Un dixième album studio pour Idlewild

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La vérité selon RORI

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La fuite d’Ellside

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Jérôme Castel

Jérôme Castel s’inquiète du continent de plastique…

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« Doggerland » est le disque d’un homme de 53 ans, dont le parcours musical est protéiforme. Ancien DJ d’électro minimale, guitariste ou bassiste pour d’autres projets (Nesles, Bertrand Louis, Fredda…), aujourd’hui créateur sonore pour le théâtre, Jérome Castel n’a jamais cessé́ d’écrire des chansons et de les chanter.

Initié juste après la sortie de « La chaleur animale », précédent elpee au goût d’inachevé, « Doggerland » a été enregistré live en quatre jours, au mois de décembre 2019. Puis les overdubs et enregistrements des voix s’étalent sur plus d’un an, se glissant entre les confinements successifs.

C’est donc un disque réalisé durant une période inquiète, qui sort dans une période à l’inquiétude renouvelée. Cette appréhension se retrouve dans plusieurs titres de l’album : disparition du vivant, surconsommation, catastrophes naturelles. Ces sujets graves sont approchés de manière sereine, trouvant un certain apaisement dans la lumière de l’autre, dans la confiance envers le vivant, et contrebalancé par un désir qui nous sauve.

Si toutes les chansons ont été écrites par Jérôme, elles ont pris leur forme définitive grâce à Nicolas Puaux (à la basse, au clavier et aux chœurs) et à Benoit Prisset (à la batterie et aux chœurs). Ces deux musiciens l’accompagnent depuis 8 ans et ils ont ensemble bâti et sculpté le son de ce disque, explorant les possibilités de ce trio et mettant l’électricité et la guitare au cœur du processus, avec beaucoup d’intensité et de puissance.

La couleur est sans conteste rock. Un rock très influencé par les années 90. Pas le grunge ni la britpop, mais plutôt le rock indé américain, de Swell à Pavement et Low, en passant par Thurston Moore et les Pixies. Cette musique qu’il a beaucoup écoutée à l’époque, qui a beaucoup comptée et compte encore pour lui.

Mais ce n’est pas du rock français, C’est plutôt des chansons soniques : un alliage, une alliance, entre la langue d’ici et l’électricité. Une écriture léchée, sans effets, chantée, parfois parlée mais jamais criée, portée par l’élégance du trio basse - batterie - guitare électrique.

La pochette du disque, réalisée par Christophe Lavergne, est une photo de Samuel Bollendorff, tirée de la série ‘Contaminations’. Sous cette mer calme, sous ce soleil dont on ne sait si la brume le recouvre ou s’en dégage, s’étend un continent de plastique, ou plutôt une soupe de microplastiques chargées d’adjuvants, de PCB et de toxiques persistants, un écosystème à part entière qu’on appelle la platisphère.

La photo est belle mais ce que nous regardons est contaminé pour des siècles.

La vidéo de « Comme un papillon » est disponible

 

Picastro

Exit

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Picastro, c’est une formation torontoise fondée par la chanteuse et guitariste Liz Hysen, en 1998. Aujourd’hui, le line up implique, outre la leader, le violoncelliste Nick Storring, la drummeuse Germaine Liu et le guitariste Matthew Ramolo (Khora). En 2005, Owen Pallett, mieux connu pour sa participation à l’aventure Arcade Fire, avait collaboré à l’enregistrement de l’album « Metal cares ». 

« Exit « constitue le 5ème elpee studio du band. Et lors des sessions, Picastro a reçu le concours d’une multitude de vocalistes. Tony Dekker vient ainsi poser sa voix vulnérable sur le morceau « Mirror age », la plage qui ouvre la plaque. Et déjà, le violoncelle grinçant de Nick vient faire chavirer la mélodie flottante. Démoniaque, celle de Jamie Stewart (Xiu Xiu) hante « Blue neck », une piste au cours de laquelle le violoncelle de Nick fait merveille, dans l’esprit de Blaine L. Reininger. Inquiétante, angoissante même, celle d’Alexandra McKenzie (Petra Glynt) tourmente à son tour « She’s in a bad mood », une compo atmosphérique truffée de bruitages électro. Caleb Mulkerin (Big Blood), Chris Cummings (Marker Starling) et quelques autres se réservent le micro sur les autres titres. Enfin, hormis le plus acoustique « To know », la fin de l’album se frotte au free jazz sur le presque médiéval « A trench », ainsi que le final, « This be my fortune », qui s’achève dans une forme de tumulte organisé où cuivres et violoncelle envahissent progressivement l’espace sonore.

Un album expérimental, audacieux, pas facile à digérer et certainement pas destiné au mélomane lambda. Mais le résultat est tellement original qu’il mérite qu’on s’y intéresse…

Jennifer Castle

Angels of Death

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Si le nom de Jennifer Castle ne vous dit pas grand chose, il n’en va pas de même dans son pays d’origine. Au Canada, son album « Pink City » a été nominé, en 2014, pour le Prix Polaris (prix de musique accordé par la critique pour le meilleur elpee, dans son pays) aux côtés de groupes tels qu’Arcade Fire, US Girls ou encore Alvvays.

Paru chez Paradise of Bachelors (Steve Gunn, His Golden Messenger,...), « Angels of Death » constitue son troisième LP, dont le titre annonce la couleur : il traite de la mort… Cependant, les dix plages réunies sur ce long playing ne sombrent pas dans un climat propice à la déprime. Ainsi, un morceau comme « Texas » relate, sur un air rythmé, son retour dans cet Etat, pour faire ses adieux à sa grand-mère. Oscillant du piano à guitare, en passant par la lap steel, l’instrumentation est assez riche mais n’est guère révolutionnaire. Musicalement, les compos trempent dans un country/folk plutôt classique, pour ne pas dire traditionnel, mais restent néanmoins agréable à écouter. Sans plus…

 

Albert Castiglia

Up all night

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Albert Castiglia est issu de New York City. Depuis l'âge de 5 ans, il vit à Miami. Il en a, aujourd'hui, 48. Albert a joué de la guitare pour le légendaire bluesman de Chicago, Jr Wells, dans les dernières années du siècle précédent. Sa première œuvre personnelle, "Burn", remonte à 2004. Une décennie plus tard, il signe sur le label allemand Ruf. Et y publie, "Solid ground". L’année suivante il participe au projet "Blues caravan". Puis, grave "Big dog". En 2016.

"Up all night" a été enregistré au studio Dockside, en Louisiane, sous la houlette de Mike Zito. Et en formule trio : soit Castiglia, au chant et à la guitare, Jimmy Pritchard à la basse, et Brian Menendez à la batterie. Réunissant onze plages sculptées dans un rock/blues nerveux, cet opus réunit originaux et reprises.

Dès "Hoodoo on me", Albert prend son billet de sortie et libère ses cordes. Bien funk, "I been up all night" est hanté par Jimi Hendrix. Et pour cause, les sonorités de cordes y sont bien distordues par la pédale wah wah. Pourtant, c’est bien la voix qui domine le sujet. Mike Zito se consacre au micro sur "95 South", un rock'n'roll dynamisé par la slide explosive de Sonny Landreth, un spécialiste sur cet instrument. De nombreuses plages se distinguent par les interventions de gratte largement amplifiées, libérées, mordantes, acérées. A l’instar de "Knocked down loaded", un titre qui s’inspire du regretté Stevie Ray Vaughan. Du shuffle "Chase her around the house", que souligne le piano de Stephens. Zito a composé "Quit your bitching", le slow blues de circonstance. Albert et Mike se partagent les vocaux face à l'orgue de Lewis Stephens. Dans un même registre, bien qu’empruntant un style différent, "Unhappy house of blues", un morceau signé par le légendaire Néo-orléanais Cyril Neville, est illuminé par l'harmonica de Johnny Sansone. D’excellente facture, ce long playing s’achève par "You Got Me To That Place", un blues exclusivement alimenté par Castiglia et Zito aux grattes acoustiques et aux vocaux, qui nous entraîne au cœur des marais louisianais…

 

Albert Castiglia

Big dog

Écrit par

Agé de 47 ans, Albert Castiglia est issu de la Floride. Un chanteur/guitariste déjà considéré comme un vétéran, sur la scène du blues. Il a longtemps milité comme guitariste au sein du backing group du célèbre bluesman chicagoan, Junior Wells, auprès duquel il a tourné à travers le monde. Son premier elpee personnel, "Burn", date de 2002. "Big dog" constitue son sixième opus solo. Il a confié la mise en forme à Mike Zito (NDR : particulièrement prolifique, au cours des dernières années, le Texan est également un membre fondateur du Royal Southern Brotherhood). Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, à Maurice, en Louisiane. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une solide équipe, dont le bassiste Scot Sutherland, le drummer Rob Lee et le claviériste Lewis Stephens, sans oublier Mike Zito qui gratte et chante.

Dès "Let the big dog eat", piste qui ouvre l’elpee, on ressent l’empreinte de Mike Zito. Un blues énergique caractérisé par des guitares généreuses. Les voix d’Albert et de Mike sont agressives et surtout autoritaires. Les grattes, rugissantes. Des vocaux qui deviennent rauques sur "Don’t let them fool ya", un blues flemmard signé Zito. Et pourtant, les guitares entrent violemment en duel, sans s’accorder le moindre répit. Impressionnant ! Castiglia est passé à la slide sur "Get your ass in the van". Il a également monté le volume sonore. Féroce, ce Chicago blues est hanté par Hound Dog Taylor. Le bottleneck martyrise constamment les cordes. Des effluves de métal en fusion se propagent alors que Rob Lee frappe comme un demeuré sur ses peaux. "Drowning at the bottom" est un des plus beaux blues signés par Luther Allison. Il figure sur son elpee "Reckless", publié en 1997. La version proposée ne manque pas de panache, et permet à Castiglia et Zito de tirer leur épingle du jeu. Tapissé par un orgue Hammond, le morceau bénéficie également du concours du géant Allison. Et ses interventions sont frénétiques. Sensuel, "Let’s make love in the morning" marque une pause. Stephens siège derrière l’orgue. Les échanges vocaux sont riches. Issue de la plume de Charlie Pickett, "What I like about Miami" est une excellente roots song aux accents rock’n’roll. Et la cover est très proche de l’originale. Dynamique, "Easy distance" est légèrement teinté de funk. Insatiable, la guitare libère énormément de sensibilité ! Plus paisible et classique, "Where did I go wrong" est un autre blues lent. Lewis Stephens se consacre aux ivoires ; et invité, Johnny Sansone signe un superbe envol à l’harmonica. Ce dernier se distingue encore sur "Where the devil makes his deals". Ses interventions sont superbes alors que les cordes, chargées de feeling, atteignent de nouveaux sommets. Remarquable ! Particulièrement rock’n’roll, "What the hell was I thinking" déménage littéralement. A cause du piano, mais également de la gratte qui se révèle inextinguible. De toute bonne facture, cet opus s’achève par"Somehow", une ballade r&b que chante Albert d’une voix rageuse, subitement devenue soul...

 

Tommy Castro

Method to my Madness

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La carrière de Tommy Castro et déjà bien remplie. Agé de 60 balais, ce Californien est un adepte du blues et du R&B. Guitariste, chanteur et compositeur, il a embrassé une carrière solo en 1991. Ce qui lui a permis de publier de nombreux albums, notamment pour Telarc et Blind Pig. En 2009, il est passé chez Alligator, pour lequel il a d’abord gravé "Hard Believer". La musique de Tommy a toujours impliqué des cuivres, et tout particulièrement grâce à son saxophoniste, Keith Crossan. Pourtant, en 2011, il monte une nouvelle formation, The Painkillers, qui se limite à une section rythmique et des claviers. Le dernier opus de cette formation, "The devil you know", remonte à 2014. Le line up réunit Castro, au chant et à la guitare, Bowen Brown (ex-John Lee Hooker Band) à la batterie, Randy McDonald à la basse et Michael Emerson aux claviers. Les sessions se sont déroulées au studio Laughing Tiger, à San Rafael. Tommy assure la production et signe dix des douze plages.

Naturellement puissante, autoritaire la voix de Castro est avant tout authentique. Elle est faite pour chanter le blues, le R&B et le rock'n'roll. Et on s’en rend compte dès l’ouverture, "Common ground". Une plage accrocheuse, imprimée sur un rythme ‘rollingstonien’, au cours de laquelle il décoche son premier solo ; et il fait mouche ! Particulièrement solide, la section rythmique balise "Shine a light". Emerson siège derrière son orgue Hammond. Largement amplifiée, la slide de Castro nous réserve un petit bijou de solo, dans un climat plutôt swamp. Le titre maître est sculpté dans du pur r&b, proche du southern soul de chez Stax. Et si la rythmique est virale, il n’y a pas de cuivres… Les sonorités de l’orgue sont intenses et chaleureuses tout au long de "Died and gone to heaven", une ballade soul lente, que chante divinement Tommy, dans un registre proche d'Otis Redding voire de Wilson Pickett. Un style tout en feeling, taillé sur mesure pour l'artiste ! Parfois, la puissance vocale de Castro me fait penser à celle de John Fogerty. D’ailleurs, l’effet est similaire. "Got a lot" en est certainement une belle illustration. L'intro à la guitare dispensé sur "No such luck" est remarquable ; un blues savoureux réminiscent du Fleetwood Mac de Peter Green. Rien que du bonheur ! Parfois ces cordes lorgnent, comme par magie, vers Carlos Santana. Ou elle entrent en effervescence ; à l’instar du blues musclé "Two hearts". La voix s’avère souveraine tout au long d’"I'm qualified", un morceau écrit par l'équipe de Muscle Shoals. Soutenu par la basse funkysante de McDonald, il se distingue par cette grande liberté accordée à l’orgue. A l’écoute de "Ride", on ne peut s’empêcher de penser à Ray Manzarek des Doors ; et tout particulièrement sur l’album "L.A. Woman". A cause de ce piano électrique aventureux qui trame une véritable texture sonore hypnotique. Castro et Joe Louis Walker cosignent "Lose lose", un blues lent aux accents dramatiques. Et le dialogue entre la voix et les cordes constituent un véritablement enchantement. La perfection ! Les fûts de Bowen Brown servent de rampe de lancement au leader sur "All about the cash", une solide pièce de swamp funk. Propulsé vers les sommets, Tommy se réserve alors une sortie aussi intrépide qu’inventive. D’excellente facture, cet opus s’achève par un reprise du "Bad luck" de BB King, un blues d’une grande pureté découpé dans des cordes de guitare immaculées…

 

Laurence Jones / Christina Skjolberg / Albert Castiglia

Blues Caravan 2014 – Live (Cd + Dvd)

Écrit par

Et nous retrouvons ici la Blues Caravan du label Ruf en 2014, lors d’un concert enregistré à la salle ‘Harmonie’ de Bonn, en février. Cette tournée assurait la promotion de trois artistes, deux hommes, Laurence Jones et Albert Castiglia et une femme, Christina Skjolberg. Une représentation très internationale! Laurence Jones est un jeune espoir du blues anglais ; il n'a que 23 ans et a représenté son pays en mars, lors de l'Euro Blues Challenge qui s’est déroulé à Bruxelles. Albert Castiglia a 45 balais. Originaire de New York, il s’est établi à Miami. Jeune, jolie et blonde, Christina Skjolberg est norvégienne. Tous trois chantent et jouent de la guitare. Live, ce « Blues Caravan 2014 » est paru sous la forme d’un cd et d’un dvd. Mais les supports sont sensiblement différents. Ce qui fait leur intérêt. Les trois musicos avaient déjà enregistré pour le label allemand. Lors de ce concert, ils ont reçu le concours d’une section rythmique : Roger Inniss à la basse et Miri Miettinen à la batterie.

Toute l’équipe est sur les planches pour le morceau d’ouverture, "Join me on the Blues Caravan", un titre sculpté dans le pur funk. Gauchère, Christina adopte un jeu assez agressif sur sa gratte ; Laurence y révèle un toucher plus fluide, typiquement anglais. La voix d’Albert est la plus affirmée. Laurence est passée à l'orgue et Christina –grande, féline et séduisante– se réserve exclusivement la gratte lors des trois titres suivants issus de sa plume. La Scandinave semble hantée par Jimi Hendrix tout au long de "Come and get it", "Close the door" et "Hush". Laurence Jones reprend le leadership et la six cordes pour attaquer quatre titres. Tout d’abord "Wind me up", une plage qui met en exergue sa technique. Ensuite "Soul swamp river", un blues co-écrit en compagnie de Mike Zito (ex-Royal Southern Brotherhood). Et enfin "Fall from the sky" ainsi que le "All along the watchtower" de Bob Dylan, mais dans une version plus proche de celle de Jimi Hendrix. Place alors à Alberto Castiglia qui nous balance deux plages instrumentales, "Fat cat" et le "Freddie's boogie" de Freddie King, à l’aide de sa gratte particulièrement belliqueuse, avant de chanter un superbe blues lent, le "Bad Avenue" de feu Walter Williams (NDR : mieux connu sous le sobriquet de Lefty Dizz, il avait milité, au cours de ces dernières années d’existence, au sein des Houserockers du légendaire Hound Dog Taylor). Les trois artistes reviennent ensemble sur les planches pour participer à la jam finale qui épingle deux titres notoires : le "Cocaine" de JJ Cale et le "Sweet home Chicago" de Robert Johnson, une orgie de guitares à la clé. Les 14 plages du dvd sont ainsi décrites.

Le cd n’en recèle que onze, dont deux ne figurent pas sur le dvd, et pour lesquelles Castiglia est aux commandes. Il aborde son "Put some stank on it" et surtout une cover du "Sway" des Rolling Stones, une plage qui figurait sur l'album "Sticky fingers", gravé en 1971 ; Mick Taylor y signait une intervention bouleversante sur ses cordes. Celle de Castiglia n’est pas de la même veine, mais il ne s’en tire pas trop mal, quand même… 

Tommy Castro

The devil you know

Écrit par

Tommy Castro est devenu une référence incontournable dans l’univers du blues et du R&B. Ce chanteur/guitariste californien accomplit une carrière exemplaire depuis une bonne vingtaine d'années. Il est surtout plébiscité pour ses aptitudes vocales. Une voix soul, qu’il puise dans le southern soul de Memphis. Il a même été comparé à Otis Redding. Il compte déjà plus d'une douzaine d'albums à son actif, dont six ont été publiés par le label californien Blind Pig. En 2009, il signe chez Alligator. Il lui réserve "Hard believer", la même année. Il aura fallu attendre un break de cinq années pour saluer son 2ème opus qui sort sur le label chicagoan. Il ne faut cependant pas oublier qu’en 2011 il avait gravé "Tommy Castro presents : Legendary R&B Revue Live!".

Les sessions d’enregistrement de « The devil you know » se sont déroulées en Californie, à Sausalito et San Rafael. Il a reçu le concours de son backing band, qu’il drive depuis 2012, les Pain Killers ; en l’occurrence le bassiste Randy McDonald, le drummer Byron Cage et le claviériste James Pace (un ex-Ana Popovic Band). Il a également bénéficié de la participation de nombreux et prestigieux invités. Le tracklisting est découpé en 13 pistes, soit neuf compositions personnelles et quatre reprises.

Une armée de guitares attaque "The devil you know", une plage qui macère dans le Mississippi blues. La voix de Tommy est puissante et savoureuse. Saturée, sa six cordes talonne le chant! L'orgue de Jim Pugh ouvre "Second mind", un morceau caractérisé par ses débordements de percussions syncopées. Les Pain Killers soignent ce funk participatif tandis que les cordes deviennent audacieuses. "I'm tired" est une des meilleures compositions issues de la plume de Chris Youlden, remarquable vocaliste qui a sévi chez Savoy Brown de 1967 à 1970. Castro chante d’ailleurs dans un registre assez proche. Ce titre figurait sur l'elpee "A step further, paru en 1969. Et c'est Joe Bonamassa qui reprend sans complexe le rôle de Kim Simmonds. La nouvelle version n’est guère surprenante, mais elle est bien restituée. Plutôt exploratoire, "Center of attention" consomme du R&B qui rocke. "The whale have swallowed me" est un blues composé par JB Lenoir. La cover ne manque pas de charme. La slide part en dérapage contrôlé. Tasha Taylor (NDR : c’est la fille de feu Johnnie Taylor, un chanteur et acteur texan qui a l’instar d’Isaac Hayes et The Staple Singers a marqué l’histoire de la scène Stax) lui donne la réplique vocale. Pour aborder le puissant "When I cross the Mississippi", Tommy est épaulé par le chanteur/guitariste Tab Benoit, le gratteur Mark Karan et l’organiste Mike Finnigan. Castro adapte le "Mojo Hannah" d'Andre Williams, à la sauce louisianaise. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une invitée de charme, en l’occurrence Marcia Ball qui se consacre au piano et au chant. Pace siège derrière l'orgue Hammond, les Homes Brothers assurent les backing vocaux et Magic Dick (J. Geils Band) souffle dans son harmo, tout au long de "Two steps forward", un blues traditionnel, largement amplifié, au cours duquel le rythme s'emballe dans un gospel nerveux. Malgré la présence de cette ribambelle de ‘guests’, Tommy parvient à tirer son épingle du jeu sur ses cordes. Et c’est une véritable prouesse. Sur "She wanted to give it to me", ses interventions se révèlent même bien plus agressives que de coutume. La voix de Castro est vraiment impressionnante tout au long de "Keep on smilin'", un superbe R&B signé Wet Willie. C’est également la meilleure plage de l’opus. Tommy ne relâche pas l'étreinte. Il entame un duel vocal face à la ravissante Samantha Fish, tout au long "Medicine woman", une piste dont le cadre est balisé par les ivoires de Pace! Le long playing bénéficie de deux bonus tracks. Les deux titres parus en single. Soit les dansants "That's all I got" et "Greedy". Un excellent album!

 

Albert Castiglia

Solid ground

Écrit par

De père italien et de mère cubaine, Albert Castiglia est né à New York, mais vit depuis longtemps à Miami. Un chanteur, guitariste et compositeur de blues âgé aujourd’hui de 44 ans. "Solid ground" constitue son septième opus. Le premier, "Burn", remonte à 2004. Le dernier, "Living the dream", à 2012. Albert a forgé son expérience en bossant au sein du backing group de l'harmoniciste noir chicagoan, Junior Wells. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein des studios de Dave Gross, Fat Rabbit, sis dans le New Jersey. Et c’est le proprio des lieux qui a assuré la mise en forme. Pour concocter cet elpee, Albert a reçu le concours de sa section rythmique, soit le bassiste Matt Scheler, et le drummer Bob Amsel. Mais également de quelques invités de marque.

Albert nous réserve, comme entame, un boogie de bonne facture, intitulé "Triflin'". Bob imprime ce tempo spécifique derrière ses fûts. La voix d’Albert passe bien la rampe. Elle devient même autoritaire sur "Keep you around too long", une plage caractérisée par un aspect jump percutant. Véritable prodige, Dave Gross met également la main à la pâte, alors que Jeremy Baum siège derrière le piano. Et le niveau atteint par cette compo est déjà très élevé. Une claque indiscutable ! Signé Graham Wood Drout (Iko-Iko), "Searching the desert for the bues" est un soul blues contaminé par le funk. Lou Bevere (chanteur/guitariste au sein d'Enzo and the Bakers) se réserve le micro sur "Have you no shame", une compo issue de la plume de Donnie McCormick et Tommy Carlisle (NDR : les deux musicos militent chez l'Eric Quincy Tate), et un blues lent de bonne facture. Baum est préposé à l'orgue Hammond B3, alors que Gross et Castiglia s'envolent très haut sur leurs cordes. "Put some stank on it" est un blues rock imprimé sur un tempo énergique. Albert profite de l’occasion unique qui lui est accordée de se mesurer à Debbie Davies, une des meilleures guitaristes féminines du blues. La voix d’Albert est chargée de passion lorsqu’il aborde "Love one another", une soul song illuminée par quelques beaux échanges de cordes. Mais aussi "Sleepless nights", un blues lent plus conventionnel, marqué au fer rouge par ses six cordes ! Ecrit par St Louis Jimmy Oden, "Goin' down slow" est un classique du blues popularité par Howlin' Wolf. La version proposée par Castiglia, est ici plus proche de l’esprit Allman Brothers Band. "Celebration" est une ballade roots séduisante. Blues acoustique sculpté dans les cordes d’une sèche et d’une mandoline, "Hard time" est impeccablement ficelé. "Bad avenue" est un autre blues lent. Quoique bien amplifié, il est plutôt conventionnel. L'orgue Hammond tapisse l’ensemble, un contexte idéal pour une solide envolée de guitare. "Sway" est une des chansons des Stones que je préfère. Elle figure sur "Sticky fingers", paru en 1971 ; et on y rencontre un solo mémorable de Mick Taylor, sur sa guitare. L’adaptation n’est guère surprenante. Lou Bevere s’y réserve le chant, Castiglia et Gross les grattes. Instrumental véhiculant des accents de rumba, "Little havana blues" est une piste particulièrement réussie. Le long playing s’achève par un morceau acoustique, le très doux "Just like Jesus".

 

Adam’s Castle

Vices

Écrit par

Comme nous avons pu le constater dans le chapitre précédent (XXII, paragraphe trente, alinéa trois bis) l’électrodynamique des corps en mouvements entraîne irrémédiablement une immersion progressive des masses dans la courbure de l’espace temps.

L’équation du théorème d’Adam’s Castle se fonde, quant à elle, sur trois constantes intangibles, formant une rythmique inébranlable qui tient lieu de structure à la fondation basse + batterie + piano (Rhodes).

Une fois éliminés les parasites régulièrement rencontrés dans ce type d’atmosphère (voix et guitare entraînant généralement l’attention A de l’auditeur A’ vers un point nébuleux, vraie chimère cosmique), ces trois constantes établissent progressivement un noyau dur autour duquel gravite les poussières d’étoiles.

S’ensuit alors une série de chocs plus ou moins violents créant une énergie cinétique.

Bref, une théorie un peu math collant parfaitement au contenu un peu prog de ce trio instrumental légèrement conceptuel.

C’est techniquement irréprochable et un poil ébranlant sur la longueur. De quoi passionner assurément les amateurs du genre privilégiant les constructions complexes sur fond de savoir-faire clinique.

 

Crystal Castles

The Light At The End Of the Tunnel Is A Train

Écrit par

Ce 10 décembre, les épileptiques n’avaient qu’à bien se tenir. Alice Glass et Ethan Kath étaient de retour à Bruxelles pour y présenter leur troisième livraison de bruitages et BPMs electro-punk-goth-whatever. La déferlante stroboscopique de Crystal Castles s’est abattue sur l’AB en un peu plus d’une heure, mettant le public à genoux. La réputation live des Canadiens n’est définitivement plus à refaire.

Pas de mise en bouche ce soir à l’intérieur des murs de l’AB. Mais ce n’est que sur les coups de plus ou moins 21h15 que les lumières de la salle cèdent la place à l’obscurité dont se repaît Crystal Castles. La pochette de leur dernier LP, très logiquement estampillé « (III) » puisqu’il s’agit du troisième disque éponyme, illustre la toile de l’arrière-scène. Les kids des premiers rangs attendent, fébriles, l’arrivée du duo sur l’estrade tandis qu’ils commencent à se faire mitrailler par les convulsions des spots lumineux. Ethan Kath s’approche discrètement de ses machines et laisse s’échapper l’intro de « Plague », morceau d’ouverture de leur nouvelle livraison. Alice Glass suit de près, marmonnant ses sempiternels textes incompréhensibles. Affublée d’une coiffe blonde platine, la chanteuse se montre toujours aussi délurée que le veut la légende, sifflant whisky ou allumant gros bédots sur les planches.

Le tube « Baptism » suit de près l’entame, provoquant les premiers remous aux premiers rangs du parterre. Et les jeunes fans s’en donnent à cœur joie. Ethan Kath se contente de bidouiller ses machines. Le show, c’est Alice qui s’en charge. Cette dernière ira se planter à califourchon sur l’attirail de son partenaire pour lui prêter main forte à deux ou trois reprises. Les titres de « (III) », comme le menaçant « Wrath Of God », « Telepath » ou l’hymne rave « Sad Eyes », emportent la plus grosse part du gâteau et te passent dessus comme un train à grande vitesse. Mais ce sont, of course, les plus anciens morceaux qui retournent l’AB, sans effort. « Alice Practice », le terrible « Doe Deer », une version (re-)revue de « Crimewave », « Untrust Us » font suer les bons ¾ d’un public survolté. Alice, saute, hurle, se secoue sans fléchir et sans adresser la parole à l’auditoire. C’est qu’elle a une certaine image à projeter, la p’tite dame.

Pourtant, on n’arrive toujours pas à distinguer clairement si la jeune femme interprète réellement tous les morceaux en direct, tant les vocalises sont noyées sous les effets. On a beau tenter de se convaincre du caractère ‘live’ de l’ultime morceau, la fameuse reprise de « Not in Love » (Platinum Blonde), dans sa version single et avec Glass dans le rôle de Robert Smith, les doutes persistent…

Dernier coup d’« Insulin », le temps d’un rappel livré et bouclé en 5 minutes. Le duo vide les lieux, même si la chanteuse tient encore à peine debout. Et c’est dans le même état que je quitte l’AB pour la dernière fois en 2012. De quoi clôturer l’année sur une toute bonne note.

(Organisation : AB)

Maya’s Moving Castle

Maya's Moving Castle

Écrit par

Depuis quelques semaines déjà, le single « Next Life » fait le buzz sur Youtube et autres sites sociaux… 

Et non ! Ce titre n’est pas l’apanage de la plus cinglée des Islandais(es), Björk, pour ne pas la citer !

On pourrait pourtant s’y méprendre ; mais c’est ici de Maya’s Moving Castle qu’il s’agit ;  Maya est le prénom de la belle voix qui sévit sur ce nouvel opus. 

C’est, vous vous en doutez, dans un univers proche de ce que réalise cette dingue insupportable que naviguent Maya et ses petits copains. Car évidemment, même si elle compose et écrit tout, toute seule, elle a malgré tout besoin de petites mains… C’est donc sous la houlette des producteurs Stefan Bracke (Raveyards, ex-The Subs) et François De Meyer (Raveyards, Villa), et flanquée des excellents musiciens Nele De Gussem (voix, guitare), Stijn Vanmarsenille (basse, synthé) et Simon Segers (batterie) que son disque a pu être enregistré.

Maya a, dans un premier temps, grandi dans une fermette de campagne, un environnement peuplé d’insectes et de papillons et habité des sons de son vieux violon. C’est là qu’elle a construit son univers, solitaire, fantastique et secret. Exilée en ville, elle devient multi-instrumentiste ; et de soliste, elle passe à une vie plus sociale en rencontrant ses futurs collaborateurs. Ses chansons sous le bras, elle troque alors sa fermette contre un studio et le résultat vient de nous être servi tout chaud.

Une dizaine de chansons mélancoliques et charmantes, autant de mélodies envoûtantes, interprétées dans un anglais parfait, nous emmènent dans le monde féérique de Maya. Le parallèle avec Björk est toujours bien présent. A la différence près que l’Islandaise a le don de pondre de temps à autre un hit monstrueux, tube que l’on ne retrouve pas sur la galette de notre petite Belge. Il n’empêche qu’elle fait preuve d’une bonne dose de créativité et d’innovation dans ses jolies chansons. Le tout, dix plages au total, s’écoule de façon assez linéaire et s’écoute sans déplaire mais sans étonner beaucoup non plus. Une fois les trois premières pistes digérées, plus aucune ne parvient à surprendre même si la qualité reste au rendez-vous.

Maya aura sans aucun doute bientôt d’autres créations à nous révéler, dans son registre empreint de charme et de séduction…

 

Crystal Castles

III

Crystal Castles est un duo canadien réunissant Ethan Kath et Alice Glass. Cette dernière ressemble étrangement à Karen O de Yeah Yeah Yeahs. Ils pratiquent une forme de musique électro au sein de laquelle entre en fusion éléctroclash, noise et hardcore. Et le résultat est impitoyable, dévastateur, assourdissant. Enrichie de bleeps serrés, trashy, triturés ou indistincts, leur expression sonore, largement conçue à l’aide de synthés 8 bits, lorgne manifestement vers Atari Teenage Riot, Alec Empire, T.Raumschmiere et Otto Von Schirach.

Fruit de la rencontre entre punk funk sinistre, trance visionnaire, wave pop circa 80’s et kitsch pop, le deuxième elpee était tout aussi imprévisible et explosif, le couple continuant de repousser les limites de l’électro alternative. Leur troisième cherche davantage l’équilibre entre toutes leurs influences. Première constatation les synthés 8 bits ont été mis au placard. Tout comme les ordinateurs, d’ailleurs.

On retrouve bien sûr les vocaux angoissants de Kate, parfois contenus, parfois spectraux, souvent à peine compréhensibles (NDR : et pourtant, les thèmes des lyrics, traitant par exemple de l’oppression dont sont victimes les femmes ou de l’innocence des enfants, sont engagés) entretiennent une tension sous-jacente. Plus sombre et glacial que le premier opus et moins agressif que le second, « III » flirte épisodiquement avec la pop, la rave et même le hip hop. Mais dans l’ensemble, en écoutant ce disque, on est envahi par des sentiments inconfortables de claustrophobie, d’anxiété et même de frayeur. Des sentiments bien illustrés par l’image de la pochette représentant un cliché de Samuel Aranda, reproduisant un combattant révolutionnaire du Yémen blessé, dans les bras de sa mère (NDR : cette photo lui a permis de décrocher l'Award du World Press Photo of the Year en 2011).

 

The Cast of Cheers

Bien, mais un peu court…

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Alors que l’Orangerie était sold out pour accueillir la formation française Dyonisos, le sous-sol du Botanique, et plus explicitement le Witloof Bar, programmait au même moment The Cast of Cheers, dans le cadre de la campagne ‘New Talents, cool prices’. Peu connu chez nous, le groupe dublinois venait présenter en avant-première son second opus, dont le titre sera éponyme. Il devrait paraître en juin.

Le public est réduit à une trentaine de personnes. Ce qui n’est pas pour me déplaire, vu l’architecture de la salle, dont les plafonds sont soutenus par des piliers en briques. Si l’endroit est particulièrement esthétique, la visibilité est souvent réduite, surtout pour celles et ceux qui ne trouvent place qu’à l’arrière de la pièce. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, l’assistance restreinte permet de voir l’intégralité de la scène.

Le combo irlandais entame les hostilités à 20h30 par un morceau bourré d’énergie, augurant ainsi un set débordant de fougue punk. Les deux guitaristes gesticulent dans tous les sens frôlant à plusieurs reprises la collision. Les compos s’enchaînent rapidement et ne dépassent que très rarement les 3 minutes. Leur mélange de math-rock et d’indie rock est percutant. Un style que le quatuor maîtrise parfaitement en ‘live’, haussant le ton lorsqu’il le faut. Le traklisting est puisé au sein de leurs deux opus. Et épingle l’inévitable « Family », premier single qui tout en lorgnant vers The Rapture, démontre que le combo peut également afficher une face pop. Ainsi que leur nouveau, « Animals », chanson également plus radiophonique. En fin de parcours, The Cast of Cheers embrasse même une forme plus électro, dans l’esprit d’Errors.

Après une demi-heure de prestation, le combo vide les lieux, pour y revenir quelques secondes plus tard. Leur intention : accorder un rappel. Malheureusement, il ne se produira jamais. Motif ? Un problème technique réduisant le bassiste au silence. Les musicos vont s’excuser à plusieurs reprises. Ce qui ne changera pas grand-chose à la situation. Pas de chance ! Et le public de quitter la salle, un arrière-goût de trop peu dans la bouche, malgré leur mini set convainquant. Vivement la sortie de l’album !

(Organisation Botanique)

 

Paranoid Castle

Champagne Nightmares

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Après nous avoir permis de découvrir Astronautalis, responsable d’un superbe premier album chroniqué en ces pages la semaine dernière, le label yankee Fake Four Inc persiste et signe en nous livrant le second opus de Paranoid Castle. Deux petits bijoux sculptés dans un hip hop particulièrement novateur. Et franchement, dans le style, l’écurie se révèle la plus intéressante, pour l’instant. D’ailleurs, je dois avouer que depuis quelque temps, ma flamme pour le hip hop était occupée de s’éteindre. Et ce label américain, grâce à ces deux opus, vient tout simplement de ranimer les braises…

Paranoid Castle est né de la collaboration entre Kirky Dominant, un rappeur issu d’Oakland mais aujourd’hui établi à New York, et le producteur canadien Factor. Une association qui est née en 2003. Intelligents, ironiques, sarcastiques même, les lyrics abordent les relations humaines difficiles. Ils sont tour à tour chantés ou rappés par Dominant. Mais contrairement à ses condisciples du genre, il aborde ses thèmes avec beaucoup d’humour et d’autodérision. Et le tout est superbement soutenu par les beats et les samples de Factor. Un coup de cœur ? « Stacey Is Doing WAY Too Much », une plage qui baigne dans une atmosphère ‘bon enfant’…

Rafraîchissant, allègre même, « Champagne Nightmares » est un album à consommer sans modération.

 

Tommy Castro

Presents the Legendary Rhythm & Blues Revue

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De nombreuses croisières sont organisées dans les mers chaudes et bleues de l'Atlantique, pour y inviter des bluesmen souvent notoires, dans le cadre des célèbres "Legendary Rhythm & Blues Cruises". Tommy Castro et son band au grand complet ont embarqué en octobre 2010. Et ce sont leurs prestations enregistrées à bord qui constituent l'épine dorsale de cet album (quatre plages). Le tracklisting est complété par d'autres sessions issues de 2010 et opérées dans les mêmes conditions (Michael Burks, Joe Louis Walker, Rick Estrin, Trampled Under Foot, Janiva Magness, Theodis Ealey et Debbie Davies) ainsi que de Castro, toujours lors d’une croisière, immortalisées en février 2011. Et la production a été assurée par Castro et Bruce Iglauer, le patron d'Alligator!

Tommy Castro et son groupe ouvrent les hostilités par "Wake up call", un R&B qui invite les passagers à rejoindre la piste de danse. Percutante, la voix est parfaitement adaptée à ce type de répertoire. Tommy se libère très vite sur ses cordes avant de céder le relais successivement au saxophone de Keith Crossan, à la trompette de Tom Poole et au piano de Tony Stead. Et chaque soliste participe à la fête. "Gotta serve somebody" persévère dans un même style. Insatiable, Castro est impressionnant sur les cordes. Changement de tempo pour "Voodoo spell", une compo bouleversante signée et interprétée par Michael Burks. Le géant d'ébène y injecte toute sa sensibilité à la six cordes. Joe Louis Walker adopte un profil funky sur "It's a shame". Sister Monica Parker chante son "Never say never", un blues lent, chargé de feeling, pour lequel elle est soutenue par le Tommy Castro Band. Rich Estrin, c’est le chanteur harmoniciste des Nightcats. Le leader aussi. Il a emmené son gratteur Chris ‘Kid’ Andersen, dans ses bagages. Ils sont responsables du funkysant "My next ex-wife". 

En deuxième partie, la part belle est faite aux artistes féminines. Et elles ne manquent pas de talent. Tout d'abord, un trio familial qui répond au patronyme de Trampled Under Foot (TUF). Danielle Schnebelen chante autoritairement, mais avec classe "Fog" devant ses frères, Nick aux cordes et Chris aux baguettes. La féline Janiva Magness se réserve le micro pour "Think", une compo écrite par Lowman Pauling en 1957 pour ses 5 Royales, mais reprise ensuite, notamment par James Brown et Taj Mahal. Enfin, Miss Debbie Davies, libère toute sa passion sur sa guitare, lors d’un superbe blues intitulé "All I found". Tommy Castro se réserve encore deux titres exécutés lors de lors de la Back Oak Cruise", en février dernier, "Painkiller" (plage éponyme de son album, paru en 2007), sans aucun doute le sommet de cet opus, et le long "Serves me right to suffer" de Percy Mayfield, une piste amorcée en blues lent, avant de glisser vers le boogie participatif. Une excellente revue! 

 

Picastro

Become Secret

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Après un petit tour infructueux au sein de la maison Polyvinyl en 2008 (« Whore Luck »), Picastro revient chez papa et maman. La famille Monotreme (65daysofstatic, Nedry,…) ne s’est donc pas fait prier pour accueillir à nouveau l’un de ses enfants chéris, l’un des plus délicats mais parfois aussi des plus complexes. Pour se faire pardonner son départ précipité, Picastro a rétrocédé, en guise d’amende honorable, neuf nouvelles mélopées aigres-douces, torturées et fragiles. « Become Secret », situé quelque part entre ‘Haunted Folk’ et ‘Sleep Rock’, ne fera sans doute pas plus de remous que ses trois précédents opus. Mais ceux qui auront la bonne idée de jeter une oreille à l’un des secrets les mieux gardés de Toronto, découvriront un univers délicat, parfois inquiétant, qui n’a rien à envier à des Cat Power ou Charalambides. Une toute belle œuvre, mais à éviter en cas de coup de cafard.

 

Castus

Madona

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A l'image du label Matamore qui l'abrite, Cédric Castus, membre émérite de Soy un Caballo aime à colorier son univers d'improbables touches d'humour ‘à la belge’, sans craindre un instant de perdre l'auditeur dans un capharnaüm bigarré. Louable et affichant une intégrité remarquable, la démarche s'adresse au mélomane sachant faire fi de tout à-priori. Des titres comme « Homard » ou « Coboy », ne laissant finalement planer aucun doute sur la paternité spirituelle des Snuls. Les prouesses techniques du guitariste sont donc mises au service de motifs jacquards tricotés avec soin, loin de toute esbroufe ou d'un quelconque tape-à-l’œil. Mais sous cette apparente loufoquerie mise en scène, il n'en reste pas moins un indéniable talent pris entre les mailles de ce grand tricot entre pop, rock et jazz. Si Casimir jouait de la guitare dans Tortoise, le résultat serait sensiblement de cet acabit.

Crystal Castles

Thunderstruck

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Tout au long de leur premier LP, Crystal Castles était parvenu à donner une nouvelle dimension au ‘chiptune’, en l’assénant d’un électrochoc punk bien balaise. Les Canadiens, réputés pour leurs shows chaotiques, ne se sont pas laissés impressionnés par un vulgaire nuage de cendres. Ils ont donc, comme prévu, posé leurs semblants de bagages sur la scène de l’Orangerie et terrorisé l’assemblée au son des tueries qui composeront leur deuxième œuvre éponyme, à paraître ‘incessamment sous peu’.

Sur le coup des 21 heures, l’Orangerie du Botanique est bondée. Peut-être même davantage que d’ordinaire. Et le public bouillonne déjà. Ce qui explique peut-être les barrières placées devant le podium. Oui, oui, des barrières de sécurité ! Au Botanique ! Ca promet… Alice Glass et Ethan Kath vont être servis en matière d’ambiance. La salle est soudainement plongée dans une obscurité intégrale. Un son strident marque le début des hostilités. Le duo, accompagné en mouture ‘live’ d’un batteur, apparaît sur les planches et engage un premier extrait de son nouveau recueil. Seul un subtil jeu de lumière éclaire la scène par intermittence. Alice malmène le micro d’une main, et un stroboscope de l’autre. Pas plus de 5 minutes plus tard, on comprend que Crystal Castles est un véritable rouleau compresseur en matière de prestation ‘live’.

Les nouveaux morceaux produits par Paul Epworth (Bloc Party, The Rapture, etc.) emballent le public presque autant que les extraits du premier éponyme. « Baptism», « Celestica » ou l’incendiaire « Doe Deer » passent sans encombre l’étape de la scène. Mais ce sont essentiellement les vieux tubes qui font péter les plombs de l’assistance. Ainsi, les premières notes de « Air War », « Courtship Dating », « Crimewave » ou ceux de « Alice Practice » soulèvent instantanément  l’Orangerie. Et pourtant, certains demeurent statiques. Incompréhensible…

Ethan est plutôt discret, dissimulé derrière ses manettes. A l’inverse, Alice chauffe le public comme pas deux. A plusieurs reprises, elle s’élance au cœur de la foule. La petite Canadienne est simplement impressionnante. Le set de Crystal Castles est plutôt dark et d’une intensité rare. Un vrai show ‘in-your-face’. Mais la fin du concert survient brusquement, au bout d’une heure pile. La formation se retire sans crier gare et les lumières de la salle rappellent le public à la réalité. Pas de rappel. Les salauds ! Il faudra attendre cet été et le Festival Les Ardentes pour obtenir une nouvelle dose de Crystal. Et le manque se fait déjà ressentir.

(Organisation : Botanique)

 

Picastro

Whore Luck

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Derrière l’horrible pochette de ce « Whore Luck » se cache une formation originaire de Toronto. Et comme la plupart des formations indie contemporaines issues du Canada, Picastro dispose de tout le potentiel pour devenir une référence. « Whore Luck », troisième essai de Liz Hysen et sa bande, est un condensé de ce que les Ricains appellent ‘Sleep Rock’, joliment allié à des éléments post-rock. Entouré d’invités prestigieux tels que Jamie Stewart (Xiu Xiu) et Owen Pallett (Final Fantasy), Picastro défend, avec toute la délicatesse requise, une musique introspective, presque religieuse. De sa voix perçante, la grande prêtresse de la congrégation envoûte subtilement les fidèles à l’aide de cantiques intrigants et obscurs. Même sans grandes envolées spirituelles et malgré quelques expérimentations étouffantes, « Whore Luck » attire l’attention. Cependant, la cérémonie, qui se clôture sur une reprise du « An Older Lover, Etc. » de The Fall (rebaptisé ici « Older Lover »), laisse derrière elle un goût un peu trop amer. Une fois parachevée, celle-ci ne marque d’ailleurs l’esprit qu’à court terme. Picastro a donc encore du pain sur la planche avant d’obtenir le statut de formation incontournable.

 

Tijuana Mon Amour Broadcasting Inc.

Cold Jubilee (Of The Snowqueen)

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Au marché des disques incontournables, certains emballages sont particulièrement colorés et bénéficient d’une publicité aussi criarde que racoleuse. D’autres, en revanche, ne payent pas de mine et se contentent de simplicité et de discrétion. C’est le cas de Tijuana Mon Amour Broadcasting Inc. venu y présenter « Cold Jubilee (Of The Snowqueen) » leur dernier opus.

Ni le nom, ni l’emballage qui l’enveloppe ne laissent présager son contenu. Il faudra même passer l’intro intitulée “Exit” pour se rendre vraiment compte de la fantastique galette en question. Livrant un “Living In The Future” délicieusement jazzy, le trip hop pointe directement le bout de son nez au grand dam de mes voisins, allergiques chroniques de basses en tout genre. De par le piano et la batterie qui frappe méthodiquement ses fûts, les 12 plages réunies sur « Cold Jubilee (Of The Snowqueen) » s’arment au fur et à mesure de mélancolie (“Next Room” un délice de basse) et de cuivres, soulevant parfois même un coin d’electro venu transformer les ballades nostalgique en lo-fi ingénue. Quand apparaît le violon, nous ne nous sentons presque plus dignes de le recevoir tant son charme nous atteint. En accompagnateur de qualité, la voix de Mathias Petzold vient poser un ton juste sur le travail de ses acolytes et encenser les compositions performantes de l’album.

Quarante minutes pour un elpee, c’est honnête. Mais compte tenu de sa qualité, on a vite fait de se le réécouter directement pour prolonger le bien-être qu’il engendre. Idéal pour la saison, le froid qui lèche vos fenêtres sera repoussé de manière sévère tant la chaleur diffusée par cette galette est brûlante. Un extraordinaire album, que je suis ravi de classer au top de ce que j’ai pu écouter dernièrement.

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