On y aborde différents thèmes comme le défi ou l’élévation de l’âme. Et puis, il y a aussi une part d’humour dans ce titre.

Vous reconnaissez-vous dans une certaine scène musicale française ? Bordelaise, par exemple ?

Nous avons longtemps vécu à Bordeaux. Cette ville a vu naître de très bons groupes : Kap Bambino, Magnetix, Weak Ends, Alba Lua, Glass Figure. Certains d'entre eux sont des amis. Sans quoi, en France, se détachent également de lot Discodeine, Zombie Zombie, Turzi, Arnaud Rebotini ou Phoenix... Beaucoup d’entre eux sont talentueux et nous les apprécions, même si nous n'avons pas l'impression de relever d’une scène en tant que telle.

Quels sont ceux qui vous bottent le plus, pour l’instant ?

Art Department, Crystal Ark, Kurt Vile sont les dernières formations sur lesquelles nous avons flashé. Tout récemment, nous avons aussi découvert William Onyeabor, un musicien nigérian qui pratiquait une forme de funk, au cours des 70’s. Il a gravé des morceaux incroyables !

Adam Kesher s’est forgé une excellente réputation en ‘live’. Le public belge aura-t-il la chance de vous voir bientôt sur les planches ?

Le 10 juin au K Nal à Bruxelles ! Nous brûlons d’impatience de nous y produire. En Belgique, les soirées sont toujours pleines de surprises…

 

 

Grizzly Adams

Hombre Grande

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Si vous appréciez Nick Cave, Stuart A. Stapes et Kurt Wagner, Grizzly Adams devrait peut-être vous botter. Ce n’est pourtant ni une formation australienne, britannique ou américaine, mais batave, issue d’Utrecht très exactement, au sein duquel milite un chanteur dont la voix est aussi sombre que celle de ces illustres références. Le groupe a choisi un titre en espagnol pour baptiser son elpee « Hombre Grande ». Il se traduit par ‘grand homme’. Serait-ce la figure iconique de ces chanteurs aux voix profondes ? C’est en tout cas une hypothèse plausible, tant leur album s’érige en une sorte de ‘Best Of Deep Voice’.

Serions-nous en présence d’un pur exercice de style ou d’une caricature ? Peut-être ; mais un destin international semble, en tout cas, ouvrir les bras aux Grizzly Adams, car « Hombre Grande » devrait plaire aux nombreux fans de Lambchop (« Invitation »), des Tindersticks (« Waiting For »), de The National (« Don’t Come ») voire de Nick Cave (« Hello Dan »). Et si le baryton de Daniel Papen n’est pas toujours aussi maîtrisé que celui de ses maîtres, les ambiances, souvent mélancoliques, tissées soigneusement par le groupe, rappellent bien souvent les meilleurs moments de ces artistes notoires. « The Mothers » et « Invitation » constituent certainement les deux meilleures compos de l’opus. Empreintes de mélancolie, les mélodies assument parfaitement leur profil dramatique. Le titre maître et « Desire By Blue River » sont également de toute bonne facture. De petites touches électro judicieuses colorent une expression sonore dominée par les guitares, mais également parcourues d’accords de piano et d’envolées de cordes. Notons également la très belle reprise –crépusculaire– du « Signed DC » de Love, formation californienne mythique.

« Hombre Grande » n’est pas une œuvre qui brille par son originalité, mais elle est parfaitement exécutée et profondément habitée… Et à ce titre, elle mérite qu’on y prête une oreille attentive.

Ryan Adams

Cardinology

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Entre 2003 et 2006, la discographie de Ryan Adams n’a cessé de gonfler. De l’affreux « Rock’n’Roll » au splendide « 29 », le compositeur en aura fait voir de toutes les couleurs à ses fans, révélant plusieurs facettes de sa drôle de personnalité. Après une petite année sans actualité, Adams publiait discrètement « Easy Tiger », à la rentrée 2007. Passée quasiment inaperçue, l’œuvre, pourtant d’assez bonne facture, annonçait un petit passage à vide que l’homme avait mis à profit pour se débarrasser de son amour pour la bouteille. Une désintox plus tard, il revient sur le devant de la scène accompagné pour la troisième fois par ses Cardinals, orchestre composé de Chris Feinstein, Jon Graboff, Brad Pemberton et, surtout, Neal Casal.

« Cardinology » fait donc suite au moyen « Cold Roses » et au bien supérieur « Jacksonville City Nights ». L’œuvre s’ouvre sous les meilleurs auspices. « Born Into A Light » dévoile un Ryan Adams posé et des Cardinals maîtrisant leur Americana à merveille. Trop beau pour être vrai. Suivi par les insipides « Go Easy » et « Fix It », le morceau d’ouverture n’est qu’un faux espoir. Le Californien s’enfonce dans une structure bien trop uniforme. Et les vocalises, calquées sur un certain Bono, confirment le râteau. Il réitère donc ce que les critiques lui reprochaient lors de la publication de « Rock’n’Roll ». Ici, l’obstination ne fonctionne pas et « Cardinology » perd rapidement tout son intérêt. Le résultat ? Une anecdote de plus dans la discographie du jeune homme.

 

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