La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (8 Items)

Ana Popovic

Un concert placé sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé…

Écrit par

Pas de première partie pour le retour d’Ana Popovic ce soir au Zik-Zak: la salle enregistre une belle affluence. On y croise de nombreux habitués ainsi quun programmateur de Classic 21, particulièrement avenant, en la personne de JeanPol Wiesmans.

La guitariste est programmée dans le cadre du ‘Dance To The Rhythm Tour’, une tournée nourrie de blues, de soul et de funk.

D’emblée, son parcours impressionnant mérite d’être rappelé. Il serait en effet réducteur de la cantonner au rôle de simple guitariste de blues: elle partage ou a partagé les planches aux côtés de figures majeures du genre telles que Buddy Guy, Eric Johnson, Jonny Lang, Kenny Wayne Shepherd, B.B. King, Joe Bonamassa ou Gary Clark Jr. Elle a même participé à une tournée en tant quinvitée spéciale auprès de celui que beaucoup considèrent comme lun des plus grands chanteurs de tous les temps: Solomon Burke. Quant à Bruce Springsteen, il la décrit comme une ‘guitariste hors pair’. Un curriculum vitae particulièrement éloquent. Née en Serbie et installée aujourdhui à Los Angeles, elle a longtemps séjourné aux PaysBas et à Memphis, des étapes déterminantes qui ont façonné, sans doute, ses choix esthétiques et son identité sonore.

Ce concert confirme une nouvelle fois qu’Ana Popovic demeure l’une des artistes les plus dynamiques et inventives du blues actuel. Pour ce segment de périple, elle s’est entourée d’une formation soudée et aguerrie: le bassiste Buthel, le claviériste Michele Papadia, le batteur Jeremy Thomas, rejoints par une section de cuivres emmenée par Claudio Giovagnoli et Davide Ghidoni. La chanteuse Skyler Jordan, fraîchement intégrée au combo, insuffle une dimension supplémentaire et instaure un dialogue vocal contrasté qui enrichit l’ensemble.

Dès l’ouverture, la soirée s’annonce placée sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé. Popovic navigue sans effort apparent du blues à la soul, du funk au rock, jusque dans des accents R&B, construisant un univers sonore dense et nuancé, à la fois résolument actuel et profondément ancré dans la tradition. Si son approche embrasse plusieurs genres, le blues en demeure le cœur battant : il transpire dans son phrasé, s’impose dans son timbre et transparaît dans un feeling immédiatement reconnaissable.

Son jeu de guitare marque chaque instant du concert. Expressif et parfaitement contrôlé, il se montre rugueux quand la tension le réclame, puis d’une finesse remarquable lorsque le morceau l’exige. Chaque note semble choisie, pensée, chargée d’intention, affirmant une signature sonore personnelle et cohérente. Ana Popovic rappelle volontiers l’importance du direct — ‘Cest sur scène que tout se passe’ — et ce passage sur les planches en constitue la démonstration éclatante. Le lien qui s’établit entre la formation et l’auditoire se révèle immédiat et tangible ; l’énergie circule librement, de l’estrade vers la fosse et en retour. Le fil rouge demeure ce jeu de guitare à la fois gracieux et nuancé. Virtuose incontestable, elle met toujours sa technique au service de la composition, sans jamais céder à la démonstration gratuite.

La setlist propose un équilibre judicieux entre titres bien connus et compositions plus récentes issues de son dernier long playing, « Dance To The Rhythm ». Le rythme et le groove irriguent l’ensemble du concert, conférant au show une énergie irrésistible qui invite à la danse sans sacrifier la profondeur musicale. Même une reprise telle que « 50 Ways To Leave Your Lover » de Paul Simon trouve naturellement sa place dans l’univers de Popovic : immédiatement identifiable, mais entièrement réappropriée.

Tout au long de la soirée, l’artiste démontre non seulement une autorité technique indiscutable, mais également une capacité constante à capter l’attention de la foule, à dialoguer avec elle et à donner chair à sa musique sur le podium. C’est précisément cette alchimie qui continue de la distinguer.

Cette prestation confirme, une fois de plus, que le blues — sous toutes ses déclinaisons — demeure vivant, évolutif et plus pertinent que jamais.

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Ana Popovic

Ana Popovic dans le tempo

Écrit par

Guitariste de blues primée par 7 blues music Awards, Ana Popovic sortira un nouvel elpee, ce 31/10/2025. Un opus au cours duquel elle fusionne funk électrique et guitare slide, instrumentaux jazzy et groove blues avec des accents soul à la touche gospel. Outre son incroyable présence scénique, Ana repousse encore les limites, transcende les genres et se réinvente tout au long de « Dance To The Rhythm ». Cette œuvre succède à « Power » qui, en 2023, a atteint la première place du Billboard Blues Charts.

Qualifiée de ‘sacrée guitariste’ par Bruce Springsteen, Ana Popovic était la seule guitariste féminine à participer à la tournée All-Star Experience Hendrix de 2014 à 2018 qui célèbrait la musique et l'héritage de Jimi Hendrix avec Buddy Guy, Eric Johnson, Kenny Wayne Shepherd et bien d'autres artistes de renommée mondiale.

Ana déclare : ‘Là où « Power » s'arrête, « Dance To The Rhythm » prend le relais en poussant le groove et la fluidité encore un peu plus loin. Nous voulons porter la musique plus haut, là où elle nous touche vraiment, avec la sensation juste, un groove puissant (« Sho Nuf », « Worked Up », « Dance To The Rhythm ») et des paroles profondes en apportant une touche bluesy ‘(« Dwell On The Feeling », « California Chase », « Soul'ution »). Avec des arrangements presque à la Steely Dan dans « Sisters and Brothers », « Soul’ution » à la fois branché et contemporain, « Hottest Ticket » funky et « Hurt So Good » sonnent plus mainstream mais l’ensemble ne fait qu’un. Le morceau ultime est le remake de « 50 Ways To Leave Your Lover » de Paul Simon. ‘Sur scène, mon but est de proposer une musique qui donne envie de danser, qui vous fait bouger. Là où la musique vous emmène, où vous pouvez vous laisser aller et vous imprégner du groove dans une immersion irrésistible’.

« Worked Up » est disponible sous forme de clip ici

 

 

Ana Popovic

Can you stand the heat

Écrit par

Ana est de nationalité serbe. Jolie, la silhouette féline, une paire de jambes sans fin, elle est âgée de 37 ans. Et elle sévit dans l’univers du blues depuis un bon bout de temps. Comme chanteuse et guitariste. Elle a monté son propre groupe, le Mo' Better Love, au sein duquel militent un guitariste rythmique, un claviériste et une section rythmique expérimentée, puisqu’elle réunit le drummer Tony Coleman (BB King Band) et le bassiste John Williams (Al Green Band). "Can you stand the heat" constitue son 9ème elpee.

Elle ouvre la plaque par le titre maître. Du pur funk dispensé dans l’esprit de Chic voire Tower of Power et destiné à la danse. Ana s'éclate déjà sur ses cordes. Et la petite pointe de jazz qu’elle injecte dans son jeu, n'est pas pour me déplaire. Elle embraie par "Can't you see what you're doing to me", un R&B nerveux introduit par une guitare flamboyante, mais malheureusement surchargé de cuivres. De toute évidence, l’atout majeur de la native des Balkans procède de sa manière très percutante d’attaquer les cordes, bien plus que son chant, qu’elle force parfois un peu trop. Elle ralentit le tempo pour aborder "Mo' better love". Des chœurs féminins et un piano souverain épaulent la voix d'Ana, sans toutefois faire de l'ombre à son instrument. "Boy' Night out" poursuit dans le registre funk/R&B ; cependant, les voix féminines sont un peu trop criardes, à mon goût. Imprimé sur un tempo bien enlevé, "Hot southern night" revient au blues. Ana et le grand Lucky Peterson partagent les parties vocales. Un des meilleurs morceaux de l’elpee. Et Lucky a aussi ramené sa guitare. De quoi assister à un duel de très bon niveau, tout se référant au regretté Albert Collins! Signé par l’ex-Free Andy Fraser, "Every kind of people" a permis à Robert Palmer de décrocher un hit, en 1978 ; une autre ballade légère, caractérisée par des arrangements soignés, mais au cours de laquelle, la voix n’est guère transcendante. L'ombre d'Albert Collins plane sur "Ana's shuffle", un exercice de style instrumental de haute volée, au cours duquel Frank Ray Jr se libère enfin, à l’orgue. "Blues for Mrs Pauline" est un blues lent à la structure quasi-parfaite. En fait, Miss Popovic excelle davantage dans le blues plutôt qu’au sein du funk basique. Son jeu est à la fois très inspiré et personnel. Il n’est jamais calqué sur les grandes étoiles du blues, même si, pour la circonstance, c’est le spectre Buddy Guy qui se met à planer. Lorsque sa voix devient sauvage, vivace et passionnée, elle se révèle beaucoup plus convaincante. Funk/blues indolent, "Leave well enough alone" est dispensé sans mise en forme envahissante ; et c'est bien mieux ainsi! Très rockin' blues, l'intro de l'instrumental "Tribe" est illuminé par la slide et le jeu de pédales, avant que ne débarquent les cuivres et percussions… Une cover des Stones : "Rain fall down". Elle figurait sur l’album "A bigger bang", gravé en 2005. Le long playing est enrichi de deux bonus tracks. Tout d’abord "Growing up to soon", une piste qui s'étire prudemment, avant qu’un imposant chœur d’enfants ne fasse son apparition, concours qui apporte à la compo un charme indéniable. "Mo' better love" bénéficie d’une seconde version. Tommy Sims, batteur, auteur et producteur est venu en renfort pour collaborer à ce titre dépouillé, plus roots…

 

Ana Popovic

Unconditional

Écrit par

Ana Popovic est issue de Belgrade, en Serbie. Agée de 35 ans, affriolante, elle ne manque pas de charme, il faut le reconnaître. Le blues, c’est son père, Milutin, également musicien, qui lui a communiqué le goût et la passion. Fin des années 90, elle fonde son groupe Hush. A cette époque, elle étudie les arts graphiques, un cycle qui l'emmène à Utrecht, aux Pays-Bas. C’est d’ailleurs là qu’elle fonde son Ana Popovic Band!

Pour enregistrer son sixième elpee, le troisième essai chez Eclecto Groove, elle s’est rendue à la Nouvelle Orléans. La mise à feu est très roots. Les grattes acoustiques nous invitent à pénétrer dans l’univers du blues de la demoiselle. Elle chante ce "Fearless blues", telle une féline. Elle nous communique cette volonté de se battre dans ce monde sans doute plus difficile, à affronter, pour une femme. Sa voix passe bien la rampe. Et ce style lui colle à la peau. Les amplis sont branchés et le tempo décolle lors d’un boogie intitulé "Count me in", une compo au cours de laquelle elle est armée de sa slide et bénéficie de la participation de son compagnon d’écurie, le redoutable harmoniciste Jason Ricci. Cette rencontre a le don de déchaîner son bottleneck et d'engager une lutte fratricide, sans concession, entre les deux protagonistes. Ballade, le titre maître est une plage particulièrement solide, un blues qu’elle alimente de sa slide si bien maîtrisée, face au piano de John Cleary, l'un des meilleurs claviéristes de la Crescent City, invité pour la circonstance. Sur ce titre, ni conditions, ni réserves, elle laisse simplement éclater toute sa sensibilité. Et "Reset rewind" embraie dans le même registre. Lady Popovic et Sonny Landreth, musico louisianais notoire, cosignent "Slideshow". Une piste instrumentale qui fixe le dialogue entre les deux doigts d'acier glissant frénétiquement le long des cordes. La voix et la guitare sont bien d’attaque sur "Business as usual", un blues paradoxalement lent ; un morceau au cours duquel Cleary double au piano et à l'orgue. David Torkanowski se réserve l’orgue Hammond lors de la cover bien saignante du "Work song" de Nat Adderley. Ce rockin' R&B libère énormément de groove et de bonnes vibrations. Ana en profite pour décocher une envolée meurtrière. Excellent ! Popovic partage l’écriture de "Summer rain" avec son manager et copain Mark van Meurs, une ballade funkysante qui ne manque pas de charme. "Voodoo woman" déménage littéralement. La slide hurle à l’agonie, lors de cette plage qui invite à se déhancher devant la scène. Mais la meilleure compo de l’opus est sans doute "One room country shack", un blues lent issu de la plume de Mercy Walton ; Cleary s’y réserve une intervention bouleversante. "Soulful dress" achève cet elpee. Un gospel blues bien rythmé, très cuivré et caractérisé par des vocaux impeccables. Et pour que votre info soit complète, sachez que la production a été assurée conjointement par Ana et John Porter.

 

Ana Popovic

Blind for Love

Écrit par

La charmante Serbe est aujourd’hui âgée de 33 ans. Depuis son expérience américaine et son contrat signé chez Electro Groove, elle semble avoir atteint la pleine maturité. « Blind for Love » fait donc suite à "Still making history". Paru en 2007, il avait fort bien marché. Le nouvel opus a de nouveau été enregistré sous la houlette de David Z. Hormis une seule plage, Ana signe ou cosigne tous les titres. Elle est soutenue par sa section rythmique habituelle, composée de Ronald Jonker et Andrew Thomas, ainsi que par Mike Finnigan et Tony Braunagel, deux membres du Phantom Blues Band.

Elle démarre en force par "Nothing personal". Une compo très rythmée, enrichie par les cuivres de Joe Sublett et Darrell Leonard, au cours de laquelle elle force quelque peu sa voix. Imprimé sur un tempo fort proche, "Wrong woman" évacue également une belle dose d’agressivité. Pourtant sa voix ne la cantonne pas au rôle qu’on voudrait lui attribuer, de ‘mauvaise femme’. Ses intonations sont purement et simplement travaillées. Lors de ce morceau plutôt pop dans la sonorité, la féline demoiselle s’autorise une sortie autoritaire sur les cordes. Acoustique, "Steal me away" est ciselé par les sonorités d’un bottleneck et tapissé de chœurs féminins. "Blind for love" est une ballade douce et tendre. Tout comme "More real". Très réussie, cette dernière se révèle cependant beaucoup plus atmosphérique. Elle est même satinée par les interventions discrètes mais efficaces du piano électrique de Braunagel. "Putting out the APB" marque le retour à un blues rock plus conventionnel. Ana libère enfin sa slide. Elle se met alors à rugir de plaisir et d'effroi au même moment! Elle revient enfin dans un univers nettement plus blues tout au long de "Get back home to you". Sa voix est plus présente. Elle vit alors sa musique. La section de cuivres est à la fête. Jazzyfiant, "The only reason" démontre que Miss Popovic jouit d’un réel talent de gratteuse. Elle a manifestement du style et de la créativité. "Dirty dozens" baigne également dans ce climat subtil. Mais c'est dans l'exercice de la slide qu'elle se montre la plus brillante. Et "Part of me" ainsi que la reprise du "Need your love" de D. Murdock en sont les plus belles illustrations. Une flamme dans le regard, Ana referme cet elpee par "Blues for M", un blues généreux. La libération des cordes est ici un réel bonheur qui s'est bien fait attendre…

 

Ana Popovic

Still making history

Écrit par

En fondant son label blues, Randy Chortkoff a manifestement eu le nez creux. Au cours des dernières années, il a ainsi signé les Mannish Boys, Hollywood Blue Flames, Philip Walker, Mitch Kashmar, sans oublier les Mighty Flyers de Rod Piazza. Il a cependant décidé de lancer une nouvelle écurie : ElectroGroove / Delta Groove. Une initiative destinée à servir de rampe de lancement à Ana Popovic. A-t-il succombé au magnétisme (NDLR : ou aux charmes) de la belle et charmante Ana ? Une chose est sûre, tout semble aujourd’hui sourire à cette jeune fille blonde âgée de 31 ans à peine ; en outre, les Etats-Unis découvrent enfin le talent de cette guitariste slave. Elle avait déjà enregistré deux albums aux States. Tout d’abord "Hush". En 2001. Chez Ruf records. Un opus produit par Jim Gaines en personne. Puis "Comfort to the soul". En 2003. Gaines ayant ici reçu le soutien de David Z. « Still making history » a été concocté sous la houlette de John Porter, dont la carte de visite mentionne des collaborations auprès de Buddy Guy, Bonnie Raitt et Keb Mo.

La plaque ne s’ouvre pas sur des accents très blues, mais par une compo particulièrement hard : "U complete me". Dans un style qu’Ana irradie de sa guitare. Une plage très dense, largement funky et très électrique. Les musiciens sont irréprochables. Et pour cause, il s’agit des partenaires habituels du Phantom Blues Band de Taj Mahal : Mike Finnigan à l’orgue Hammond, Terry Wilson à la basse, Tony Braunagel aux drums, sans oublier le talentueux claviériste, John Cleary. La seconde plage "Hold on" est bien plus percutante. Elle s’attarde cependant dans le registre funk. L’attaque est vive et captivante. Ana est soutenue par de multiples voix ainsi que la trompette de Scott Thompson et le saxophone de Jim Spake. Un concours qui confère de l’épaisseur à la solution sonore. Miss Popovic confirme son ouverture musicale en abordant le reggae et ses rythmes exotiques sur "Between our worlds". Un titre enrichi par les cuivres de Joe Sublet et Darrell Leonard des Texicali Horns et dynamisé par les percussions de Lenny Castro. Tout en puissance, "Is this eveything there is ?" est taillé dans le rock pur et dur. L’instrumentation est bien en place. La guitare n’attend guère pour se libérer face à la section rythmique. Opulente et solide, elle réunit Dave Smith à la basse et Steve Potts à la batterie. "Hungry" constitue le premier véritable sommet de l’œuvre. Toujours aussi puissant, ce morceau invite à la danse. Un fragment nourri de chœurs luxuriants. Bien en rythme et très mélodique l’intervention d’Ana à la slide s’y révèle très poignante. "Doubt evryone but me" baigne au sein d’un climat cabaret. L’approche jazzyfiante est délicatement entretenue par le piano de John Cleary. La maîtresse de cérémonie y révèle beaucoup de clarté dans son jeu. Et le blues tant attendu fait enfin son apparition. Une cover saignante et excellente du "You don’t move me" de Big Mama Thornton. Traitée à la BB King, cette reprise met en exergue le doigté et le feeling de Popovic. Elégants et atmosphériques, "Still making history" et "Calendars" sont bercés par une jolie mélodie. Et même si le blues ne coule pas en abondance, il opère son retour en rythme sur le « How'd You Learn to Shake It Like That ? » de Snooky Pryor, un titre entretenu par le piano et la slide. L’elpee recèle un bonus track : une version blues, ralentie au maximum de "U complete me", compo qui ouvrait le disque. Et franchement, cette adaptation est bien meilleure… 

Ana Popovic

Ana ! Live in Amsterdam

Écrit par
Ana Popovic est originaire de Belgrade. Agée de 29 ans, cette charmante jeune femme s’est surtout forgée une notoriété au cours des cinq dernières années. Soit après son expatriation. En 1999. Aux Pays-Bas. Qu’elle va ensuite quitter pour l’Allemagne. Elle avait bien concocté un opus avant son exil ; mais il est totalement passé inaperçu. C’est Thomas Ruf qui la remarque et l’entraîne à Memphis pour enregistrer "Hush". En 2001. Puis "Comfort to the soul", en 2003. Sa rencontre avec Bernard Allison sera aussi importante pour sa reconnaissance internationale. L’artiste serbe est revenue aux Pays-Bas fin janvier dernier. Au Melkweg d'Amsterdam très exactement. Pour se faire prendre ‘live’. La coquine!
 
Son backing group ouvre le feu lors de l’intro : Fabrice Ach à la basse, Denis Palatin aux drums (NDR : l’invité du soir) et Dominique Vantomme aux claviers. Bien en rythme, l’assise musicale épouse une forme funky, avant qu’Ana Popovic n’entre en scène. La vedette du jour fait déjà résonner sa guitare de notes d’électricité bourrées d’effets. Ana n’a pas une voix naturellement puissante. Son timbre s’adapte raisonnablement à son répertoire. Elle peut se faire douce un instant, féline le suivant. A l’instar de "Don’t bear down on me". La guitare ne fait pas dans le détail. La longiligne Ana aime faire vibrer ses cordes ou les entendre déraper dans un bain de décibels. "Sittin’ on top of the world" est beaucoup plus séduisant, bien qu’à des années-lumière de l'original interprété par Howlin' Wolf. Vantomme est un excellent claviériste. Il injecte du rythme et du tonus dans son orgue Hammond. Ana écrase ses pédales pour torturer la sonorité. Un geste qui nécessite une certaine maîtrise. Qu’elle affiche incontestablement tout au long de cette plage. "Love me again" est bien le type de compo sur lequelle Ana peut s'éclater tout en maîtrisant son style personnel. Pour la circonstance, la guitare est bien sentie et mélodique. Ana crie plus qu’elle ne chante. On évolue ici manifestement dans un style rock. Notre diva trouve alors qu'il est grand temps de se rapprocher du blues. Une tentative qu’elle opère sur "Comfort to the soul". Mais dès que l'opportunité se présente, elle torture sa râpe jusqu’à l’épuisement, dans un torrent de notes acerbes. Et très souvent, la mayonnaise prend ; car les musiciens s'entendent fort bien. Ana ne s’est pas contentée d’écouter des gratteurs rockers. Elle confesse même une préférence pour Stevie Ray Vaughan et Ronnie Earl. Et nous le démontre tout au long du paisible "Navajo moon" ; un instrumental qui s’ouvre sur les accents du premier avant de glisser progressivement vers les climats jazzy du second ! Une chose est sûre, Ana ne manque pas de talent. Elle adapte l'excellent titre de Steely Dan, "Night by night", un fragment qu'elle avait déjà repris lors de son album précédent. Un bottleneck au doigt, elle nous démontre avoir assimilé la technique de la slide sur "Big town playboy". Lors de son séjour aux Pays-Bas, elle s’est perfectionnée dans la technique du jazz. Des leçons qu’elle semble avoir bien assimilées. "Won't let you down" en est la plus belle illustration ; une plage au cours de laquelle un Vantomme très affûté est passé au piano électrique. Enfin, en développant certains climats expérimentaux sur "Jaco", elle veut nous faire partager l'étendue de ses passions instrumentales…

Ana Popovic

Comfort to the soul

Écrit par

Ana est bien décidée à se faire un nom au sein des milieux blues et blues/rock de ce début du 21ème siècle. Cette tigresse slave a découvert le blues en 91, après avoir écouté un disque d'Elmore James. Un elpee issu de la collection de son paternel, il faut le préciser. Ceux de Roy Rogers, John Mooney, Johnny Winter, Sonny Landreth et de quelques autres lui donnent alors l'envie d'apprendre à jouer de la slide… En 1995, elle fonde son propre groupe : Hush. A Belgrade. Quatre ans plus tard, la formation commet "Hometown", un album dont l'édition restera limitée. En 2000, elle s'installe aux Pays-Bas. Bernard Allison la découvre et la présente à Thomas Ruf. Ce dernier l'emmène à Memphis pour enregistrer un nouvel opus : "Hush". Sous la houlette de Jim Gaines. Armée de sa slide, elle ne manque pas d'atouts. Avouons-le, surtout extérieurs. Féline et légère, elle est pourtant capable de mordre. En décrochant le WC Handy Award de nouvelle artiste, elle a déjà réussi la création d'un axe Belgrade Memphis. Elle n'a encore que 27 ans et peut donc voir venir.

En février 2003, elle revient à Memphis pour mettre en boîte cinq plages. Jim Gaines y signe la production. Deux mois plus tard, elle enregistre six autres titres. David Z (Buddy Guy, Jonni Lang) se charge alors de la mise en forme. Elle a bénéficié de la collaboration de ses musiciens. En l'occurrence Steve Potts aux drums, Dave Smith à la basse et Jack Holder à la guitare rythmique. Ces deux sessions sont sensiblement assez différentes.

Celle qui relève de Gaines débute de manière très électrique par "Don't bear down on me". S'appuyant sur l'efficacité de Jack Holder, l'assise rythmique est solide. Essentiellement rock, la base de cette plage concède de légers accents jazzy. "Love me again" persévère dans le même registre. Un périple dans le rock dont la structure emprunte beaucoup au blues. Contagieuse, cette plage affiche un énorme potentiel. Ana a sorti la slide. Al Gamble est à l'orgue et Jack dessine des arabesques boogie. La reprise du "Sitting on top of the world" de Howlin' Wolf n'est pas très respectueuse de l'original. C'est une certitude ! Mais imprimée sur un tempo assez élevé, elle transpire des effluves blues. La slide disserte allègrement et multiplie les effets sonores. Très propre, trop propre sans doute, exempt du moindre défaut, "Navajo moon" est un instrumental… plutôt insipide. Personnellement, j'estime que "Fool proof" est la meilleure plage de l'opus. Un blues rock assez agressif. La guitare est bien travaillée. Des chœurs féminins et l'harmonica de Lyn Jones renforcent la puissance de l'ensemble. Le titre maître relève de la première session concédée à David Z. Clairement funky, il contamine "Change my mind". L'accent est ici davantage appuyé sur la section rythmique. Bien mise en avant, elle est épaulée par l'orgue de Reese Wynans. Ana joue beaucoup sur les sonorités. Elle a volontiers recours à des artifices et avoue un goût très prononcé pour certaines tonalités jazz. Légèrement funk, "Night by night" est issu de la plume de Steely Dan. Une très belle composition qu'Anna est parvenue à retranscrire à sa manière. Elle use et abuse quelque peu de ses pédales, sans toutefois forcer la dose. Dadid Z aime remplir l'univers sonore. Chaque instrument apporte un élément au décor. "Need the help I can get" en est la plus belle démonstration. Composition bien cool à la balance instrumentale parfaite, "Recall the days" repose sur l'orgue Hammond de Wynans, pendant qu'Ana flirte sur les arpèges jazzy. L'elpee s'achève par "Jaco". Une note atmosphérique, très éthérée, caractérisée par des guitares acoustiques. Un exercice de style qui contraste avec l'ensemble de l'opus, mais qui apporte un petit air de fraîcheur à l'ensemble. Si vous souhaitez vous imprégner de la Popovic music, je vous invite à écouter ce disque à plusieurs reprises. Vous pourrez alors l'apprécier à sa juste valeur…