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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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Manu Dibango

Décès du célèbre saxophoniste et légende de l'afro jazz Manu Dibango, victime du Coronavirus...

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L’illustre saxophoniste Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, à l'âge de 86 ans, du coronavirus. Il s’est éteint dans un hôpital de la région parisienne. Premier musicien international à perdre la vie des suites d'une contamination au COVID 19, il était le responsable d'un des plus grands tubes planétaires de la musique world, "Soul Makossa" (NDR : certains médias le considèrent cependant comme le premier morceau disco), un morceau gravé en 1972 (NDR : il avait été immortalisé lors d’une session TV et on peut le voir ou le revoir ici). Ce n'était au départ que la face B d'un 45 tours, dont le titre-phare servait d’hymne à l'équipe nationale de football camerounaise, enregistré dans le cadre de la Coupe d'Afrique des Nations. Repérée par le DJ new-yorkais David Mancuso, la compo a connu une multitude de variations et de recyclages. Manu Dibango avait même entamé une procédure judiciaire contre Michael Jackson pour s’en être un peu trop servi pour alimenter son « Wanna be startin'somethin' », une plage qui figure sur son elpee, "Thriller". Finalement, un accord financier sera conclu. Rihanna dans « Don’t Stop the Music » (2007) et Jennifer Lopez pour « Feelin’ So Good » (2012) se sont également largement inspirées de la chanson.

Né le 12 décembre 1933 à Douala, au Cameroun, ce musicien formé au jazz et aux rythmes tropicaux était l’un des grands ambassadeurs de la musique africaine, à travers le monde. Il est même considéré comme l’Instigateur de ce qui allait devenir la ‘World music’…

Il a côtoyé des tas de meusiens réputés en compagnie desquels il a, pour la plupart, joué. Comme Herbie Hancock, Bill Laswell, Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Jacques Higelin, CharlElie Couture, Tom Novembre, Dick Rivers, Nino Ferrer, Papa Wemba, Bob Marley, Stevie Wonder ou Carlos Santana ; et la liste est loin d’être exhaustive. Sa musique a été samplée comme aucun autre artiste ne l’a jamais été, et tout particulièrement dans l’univers du funk et de l’acid jazz. Il a touché à la soul (of course) au reggae, à la musique cubaine, aux sonorité urbaines contemporaines (hip-hop, électro), sans jamais oublier le jazz, fil rouge de ses 60 longues années de carrière.

Surnommé ‘Papa manu’ par ses fans ou encore ’Papa groove’, ce multi-instrumentiste (outre le saxophone, il était aussi capable de jouer du piano, du vibraphone, du marimba, de la mandoline et du balafon) était également chanteur, arrangeur et chef-d’orchestre

Enfin, on n’en oubliera pas son investissement pour plusieurs associations philanthropiques.

R.I.P.

Laibach

Conceptuel mais déconcertant…

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Suivant sa bonne habitude, Laibach va de nouveau tenter de nous surprendre, ce soir, au Botanique. Entre provocation, brouillage de pistes et jeu de scène époustouflant, le set sera partagé en deux parties distinctes, séparé par une intermission, mais prolongé par un troisième acte (NDR : le rappel), toujours aussi désarmant.

Groupe de référence dans l’univers de la musique indus voire dark wave, Laibach est originaire de Slovénie (NDR : son patronyme n’est autre que l’ancienne appellation de la capitale slovène, Ljubljana). Créative, sa carrière a commencé début des eighties ; aussi, en retracer l’historique nécessiterait l’écriture d’un bouquin, et la résumer est quasi-mission impossible.

Rien que pour comprendre son dernier engagement majeur, en l’occurrence sa tournée accomplie en Corée du Nord, il a fallu se farcir un long documentaire. Intitulé « Liberation day », il était d’ailleurs projeté, la veille de ce concert, au cinéma Nova, à Bruxelles, en présence du réalisateur Morten Traavik et d'Ivan Novak, un des membres du band, une projection à laquelle de nombreux fans ont assisté.

L’Orangerie est presque sold out pour accueillir Laibach. Assez mature, le public réunit de nombreux nostalgiques de la période indus. Le show va démarrer avec un bon quart d’heure de retard. Etonnant quand on connaît la ponctualité bien germanique du combo. Première surprise : l’intro ! Et pour cause, on se croirait dans la basse-cour d’une ferme… Le premier acte est consacré au dernier opus, « The sound of music», dont le tracklisting est interprété dans son intégralité et l’ordre. Inspiré du dernier périple opéré en République populaire démocratique de Corée, mais également du film ‘La mélodie du bonheur’, un long métrage très prisé au pays de Kim Jong-un, cet elpee a, de nouveau, de quoi déconcerter. Pourtant, les premières minutes du set sont carrément agaçantes. Le chant lyrique de la choriste évoque celle d’une candidate de l’Eurovision. Mais dès que Milan Fras grimpe sur le podium pour y poser sa voix immuablement rauque sur le titre maître de l’album, le concert prend une toute autre dimension. L’ensemble devient harmonieux, pondéré et maîtrisé. Même Milan affiche le sourire et adresse un regard bienveillant à l’égard de son public et des autres membres de la formation. Ce qui est inhabituel dans son chef. Les images projetées en arrière-plan et sur les enceintes sont carrément bluffantes. Excellent, « Edelweiss » est enrichi de chœurs d’enfants… mais samplés. Et tout aussi épatant, « So long. Farewell » est décliné en plusieurs langues (‘auf wiedersehen, adieu’).

Après l’entracte, au timing quand même scrupuleusement respecté, place au deuxième volet du show. Pour lequel les acteurs ont changé de costume. Et la musique va aussi changer radicalement de style, passant alors à l’indus. Tout au long de « Mi kujemo bodočnost », Milan nous matraque de slogans. Avant de s’éclipser quelques minutes afin de laisser ses musicos s’exprimer à travers une musique tour à tour bruitiste, jazzyfiante et même métallique. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’une jam, mais en fait, tout est réglé comme du papier à musique, à l’instar de l’ensemble du spectacle qu’on pourrait qualifier de conceptuel. « Smrt za smrt » et « Nova akropola » s’enchaînent à merveille. Les lyrics sont martelés à la manière d’un leader politique dont le disours tient de la propagande. Pendant « Vier personen », les  portraits de Marx, Engels, Lénine ou Trump s’affichent tour à tour. Cherchez l’erreur ! Le temps de six morceaux, soit durant une bonne trentaine de minutes, on est plongé au sein d’un univers sombre, à la limite de la persécution…

Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le rappel va se singulariser par une autre forme d’audace. Laibach nous réserve ainsi une cover du « Sympathy for the devil » des Stones, d’abord. Puis « The coming race » nous plonge dans la science-fiction, et tout particulièrement celle du film ‘Iron sky’. Encore qu’on y décèle, à nouveau, des traces eurovisonaires, mais aussi du générique d’un hypothétique James Bond. Marina Mårtensson, la nouvelle chanteuse, revient sur l’estrade, dans une tenue beaucoup plus décontractée. Haut-perchée, sa voix peut impressionner, mais votre serviteur préférait celle de sa devancière, Mina Špiler. « Surfing through the Galax y » clôt la prestation. Un titre country/folk bien yankee, au cours duquel Milan revient coiffé d’un chapeau texan. Déroutant ! Mais de quoi aussi briser son image gothique.

D’ailleurs de nombreux fans purs et durs d’EBM ou indus de la première heure, reconnaissables à leur crâne plutôt rasé, quittent prématurément le show, criant presque à la supercherie. A contrario celles et ceux qui apprécient l’originalité et la liberté de ton du spectacle, approuvent, félicitent et l’ovationnent, car il est bien plus intéressant que celui de ces groupes ou artistes issus des eighties, qui se contentent, lors de leurs concerts, de proposer un répertoire en forme de ‘best of’… 

 (Organisation : Botanique)

Summer Cannibals

Full of it

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Patti Smith et son mari Fred 'Sonic' Smith avaient écrit "Summer cannibals", en 1996. C’est également le patronyme choisi par ce quartet rock issu de Portland, dans l’Oregon. Ce combo réunit trois filles et un garçon. Soit la chanteuse/guitariste Jessica Boudreaux, la bassiste Jenny Logan, la drummeuse Devon Shirley et le gratteur Marc Swart. Avant de publier "Full of it", la formation avait déjà gravé "No makeup" en 2013, et "Show us your mind" en 2015.

"Go home" lance rapidement le quatuor sur les rails. Un morceau punk, particulièrement dense. La voix de Jessica est empreinte de sensualité. Jenny assure les backing vocals. Quelque peu déjantée, la gratte de Swart met déjà le nez à la fenêtre. Le tempo décélère avant de repartir de plus belle. Et la piste embraie directement dans "Just a little bit". Allumée, la gratte dirige l’ensemble. Garage, les sonorités sont particulièrement ‘fuzzy’. Pop, la voix de Miss Boudreaux est accrocheuse et sensuelle. Tout comme sur "I wanna believe", une plage au cours de laquelle la section rythmique, renforcée par la gratte de Jessica, impressionne par sa force naturelle. "Say my name" s’ébroue plus paisiblement, avant de monter en puissance. Le lead vocal est empreint de sérénité. Les backing vocaux féminins reprennent le refrain en chœur. "Not enough" adopte un profil new wave. A cause de la rythmique. Cependant, les cordes de Marc prennent rapidement le large, implacablement soutenues par les autres instruments. Ce qui déclenche une forme de transe. Elle est devient rapidement permanente. Excellent ! Punk, cette rythmique punk fracasse "Full of it". Plus rien ne peut retenir la guitare qui s’emballe dès qu’elle est sous pression. Elle devient même acide afin de s’enfoncer au cœur d’un trip psychédélique. Et l’atmosphère est toujours aussi allumée quand "The lover" prend le relais. La voix est plus veloutée, mais la gratte continue de délirer. Bien garage/rock, "Talk over me" déborde d’énergie. "Make up" constitue un des sommets de l’elpee. Les cordes éclatent inlassablement au sein s’un climat ravagé et dévastateur. Imprimé sur un mid tempo, "Fallen" nous replonge dans une ambiance acide et fluctuante. "Simple life" clôt ce long playing. La voix est douce et fragile ; mais l’étincelle guette. Et quand elle se produit, c’est pour exprimer toute sa vitalité psychédélique… 

 

Laibach

Un show total au service d'une esthétique engagée...

Laibach, du nom allemand de la capitale de la Slovénie, Ljubljana, est un collectif avant-gardiste issu de cette ex-province de la défunte Yougoslavie. Actif depuis le début des années '80, il peut se targuer d'une discographie très riche. Il est bien sûr célèbre pour le hit très dansant "Tanz Mit Laibach" et pour ses reprises d'Opus, Queen ou DAF ; cependant, les vrais fans savent que Laibach est capable d’en offrir davantage ! Leurs derniers concerts en Belgique remontent à décembre 2007 (au Botanique à Bruxelles), décembre 2010 (au Festival BIM à Anvers) et septembre 2012 à Audenarde. Aujourd'hui, la formation revient pour présenter son nouvel opus, "Spectre", dans la salle Het Depot (Louvain) en configuration ‘box’ (la partie arrière de la salle est masquée par un rideau).

C'est tout naturellement par de très larges extraits de "Spectre" que s'ouvre la setlist. Le prélude au Te Deum H. 146 de Marc-Antoine Charpentier, le thème musical de l'Eurovision, constitue une introduction parfaite pour le titre "Eurovision". Suivant un rituel propre au groupe, le podium est dominé par deux imposants écrans vidéo et deux projecteurs disposés à l'avant du podium. Le son est puissant et épique ; quant à la voix grave de Milan Fras, elle résonne comme une scie circulaire. A ses côtés, on ne peut qu’admirer la belle et fascinante chanteuse Mina Spiler. On notera d'ailleurs dans "Walk With Me", "Eat Liver" et "We Are Millions" que le rôle de cette dernière est plus important qu'auparavant, pour le plus grand bonheur de ses fans (qui se reconnaîtront).

Le premier moment-clé du spectacle est atteint par le morceau "Whistleblowers": le sifflement martial façon "Pont de La Rivière Kwai", immédiatement reconnaissable, court tout au long de cette composition dédiée aux 'lanceurs d'alertes' ; ces personnalités qui, à l'instar d'Edward Snowden ou Julian Assange, interpellent l'opinion pour dénoncer les abus ou les dangers. Le côté grandiloquent, les thèmes engagés et le show total font irrémédiablement penser à "The Wall", mais en version 'dark'. "Koran" est une magnifique ballade, superbement interprétée. Le titre suivant, "No History", toujours extrait de "Spectre", est une véritable tuerie. Le riff de synthé est imparable et la rythmique lancinante. Viennent s’y greffer les incantations des deux chanteurs jusqu'au final a capella : un grand moment, à voir ici. Dans l'ensemble, les plages du nouvel elpee se révèlent très puissantes et très efficaces sur les planches et cette première partie est une totale réussite.

Après un intermède de 10 minutes, la formation revient pour un 'best of'. Il commence par une évocation de la période années '80, grâce à des versions complètement revisitées de deux chansons en slovène: "Brat Moj" ("mon frère") et "Ti Ki Izzivas" ("Toi, Qui Ose"). Ici, la musique est plus expérimentale, parfois dissonante mais toujours hypnotique. Dans les années '80, les membres du combo avaient poussé l’expérience jusqu'à travailler effectivement dans une usine, la cimenterie de Trbovlje, afin de bien comprendre l'environnement industriel. On aime beaucoup quand Mina Spiler crie "Ti Ki Izzivas" dans son mégaphone, en arborant son charmant regard glacé...

Les deux titres suivants, "B Mashina", une reprise du groupe slovène Siddharta, et "Under the Iron Sky", sont tous deux extraits de la bande originale du film "Under The Iron Sky". Ensuite, "Leben-Tod", publié en '87, montre clairement l'influence de Laibach sur la vague industrielle de '88-'95, qu'il s'agisse de Skinny Puppy, Nine Inch Nails ou plus tard Rammstein. "Warme Lederhaut" est une excellente reprise de "Warm Leatherette" de The Normal (le premier disque du label Mute, sur lequel Laibach est signé). Pour terminer le set, nous aurons droit à deux reprises classiques : le "Ballad Of A Thin Man" de Bob Dylan, et le "See That My Grave Is Kept Clean" de Blind Lemon Jefferson (également repris par le Zim), deux compositions qui ont été soigneusement adaptées au style wagnérien de Laibach.

La formation se retire, et après quelques minutes, c'est une voix préenregistrée qui annonce le rappel. "Let me hear you say : Ho!": la voix joue avec le public, soulignant le côté ironique, 'second degré', omniprésent dans l'oeuvre de Laibach. Les musiciens reviennent enfin sur l’estrade pour l'assaut final. Tout d'abord, en dispensant une reprise hallucinante du "Love On The Beat" de Serge Gainsbourg. Très plaisant d'entendre Milan Fras chanter en français, et Mina Spiner, pousser des petits cris orgasmiques. Enfin, le concert se termine de façon magistrale par le plus grand succès du groupe: "Tanz Mit Laibach", une marche militaire très inspirée de DAF, sur laquelle le public remue comme un seul homme.

Malheureusement, le second rappel, pourtant prévu sur la setlist, passera à la trappe. Quoiqu'il en soit, une fois de plus, Laibach a démontré l'originalité de son approche, qui va bien au-delà de la musique. La performance est orientée multimédia. On est en présence d’art multimodal, un spectacle total avec son, lumières, vidéo et une énorme présence. Mais surtout, ces artistes uniques apportent un regard sarcastique très aigu sur les questions politiques, en plaçant le totalitarisme et l'iconographie militaire au centre du débat. Dans cet esprit, ils ont créé un nouveau style, une nouvelle esthétique, unique et incroyablement forte. Merci pour ce superbe show!

Setlist

Eurovision
Walk with Me
Americana

We Are Millions
Eat Liver !
Bosanova
Koran
Whistleblowers
No History
Resistance Is Futile
Intermezzo
Brat Moj
Ti, Ki Izzivaš
B Mashina
Under the Iron Sky
Leben-Tod
Warme Lederhaut
(The Normal cover)
Ballad of a Thin Man
(Bob Dylan cover)
See That My Grave Is Kept Clean
(Blind Lemon Jefferson cover)

Encore:

Love on the Beat
(Serge Gainsbourg cover)
Tanz mit Laibach

Regardez les photos du concert ici 

(Organisation: Het Depot)

Zanzibar

Tribute to Bessie

Écrit par

Zanzibar est une formation réunissant des artistes issus de différents pays. Un projet interracial, interculturel, destiné à mettre en exergue une musique très ‘black and white’, où se rencontrent blues et jazz. Le collectif a eu la bonne idée de rendre ici hommage à Bessie Smith, la première diva du blues. Elle a commencé à enregistrer en 1923. Elle va même faire fortune, avant de sombrer dans l'alcoolisme et la misère, après la Grande dépression de l’année 1930. Elle est décédée tragiquement, à l’issue d’un accident de voiture qui s’est produit à Clarksdale, au cœur du Delta. Elle avait 43 ans. En fait, elle a perdu la vie, vidée de son sang, car un hôpital réservé aux blancs n'avait pas voulu la prendre en charge. Elle avait mis en boîte plus de deux cent chansons dont une bonne partie figure sur cet opus. Le métissage de la musique de Zanzibar est naturel dès lors qu'il appartient à l'héritage culturel de trois continents. Le responsable de ce projet est un Belge, un digne représentant du piano boogie woogie et barrelhouse, Renaud Patigny. La chanteuse est congolaise. Elle est âgée de 90 balais. En outre, Sylvie Nawasadio possède une morphologie assez proche de l’Impératrice du blues. La section rythmique est constituée de deux percussionnistes togolais et d’un joueur de tuba, le Belge Didier Heggerick. Enfin, une section de cuivres, réunissant trois saxophonistes, complète l'ensemble.

"Devil's gonna get you" ouvre la plaque. La musique est douce. La voix veloutée. Le piano bien senti, face aux interventions de basse du tuba! Blues lent, "Yellow dog blues" est signé par le légendaire W.C Handy. Membre du Fats Domino, Jimmy Molière se réserve la gratte. Tout comme sur "Hop scop blues". Trois plages issues du répertoire du Bessie sont interprétées en lingala : "On revival day", "Poto Poto" et "Yembela ye" ; ce qui communique un climat encore plus afro aux trois pistes. Miss Smith a décroché son plus grand succès en 1929, "Nobody knows when you're down and out". La voix de Sylvie est empreinte de passion sur ce morceau, appuyé par les interventions brillantes de Renaud, aux ivoires. "Cake walkin babies from home" démontre la corrélation qui existait alors entre les musiques populaires afro-américaines : jazz, blues, ragtime. Titre amusant, "Kitchen man" constitue un exercice de style vocal pour notre Congolaise. Tout en délicatesse, le piano barrelhouse de Patigny colore "Lock and key". Voix empreinte de sensualité et cuivres chatoyants alimentent "Careless love", un superbe blues fin de soirée. Chargé de passion, ce long playing s’achève par "Tossing and turning", une relecture contemporaine d'un style ancestral.

 

Jim Liban

Live at Romie´s

Écrit par

Tout récemment, je vous avais présenté le dernier l'album de Steve Cohen et de Jim Liban, deux harmonicistes du Wisconsin. Jim est également le leader de son Blues Combo. Ce " Live at Romie's " a été immortalisé en 1996. Mais je me demande quand même si les sessions d'enregistrement se sont déroulées en public (concert ou club) ou en studio, car on n'entend jamais le moindre spectateur se manifester !

Jim est flanqué de trois musiciens : Steve Dougherty aux drums, Dave Kasik à la basse, et Joel Paterson à la guitare. Jim Liban avoue pour première source d'inspiration Little Walter. Et cela s'entend. Une bonne partie des titres relevait du répertoire de Mr Walter Jacobs. Et tout d'abord l'ouverture, "Tonight with a fool". Si cet album a été mis en boîte à Milwaukee, c'est bien à Chicago que nous nous retrouvons. Entrecoupé de moments de silence bien pesés, "This ain't it" de Jimmie Rogers est interprété avec un maximum de sobriété. L'harmo est clair, concis, modulé, vivant. Jim a facilement assimilé le style de Walter. A l'instar de l'instrumental "Chicken Shack". Et s'il n’est guère un chanteur inoubliable et enthousiasmant, il parvient à tirer des sons assez incroyables de son instrument. Il le démontre tout au long de "29 ways". "Emily" est un blues lent composé par Jim. Paterson a sorti sa slide pour se faire Muddy Waters. "Take out some insurance" est traité à la manière d'un shuffle. L'harmonica bavarde à la manière de Sonny Boy Williamson II. En finale la reprise du "Blues after hours" de Pee Wee Crayton se fait late night. Vu les capacités de l'artiste, cet opus aurait pu est crédité d'une mention ‘ excellent’, je ne lui attribuerai que le ‘bon’.

 

Thibaut Derien

Le Comte d’Apothicaire

Écrit par

Après avoir publié deux albums en 2003 et 2005, en compagnie du groupe De Rien, Thibaut a choisi la solitude pour concocter son dernier projet, « Le Comte d’Apothiciare ». Un disque qu’il a réalisé (presque) seul sous son véritable patronyme, Thibaut Derien. Néanmoins, il a quand même bénéficié de l’un ou l’autre petit coup de pouce. Parmi lesquels on épinglera les compositeurs Cyril Giroux et Benjamin Scampini, ainsi que Bertrand Louis qui participe activement aux arrangements.

Suivant son habitude, Thibaut nous emmène sur les chemins de la vie, à travers des textes poétiques où fleurissent allègrement les jeux de mots ou les tournures de phrases originales, voire comiques. L’humour est omniprésent tout au long des douze titres de cet elpee. Simples, tendres et romantiques, les chansons parlent de tout et de rien. Et nous plongent dans une forme de surréalisme où poésie et musique aux relents classiques semblent faire bon ménage. Mais trop de fantaisie tue la fantaisie. Car, si prescrite à doses homéopathiques, cette œuvre peut paraître plaisante, au fil de l’écoute, on se rend compte que les compos souffrent parfois d’un manque de relief. Ce qui explique, sans doute pourquoi, elles deviennent lassantes. Quoiqu’inégal, l’opus recèle quand même quelques titres intéressants. Et je pense tout particulièrement à « Les Acouphènes », au cours duquel il partage un duo en compagnie de François Hadji-Lazaro ou encore « Mon disque d’or », dont le texte original ne manque pas de piment. Bref, un disque ‘bon enfant’, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable…

 

King Cannibal

Let The Night Roar

Écrit par

En affichant un tel pseudonyme, on a le droit d’avoir des sueurs froides. King Cannibal n’est pourtant pas un ogre de chair, mais de sons ! Alias Dylan Richards (NDR : c’est son vrai nom), ce Londonien est issu de la scène électro. Il est d’ailleurs signé chez Ninja Tune, un label en nette perte de vitesse. Et ce n’est pas ce « Let The Night Roar » qui va lui permettre de remonter la pente. Hésitant constamment entre drum n’bass et dubstep, on se demande constamment dans quelle direction Richards cherche à nous entraîner. De quoi rendre perplexe. On ne comprend d’ailleurs pas trop les desseins de King. On identifie bien des sonorités industrielles et ténébreuses, dont le personnage semble raffoler. Mais la confusion des styles empêche le charme d’opérer. Pire encore, l’apparition de beats aussi impurs que destructeurs plombent la moindre tentative de sortir de cette impasse. Et « Colder Still » en est la plus mauvaise illustration. Richards a même eu la mauvaise idée d’inviter quelques guests, pour orchestrer quelques duos. Dont les deux emcees parisiennes Face-A-Face, qui pompent ici un peu trop clairement leurs influences chez M.I.A., TTC ou encore Dizzee Rascal, pour vraiment convaincre. Suffit alors de constater les dégâts… ou de se cogner la tête contre le mur.

Manu Dibango

Lion Of Africa

Écrit par

Ce cd/dvd relate un concert accordé en 2004 par Manu Dibango et son groupe, le Maraboutik Big Band. Enregistré le jour de l’anniversaire de Manu (74 ans au compteur), le concert appartenait à une série d’événements consacrés à la musique de Fela Kuti. L’afrobreat n’est guère mis en évidence ici, mais plutôt le mélange de jazz, soul, funk et musique africaine exploré par Dibango depuis plusieurs décennies. Aux marimbas et au saxophone alto, il réadapte ses vieux tubes « Soul Makossa » et « Big Blow ». Il reprend aussi des compos de jazzmen comme Gerswhin, Lionel Hampton (virtuose du vibraphone) et Duke Ellington. Manu invite également quelques amis comme le saxophoniste Courtney Pine, le chanteur Sénégalais Baaba Maal et la chanteuse camerounaise Coco Mbassi. Il faut bien avouer que tout n’est pas exactement passionnant lors de ce set : les impros sont un peu tirées en longueur et le son est un peu trop lisse. Le témoignage visuel du concert n’apporte pas grand chose à la musique, mais les commentaires de Manu Dibango sont très intéressants. Autre bonus de choix, une longue interview de Manu qui revient sur son parcours de musicien (il est passé par la Belgique au début des années 60), ses rencontres musicales et la genèse de « Soul Makossa », devenu un tube quelques années après sa sortie alors que Dibango avait même oublié son existence. Un elpee destiné aux fans transis donc. On profite cependant de l’occasion pour vous recommander à nouveau « Africadelic », la réédition d’un disque psyché et funky de Manu, paru en 1972.

Manu Dibango

Africadelic

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On aurait tort de résumer Manu Dibango à son tube « Soul Makossa » ; même si certains considèrent cette compo devenue culte dans le New York underground des années 70, comme le premier morceau disco. Le label Luaka Bop nous avait déjà révélé quelques indices sur les travaux du bonhomme sur la compilation « World Psychedelic Classics 3 ». On approfondit le sujet grâce à Hy&Fly qui exhume cette série d’instrumentaux fiévreux et psychédéliques composés pour la télévision française, au début des années 70. Un mélange enthousiasmant de soul et de funk, caractérisé par un déluge de percussions et de solos acides ; le tout servi avec l’‘african touch’ qui fait la différence (Manu Dibango l’avait d’ailleurs baptisée ‘afro-soul-thing’. Une demi-heure de bonheur chaudement recommandée.

 



The Celibate Rifles

Beyond respect

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Née en 1982, cette formation australienne n’avait guère donné de signe de vie depuis l’an 2000. C'est-à-dire lors de la sortie de son dernier opus, "A Mid-Stream Of Consciousness". A un tel point qu’on se demandait si les Fusils Célibataires n’avaient pas déposé les armes… Et paradoxalement, chaque fois qu’on les compte pour morts, ils reviennent à vie. Du line up initial, seuls les deux guitaristes (Kent Steedman et Dave Morris) ainsi que le chanteur (Damien Lovelock) sont toujours au poste. Les différents changements opérés au cours de leur longue existence, n’ont donc affecté que la section rythmique. Et jamais la musique. D’ailleurs, Radio Birdman, les Stooges, les Sex Pistols, Damned, les Saints, les Ramones et MC5 comptent toujours parmi les influences majeures de cet ensemble qui jouit d’une excellente réputation de groupe de scène. La complémentarité des deux guitaristes n’y est pas étrangère. Mais aussi les compositions hymniques, soulignées par la voix âcre, graveleuse, laconique, du vocaliste responsable de lyrics engagés, satiriques, souvent à caractère écologique. « Beyond respect » ne déroge pas à la bonne règle. Il recèle cependant l’un ou l’autre compo plus élaborée, énigmatique, rampante, fiévreuse. A l’instar d’« Alhambra », de « When we meet again » ou encore de « Dre », balayé par les flux convulsifs des six cordes. L’opus privilégie, bien sûr, les plages contagieuses, décapantes, tempétueuses. Et je pense tout particulièrement à l’irrésistible « You won’t love me », au ‘stoogien’ « Nobody knows », à « (We all moved to) Buttland », dont les refrains sont balayés de backing vocaux vindicatifs ; et puis surtout au tribal « Return of the creature with the atom brain », adressant à la fois un clin d’œil à Rocky Erikson (NDR : leader des 13th Floor Elevator, il avait écrit en son temps « Creature of the atom brain », en s’inspirant d’un film d’horreur paru en 1955) et par conséquent aux Cramps, grands collectionneurs de films de série B. En bonus track, cet opus nous réserve une cover de « My generation » du Who. Au-delà du respect il y a encore et toujours du respect…

Iba

Children of the Nile

Écrit par

Le jeune chanteur Iba est originaire des Iles Vierges mais vit désormais aux Connecticut. Il est abrité par le label des musiciens de Bambu Station, autre formation originaire du même coin des Caraïbes. Il nous propose ici du reggae ‘strictly roots’ et empli de rhétorique rastafarienne. Le son est chaleureux, les musiques de Bambu Station sont soignées et bien produites, mais se cantonnent au style ‘one drop’ popularisé par Bob Marley. Le registre vocal emphatique de notre homme évoque un croisement entre Dennis Brown et Jacob Miller, tandis que ses vers font penser aux textes sans concessions de Max Romeo. Résultat, ce disque n’est guère novateur, et les maîtres du genre ont fait beaucoup mieux, il y a presque trente ans. Evidemment, les mordus incurables de ce style de reggae devraient trouver leur compte tout au long de cette galette ‘roots’ un peu convenue.

Jim Liban

Hot tongue and cold shoulder

Écrit par
Excellent harmoniciste, Jim Liban force le respect auprès de ses pairs. Il est d’ailleurs un des favoris de l’ami Français, Benoît Blue Boy. Peu connu de ce côté de l'Atlantique, il avait entamé sa carrière pendant les années 60, dans l’A.B Skhy. Au cours des 70’s et des 80’s, il dirige Short Stuff ; un ensemble absolument inconnu chez nous. Une formation responsable d’un collector intitulé "What time is it?". Jim vit toujours à Milwaukee, dans le Wisconsin. Il sort rarement de sa tanière. Ses trop rares albums ont été chroniqués par votre serviteur. "All corned up" est un instrumental qui évolue constamment sur un tempo lent. Jim y démontre toute la puissance naturelle de son souffle, tout son feeling, toute l'émotion qui se dégage de son jeu apparemment fort simple mais combien efficace.
 
Le guitariste Perry Weber a composé "Hot tongue and cold shoulder". Très syncopé et bien soutenu par les percussions de Jimi Schutte, le titre maître est introduit par sa guitare réverbérée. Chicago Southside blues alangui, "I've got a job" évolue dans un style proche de Jimmy Rodgers voire d’Eddie Taylor. Jim chante en soulignant à chaque fois ses vocaux d'une petite phrase qui tue, à l'harmonica. Curieux, assez spartiate, le backing est limité à la guitare et aux drums. Pas de basse. Mais le plus impressionnant reste le son qu’il communique à l'harmo. Un peu comme si l'instrument s'acquittait du chant! Liban a écrit "Maxwell street", en pensant certainement à Jimmy Reed. Il chante dans le micro astatique en donnant une certaine distance à sa voix. Il souffle comme un possédé dans l'instrument à bouche. L'effet rythmique est garanti. "I say what I mean" persévère selon le même schéma. Une compo qui frétille. Un peu comme si vous aviez des fourmis dans les jambes. La ligne rythmique est toujours minimale, simple, même lorsqu’elle est échafaudée par la guitare. L'harmonica décolle quand et où il veut. La sobriété et l'efficacité régissent "Someday baby". L'harmonica est joué sans filet, si proche de nous. Perry Weber revient chanter son "Big fat woman". La ligne rythmique est plus consistante. A cause sans doute d’une guitare barytone actionnée par Jim Liban. Les recettes simples sont souvent les meilleures. Tout au long de l’onctueux "If you think", Jim jouxte les climats poisseux des swamps louisianais. Il faut l'entendre vivre son instrument. Au cours de cet exercice, il y offre tout son corps, toute son âme. A l’instar d’un homme orchestre des années 50, "I'm a selfish man" ne bénéficie que d’un accompagnement squelettique. Une énergie débordante habite Jim lors de l’interprétation de "You can't hurt me anymore". Il exprime ainsi son bonheur de chanter tout en dispensant ces courtes phrases accrocheuses. L'harmo bave, dévore. Une technique développée depuis Sonny Boy Williamson 2. Trop court, cet opus s’achève comme il a commencé : par un instrumental paisible intitulé "145 blues". Un morceau d'une efficacité rare, qui laisse encore Liban montrer les dents en exécutant son jeu.

Laibach

W.A.T.

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Si vous êtes convaincus que les pyromanes de Rammstein sont les précurseurs du metal martial imprimé sur des rythmes electros et chanté en allemand, précipitez-vous sur le succulent "Jesus Christ Superstar" de Laibach, sorti en 1996. A l'écoute de ce pur chef d'œuvre de metal indus, on croirait entendre le meilleur album du combo qui aime tant jouer avec le feu. Après cette trop longue absence (NDR : de plus de 7 ans !), la formation slovène, visionnaire pessimiste, a connu de nouveaux conflits et l'effondrement global des relations internationales. Et le moins qu'on puisse écrire, est bien que les différents évènements chaotiques ne les aient pas rendus plus confiants. Laibach vient donc de commettre un album fortement influencé par l'actualité, une oeuvre nettement plus dépouillée, et surtout électronique. Alors que "Jesus Christ Superstar" avait séduit le monde du metal, ce "W.A.T." risque fort de ne plus déclencher la même réaction. Si les ambiances étaient déjà très froides sur les plaques précédentes, elles sont aujourd'hui complètement glacées et plus sèches que jamais. De l'époque "Jesus Christ", seuls subsistent quelques apparitions de grands et sublimes chœurs féminins ainsi qu'un chant masculin grave, calqué sur celui de Rammstein (NDR : mais rappelons encore que Laibach s'est formé bien avant les auteurs de"Mutter", que nous aimons beaucoup malgré cette récupération). Névrotique autant qu'hypnotique, nettement inspiré par la vague allemande électro des années 80, mais surtout taillée pour les dance floors, cette plaque s'adresse uniquement aux amateurs de la nouvelle vague électro gothique ou aux nostalgiques de DAF, Grauzone et autre Borghesia.

 

Cribabi

Volume

Sa voix est un mélange de murmures mutins à la Björk, de gloussements à la Louise Rhodes (Lamb) et de rage à la Saffron (Republica), avec parfois un phrasé rappelant Alanis Morrisette… Un cocktail si détonnant ne pouvait que servir une musique coquine, parfois capricieuse, souvent séduisante. Malheureusement, rien de bien neuf derrière ce mix pop-rock acidulé : Garbage a déjà raflé la mise, même Tori Amos et Madonna (dernière cuvée) sont passées par là. Restent quelques mélodies bien ficelées (" Cry ", " Disappear ", " Gloria ") et un joli minois, celui de Yukari f, tigresse asiatique qui ne mâche pas ses mots, mais s'y croit un peu trop. Cribabi ? Cribabide.

Steve Cohen & Jim Liban

Hot Air

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Steve et Jim sont deux harmonicistes basés à Milwaukee, dans le Wisconsin. Deux vieux amis qui ont donc décidé d'enregistrer ensemble, un album partagé entre guitare, harmonica et chant. Au cours des trois dernières années, ils se sont produits en duo acoustique. Histoire de recréer la musique typique des années 40, lorsque les bluesmen du Mississippi montaient vers le Nord pour rejoindre Chicago.

Nos compères jouent le blues depuis les 60s. Jim a aujourd'hui plus de 50 balais. Il avait sévi au sein d'A.B Skhy et de Short Stuff. Steve est âgé de 43 ans. Il a débuté chez le Stone Cohen Band avant de devenir le leader du Leroy Airmaster. Ils se sont bien répartis les tâches.

Steve s'est réservé l'essentiel du chant et de la guitare, et Jim la majeure partie de l'harmo. Ce festin de musique à bouche épingle quatre duos d'harmonica. Une ouverture assez extraordinaire, le "Parchman farm" de Mose Allison, "Rocket 88" dont le dialogue final nous transporte dans la bouche des musiciens, "Walkin blues" et "Done all my singing". Liban a du tonus, du caractère. Il module ses interventions avec une aisance de tous les instants. A l'instar de "Ain't that lovin you" de Jimmy Reed. Echange de procédés sur une autre composition de Reed, "Big boss man". Jim chante et gratte les cordes tandis que Steve souffle.

L'interprétation saturée d'émotion de "Louise" constitue le moment le plus frémissant de cet opus. Une chanson que Big Walter Horton chantait si bien. Et cet excellent exercice de style se termine par le "Lousiana blues" de Muddy Waters.

 

Litfiba

Croce e delizzia

Double album ‘live’ pour cette formation florentine dont la naissance remonte déjà à 1980. Vingt prises immortalisées lors de concerts accordés à travers toute l’Italie, mais également en Tchécoslovaquie, en Suisse ; et puis l’an dernier chez nous, lors de la 9ème édition du festival de Dour. Et il faut reconnaître que la sélection opérée au cours de ce périple est judicieuse, tant la qualité des enregistrements est étonnante. Maintenant, il est indéniable que pour apprécier Litfiba il est nécessaire d’être réceptif à la culture latine, et bien sûr à la prose révolutionnaire de Pietro Pelù, leader de la formation. Encore que structurellement, le rock de Litfiba ne manque ni d’originalité, ni de caractère…

 

Litfiba

Mondi sommersi

On savait cet ensemble florentin capable de se frotter au métal avec beaucoup d'aisance. Aussi bien avec le mordant des Pixies que dans le plus pur esprit rock urbain d'un Steppenwolf voire d'Iron Butterfly. Mais nous n'imaginions pas que le groupe oserait mettre un pied dans la techno. Enfin U2 le fait bien, alors pourquoi pas Litfiba? C'est en tout cas le type d'expérimentation qu'a mené Litfiba tout au long de son dernier album. Pas au point de virer à la musique de danse synthétisée. Puisque l'électricité y est toujours bien présente. Mais surtout pour enrichir sa texture d'arrangements, tout en imprimant des grooves hypnotiques, texture heureusement toujours hymniquement taillée dans la Commedia dell’arte. Langue de Verdi oblige!

 

Manu Dibango

African soul - The very best of

Instigateur de ce qui allait devenir la ‘World music’, ce virtuose du saxophone roule sa bosse à travers le monde depuis la fin des sixties. On le retrouve d'ailleurs sur les premiers hits de Nino Ferrer. Au cours des trente dernières années, il a côtoyé, dans une multitude de styles, des artistes aussi réputés que Carlos Santana, Billy Cobham, Bob Marley, Stevie Wonder, Herbie Hancock, Bill Laswell, Youssou N'Dour, Papa Wemba, Touré Kounda, Peter Gabriel, Sinéad O'Connor et la liste n'est pas exhaustive. Comme vous l'imaginez aisément, cette compile réunit les succès les plus retentissants de ‘papa groove’. Quinze exactement. Depuis l'inévitable Dikalo (" Salt pop corn ") en passant par " Soul Makossa ", " Big Blow ", " Wawafrica " et quelques autres...

 

Pribata Idaho

The Sueroine

Les trois musiciens de ce combo espagnol sont probablement des fervents admirateurs du mythique Byrds. Trop de similitudes nous permettent de le penser. Depuis la country jusqu'au psychédélisme, en passant par les harmonies vocales et la rickenbacker. On a même droit à une composition de la trempe de "High miles high". Le titre maître, en l'occurrence. Une texture qui est, cependant, régulièrement enrichie d'éléments acoustiques et de percussions. De folk song quoi. Mais pas à caractère hispanique. Plutôt britannique. Du début des seventies. A cause des ballades conçues avec le même esprit qu'un Natural Ascoustic Band. A vos encyclopédies!

 

Litfiba

Spirito

Après sa trilogie destinée à mettre au ban des accusés, la puissance, la corruption et la violence ("Desaparecido", "17 Re" et "3"), un manifeste anti-réactionnaire de la culture rock italienne ("El Diablo") et un constat amer des événements qui ont marqué la fin de notre siècle ("Terremoto"), Litfiba nous revient avec des thèmes cruellement et réalistement visionnaires. Une œuvre qui, tout en continuant à allier un côté rock et un exotisme latin, en mêlant atmosphère démoniaque à la douceur et à l'intimité, laisse une plus grande place à la culture péninsulaire. On y retrouve bien sûr des compositions incisives et incendiaires comme "Lo Spettacolo" qui ouvre ce morceau de plastique. Mais aussi et surtout un éclectisme climatique capable de nous entraîner tantôt dans une danse napolitaine ("Tammùria"), un hybride de reggae et de ragtime ("Lacio Drom") ou une ballade prog rock lancinante, gémissante et torturée ("Animale di zona"), lorsqu'il ne se couvre pas d'accents épiques, filmiques, proches d'Adriano Celentano, comme sur le final "Suona Fratello"...