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The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Slaughter to Prevail

Slaughter To Prevail + invités, « The Grizzly Winter Tour 2026 », Ancienne Belgique, Bruxelles le 14 janvier 2026 - Photos

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Slaughter To Prevail est revenu en Belgique ! Le mercredi 14 janvier 2026, les maîtres russes du deathcore ont débarqué à l’Ancienne Belgique de Bruxelles, dans le cadre de leur redoutable « The Grizzly Winter Tour 2026 ». Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont amené avec eux deux véritables poids lourds en première partie : Dying Fetus et Suicide Silence.

Connus pour leur son impitoyable et la voix bestiale de leur frontman Alex Terrible, Slaughter To Prevail est devenu l’un des groupes les plus marquants de la scène metal extrême. Leur prestation au Graspop Metal Meeting l’an dernier a été un immense succès et a prouvé une fois de plus que le groupe est à son apogée en live.

La tournée est entièrement consacrée au nouvel album « GRIZZLY », sorti en juillet 2025.

Une tempête musicale inédite mêlant anciens et nouveaux morceaux, riffs survoltés et une dose brute d’agressivité.

(Source : Live Nation)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

Slaughter To Prevail

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8944-slaughter-to-prevail-14-01-2026?catid=category

Dying Fetus 

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8945-dying-fetus-14-01-2026?catid=category

Suicide Silence

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8946-suicide-silence-14-01-2026?catid=category

(Org : Biebob en collaboration avec Live Nation @AB)

Eddy de Pretto

Eddy de Pretto aux urgences…

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« Urgences 911 », c’est le troisième single issu du dernier elpee d’Eddy de Pretto, « Crash Cœur », paru fin 2023.

‘Lorsque je tombe sur la vidéo d’un homme qui démarre une dernière danse seul lors des funérailles de sa femme, je suis directement ému et me survient une question existentielle : danserons-nous toujours ensemble, même après la mort ? Est-ce que nos cœurs continuent toujours de danser ? Cette question sans réponse a été un véritable moteur pour l’écriture de ce morceau, pour tenter de poétiser une situation douloureuse. Tenter de mettre une touche d’espoir sur le pire.’ - Eddy de Pretto

Eddy de Pretto sera en tournée dans toute la France (tournée printemps + 2 Olympia complets) et se produira en Belgique, le 23 avril au Cirque Royal et le 5 décembre à Forest National.

« Urgence 911 » est disponible sous forme de vidéo

 

 

Noé Preszow

Le monde intimiste de Noé Preszow…

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Après avoir sorti son premier elpee « A nous », dont le single éponyme et la chanson « Que tout se danse » l’ont mené jusqu’aux Victoires de la Musique (catégorie révélations 2021), ainsi qu’une tournée sur les scènes clubs, festivals de France, de Belgique et de Suisse, Noé Preszow (prononcez Préchof) annonce un nouvel album aussi sensible qu’éclectique, pour la rentrée 2024.

Le premier extrait, « L’intime et le monde », résume les émotions et les réflexions qui ont traversé le jeune Bruxellois, au cours de ces deux dernières années.

On y retrouve son écriture viscérale et cette énergie rythmique qui le caractérisent.

Le clip est à découvrir ici

 

 

 

The Pretenders

Relentless

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Du line up originel des Pretenders, il ne reste plus que la chanteuse, auteure, compositrice et guitariste américaine, Chrissie Hynde. Le batteur Martin Chambers a cédé ses baguettes à un certain Kris Sonne. Définitivement ? Aucune idée ! En fait, le groupe a connu pas mal de changements depuis sa naissance en 1978, dont deux musiciens, membres fondateurs, sont décédés d’une overdose. Et puis, c’est le guitariste/multi-instrumentiste James Walbourne qui co-signe les compos, depuis « Hate for sale », paru en 2020. Si la voix de Chrissie est toujours aussi superbe, inimitable, claire et plaintive à la fois, sur certains slows (NDR : l’opus est équitablement partagé entre pistes bien rock et ballades mélancoliques qui évoquent ses amours perdus), les accès de guitare dégoulinants de Walbourne (« Domestic Silence », « Just let it go ») sont pour le moins anachroniques. Mais lorsque sa gratte s’intègre parfaitement à l’ensemble (« Vainglorious », « Losing my source of taste », « Let The sun come in », seul titre optimiste), on retrouve le son originel des Pretenders. 

Parmi les plages les plus intéressantes, on épinglera encore « Merry widow » qui vire au psychédélisme, à mi-parcours, « The copa », aux accents surf balnéaires et enfin, « I think about the daily », dont les arrangements de cordes ont été confiés à Jonny Greenwood (Radiohead, The Smile).

Eddy de Pretto

De l’amour et de la tendresse pour Eddy de Pretto…

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La carrière d’Eddy de Pretto a vu le jour en 2017, quand il a sorti « Kid », un premier Ep écrit en forme de coup de poing.

Débitant ses textes seul sur scène à l’aide d’un simple iPhone pour l’accompagner, il interroge les différences, les entraves et la virilité, s’affirmant à la marge mais épousant déjà un bruit qui gronde et agite la société.

La réponse est radicale, l’engouement, immédiat.

Un an plus tard, son premier album, « Cure », prend part aux évolutions de sa génération, à ses prises de conscience comme à ses prises de position. Le succès est fulgurant : triple platine avec plus de 300 000 exemplaires vendus et quatre nominations aux Victoires de la musique. S’ensuivent deux ans de concerts ininterrompus couronnés par une tournée des Zéniths et dix soirs à l’Elysée Montmartre.

C’est dans un beau mouvement inclusif, qui part de soi vers les autres, que naît le deuxième elpee, « À tous les bâtards » (2021). Eddy de Pretto s’y dévoile dans des histoires qui, si elles n’appartiennent qu’à lui, résonnent en chacun de nous. Rapidement certifié disque d’or, ce projet vient confirmer le caractère fédérateur et populaire de l’artiste. La même année, son travail prend vie à travers une série de six dates au Bataclan et une nouvelle tournée de Zéniths à travers la France.

Début 2023, Eddy de Pretto est invité à monter une création live originale et dystopique à douze pianos pour l’Hyper Weekend Festival de Radio France : ‘Love Factory’ (captation diffusée sur France 2 le 17 mars). Au même moment débutent les réflexions autour du prochain long playing, qui veut s’éloigner des textes à tiroirs et des sujets qui dépeignent la société. Teasé par une série de concerts au cours de l’été 2023, sur une enceinte géante où Eddy de Pretto révèle des dates mystérieuses, cet LP semble ne plus trop tarder.

Tout juste deux semaines après « R+V » qui signait son grand retour, Eddy de Pretto dévoile le clip de « LOVE’n’TENDRESSE », second extrait de son 3ème album à venir cet automne. On peut notamment souligner la participation de Nick Coursier, star montante belge de la danse qui a chorégraphié le clip.

« LOVE’n’TENDRESSE » est une sorte de mantra libérateur composé dans un climat de plus en plus étouffant, pour s’offrir un espace à soi, rempli d’amour et de tendresse et aller chercher la lumière ailleurs.

Eddy sera en tournée en 2024 qui passera par La Madeleine de Bruxelles, le 2 mars 2024, date qui est d'ores et déjà complète.

Le clip de « LOVE'n'TENDRESSE » est disponible ici

 

Preoccupations

Complexe et brouillon…

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C’est en 2015 que ce groupe canadien (NDR : il est issu de Calgary, en Alberta) s’est décidé de changer son patronyme en Preoccupations. Jusqu’alors, il s’appelait Viet Cong, et ce choix créait de plus en plus de polémiques, à cause des massacres perpétrés par cette organisation révolutionnaire communiste, lors de la guerre du Viet Nam. A tel point, que certains organisateurs avaient annulé ou refusé certains concerts en raison du nom plus que controversé.

Responsable d’un excellent elpee (« Arrangements »), paru en septembre dernier, la formation était donc programmée à l’Aéronef de Lille, ce mercredi 22 février. Il doit y avoir plus ou moins 200 personnes, dans la salle.

Première mauvaise nouvelle, Drahla, qui devait assurer le supporting act, a déclaré forfait. Certains membres du groupe ont chopé la COVID. Décidément, il faudra du temps pour se débarrasser totalement de cette pandémie. On débarque donc, un quart d’heure avant le début du set de Preoccupations…

Qui s’ouvre par « Fix Bayonets ! », le premier morceau du quatrième et dernier opus. Surprise, Matt Flegel ne se consacre plus à la basse, mais exclusivement au chant ! C’est son frère qui le supplée, le line up se produisant dès lors sous la forme d’un quintet. Mike Wallace se charge toujours des drums et Scott Munro (NDR : il pourrait jouer le rôle principal dans un biopic consacré à Jésus Christ) ainsi que Daniel Christiansen (NDR : de petite taille et la chevelure bouclée), des guitares, mais également des claviers. Le tempo est martial, mais on a l’impression que le batteur frappe sur des casseroles. Le son n’est pas bon. Problème de balances, de mixing ou manque de cohésion du combo ? Etonnant, car suivant les échos recueillis, lors de sa prestation au club de l’AB, à Bruxelles, le concert était, paraît-il, impeccable…

Le band aligne les 7 morceaux de son long playing « Arrangements », sans autres interruptions que des intermèdes instrumentaux, conférant à l’œuvre une impression de concept album. Mais la ligne de basse a beau être cotonneuse sur « Ricochet » et les guitares se mettre à gémir tout au long de « Death of melody », les arrangements (NDR : un comble !) sont trop approximatifs. Encore qu’au fil du temps, les différents instruments commencent à mieux se coordonner. Ainsi, les deux sixcordistes parviennent à faire carillonner leurs cordes au sein d’un climat brumeux. Mais la voix de Matt est particulièrement écorchée, alors que sur disque, grave, austère, mais bien timbrée, elle rappelle parfois celle de Ian Anderson (Jethro Tull).

La formation prend alors une courte pause, et Flegel en profite pour présenter ses musicos. 

Le contagieux « Continental Shelf » prend le relais et on perçoit bien les sonorités de grattes bringuebalantes et surtout vertigineuses, réminiscentes des Smiths. Plus enlevé « Silhouettes » est boosté par le drumming frénétique de Wallace. Qui enlève ensuite le haut, terminant le set torse-nu. Les riffs de guitares giclent littéralement tout au long de « Bunker buster », la fin de parcours s’enfonçant au cœur d’une forme de délire sonore. Un constat s’impose, les compos sont particulièrement complexes. Retour à la mélodie pour « Disarray », même si la fin du morceau devient hypnotique.

Un sens mélodique qu’on retrouve au début de « Memory », une composition de plus de 10’. Et si votre serviteur n’a pas regardé sa montre, le morceau a certainement débordé ce timing. Il change d’abord de tempo et de mélodie avant de s’enfoncer dans l’expérimentation éthérée, puis de déraper dans l’apocalypse…

Le set de Preoccupations s’achève par un titre du répertoire de Viet Cong, « March of progress », une autre composition atmosphérique alimentée par les deux claviers d’abord, imprimé sur un rythme tribal, avant que le drummer ne se mette à accélérer l’allure et puis d’embrayer sur un tempo plus tribal, sur une musique complexe rappelant parfois The Dodos. Le morceau à peine terminé, les musiciens se retirent, alors que les baffles crachent « The model » de Kraftwerk…

Photos (Ludovic Vandenweghe) ici

 Setlist

Fix Bayonets !
Ricochet
Death of Melody
Slowly
Advisor
Recalibrate
Tearing Up the Grass
Continental Shelf
Silhouettes
Bunker Buster
Disarray
Memory
March of Progress

(Organisation : Aéronef Lille)

Manic Street Preachers

The Ultra Vivid Lament

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« The Ultra Vivid Lament » constitue déjà le quatorzième album de Manic Street Preachers, d’une carrière entamée en 1986. Glam/punk à l’origine, la formation galloise a viré peu à peu à la pop, surtout après la disparition de son guitariste rythmique, Richey Edwards, en 1995. Depuis, le line up a décidé de poursuivre son aventure en trio : le chanteur/guitariste James Dean Bradfield, le chanteur/bassiste Nicky Wire et le drummer Sean Moore.

Première constatation, le piano est beaucoup plus présent tout au long de cet opus. C’est Bradfield qui s’en charge. Il y a bien encore l’une ou l’autre envolée à la guitare, mais en général, les compos baignent au sein d’une pop sophistiquée, hymnique même, aux orchestrations et arrangements soignés. Parfois les interventions aux ivoires alimentent des mélodies hymniques réminiscentes du groupe suédois, ABBA. Il y a même des chœurs féminins floydiens (« Dark side of the moon » ?) sur « Black diary entry », une plage que Mark Lanegan chante d’une voix sombre et sensuelle. Autre invitée, Julia Cumming (Sunflowers) pose la sienne sur « The secret he had missed », un morceau inspiré par les artistes gallois Gwen et Augustus John.

Rien de bien neuf chez les Manics, si ce n’est une longévité qui a fini par les rendre de plus en plus mainstream, malgré des textes qui traitent, sur cet opus, de résignation, révolution, désespoir et défi…


 

Eddy de Pretto

A tous les bâtards

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De Pretto s’est rapidement fait connaître grâce à des mots judicieusement choisis dans des textes poignants sur fond de mélodies accrocheuses.

Sa « Fête de Trop » évoquait muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés ; ce qui lui avait d’ailleurs permis de décrocher une nomination largement méritée aux Victoires de la musique, en 2018.      

Dès son plus jeune âge, il baigne dans la chanson française, sa mère l’encourageant à écouter Brel, Brassens ou encore Barbara.

Il nous propose donc son second elpee, un disque qu’il a baptisé, « A tous les bâtards », et qui fait suite à « Cure » (NDR : rien à voir avec la bande à Robert Smith !). On y retrouve une verve toute aussi saignante que cinglante, mais parsemée de sursauts ténébreux.

Eddy (re)fait du de pretto. Pas vraiment de surprise. Il s’adresse de nouveau à une frange de la population aussi large que possible. A cette seule différence près, c’est qu’ici, il parle surtout de lui-même de manière grave et primaire.

Nettement plus autobiographique donc, ce disque jette un œil dans le rétroviseur pour relater certains grands moments de son existence. A l’instar de « Bateaux-Mouches » où il se remémore ses débuts d’apprenti chanteur ou encore « Val de larmes » dans lequel il dénonce les violences policières tout en remerciant ce visage pâle qui l’aurait sauvé d’une délinquance certaine.

A contrario de « Cure », l’expression sonore ce cet LP est davantage hybride. Elle passe de la pop au rap sur « Créteil Soleil », quand elle ne se convertit pas à la variété pure et dure (« A quoi bon ») ou encore opère un petit détour vers l’électronique (« La Fronde »).

Plutôt bien ficelées dans l’ensemble, les chansons s’imprègnent de son vécu tout en dénonçant, sans aucune prétention, les injustices de (sa) la vie comme ce « Freaks » qui s’adresse principalement aux exclus.

Fidèle à lui-même, ce jeune artiste offre là encore une belle palette de ses capacités lyriques et musicales. Trempée dans le vitriol, sa plume demeure encore sa plus belle arme…

On reprochera cependant à l’artiste de ne pas être parvenu à fondamentalement à se renouveler préférant se complaire dans une certaine zone de confort.

On aurait aimé pourtant le voir explorer de nouveaux horizons. Faire preuve aussi d’un peu plus d’autodérision et mettre de côté cet ego qui semble le ronger...

The Entrepreneurs

Wrestler

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« Wrestler » constitue le deuxième elpee de ce trio danois, un disque qui fait suite à « Noise & Romance », paru en 2019. Un groupe dont la musique, riche en contrastes, mêle à la fois la noisy, le shoegaze, le grunge, le post et le punk rock. Notamment. Ainsi, si le tempo peut se révéler aussi versatile que chez Pavement, l’emphase et les harmonies vocales éthérées (NDR : Bertelsen chante en falsetto) sont susceptibles de rappeler Flaming Lips voire le Mercury Rev originel (NDR : « Cinnamon girl » bénéficie même d’arrangements luxuriants), alors que le titre maître baigne carrément dans le slowcore. Les guitares grincent, gémissent, dissonent, percutent, agressent ou charment. Le drumming peut se révéler aride ou versatile. « A good year to go across country » adopte même un tempo pixiesque. Et la ligne de basse devient mordante tout au long de « (What’s so fucking strange about) my idea ». Plus expérimentale et électro, beats y compris, « Gonzo », la plage qui clôt cet elpee, évolue sur un rythme krautrock tout en concédant des accords de gratte funk.

Enfin, les textes abordent le thème de la dualité entre le passé et le présent ainsi qu’entre la société et l’individu…

The Prefects

Going through the motions

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Fondée en 1976, cette formation considérée comme pionnière dans l’univers du punk avait interprété « Going through the motions » dans le cadre de l’émission de radio de John Peel, un single qui sert de titre pour cet elpee posthume. Avant son split en 1979, elle n’avait jamais sorti d’album. Issue de Birmingham, en Angleterre, elle allait ensuite poursuivre son aventure, mais sous un autre patronyme, The Nightingales. Elle s’était cependant reformée en 2001, pour accorder quelques concerts. Outre le single susvisé, cet opus réunit des prises immortalisées ‘live’, d’autres morceaux destinés à l’émission du célèbre dj britannique, des démos, enregistrements studio restés à l’état de maquettes ou encore autres trouvailles. Bref, si cet LP recèle des morceaux bien punk dans l’esprit des Sex Pistols, de Mekons ou encore Alternative TV, il nous réserve l’une ou l’autre plage plus élaborée, à l’instar du sombre « Bristol road leads to Dachau », qui navigue aux confins des univers sis quelque part entre « The atrocity exhibition » de Joy Division et un Bauhaus déchiqueté. Ou encore du frénétique, peut-être précurseur du hardcore yankee, « Escort girl ». Certaines pistes sont même traversées par un harmonica strident ou un saxophone torturé. Quant au titre maître, imprimé sur un tempo tribal, et caractérisé par sa ligne de basse profonde, il vire parfois au psychédélisme. Un document ! 

The Pretty Things

Décès de Phil May, chanteur et fondateur des Pretty Things…

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Phil May, chanteur fondateur des Pretty Things et seul membre permanent, est décédé ce 15 mai 2020 dans le Norfolk. Suite à une chute de vélo, il avait été opéré de la hanche ; cependant, des complications chirurgicales ont eu raison de lui quelques jours plus tard. Il avait 75 ans.

De son vrai nom Philip Arthur Kattner, il avait fondé les Pretty Things dès 1963 en compagnie du guitariste Dick Taylor, membre des Rolling Stones embryonnaires.

Le groupe a fait des ravages au sein de la vague blues et r&b de l'époque. Sauvage, la formation a été considérée rapidement, outre-Atlantique, comme le type même du garage band.

The Pretty Things était un groupe talentueux qui est parvenu à faire évoluer sa musique, participant au mouvement psychédélique, et plus tard se convertissant au hard rock FM.  

Le groupe a gravé en 1968 l'elpee "S.F. Sorrow", un opéra rock enregistré dans les studios Abbey Road à Londres. C'était avant "Tommy", le chef d'œuvre des Who paru fin mai 1969. Il a aussi publié "Parachute" en 1970, disque que le Rolling Stone a plébiscité comme le meilleur album de cette année. Ces deux œuvres méritent de figurer parmi les albums culte de l’histoire du rock.  
The Pretty Things n’a connu qu’une brève période de séparation, entre 76 et 78. Il n’a jamais cessé de tourner et même d’enregistrer, même si au fil du temps, sa discographie s’est faite plus rare.

Son concert final baptisé ‘The final Bow’ s’était déroulé en décembre 2018, au club "Indigo at the O2", à Londres, et avait bénéficié de la participation de David Gilmour et de Van Morrison. La vidéo filmée de "Midnight To Six Man", un titre datant de 1966 est disponible ici

RIP

Prefab Sprout

I saw the megahertz

Écrit par

Curieux, l’album solo de Paddy McAloon, « I saw the megahertz », sorti en 2003, vient d’être réédité sous le patronyme de son groupe, Prefab Sprout. Opération marketing ? Peut-être, vu que cet opus paraît également en vinyle. Et puis que la musique symphonique contemporaine semble attirer de plus en plus d’adeptes, même dans le clan des mélomanes qui ne jurent que par la pop ou le rock. Un engouement suscité par les Moody Blues, fin des sixties et Barclay James Harvest, début des seventies…

Presque exclusivement instrumentales, les compos mettent en exergue des sections de cordes et de cuivres, dans un style bien plus proche de Ravel voire de Debussy que de Prefab Spourt, dont le chanteur/guitariste/claviériste/compositeur britannique nous avait alors habitués à ce jour.

Pour votre info, sachez que Paddy est occupé d’écrire de nouvelles compos pour un futur opus qui s’intitulera « Femmes mythologiques. Prévu pour septembre, il proposera des chansons qui parleront des femmes célèbres, comme Eve, Hélène de Troie, Cléopâtre ou encore la reine de Saba.

Pretty Girls Make Graves

Dans le vif du sujet...

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‘Andrea Zollo a de la fièvre !’, lance-t-elle à la fin d’un set qui ne nous a laissé aucun répit pour souffler un peu. Et en effet, elle nous a plus qu’enfiévré ce soir. A mi chemin entre Blondie et Courtney Love, sa voix se fond dans la complexité et la lancinance du son extrêmement puissant de ces Pretty Girls Make Graves. Forts de deux albums studio plutôt réussis, même si leur distribution est restée plus que limitée, elle nous a promenés une heure et demie au travers d’un concert qui aurait laissé pantois n’importe quelle autre rockeuse en devenir. Leurs influences tellement vastes se mêlent et explosent sur scène. On est transporté entre grunge de Seattle (NDR : parfait, ils en viennent !) pour les premiers morceaux (NDR : dans un style proche de Sleater Kinney, pour ne rien vous cacher) et punk. A l’instar de « Chemical, chemical », par exemple. Avant d’être carrément catapulté, en fin de parcours, au début des années 80 ; pour un titre qui aurait pu être emprunté à Siouxsie. Le plus étonnant est que si plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier leur nouvel album, « The new romance » (NDR : un opus plus noir et plus novateur que le précèdent), en ‘live’, on entre directement dans le vif du sujet. Et on ne peut que se réjouir de les revoir… en festival, cet été, deux ans après leur première apparition en Belgique, au Pukkelpop.

Angaleena Presley

Wrangled

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Il n’existe aucun lien familial entre Angaleena et Elvis. Originaire du Kentucky, cette chanteuse/compositrice est âgée de 40 ans. Son créneau ? La country ! Depuis 2000, elle est citoyenne de Nashville, la Music City, reconnue comme capitale de ce style musical. Elle y a milité au sein de The Pistol Annies, en compagnie d’Ashley Monroe et de Miranda Lambert, un trio féminin qui a récolté un succès certain à l’époque. En 2015, elle publie son premier opus solo, "American Middle Class", sous la houlette de son époux, Jordan Powell. "Wrangled" constitue donc son second elpee. Un disque qui réunit douze compositions. Oscillant entre sonorités modernes et surannées, elles baignent au sein d’une forme d’americana, largement teintée de country et parfois parfumée de blues.

"Creams don't come tru" ouvre la plaque, une ballade country harmonieuse, signée par les Pistol Annies. Fluette, la voix de Mrs Presley est soulignée par les interventions réverbérées de la pedal steel. La voix accroche facilement tout au long du plus pop "High school", une compo old school, réminiscente des juke-boxes qui ont bercé les années 50. Le long playing nous réserve plusieurs ballades country pour cow-boy. A l’instar d’"Only blood", une piste empreinte de charme. De "Wrangled", une chanson tendre, légèrement soul, qui agrège cordes acoustiques et électriques. Ou encore du savoureux latino pop "Outlaw". Paradoxalement, "Country" est imprimé sur un tempo dynamique, particulièrement rock'n'roll. Mais si les polyphonies vocales sont judicieuses, la parenthèse rap passe moins bien la rampe. Le long playing recèle donc également l’une ou l’autre titre blues. Dont le nerveux "Mama I tried", au cours duquel les percussions sont bien à l'avant-plan, alors que bien amplifiée, la gratte s’intègre parfaitement à l’ensemble. Puis "Good girl down". Amorcée par des accès de basse acoustique et chargée de swing, cette solide plage se distingue par ses percus judicieuses et ses cordes amplifiées. Angaleena interprète aussi l'émouvant "Cheer up little darling", une chanson signée Guy Clark, célèbre chanteur texan de country disparu en 2016. Après une intro hispanisante, une mandoline soutient la voix posée de Miss Presley. Cocktail vivifiant de hillbilly et gospel, "Motel Bible" clôt cet opus. Une composition de country swing lancé au galop et qui met bien en exergue la pedal steel.

 

The Pretenders

Alone

Écrit par

A l’origine, cet opus devait constituer le second en solo de Chrissie Hynde ; mais sans doute pour des raisons commerciales, il est signé The Pretenders. Pourtant, Martin Chambers n’y a même pas participé ; et les deux autres musicos originels sont décédés depuis belle lurette (James Honeyman-Scott en 1982 et Peter Farndon, l’année suivante) ; enfin, Heywood, Walbourne et Wilkinson, qui n’ont débarqué qu’après 2005, ne sont pas davantage de la partie. Ce qui n’a pas empêché la native de Hereford de bien s’entourer. Bénéficiant tout particulièrement de la collaboration de Dan Auerbach. A la mise en forme, à la guitare et tutti quanti. Et puis d’une flopée de musiciens de studio, dont Duane Eddy, qui apporte une coloration surf au titre funkysant « Never be together ». Un des quatre morceaux qui figurent au début de l’elpee. Et ils tiennent particulièrement bien la route. Tout comme le titre maître qui ouvre la plaque. Une piste ‘rollingstonienne’, caractérisée par une intro au piano roadhouse. Le bluesy « Roadie Manu », ensuite. Le pub rock « Gotta wait », enfin. Imprimé sur un tempo tribal, il semble hanté par Dr Feelgood. Malheureusement, le reste manque singulièrement de punch. Et la superbe voix de Chrissie a beau se lover dans la mélancolie ou la sensualité, le ressort semble cassé. Il y a bien une rumba (« One more day »), mais insipide, une autre plage qui ose quelques riffs de gratte discordants, mais sans tracer une quelconque ligne directrice (« Chord lord »), et puis de la slide sur le slow « Death is not enough ». Avant un dérapage dans l’électro établi sur « Holy connection », un bonus track destiné à la promo. Allez comprendre pourquoi ? Et pour couronner le tout, Hynde clame qu’elle se hait (« I hate myself »). Suivant la bio, les sessions n’ont duré que 48 heures. Ce qui explique sans doute la panne d’inspiration. Une déception !

 

The Prettiots

Funs cool

Écrit par

The Prettiots est un duo new-yorkais, issu de Brooklyn très exactement, réunissant Kay Kasparhauser (chant, ukulélé) et Lulu Prat (basse, backing vocals). « Funs cool » constitue le premier elpee du tandem. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours d’une drummeuse, Rachel Trachtenburg. A première écoute, les compos semblent nager dans une forme de folk/pop minimaliste qui aurait emprunté ses caractéristiques bubblegum chez The Pipettes. Les harmonies vocales sont soignées et les mélodies contagieuses. Mais en se penchant sur les lyrics, on se rend compte que le message est loin d’être superficiel. Le plus souvent féministe, mais surtout humoristique, renvoyant ironiquement les frimeurs à leurs études. Parfois quand même sombre. A l’instar de « Suicide hotline », dont le texte anxiogène, réaliste et nihiliste, affiche une attitude carrément punk. Punk, c’est d’ailleurs le mode adopté par la ligne de basse. L’opus recèle deux covers assez surprenante ; en l’occurrence le « Skulls » des Misfits et puis le « Me and little Andy » de Dolly Parton. Et finalement, tout en se révélant sardonique, cet LP est tout simplement rafraîchissant. Même que parfois on se surprend à siffloter les refrains, et sur les chansons les plus enlevées, à taper du pied…

 

Preoccupations

Un climat malsain, mais dans le bon sens du terme…

Écrit par

La fraîcheur qui enveloppait les alentours du Botanique servait de décor idéal pour accueillir la formation canadienne, Preoccupations. Si ce nom ne vous dit rien, il en va sans doute autrement de Viet Cong. En fait, il avait été contraint de changer de patronyme, suite à des pressions extérieures, La bande à Matt Flegel était donc venue défendre son deuxième opus, ce samedi 15 novembre, dans la salle bruxelloise. Compte-rendu !

Joyfultalk assure le supporting act. Pas vraiment folichon. On décide alors de quitter la salle pour aller admirer le magnifique Jardin du Botanique. Trois des quatre musicos de Preoccupations nous rejoignent alors. On en profite pour déguster une bière, ensemble, avant le concert. Ces gars sont vraiment sympas !

Cinq minutes avant le début de leur représentation, ils prennent congé de leurs interlocuteurs et partent préparer leur set qu’ils vont accorder dans l’Orangerie. A 21 heures, le quatuor monte sur l’estrade. Et il entame son show par « Anxiety ». Issue du nouvel opus, cette plage est bien plus sombre que les compos qui figuraient sur l’opus de Viet Cong. Elle nage toujours dans le post punk ; mais la voix particulièrement rauque de Flegel est davantage mise en avant. Le climat est quelque peu malsain, mais dans le bon sens du terme. Oui, c’est possible…

Le deuxième titre, « Silhouettes » est un titre-phare issu du précédent LP. Mais le tempo est bien plus rapide que sur celui imprimé sur le morceau d’ouverture : et la foule commence à remuer en reprenant en chœur les ‘Ahou oh ouh oh’ qui parsèment le refrain. Un public qui n’a pas rempli totalement la salle, puisque à vue de nez, elle doit comptabiliser entre 3 et 400 âmes…

Les natifs d’Alberta alternent titres du premier et du second long playing, avant d’atteindre le pic du spectacle ; en l’occurrence « Memory ». Suivant un schéma régulièrement imaginé par les musicos, le morceau est découpé en trois parties. Le départ est paisible, la suite est intrigante et le final captivant. Flegel nous y invite à ‘Erasing your memory’, comme pour faire une croix définitive sur Viet Cong.

C’est un rôle dont on ne parle pas assez souvent, mais celui du batteur est vraiment important. C’est lui qui balise le rythme sur toutes les compos. Et sans exception. En outre, et tout particulièrement dans l’univers du post punk, la qualité du drumming est primordiale.

A l’issue de « Death », le band tire sa révérence. Un titre quand même exceptionnel. La version studio est longue, mais en live, elle dépasse les 20 minutes. Elle est également découpée en trois volets, chacun d’entre eux pourraient d’ailleurs être appréhendés en morceaux distincts. Un véritable régal !

Pas de rappel. C’est dans la norme. Et puis, bien dans l’esprit du post punk. Preoccupations a donc accordé une prestation d’une heure. Mais elle a été époustouflante. Malgré son changement de patronyme, il n’a rien perdu de ses aptitudes. Ancien et nouveau répertoire se complètent parfaitement. En outre, les musiciens sont éminemment sympathiques. Non seulement on avait pu tailler une bavette en leur compagnie avant le spectacle, mais à l’issue de celui-ci on a retrouvé Matt pour une longue conversation au cours de laquelle nous avons parlé de musique, mais pas seulement. Vivement leur retour en Belgique ; et selon les renseignements recueillis, on pourrait les revoir lors des festivals estivaux, l’an prochain…  

(Organisation : Botanique)

Preoccupations

Ce n’était pas intentionnel…

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Viet Cong a donc décidé de changer son patronyme en Preoccupations. Trop de critiques s’étaient abattues sur la formation pour le choix de ce nom. Les victimes des massacres perpétués par le Front national de libération du Sud Viêt Nam n’avaient vraiment pas apprécié la formule. Une situation qui avait poussé certains organisateurs de spectacles, en Australie, à annuler purement et simplement leurs dates de concerts. On peut affirmer que l’histoire du combo canadien est loin d’être une histoire tranquille ; et pour cause, deux de ses musicos militaient au sein de Women, jusqu’à ce que le guitariste, décède. C’était en 2012. C’est ainsi qu’est né le fameux Viet Cong. Mais tout ceci méritait des explications. Accordées par le guitariste Scott Munro (NDR : il porte une barbe impressionnante !) ainsi que le bassiste Mat Flegel. Particularité, les réponses sont constamment interrompues ou complétées par l’un ou l’autre interlocuteur, comme s’il s’agissait d’une conversation à bâtons rompus. Donc pour ne pas constamment hacher le texte, les répliques ont été fusionnées… 

Mais abordons immédiatement le sujet qui fâche : le changement de patronyme. Les musicos ont déclaré qu’ils ignoraient cet épisode douloureux de l’histoire, parce qu’ils étaient canadiens. Et qu’ils regrettaient cette option. Pourtant, au cours des eighties, il n’était pas rare qu’un groupe adopte un nom qui suscite la controverse. Pensez à Joy Division, New Order, Gang of Four, Indochine, Dead Kennedys, Front 242, Suicide, The B52’s et la liste est loin d’être exhaustive. En fait, c’était un choix, la plupart du temps, purement provocateur, alors bien dans l’air du temps. Finalement on se demande si au départ, il n’était pas volontaire, vu qu’il s’inscrivait bien dans l’esprit du post punk. Et en même temps, c’était un bon moyen pour se faire de la promo. Mais vu l’époque que nous vivons, la contestation s’est répandue comme une traînée de poudre ; une époque au cours de laquelle la communication règne en maître, et notamment grâce aux (ou à cause des) réseaux sociaux. Qui font la pluie et le beau temps. En fait, aujourd’hui, dès qu’un artiste devient subversif, des mouvements, qu’ils soient religieux, associatif ou moraux, en appellent à la censure. Ainsi, les humoristes, les caricaturistes et bien sûr les musiciens deviennent les premières victimes. Maintenant en changeant l’appellation du band, on peut aussi considérer cette volte-face comme un désaveu de ce fameux esprit post punk. Le débat est lancé !

« Il est exact que lors de nos tournées, de nombreux spectateurs d’origine vietnamienne sont venus protester. On les a écoutés. Ils nous ont raconté les histoires des réfugiés de cette guerre. Et elles sont tragiques. Aussi on comprend parfaitement pourquoi nous les avons offensés. C’est donc bien la raison pour laquelle nous l’avons changé. Et puis, on a sondé nos fans. Et ce sont eux qui ont décrété qu’il fallait le modifier, face à tous ces détracteurs. On ne fait pas de politique ! On cherchait simplement un nom qui tienne la route, sans jamais penser qu’il avait une telle connotation cruelle. Joy Division et New Order ont eu certainement dû essuyer autant de critiques que nous. Mais pas aussi rapidement. Aujourd’hui, via Internet, la réaction est instantanée. Et comme la société vit dans un monde du politiquement correct, elle s’est encore davantage amplifiée. On a croisé Andy Gill (NDR : c’est le leader de Gang of Four), lors d’une émission radiophonique, et il nous avait confié qu’il recevait constamment des lettres ou des messages de menace… » Et c’est finalement Chad Van Gallen qui en a déniché un ? « C’est exact. Car c’est bien plus facile quand il émane de quelqu’un d’extérieur au groupe… » Sur la toile, même les clips attribués à Viet Cong ont été réaffectés à Preoccupations. Etait-ce une manière de tourner la page, définitivement ? « Bien sûr, c’est l’objectif ; mais ce n’est pas nous qui avons pris l’initiative de procéder à cette adaptation sur Youtube. On suppose que c’est le label qui s’en est chargé. Et il subsistera jusqu’au moment où on changera de nom… » (rires) 

Abordons maintenant le thème des vidéos. Celle –superbe par ailleurs– consacrée à ‘Silhouette’, tout d’abord. Parce qu’elle semble à la fois communiquer un message écologique mais en même temps futuriste. A cause de références empruntées à la science-fiction (le film de Kubrick, ‘2001 odyssée de l’espace’ ?) et au danger que représente l’énergie nucléaire (La catastrophe de Tchernobyl ?) « Les références seraient plutôt à puiser du côté de ‘Blade Runner’ ou encore ‘Alien’. Ce sont ces films qui nous ont inspirés. Oui, c’est vrai, ‘2001 Odyssée de l’espace’, quand même. Et puis le réalisateur nous invités à tirer parti de films d’épouvantes issus des années 80. Des films lugubres, austères, désabusés, peu réjouissants pour le futur, au cours desquels, il ne se passe rien… » ‘Anxiety’ a été filmé en noir et blanc. On y remarque la présence de personnages masqués. Est-ce une symbolique ? Puis d’un esprit quittant le corps d’une femme nue. Et enfin des images d’une rivière tumultueuse qui coule au coeur d’une forêt glauque. Tout un contexte qui suscite immédiatement des questions surnaturelles : les esprits, la vie après la mort, la métempsychose et bien sûr l’existence de Dieu… « Pour que tout soit clair, cette vidéo n’était pas du tout le fruit de notre idée. En fait, on avait donné carte blanche au réalisateur. De temps à autre, on lui fournissait l’un ou l’autre tuyau qui recevait très souvent un écho. Mais pour le produit final, on l’a laissé bosser dans son coin… »

Abordons, maintenant, le nouvel elpee de Preoccupations. Il est éponyme. Y figure en pièce centrale, un morceau de plus de 11 minutes. Il raconte, apparemment, l’histoire d’une personne qui a perdu la boule. La compo est divisée en trois parties et recèle autant de mélodies différentes, avant une longue finale instrumentale. Déjà sur ‘Viet Cong’, la formation avait utilisé le même processus. Explications « Sincèrement, ce n’était pas intentionnel. Mais il est exact qu’en bout de compte, il constitue la pièce centrale. C’est la raison pour laquelle on l’a insérée au milieu. On en avait discuté ensemble. Car on estimait que ce n’était pas une bonne idée d’entamer un album par un morceau aussi long. Finalement, il a trouvé sa place, car il se plaisait bien là. Et puis après cette plage, la suite est différente. Il agit un peu comme une charnière. Donc on n’a pas dû trop tergiverser pour choisir cet emplacement. Il est vrai que cette façon de procéder ne marche pas toujours ; mais on a agi en faisant preuve de bon sens… » Sur ce nouvel elpee, il y a davantage de claviers que sur celui de ‘Viet Cong’. Certaines interventions rappellent même les débuts de New Order. Etait-ce pour rendre les morceaux plus accessibles ? « Oui, c’est probable. En fait, on n’écoute pas beaucoup de musique actuelle, mais plutôt celle du début des eighties. Et bien évidemment, elle influe sur la nôtre. On adore les sonorités dispensées par les synthés de cette époque. Et le claviériste est un fan de ce type de claviers. C’et un ‘nerd’, un ‘geek’, un ‘crack’. Sur l’album ‘Viet Cong’, il y en avait autant ; mais ils se fondaient dans l’ensemble. Ce qui explique pourquoi les guitares ressortaient davantage… » Selon la bio, les lyrics des chansons se focalisent sur les privations de la vie et la manière dont on vous les décrit. Ce qui méritait, manifestement, des éclaircissements… « On voulait établir le tracklisting comme une set list. Rendre les chansons aussi évidentes, simples, dépouillées et directes que possible. Je ne suis pas expert pour traiter le problème des privations dont est victime la société, mais l’existence future me semble quand même sombre. Et donc l’esprit visite ces lieux obscurs… »

C’est Graham Walsh, musicien chez Holy Fuck, qui a mis en forme l’opus. Qui l’a choisi ? Et pourquoi ? « On le connaît depuis longtemps. Il bosse aussi chez Sub Pop et avait produit le premier album de Metz. Un groupe particulièrement punky. Et il avait trouvé un son très particulier pour le groupe. Qu’on avait adoré. On avait réalisé les sessions en comité restreint. Cependant, notre manager a appelé Graham. Pour améliorer le son. En plus c’est un de nos potes. C’est facile et confortable de bosser avec lui. Il a de bonnes idées. C’est un touche-à-tout et il joue notamment des claviers. En écoutant les compos, il réoriente aisément le travail des artistes… » Pas d’aide extérieure ? « Dan Boeckner (Wolf Parade, Operators) et Julie Fader (Great Lake Swimmer, Chad Van Gallen, Holy Fuck) chantent sur ‘Memory’ et Aaron Grant joue des claviers. Zut, je me souviens de ne pas l’avoir crédité pour sa collaboration… »

La voix de Matt est particulièrement ample. Elle peut faire penser, tour à tour, à de Brett Anderson (Suede), Ian Anderson (Jethro Tull), Neil Diamond et surtout Ian McCulloch (Echo & The Bunnymen). C’est bien sûr Matt qui répond à cette question. « J’en suis flatté. J’écoute la musique d’Echo & The Bunnymen tous les deux jours. Edwyn Collins ? C’est plausible. Neil Diamond ? Pas vraiment. Bah un peu quand même. Et puis, ça fera plaisir à mes parents… » (rires)

Vous vivez tous aujourd’hui dans différentes villes, au Canada. Et dans votre pays, les distances sont quand même longues entre elles. Alors comment faire pour organiser les répétitions ? « On se réunit à un endroit intermédiaire. Donc pas où on vit. Avant d’entamer cette tournée, on s’était fixés rendez-vous dans un bled, en Colombie Britannique, où un de nos amis possède une petite église qu’il a transformée en maison ; et on y a vécu pendant de longues semaines. Ce n’est pas loin de Victoria. On a eu beaucoup de boulot, car de nombreux intervenants ont participé aux sessions. Mais tout s’est bien déroulé. Puis on a étudié le minimum de compos à assimiler que l’on s’est mis à répéter. En fait pour traverser le Canada de part en part, il ne faut que 5 heures d’avion (?!?!?). Pour nous cet endroit est intéressant, car on peut s’y retrouver pendant une semaine avant de partir en tournée. Pour l’enregistrement du prochain album, on n’a pas encore déterminé où sera notre point de chute. Peut-être retournera-t-on au même endroit. En fait quand on travaille, on emporte le minimum de matos nécessaire. Et puis auparavant, on peut aussi bosser chacun de notre côté. Bricoler sur un clavier. Mike et moi, par exemple, on se charge de la section rythmique sur le deuxième morceau. Et les autres, sur un autre titre. On aime beaucoup expérimenter pour voir où la chanson va aboutir. Le processus est différent entre répéter avant un concert et répéter avant d’attaquer les sessions d’enregistrement. Pour l’album ‘Viet Cong’ et celui-ci, on a d’abord rôdé le répertoire en ‘live’. On s’est ainsi cumulé plus de 50 shows ! »

Depuis quelques années, la scène canadienne est en pleine ébullition. D’abord celle de Toronto, d’où ont émergé des groupes comme Broken Social Scene, New Pornographers, Feist, Metric, et puis de Quebec, avec notamment Godspeed You ! Black Emperor et Arcade Fire. Si ce n’est pas nécessairement une source d’inspiration, c’est certainement une source de motivation. « Parfois. Il est toujours sympa de voir des gens de son pays qui réussissent. Et de constater que de la bonne musique est appréciée par des gens à travers le monde. On n’écoute pourtant pas nécessairement d’autres groupes. Mais la scène canadienne est tellement petite que tout le monde se connaît. On ne considère donc pas cette situation comme une source de rivalité… »

Alors quelles seront les futures préoccupations du groupe ? « Simplement continuer de faire ce qu’on fait. On n’a rien changé d’autre que le nom. Et puis se produire en concert et enregistrer un autre album. »

Album « Preoccupations », sortie ce 16 septembre 2016.

(Merci à Vincent Devos)

Manic Street Preachers

Tout doit disparaître…

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Manic Street Preachers se produisait ce dimanche 1er mai à l’Ancienne Belgique. Qui est de nouveau sold out. Le groupe gallois est venu interpréter son quatrième elpee, « Everything Must Go », un disque paru, il y a déjà 20 ans. Et pas seulement, puisque le concert est divisé en deux volets. Le premier est consacré à l’album mythique. Qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Le premier gros succès du combo qui pour la circonstance, a décroché plusieurs ‘brits awards’. Le deuxième est réservé aux hits ainsi qu’aux nouvelles compos.

Manic Street Preachers a d’abord forgé sa notoriété sur une image de bad boys. Iconoclastes, brefs, ses sets constituaient un concentré d’énergie pure. Nés au sein d’un milieu prolétaire, les musicos revendiquaient une idéologie gauchiste. Ils ont vécu de près –alors qu’ils étaient encore des gosses– les grèves des mineurs qui ont éclatées entre 1984 et 1985. Ce qui explique l’engagement de leurs lyrics. Ils ont dédié une de leurs récompenses au syndicaliste Arthur Scargill, un leader politique insulaire travailliste particulièrement charismatique. Son guitariste, Richey James Edwards, se serait apparemment suicidé, même si on n’a jamais retrouvé son corps. Ce qui n’a pas empêché le band de continuer son aventure…

Sleepers' Reign assure le supporting act. Issu d’Herentals, le groupe a terminé second de la finale du Humo’s Rock Rally, en 2012, récoltant au passage le prix du public. Il lui a fallu cependant un certain temps avant de sortir son premier elpee, « King Into Delight », paru en mars de cette année, un disque qui a reçu le concours du New-yorkais Justin Gerrish (The Strokes, Vanpire Weekend, Weezer, etc.), à la mise en forme.

Le sextuor implique un chanteur/bidouilleur, deux gratteurs, un drummer, un bassiste, un drummer et un claviériste. Superbe, harmonieuse, la voix de Luke Hermans est capable de grimper dans les aigus, un peu comme Andy Partridge (XTC) voire Graham Gouldman (10CC). Pendant une petite demi-heure, le band va dispenser une musique sculptée dans une electro/pop de bonne facture, mais aux réminiscences 70’s particulièrement marquées...

James Dean Bradfield, le chanteur charismatique de Manic Street Preachers déboule seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque « Elvis Impersonator: Blackpool Pier », l’intro de l'album « Everything Must Go ». Il est ensuite rejoint par le drummer Sean Moore –il a enfilé ses inséparables gants noirs– et le bassiste Nicky Wire, qui a chaussé des lunettes fumées. Le trio est soutenu par un deuxième guitariste et un claviériste, qui se tiennent à l’écart.

La voix de James est superbe, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Dont les grattes, incisives, qui se taillent la part du lion. Les plages d’« Everything Must Go » sont dispensées dans l’ordre de la set list (« Small Black Flowers That Grow In The Sky », « The Girl Who Wanted To Be God », « Removables », « Australia », « Interiors (Song for Willem De Kooning)», « Further Away » et « No Surface All Feeling ». Fin de la première partie.

Au cours de la seconde, les versions acoustiques de « Little Baby Nothing » et « The Masses Against The Classes » sont un véritable enchantement. Que James nous réserve en solitaire, uniquement accompagné de sa gratte semi-acoustique ; et au cours desquelles sa voix fait à nouveau merveille. Du ‘best of’, que va ensuite nous réserver Manic Street Preachers, on épinglera encore « Suicide Is Painless (Theme from MASH ) » (NDR : la B.O. du film !) et une cover de Johnny Mandel. Mais dès « Motorcycle Emptiness », le volume sonore est devenu insupportable, malgré les bouchons. Tout doit disparaître ! Votre serviteur, le premier, qui tire sa révérence…

(Organisation : Live Nation)

Prettiest Eyes

Looks

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La magie des influences musicales. Ou pourquoi une bande de zigues mordent les mollets des plus téméraires ?

La scène rock indie vit un moment grandiose. Une époque bénie. C’est en tout cas dans cet état d’esprit que votre serviteur papillonne entre groupes ou artistes émergeants, persévérants ou confirmés. Pourvu qu’ils soient sans concession…

Comment alors ne pas saliver à l’idée de s’enfiler, à la suite, des disques de Fuzz, Meatbodies, John Dwyer et sa bande des Thee Oh Sees, Sultan Bathery, Wand… et toute cette clique de joyeux drilles...

Bien évidemment, ils finissent tous par devenir une source d’inspiration pour la nouvelle génération.

Prettiest Eyes, par exemple. « Looks » constitue son premier elpee. Et il est couillu.

Adoptant des rythmiques cadencées et des harmonies vocales en abîme, style Dwyer, Prettiest Eyes puise à la fois son inspiration dans le rock (la férocité, la testostérone), l’indus (le béton, la ferraille) et le psychédélisme (les fleurs). Mais le combo accommode le tout à sa sauce très personnelle. Quitte à se tâcher les doigts. Un accouchement opéré dans la douleur, nécessitant quelques litres de sueur aux effluves alcoolisées.

Un disque décapant, contaminé par la reverb et tramé par une solide ligne de basse, concocté par un groupe insolent qui manifeste un culot monstre. Que veux-tu de plus ? Des croissants ?

Manic Street Preachers

Futurology

Écrit par

Présent sur la scène pop/rock depuis près de 30 ans, les vétérans gallois de Manic Street Preachers ne semblent pourtant pas blasés pour autant… « Futurology », leur nouvel essai, succède déjà à l’inégal « Rewind the Cause » sorti il y a à peine un an et également enregistré à Berlin ! Une écriture débordante au détriment de la qualité des compositions ? C’est à nouveau le cas sur 12ème elpee ? Quelques pistes sont même carrément pénibles. A l’instar de « Sex, Power, Love & Money » qu’on croirait chanté par Dexter Holland d’Offspring ! Ou d’« Europa Geht Durch Mich », une plage électro inconsistante à laquelle participe l’actrice  allemande Nina Hoss, bien plus convaincante à l’écran que derrière le micro. Certes les ‘Manics’ possède toujours ce style si reconnaissable et cette urgence qui leur est propre. Une fougue doublée de textes engagés qui ont le mérite de paraître en cette période d’instabilité politique ou de montée des extrémismes… « Futurology » n’est cependant pas un album de mauvaise facture ; d’ailleurs certaines plages sortent du lot comme l’instrumental « Dreaming a City (Hugheskova) », « Misguided Missile », caractérisé par un intriguant crescendo stimulé par la ligne de basse, ainsi que le titre maître, un morceau chargé de passion. Green Gartside de Scritti Politti apporte également sa participation, sur le mollasson « Between the Clock and the Bed ». Il aurait pu s’abstenir…

James Dean Bradfield, Nicky Wire et Sean Moore seraient peut-être bien inspirés de s’accorder un peu de repos, histoire de recharger leurs batteries ; car on ne doute pas une seconde de leurs facultés à trouver les ressources pour se régénérer dans le futur !

 

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