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Marie-Laure Béraud

Certains jours, Marie-Laure Béraud

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Après plusieurs années de silence, Marie-Laure Béraud signe son grand retour. Elle a ainsi gravé un nouvel elpee intitulé « Certains Jours », un album lumineux et sans compromis. Elle s’y livre avec une sincérité brute, entre fantasmes et récits intimes, oscillant entre rêveries et brusques éclats de réalité.

Pour donner vie à ces chansons, elle s’est entourée de collaborateurs : Clément Nourry (guitares) imprime sa marque, à la fois désinvolte et ardente, évoquant Ry Cooder ou Mac DeMarco. Yannick Dupont insuffle une énergie singulière à la batterie, Ted Clark ancre l’ensemble par une basse élégante et inventive, tandis que Nicolas Michaux ajoute ses guitares, claviers et sa production subtile, à la fois précise et organique.

Entre tango poétique (« Et voilà »), confidences nocturnes aux accents d’Air et de Dani (« La nuit retient »), ou virage punk rock inattendu avec la relecture de son tube de 1986, « C’est pas le Pérou », Marie-Laure déjoue les attentes et multiplie les registres. On la retrouve aussi dans une version envoûtante de « Viens Simon », qui tangue entre la BO d’ « Arizona Dream » et les audaces de Grace Jones. Et lorsqu’elle se prélasse avec espièglerie sur « Encore le temps », c’est une artiste libre et joueuse qui apparaît, capable de toucher sans détour.

Marie-Laure Béraud livre un disque riche, traversé d’élans contrastés, qui rappelle que son art reste singulier, vibrant et profondément humain.

Le single « Les femmes de l'ombre » est en écoute 

 

 

Aurelia Aurita

The sound of a heart beating (Ep)

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Aurelia Aurita, c’est le nom scientifique de la méduse commune, également appelée méduse lunaire

Mais c’est aussi le patronyme choisi par une jeune formation issue de Camberra, en Australie, dont le cœur bat quelque part entre dream pop, shoegaze et rock alternatif.

Depuis septembre 2023, la formation a gravé plusieurs singles et trois Eps, dont « Spiraling », « The sound of a heart beating » et « 160mg C8H10N4O2 !! »

Les 3 Eps d’Aurita d’Aurelia Aurita sont en écoute sur le Bandcamp du groupe, que vous retrouverez aisément en cliquant sur son nom, dans le cadre ‘Informations complémentaires’.

Podcast # 46 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Lauren Daigle

L’évangile selon Sainte Lauren…

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Auteure-compositrice-interprète de musique (chrétienne contemporaine évangéliste), Lauren Daigle comptabilise plus d’un milliard de streams sur la toile et continue à accorder des concerts dans le monde entier. Elle se produisait ce 9 juillet à l’Ancienne Belgique, pour la circonstance, en configuration ballroom, devant 900 âmes…

Conjointement à ses performances musicales, Lauren participe activement à l’éducation musicale, au travail avec des jeunes à risques et à la prise en charge des enfants, des personnes âgées et dans le besoin par l’intermédiaire de The Price Fund, une organisation qu’elle a fondée en 2018. À ce jour, elle a fait don de plus de 2,5 millions de dollars à 42 associations à but non lucratif dans le monde entier. Une personne charitable, dans le sens le plus noble du terme. Née en 1991, Lauren a été élevée dans une famille évangéliste à Lafayette, en Louisiane, mais également au son du cajun, du blues et du zydeco. Elle se met à rêver de partir en tournée au cours de laquelle elle sera entourée de la foule, venue la voir chanter ; mais à l’âge de 15 ans, elle est contrainte au confinement chez elle pendant 2 ans après avoir contracté une maladie. Elle se met alors à lire la Bible. Elle l’affirme encore à ce jour que c’est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Pourtant, elle ose depuis peu quelques chansons d’amour en faisant le pari de conquérir un public plus large.

Elle a emporté dans ses bagages Benjamin William Hastings, afin d’assurer le supporting act. Et c’est également un homme de foi. Il sera d’ailleurs pas mal question de religion, au cours de cette soirée…

Ce chanteur/compositeur nord-irlandais a grandi dans les rues de Belfast mais a passé la majeure partie de son adolescence à Sydney, en Australie. Il a milité au sein de Hillsong United, formé en 1998, qui a publié 6 elpees composés essentiellement de chants religieux. Il est le cerveau poétique derrière les productions les plus grandioses du collectif, telles que « So Will I (100 Billion X) », « Seasons » et « Highlands (Song Of Ascent) ». Ce soir il se produit en solo. Sa voix, sa guitare, son banjo, son piano et son MPD. Il possède une bonne bouille, un superbe organe vocal et un élégant toucher de cordes.

Dès le début du set, il déclenche son MPD qui lance des beats électro, empoigne un banjo et demande au public s’il se sent bien.

Sa voix est ample. Puissante, elle évoque celle de Bon Jovi, mais elle est aussi capable de virer à la soul ou au gospel. En bref, elle séduit ou arrache littéralement les tripes. Outre sa dextérité derrière les ivoires, il a le bon goût de soigner l’aspect mélodique. Il prêche quand même, parlant de Jésus, la religion, mais heureusement sans nous infliger un bourrage de crâne. D’ailleurs, une belle interaction s’établit avec le public, et se maintiendra tout au long de son récital (voir sa page 'Artistes' ici)

Une tenture est tendue en arrière-plan. Elle représente un tapis de bandelettes multicolores digne du carnaval de Rio. Sept musicos déboulent sur les planches, soit une section de cuivres constituée d’un préposé au trombone à coulisse et un autre à la trompette, un guitariste et sur une estrade en retrait, un drummer, un bassiste/claviériste et un choriste. Sans oublier Lauren Daigle. Elle est vêtue d’un ensemble chemisier-pantalon, sur lequel sont imprimés des carrés de teinte vive, et coiffée d’une casquette brune (qu’elle a retournée) enfoncée sur sa longue chevelure de couleur geai. Et lorsqu’elle débarque sur le podium, elle est vivement acclamée.

Rayonnante, un grand sourire aux lèvres, elle nous remet un ‘bonjour’ en parfait français. En ouverture, elle nous balance son premier skud, « These Are The Days », un hit imprimé sur un tempo enlevé. Elle déménage littéralement sur la scène et entre régulièrement en duel vocal, avec son remarquable choriste. Elle manœuvre la foule habilement, qui réagit au quart de tour. Les cuivres sont omniprésents et changent au gré des compos. Ainsi, bugle et saxophone relaient régulièrement trombone à coulisses et trompette. Et leurs interventions font grimper la température dans la salle.  

C’est sous les ‘hourras’ de l’auditoire que « Look Up Child » et « Trust In You » sont accueillis. Logique, ce sont les chansons préférées des fans. Lauren nous réserve neuf plages de son dernier opus, un éponyme paru ce 8 septembre 2023. A mi-parcours, la troupe prend place sur des tabourets de bar, en ligne, au bord du podium, et dispensent toute une série de compos et de medleys religieux, sous une forme acoustique, dont « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Everything » et « Valuable ».

Retour à l’effervescence ensuite, grâce aux énergiques « O' Lord », « Turbulent Skies » et « Still Rolling Stones ». Et le public de jumper ou d’applaudir à tout rompre…

Lors de l’intimiste « Thank God I Do », sablé, le timbre de Lauren, vire à la soul voire au gospel. Pas étonnant que sa voix ait été souvent comparée à celle d’Adèle…

Avant de clôturer son concert par « How Can It Be ». Lauren accorde « You Say » (NDR : un méga tube six fois disque de platine), mais sa voix est alors noyée par celle de la foule qui la reprend en chœur. 

A l’issue du rappel accordé sous la forme d’« Inherited », 120 minutes d’un show coloré venait de s’écouler. Et parfois on a eu l’impression d’assister à un défilé de rue animé à la Nouvelle-Orléans, lors d’un carnaval ou une procession…

Setlist : « These Are The Days », « Waiting », « Look Up Child », « Trust In You », « Be Okay », « Hold On To Me », « Kaleidoscope Jesus », « Salvation Mountain », « Rescue », « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Valuable    », « To Know Me », « O' Lord », « Ego », « Still Rolling Stones », « You Say », « How Can It Be ».

Rappel : « Inherited »,

(Organisation : Greenhouse Talent)

Gael Faure

L’eau et la peau - Session live (Ep)

Écrit par

Gaël Faure nous plonge dans l’ambiance de Majorque en commentant son album ‘live’ de 6 titres.

Il nous invite à pénétrer au sein de son univers de manière intimiste et nous livre son pourquoi, son comment.

Il est touchant de sincérité, d’authenticité.  Il nous livre ses réflexions, ses vérités et ses doutes.

On entend les oiseaux, les cigales, l’ambiance de la pinède.

Gaël se consacre, bien sûr, au chant. Il est soutenu par Sébastien Richelieu (basse), Emiliano Turi (batterie), Martin Lefebvre (claviers), Matthias Malher (trombone à coulisse), Sylvain Bardiau (trompette, bugle), Alexandre Grolée (guitare, claviers) et Antoine Delecroix (son).

Les cuivres, comme il le dit lui-même, nourrissent un son très organique et agréable tout au long de l’elpee. Les autres instruments ne sont pas en reste et permettent à Gaël d’atteindre le sommet de son art.

Avant chaque chanson, l'artiste nous livre ses pensées.

Il signe « L’Œuvre de nos vies », une plage au cours de laquelle il invite à réaliser un effort de conscientisation par rapport à soi et à la nature, au monde qui nous entoure afin de devenir meilleur, et donner du sens afin de préserver la vie, en harmonie.

Dans l’audio, « T’as de l’or », il analyse la chanson « Tu risques quoi ». Il exhorte son ami à vivre pleinement. Il lui dit qu’il doit exploiter ses talents, oser écrire des chansons avant tout pour lui et son épanouissement, prendre des risques et vivre, tout simplement.

La voix de Gaël Faure est très chaleureuse, bien balancée, tout au long de « Renoncer », un magnifique titre folk/soul au texte généreux imprimé sur un tempo lent. Il suggère de renoncer à la superficialité et de tendre à la sincérité, la vraie vitesse, la vraie richesse.

A écouter sans modération.

Dans l’audio « Se laver du passé » il est bouleversant quand il parle de son ami et de son pied de nez à ce qui doit se faire ou non. Il rend juste ce qu’il veut et introduit un morceau en anglais dans l’Ep, sous le titre « The Healer », issu de la plume de La Chica.

Dans l’audio « L’eau et la matière » Gaël Faure nous confie comment l’idée de la chanson a germé dans son esprit, et puis révèle qu’il a fait appel à Barbara Carlotti pour en écrire le texte et à Patrick Watson pour la réaliser.

C’est un de ses titres phares qui traite du lien entre l’eau et du cycle de la vie. Ce single avait déjà fait l’objet d’une chronique (à lire ou relire )

Dans « Désapprendre puis réapprendre » il nous confie s’être acquitté du travail que tout être humain a le devoir d’accomplir. Couper le cordon et opérer ses propres choix en pleine conscience.

Il reprend ce thème dans « Ma maison ma folie », au cours duquel il interprète les refrains dans la langue de Cervantès.  

Dans l’outro on perçoit le chant des oiseaux et le craquement du vinyle ; des sonorités qui invitent à (ré)écouter le premier morceau de son album studio, « Eau et la peau », afin de prolonger cette ambiance.

Pour regarder et écouter la magnifique vidéo de la session live réalisée par Brieuc Segalen et Nathan Yamniak, et s’imprégner du climat qui règne au sein de la maison au fond des bois, qui contraste avec celle de la pinède, c’est ici

Une musique de qualité et un moment fort de partage confidentiel accordé par Gaël Faure…

Méthode chanson

Gael Faure

La mémoire de l’eau (Single)

Écrit par

Gael Faure est un auteur-compositeur-interprète français né le 7 juillet 1987 à Valence.

Après avoir été demi-finaliste de la Nouvelle Star en 2005, signé chez Sony, il a préféré suivre sa propre voie, sans pression commerciale, souhaitant son autonomie artistique. Il publie ainsi aujourd’hui sa production sur le label indépendant Zamora

« La mémoire de l’eau » mêle joliment sonorités électroniques et acoustiques. 

Des nappes électro reproduisent le clapotis de la source, les gouttes, puis l’eau qui ruisselle, au rythme de la basse et la batterie.

Sa voix, douce, puissante, agréable, nous raconte l’histoire profonde du cycle perpétuel de l’eau. Message incitant à une prise de conscience subtile et nécessaire de son importance.

L’eau passant par l’homme, la nature, tous les animaux, font que quand on la boit, c’est une partie du monde que l’on avale et une partie de nous que l’on transmet ensuite à nouveau.

Le texte a été écrit par Barbara Carlotti et Gael Faure.

Moins poétique que la chanson, le clip, consacré à la natation synchronisée, est à découvrir ici

Méthode Chanson

 

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce

Oiseau (single)

Écrit par

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce (feat. Bertrand Belin)

Quelle jouissance d’écouter enfin un titre qui sert de bel écrin au répertoire de Bertrand Belin.

Parce que pour être honnête, le virage artistique opéré sur les trois derniers albums par le natif de Quiberon n’a pas vraiment convaincu votre serviteur. Répétitions de mots à outrance, plus secs. Débit vocal plus parlé que chanté.  Direction musicale essentiellement électronique.

Mais ici, quelle claque ! La collaboration avec le compositeur et saxophoniste Laurent Bardainne flanqué du band Tigre d'Eau sublime sa voix et son texte.

Talentueux, Laurent Bardainne a apporté son concours aux artistes les plus notoires, de Pharrell Williams à Tony Allen…

Il évolue en souplesse au milieu de courants musicaux qui oscillent de la soul des années 70 à l’éthio-jazz en passant par le jazz de Coltrane.

À ses côtés, Tigre d’eau douce, quartet de jazz puissant, implique Arnaud Roulin à l’orgue Hammond, Sylvie Daniel à la basse, Philippe Glaizes à la batterie et l’incontournable Roger Raspail, qui a déjà joué aux côtés de Kassav’, Cesária Évora et Meshell Ndegeocello, entre autres, aux percus.

La plage nous transporte littéralement dans une ambiance électro douce suivie rapidement par les instruments à vent, le saxophone principalement, et des chœurs qui procurent une magnifique accroche dès le début du morceau. La basse et la batterie ne sont pas en reste en apportent un génial soutien tout au long du single.

C’est un très subtil mélange entre des instruments réels et une musique électronique ciselée à l’or fin. Il a un côté solaire et extrêmement réjouissant.

Quant au texte... Attention spoiler ! C’est l’histoire de quelqu’un ou de quelque chose qui souhaiterait ardemment devenir un oiseau. Quelles belles images pour décrire cette envie. On découvre vers la fin du titre que le serpent le jalouse, alors que par sa nature, c’est tout son contraire. Pour vivre, il est même forcé de manger les œufs de celui qu’il admire. Ultime bassesse, Il se moque in fine de l’être admiré en imitant son ‘cui-cui’. Terrible fatalité ! Un beau parallélisme à la condition humaine.

Merci Laurent Bardainne, d’avoir invité Bertrand Belin sur votre très beau morceau de jazz flamboyant !

Pour écouter le titre sur YouTube c’est par ici et sur Spotify,

Méthode chanson

 

Laurent Saïet

After The Wave

Écrit par

Laurant Saïet est avant tout un compositeur de musiques de films. Et l’écoute de cet « After the wave » le confirme, même si l’artiste a déjà publié 7 albums en solo et un DVD. Sans oublier ses multiples projets collectifs ou participations diverses.

Pour enregistrer ce nouvel opus, il a quand même reçu le concours de toute une vague (?!?!) d’invités. Dont Edward Ka Spel (Legendary Pink Dots), sur deux titres, et tout particulièrement sur l’étrange et angélique « Bypass », au cours duquel sa voix caverneuse a de quoi vous communiquer le frisson. Frissons que l’on rencontre encore sur « Lunar eclipse » et « The third wave », deux pistes qui projettent dans le subconscient de votre serviteur, le film d’un convoi ferroviaire lancé à toute vitesse, les sonneries de passages à niveau accentuant le suspense. Et quand la guitare se met à gémir, on pense au sifflements émis par la locomotive ; et on imagine le pire…

Si le spectre de King Crimson circa Lizard plane tout au long du titre maître, impression accentuée par les incursions au saxophone de Quentin Rollet (Nurse with Sound), rappelant celles de Mel Collins ; en général, ces interventions jazz et free jazz, tout comme celles à la clarinette de Ben Ritter, évoquent les arabesques de Steven Brown chez Tuxedomoon.

Le tempo cubain de « Mambo of the 21st century » (NDR : qui a dit schizoïd man ?) macère dans le jazz noir…

L’électronique infiltre astucieusement la plupart des morceaux de cet LP. Elle domine même le ténébreux, « The second wave ». Et le recours au mellotron est destiné à enrichir les arrangements. Plus étonnant, « Hell ride », s’inspire ouvertement du « One of these days » du Floyd. En moins frénétique, d’accord ! On n’en n’oubliera pas le drumming ample de Paul Percheron, qui s’adapte remarquablement à toutes les figures de style.

Quant au thème principal, il relate les incertitudes de la période tourmentée que nous vivons pour l’instant.

Enfin, quelques mots sur la pochette imaginée par Thierry Müller. Faite de collages, elle réunit des images de sculptures, mais surtout de peintures, parfois proposées en miroir ; et notamment « Le radeau de la méduse » de Théodore Géricault, « Rivage de bohème » de George de la Tour », « Femme nue allongée lisant un livre » de Jean-Jacques Henner, « La partie d’échecs » de Sofonisba Anguissola, la « Tour de Babel » de Brueghel ainsi que le « Jour du jugement dernier » de Hans Memling. Il y en a d’autres, mais on vous laisse le soin de les découvrir. Bon amusement !

Laurent Saïet & Guests

Laurent Voulzy

Florilège

Écrit par

Comme bon nombre d’artistes, Voulzy s’est prêté à la rhétorique du ‘best of’ afin de conclure une année 2020 chargée d’une actualité aussi riche qu’intense, mais qui restera à jamais ancrée dans les esprits tant pour ses désastres économiques que sociaux.

La sphère culturelle en général et celle de la musique en particulier n’ont pas échappé à ces ravages.

Alors que les ventes de disques s’étaient déjà distinguées par une diminution conséquente au profit des majors du streaming ; bon gré, mal gré, le sieur Laurent est parvenu à braver ces courants austères pour le plus grand bonheur des mélomanes…

Figure majeure du paysage musical français, l’artiste s’est ainsi offert le luxe d’une rétrospective d’une trentaine de chansons tirées des neuf albums parus depuis 1979. Faut dire que son dernier opus, « Saisons », remonte quand même à 2003 !

Si le grand-public s’y retrouvera en écoutant les inéluctables « Belle-Ile-en-Mer Marie-Galante », « Le Cœur grenadine », « Rockollection » ou encore « Le Pouvoir des fleurs », le véritable aficionado se réjouira de la présence de titres moins connus du grand public, et que l’auteur-compositeur-interprète affectionne tout particulièrement, comme « Marie Quant », « Bungalow vide », « Flirt » ou encore « Amélie Colbert ».

Bien qu’audacieuse, cette sélection offre de jolis contrastes et des ambiances variées, souvent chaudement sucrées, tout en conservant une structure cohérente propice à l’apaisement….

Un opus qui permet d’avoir une vue d’ensemble d’un répertoire où foisonnent des compositions parfois drôles, intéressantes ou iconoclastes à l’instar de « Les nuits sans Kim Wilde ».

Grâce à ses accords ouatés et sa voix veloutée, Voulzy est parvenu, parfois aidé de son comparse de toujours Alain Souchon, à souffler un vent de fraîcheur sur la chanson française tout en conservant un format populaire mais jamais populacier…

Histoire de marquer le coup, il a glissé sous le sapin un nouveau titre baptisé « Loreley, Loreley ».

La légende de Loreley raconte l’histoire d’une nymphe perchée sur un rocher, qui attirait les navigateurs du Rhin jusqu'à leur perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.

En espérant que le timbre de voix de Laurent ne produise jamais le même effet….

Laurent Fontanel

Le doux rêveur/Pluie d automne

Écrit par

Laurent Fontanel avoue être fortement influencé par les grands noms de la chanson française traditionnelle, et en particulier par Daniel Balavoine, Michel Berger, Alain Souchon, Véronique Sanson ou encore Jean-Jacques Goldman. Il est vrai que le timbre de ce dernier et celui de Laurent Fontanel sont assez proches. Mais la comparaison s´arrête là ! Il faut en effet avouer qu´il n´a malheureusement pas autant de talent. Les deux titres proposés sur ce cd single sont dépourvus de toute originalité. Les mélodies sont peu recherchées et les textes sont inintéressants. Ajoutons-y la manière maladroite de chanter de Monsieur Fontanel et nous obtenons une œuvre tout à fait ringarde, digne de Franck Michaël. A réserver aux amateurs de kitsch !



Kaitlyn Aurelia Smith

The kid

Écrit par

Malgré le peu de notoriété dont elle jouit en Europe, Kaitlyn Aurelia Smith incarne une véritable pointure dans son univers, c’est-à-dire celui de la musique électronique. « The Kid » constitue déjà son sixième album. Il est publié sur le label américain Western Vinyl (Dirty Projectors, Peter Broderick, Here We Go Magic, …)

Plutôt atypique, son parcours transparaît à travers son expression sonore. Native des îles Orcas, sises au Nord de l’Etat de Washington, la jeune femme a débuté sa carrière au sein d’un combo folk. Elle ne s’est intéressée à l’électro, que par la suite. Mais si elle a finalement décidé de jeter son dévolu sur les claviers et les machines, ses racines folk sont toujours très présentes tout au long de cet opus, même si les morceaux ont été composés à l’aide des claviers. Et bien qu’évoquant la sérénité de la nature plutôt que la frénésie des villes, sa musique lorgne du côté d’Animal Collective tout en baignant dans une atmosphère proche de celle d’Alela Diane…

 

Lauren Mitchell

Desire

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Lauren Mitchell chante le blues et la soul. Originaire de Colombus, dans l’Ohio, elle vit désormais en Floride, du côté de Tampa. En 2011, Lauren, à la tête d’un restaurant, rencontre des difficultés financières. Ce qui va la pousser à embrasser une carrière musicale professionnelle. Elle grave alors "Please come home", en 2013, puis "Live from the Bradfordville Blues Club", en 2014. "Desire" constitue donc son troisième essai. Il a été enregistré à Los Angeles, au studio Ultratone, sous la houlette du producteur notoire, Tony Braunagel. Lors des sessions, outre la mise en forme, il se consacre également à la batterie. Et puis, il a entraîné dans l’aventure les musiciens qui fréquentent régulièrement les lieux ; à l’instar du claviériste Jim Pugh, du guitariste Johnny Lee Schell, du saxophoniste Joe Sublett et du trompettiste Darrell Leonard. Et manifestement, c’est du beau monde !

L’elpee s’ouvre par "How to treat my man", un titre popularisé par Etta James. Le tempo est tonique. Le climat baigne dans la southern soul à coloration Stax. Lauren possède une voix puissante, et elle a de la réserve. Jim Pugh se démène derrière son piano alors que Johnny Lee Schell libère ses cordes à la manière d’un Jimmie Vaughan au sommet de son art. "Soul Music" s’ébroue au sein d’une atmosphère exotique, reggae même. Dansante mais délicate, cette plage se distingue par une sortie de Josh Sklair (NDR : il a beaucoup bossé pour Etta James), à la six cordes. Le meilleur morceau du long playing, est manifestement le titre maître. Bien construit et plaisant, ce blues est traversé par la slide de Steve Fister. Et c’est du bonheur pour les oreilles ! Classieux, légèrement funky, "Jump into my fire" est un r&b largement cuivré et dansant, que guide une voix bien déterminée. "Good to me as I am to you" est un blues lent signé par Aretha Franklin, et son adaptation est superbe, face aux ivoires et aux cuivres. "Feels so good" et "Today" constituent de jolies ballades soul. "Stand up like a man" avait été traduit en hit par la chanteuse Bettye Lavette. La cover est énergique. Et la gratte de Josh Sklair semble hantée par Albert King. Sculptée dans le funky r&b, "I ain’t been" est une autre reprise. Elle est issue de la plume du duo soul/funk new-yorkais Ashford & Simpson. Le "Bridge of my dreams" de T.C Carr (NDR : c’est le leader des Bolts of Blue) est un blues bien rythmé que chante merveilleusement Lauren, face au piano allègre de Pugh. Et elle nous rappelle qu’elle a du coffre, mais aussi une grande sensibilité, tout au long de "Lead me on", un r&b indolent abordé dans l’esprit Stax, alors que Pugh tapisse l’ensemble de son orgue. "Brown liquor" est une autre plage qui trempe dans le funky R&B. Il s’agit, en général, du morceau qui termine les shows de Miss Mitchell. Sa voix domine bien son sujet, malgré les changements de tempo et de l’intervention de la guitare qui crache ses dernières flammes…

 

Lauren Stuart meets The Monkberry Moon Orchestra

Lauren Stuart meets The Monkberry Moon Orchestra

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Ce projet est né de l’amitié qui lie Lauren Stuart, alias François Serin, et le groupe The Monkberry Orchestra. Le premier est Lyonnais, le second helvète. Et pour enregistrer cet opus, les musicos ont reçu le concours de quelques invités dont le claviériste Julien Garric (The Green Flamingos, The Rebels of Tijuana) ainsi que le percussionniste Robin Josserand (Strange Milk). Soit un line up de huit musicos. Lauren, c’est la voix masculine. Et Audrey Kacimi (TMMO), la féminine. Et lorsqu’ils chantent en duo, elles se conjuguent à merveille (« We are the freaky nasty people »). Les compos de cet opus sont fondamentalement pop. La plupart des musiciens doivent d’ailleurs posséder toute la discographie des Beatles. Et pas seulement à cause du recours au sitar. Pop ou plus exactement britpop. Lorsqu’un banjo vient colorer une chanson, on ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de penser à Travis. Et quand un zeste de swing entre dans la danse, c’est plutôt du côté d’Everything But The Girl que la balance se met à pencher. Le tout est même parfois parsemé d’accents bucoliques, réminiscents de Belle & Sebastian. Tout est bien britannique ; encore que le sens mélodique, particulièrement accrocheur, est très susceptible de traverser l’Atlantique, pour retrouver celui de feu Elliott Smith, mais alors sous un angle fondamentalement optimiste. Pour un coup d’essai cette rencontre est plutôt à marquer d'une pierre blanche…

 

Laurence Jones

Take me high

Écrit par

Britannique, Laurence Jones est un jeune chanteur/guitariste qui manifestement est parvenu à faire son trou, dans l’univers du blues. Il a d’ailleurs décroché, lors des ‘British Blues Awards’ le titre de ‘Jeune artiste de l’année’, en 2014 et 2015. A ce jour, il compte trois elpes à son actif. Tout parus chez Ruf ("Temptation", "What’s it gonna be" et "Take me high"). Sans oublier sa participation au ‘Blues Caravan 2014’, accomplie en compagnie d’Albert Castiglia et Christina Skjolberg. Et immortalisée depuis. Pour mettre en forme son dernier long playing, il a reçu le concours du célèbre producteur insulaire Mike Vernon. Ce dernier avait déjà été approché, dans le passé ; mais sans aboutir à un accord. Et puis, celui qui a porté sur les épaules, la vague du blues anglais des sixties, a enfin accepté de se mettre au service d’une étoile montante. L’objectif était de rencontrer le caractère live d’une performance en club. Pour la circonstance, Laurence était entouré de son backing group habituel : le bassiste Roger Inniss, le batteur Phil Wilson et le claviériste Bob Fridzema. Laurence signe neuf titres de ce long playing. 

Blues/rock, "Got no place to go" est une piste idéale pour la formule trio. La voix est affirmée. Jones s’autorise son premier envol sur ses cordes. Et il n’est pas banal. Les sonorités sont extrêmement trafiquées, dans un style susceptible de rappeler Jimi Hendrix. "Something’s changed" vire au R&B. La gratte libère à nouveau des tonalités étranges, aigues ; mais elles restent bien maîtrisées. La voix est autoritaire. Nerveux, "Live it up" élève le tempo. Tapissé par l’orgue Hammond, le morceau réserve d’excellents échanges vocaux entre Jones et Reuben Richards, un chanteur anglais de couleur noire, notoire dans l’univers de la soul. Des accords de gratte acérés introduisent "Addicted to your love", un blues rocker qui ne manque pas de charme. Et si les cordes déjantées lorgnent vers Hendrix, la voix semble plutôt hantée par Paul Rodgers, le chanteur de Free. Une voix mûre qui domine également la ballade "I will". L’orgue sert toujours bien de toile de fond. Et chargée de feeling, la guitare prend un billet de sortie. "Thinking about tomorrow" est une autre jolie ballade. Jones injecte une fameuse dose d’émotion dans son solo, dans un style réminiscent d’un autre maître de la première époque, Eric Clapton. "Take me high" évolue encore sur un tempo indolent. Laurence semble d’ailleurs s’y sentir particulièrement à l’aise. Et sa voix devient progressivement dramatique. Le spectre du Free rôde manifestement tout au long de "Down & blue". La voix n’a jamais été aussi proche de celle de Rodgers ; en outre, les riffs plaqués sont manifestement empruntés à Paul Kossoff. Seul le solo est bien personnel. Les cordes sont déjantées. Mais bien maîtrisées, elles évoluent graduellement. R&b dynamique, "The price I pay" bénéficie de la participation d’un invité de prestige ; en l’occurrence Paul Jones (Blues Band, Manfred Mann). Cette plage me rappelle, quelque part, le "Superstition" de Stevie Wonder. Et paradoxalement, Jones achève l’album par une cover particulièrement énergique du "Higher ground" de Stevie, un r&b que chante impeccablement Reuben Richard, alors que Laurence se concentre sur ses cordes, les cisèle et se réserve un dernier envol, en se servant généreusement de son jeu de pédales, qu’il contrôle cependant parfaitement...

 

Cécile De Laurentis

De Laurentis (Ep)

Écrit par

Elle n’a rien à voir avec le mythique et volcanique producteur de cinéma Dino De Laurentiis responsable –entre autres– du ‘Parrain’… Un ‘i’ de moins mais une jolie voix en plus, Cécile de Laurentis est une jeune artiste toulousaine (NDR : papa était arrangeur pour Claude Nougaro) qui navigue dans les eaux paisibles de la pop. Elle publie aujourd’hui un premier Ep dont les 6 pistes ondoient délicatement entre ballades cool balisées par des ivoires et enluminées de cuivres (« The Angel ») et vignettes électro-pop sucrées (le rework de « Many Years »). On épinglera également une reprise sobre du hit « I Follow Rivers » de Lykke Li (NDR : cette chanson a tellement été matraquée qu’aujourd’hui, elle m’insupporte !) L’Ep a été parfaitement mixé par Jérôme Poulouin (Babx, The Shoes) et masterisé par Chab (Lilly Wood & The Prick, Daft Punk). De Laurentis ne devrait pas percer dans le cinéma, mais son avenir dans l’univers de la musique semble tout tracé…

 

Laurence Jones

What's it gonna be

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Ce jeune Anglais constitue plus que jamais un grand espoir du blues rock international. Son premier opus, "Thunder in the sky", est paru en 2012. Ce qui a valu à Laurence d'être signé par Thomas Ruf, le patron du célèbre label blues allemand. Jones y publie "Temptation", enregistré en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito, un disque qui bénéficie du concours de membres du Royal Southern Brotherhood et de Walter Trout! Récemment, il a participé aux sessions de l’elpee "Blues Caravan 2014 Live", en compagnie de Christina Skjolberg et d’Albert Castiglia. En mars dernier, il a représenté l'Angleterre à l'Euro blues Challenge de Bruxelles. Son nouvel opus, "What's it gonna be", a été enregistré chez lui. Pour la circonstance, il a reçu la collaboration de son backing group, soit le bassiste Roger Inniss et le drummer Miri Miettinen. C’est-à-dire sa section rythmique.

Le long playing s’ouvre par la plage éponyme. Un blues/rock formule trio sur mesure. Il permet déjà à Laurence de se réserver un solide envol sur ses cordes. La plage suivante, "Don't need no reason" me botte bien mieux. Le leader est davantage à l'attaque. Il s’autorise rapidement une sortie audacieuse assez ‘hendrixienne’. Les changements de tempo sont très bien assimilés. Laurence garde le même rythme sur "Evil", en injectant un soupçon d'agressivité dans la voix. Il élabore lentement mais sûrement son solo. Et la montée en puissance est vraiment épatante. Il maintient son attaque vocale sur "Touch your moonlight", un rockin' blues classique. Laurence et Sandi Thom, une jeune chanteuse écossaise (NDR : c’est la compagne de Joe Bonamassa !) se partagent le chant tout au long de "Don't look back", une ballade paisible. Caractérisé par ses accords de gratte empreints d’une grande sensibilité, "All I need" est une piste séduisante. De bon riffs inspirés par Jimi Hendrix voire Robin Trower alimentent le "Good morning blues" de Leadbelly, un blues/rock classique. Mr Jones force sa voix afin de rivaliser avec celle, tout à fait chatoyante, de Dana Fuchs, sur l’excellent "Can't get enough", un morceau signé par Mick Ralphs pour Bad Company. Pas facile de rivaliser avec cette chanteuse à caractère. Les accords de six cordes sont particulièrement fluides tout au long de "Set me free", un titre de pop/rock bluesy léger. L’elpee s’achève par "Stop moving the house", un rocker balisé par le piano de Julian Grudgings. Laurence Jones doit encore acquérir de la bouteille, avant d’enter dans la cour des grands.

 

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Des frères de son…

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Le concert de Voulzy et Souchon était sold out depuis un bon moment. Il a fallu attendre plus de 40 ans avant de voir les deux complices se produire ensemble, sur une même scène. Laurent a 66 balais et Alain en compte 71 ; et pourtant, pour des artistes proches de la retraite, ils sont encore bien alertes. La musique conserve. Aznavour a déjà fêté ses 92 ans. Juliette Greco, ses 88 printemps. Et Henri Salvador a tiré définitivement sa révérence à un peu plus de 90 piges. Laurent et Alain sont avant tous des potes, pas des frères de sang, mais des frères de son. Ils sont si complices, si proches. En règle générale, le premier est responsable des paroles ; et le second, de la musique. Depuis quatre décennies, ils alignent les hits intemporels qui parlent de la mer, des îles, de l'amour et des filles.

Le rideau est tiré. Vers 20h10, le spectacle peut commencer. D'abord par une présentation des artistes à travers une projection de photos rétrospectives…

Laurent débarque par la gauche et Alain par la droite, en écartant légèrement le rideau. Ils commencent en duo par « J'ai Dix Ans ». Ce qui ne nous rajeunit pas. Une compo signée Alain, au cours de laquelle Laurent se consacre à la guitare électrique. Le rideau s'ouvre enfin complètement et laisse apparaître le backing group. Les musicos sont vêtus de costards cravates de couleur noire sur chemises blanches. Laurent change de gratte. Il opte pour une semi-acoustique. Il attaque « Bubble Star », une plage issue de sa plume ; Alain se charge des backing vocaux. Un titre tapissé par le piano hammond. Et le set d’embrayer par « Jamais Content », un morceau dévolu à d'Alain. Manifestement, un départ empreint de nostalgie…

Place ensuite à un extrait de leur dernier opus, « Alain Souchon et Laurent Voulzy », paru l’an dernier, « Il Roule (Les Fleurs Du Bal) ». Les deux compères chantent en duo. Et embraient par « Caché Derrière », « Et Si En Plus Y A Personne » et « Oiseau Malin ». On assiste alors à la projection d'un tableau peint à la fin du XIXème siècle représentant une baie qui a conservé le même aspect, malgré le temps qui s’est écoulé depuis. Le tandem explique alors ce qui les a poussés à écrire cette chanson intitulée « Baie Des Fourmis ». Alain prend le relais pour la sienne baptisée « C'Est Déjà ça ». Pas vraiment une de mes préférées. « Poulailler Song », c’est le moment choisi par Alain pour faire le pitre. Il sautille en imitant une poule. C’est touchant et marrant à la fois. Le rideau se referme et la paire s’approche du bord de l’estrade pour aligner, paisiblement et en duo vocal, simplement soutenus par la gratte de Laurent, « Fille d'Avril », « Le Rêve du Pêcheur », « Somerset », « Bidon » et « Allo Maman Bobo ». Le backing group est de retour pour « La Ballade de Jim ». Un peu mollasson jusqu’alors, surtout dans la fosse, le public se réveille soudainement. Les spectateurs quittent leurs sièges et se précipitent vers le podium. Curieux, le personnel de la sécurité ne bronche pas. A partir de cet instant, l’auditoire va commencer à s’animer. Une nouvelle compo : « Souffrir de se souvenir ». Elle est testée au piano. La voix de Laurent est envoûtante. Mais quand les premiers accords de « Cœur grenadine » résonnent, la formation reçoit une véritable ovation.

Pour nous rappeler que le set est ‘live’, « Le Bagad de Lann Bihoué » et « Jeanne » souffrent de quelques petits problèmes techniques. Très belle chanson signée Laurent, « Amélie Colbert » évoque la métropole ; mais elle sent également bon le soleil et les embruns. A l’instar de « Le Soleil Donne » et « Le Pouvoir Des Fleurs », au cours desquelles sa voix est douce est belle. A cet instant on boit littéralement les paroles. Un vrai bonheur ! Le public est débout depuis belle lurette et ne veut pas manquer une goutte du spectacle. 120 minutes se sont écoulées quand « Derrière les mots » clôt le show. Une dernière piste issue du nouvel opus. Laurent a empoigné sa guitare de couleur bleue. Il utilise sa voix –alors empreinte d’une grande tendresse– comme un instrument. L’auditoire leur adresse alors deux minutes d’ovation.

Les artistes quittent la scène, pour y revenir presque aussitôt. Et le rappel sera d'enfer.

Laurent est toujours armé de sa six cordes. Il signale qu’il va nous faire découvrir une chanson dont il a écrit les paroles : « Foule Sentimentale ». Alain lui réplique que c'est son boulot d'écrire les paroles. Fou rire général ! Toute la salle est debout pour participer à l’inévitable « Rock Collection », avant de vivre un final de haut vol à travers « Belle Ile En Mer, Marie Galante ».

C'est la première fois que votre serviteur assiste à un set de ces deux monstres sacrés de la chanson française. Et je dois avouer que leur prestation m’a véritablement enchanté. D’abord parce que ma jeunesse a été bercée par leur répertoire. Et puis, parce que le concert était à la fois classieux et réglé comme du papier à musique. A cet égard, il faut reconnaître que l'ingé-son a littéralement fait des miracles. Et vu la configuration de la salle, le challenge n’était pas gagné d’avance. 

Alain Souchon et Laurent Voulzy seront de retour ce 13/11/2015 au Country Hall de Liège et le lendemain, soit le 14/11/2015, au Palais 12 de Bruxelles.

(Photo : Denis Tribhou)

Organisation : A. A. Productions en accord avec Backline/VMA et Lling Mucic

Laurence Jones / Christina Skjolberg / Albert Castiglia

Blues Caravan 2014 – Live (Cd + Dvd)

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Et nous retrouvons ici la Blues Caravan du label Ruf en 2014, lors d’un concert enregistré à la salle ‘Harmonie’ de Bonn, en février. Cette tournée assurait la promotion de trois artistes, deux hommes, Laurence Jones et Albert Castiglia et une femme, Christina Skjolberg. Une représentation très internationale! Laurence Jones est un jeune espoir du blues anglais ; il n'a que 23 ans et a représenté son pays en mars, lors de l'Euro Blues Challenge qui s’est déroulé à Bruxelles. Albert Castiglia a 45 balais. Originaire de New York, il s’est établi à Miami. Jeune, jolie et blonde, Christina Skjolberg est norvégienne. Tous trois chantent et jouent de la guitare. Live, ce « Blues Caravan 2014 » est paru sous la forme d’un cd et d’un dvd. Mais les supports sont sensiblement différents. Ce qui fait leur intérêt. Les trois musicos avaient déjà enregistré pour le label allemand. Lors de ce concert, ils ont reçu le concours d’une section rythmique : Roger Inniss à la basse et Miri Miettinen à la batterie.

Toute l’équipe est sur les planches pour le morceau d’ouverture, "Join me on the Blues Caravan", un titre sculpté dans le pur funk. Gauchère, Christina adopte un jeu assez agressif sur sa gratte ; Laurence y révèle un toucher plus fluide, typiquement anglais. La voix d’Albert est la plus affirmée. Laurence est passée à l'orgue et Christina –grande, féline et séduisante– se réserve exclusivement la gratte lors des trois titres suivants issus de sa plume. La Scandinave semble hantée par Jimi Hendrix tout au long de "Come and get it", "Close the door" et "Hush". Laurence Jones reprend le leadership et la six cordes pour attaquer quatre titres. Tout d’abord "Wind me up", une plage qui met en exergue sa technique. Ensuite "Soul swamp river", un blues co-écrit en compagnie de Mike Zito (ex-Royal Southern Brotherhood). Et enfin "Fall from the sky" ainsi que le "All along the watchtower" de Bob Dylan, mais dans une version plus proche de celle de Jimi Hendrix. Place alors à Alberto Castiglia qui nous balance deux plages instrumentales, "Fat cat" et le "Freddie's boogie" de Freddie King, à l’aide de sa gratte particulièrement belliqueuse, avant de chanter un superbe blues lent, le "Bad Avenue" de feu Walter Williams (NDR : mieux connu sous le sobriquet de Lefty Dizz, il avait milité, au cours de ces dernières années d’existence, au sein des Houserockers du légendaire Hound Dog Taylor). Les trois artistes reviennent ensemble sur les planches pour participer à la jam finale qui épingle deux titres notoires : le "Cocaine" de JJ Cale et le "Sweet home Chicago" de Robert Johnson, une orgie de guitares à la clé. Les 14 plages du dvd sont ainsi décrites.

Le cd n’en recèle que onze, dont deux ne figurent pas sur le dvd, et pour lesquelles Castiglia est aux commandes. Il aborde son "Put some stank on it" et surtout une cover du "Sway" des Rolling Stones, une plage qui figurait sur l'album "Sticky fingers", gravé en 1971 ; Mick Taylor y signait une intervention bouleversante sur ses cordes. Celle de Castiglia n’est pas de la même veine, mais il ne s’en tire pas trop mal, quand même… 

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Derrière les mots

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Tout a commencé il y a quarante ans. Quatre décennies plus tard, la boucle est-elle bouclée ?

Alain Souchon, alors âgé de 31 ans, est reconnu pour sa plume. Il rencontre, par l'intermédiaire de Bob Socquet, son directeur artiste chez RCA, Laurent Voulzy, également signé sur le même label.

Ce dernier, 27 ans, fait déjà l'unanimité pour ses talents d'arrangeur et compositeur. Il sera, entre autres, guitariste et chef d'orchestre pour Pascal Danel, de1969 à 1974.

Les deux artistes deviennent instantanément amis et complices artistiques.

Dans la foulée, Alain Souchon sort son premier album « Petite annonce » (1974).

Voulzy assure la direction musicale et les arrangements pour huit des onze morceaux.

"J'ai dix ans" devient le fer de lance de deux carrières ‘solo’, chacune dans un style différent.

Leur fidélité en amitié laisse supposer que les deux compères en sont à leur énième album ‘à deux voix’.

Il n'en est rien !

"Derrière les mots" est bien le premier. Il recèle douze pistes.

La pochette représente la modestie dans toute sa sérénité. Les deux potes sont libres comme l’air. Appréciable.

Souchon et Voulzy s’inspirent de nostalgie, du présent, de mélancolie, d'amour et d'horizons.

Ils gardent un oeil ouvert et rêveur sur le monde qui les entoure.

Ils s'expriment à l’aide de mots délicatement sélectionnés, souvent simples et poétiques.

La tentation de détricoter cet elpee afin d'en deviner qui a fait quoi n'a aucun intérêt.

Seul le résultat de leur complémentarité est intéressant ; et il est bien plus que satisfaisant.

Cinq morceaux m'ont, particulièrement séduit : "Il roule (les fleurs du bal)", "Consuelo", "En Ile de France", "Oui mais" et "Bad boys".

Deux morceaux plus faibles quand même : "Ils étaient deux garçons (trois)" et "On était beaux"

Trente neuf secondes pour le premier et trente trois secondes pour le deuxième.

Qu'il s'agisse d'un choix commercial ou artistique, ils résonnent comme un coup d'épée dans l'eau.

En réalisant cette chronique, j'ai appris que Consuelo était la femme d'Antoine de Saint-Exupéry.

Depuis le 24 novembre 2014, cet album est dans les bacs. Il devrait garnir de nombreux sapins de Noël…

 

Laurent Garnier

AF 4302 (Ep)

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2014 pourrait devenir une grande année pour les fans de Laurent Garnier.

En décidant de faire la tournée des labels qui l’excitent, il leur offre à chaque fois un Ep dans l’esprit de ses hôtes.

Après un vol « AF 0490 » chez « Still Music » et une escale « A13 » chez « Musique Large », il dépose son flight case chez ses potes « Modeselektor » et leur maison « 50Weapons ».

Et « AF 4302 » est du Garnier de haut niveau. Même surprenant !

3 morceaux de Techno viscérale, abrasive, minérale mais extrêmement dansante.

3 morceaux pour la montée, le moment culminant et la descente.

Garnier, en plus d’être une encyclopédie vivante, a le sens de l’humour. Car les titres de ses morceaux sont assez parlants. « M.I.L.F » caractérisé par son haletant préliminaire, « D.S.K » sa lubricité, et « H.E. » son ambiance de backroom. Se renouvelant sans se renier, le producteur français ravit en proposant un nouveau spectre sonore.

 

Laurence Jones

Temptation

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Laurence Jones est un jeune chanteur/guitariste anglais. Pourtant, âgé à peine de 21 ans, son blues rock est inspiré par d’illustres gratteurs qui affichent de nombreuses années au compteur ou considérés aujourd’hui comme des légendes, à l’instar d’Eric Clapton, de Buddy Guy, Jimi Hendrix et Walter Trout. "Thunder in the sky", son premier elpee, était chargé de promesses. Depuis, l’artiste a pris de la bouteille. Il s’est énormément produit en ‘live’. Il a servi de supporting act pour le Royal Southern Brotherhood et côtoyé le Texan Mike Zito qu'il a réussi tout bonnement à impressionner. Le gamin a désormais tout dans les mains. Il a signé un contrat chez Ruf ; ce qui lui a permis d’enregistrer cet opus au sein du studio Dockside à Maurice, en Louisiane. Des sessions au cours desquelles il a bénéficié du concours de grosses pointures, dont Yonrico Scott, Charlie Wooton ainsi que la section rythmique du Royal Southern Brotherhood. En outre, Mike Zito s’est chargé de la mise en forme.

"Foolin' me" est une entrée en matière très musclée. Pour un si jeune gars, la voix de Laurence s’affirme naturellement. La guitare crache le feu au sein de cet univers manifestement rockin' blues. "Move on" adopte un même tempo. Le climat est torride. Solide, la voix domine l’ensemble soutenu par une section rythmique de grande classe. L’envol des cordes est particulièrement impressionnant. "Tomorrow is another day" baigne dans une ambiance plus cool, une compo qui flirte avec le R&B. Le grand Jumpin' Johnny Sansone est bien de la partie. Il rugit de plaisir sur son harmonica. Une piste au cours de laquelle on remarque le soin apporté par Zito à la production. Un grand moment ! Sur "Temptation", Jones me rappelle Walter Trout, dans un style proche d'Albert Collins. Les cordes sont dupliquées de manière à assurer des échanges brûlants. "Can't keep living like this" est un rock blues plutôt gouailleur à la limite du hard. Laurence se réserve le dobro et Mike Zito les cordes acoustiques tout au long de "Whisper in the wind", une tendre ballade. Le spectre de Jimi Hendrix plane sur "Fall from the sky", notamment lors de l’excellente finale, qui met en exergue les cordes. La voix de Jones est naturellement puissante, incisive même, tout au long du "My eyes keep me in trouble" de Hysear Don Walker, une parenthèse funk. "Southern breeze" constitue un autre sommet de l'opus. Très inspirée par le Sud, caractérisée par la présence d’une guitare slide, cette plage évolue dans un registre que ne renierait pas Zito. "Wind me up" nous plonge dans une ambiance digne des Allman Brothers, un blues puissant, irrigué par l'orgue de Lewis Stephens (NDR : un musicien qui bosse régulièrement en compagnie de Zito) et caractérisé par des guitares dédoublées. Blues lent, "Bad bad dream" est a nouveau hanté par Hendrix. En finale, "Soul swamp river" est dominé par l’harmo passionnel de Johnny Sansone, un titre coécrit par Mike Zito et Laurence Jones…

 

Laurent Voulzy

Dites-le avec des fleurs…

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Hier, j’suis allé voir un ‘vieux’ en concert ! Un vieux bonhomme de 64 ans ! Un papy ! Oui, je sais, n’est pas l’seul. Y’a l’aut’ band de cinglés qui, de l’autre côté du Channel, font également de la résistance.

Dans un vieux théâtre encore bien plus âgé que le chanteur, les fauteuils et le décorum appartiennent eux aussi à une autre époque, un siècle d’existence au bas mot…

Le rouge domine. Tout est rouge, du sol au plafond, moquette, sièges, murs, tout, absolument tout, même le gilet de l’ancêtre adoptera le coloris, ce soir.

L’ancêtre, c’est Voulzy, Laurent Voulzy, frère de sang et de cœur de Souchon, Alain Souchon. Son alter ego, sa moitié, son bras droit, celui qui tient la plume et qui fait danser les mots sur les partitions géniales écrites par l’autre main, celle de Laurent.

Vieux… Ben faut croire que moi aussi j’suis vieux, puisque je dois avoir acheté son premier 45 tours, il y a près de 35 ans ! « Rockcollection », je devais avoir 14/15 ans à tout casser. Ça ne date pas d’hier, hein ! On est milieu des seventies, si ma mémoire ne me fait pas faux bond. Mais en près de 4 décennies, l’eau a coulé sous les ponts. Voulzy a pondu un véritable chapelet de hits en seulement 4 elpees studio, de 1979 à 2011. Ouais, pas pressé le mec. A sa décharge, il compose pour son pote et pour d’autre encore. Et puis, comme il le dit lui-même, il n’y a pas d’urgence. Chez lui, la qualité prend le pas sur la quantité.

En 2011, il publie un album concept qui transporte ses auditeurs en plein Moyen-âge de l’autre côté de la Mer du Nord. L’opus surprend mais reste néanmoins d’excellente facture. Musicalement, il tape dans le mille, usant d’instruments acoustiques nouveaux et anciens avec un égal bonheur.

Ce soir, c’est donc le ‘Lys & Love Tour’ qui nous est proposé, dix ans après la tournée qui illustrait « Avril », tombé dans les bacs, en 2001.

Fait pas chaud ce soir à Lille. En outre, les organisateurs en mettent du temps pour nous laisser entrer. Pour un spectacle prévu à 20h30, on n’ouvre les portes qu’à 19h45. On a déjà vu mieux…

Soit, on y est, ne boudons pas notre plaisir. La salle, 1000 sièges en tout et pour tout, se remplit rapidement et lorsque Sirius Plan prend possession de quelques mètres carrés, à l’avant-scène, tous les beaux fauteuils sont occupés. Les trois filles, jolies, ce qui ne gâche rien, sont présentées en voix off par Laurent lui-même avant d’entamer un mini-set de cinq morceaux jouissifs et dynamiques à souhait. Le public bien que majoritairement plus que cinquantenaire, dans l’ensemble, se laisse prendre au jeu et les deux derniers titres sont interprétés devant une foule conquise, debout et super excitée. Chapeau mesdemoiselles ! A revoir d’urgence…

Quelques réglages plus tard, la sonnette retentit (ben oui, on est au théâtre) et chacun regagne sa place avant d’être plongé dans une semi-obscurité. Place alors aux premiers accords d’« Un ange passe », introduction instrumentale, qui plonge immédiatement l’auditoire dans un décor et une ambiance baroque. Cloches, violon, violoncelle, harpe, chandeliers géants, bougies au sol et autre bouclier, tout nous rappelle l’époque des châteaux forts, des seigneurs et des folles épopées amoureuses de ses preux chevaliers. Laurent Voulzy lui-même a revêtu des habits qui collent à l’histoire : pantalon noir, chemise à jabot et dentelles aux poignets des manches, foulard et petit gilet de velours rouge. Par contre ses musicos, deux jeunes filles charmantes et trois messieurs un peu moins jeunes (ils se partagent une bonne dizaine d’instruments) sont accoutrés comme le commun des mortels de notre siècle. Marrant ! Le style musical, lui, ne se départira pas de l’époque médiévale. Astucieusement, Laurent mélange la quasi-intégralité de son dernier long playing à des titres plus anciens mais tout en gardant la même ligne de conduite. Un timbre moyenâgeux est toujours bien présent sur chaque morceau, même sur une reprise fabuleuse, « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, est revisitée d’une façon incroyable. Mieux que l’original, tout en finesse, chœurs et subtilité. Quel talent !

Discret jusque là, Laurent se met à dialoguer de plus en plus avec son public, allant même jusqu’à téléphoner en direct à son ami de toujours qui, lui aussi, via un smartphone, échange quelques mots avec les fans lillois. Info ou intox ? Tout est possible vu la performance des téléphones portables actuels… Peu importe, l’essentiel réside dans la communion entre l’artiste et son public. Plus le concert avance, plus Voulzy se déride. Les tubes s’enchaînent, les cordes vocales tiennent le coup même si de temps à autre, ce sont celles de sa guitare qui donnent à frémir, par deux ou trois fois. Un trou de mémoire amuse la galerie et c’est le bassiste qui vient au secours de son seigneur. La bonne (l’excellente) surprise vient des instrumentistes, tous pétris de talent pour leur doigté musical ; mais que dire alors de leur prestation au micro… Rien, y’a rien à dire, juste se taire, écouter et se laisser envahir par la beauté, l’émotion. Les arrangements sont somptueux d’élégance, les voix sont divines tant chez les filles que chez les garçons. Voulzy a eu la main heureuse en dénichant trois jeunes collaborateurs pétris de talent : le bassiste, la harpiste et la violoniste. Les deux autres aux claviers et aux percussions sont des fidèles, des complices de longue date, ce qui n’enlève rien à leur mérite. La soirée se poursuit magnifiquement par quelques titres affichant pour la plupart une bonne dizaine d’années : « Liebe », « Paradoxal système », « Le pouvoir des fleurs », « Belle-Ile en mer ». Le public est ravi et Laurent le laisse chanter mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, il corrige avant de faire reprendre en s’assurant que la note est correcte.

Mais la nuit avance, deux heures déjà que le set a débuté. « Jeanne » et « J’aime l’amour » sonnent le glas. L’artiste se retire sous les acclamations mais ne peut rester longtemps dans les coulisses. C’est sous les ‘On n’est pas fatigué’ qu’il refait surface en répliquant tout sourire ‘Moi non plus’.

S’ensuit alors une petite histoire de rencontres dans les rues de Lille qui donnent lieu à quelques reprises raccourcies de chansons qu’il n’a pu insérer dans sa ‘set-list’, par manque de… temps…

« Fille d’avril », « Le cœur grenadine », « Karin Redinger » retrouvent la place qu’ils méritent.

Finalement au bout de deux heures trente, « La nuit » clôture définitivement le show de ce ‘vieux bonhomme’ qui nous a, une fois de plus, éblouis par la beauté de ses chansons, par sa gentillesse et son professionnalisme.

Ben, les p’tits jeunes, prenez-en de la graine car le pépère Voulzy a vraiment plus que de beaux restes, il pourrait même vous remonter les bretelles si votre ‘la’ n’était pas juste, juste…

Les fleurs, il les a reçues de quelques ‘jeunes dames’, les a précieusement gardées et il a même accepté de signer l’un ou l’autre autographe pour les admiratrices les plus persévérantes.

Quand on vous dit qu’il est gentil…

Superbe soirée, un remède bien meilleur que les antidépresseurs prescrits en cette période grise, froide et triste…  

OrganisationVérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)