La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (42 Items)

The Chameleons (Vox)

Arctic Moon

Cet album, on l’a attendu avec impatience ! Et pour cause, il y a 24 ans que ce groupe mancunien légendaire n'avait plus sorti de Long Playing. Un long hiatus au cours duquel seul le chanteur, Mark Burgess, qui se fait appeler aujourd'hui ‘Vox’, avait porté la flamme sous le nom de Chameleons Vox. Aujourd'hui, à la suite du retour de Reg Smithies, un des deux guitaristes originaux, la formation a repris les tournées sous le patronyme ‘The Chameleons’, a enregistré 2 Ep et aujourd'hui, enfin, elle nous délivre un nouvel opus à part entière: “Arctic Moon”.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est à la hauteur des attentes. Evidemment, le son a évolué. Il ne baigne plus dans le post-punk puissant et grandiloquent des années '80. L’atmosphère générale se teinte désormais d’une douceur feutrée, tissant des fils de soft-rock aux nuances psychédéliques subtiles, et le tout est enrichi d’une touche raffinée de 'glam'. Les références majeures ne surprendront pas. Et pour cause, ce sont les artistes préférés de Vox : les Beatles, T-Rex et David Bowie.

D'ailleurs, la pièce principale de l'elpee, “David Bowie Takes My Hand”, évoque directement le 'thin white duke'.  Elle s’ouvre sur une rêverie acoustique évoquant “Space Oddity”, et s’épanouit ensuite en un magnum opus de plus de huit minutes. Au cours de l'interview qu'il nous a accordé, Vox a expliqué : ‘C'est probablement le meilleur morceau sur lequel j'ai jamais travaillé, mais il est très différent de ce que les Chameleons ont fait auparavant.’

Une version réenregistrée de “Where Are You ?”, probablement le titre le plus percutant, ouvre l'album, lequel se referme par le single “Saviours Are A Dangerous Thing”, une compo qui allie à la perfection les textures cristallines des guitares à une maîtrise parfaite de la mélodie, tout en dévoilant un message politique sombre. Parmi les autres joyaux, “Magnolia” charme par ses éclats psychédéliques, “Free Me” s’abandonne à un onirisme dream-pop, et “Lady Strange” exerce une fascination irrésistible.

Autre remarquable composition, “Feels Like The End Of The World”, rappelle la grandeur amère de “Bitter Sweet Symphony” de The Verve, illuminée par de superbes arrangements de cordes. Après 4 minutes, le rythme s'interrompt et Vox improvise une déclamation poétique à propos des signes que l'on peut déceler autour de nous. Les autres instruments reviennent et le final est répétitif et hypnotique. Superbe !

Notons au passage l'importante contribution des nouveaux membres de la formation : Stephen Rice à la seconde guitare, Todd Demma à la batterie et surtout Danny Ashberry aux claviers. Vox tient à souligner que cet LP est l’œuvre d’un véritable collectif, les chansons ayant, pour la plupart, germé dans un esprit commun. De surcroît, ils ont invité un ensemble de violons, le Real Strings de Pete Whitfield, à Manchester, lequel insuffle une chaleur orchestrale authentique aux arrangements.

Même si d'aucuns regretteront l'absence de bombes post-punk comme “Don't Fall” ou “Second Skin”, force est de constater que ce long playing se distingue par une véritable élégance, un style racé, coloré et spacieux, un rock rétrofuturiste vibrant qui ravira les fans de REM, The Church, Tears for Fears ou The Verve.

The Chameleons nous donnent rendez-vous le 29 octobre prochain au Wilde Westen à Courtrai, où cette odyssée sonore prendra vie sous nos yeux (plus d’infos ici).

Pour en savoir davantage sur The Chameleons, et notamment lire ou relire l’interview accordée par Vox récemment, cliquez sur le nom du groupe (en vert) dans le cadre informations complémentaires, ci-dessous (page ‘Artistes’). 

Pour écouter l'interview en version audio dans l'émission WAVES, c’est .

"Arctic Moon" sortira le 12 septembre prochain sur Metropolis Records.

 

 

 

 

 

The Chameleons (Vox)

Les Chameleons annoncent la sortie de leur nouvel album: Arctic Moon

C'est le 12 septembre prochain que le groupe légendaire de postpunk les Chameleons sortira son nouvel album tant attendu, « Arctic Moon », sur le label Metropolis Records. Il fera suite aux EP « Where Are You ? » et « Tomorrow Remember Yesterday », sortis l'année dernière.

« Notre nouvel album est enfin terminé et sa sortie est en préparation », déclare le chanteur et bassiste Vox (alias Mark Burgess) dans un communiqué. « L'écriture de cet album témoigne d'une maturité évidente, et tous ceux qui connaissent nos précédents travaux comprendront qu'il s'agit d'une avancée positive. »

Le groupe sera en tournée parallèlement à la sortie de l'album, avec des concerts en Espagne et au Portugal du 6 au 19 juin, suivis d'un concert au festival Forever Now de Milton Keynes le 22, avant un retour aux États-Unis pour des concerts en tête d'affiche, ainsi qu'une douzaine de concerts avec The Psychedelic Furs à partir du 26.

Une nouvelle tournée en tête d'affiche en Amérique du Nord débutera quinze jours après la sortie d'« Arctic Moon », et des concerts en Europe continentale et au Benelux sont prévus à partir de fin octobre, avant une tournée britannique déjà annoncée en novembre. En Belgique, le groupe se produira au Wilde Westen à Courtrai, le 29 octobre prochain.

« Nous sommes ravis du résultat final de l'album et avons hâte de relever le défi d'interpréter des morceaux de l'album en live lors de la tournée « Arctic Moon », poursuit Vox. Pour la première fois, nous avons pu utiliser un véritable ensemble de violons sur certains morceaux, arrangés et interprétés par Pete Whitfield au Real Strings de Manchester.»

Ayant inspiré des artistes comme (The) Verve, Oasis, Interpol, The Killers, Editors et White Lies, les Chameleons sont réputés pour leurs superbes compositions et leurs performances live intenses et chargées d'émotion, créant un héritage qui va bien au-delà de leurs quatre albums studio à ce jour. Leur premier album, « Script of the Bridge » (1983), largement salué, a été qualifié par beaucoup de chef-d'œuvre très en avance sur son temps, suivi de « What Does Anything Mean? Basically! » (1984), « Strange Times » (1986) et « Why Call It Anything? » (2001).

Avec « Arctic Moon », qui s'ajoutera bientôt à ces titres, le groupe a propulsé sa musique vers l'avant tout en conservant l'essence même qui l'a rendu emblématique. « Si nous sommes fiers de l'héritage du groupe, nous souhaitions vraiment créer quelque chose de nouveau tout en conservant la profondeur et l'imagination qui font notre renommée », explique Vox. « Nous pensons y être parvenus et proposer un album très solide.»

Avec la sortie prochaine de nouveaux morceaux d'« Arctic Moon », Vox et le groupe sont impatients d'entamer ce nouveau chapitre de l'histoire du groupe. « Tous les participants ont donné le meilleur d'eux-mêmes à ce projet et j'ai personnellement hâte que les gens l'écoutent », déclare-t-il. « Je suis sûr que nous pouvons créer une dynamique qui nous propulsera vers l'avant et galvanisera le groupe pour le prochain album.»

Pour lire l'interview de Vox réalisé il y a peu, c'est ici.

Pour écouter le podcast consacré à cette interview, c'est ici.

Photographie: Mick Peek

CHAMELEONS:
Vox (Mark Burgess) - chant, basse
Reg Smithies - guitare
Stephen Rice - guitare
Danny Ashberry - claviers
Todd Demma - batterie

Site officiel: https://chameleonsband.com/

The Chameleons (Vox)

La musique est une forme de médecine...

Les lecteurs assidus de Musiczine connaissent bien The Chameleons. Ce groupe mancunien est essentiel dans l'histoire de la musique wave / post punk depuis le début des années '80. Fondé en 1981 par Vox (alias Mark Burgess), en compagnie de John Lever à la batterie ainsi que des guitaristes Dave Fielding et Reg Smithies, il propose un mélange inédit entre post punk, glam-rock, psyché, new-wave, classic rock et singer-songwriting. Après quelques sessions radio enregistrées par le célèbre John Peel, de la BBC, la formation sort son premier single, « In Shreds » en 1982 et ensuite son premier elpee studio, « Script of the Bridge », en 1983. Suivront les albums « What Does Anything Mean ? Basically », en 1985, et « Strange Times », en 1986. Après le décès inopiné de son agent artistique, Tony Fletcher, l’année suivante, les Chameleons se séparent.

Par la suite, Vox lance divers projets, en solo ou en compagnie d'autres musiciens ; et c'est en 2009 qu'il retrouve le batteur John Lever pour former Chameleons Vox. Malheureusement, Lever décède en 2017. En 2021, Vox reforme les Chameleons en compagnie d’un des guitaristes originaux du band, Reg Smithies. Aujourd'hui, le nouveau line-up implique également Stephen Rice à la deuxième guitare, Danny Ashberry aux claviers et Todd Demma à la batterie. Dans cette composition, le combo a gravé deux Eps et se prépare à publier un nouvel opus à part entière, « Arctic Moon ». Musiczine a rencontré Vox à Anvers, en février dernier, avant le concert accordé au Trix et la conversation a porté sur le groupe, bien sûr, mais également sur toute une série de sujets comme la philosophie, la spiritualité, les Beatles, les OVNI, la physique quantique, le chamanisme, etc. On vous propose la première partie de cette interview exclusive. La seconde sera dévoilée au moment de la parution du nouvel opus.

« Arctic Moon », votre nouvel album est annoncé. Quand va-t-il sortir ?

Vox : Nous sommes dans les temps pour la livraison des masters en mars. Donc, si tout se passe bien, il devrait paraître vers septembre ou octobre. Le label communiquera la date. Mais le single est déjà disponible à l'écoute.

Quel est son titre ?

Vox : Il s'intitule « Where Are You ? ».

Oui, je connais la chanson. Figurera-t-elle aussi sur l'elpee ?

Vox : Oui, mais dans une autre version. Nous l’avons réenregistrée pour l'album. Quand nous avons enregistré le single, nous étions très pressés de le sortir. Todd, notre batteur, séjournait en Amérique ; donc c'est Steve qui s’est chargé des drums. Mais nous voulions que ce soit Todd qui en joue. Aussi, nous avons entièrement réenregistré le morceau à son retour.

L'atmosphère générale du nouvel LP est-elle différente des productions précédentes ?

Vox : Oui, c'est différent. Le son général de la formation a évidemment changé, et c'est à dessein. Nous ne voulions pas reproduire le son des années 80. Nous voulions vraiment nous en éloigner.

Tu veux dire s'éloigner du son ‘cathédrale’ ?

Vox : Oui, du son de guitare des eighties. Simplement parce que l'un des architectes de ce son n'est plus au sein du groupe depuis plus de 20 ans.

Dave ?

Vox : Oui, Dave. C'est lui qui a créé cette sonorité de guitare imposante, éthérée et ambiante, qui résonne comme une cathédrale.

Je suppose que le producteur, Steve Lillywhite, a également joué un rôle dans ce sens ?

Vox : Oui. Dans une certaine mesure, Lillywhite a aussi contribué à façonner le son du band, surtout pour les drums et les guitares. Avant cette période, si tu écoutes les 'Peel sessions', Dave n'utilisait qu’un simple effet Flanger, plus discret. Ensuite, il a découvert le Roland Space Echo 301, l'écho à bande. Ce qui a transformé son son.

C'était une pédale d'effet ?

Vox : Non, c'est une boîte verte avec une véritable bande de 6,35 mm à l'intérieur, qui fait un 'loop'. C'est un appareil qui est très cher maintenant. Il coûte des milliers de dollars. Il était beaucoup plus courant à l'époque. Et puis, Dave est passé au Space Echo 501. C'est ainsi que tout a commencé, en studio, quand on a enregistré notre premier single, « In Shreds ».

Avec Reggie, au contraire, c'était plus un son post-punk pur et dur.

Vox : Non, je ne pense pas que Reggie ait un son post-punk. Il est plutôt influencé par les années 60 dans son jeu. Reggie n'utilisait pas beaucoup d'effets à l'époque.

C'est lui qui joue les staccatos à la guitare ?

Vox : Oui. Reggie a apporté une originalité unique. Personne ne jouait de la guitare de cette manière. C'est ce qui faisait toute la beauté de son jeu. C'est un excellent guitariste. Il est capable de vous faire ressentir quelque chose d'émotionnel, juste avec trois notes.

Oui, il est très mélodique, très créatif.

Vox : Oui, très créatif. Mais son style des débuts, si tu veux savoir d'où il vient, il faut revenir aux versions stéréo originales de « Revolver » des Beatles, et écouter une chanson comme « Dr. Robert ». On y entend, d'un côté le chant et de l'autre, la guitare. Si tu écoutes comment George Harrison joue sur ce disque, c'est ça, le style de Reggie. En fait, il était bassiste lorsque je l'ai rencontré. Enfin, pas quand je l'ai rencontré, vu que je le connais depuis l'enfance. Mais quand je suis venu le rejoindre dans son band, il se consacrait à la basse. Il m'a expliqué qu'il souhaitait transposer ce qu'il jouait à la basse à la guitare, et donc, il m'a proposé de prendre la basse. C'est ainsi que ça s'est passé. Mais ça ne me laissait pas beaucoup de marge de manœuvre pour la basse. J'ai vite compris que je devais me contenter de jouer la fondamentale (NDR : la ‘tonique’) à cause de ce que dispensaient les deux guitaristes. Mais je me suis adapté sans problème.

Et puisque tu parles des Beatles, tu m'avais confié qu'enfant, tu avais commencé à chanter leurs chansons avant même de pouvoir parler.

Vox : Oui, j'ai appris à parler en chantant des chansons des Beatles. Il y avait une jeune stagiaire à la maternelle que je fréquentais, et les instituteurs étaient inquiets parce que je ne parlais pas encore. Alors, elle m'a appris à chanter les chansons des Beatles, et c'est comme ça que j'ai pu maîtriser les rudiments de l'anglais.

Et quand on voit Paul McCartney aujourd'hui, toujours aussi actif, c'est fou, non ?

Vox : Oui, c'est fabuleux. J'ai failli le rencontrer une fois. J'aimerais quand même tailler une bavette avec un des Fab Four avant de mourir (rires) ! ... Le temps presse ! Alors si tu lis ça, Paul, oui, invite-moi à prendre le thé, j'adorerais te rencontrer. Je sais que Ringo (Starr) en a assez des mondanités et qu'il veut juste une vie tranquille. Je comprends. Mais bon, Paul, si tu entends ça, si tu as envie de prendre le thé avec un gars qui est fan de toi depuis 60 ans, alors fais-moi signe… (rires)

Pour en revenir au nouvel opus, retrouver Reggie, est-ce un événement qui a provoqué un déclic pour ta créativité ?

Vox : En fait, ce qui s'est passé, c'est que les deux gars avec qui je jouais n'étaient plus libres, alors Reggie a déclaré : ‘I will do the job’ (‘Je vais faire le boulot’). On a essayé d'écrire ensemble, mais le COVID a mis un frein à nos intentions. L'industrie a été à l'arrêt pendant 18 mois. D'une certaine manière, cette pandémie a été une chance, car elle nous a permis de recruter Danny, Steven, Todd. On a commencé à écrire des chansons en janvier 2024.

Donc, ce n'était pas juste toi et Reggie, c'est devenu un groupe complet.

Vox : Oui, c'est un vrai groupe. Au début, j'ai apporté quelques-unes de mes chansons. Et Reggie a amené ses idées. De là est né le single, et ensuite on a enregistré certaines de mes compos pour l'album. Mais, petit à petit, tout le monde s'est impliqué dans l'écriture. On a eu des idées plus collectives. Je trouvais ça plus intéressant. Dès lors, j'ai écarté quelques compositions personnelles, avec l'idée de les sortir en solo, peut-être, après l'album de la formation...

« David Bowie Takes My Hand » semble être le ‘magnum opus’ du nouvel elpee.

Vox : Oui. Je pense que c'est probablement le meilleur morceau sur lequel je n’ai jamais travaillé, mais il est très différent de ce que les Chameleons ont réalisé auparavant. C'est une très longue chanson, qui s'étend sur environ 8 ou 9 minutes. À l'origine, elle comptait 11 minutes de musique, et évidemment, on a dû imaginer comment l'arranger. On se grattait la tête et, finalement Danny a tranché : ‘Bon, eh bien, donnez-moi la démo, je vais la ramener chez moi. Je ferai quelques modifications et on verra ce que ça donne’. Il est revenu en disant : ‘Je crois que j'ai l'arrangement’. Il nous l'a joué et on s’est tous exclamé : ‘Oui, c'est ça !’

Donc, il y a beaucoup de claviers et de cordes ?

Vox : Il y aura de vraies cordes. Ainsi que des claviers, évidemment. Ce qui est incroyable, c'est que, quand on a enregistré la chanson, Danny s'est mis à pleurer. On écoutait l'arrangement sur les moniteurs, dans le studio et il était en larmes. C'est vraiment un arrangeur très doué. Il a fait des trucs incroyables tout seul ou pour ses groupes précédents.

Dirais-tu que c'est une chanson 'épique', dans le style de « Second Skin » ?

Vox : Cette compo n’a aucun rapport avec « Second Skin ». En fait, elle est très sombre. Elle s’inspire d’un moment que j’ai passé dans une chambre d’hôtel à essayer de savoir si je voulais continuer à vivre ou non. Les paroles résultent de cet épisode. C’est très personnel et lié à la situation que je vivais à l’époque.

Et David Bowie t’a pris la main à ce moment-là ?

Vox : Eh bien, ça m'a rappelé « Rock’n’roll Suicide », la chanson de David Bowie. C’était comme si Bowie me disait : ‘Donne-moi ta main’. Et en mon fors intérieur, j’ai répondu : ‘Oui, prends-la. Sors-moi de là.’

Était-il encore en vie à ce moment-là ?

Vox : Non, il était déjà parti.

C’est pourquoi je suggérais un lien avec « Second Skin » ; à cause de cette dimension spirituelle.

Vox : « Second Skin » a évolué sur une longue période. Au départ, c'était une chanson sur l'immortalité des vedettes de cinéma sur la pellicule. Pense à James Dean, Marilyn Monroe et d'autres artistes du même genre ; à la façon dont les films les incarnent à un tel point qu'ils atteignent l'immortalité. Et puis, au fil du temps, le thème de la chanson s'est élargi, pour englober aussi la façon de transposer ses expériences vers la prochaine étape de son existence.

Et puis il y a eu ce moment, en studio, où tu as déclaré : ‘Faites tourner la bande. Je vais chanter tout ce qui me passe par la tête’.

Vox : Oui. On était en studio. On avait enregistré les pistes de la fin de la chanson et on ne savait pas quoi en faire. Alors, j'ai juste indiqué : ‘Je me rends dans la cabine de chant afin d'essayer quelque chose’. Et c'est arrivé naturellement. Mais même depuis la mouture studio, la chanson a évolué, au fil des concerts. On ne joue plus la version de « Script of the Bridge » ainsi. Quand j'ai réalisé à quel point le public avait pris cette chanson à cœur, elle est devenue un élément incontournable de nos setlists.

C'est ma chanson préférée des Chameleons.

Vox : Au fil du temps, elle a évolué pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui, une expérience live.

Je suppose donc que « David Bowie Takes My Hand » possède aussi ce côté ‘mystique’ ?

Vox : Il faudra l'écouter. Elle va toucher beaucoup de monde. Mais ça dépendra vraiment de l'auditeur, et je ne peux pas prédire quelle sera sa réaction. Je peux seulement m’écrier : ‘Waouh, c'est quelque chose de très spécial !’. Quand on a vu les larmes couler sur le visage de Danny, on en a conclu : ‘Cette chanson a du potentiel. Et tout le monde dans le groupe y a contribué’. C'est à ce moment-là que j'ai compris avoir trouvé un vrai groupe. Ce n'était pas juste Reggie et moi qui embauchions quelques musiciens. C'était un vrai groupe, un groupe avec lequel on pouvait faire progresser les Chameleons.

Un groupe dont le total est supérieur à la somme de tous ses membres ?

Vox : Oui, chacun apporte quelque chose qui propulse l'héritage du groupe plus loin, dans une nouvelle direction.

Et c'est chouette de constater que tu le projettes dans le futur.

Vox : Je parle ainsi, mais le futur n'existe pas encore vraiment. Il n'y a que le ‘maintenant’, le ‘now’, qui existe. C’est mon point de vue, mais d'ici demain, tout pourrait changer.

Mais au moins, l'intention est là.

Vox : L'intention est bien là.

Et quand on crée une intention, la réalité est déjà à moitié là.

Vox : Eh bien, cette résolution peut prendre des directions différentes. Le moment présent, seul, existe en tant que fonction d'onde, en tant que ‘collapsed wave’.

Oui, comme dans la théorie de la physique quantique.

Vox : Oui ! Et le passé n'existe pas non plus. Seulement dans la mémoire subjective des personnes avec qui vous l'avez partagé. La vie est juste une série de ‘maintenants’.

Je me souviens qu'à Louvain, à la fin de l'interview, nous avions causé pendant 40 minutes des OVNI et de la conscience.

Vox : C'est un sujet qui m'intéresse depuis l'âge de 14 ans, lorsque j'ai vu mon premier OVNI en plein jour, un dimanche après-midi.

Et as-tu évolué, au cours de ces dernières années, dans ta conception de tous ces phénomènes ?

Vox : Je n'ai toujours aucune idée de ce que c'est. Je doute que ce soient juste des vaisseaux spatiaux classiques venus d'un autre système stellaire… Je pense que ce sont plutôt des 'objets' qui viennent d'autres dimensions, des intelligences capables de traverser les dimensions. C'est ce que je pense. Mais je ne peux pas le prouver.

Et je pense que la physique quantique évolue justement dans ce sens.

Vox : Oui, absolument.

Elle montre, par exemple, que plusieurs états ou réalités peuvent coexister en même temps.

Vox : C'est même davantage ! Toute la réalité qui nous entoure est contrôlée par le cerveau. C'est le cerveau qui interprète les données entrantes. Certaines d’entre elles sont évidemment celles que nous avons en commun, mais nous imposons aussi notre propre conscience à notre réalité. Il n'y a pas deux personnes qui vivent dans le même univers, même s’ils ont des similitudes et sont connectés. C'est parce que nous voyons, vivons et retenons les choses différemment. Tout ceci débouche sur l'idée de ‘multivers’. Je suis un adepte des théories qui envisagent des réalités multidimensionnelles et des univers parallèles. Dans mes chansons, j'essaie de formuler ce que j'ai vécu et compris sur le monde qui m'entoure. J'essaie de refléter cette vision du mieux que je peux.

Oui, c'est ce que j'aime dans ta musique : elle est multidimensionnelle, parce qu'on peut la vivre comme du pur rock and roll ou alors à d'autres niveaux.

Vox : J'ai eu une petite révélation récemment quand je me suis rendu compte, et je le signale lors de mes concerts, que toute musique est une forme de médecine. Ce sont des fréquences. Que l'on s'y identifie ou non. La musique de Taylor Swift n'a peut-être aucun effet sur toi ou sur moi, mais pour des millions de personnes, si. C'est une forme de médecine, surtout pour les jeunes, dans son cas. C'était pareil pour moi quand j'étais enfant, j'étais fan de T-Rex et de David Bowie. Leur musique m'aidait à traverser les épreuves. Elle me touchait. Et celle des Chameleons est aussi un puissant remède. Je le sais grâce aux gens qui viennent me voir après les concerts et me disent : ‘Waouh, merci’, et pleurent sur mon épaule. Je sais que c'est un puissant remède. Je pense que toute musique est une forme de médecine. C'est ma définition de la musique. À l'époque des cavernes, la musique était déjà un remède. Un remède spirituel.

D'ailleurs, les guérisseurs étaient généralement des musiciens.

Vox : Oui, exactement. Ils étaient musiciens ou chamanes ou les deux. Mais oui, c'est ma philosophie. Aucune musique n'est supérieure à une autre. Toutes les musiques sont ‘médicinales’...

C'est une bonne conclusion. Merci beaucoup, Vox !

Vox : Merci à toi...

Pour écouter la version audio de cette interview dans l'émission WAVES, c'est ici

(Photo : Noel Fielding)

 

The Cleopatras

Bikini Grill

Écrit par

The Cleopatras est un quatuor féminin qui nous vient de Toscane, en Italie. Il avait ouvert le dernier festival ‘Roots & Roses’ de Lessines. Ses débuts remontent à 1998, et « Bikini Grill » constitue son cinquième elpee. Mais son premier, « Dame tu amor », il ne l’a enregistré qu’en 2008. En fait, jusqu’alors, il n’avait gravé que des singles et des Eps. Et puis, le line up s’est stabilisé.

Le son des Cleopatras est influencé par le punk, le garage rock, le pop punk, le glam, le surf, l'indie et la new wave ; des Ramones aux Cramps, en passant par Devo, Blondie, New York Dolls, Buzzcocks, etc., tandis qu'au niveau de l'attitude, ils sont inspirés par d'innombrables groupes et artistes féminins (Joan Jett, Bikini Kill, The Bangles, The Trashwomen, The GoGos, etc.) Le titre de ce long playing adresse d’ailleurs un clin d’œil au groupe de riot grrrl, Bikini Kill.

La formation aime les reprises. Dans le passé, elle avait adapté « Amoureux Solitaires » de Lio, « Can Your Pussy Do The Dog ? » des Cramps, « Real Wild Child » d'Iggy Pop et « Walk Like An Egyptian » des Bangles. Sur cet LP, elle propose trois covers. En l’occurrence, « You're Standing On My Neck » du band américain Splendora, « Maldito » de l'artiste mexicaine Jessy Bulbo et « Kiss Kiss Kiss » de Yoko Ono. C’est ce dernier titre qui est paru en single avant la sortie du long playing. Et la vidéo qui traite de l'amour, l'égalité des sexes, la redécouverte de l'art produit par les femmes et la paix, a été partagée sur les médias sociaux par Ono en personne.

Sur cet LP, le band opère cependant des incursions dans la dream pop (« The Unicorn »), le surf contemporain (« Laura Palms »), la new wave (en adaptant le thème de l'émission ‘MTV Daria’ dans un style réminiscent de Devo), le pop punk (« Cabot Cove ») ou même l’expérimentation, à l’instar du fameux « Kiss Kiss Kiss » ou de « Dai Dai Dai ». Il y a aussi de la place pour des questions plus sérieuses, comme l'autonomie des femmes (« We Strike ») et le paradigme bien connu du rock ‘féminin’ opposé au rock « masculin » (« We Don't Play Like Men »). Il y a aussi une dimension d'autodérision (le groupe plaisante sur le manque de préparation athlétique dans « (I'm) Fit Like Mick Jagger » et l'hypocondrie dans « Traveling Drugstore » …

Khruangbin & Leon Bridges

Texas Moon

Écrit par

Deux années après avoir ouvert la voie à leur collaboration, Khruangbin est de retour en compagnie de Leon Bridges. Pour la circonstance, les Texans ont également embarqué Austin Jenkins dans l’aventure, un guitariste, chanteur, compositeur, producteur qui a régulièrement apporté son concours à White Denim. 

Alors que « Texas Sun », le premier elpee de Khruangbin & Leon Bridges, se distinguait par ses plages ensoleillées, voire enjouées, « Texas moon » nous propose la face cachée de son astre sonore. Un Ep qui se révèle bien plus mélancolique et paisible. Quatre pistes sur les cinq baignent ainsi au sein de ce climat. Seul « B-Sides » élève légèrement le tempo.  

Mais malgré ce changement d’atmosphère, le style de Khruangbin est toujours aussi facilement identifiable, à cause de cette basse caoutchouteuse et de cette ligne de guitare funk/psyché. Sans oublier la voix soul de Leon Bridges qui colle toujours bien à la musique, qu’elle soit bien ou mal lunée…

On regrettera cependant que le fruit de cette nouvelle coopération se soit limitée à un Ep et pas un véritable elpee. 22 minutes, c’est un peu court pour s’imprégner de l’ambiance ! 

Kings of Leon

When you see yourself

Écrit par

En vingt années de carrière, Kings of Leon aura donc publié 20 albums studio. Et « When you see yourself » constitue son huitième. Si aux débuts, la musique proposée mêlait rock sudiste et blues, au fil du temps, le groupe issu de Nashville va y intégrer garage, post-punk et country. Mais en même temps, le mélomane va de plus en plus souvent avoir l’impression que les compos s’édulcorent en sortant d’un même moule. En outre, la sophistication de la mise en forme –à l’instar de ce nouvel opus, produit par Markus Dravs (Arcade Fire, Coldplay, Florence + the Machine), un disciple de Brian Eno– va également accentuer le phénomène.

Fondamentalement, cet opus n’est pas mauvais ; il est même agréable à écouter. Il recèle d’ailleurs quelques plages intéressantes et bien électriques, comme « The bandit » et sa ligne de basse ténébreuse, presque post punk. Ou encore « Golden restless age », dont les accords de gratte jacassent dans l’esprit d’un XTC. Des sonorités de cordes qui peuvent également devenir chatoyantes lorsqu’elles sont tirées d’une Rickenbacker, à la manière d’un George Harrison. Surprenant quand même, « A wave » surfe sur la vague d’Archive, lorsque le morceau monte en crescendo.

Là où le bât blesse, c’est lorsque la bande aux frères et au cousin Followill s’abandonnent dans des ballades tendres, romantiques, parfois mid tempo, en laissant les cordes gémir, un peu comme à l’époque dorée du hard FM.

Bref, un elpee sans grande surprise, qui devrait inévitablement satisfaire les nombreux fans du band, mais pas vraiment les mélomanes qui ne jurent que par l’indie rock…

Khruangbin & Leon Bridges

Texas Sun (Ep)

Écrit par

Coïncidence, mais à l’écoute de ce « Texas Sun », les premiers rayons de soleil commençaient à faire leur apparition. Parce que cet Ep est chargé de bonnes ‘vibes’. Quatre plages livrées de conserve par le trio enfumé Khruangbin et le soulman Leon Bridges ! Après avoir tourné ensemble en 2018, les artistes ont voulu immortaliser ce périple sur disque. Une excellente idée qui permet de savourer cette synergie entre la voix gospel de crooner de Leon et les rythmes très cool, quasi dub, du groupe de Houston à la pointe de la hype. ‘Si vous laissez la musique faire ce qu’elle est censée faire, elle se révélera d’elle-même’, a déclaré Laura Lee, bassiste de Khruangbin. A méditer !

Leopardo

Is it an easy life ?

Écrit par

Fondé en 2016, Leopardo était à l’origine le projet solo de du chanteur/guitariste Romain Savary. Après avoir enregistré l’album « Di Caprio », il s’est entouré d’un second gratteur, d’un bassiste et d’un drummer pour partir en tournée. Depuis, le projet est devenu groupe. Et « Is it an easy life ? » constitue son second opus. Question qui mérite en tout cas d’être posée, et à laquelle, de toute évidence, répondre par la négative serait ridicule, quand on connaît un peu l’histoire de l’humanité. Mais répondre par l’affirmative signifierait que la vie est un long fleuve tranquille. Ce qui est loin d’être le cas… Aussi tout au long de ce long playing, Leopardo aborde des sujets brûlants d’actualité comme la peur, la flamme de l’amour, la déprime, le stress de la vie professionnelle, la génération gueule de bois avant de clore par un récit saugrenu consacré à l’armée chinoise.

Syd Barrett, le Velvet Underground et Gorky’s Zygotic Mynci semblent manifestement constituer les références de base de la musique de Leopardo. Syd Barret pour le psychédélisme, V.U. pour l’expérimentation et Gorky’s pour l’approche parfois farfelue des compos, des compositions soulignées par le vocal aigrelet Romain qui évoque justement celui d’Euros Child. Mais les nuances sont parfois tellement subtiles qu’il est difficile de bien cerner les morceaux. Vaporeux, le tire maître aurait pu figurer sur le premier album de Connan Mockasin. Délicieux et rafraîchissant », « I wanna tame you » mériterait de sortir en single. Des interventions de guitare gémissantes, réminiscentes d’Erik Braun (Iron Butterfly) torturent le space rock (Hawkwind ?) « Fear » et le garage lo-fi « Again », même si cette électricité est diffusée plus sobrement. Outre une piste noisy (« Modern love »), psyché surf (le frénétique « Holiday of love »), l’elpee nous réserve deux pistes caractérisées par ses variations de tempo. Tout d’abord l’indie lo-fi « Alone on earth » et puis surtout « Happiness », une compo plus complexe, lancinante, construite comme en boucle, entre arpèges de cordes semi-acoustiques, disgressions électriques subtiles et chœurs falsetto, légèrement en retrait. Un album vraiment intéressant !

CoreLeoni

Un bel exercice de style au sein d’un climat rock’n’roll !

Écrit par

Il y déjà deux ans que le Zik Zak à Ittre propose un large éventail de concerts. Mais depuis que l’organisation, qui ne bénéficie d’aucun subside, a décidé de collaborer avec Rock Nation, les affiches sont plus alléchantes. Ce soir, par exemple, métallique, elle propose trois groupes, dont CoreLeoni, une formation impliquant le fondateur de Gotthard, Léo Leoni ainsi que le chanteur actuel de Rainbow, Ronnie Romero. Deux musicos qui se produisent, régulièrement, devant des auditoires de 10 000 personnes.

Quartet helvète, Redeem réunit le bassiste Alessio Piozza, le chanteur/guitariste Stefano Paolucci et le drummer Simon Steiner. Fondé en 2003, il a publié son dernier et troisième elpee, « Eleven », en 2016, dont il va nous proposer de larges extraits. Vu la place prise par le matos de Coreleoni, les musicos se placent en ligne. Alessio se sert d’une basse à 5 cordes.  

Amorcé par des notes de synthés samplées, « Insanity » ouvre le set, une compo issue du dernier opus. Mais au fil du morceau, l’expression sonore prend une coloration métallique, à travers des interventions de gratte bien acérées. « 999 » est un titre percutant. Lors de « Black Monkey », la voix –proche de celle d’Eddie Vedder (Pearl Jam)– rattrape les cordes de guitare. Classique, bien électrique, le rock de Redeem est manifestement taillé pour les stades… 

Setlist : « Insanity », « Spendid », « Dreams You’Ve Lost Along The Way », « 999 », « Everlong », « Somebody Out There », « Murder », « Beauty Of A Lie », « Black Monkey », « Tie Your Mother Do ».

Deuxième supporting act, Mad Max, est un quatuor allemand. Fondé en 1982, il s’était séparé en 1989, avant de se réunir 10 ans plus tard. Issu de Münster, il réunit Michael Voss, Juergen Breforth, Axel Kruse et Hutch Bauer. Après avoir tâté du hard rock mélodique, sans récolter le succès escompté, il a décidé de se convertir davantage au heavy metal ! Son dernier elpee, « 35 », est paru en 2018. Et c’est cet LP qu’il est venu défendre ce soir.

« Running To Paradise » –également la plage d’ouverture de ce long playing– entame les hostilités. La gratte est nerveuse et la section rythmique particulièrement efficace. Les solos de guitares se révèlent plutôt classiques, mais finement ciselés. Les mélodies sont énergiques et les refrains accrocheurs. « D.A.M.N. » baigne au sein d’un hard mélodique réminiscent des 80’s. Pensez à Scorpions, Dokken, Stryper, TNT, Bonfire ou Pretty Maids. D’ailleurs, régulièrement, le band adresse des clins d’œil appuyés à ces combos. Et « 35 », titre maître du dernier album, en est un bel exemple. A cause de ce groove et de ce mid tempo spécifiques. Et la prestation de s’achever par le « Fox On The Run » de Sweet. Un final qui nous replonge dans le glam rock des 70’s. Même que le spectre de Slade s’est mis à rôder. Dommage quand même que la set list ait négligé la superbe reprise du « Paris Is Burning » de Dokken…

Setlist : « Running To Paradise », « D.A.M.N.», « Beat Of The Heart »/ « 35 »/ « Guitar Solo », « Fallen From Grace », « Night Of Passion », « Lonely Is The Hunter », « Fox On The Run » (Cover Sweet).

Outre Léo Leoni et Ronnie Romero, CoreLeoni implique également le batteur Hena Habegger (Gotthard), le bassiste Mila Merker ainsi que le second gratteur Jgor Gianola (U.D.O., JORN). En février 2018, il a publié « The Greatest Hits Part 1 ». La setlist prévoit la quasi-intégralité de cet album, dont les titres se consacrent à des covers de Gotthard.

L’intro préenregistrée, « Speak Softly Love (Love Theme From The Godfather) », est en fait une version de la B.O. du film le ‘Le Parrain’, un long métrage au cours duquel une des familles mafieuses répondait au nom de ‘Corleone’. Ce qui explique, finalement, le patronyme. Une voix de petite fille chante ‘Firedance’ et prélude ce fantastique titre à la rythmique groovy si reconnaissable. Dans « Higher », Romero monte très haut dans les tours. Malgré son jeune âge, Romero possède une voix mélodique dont la tessiture s’envole dans les aigus ou s’enfonce dans les graves avec une facilité déconcertante. Pas étonnant qu’il milite dans le band de Coverdaele despuis 2015. Boogie nerveux, « Downtown » est hanté par Status Quo. Et la voix de Romero s’adapte comme un véritable caméléon(i).

Les deux adaptations des classiques de Gotthard sont épatantes. Tout d’abord la délicieuse power ballade « Let It Be ». Puis l'emblématique « In The Name », dont le refrain est légèrement différent de l’original. Mid tempo, « Firedance » opère un retour au cœur des 70’s. Solide ballade, « All I Care For » aurait pu figurer au répertoire des Scorpions. Dans la fosse, il y a une sacrée ambiance. Et sur le podium, les musicos ne sont pas en reste. Ils semblent d’ailleurs prendre du plaisir à se produire ce soir. Les duels entre manches sont fréquents. Hormis le drummer, chaque musico s’autorise une petite jam au milieu de la foule. Un bel exercice de style au sein d’un climat rock’n’roll ! En fin de set, Leoni va se servir d’une guitare à double manche (12 et 6 cordes).

Et en guise de rappel, le band va réserver aux 150 âmes présentes ce soir, « Immigrant Song ». Après cette reprise du Led Zep, on retombe sur terre. Vraiment une superbe soirée !

Setlist : « Speak Softly Love (Love Theme From The Godfather) », « Higher », « Standing In The Light », « Downtown », « Get It While You Can », « Fist In Your Face », «Walk On Water », « Firedance », « All I Care For », «Let It Be », « In The Name », « Tell No Lies », « Make My Day », « Mountain Mama », « She Goes Down », « Ride On », « Here Comes the Heat ».

Rappel : « Immigrant Song » (cover Led Zeppelin)

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Leonard Griffie

Better late than no time soon

Écrit par

Leonard est artiste peintre. Mais également chanteur et guitariste. Il pratique une forme de blues qu’il colore de soul, r&b et jazz. Il vit dans l'Oregon. Son premier elpe, "Give it to me", était paru en 2013. Et pourtant, il s’agit d’un vétéran de la scène blues. D’ailleurs, il est sur les routes, depuis de nombreuses années. Déchirante, abîmée et graveleuse, sa voix traduit un long parcours sur les petites scènes locales…

Tapissé de cuivres, "Look me in th eye" est un blues teinté de Memphis r&b, au cours duquel la guitare semble hantée par Albert et BB King. Des cuivres qui s’intègrent également et parfaitement, tout au long de "A dollar or two", un solide exercice de style dans le r&b, et puis de "You done stepped in it now", un blues d’excellente facture inspiré du delta. Si la voix s’y révèle austère, la slide est plutôt généreuse. Mais le climat général baigne dans la bonne humeur. La voix semble sur le fil du rasoir, tout au long d’"I got news" une ballade lente style Stax, au cours de laquelle les interventions à la gratte sont chargées d’une grande sensibilité. Griffie privilégie les compos qui trempent dans un climat cool, ponctuées d’envols subtils sur sa guitare, à l’instar de "Leave this town", "Going downill" et "Better late than no time soon". Soulignée par le piano de Michael Vannice, cette plage lorgne manifestement vers BB King. Caractérisé par son dialogue entre cordes et orgue, "Up and at em" baigne au sein d’un cocktail de jazz et r&b. Un instrumental. Tout comme la finale "I'm good where I am", dont les accords très subtils de gratte, sont enveloppés d’arrangements de cordes…

 

Doug Macleod

Break the Chain

Écrit par

Doug MacLeod est un bluesman notoire, mais également un conteur. Originaire de New York, il a pas mal bourlingué. Agé de 71 balais, il s’est établi depuis quelques années, à Los Angeles. Il a décroché plusieurs Blues Music Awards, notamment celui de meilleur artiste blues acoustique, en 2016 et 17. Son premier elpee, "No road back home", remonte à 1984. Depuis, il a publié une belle volée d’albums. En ‘live’, il relate ses histoires et contes, en se servant du blues. Et c’est de nouveau le cas sur ce "What the blues mean to me", un opus enregistré au sein du studio californien Skywalker Sound. Doug est toujours inspiré par les aléas de la condition humaine à travers ses douze compositions personnelles. Il joue seul ou en formule duo, trio voire quartet, selon les plages. Y participent donc, suivant les pistes, ses musiciens ; en l’occurrence le batteur Jimi Bott (ex-Blues Survivors, Mighty Flyers, Fabulous Thunderbirds), le bassiste Denny Croy et le percussionniste Oliver Brown.

"Goin' down to the Roadhouse" ouvre le bal. Armé de son bottleneck, MacLeod part à la recherche de besoins primaires, comme manger, boire, danser ou parler à quelqu'un pour briser sa solitude. Il est cependant rapidement rejoint par sa section rythmique. Doug déclame les lyrics de "Mr Bloozeman", un blues autobiographique, ponctué par une excellente sortie sur les cordes. Et également tout au long de "Who's driving the bus?", un boogie primaire hanté par John Lee Hooker. "Lonesome feeling" relate une expérience de relation amoureuse dont il porte la responsabilité de la rupture, un downhome blues flemmard qui charrie une bonne dose de misère et de tristesse et qu’il chante seul, en s’accompagnant à le National Resophonic. Instrumental, "One for Tampa Red" rend hommage à ce grand bluesman du delta qui a sévi avant la deuxième guerre mondiale. Interprété a cappella, le holler "Going home" opère un retour aux sources du blues. "Break the chain" clôt cet opus. Il aborde le thème du cycle de la violence familiale et de ses abus. La famille MacLeod, Doug et son fils Jess, s’y partagent voix et cordes. Une œuvre qui transpire d’authenticité! 

 

Leonard Cohen

Leonard Cohen s’est éteint à l’âge de 82 ans

Écrit par

Leonard Norman Cohen est décédé ce 10 novembre 2016, à Los Angeles, en Californie. Il était né le 21 septembre 1934 à Westmount (Montréal), au Québec. De son véritable nom Leonard Norman Cohen, ce poète, romancier et auteur-compositeur-interprète canadien s’est imposé dans l’univers du folk, fin des sixties, avant de teinter son style de multiples influences, oscillant de la pop au cabaret, en passant par la country et la world. D’une voix grave, il chantait le plus souvent au sujet de l'amour passion, de la religion, de la solitude, de la sexualité, des relations humaines et de la politique. C’était un Juif pratiquant. Ses plus grands tubes ? « Suzanne », « Bird on a wire » et « Hallelujah ». Il a exercé une influence majeure sur des artistes comme Suzanne Vega, Nick Cave, Ian McCulloch et Jean-Louis Murat. Notamment ! Il venait de graver un album studio, « You want it darker », le 21 octobre dernier. Il était monté sur scène, au Festival de l'île de Wight, en 1970, juste après Jimi Hendrix. Plus de 1500 artistes ou groupes ont repris ses compositions. Outre son impressionnante discographie, il a publié une dizaine de livres (romans, recueils de poésie, psaumes, prose, etc.). RIP.

Leonard Cohen

Can’t forget

Écrit par

Les 10 titres de cet album ont été enregistrés lors de la dernière tournée de l’artiste, baptisée « Old Ideas Tears », en public ou lors du soundcheck. Il recèle deux nouvelles compos : « Got a little secret » et « Never gave nobody touble » ainsi que deux covers jamais immortalisées sur support, « La Manic » et « Choice ». Interprétée dans la langue de Molière (NDR : un événement !), la première est une chanson d’amour signée par le Québécois Georges Dor. Et la version touche au sublime. Le deuxième est un morceau issu de la plume de feu George Jones, chanteur country américain disparu en 2013, à qui il rend ainsi hommage.

L’elpee recèle également quelques chansons plus notoires, à l’instar du tube « I can’t forget », mais également de « Light as breeze », « Joan of Arc » ou  encore « Nights comes on ». 

Petite parenthèse, mais elle donne une coloration positive à ce ‘live’, une véritable bonne humeur baigne tous ces morceaux, un climat qu’entretient l’humour contagieux de Leonard Cohen…

 

Leon Bridges

Coming Home

Écrit par

L’artwork de la pochette cherche à nous faire passer l’ami Leon pour un vieux briscard de la soul ; et après avoir écouté ce « Coming Home », son premier elpee, il faut le reconnaître, on n’a pas été volé sur la marchandise ! En outre, ce Texan devrait rafler la mise en cette période de revival soul, grâce à ses vignettes à la fois charmantes et énergiques, gravées dans le son du gospel et de la soul intemporelle des 60’s. Et tout particulièrement celle de Sam Cooke, des Staples Singers ou d’Otis Redding. Des pépites telles que « Coming Home » ou « Better Man » sont magnifiées par la voix en or de l’Américain et parfaitement soutenues par l’instrumentation des musiciens issus de White Denim, également texans. Alors, comme la plupart des artistes qui militent dans le revivalisme, l’hommage tourne, parfois, à l’exercice de style et au déjà-vu… Mais qu’importe, si la musique est bonne. Et tant pis si ces effluves qui émanent directement du Mississipi sont enivrantes… Bien sûr, un supplément d’âme aurait peut-être pu transformer ce « Coming Home » en classique. Amy, tu m’entends ?

The Chameleons (Vox)

Don't fall, Mark. Don't do like The Edge…

Un an après avoir accordé un concert au Depot à Louvain, Chameleons Vox était de retour dans la même salle. Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années 80 en ciselant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de son manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le patronyme Chameleons Vox (la voix des Chameleons) en s'associant au batteur originel, John Lever et à d'autres musiciens.

La tournée 2014 se concentrait sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Cette année, Mark Burgess a enrichi la setlist en ajoutant des titres issus de leur second opus : « What Does Anything Mean? Basically », qui date de 1985.

L'année dernière, Mark Burgess avait accordé une interview à votre serviteur (voir l'enregistrement ici). C'est un homme attachant, brillant et pétri d'un humour typiquement britannique. Il nous avait parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général.

Cette année, pas d'interview mais un concert qui promet, à nouveau, d'être émouvant. Le Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. The Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Swamp Thing », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène et qu'il s’est coupé les cheveux, Mark Burgess ressemble beaucoup plus à l'image qu'il reflétait dans les années 80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, Neil Dwerryhouse et Chris Oliver, qui réussissent la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies. Par contre, pas de John Lever cette année : le batteur originel des Chameleons est remplacé par un Français, Yves Altana.

Le son général est parfait. Le public est assez calme mais la première grosse réaction ne tarde pas à venir, pendant « Monkeyland ». C'est un des titres phares des Chameleons. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’

Pendant « Soul In Isolation », une composition particulièrement complexe issue du troisième elpee, « Strange Times », Burgess a recours au 'song dropping' en glissant quelques extraits d’« Eleanor Rigby », des Beatles. Et il introduit, lors de « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) », une évocation musicale de « Transmission », de Joy Division, une autre formation issue de Manchester.

Le set se termine par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années 60. Le public chante en choeur l'introduction mais le meilleur moment, c'est bien sûr la partie finale, superbement psychédélique. On flotte dans un autre monde, transpercé par la beauté hypnotique de la musique. Mark glisse à nouveau quelques notes de « Please, Please Me », adressant un nouveau clin d'oeil aux quatre garçons dans le vent, qui ont bercé son enfance.

Le rappel va nous réserver quelques classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au superbe « View From A Hill », sans oublier « Return Of The Roughnecks ».

De retour sur le podium pour un second encore, événement assez rare pour le souligner, Mark Burgess accède enfin à la demande de certains fans, qui réclamaient « Don't Fall » depuis le début du concert. L'interprétation est impeccable et Mark Burgess clôture sa prestation en descendant de la scène avec sa basse pour se mêler au public. On a presque envie de lui dire : ‘Don't fall, Mark. Don't do like The Edge !’

En conclusion, hormis le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce show a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique puissante et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions de Mark Burgess et surtout son nouvel elpee, dont la parution semble malheureusement reportée d'année en année.

La première partie a été assurée par Der Klinke, une formation établie à Ostende drivée par l’ami Geert ‘Chesko’ Vandekerkhof. Savant mélange entre new-wave des années 80 et darkwave des années 90, sa musique évoque Fad Gadget, mais aussi Project Pitchfork. Responsable de hits tels que « The Doll » (inspiré par « Ladyshave », dixit Chesko lui-même) et « Where It Ends » (chanté par Sam Claeys, le bassiste, ex-Red Zebra), Der Klinke est un des groupes les plus prometteurs de la scène 'dark' belge.

Setlist Chameleons Vox :

Swamp Thing
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Here Today
Perfume
Garden
One Flesh
As High As You Can Go
Caution
Monkeyland
Soul In Isolation
Singing Rule Britannia (While The Walls Close In)
Second Skin

Encore 1 :

Up The Down Escalator
Return Of The Roughnecks
View From A Hill

Encore 2 :

Don't Fall

(Organisation : Het Depot, Leuven)

Photo : Emmanuelle Golenvaux

Doug Macleod

Exactly like this

Écrit par

Doug MacLeod est un bluesman blanc. Américain, il est originaire de New York. Agé de 68 balais, il vit depuis bien longtemps à Los Angeles. Ce musicien privilégie l’instrumentation acoustique. Compositeur prolifique, il a prêté sa plume à de nombreux bluesmen notoires, à l’instar d’Albert Collins, de Pee Wee Crayton, d’Albert King, de Coco Montoya, de Son Seals et de Joe Louis Walker. Il est également conteur. Sur les planches il aime parler longuement avec son public. Il a décroché deux WC Handy Awards en 2014, comme meilleur artiste et pour avoir réalisé l’album acoustique de l'année. Ses débuts discographiques remontent à 1984. Il y gravait alors "No road back home", sur Hightone. Son dernier date de 2013. Il s’agit de "There's a time", paru chez Reference. Le nouvel opus a été enregistré à Marin County, en Californie. Pour la circonstance, il a reçu le concours de grosses pointures ; en l’occurrence le batteur Jim Bott (NDR : militant chez les Mannish Boys, c’est un ex-Mighty Flyers et Fabulous Thunderbirds) et le bassiste Dennis Croy, fidèle à Doug depuis 1999.

L'album s’ouvre par "Rock it till the cows come home", une boogie woogie chargé de swing. Le spectre de Louis Jordan plane sur cette piste, caractérisée par le concours du pianiste Mike Thompson, invité pour la circonstance. Il s’agit d’une des deux seules plages du style sur cet elpee, mais elle met en exergue le talent des musiciens. La voix de Doug est très expressive. Elle a du vécu. A l’instar du remarquable "Too many misses for me", un blues dont le message est authentique. Jazzyfiant, le solo sur les cordes acoustiques est digne de Wes Montgomery. Des cordes empreintes d’une grande sensibilité balaient "Find your right mind", une ballade indolente qui bénéficie, en outre, d’une jolie mélodie. Très roots, elle se signale par son dépouillement extrême. Et la section rythmique exécute le service minimum. Boogie pur et dur, "Vanetta" est abordé sans l’esprit d’un maître du genre, John Lee Hooker. S’étalant sur un peu plus de 7’, "Serious doin' woman" est la plus longue plage de l’opus. Elle rend hommage au prince du blues des swamps louisianais, Tony Joe White. Un compo hantée par l'esprit de son "Polk Salad Annie". Plage instrumentale, "Ridge runner" nous entraîne au cœur des Blue Ridge Mountains, dans les Appalaches. Les percus de Bott et la ligne de basse tracée par Croy tirent ici leur épingle du jeu. Doug chante autoritairement "New morning road", un downhome blues dont les accords de gratte lorgnent vers John Lee Hooker et Lightnin' Hopkins ! Il se sert de son bottleneck pour jouer en slide sur le nerveux "Raylene", un titre sur lequel il confesse sa passion pour les femmes. Plus roots, "Heaven's the only place" est une de ses plus anciennes chansons. Doug la vit intensément. Ses interventions aux cordes sont immaculées. Et cet elpee s’achève un peu comme il avait commencé, à travers "You got it good (And that ain't bad)", une plage qui rend hommage à Duke Ellington, tout en restituant le swing aux acteurs du rythme et au piano de Mike Thompson…

 

The Chameleons (Vox)

Mark Burgess et Kompany…

Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs/poètes de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années '80 en produisant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de leur manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le vocable Chameleons Vox (la voix des Chameleons) à l’aide du batteur originel, John Lever et d'autres musiciens.

La tournée européenne qui passe par Het Depot, ce soir, repose sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Probablement leur meilleure réalisation, elle remonte à 1983. En fin d'après-midi, j'ai eu la chance d'interviewer Mark Burgess. C'est un homme attachant, très brillant et pétri d'humour typiquement britannique. Il a parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général. Cette interview sera publiée sur musiczine.net dans les tout prochains jours. Stay tuned !

Mais pour l'heure, concentrons-nous sur le concert. Het Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Don't Fall », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène, Mark Burgess ressemble à s'y méprendre à l'image qu'il reflétait dans les années '80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, qui ont réussi la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies ; des tonalités bourrées de réverbération (notamment, grâce à l'ampli Roland Space Echo). Le son général est parfait. Pas étonnant, puisque c'est l'excellent ingé’ Thomas ‘Mixmeister’ (TNproductions) qui est préposé à la table de mixage.

Après « Here Today », il attaque « Monkeyland », un des titres phares de l'opus. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’ Le set embraie par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années '60 comme en témoigne l'allusion concédée au « Please, Please Me », des Beatles, glissée au beau milieu de la chanson. Dans la deuxième partie, superbement psychédélique, on flotte dans un autre monde, les yeux fermés, transpercés par la beauté hypnotique de la musique.

Les plages suivantes de l'elpee sont une succession de classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au très sociologique « A Person Isn't Safe Anywhere These Days ». Au moment de « Paper Tigers » l’intensité est à son comble et la formation clôture sa prestation par le très beau « View From A Hill ».

De retour sur le podium pour le rappel, Mark Burgess nous réserve, a capella, la chanson que les fans de Manchester City, son club favori, entonnent en l'honneur de notre Vincent Kompany national, sur l'air de Mrs Robinson : ‘And here's to you, Vincent Kompany’... Un clin d'oeil très apprécié par un public de connaisseurs ! Ensuite, le band reprend « Looking Inwardly », une plage extraite du second elpee des Chameleons, « What does anything mean? Basically », avant d'entamer un autre tour de force, « Soul in Isolation ». Cette composition très élaborée, issue du troisième album du groupe, « Strange Times », s'étire sur plus de 9 minutes et comme d’habitude, Burgess s'y adonne au 'song dropping' en plaçant quelques extraits de « The End » (The Doors) et « Eleanor Rigby » (The Beatles). « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) » est présentée comme une chanson ‘Made in Manchester’ et Burgess y introduit également une évocation musicale, mais au « Transmission » de Joy Division…

Après une seconde pause, Chameleons Vox revient sur les planches pour interpréter le très funky « Swamp Thing » et le solide « Return of the Roughnecks ». Au final, excepté le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce concert a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique forte et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions que Mark Burgess et surtout son nouvel elpee qui devrait paraître dans le courant de l’année, une œuvre pour laquelle il a associé différents musiciens, à l’écriture...

En première partie, Reiziger, une formation louvaniste et limbourgeoise, a présenté un power-rock énergique, aux accents Sonic Youth / Fugazi / Girls Against Boys. Leur album « Kodiak Station » est sorti il y a peu sur Birch&Broom/[PiaS]. A suivre !

Organisation : Het Depot, Leuven

Setlist :

Don't Fall
Here Today
Monkeyland
Second Skin
Up the Down Escalator
Less Than Human
Pleasure and Pain
Thursday's Child
As High As You Can Go
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Paper Tigers
View From a Hill

Encore 1

Looking Inwardly
Soul in Isolation
Singing Rule Britannia (While the Walls Close In)

Encore 2

Swamp Thing
Return of the Roughnecks

 

 

Kings of Leon

Mechanical Bull

Écrit par

Il y a déjà près d’une décennie, la famille Followill cultivait un parfum sonore qui sentait bon le Sud des States. Et prononcer le nom Kings of Leon suscitait une excitation légitime. A l’époque, on comparait même le groupe à Creedence Clearwater Revival. Cette impression a fait long feu. Dès le troisième album, les natifs de Nashville ont voulu polir leur son à l’extrême, reniant ainsi leurs racines sur l’autel de l’accessibilité. Leur musique devient alors banale voire même ennuyeuse. Pourtant, ce changement de cap va leur permettre de squatter la tête des charts, d’assurer le supporting act des tournées de U2 dans les stades. Alors que paradoxalement, le sens créatif était manifestement à l’agonie.

« Mechanical Bull » semble enfin pouvoir stopper l’hémorragie ; mais la convalescence sera encore longue. Sur ce sixième album, on a sporadiquement l’impression d’entendre le spectre d’un passé prometteur. Et c’est manifeste sur les deux premiers morceaux de l’elpee, au cours desquels on reprend conscience que les Followill ont grandi dans le Sud. On pense notamment à « Supersoaker » ou « Rock City ». Malheureusement, ces moments sont encore trop rares et le groupe retombe rapidement dans ses travers. Ainsi sur « Don’t Matter » et « Tonight », Kings of Leon se contente d’étaler ses grosses guitares. De quoi enrichir son cv pour postuler auprès de U2 pour les accompagner lors de leur prochain périple. On a même doit à une chanson ‘romantique’ dégoulinante. Et elle s’intitule « Wait for Me ». Bref, hormis le démarrage, ce « Mechanical Bull » est encore trop propre ! Faut quand même avouer qu’Angelo Petraglia a une fois de plus accompli du très beau boulot !

Malgré quelques éclaircies, les Kings of Leon ne sont pas encore guéris de leur affliction ; et la rechute n’est jamais loin. Perso, je doute réellement qu’ils puissent un jour remonter la pente. Qu’il est loin le temps de « Youth and Young Manhood » !

 

Doug Macleod

There's a time

Écrit par

Doug Macleod est originaire de New York ; cependant, il a beaucoup bourlingué au cours de son existence. Il s’est cependant fixé à Los Angeles, depuis un bon bout de temps. A l'origine, il se contentait de chanter du country blues. C’est au contact de George ‘Harmonica’ Smith, un prestigieux harmoniciste qui a sévi au sein de la bande à Muddy Waters, mais aussi de Pee Wee Crayton et Lowell Fulson, qu’il a pris de la bouteille. Prolifique, cet auteur/compositeur compte plus de 300 chansons à son actif. Dans l’univers du blues, on le considère comme un narrateur. Son premier album, "No road back home", date de 1984. Depuis, il en a sorti une vingtaine d'autres.

Ce nouvel elpee recèle 14 compositions personnelles. Elles traitent de sa vie et de ses expériences. Il est soutenu par le drummer Jim Bott (NDR : un ancien membre des Mighty Flyers de Rod Piazza et des Fabulous Thunderbirds) et de son fidèle bassiste Dennis Croy.

Quelle excellente entrée en matière que ce "Rosa Lee" ! Doug fait vibrer les cordes de sa National ResoPhonic. Son attaque est rugueuse et nerveuse. La voix est naturellement puissante. Il shoute littéralement son amour pour la dame. "Black nights" est un blues lent chargé d'émotion. Il pense tellement à sa déception amoureuse, que même lorsque l'aube pointe à l'horizon, il est toujours plongé dans la nuit. Le dépouillement de cette plage authentique est surprenant, mais aussi réaliste. Son jeu en picking libère toute sa férocité sur "My inlaws are outlaws". Il parvient à faire souffrir les cordes de sa vieille Gibson C-100. "The entitled few" est un autre blues totalement dépouillé. Doug ne tolère que de timides et lugubres percussions. Il se met en colère, en voyant un automobiliste qui abuse d'une carte destinée aux handicapés pour garer sa voiture. Macleod est attachant tant il arrive à exprimer ses sensations, ses humeurs et ses sentiments. Il les traduit à travers le timbre de sa voix et la tonalité qu'il communique à ses cordes. A l’instar de "Run with the devil". Ou encore d’"I'll be walking on", une piste au cours de laquelle la puissance et la rage de son chant contrastent avec la délicatesse du toucher de cordes. Son approche du réalisme est toujours aussi étonnante sur "East Carolina woman", le récit d’une nouvelle désillusion amoureuse. Ou le dramatique "The night of the devil's road". Enfin, l'artiste crie une dernière fois sa douleur sur "Ghost". Et elle est intolérable !

 

Leonard Cohen

Old Ideas

Écrit par

Alors que Bob Dylan avait décidé de surfer sur la vague de la musique folk et populaire dès la naissance du genre, au début des années 60, Leonard Cohen, dans l’ombre de son contemporain, avait surpris et convaincu les labels qu’il était possible de graver des disques très personnels, follement poétiques, anarchiques et capables de plaire au grand public dès 1967, en publiant « Songs of Leonard Cohen ».

Quarante-cinq ans de carrière plus tard, le sublime dandy ténébreux âgé de 77 ans nous démontre encore, à travers son douzième album intitulé « Old Ideas », qu’il demeure vraisemblablement le meilleur parolier du monde.

On aurait en effet pu craindre une œuvre de plus ou de trop qui aurait suivi les plus que mitigés « Ten New Songs » (2001) et « Dear Heather » (2004) ; mais le dernier opus studio du chanteur canadien a pris huit ans avant d’éclore comme un authentique événement musical.

Dix titres sur lesquels le diseur magnifique, imprégné de son âge, se raconte dans un dialogue sincère avec lui-même. Un exercice de style, et non d’égo, où le poète canadien égrène ses réflexions sur la mort, le temps qui passe, les vicissitudes de la vie et du corps, sans jamais quitter les rivages sombres de son lyrisme ténébreux, portant même le cap au large de l’autodérision. Dix titres au cours desquels Leonard Cohen atteint un sommet artistique d’une rare beauté. Moment choisi par le dandy, plutôt adepte du self control, pour nous livrer son être.

 Chaque album de Cohen possède sa propre atmosphère, sa propre ambiance et son propre langage. Sur « Old Ideas », la voix bien timbrée, érodée par le temps, n’a jamais été aussi grave, aussi profonde, virilement éraillée, presque fragile. Une voix parée des arrangements habituels –claviers minimalistes, violons langoureux, chœurs féminins, soli old-fashioned– sur un fond délibérément dépouillé, mieux dosé. Léonard Cohen ne réinvente pas sa musique mais semble revisiter ses différentes facettes. Ici, on y retrouve quelques-unes des grandes dames de la chanson américaine, tous répertoires confondus, du folk au jazz et du blues au gospel ; les traditions yiddish et même celtiques ne sont pas oubliées. Dix nouvelles chansons d’où s’exhalent avec grâce l’essence du grand âge et l’expérience quintessenciée qui, d’esquisse en épure singulièrement précises, tenteraient le sublime, l’œuvre absolue. Les textes, admirablement ciselés, semblent caresser la vie d’un homme usé par le temps, un old man en fin de chemin ; il le sait et chante qu’il ne lui reste guère de temps devant lui à durer : « The Darkness ».

Malgré la richesse de l’œuvre antérieure du musicien montréalais, le pessimisme existentiel et la quête intérieure érigent ce dernier essai en l’(une des) œuvre(s) la plus importante(s) de la carrière de Léonard Cohen. Tirons trois perles de cet album somptueux : «  Going Home », texte à l’ironie aussi cruelle que désabusée, « Show Me The Place », douloureux et splendide cantique d’amour défunt, et « Come Healing », parfum de rédemption qui invite à la réconciliation de l’âme et du corps… 

C’est précisément parce que le Beau n’est rien d’autre que le commencement du terrible que cette œuvre d’une tragique noirceur se transforme en un hymne étincelant, d’une ténébreuse beauté. Maudit d’entre les poètes maudits, Leonard Cohen (fan absolu de Baudelaire) tend le doigt vers des horizons brûlés laissant transparaître implicitement des références à la grande littérature américaine du XXème siècle. Ainsi, on y retrouve des accents inspirés de William Faulkner, Ernest Hemingway, William Burroughs, John Fante, Allen Ginsberg ou encore Charles Bukowski. « Old Ideas » : un moment de pure grâce musicale et d’intensité littéraire. Un album déjà culte !         

        

Kings of Leon

Tahilina Sky - The story of Kings of Leon (Dvd)

Écrit par

Waouw, un DVD des Kings Of Leon. Vite, vite, je me jette dessus. Pas la peine de prendre des renseignements à gauche ou à droite. J’adore, donc sans réfléchir… je plonge.

Ce Dvd des « Kings Of Leon », c’est un peu comme l’histoire du fou qui va à la piscine… Il hésite longuement sur le plongeoir devant une piscine vide d’eau. Une lueur d’espoir s’allume dans les yeux des médecins présents qui lui demandent pourquoi il ne plonge pas et lui de répondre : ‘Je ne sais pas nager !’

Ben ce dvd, c’est un peu ce qui m’est arrivé. J’ai pas vu qu’y’avait pas d’eau dans le bassin !!! Je me suis empressé de m’emparer du disque pour me rendre compte (trop tard) qu’il était aussi vide que la piscine de notre pauvre déséquilibré.

Ben oui, pas de musique, pas d’images de concert, d’une tournée quelconque, de sessions d’enregistrement, rien ! Musicalement, c’est le vide intégral, le néant, le trou noir !

Par contre, si vous voulez voir la binette du tonton, du beau-frère, du mari de la sœur de… Allez-y, achetez-le et extasiez-vous devant  plus d’une heure trente de présentations familiales. Maman, papa, frère, sœur, beauf, et patati et patata. Et vas-y que j’te raconte des anecdotes vieilles d’un quart de siècle ou que je te montre la balançoire sur laquelle mamie s’asseyait pour prendre le thé.

Merde ! Me suis fait avoir dans les grandes largeurs.

Maintenant, si vous voulez plus de détails sur les trois frères Followill et le cousin du même nom (les quatre membres du combo de Nashville) et tutti quanti, bah j’ai ce qu’il vous faut. Passez le prendre à la maison quand vous le voulez, je vous l’offre de bon cœur !

 

Page 1 sur 2