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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Foo Fighters

But Here We Are

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En 2022, la mort inopinée du drummer Taylor Hawkins laissait Foo Fighters dans une douloureuse incertitude quant à son avenir. En 2023, paraît un nouvel LP, une tournée mondiale est annoncée et Josh Freese remplace le batteur décédé. Comment aborder la mort de proches à travers la musique ? C’est le délicat défi que propose Foo Fighters. Mais pour enregistrer cet opus, c’est Dave qui siège derrière les fûts. Les deux derniers elpees de Foo Fighters manquaient d’inspiration. La formation semblait s’être installée dans une zone de confort qu’elle n’arrivait plus à fanchir. Sur « But Here We Are », Dave Grohl et ses complices en reviennent aux sources. C’est le onzième long playing studio en 28 ans de carrière.

« Rescued » ouvre les hostilités et se distingue par ses paroles puissantes, percutantes et significatives (« It came in a flash/It came out of nowhere » (Cela est arrivé comme un éclair/Cela venait de nulle part) ainsi que ses riffs incisifs. Alors qu’habituellement, Grohl construit des envolées lyriques et des variations d’octaves pour exprimer vocalement la progression d’une chanson, ici il emprunte un chemin différent. Sa voix manifeste une forme de résignation plaintive, mêlant parfois optimisme et douleur. C’est une manière plus nuancée de communiquer les émotions liées à son deuil. Un autre retour aux sources jaillit d’« Under You ». Ses airs enjoués et son énergie faussement naïve rappellent « The Colour And The Shape » (1997).

Ce disque prend le contrepied du précédent, « Medicine At Midnight ». Il s’inscrit à la fois dans la lignée des Foo Fighters de 1997 (« Under You » pourrait être une chute de bande qui a servi au premier album, paru en 1995) voire de 2002 époque « One By One », mais habité par toute la souffrance féroce qu’un homme a besoin d’évacuer, avec comme point d’orgue le morceau maitre qui atteint donc des sommets d’intensité. Il est dans la continuité de la plage précédente. « The Teacher » constitue la pièce maîtresse. Elle rend hommage à Virginia Grohl, sa mère écrivaine disparue. Durant les dix minutes de cette piste, le chanteur nous entraîne dans un voyage introspectif à travers une relation parent-enfant confrontée aux défis de la mort. Il se questionne sur la transmission, l’après, l’annonce de sa propre mort à venir et celle des êtres qui lui sont chers. Telle une chevauchée épique, cette compo commence de manière planante, puis se distingue par des riffs incisifs soutenus par une batterie galopante avant de laisser la place à un abandon et de s’achever par un ‘goodbye’ empreint d’émotion contenue.

La formation évite cependant de sombrer dans le pathétique et, a contrario, atteint une forme de douceur et d’apaisement. C’est une composition plutôt inattendue dans le répertoire de Foo Fighters.

« Hearing Voices » élève le tempo alors que la voix de Grohl se déploie majestueusement et reproduit son originelle vigueur d’antan. Néanmoins, cet elpee manque de quelques brûlots énervés et incendiaires dont la band a pourtant le secret. Des traces de colère, souvent ressentie après une perte aussi soudaine et inexpliquée, auraient pu pimenter la plage. Une certaine résignation envahit même le titre maître. Dave Grohl pousse sa voix sur certains mots, atteignant presque le cri pour insuffler davantage de force au message. Nonobstant la ligne de basse groovy, « Nothing At All » souffre de son refrain trop formaté. Peu convaincant, « Show Me How » manque de dynamisme.

Le long playing recèle deux ballades, « Beyond Me » et « The Glass ». La première manque singulièrement de punch. Minimaliste, la seconde se signale par une intro émouvante.

Légèrement teinté de psychédélisme, « Rest » oscille entre légèreté et lourdeur. Une belle manière de clore cet opus. Car s’il est dédié à Taylor Hawkins et Virginia Grohl, il ne faut pas oublier que Foo Fighters s’est formé à la suite de la disparition de Kurt Cobain. Son ombre plane d’ailleurs tout au long de l’œuvre…  

Foo Fighters

Décès de Taylor Hawkins, le batteur de Foo Fighters.

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2022, en Colombie. Il est décédé quelques heures avant que la formation ne monte sur la scène du festival Estéreo Picnic. Il était âgé de 50 ans.

Le groupe était en tournée à travers l’Amérique latine. Après s’être produit au Mexique, au Chili et en Argentine, le band devait donc se produire ce vendredi à Bogota, et dimanche au Brésil.

Le groupe a annulé le reste de sa tournée sud-américaine.

Après avoir milité au sein de petits groupes locaux, en Californie, il était devenu, batteur de tournée. D’abord pour la chanteuse canadienne Sass Jordan puis, à la mi-nineties, d’Alanis Morissette. C’est en 1997 qu’il est devenu le drummer de Foo Fighters, succédant ainsi au drummer d’origine William Goldsmith. C’est la deuxième fois que Grohl vit la mort d’un membre du groupe au sein duquel il joue, après celle de, Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, en 1994.

C’est après la disparition de Cobain que Dave Grohl, alors batteur, a fondé les Foo Fighters en prenant le rôle de guitariste et chanteur.

RIP

Foo Fighters

Medecine at midnight

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Dixième album au compteur pour Foo Fighters, un disque produit par Greg Kurstin (Sia, P!nk, Beyoncé, Paul McCartney, etc.), tout comme le précédent, paru en 2017, « Concrete and Gold ». Et manifestement, la mise en forme est impeccable. Peut-être un peu trop !

Ballade un peu molle du genou, « Chasing birds », compo qui traite de la fuite inexorable du temps qui passe, aurait ainsi pu figurer au répertorie des Wings. On retrouve également des arrangements de cordes sur « Waiting for a war », une ballade acoustique qui se mue, heureusement, progressivement en rock très 90’s. Une compo qui relate les mêmes angoisses rencontrées par Dave Grohl et sa fille, à quarante ans d’intervalle ; celles relatives aux craintes de vivre un nouveau conflit mondial. Enrobé de chœurs, le titre maître nous gratifie d’un solo de guitare gémissant à la Roger Waters. Des chœurs bien plus intéressants, spectraux même, soulignent l’antimilitariste « No son of mine », une compo qui rend probablement hommage à feu Lenny Kilmister (Motörhead) tout en empruntant un riff au « I’m a man » du Spencer Davies Group. Percutante, cette piste libère un fameux groove… digne de Lenny Kravitz. Son fantôme rôde d’ailleurs sur d’autres morceaux. A l’instar du croustillant « Making a fire », une plage parée de chœurs allègres. Ou encore du légèrement funkysant « Cloudspotter ». Rampant, le premier single, « Shame shame », se distingue par l’efficacité de son riff de gratte lors du couplet. Et si « Holding poison » s’autorise des harmonies vocales réminiscentes de Status Quo », avant un envol de cordes en solo, malgré son titre final morbide, l’enlevé « Love dies young » s’intensifie judicieusement au fil du morceau.

Il est quand même loin le temps où la bande à Dave Grohl ravivait les cendres de Nirvana, en nous bombardant de décibels…

Crystal Fighters

Tropical !

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Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

Fighting Fiction

The Long and Short of It

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Pourtant originaire de Brighton, Fighting Fiction pratique une musique qui puise ses influences aux States. C’est en effet du côté des Menzingers, de Jimmy Eat World et de Lagwagon que cette jeune formation emmenée par Jake Glew et Andrew Cooke lorgne. ‘Back to the 90’s’ sur « The Long and Short of It », donc ! Punk, pop et surtout hyper mélodiques, leurs compos sont particulièrement énergiques, sans pour autant se révéler agressives. Une frénésie douce, si vous préférez. Faut dire que l’opus a été mis en forme par  Mark Williams, l’homme derrière Biffy Clyro ou des horribles Enter Shikari. Les guitares sont puissantes et les vocaux sont scandés en harmonie lors des refrains. Enfin, on pense inévitablement à leur compagnon de label (Xtra Mile) Frank Turner, lorsque les compos prennent une forme plus acoustique (« Rebel Without a Cause »). Bref, un album de punk-pop classique qui devrait ravir les amateurs du genre mais pas réellement convaincre les autres.

 

Chickfight

Acrobats

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C’est en 2010 que ce quatuor liégeois a publié son premier Ep, « Slackers and slaves. « Acrobates » constitue donc la suite logique de ce premier essai. Un disque qui a néanmoins bénéficié de conditions idéales d’enregistrement. Et pour cause, il a été concocté au sein des studios Brighton Electric, fréquentés autrefois par The Cure ; et sous la houlette de Ja Jago, ex-guitariste de The Ghost of a Thousand, dont la carte de visite épingle notamment la mise en forme de long playings pour The Maccabbes ou encore Mastodon. Découpé en 10 plages, cet opus propose un punk mélodique qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Green Day, Nada Surf et Sum 41. Les compos sont bien enlevées et dynamisées par des cordes de guitare pétillantes et vivifiantes, parfois même furieuses. La voix est tour à tour claire, déclamatoire ou rugissante. Les chœurs sont bien balancés. Les drums souples. La ligne de basse est cotonneuse. Le sens mélodique, en général, préservé. Un seul titre plus élaboré, caractérisé par ses changements de rythme : « Fits and starts ». C’est peut-être le reproche que l’on peut reprocher à Chickfight, l’uniformité de ton. Mais dans le style, c’est plutôt bien fichu. Paraît que c’est sur les planches que le combo donne toute la mesure de son talent. Il a d’ailleurs assuré les premières parties pour Limp Bizquit, Cypress Hill et Sum 41. Evidemment !

 

Foo Fighters

Wasting Light

Écrit par

Dave Grohl et sa bande montrent les crocs. Comme si son expérience au sein de Them Crooked Vultures lui avait permis d’accumuler une fameuse dose de testostérone, le leader des Foo Fighters se déchaîne. « Wasting Light », septième LP studio des Ricains, cogne fort. Il marque également le retour de l’excentrique Pat Smear, qui avait quitté le navire après la tournée ‘The Colour and The Shape’.  Aux limites du Metal, ce nouveau disque s’avère être le recueil le plus énervé du quatuor devenu quintet. Si certaines compos conservent encore un côté très pop (« Rope », « Arlandria », « These Days »), le changement de direction des Foo Fighters est flagrant au sein de titres comme « Bridge Burning » ou l’énorme « White Limo », interprété à gorge déployée. On retrouve sur ce morceau un Grohl comme on l’a trop rarement entendu. « Wasting Light » rassemble tous les éléments essentiels pour renouer avec les fans de la première heure.

 Un disque des Foo Fighters sans tubes en puissance étant inenvisageable, on compte quelques perles radiophoniques telles que « Arlandria », « Bridge Burning » et « Miss The Misery ». Outre Pat Smear, « Wasting Light » a permis à Grohl de renouer avec d’autres fantômes de son passé tels que Butch Vig, préposé aux manettes ou Krist Novoselic, qui se charge de la basse et de l’accordéon sur « I Should Have Known ». Autre invité de marque, Bob Mould, qui pousse la chansonnette et s’exerce à la gratte sur « Dear Rosemary ». Seule ombre au tableau, le titre « A Matter Of Time », répétitif et tout à fait dispensable. Mais dans son ensemble, « Wasting Light » risque bien de faire suer les fans de Foo Fighters à grosses gouttes lors de la tournée qui suivra la sortie de la plaque.

Live : 18 août au Pukkelpop.

Treefight For Sunlight

De l’art à maîtriser les harmonies vocales…

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Dans le cadre des soirées découvertes organisées au Botanique, se déroulait, ce mardi 22 mars, le concert du groupe danois Treefight For Sunlight. Inconnu au bataillon pour beaucoup, le groupe récolte néanmoins des échos favorables auprès de la presse spécialisée. D’autant plus qu’il est régulièrement comparé à Animal Collective, Panda Bear ou encore MGMT. En outre, pour la modique somme de 7 euros en prévente (5 euros si vous disposez de la Botacarte), il n’y avait vraiment pas de quoi faire la fine bouche…

La formation se produit au Witloof Bar, salle aménagée au sous-sol du Botanique. Esthétique, sympathique, chaleureuse, elle est peu adaptée à l’auditoire. Et pour cause, si vous avez la malchance de ne pas débarquer parmi les trente premiers spectateurs, vous risquez fort de devoir assister au concert, soit derrière une imposante colonne de pierres, soit sur un des côtés de la scène. Dommage que le set ne se soit pas déroulé à la Rotonde…

Une petite centaine de personnes s’est donc déplacée ce soir pour assister à leur prestation. Pas mal pour un groupe qui se produit pour la première fois en Belgique et dont l’album est pratiquement passé inaperçu (NDR : manque de promo ?)

Vers 20h30, Treefight For Sunlight entre en scène. Le line up réunit un guitariste, un drummer, un bassiste et un claviériste. Ils sont jeunes. Mais la caractéristique principale du combo, ce sont les harmonies vocales. Elles se conjuguent à merveille, suivant une technique particulière. Les quatre membres chantent, mais entament les morceaux chacun leur tour, laissant progressivement les autres venir le rejoindre, de manière à communiquer une sensibilité différente à chacune des compos. Les Danois me font même parfois penser à Midlake ou Fleet Foxes. Les morceaux s’enchaînent assez facilement. Plutôt réservés en début de set, les musicos prennent de l’assurance au fil du temps, et s’autorisent même quelques traits d’humour en fin de spectacle.

Après une petite heure de show, le combo se retire. Le public est conquis. La pop ensoleillée, légèrement psychédélique de Treefight For Sunlight a fait mouche. A  mon humble avis, on devrait bientôt entendre, à nouveau, parler de cette formation. Et en bien…

(Organisation Botanique)

Crystal Fighters

Star Of Love

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Ce n’est pas gagné d’avance pour les Crystal Fighters. « Star Of Love », le premier album de ce quintet originaire d’Espagne et installé à Londres, est ce qu’on peut qualifier de sacré bordel. Découvert il y’a plus ou moins un an lors de la sortie de l’excellent single « I Love London », distribué par Kitsuné, les Crystal Fighters proposent onze morceaux sculptés dans une d’électro-pop tribale mâtinée d’instrumentation basque. Ce métissage, qui aurait pu se solder sur un labeur tout à fait original, débouche sur une œuvre inégale et lassante. La BBC va même jusqu’à comparer une composition du quintette (« At Home ») à de la musique d’une publicité pour Body Shop. Pas faux ! Mais Crystal Fighters peut également évoquer, dans ses meilleurs moments, un Go! Team survitaminé (« I Do This Everyday », « In The Summer »). De jolis passages, bien trop sporadiques. Et dans ses plus délires les plus dispensables, « Star Of Love » passe pour une version cheap du « Subiza » de Delorean (« Follow », « Xtatic Truth », « Solar System »). Le premier LP des Crystal Fighters déborde d’énergie pour peu d’idées et ne laisse, en bout de course, aucune empreinte indélébile. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Crystal Fighters, réputés excellent en ‘live’ (c’est toujours ça de gagné), seront sur les planches de Tour&Taxis lors de la Pias Nite du 26 mars.

The Bullfight

Stranger Than The Night

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Dans l’arrière-cour d’un magasin de couture, il existe un club. Pour y accéder, il faut montrer patte blanche et de préférence, convaincre le tailleur. Il est méfiant et joint le geste à la parole. Et surtout vous questionne, dès que vous pénétrez dans sa boutique : ‘Pourquoi venez-vous ?’ Assez timidement vous répondez : ‘Pour « Stranger Than The Night » des Bullfight !’ Le silence de votre interlocuteur traduit la suspicion du Maître des lieux. ‘C’est par là, nous sommes votre hôte’ tout en montrant du doigt une double porte vitrée, dont les carreaux sont de couleur ambrée. L’arrière-cour est recouverte de pavés gras et luisants. Un chien borgne semble assoupi ; mais dès que vous vous en approchez, il se redresse et renifle de loin l’odeur répandue par le visiteur angoissé que vous êtes. Le club est glauque. Le sol est collant. Tables et chaises plus disparates les unes que les autres meublent l’espace. Les murs crades sont couverts de posters vulgaires. Ils témoignent du stupre et de la sueur accumulée depuis des décennies. La lumière est tamisée par la nicotine agglutinée aux ampoules. Au bar, une blonde quinquagénaire arbore une poitrine opulente et vous lance un sourire marchand. Elle est partiellement édentée, et le brillant de l’or serti entre ses molaires vient presque apporter un peu de lumière sur le chiffon crasseux qu’elle s’évertue à secouer. Ici on ne boit que de l’alcool. Le café ou les softs sont considérés comme hérétiques et la Sainte Inquisiton porte la couleur du whisky frelaté. La scène est minuscule. Composée de planches en bois usées jusqu’aux nœuds elle est ceinte d’une cape de velours bordeaux. Les Hollandais de The Bullfight occupent ce podium. Ils semblent vivre au sein d’un univers parallèle et ne portent aucune attention à l’univers qui les entoure. La violoncelliste est nue. Elle ne porte qu’un bandeau autour de la tête. Un collier à clous enserre sa nuque et son cou. Ses chaussures à talons hauts sont vernies. Dans le creux des hanches, on remarque le souvenir d’une soirée au cours de laquelle la flagellation a probablement dû être sa maîtresse de jeu. Les musiciens envoûtent les lieux par des ballades et des marches sulfureuses. Les envolées psychédéliques de l’orgue Hammond pénètrent tous vos sens. La batterie gratte la peau et la frappe sans trop de conviction, comme las d’un acte répété. Le chanteur campe un timbre au baryton profond. Pensez à Nick Cave. Ses textes parlent d’amour, de sexe, d’abandon vers des plaisirs lugubres et angoissants. Des bruits de pelle frottent le sol. Quelques pièces de monnaie atterrissent sur le podium. Pas d’applaudissements. Ni pour interrompre ou saluer les morceaux. Le claquement des verres sur les tables laminées, accentue ce climat morbide, menaçant et atemporel. Chaque note écrite et jouée semble dessinée à l’urine et à la cendre. A la fin du numéro, je quitte ce cabaret béotien comme j’y ai accédé : par une porte dérobée. Je laisse derrière moi « Stranger Than The Night » en me disant que si l’expérience était troublante, l’endroit où elle s’est produite reflétait parfaitement l’impression laissée par l’écoute de ce disque. J’entends un cri, puis c’est le silence…

 

Foo Fighters

Greatest Hits

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Fondé en 1995 par Dave Grohl, rescapé de Nirvana, The Foo Fighters demeure l’unique –ou presque– grande gloire de la vague post-grunge. En outre, le groupe a déjà touché deux générations d’aficionados de rock couillu !

Ecrire que ce « Greatest Hits » est une pièce de choix serait un doux euphémisme, le groupe affichant au compteur un parcours discographique de six albums studio sans faute. Le récent Dvd « Live At Wembley Stadium » nous avait filé une sacrée banane. Et pour cause ! Grohl et ses compères assurent méchamment sur les planches, dispensant un rock burné et gonflé à la testostérone. Pendant près de 120 minutes, ils alignent les hits flamboyants. On imagine donc aisément que dresser la play-list de cette compilation fraîchement sortie n’a pas été un exercice facile.

Seize morceaux dont trois inédits, « Wheels », « Word », et une version acoustique du tube « Everlong », histoire de pousser les fans qui détiennent déjà l’intégrale des Fighters à compléter leur collection. C’est la plaque de 97, « Colours and the Shape », qui est la mieux représentée, incluant trois titres incontournables, dont le buriné « Monkey Wrench ». Néanmoins, l’ensemble se veut équitable, chaque elpee bénéficiant de deux ‘ambassadeurs’, excepté « Skin and Bones » circonscrit à sa plage titulaire. On ne se lasse pas d’écouter des hymnes tels que « Skin and Bones », « This is a Call », « Big Me » ou « All My Life ». Un concentré de ce que Dave Grohl a produit de meilleur, et par conséquent l’ultime album à se procurer si on ne possède rien des Foo Fighters.

 

Fight Like Apes

Fight Like Apes and the mystery of the golden medallion

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Fight Like Apes nous vient tout droit d’Irlande. De Dublin, très exactement. Une formation fondée en 2006. Il faudra cependant attendre la sortie de son premier elpee, « Fight Like Apes and the mystery of the golden medallion », pour que l’Europe s’intéresse à son existence. Ce disque est paru en 2008, mais n’a bénéficié d’une sortie officielle sur le Vieux Continent, que début 2009. Un opus dont la mise en forme a été réalisée par le producteur John Goodmanson (Blonde Redhead, Death Cab For Cutie). Et dont le succès s’est propagé comme une traînée de poudre, en Eire. Il faudra cependant attendre que le groupe se mette à tourner, assurant notamment le supporting act de combos bien dans l’air du temps, tels que Ting Tings, Black Lips ou encore Von Bondies, pour se forger une certaine notoriété hors-frontières

La musique de Fight Like Apes trempe dans une sorte d’électro-punk-pop efficace et énergique. Les compos de son premier opus sont brèves. A premier abord, la voix de Maykay est insupportable, campant un timbre d’adolescente pré-pubère, limite Avril Lavigne. Mais au fil de l’opus, elle se bonifie. Les synthés trament toute la solution sonore. Les compos se ressemblent. Une homogénéité qui devient progressivement lassante ; ce qui explique pourquoi on décroche assez rapidement, à la condition que l’on ait accroché bien entendu. Ce qui n’empêche pas la plupart de chansons de cette plaque d’être susceptibles de devenir des tubes potentiels. Notamment « Tie me up with jacket » et «  Something global ». Un peut trop sur pilotage automatique à mon goût, leur pop devrait cependant faire le bonheur de la bande FM.

Foo Fighters

Live at Wembley Stadium (Dvd)

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Les 7 et 8 juin 2008, les Foo Fighters sont parvenus à remplir le pharaonique stade de Wembley. Un privilège qui n’est accordé qu’à des grosses pointures telles AC/DC ou Metallica dans le domaine du rock lourd. C’est dire si Dave Grohl devait baigner dans le bonheur lors de ces deux dates historiques accordées à son groupe ; car même quand il était batteur de Nirvana, il n’avait pas connu pareil triomphe au pays de Sa Majesté.

Appelé sobrement « Live at Wembley Stadium », ce set témoigne d’un set rondement mené, une prestation au cours de laquelle on ne s’ennuie jamais. Et tant la réalisation vidéo qu’audio confirme cette impression. Foo Fighters s’avère d’ailleurs beaucoup plus metal que sur CD. Au sommet de son art, il réussit à faire parler la poudre. Mais surtout à convaincre l’immense foule réunie à Wembley. Un pari qui n’était pas forcément gagné d’avance. La qualité des interprétations ne faiblit jamais durant les quatorze classiques interprétés ces soirs là. Nous revivons ainsi les grands moments de la discographie des Fighters. La puissance y est même décuplée. « The Pretender », « No Way Back », « Breakout », « Skin and Bones », « My Hero », « Everlong », “Cold Day in the Sun”, “Monkey Wrench”. Que du brut de décoffrage! Mais le comble de l’extase est atteint lorsque les deux Led Zeppelin, Jimmy Page et John Paul Jones, débarquent pour les rappels, sur l’immense scène dressée au centre du stade. « All My Life », « Rock n’ Roll » et « Ramble On ». On imagine l’émotion de l’ex Nirvana durant cette trop courte apparition de la paire Page/Jones plus enjouée et complice que jamais. Un très grand moment, heureusement immortalisé sur ce « Live at Wembley Stadium »…

 

Foo Fighters

Echoes, Silence, Patience & Grace

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Le doux écho des guitares acoustiques et saturées de « In Your Honor » (2005) et du ‘live’ « Skin and Bones » (2006) résonnent encore dans nos têtes que les Foo Fighters remettent déjà le couvert, évitant ainsi tout silence radio inutile. Dix ans après « The Colour & The Shape » produit par Gil Norton, la bande à Grohl renoue avec ce dernier et délivre un sixième album studio efficace, bon compromis entre la face rock et celle plus acoustique du double album « In Your Honor » que d’aucuns considèrent comme le disque de la maturité.

Néanmoins, « Echoes, Silence, Patience & Grace » démontre en douze morceaux que la formation, plus mature que jamais, n’avait pas nécessairement besoin de s’étaler sur deux disques pour afficher toute l’étendue de son talent. Car si « In Your Honor » se faisait tout de même longuet, voire laborieux, le nouveau recueil ne conserve de son prédécesseur que les points positifs, comme une évidente recherche de renouvellement, illustrée par des morceaux tels que « Ballad Of The Beaconsfield Miners », splendide plage instrumentale et « Home », séduisante ballade au piano. Le quatuor maintient cependant sa marque de fabrique, déballant des purs produits ‘Foo Fightersiens’ (« The Pretender », « Erase/Replace » ou le génial « But, Honestly »). Bien que l’on puisse reprocher aux quatre Ricains de ne jamais se mettre réellement en danger, « Echoes, Silence, Patience & Grace » parvient à un niveau de sophistication rarement atteint par Grohl et ses comparses.

Foo Fighters

Skin And Bones

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A priori, renaître des cendres d’une formation aussi mythique que Nirvana était un pari risqué. Dave Grohl ayant évité les abîmes de l’oubli et, d’une main de maître, mené ses Foo Fighters au sommet de l’affiche, il est aujourd’hui quasi inutile de tergiverser sur une success story que tout le monde connaît par cœur. On rappellera simplement que le 3 juillet 1995 paraissait le disque éponyme de la formation. C’est donc 11 ans plus tard que « Skin And Bones », premier témoignage ‘live’, fait son apparition dans les bacs. En général, le gros problème des enregistrements en public réside en leur manque d’intérêt. Il s’agit en effet souvent d’une répétition sommaire des gros tubes. A la différence qu’ils sont, pour la circonstance, couverts par des cris de fans en extase. Sans oublier, bien entendu, l’ajout d’un ou deux inédits dans la playlist, pour faire bonne mesure.

« Skin And Bones », enregistré en août 2006 à Hollywood, déjoue brillamment les pièges du ‘live’ sans âme. A cette fin, la bande à Dave Grohl s’est déniché trois musiciens supplémentaires et a également fait appel à un ami de longue date. L’ex-guitariste déjanté de la formation, Pat Smear, a répondu présent à l’appel et est donc venu prêter main forte à ses anciens camarades. Grosses saturations au placard, les Foo Fighters sont alors montés au créneau afin d’offrir à leur public un délicieux set semi-acoustique. Le résultat, compilé en 15 titres sur la version audio de « Skin And Bones », est magistralement orchestré et produit. Dépouillés de tout artifice, les classiques « My Hero », « Big Me » « Everlong », « Times Like These », « Next Year » et « Walking After You » prennent une nouvelle dimension. Hormis sur « Best Of You », où Grohl en fait vocalement un peu trop, on redécouvre avec plaisir un Foo Fighters tel qu’on l’avait rarement entendu : sobre, apaisant et, surtout, captivant de la première à la dernière note. Un must pour tous ceux qui n’ont pas encore snobé la formation et, pour les autres, une bonne occasion de renouer.

 

I-tunes:

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MSN-music:

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The Bullfight

One was a snake

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« One was a snake ». Un titre qui annonce la couleur de l’album. « That’s you, Charles ». Première chanson. Froncement de sourcils. Est-ce pour la musique, prenante, ou pour les paroles pesantes? Qu’importe, la musique prend le dessus. Le morceau touche à sa fin. Des chœurs appuient les paroles déjà dures. Frissons. Titre suivant: « The ballroom blitz ». L’air festif soulage, détend. L’histoire, celle d’amoureux, est attendrissante. Mais très vite, elle dégénère. Et avec elle, la musique. La voix se fait glauque. Le rythme n’a pas changé et pourtant, il semble s’être accéléré. L’atmosphère est lourde. On aimerait en changer mais trop tard, on est pris dans la cadence. Pire: on bat du pied. Et les thèmes de s’enchaîner, plus sombres les uns que les autres : mort, folie, viol, désespoir, meurtre, tromperie, … La mélodie, quant à elle, soutient parfaitement les paroles. Si l’ensemble caresse un côté malsain qui peut déplaire, la qualité des compositions est telle qu’il est dur de ne pas accrocher. Bullfight est une véritable corrida où la morale est mise à mort. Les funérailles promettent d’être grandioses…

Foo Fighters

In you honor

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Pour enregistrer ce double album, les Foo Fighters ont reçu la collaboration de quelques invités prestigieux ; et en particulier John Paul Jones du Led Zeppelin, Josh Homme de Queens of The Stone Age ainsi que Norah Jones. Un double album. Un électrique et un acoustique. Le second épingle à travers « Friend of a friend » un hommage particulièrement émouvant à Kurt Cobain. Et puis une bossa nova singulière (« Virginia moon ») à laquelle participe justement Norah. Le reste ne manque pas pour autant d’allure. Se couvrant d’accents folk, pop, glam, flamenco ou jazzyfiants. Le plus souvent en picking. Avec même parfois violon, harmonica et même mellotron. Et puis surtout des arrangements et des orchestrations particulièrement soignées. Démontrant finalement que les ex musiciens de Niravana ne sont pas des manchots. Mais la pièce de résistance nous vient de la partie électrique. Si les prestations scéniques de Foo Fighters ne m’ont jamais laissé un souvenir impérissable, je dois reconnaître que tout au long de l’écoute de cette plaque, j’ai presque dansé la danse du scalp ! J’ai même eu l’impression de replonger dans l’univers du harcorde juvénile de Hüsker Dü. La voix écorchée de Grohl suppléant bien sûr le timbre limpide de Bob Mould. Jamais cette empreinte ne m’a semblée aussi présente. Même à l’époque de Nirvana, qui reconnaissait d’ailleurs ce groupe comme une de ses influences majeures. Riffs, groove, pèche, mélodies contagieuses. Rien ne manque. Et là-dessus je m’en vais réécouter cet opus en montant le volume. Juste pour se remonter le moral. Après toute la pluie qui vient de tomber, rien de tel pour se remettre en forme…

Foo Fighters

One By One

2002 : Dave Grohl sur tous les fronts : derrière les fûts des Queens Of The Stone Age (" Song For The Deaf "), en filigrane du Nirvana revival (best of, journal de Kurt Cobain), et enfin avec ce quatrième album des Foo Fighters, après un passage à vide dû à l'overdose du batteur Taylor Hawkins l'été dernier…. Dave Grohl aurait-il un secret ? A l'écoute de ce " One by One " de bonne facture, on se dit que Grohl carbure sans doute à quelque chose. La drogue ? Non, la passion ? " Done… Done… And Under The Next One ", susurre-t-il sur " All My Life ", premier morceau de l'album. Déjà un classique. Chanson sur le gang-bang ou hymne au travail, " All My Life " répond à notre question : Dave Grohl est une bête de somme qui carbure au rock, depuis plus de dix ans. Et il n'est pas prêt à déposer les armes, en témoignent encore les deux morceaux suivants, d'une fulgurance impressionnante. Après, les choses se tassent, les mélodies se font plus passe-partout. Partagés entre la power-pop de leurs précédents faits d'armes et le métal en fusion façon QOSTA, Grohl et ses trois potes se mordent un peu la queue. À la fin seulement, le Foo reprend du poil de la bête, avec un " Come back " stoner à la … Kyuss. Décidément, les vacances passées chez les Queens (en plein désert) ont laissé pas mal de coups de soleil à l'ex-Nirvana. Mais qui s'en plaindra ?

 

Foo Fighters

There is nothing left to loose

Les prestations ‘live de Foo Fighters ne nous ont jamais laissé de souvenir impérissable, lors que sur disque, la bande à Dave Grohl nous a toujours fait une excellente impression. Et c’est encore le cas pour le troisième album, « There is nothing left to loose ». Pourtant, depuis 1997, le groupe a essuyé de multiples changements de personnel. Lors de l’enregistrement de cet opus, William Goldsmith a même laissé tomber tout le monde au beau milieu des sessions ; si bien que Dave a dû reprendre les baguettes, en sus du chant et des parties de guitares, fonctions qui lui sont dévolues au sein du combo. Juste avant que Taylor Hawkins, qui revenait d’une tournée de 18 mois en compagnie d’Alanis Morisette, n’accepte de prendre le relais. Cet elpee offre en tout cas deux visages. Un premier qui renoue avec la force viscérale et tempétueuse du hardcore juvénile. Nous rappelant ainsi toute l’influence qu’avait pu avoir Hüsker Dü sur les ensembles de grunge tels que Nirvana et consorts. Et le superbe single « Stacked actors », dont le sang des cordes de guitare se fige au contact du métal, en est le plus bel exemple. La deuxième offre un profil mélodique beaucoup plus pop. Suscitant même d’étonnantes comparaisons qui vont d’XTC aux Cars, en passant par Gerry Rafferty. Dave Grohl démontre ainsi que non seulement, il est bon compositeur, même si ses lyrics sont inlassablement déchirés entre le bien et le mal, la pureté et la corruption, mais également un excellent chanteur qui ne se contente pas de hurlements cathartiques…

 

Foo Fighters

The colour and the shape

Après la catastrophique prestation ‘live’ accordée lors de l'édition 96 du festival jumelé Torhout/Werchter, nous craignions franchement le pire pour le futur de Foo Fighters. D'autant plus que le premier opus était, en fait, nonobstant la participation de quelques musiciens de studio, le fruit du travail d'un seul homme: Dave Grohl. Si vous l'ignorez encore, ex-drummer de Nirvana. Reconverti en chanteur, guitariste compositeur, et par conséquent leader d'un projet plutôt que d'un groupe. Pour enregistrer " The colour and the shape ", les trois autres musiciens ont apporté, cette fois, une collaboration beaucoup plus active. Nous voyons déjà les nostalgiques du défunt Nirvana se mettre à rêver de la résurrection du grunge. Désolé, mais le quatuor n'a accepté qu'une seule concession à ce passé seattlenesque: " Enough space ". Un morceau aussi dévastateur et contagieux que " Smells like teen spirit "! Si, si, c'est pas une blague. Maintenant, c'est vrai que dans le contexte actuel, ça fait un peu réchauffé. N'empêche, cette composition cause cette drôle de sensation passionnelle, émotionnelle ; cette vibration qui vous prend aux tripes, on ne sait même pas pourquoi! Mais pas de panique, le reste de l'album ne manque pas d'allure. Dans un autre registre, c'est vrai! Que nous pourrions qualifier de punkcore ou de popcore. Et plus particulièrement à cause de ces mélodies électriques aussi intenses que chez le mythique Hüsker Dü et ausi mélodieuses que chez Teenage Fan Club. Des couches de guitares cinglantes, crépitantes recouvertes d'harmonies vocales sucrées. Un véritable délice! En outre, le disque recèle, en " See you " une petite perle dont le rythme syncopé nous rappelle le meilleur George Harrison, lorsqu'il était encore chez les Beatles, une ballade semi-acoustique réminiscente d'American Music Club, " Walking after you ", et un titre de new wave post XTC revitalisé par le métal, baptisé " Everlong ". Remarquable!

 

Foo Fighters

Foo Fighters

L'ex-drummer de Nirvana, Dave Grohl, a donc débauché William Goldsmith et Nate Mandell, pourtant impliqués chez Sunny Day Real Estate, ainsi que récupéré l'ex guitariste des Germs, Pat Smear, qui avait collaboré à l'ultime tournée du célèbre et défunt combo de Seattle, pour fonder son nouveau groupe. Et puis il a décidé de troquer ses baguettes contre une râpe, et de se mettre au chant. Avec brio, il faut le reconnaître. Exhumant ce sens mélodique vertigineux, ce croustillant grungy, cette stimulation viscérale que symbolise si bien "Nevermind". Notamment sur "This is a call", "Alone + Easy target", voire le plus punkysant "Good grief". Mais si le fantôme de Kurt Cobain hante inévitablement cette œuvre, ce disque ne se contente pas d'autopsier le passé. Certaines compositions se révélant même plus noisecore. Circa Hüsker Dü sur un "X Static" renforcé par la présence de Greg Dulli à la guitare. Imprégné de Sugar chez "Oh George". Voire ‘mybloodyvalentinesque’ sur "Floaty"... "For all the cows" aborde même le country jazz alors que "Watershed" affronte un punk pur et dur. Quant à "Big me", il semble avoir été séduit par les harmonies beatlesnesques; enfin, le superbe final "Exhausted" embrasse un ‘garage’ digne du dernier opus de Neil Young", "Mirror Ball". Et puis il y a la voix doucement triste, âpre de Dave qui confère une sensibilité fragile, presque traumatisante aux différentes chansons. Un must!