Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (33 Items)

Animal Collective

N’est-ce pas maintenant, Animal Collective ?

Écrit par

Animal Collective publiera son nouvel opus studio, « Isn't It Now ? » le 29 septembre 2023. Il a été coproduit et mixé par Russell Elevado (D'Angelo, The Roots, Kamasi Washington), une figure légendaire qui navigue au carrefour du hip-hop, de la soul et du jazz. C'est aussi un défenseur inébranlable de l'analogique. Il utilise sa maîtrise du matériel d'antan pour créer des repères modernes qui sonnent comme peu d'autres.

La structure d'Animal Collective a longtemps été celle d'un terrain de jeu, d'un espace ouvert où l'on peut s'exercer et se laisser aller à de nouvelles notions et influences, où l'on peut dire ‘Pourquoi pas ?’.

La formation nous propose un premier extrait de cet opus, "Soul Capturer". Hymne à notre malaise existentiel en ligne, il évoque tout ce qui peut vous séduire : la drogue, le sexe, un vieil ami à qui vous savez qu'il vaut mieux ne pas faire confiance, mais aussi, absolument et sans équivoque, l'Internet et la façon dont il peut vous faire sentir si bas, même dans vos moments les plus forts.

"Soul Capturer" est en écoute

Découpé en 20 plages, "Isn't It Now ? " inclut l'épopée de 22 minutes "Defeat", déjà publiée, ainsi que "King's Walk", un morceau que le groupe joue en concert depuis quelques années.

Animal Collective

La défaite d’Animal Collective…

Écrit par

Animal Collective publie aujourd'hui un nouveau single intitulé "Defeat". Enregistré sous la houlette du producteur Russell Elevado (D'Angelo, Kamasi Washington, The Roots) cette épopée de 22 minutes est une ode sans concession à la persévérance et à l'espoir, à la nécessité de rester ancré comme l'épicéa lorsque la terre semble se dérober sous nos pieds. ‘Qu'est-ce que nous sommes devenus ?’ chante Avey Tare dans un crochet irrépressible, criant la question d'une manière qui exclut que nous puissions encore devenir quelque chose de plus. Le final au ralenti de la chanson ressemble à une vision fantaisiste de ce qui nous attend : un endroit plus calme où nous pourrons prospérer ensemble, et non séparément. C'est la saga magnifique et rédemptrice d'Animal Collective condensée en une suite inoubliable, une chanson pour tenir bon alors que le monde tourne en avant, toujours plus vite.

"Defeat" a reçu le concours de quelques invités dont Samara Lubelski (violon), Leila Bordreuil (violoncelle) et Ben Chapoteau-Katz (saxophone). Et il est en écoute

L'album "Defeat" sortira en édition limitée le 25 août 2023 et sera accompagné de la face B "The Challenge (Live Edit)". "The Challenge" est un morceau complètement improvisé qui n'a été joué que devant un public et qui a été créé comme une introduction non répétée à la chanson "Strung With Everything" pendant que le groupe était en tournée l'année dernière. La version enregistrée qui figure sur le disque de 12 pouces a été collée à partir de 11 concerts différents entre mars et septembre 2022…

 

Animal Collective

Time Skiffs

Écrit par

 Si les prestations ‘live’ d’Animal Collective demeurent des sujets à controverse, il faut reconnaitre que ses enregistrements studio se distinguent par leur originalité et leur évolution. Et c’est une nouvelle fois le cas pour son 10ème elpee, « Time Skiffs », une œuvre qui brille par la richesse de ses harmonies vocales, ses textures séduisantes, ses mélodies flottantes et la complexité de ses rythmes. En outre, le groupe a multiplié, au cours des dernières années, des tas d’expérimentations et développé des projets audiovisuels. Si cet opus en revient à une forme plus pop, malgré le recours à une armée de synthés, il n’est pas pour autant dénué d’impulsions improvisatrices. On a même droit à de la lap steel sur « Dragon slayer ». Et même des tas d’instruments plus conventionnels comme des grattes (basse y compris), des drums, du xylophone (sur l’hommage à Scott Walker, « Walker », ainsi que « Passer-by ») et du saxophone sur « Royal and desire », un morceau de lounge exotique, sur lequel Deakin pose son baryton, pour la deuxième fois, depuis la naissance du band. Une forme d’exotisme, mais hawaïen, qu’on retrouve également sur l’ensoleillé « Strung with everything », une piste qu’illumine une pedal steel…

Animal Collective

Water Curses (EP)

Écrit par

Animal Collective persiste et signe. Le trio poursuit sa conquête à grande échelle de la planète indie en publiant un EP 4 titres, « Water Curses », quelques mois après avoir concocté le déjà incontournable « Strawberry Jam ». Parfaite continuité de ce dernier, le court exposé consiste tout simplement en une nouvelle preuve d’ingéniosité. Les quatre morceaux inédits créent une nouvelle brèche dans la frontière entre le rêve et sa part de folie. On en émerge certes moins confus qu’auparavant, leurs expérimentations n’ayant momentanément plus de secrets pour ses adeptes, mais nos esprits ressortent néanmoins toujours aussi émerveillés par la magie des invocations spirituelles de cette confrérie animale. Le champêtre « Water Curses » précède un « Street Flash » délassant et un « Cobwebs » étrangement familier. L’ensemble donne incontestablement un arrière goût de trop peu, mais peut-être est-ce là le but des membres de la formation culte. Ceux-ci clôturent leur courte intervention par un « Seal Eyeing » captivant, nous abandonnant sur place, pendus à leurs lèvres et impatients d’entrevoir les futurs délices et supplices qu’ils nous réservent...  

Animal Youth

Animal

Écrit par

Réunissant Guy Tournay (ex-Siamese Queens), Jérôme Damien (ex-Siamese Queens, Black Sheep ainsi que des très éphémères Coming Soon) et Hugo Claudel, Animal Youth constitue incontestablement, une des révélations belges pour l’année 2017. Avant d’enregistrer son premier opus, le trio basé à Bruxelles a accumulé une solide expérience en fréquentant les salles noir-jaune-rouge ainsi que plusieurs festivals estivaux, comme celui de Dour.

Si le noyau dur de la formation émane du punk-hardcore, il faut admettre que les jeunes animaux puisent surtout leur inspiration au cœur des 80’s. Ainsi, les mélodies glaciales et mélancoliques qui hantent « Darkest Place », « Rainy Day » ou encore « Sunday » adoptent certains codes institués par des groupes tels que The Cure, Jesus and Mary Chain. Notamment. La reverb dans les vocaux et les accords de grattes sont omniprésents. Les nappes de claviers sont discrètes. La ligne de basse est caoutchouteuse. Cependant, les instincts primaires ne sont pas toujours gommés. Et ressurgissent épisodiquement. Les cordes de guitare deviennent alors davantage incisives, acérées même. Celles de basse, tranchantes. Ainsi, « Eat you Alive », « Love You (When You’re Dead) » et « To Burn is the Next Big Thing » partagent une même vision post punk que des combos comme Protomartyr ou A Place to Bury Strangers.

Quoi qu’il en soit, proche de l’hibernation ou de la furie, les pistes du premier long playing d’Animal Youth sont alléchantes. Et d’une efficacité redoutable !

 

Animal Collective

Painting with

Écrit par

Si en live, les musiciens d’Animal Collective sont comparés à des astronautes à la dérive, il faut reconnaître que sur disque, ils débordent de créativité. Et c’est à nouveau le cas pour « Painting with », leur dixième elpee studio. L’originalité de cet opus procède de l’utilisation des vocaux. Bien qu’harmonieuses et abordées dans l’esprit des Beach Boys, les syllabes de mots sont découpées suivant un processus technologique ; ce qui rend le processus totalement désorientant. Pour ne pas dire hallucinogène. Le single qui ouvre l’opus, « Floridada », en est sans doute la plus belle illustration. Et ce sont ces voix –parfois utilisées sous la forme de questions/réponses– qui servent de fil conducteur à une configuration alternative de psychédélisme sonique, aventureux, entretenue aussi bien par l’instrumentation organique que les beats, loops, samples et autres bidouillages électroniques. Vraiment bluffant !

Glass Animals

Doucement les basses !

Écrit par

Beaucoup de monde, ce mercredi 12 novembre à l’AB. C’est sold out dans la grande salle pour Starflam, tout comme au Club pour Glass Animals. En bas, le public réunit essentiellement des ados boutonneux. Beaucoup de filles, également. Boutonneuses aussi. Votre serviteur est allergique aux boutons. Alors, mieux vaut se rendre à l’étage. Au Club, plus précisément. Où Glass Animals va se produire. Pas de supporting act. Le set va donc commencer à 21 heures. Et durer 60 minutes. Faut dire que le combo insulaire n’a que deux Eps (un éponyme remontant à 2012 et « Leaflings » en 2013) et un seul elpee à son actif, « Zaba ». Paru en septembre dernier, il a bénéficié du concours de Paul Epworth à la mise en forme, un producteur notoire qui a notamment bossé pour Adele, Florence and The Machine et Bloc Party. Plébiscitée par le NME, cette œuvre est inspirée d’un conte pour enfants écrit par William Steig, « The Zabajaba Jungle ». Enfin, leur prestation accordée à l’AB, en première partie de St Vincent, avait totalement convaincu.

A l’instar de Spring Offensive, Glass Animals nous vient d’Oxford. Quatre potes qui ont fréquenté le même collège. Ils ont monté leur groupe en 2010, mais se connaissent donc depuis l’âge de 13 ans. Le line up réunit le chanteur/guitariste à la gueule d’ange, Dave Bayley, le drummer Joe Seaward, le second gratteur Drew MacFarlane et le bassiste Edmund Irwin, ces deux derniers se consacrant également aux claviers.

Leur musique évoque à la fois Alt-J, Wild Beasts, Foals et Radiohead (époque « In Rainbows »), le fruit d’un cocktail de pop, de rock, d’électro, de hip hop et de r&b.

Vu le matos en présence sur les planches, il faut reconnaître que la scène est étroite. Le drummer s’est planté à droite, et tous les autres musicos sont en ligne, Edmund occupant la place centrale. Dave est le seul à mouiller sa chemise, sur l’estrade. Il dialogue avec le public. Les autres membres ne pipent pas un mot.

« Psylla » ouvre le show, un titre paisible et atmosphérique. La voix évoque instantanément Thom Yorke. A cet instant, en fermant les yeux, les images de la vidéo vous traversent l’esprit, celles de plantes poussant sur les blessures des cadavres. Première plage issue de « Zaba », « Black Mambo » entre dans le vif du sujet. Les nappes de claviers se superposent, alors qu’un filet de guitare libère une tonalité acérée. Dave abandonne sa six cordes pour se consacrer uniquement au chant sur « Exxus ». Malheureusement, les interventions de basse sont trop envahissantes et je me réfugie au fond de la salle, près de la table de mixage. Avant d'entamer « Gooey », Dave demande si tout va bien. Hormis le retour des sonorités de basse, oui… Mais grâce aux bouchons dans les oreilles, ça passe. Au départ plus élaborée, « Walla Walla » est une compo amorcée par des bruitages de machines, avant de vous inviter à rejoindre le dancefloor. La section rythmique est percutante. Peut-être même un peu trop pour les tympans. Ce qui provoque l’exode de quelques spectateurs. Pourtant, à partir, d’« Intruxx », l’ingé-son semble avoir trouvé l’équilibre. Et « Hazey », très dansant, passe bien la rampe. Plus cool, « Toes » met l’accent sur les harmonies vocales. Et bonne nouvelle, la ligne de basse s’intègre beaucoup mieux à l’ensemble. Une impression qui va se confirmer lors des morceaux suivants, jusqu’à la fin du concert, qui s’achève par « Flip », « Cocoa Hooves » et « Wyrd ».

En guise de rappel, Glass Animals adapte le « Love Lockdown » de Kanye West, une cover dynamique, surprenante et dansante. Et clôt le spectacle par le hit « Pools ». Une prestation dont on retiendra surtout –hormis pour le chanteur– le manque de vivacité manifesté par les musicos, et puis un problème de basse, réglé à mi-parcours. Et vous pouvez revoir ce concert en streaming ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Animals As Leaders

Techniquement (sur)doués…

Écrit par

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…  

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

Men Among Animals

Buried handsome

Écrit par

Bien que fondé en 2006, ce groupe danois n’est guère notoire chez nous. Si à l’origine, le line up de Men Among Animals comptait cinq musicos, le quintet est aujourd’hui réduit à un trio. « Buried handsome » constitue son troisième elpee. Un disque enregistré en une semaine. Difficile de croire que le band soit parvenu à un tel résultat, en si peu de temps, vu le soin apporté au sens mélodique et aux arrangements.

Une œuvre au cours de laquelle, la formation démontre qu’elle est capable de se frotter à une multitude de styles tout en demeurant créative. Et de les maîtriser à la perfection. Chaque compo baigne au sein d’une couleur et d’une atmosphère différentes. Et lorsque le chanteur vit profondément les lyrics de sa chanson, (« Breathe When You’re Dead »), on pense immédiatement à Detachment Kit voire à The Antlers. Mais si l’elpee recèle des plages qui trempent dans la pop sucrée (« Kathy »), il nous réserve également de l’indie-rock réminiscent de Menomena (« Common in a Special Way »), du folk (« They Build a Colony ») et même de l’électro (« Neighborhood »). Un feu d’artifice d’humeurs et de genres ! Mais surtout un véritable régal pour les oreilles. A recommander si vous appréciez 31 Knots, Menomena (NDR : of course !) ou encore Maps & Atlases…

 

Animal Kingdom

The Looking Away

Écrit par

De drôles d’animaux, ces lads d’Animal Kingdom. Ces Anglais sont signés aux States, par Mom+Pop, le très hype label qui héberge également Andrew Bird, Poliça, FIDLAR et Wavves. Notamment. « The Looking Away » constitue le second opus du trio. Il fait suite à « Signs and Wonders », sorti en 2009. Alors que leur premier essai avait été mis en forme aux Etats-Unis par Phil Ek (Fleet Foxes, The Shins), le nouvel elpee a bénéficié du concours de David Kosten (Bat For Lashes), à Londres. Mais pas question pour autant de revirement brit-pop, car c’est toujours du côté des USA qu’Animal Kingdom lorgne, et en particulier vers la pop psyché chère à MGMT (« Get Away with it ») ou alors plus vaporeuse de Mercury Rev (« Straw Man »). Célestes, leurs compos sont hantées par la voix d’ange de Richard Sauberlich. Les guitares se marient aux sonorités électro pour former de petits hymnes. Ce qui devrait propulser Animal Kingdom aux premières loges de l’indie-pop mondiale. Car pour l’instant, le groupe doit se sentir un peu trop à l’étroit au sein de son petit royaume !

 

Conquering Animal Sound

On floating bodies

Écrit par

Conquering Animal Sound est un duo réunissant Anneke Kampman et James Scott. Nos compères sont tous deux issus de Glasgow, en Ecosse. Leur style ? De l'électro-pop principalement indie.

 eu notoire sur le Cieux Continent, le band rencontre un succès croissant outre-Atlantique. Et après avoir écouté l'album, on peut le comprendre : le duo dispose incontestablement d'un certain savoir-faire !

« On Floating Bodies » constitue leur second elpee. Il fait suite à « Kammerspiel », paru en 2009. Découpé en 11 titres, le nouvel opus propose une électro plutôt dynamique, même si certaines pistes se révèlent moins percutantes. Et souffrent d’un manque de constance dans le tempo.

Ainsi, si « Warn Me » ne manque pas de charme, parvenant à établir un parfait équilibre entre mélodie, style et chant, « No Dream » et « I'll be your mirror » manquent de ‘punch’ et font retomber le soufflé.

Mais le point fort du groupe, c’est incontestablement la voix de la chanteuse. Energique et pétillante, elle me fait inévitablement penser à Björk.

Une bonne raison pour se procurer cet elpee, même si on aurait aimé davantage de maîtrise et d’énergie dans le rythme.

 

Lost Animal

Ex Tropical

Écrit par

A force de l’emmener partout avec moi depuis quelques jours, j’ai fini par égarer cet album.

Pourtant, ses mélodies suavement addictives et ses rythmes langoureux ne me quittent pas pour autant.

La nuit, les relents chaloupés de Marimba et autres saveurs exotiques viennent encore fouetter mes tympans lors de caresses langoureuses qui appellent au retour sur les plages chaudes et acidulées d’« Ex Tropical ».

Un élixir sonore qui prend à la gorge dès la première lampée.

D’emblée, « Beat Goes On » vous signifie que vous pénétrez une terre sulfureuse, venimeuse, faussement innocente.

La voix nasillarde insuffle une distance bien vite ramenée à peau de chagrin, jetée négligemment sur la carrure imposante de ce duo issu de Melbourne.

On vacille, on tangue, on chavire au fil des écoutes répétées de ce disque, diablement original, malicieusement entêtant.

On explore différentes facettes, différents horizons, différents états d’âme, on se laisse diluer dans ces ambiances ouatées, et emporter par le cours de ces sillons hypnotiques ou avaler dans ces mers agitées par des vagues de synthé obsédantes et on en redemande.

Mais bon sang, où ai-je laissé cet album dont j’ai bien du mal de me passer ????

 

Animal Collective

Centipede Hz

Depuis la sortie de « Strawberry jam », Animal Collective est devenu un groupe presque culte. Un statut qu’a confirmé « Merriweather Post Pavilion », leur disque le plus accessible à ce jour. Puis, lassé par une interminable tournée, le groupe a décidé de prendre une pause, histoire de se ressourcer. Nous étions en 2009. Le come back du band a donc incité Deakin à rentrer au bercail.

La formation new-yorkaise opère un mélange unique, versatile et avant-gardiste entre psychédélisme et free folk. Alimentée par des synthés, bruitages, jingles, bleeps, percussions et vocalises triturées ou pas (NDR : stridulantes ou flottantes, selon), sa musique est à la fois nerveuse et empreinte de charme. Elle nous entraîne, le plus souvent, au cœur d’un voyage étrange, hanté à la fois par les Beach Boys, les Flaming Lips, le Mercury Rev originel et Yeasayer.  

Lors de l’enregistrement de cet opus, le quatuor a voulu en revenir à une expérimentation plus pointue. Et s’il parvient à communiquer une belle intensité aux différentes compos, tour à tour contagieuses, accessibles, ambitieuses, capricieuses, déjantées, discordantes ou intrigantes, l’ensemble se révèle quand même plutôt bordélique et ne vous laisse que peu de temps pour reprendre votre souffle. Bien sûr, lorsqu’ils sont trempés dans le dubstep et la techno, les beats et loops électroniques sont parfaitement soutenus par la ligne de basse et dessinent un trip de danse hypnotique. Et puis, il y a cette rythmique. Tantôt doucereuse, tantôt agitée. Mais au final, en gravant « Centipede Hz », Animal Collective a décidé de redevenir un groupe défricheur. Et à ce titre, il mérite qu’on leur tire son chapeau… 

 

Animaux Surround

Booking Rooms

Écrit par

Seul chez lui, Isidor Hibou a donné vie à son projet, Animaux Surround. Projet en solitaire que le Français dirige d’une vraie main de maître. De la composition, à la production en passant par la réalisation, l’artiste mène la barque. Touchant également à la photographie, il a même réalisé l’artwork de son premier Ep, « Booking Rooms ». Isidor Hibou est donc l’exemple type du DIY. De l’autodidacte, si vous préférez !

L’album s’ouvre par un premier morceau manifestement influencé par la new wave/électro anglaise des années 80. Les loops de synthés en sont la plus belle illustration. Plutôt glacée à premier abord, la musique d’Animaux Surround se réchauffe progressivement. Sur « Awake », le piano et la voix sont admirablement valorisés par de petites touches électroniques dans un style qui peut parfois rappeler le « Kid A » de Radiohead. Une accalmie de brève durée, puisque dès le morceau suivant, le rythme est à nouveau soutenu et l’énergie dispensée plus palpable. Les percussions ‘exotiques’ et la guitare font leur apparition. Par la suite, Animaux Surround incorpore des ‘cut-up’ de films et journaux. Le disque s’achève par « Booking Rooms » une plage qui nous plonge au cœur d’une ambiance davantage ténébreuse et inquiétante.

Si la mise en forme de cet Ep n’est pas parfaite, le reste l’est bien. Pour un premier essai, Isidor Hibou est parvenu à épater la galerie. Bien sûr, tout n’est pas impeccable ; mais il faut rappeler que ce « Booking Rooms » a été réalisé, de A à Z, par une seule et même personne. Et à ce titre, on ne peut que s’incliner. 

 

Plants and Animals

La La Land

Écrit par

Plants and Animals n’est pas une association de protection de la nature. C’est un combo indie-rock issu de Montréal, réunissant Warren Spicer, Nic Basque et Matthew Woody Woodley (alias Woodman), respectivement guitariste, guitariste, et batteur ; tous trois se partagent également les vocaux. « La La Land » est si hétérogène qu’il est impossible de le réduire à quelques mots.

L’album commence par un titre indie, intitulé « Tom Cruz ». « Swinging Bells », dans le même esprit, évoque Ramona Falls, les grands espaces ; mais il y a un je ne sais quoi qui cloche. « I wan’t to be your american idol » propose un son rock plutôt vitaminé, sur des mélodies auxquelles le terme canadien de niaiseuses sied plutôt bien. Les textes, eux, sont volontairement légers. Un saxophone s’époumone, la chanson vire chansonnette, le slogan du titre est répété plus que nécessaire.

Mais, alors que l’on se surprend à penser que ce disque ferait une parfaite cale pour cette table qui brinqueballe dans le salon, on entend « Undone Melody », et on se ravise. Le morceau est bien foutu. Il commence délicatement, fait penser à Jeff Buckley, subtil mélange de force et de fragilité. Le titre s’étire, se matelasse avec les voix des deux comparses, puis d’instruments à cordes (sûrement ce qui a valu au groupe d’être comparé à Arcade Fire, mais là, je mets mon véto). Suit « Yon Tiki », ballade mi-joyeuse mi-mélancolique, aux notes de guitares rebondies comme les joues d’un bébé bien nourri. Elle parle d’une fille rencontrée dans un hôtel, et des Gipsy Kings. « Game shows » reste dans la lenteur, et l’on jouit pleinement de la voix enjolivée par le piano et une guitare sobre mais efficace. Le « Mama Papa » qui suit, au rythme très rapide, binaire, marqué par la batterie, ressemble aux Red Hot Chili Peppers des années 2000. Pas bien neuf. De nouveau arrive une bonne surprise, « Fake it » et ses effets de réverbération, la voix qui semble s’étrangler, poignante, sur une mélodie sombre, à la Calexico. « Future from the 80s », qui sent un peu le Prozac, laisse place à une armée lointaine de cuivres résonnant à l’horizon. Pour terminer, l’album darde un dernier titre au son plus crado, guitares et voix saturées.

Plants or animals ? Lard ou cochon ? Un band qui a l’air d’hésiter entre un rock qui met de bonne humeur et quelque chose de bien plus intéressant, qui scrute les sombres recoins de l’âme, utilise ses faiblesses. Le souci étant qu’à force d’indécision, on risque de se retrouver dans un entre-deux, tiédasse, grisâtre, pas franchement enclin à marquer les esprits.

 

Anima

Spasenje

Écrit par

Du Métal Pour Pas Un Balle…

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Aujourd’hui nous nous rendons à Kikinda en Serbie (ex-Yougoslavie), pour découvrir le métal progressif et atmosphérique d’Anima. Fondé en 2004 sur les cendres d’Armadillo, un combo hard rock qui écumait la ville depuis des années, Anima est le fruit du désir partagé entre Vanja Grastic (guitare) et Imre Nemeth (batterie) de créer une musique libérée de toutes les pressions et de toutes les règles. La biographie du groupe énumère de nombreux changements de personnel mais nous ne retiendrons que les musiciens qui ont participé à l’enregistrement de l’album. Outre Vanja Grastic et Imre Nemeth, nous retrouvons Marko Andelic au chant et à la basse, Janko Petrovic à la guitare et à la clarinette ainsi que Marta Petrovic au chant et aux claviers.

Il faut bien avouer qu’une fois de plus, Internet nous gâte. L’album « Spasenje », proposé par Anima en téléchargement gratuit (mp3/320kbps - Artwork complet inclus) sur son site officiel (http://www.animabend.com), est d’une qualité assez exceptionnelle. Les amateurs de métal progressif, de mélodies ciselées et surtout de guitares acérées y trouveront leur compte à coup sûr. Et pour cause : la paire de six-cordistes constituée par Grastic et Petrovic s’y entend comme personne pour distiller de superbes soli (NDR : jetez donc une oreille sur l’instrumental « Anima »).

Si le chant en serbe peut s’avérer un peu déroutant, il n’est cependant dérangeant que si on désire absolument comprendre le sens des paroles.

En dix titres pour cinquante minutes, Anima propose une musique disposant de toutes les spécificités requises pour un disque de métal progressif : mélodie, dextérité instrumentale, changements d’humeurs et d’ambiances. Pas facile dès lors de savoir si, au final, Grastic et Nemeth estiment avoir atteint l’objectif qu’ils s’étaient fixés : concocter une musique libérée des contraintes et des règles. Peu importe. « Spasenje » est une réussite et c’est bien là l’essentiel.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Anima !

Super Furry Animals

Dark Days / Light Years

Écrit par

Les membres de Super Furry Animals sont terriblement prolifiques. « Dark Days / Light Years » constitue déjà leur neuvième elpee en 13 années d’existence (NDR : sans tenir compte de leurs projets parallèles…) Malheureusement, cet opus risque fort de ne pas les extraire d’un relatif anonymat au sein duquel le groupe semble désespérément enlisé de ce côté de la Manche. La bande à Gruff Rhys pratique pourtant un pop/rock inspiré et mélodique. Alors une explication à ce manque de succès ? Sans doute la manière de placer la voix au même niveau que l’instrumentation. Et puis un penchant pour la structure bordélique. Ce qui pourrait expliquer en partie leur insuccès.

« Dark Days / Light Years » n’est peut-être pas leur meilleur album. Motif : il manque de fortes mélodies. Mais se situe toujours dans le haut du panier de la pop-rock anglaise. Pourtant, l’entrée en matière est plutôt indigeste. Et pour cause, « Crazy Naked Girls » est trop long et surtout agaçant. Mais la suite est bien plus intéressante, révélant une dizaine de morceaux de toute bonne facture, parmi lesquels j’épinglerai le très réussi « Helium Hearts » ainsi qu’« Inaugural Trains », une compo ‘eurodance’ imprévisible que Nick Mc Carthy des Franz Ferdinand soutient de ses vocaux dans la langue de Goethe. On finira par croire que Cardiff est devenue la capitale de la pop loufoque et bizarroïde. Une chose est sure, ces doux rêveurs ne doutent de rien et cherchent constamment à fuir les étiquettes. Autre certitude : des racines profondément ancrées dans la culture galloise. Très attaché à ses origines, le groupe achève d’ailleurs son album par deux morceaux interprétés dans ce dialecte. Vous pensiez peut-être qu’il n’existait pas de langue moins mélodique que celle de nos cousins germains. Après avoir écouté « Liliwau Llachar » et « Pric », vous reconsidérerez votre jugement, car cet idiome ne s’en tire pas mal non plus. Deux titres paradoxalement de toute bonne facture. Caractérisé par son crescendo électro et sa durée de 10 minutes, « Pric » lorgne manifestement vers Daft Punk. 

Ce nouvel opus de SPA est agréable à écouter ; cependant, si vous connaissez mal Super Furry Animals, je vous conseillerai plutôt de vous procurer un « Best Of ». De manière à mieux cerner leur style, à travers des compos accessibles. Véritables stars dans leur Pays de Galles natal, les musiciens fous de Super Furry Animals demeureront probablement toujours aussi incompris. Et ce n’est pas la sortie de ce « Dark Days / Dark Years » qui changera leur statut. C’est bien dommage ; mais les secrets cachés ne sont-ils pas souvent les plus excitants ?

 

Animal Collective

Qu’ils retournent dans leur cage, et vite !

Écrit par

Responsable d’un remarquable album (NDR : « Merriweather Post Pavilion », probablement déjà un des ‘musts’ pour 2009), la formation new-yorkaise passait par l’Aéronef ce 19 mars 2009. Normal dès lors de caresser l’espoir que la transposition en ‘live’ de leur petit chef-d’œuvre soit de la même trempe. C’est-à-dire retrouver cette musique oscillant de la pop éthérée à la noise, en passant par le folk tribal, le néo-psychédélisme et le minimalisme électronique. Et surtout ces superbes polyphonies vocales. Mais en mon fors intérieur, je me demandais quand même comment ils allaient gérer leur cocktail d’influences, puisées aussi bien chez Mercury Rev, Terry Riley, New Musik, Pet Shop Boys, les Beach Boys, Syd Barrett ou encore Aphex Twin, sur les planches. Mauvaise nouvelle, leur principal guitariste Deakin s’est provisoirement retiré du projet. Il n’avait d’ailleurs pas participé aux sessions d’enregistrement du denier elpee. Mais apparemment, donc, ce changement de line up n’avait guère affecté leur muse. C’est ce que m’expliquait un confrère, qui avait assisté à leur prestation, la veille à l’AB. Epoustouflante, paraît-il !

Il revenait à Pantha du Prince d’ouvrir les hostilités. Comme le mercredi, à Bruxelles, d’ailleurs. Alias Hendrick Weber, ce DJ, producteur, compositeur et bassiste est réputé pour son recours au Schaffel beat, soit un rythme syncopé glissant rapidement du classique 4/4 au 6/8, 3/4 voire 12/8 (NDR : il doit avoir la bosse des maths !) Ne m’en demandez pas plus, je suis totalement ignare en la matière. Il s’installe derrière un pupitre drapé de noir. Au milieu du matos d’Animal Collective. Et il se lance dans un set d’une bonne demi-heure, au cours duquel il va tourner des boutons et de temps à autre à frapper une sorte de cloche à l’aide d’une tige. Paraît que ces variations rythmiques sont destinées à faire remuer les corps. Comme lors d’une transe vaudou… En fait, si le sexe féminin a pu admirer un beau garçon qui pourrait facilement poser pour des magazines de mode, je dois avouer que sa prestation m’a laissé de glace. Et en observant plusieurs de mes voisins bâiller, j’ai la nette impression que je n’étais pas le seul dans le cas.

Place au trio Animal Collective. On a enlevé le pupitre de Pantha du Prince pour ne laisser que ceux du trio, habillés d’un drap de couleur blanche. Pour en dissimuler les fils, c’est évident. Geologist s’installe à gauche de la scène. Il éclaire ses gestes d’une lampe frontale. A droite, Panda Bear se plante derrière le sien. A côté de lui, on discerne une cymbale et un tom dont il ne jouera qu’épisodiquement. Au milieu, Avey Tare se partage la guitare et deux claviers sis de chaque côté de lui. Au fond de la scène, on aperçoit également un tom et une cymbale. Encore des percus subsidiaires. Une énorme boule blanche est suspendue au-dessus du groupe. Au fil du show, quelques images psychédéliques y seront projetées. Le light show est on ne peut plus minimaliste. D’ailleurs, pour immortaliser le moindre cliché, les photographes ont galéré toute la soirée.

Bref, venons-en au set proprement dit. D’abord, les beats (NDR : parfois dub) imposés par Geologist plombent toutes les compositions. On est même scotché sur place tant ils sont puissants. J’essaie de reconnaître l’un ou l’autre morceau, mais la bouillie sonore est tellement déstructurée, qu’il est difficile de s’y retrouver. Panda et Avey se réservent les vocaux. Des harmonies qui nous avaient enchantés sur les compos de leur album. Mais ici, on n’entend plus que des onomatopées réverbérées. Manifestement, le groupe a décidé de privilégier l’électronique expérimentale. Et de nous noyer sous des nappes de sons basées sur la répétition. Que ce soit des bruits, des voix, des infrabasses, des rythmes et de tout le saint tremblement. Sur la musique aussi, on suppose… Paraît qu’il faut s’immerger dans leur univers pour en prendre conscience et espérer qu’un moment subliminal se produise. Ce serait du néo-surréalisme (NDR : qui a dit néo-libéralisme ?) Si on veut ! Faudrait alors qu’ils s’expliquent de manière approfondie sur le concept. Parce que tout ce que j’ai pu lire à leur sujet me donne l’impression d’être en présence d’un hype. Que la presse spécialisée s’est empressée de faire mousser, pour paraître branchée. En consultant la presse écrite et celle du web, j’ai même eu la nette impression qu’ils n’avaient pas grand-chose à raconter d’intéressant. C’est peut-être la raison pour laquelle, ils n’ont pas souhaité (NDR : ou leur label) qu’ils s’expriment auprès de Musiczine. L’épreuve du ‘live’ de votre serviteur va durer 55 minutes. Et puis basta ! Franchement, qu’ils se concentrent sur leurs disques. Ce sont des maîtres dans le domaine. Mais pour la scène, après plus de 40 ans de bouteille dans l’univers du rock, il ne faut plus me la faire…

Organisation Aéronef Lille.

 

Animal Collective

Merriweather Post Pavilion

Écrit par

L’année ne fait que commencer ; et pourtant ce disque devrait déjà figurer parmi les meilleurs albums de l’année 2009. Il s’agit déjà de leur neuvième livraison. Panda Bear, Avey Tare et Geologist viennent ainsi de réaliser leur opus le plus abouti de leur pourtant déjà riche carrière. Et il devrait être celui de la consécration (NDR : tellement) méritée après avoir vécu de longues années dans un semi-anonymat. Les trois prodiges de Baltimore (Maryland) sont parvenus à réaliser, tout au long de « Merriweather Post Pavilion », l’équilibre idéal entre l’électro expérimentale des premiers elpees (NDR : notamment sur « Hollinndagain »), le psyché folk de « Feels » et les mélodies plus abordables de « Strawberry Jam ».

Au fur et à mesure de leur carrière, les trois génies américains ont marqué de leur sceau les scènes folk et rock alternatives. Des Anglais de Fuck Buttons aux Néo-zélandais de Ruby Suns, en passant par les Américains de Le loup, la musique d’Animal Collective a influencé un nombre impressionnant de groupes contemporains.

Une fois passée l’intro, vous vous retrouverez face à une explosion de sons destinés à titiller vos sens. Lorsque les voix de Panda Bear et d’Avey Tare entrent scène, c’est l’extase sonore. Jamais les trois musiciens n’ont paru aussi en phase entre eux. Les harmonies vocales s’enchaînent et sont soutenues par des beats posés de main de maître par Geologist. « My girls », « Glass Eyes », « Bluish » apparaissent comme autant de pépites rappelant les Beach Boys. Dynamisé par des beats afro, « Brothers Sport » est plus efficace pour se réveiller qu’une douche froide en hiver. Après avoir écouté les quatorze titres de l’elpee, il ne vous suffit plus qu’à les réécouter afin d’en découvrir les innombrables subtilités. Malgré une pochette d’un mauvais goût, ce disque est une véritable mine d’or. Chaque écoute vous révèlera de nouvelles et inattendues surprises.

 

Super Furry Animals

Hey Venus!

Écrit par

'Du huitième album de la joyeuse troupe galloise des Super Furry Animals, on est assez triste d’émettre la constatation suivante : ni mauvais ni vraiment bon'. C’est ce que soulignait la chronique d’un de nos confrères des Inrocks. Et je partage entièrement ce point de vue. « Hey Venus! » manque manifestement de culot. Enfin, celui dont on aurait pu rêver. Super Furry Animals a beau être un excellent groupe de scène, on a l’impression que leurs compositions sont constamment issues du même moule. Pourtant, les premières chansons de « Hey Venus! » trempent dans une pop savoureuse ; et notamment « Show Your Hand », fragment qui aurait pu relever d’un elpee d’Harry Nilsson. Malheureusement, on reste assez vite sur sa faim. Les plages suivantes ne parviennent jamais à décoller, même si le thème principal de l’œuvre tient bien la route. Et sert de ligne de conduite. Il dépeint le parcours d’une jeune femme qui imagine changer son destin, en quittant la campagne pour la capitale ; cependant, son aventure n’est pas aussi idyllique qu’elle aurait espéré… On flashera quand même sur le remarquable artwork, dont le combo est coutumier ; mais c’est largement insuffisant pour changer la donne. Pour votre info, il a été réalisé par l’artiste japonais Keiichi Tanaami. On ne peut qu’espérer une revanche digne de leur prestigieux passé. A l’instar de « Rings Around the World », qui avait marqué le début du nouveau millénaire, de son empreinte.

Animal Collective

Strawberry Jam

Écrit par

Entres les projets solos de Panda Bear, la meute d’Animal Collective à repris le chemin des cuisines afin d’y préparer dans une marmite en cuivre une recette bien perso : la confiture de fraises ! En fins stratèges du son, le combo fait passer les titres, les univers déjantés, et les compos ‘patchworkées’ sous des airs de bricoleurs tâtonnants. Mais peu de gens tombent encore dans le panneau, assurés depuis belle lurette que tout ce foutoir sonore a un sens logique, voire même méthodique. Bruitistes dans l’âme, ils semblent avoir gratté le fond de la pop folk pour enfin passer à un travail beaucoup plus mature. Fini le temps du chaos issu de potaches venus s’éclater. Les voix ont pris un sens plus posé et les mélodies sont cousues avec plus de précision. Un revirement étonnant, vu la tendance naturelle à foutre le bordel. Une situation si souvent répétée sur les précédentes galettes. Mais « Strawberry Jam » garde cet air enfantin, cette envie de soleil et d’énergie qui est un peu le fond de commerce de cette bande de potes de Baltimore. Apostrophées par des sons sortis d’on ne sait trop où, les neuf pistes se tartinent avec générosité et facilité sur le pain un peu desséché de nos vies. « Strawberry Jam » recèle, à l’instar des précédents opus, quelques petites perles à enfiler les unes derrière les autres, comme pour confectionner un collier. « Peacebone » et son intro décoiffant et hypnotique, « Unsolved Mysteries » accompagné au banjo et orgue de barbarie désarticulés, « Chores » et sa transmission d’énergie, « Fireworks » et sa chorale d’allumés… Chacune des pistes recèle sa spécialité, son cachet et ses ingrédients. Le tout mélangé et cuit à feu doux, procure bonheur, réconfort, et même pas de caries… A déguster sans la moindre modération, il va de soi …

Page 1 sur 2