Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Special Friend

Special Friend, tout feu, tout flamme !

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Le second elpee du duo Special Friend, « Wait Until The Flames Come Rushing In », paraîtra le 30 juin 2023. En attendant, il nous propose son nouveau single, « Selkie », une ballade toute en nuances et en retenue, chantée en duo par Erica Ashleson et Guillaume Siracusa, entre slowcore intimiste et éclats de guitare noisy. Et elle disponible sous forme de clip

Né en 2018, ce duo franco-américain explore une veine pop indie/noise minimaliste, évoquant Yo La Tengo, Duster ou encore Electrelane.

Sa facilité à créer une pop singulière et captivante est enrichie par des arrangements au piano et au violon. Enfin, sa patte sonore mélodique demeure reconnaissable, entre inventivité et retenue, éclats noisy et voix en dialogue harmonique constant.

 

Quintana Dead Blues Experience

One of us

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Ce Bordelais a commencé la musique à l’âge de 7 ans. Des études classiques qui le conduisent à jouer de la flûte traversière. Mais à 18 ans, il tourne le dos à cet enseignement pour se consacrer à la basse. Il va ainsi sévir dans une bonne dizaine de projets différents, au cours desquels il chantera même en espagnol, et passera de la quatre à la six cordes, acoustique ou électrique, avant d’opter pour une aventure en duo qu’il baptise le Quintana Dead Blues Experience. Mais en 2017, il décide de continuer l’aventure en solitaire. Armé de sa gratte et s’appuyant sur un vieux séquenceur, en l’occurrence une GrooveBox Roland MC909.

« One of us » constitue le second elpee du Quintana Dead Blues Experience, un opus qui fait suite à « Older », paru en 2019.

Découpé en 10 plages, cet LP fait la part belle au blues, mais un blues contemporain, qui se nourrit de rock intense et sauvage, un peu dans l’esprit des Kills, des Black Keys originels voire du Jon Spencer Blues Explosion (NDR : ce explique, sans doute, le choix du patronyme). La voix de Piero Quintana est bien timbrée et elle emprunte parfois des inflexions à Dave Gahan (Depeche Mode) ou à Peter Murphy (Bauhaus).

Les arrangements sont soignés. L’électronique est judicieusement intégrée. Certaines compos sont infiltrées d’accès de Farfisa. Il y a même des chœurs sur « So hard to say ». Quintana s’est proclamé ‘One man rock’n’roll electro heavy blues’. C’est une carte de visite qui tient la route…

Quintana Dead Blues Experience

Le Quintana Dead Blues eXperience à fond la caisse…

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Le Quintana Dead Blues eXperience, c’est le projet de Piero Quintana, un bluesman qui s’est forgé sa notoriété sur les planches, à l’aide d’une vieille GrooveBox Roland MC909. Il est considéré comme un One man Rock'n'roll Electro Heavy Blues et sa musique est à la fois radicale, sauvage, émotionnelle, sincère et énergique. Piero vit chaque concert comme si sa vie en dépendait : une intensité qui découle de la forte identité du chanteur à l’univers inclassable et personnel.

Son nouvel elpee devrait paraître en septembre 2022. En attendant, il nous propose « Crazy », un second extrait qui a bénéficié d’un clip d’animation réalisé par Loran Gouy, sur une idée de Jessica Calvo Ruiz. Et il est à voir et écouter ici.

 

 

Part-Time Friends

Weddings & Funerals

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Amis d’enfance, Pauline et Florent se sont rencontrés sur les bancs de l’école à Aix-en-Provence… 10 ans plus tard ils se lançaient dans l’aventure pop, sous l’étrange patronyme de ‘Part-Time Friends’, car leur relation a toujours été faite de hauts et de bas… mais il est probable que le tube « Streets & Stories » (plus de 20 millions de streams, une pub Citroën, …) leur a sans doute permis de surmonter les moments les plus difficiles ! Tout au long de « Weddings & Funerals », un troisième album enregistré aux studios ICP à Bruxelles, le duo propose une électro pop sophistiquée, catchy et foncièrement lumineuse, une formule légère comme celle de Cocoon pratiquée à une certaine époque, mais dans une version plus pop que folk…

Quintana Dead Blues Experience

Older

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Manifestement, pour l’instant, la scène musicale hexagonale est en pleine effervescence. Patronyme à rallonge, le Quintana Dead Blues Experience n’est cependant qu’un one man rock'n'roll electro heavy blues band. Et pour cause, un seul personnage se cache derrière cette description exhaustive : Piero Quintana. Ce Grenoblois est considéré comme un vétéran. Et pour cause, ses premiers enregistrements remontent à 1993. Persévérant et un peu maniaque, il prend un malin plaisir à tirer le max de sa gratte et d'une vieille groovebox MC909, pour injecter de l’électro dans ses compos. En outre, il est plutôt doué pour torcher des chansons aussi variées qu’énergiques.

Piero attaque sauvagement ses cordes tout au long de "Stranger", le morceau d’ouverture. Pas de compromission instrumentale ! A contrario, sa voix n'est ni lourde, ni criarde, mais plutôt agréable à l’écoute ; ce qui lui permet de communiquer davantage de contrastes dans ses compos. De toute évidence, il est davantage influencé par le rock'n'roll que le heavy metal. Il introduit également des bruitages et des boucles électroniques, dans son expression sonore, à l’aide de son séquenceur. A l’instar de "Kinda low" et "Long way". Bien blues, "Sea Haven" nous transperce littéralement et finit par éclater. En fin de parcours, l’opus nous réserve deux superbes ballades, "Worn out" et "Fucking the devil", deux pistes qui grimpent progressivement en intensité…

Band of Friends

Repeat after me

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Band of Friends est un trio qui implique l’ancienne section rythmique du regretté guitariste irlandais, Rory Gallagher, disparu en 1995. Le bassiste Gerry McAvoy et le drummer Ted McKenna ont donc remonté un trio, en engageant Marcel Scherpenzeel. Et tant au chant qu’à la gratte, ce Batave est plutôt doué. McAvoy a été le plus loyal serviteur de Gallagher. Il est demeuré fidèle au poste entre 1971 et 1991. Il a d’ailleurs publié un livre sur cette vie commune, qu’il a intitulé ‘Riding Shotgun’. McKenna lui, a longtemps sévi au sein du Sensational Alex Harvey Band (dont le leader est également décédé en 1982) et auprès de Gallagher entre 1978 et 81. Vétéran, Scherpenzeel était un proche de Rory. Il a longtemps drivé son propre band.

Band of Friends a gravé son premier elpee, "Too much is not enough", en 2013, et le deuxième, "Live ‘n’ Kickin", en 2015, un LP sur lequel figurait six reprises de Gallagher. 

Rock/blues, "Don’t ever change" ouvre la plaque. Les riffs rythmiques de la gratte sont largement amplifiés. La voix de Marcel passe bien la rampe. Dynamique, "The man I am" s’inscrit dans la même lignée. "Repeat after me" s’ouvre dans un style réminiscent de Police. Cependant, la voix de Scherpenzeel est bien différente de celle de Sting. La compo est bien équilibrée et les interventions de cordes rappellent les grands moments mélodiques de Gallagher. Superbe ! Ballade accrocheuse, "A sense of freedom" est une reprise de Frankie Miller. Soutenus par Mae McKenna, les trois musicos reprennent en chœur le refrain. Et bien senti, l’envol de cordes me rappelle quelque part le Wishbone Ash originel. La voix de Marcel est sereine tout au long du contagieux "Homeland", une compo plus pop au cours de laquelle Hugh McKenna siège derrière les claviers. Et le résultat est particulièrement réussi. "Soul to soul" replonge dans le blues énergique. McKenna imprime un tempo proche du Diddley beat. Scherpenzeel est alors vraiment hanté par Gallagher. "Nothing for nothing" nous entraîne d’abord dans le surf/rock pur et dur. Très métallique, également. Une piste enlevée, parsemée de multiples escarmouches provoquées par la guitare. "Wanna be next to you" est imprimé sur un tempo particulièrement soutenu. Un blues rocker puissant qui bouscule tout sur son passage. Constamment en éveil, la gratte se dédouble. Tout au long de "Pick up the gun" Marcel multiplie les petits soli. Tempéré, "Parisian girls" se distingue par sa jolie ligne mélodique. Le vocal est tendre, un peu dans l’esprit de Gerry Rafferty. Mais le morceau est ponctué d’une brillante intervention aux cordes. "King of the street" clôt le long playing. Une finale acoustique. Digne de Rory Gallagher…

 

Best Friends

Hot reckless, Totally insane

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Best Friends est un quatuor insulaire qui nous vient de Sheffield ; et « Hot reckless, totally insane » constitue son premier album. Après avoir observé la pochette et en abordant le premier titre, « Fake spirit », on imagine que sa musique trempe dans le psychédélisme à la Spiritualized. Trente secondes plus tard, le ton change, et l’expression sonore passe au pop/rock typiquement insulaire. Un titre bien enlevé, au cours duquel les tonalités de gratte évoquent Johnny Marr époque Smiths. Et ce style, qui baigne l’essentiel de cet opus, est le plus souvent teinté de garage (« If you think too much your brain will fall out » et ses guitares à la Electric Prunes). Parfois imprimé sur un mid tempo. A l’instar de « Cold shapes », dont les refrains euphorisants (chœurs hymniques et envolées shoegaze) lorgnent à la fois vers les Libertines et Slowdive. Les cordes sont savoureusement discordantes tout au long de « Dr Mario » (The Dodos ?). Et tour à tour tintinnabulantes ou croustillantes sur le speed funk « Baba vanga ». Ou encore ‘cornemuses’ (Big Country ?) sur « Shred til you’re dead », dont le refrain pourrait se siffloter sous la douche. Et l’elpee de s’achever par « Orange juice », un titre qui rend hommage à Edwyn Collins, une hymne sincère et tonique. Enfin, si le chanteur (Lewis Charman) n’a pas une voix exceptionnelle, juvénile, elle colle parfaitement au genre. Quant aux mélodies, particulièrement contagieuses, elles s’inscrivent dans la lignée d’Arctic Monkeys, Palma Violets et bien sûr des Libertines. Une bonne surprise !

 

The JPS Experience

I Like Rain

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Six années de travail ont été nécessaires pour confectionner ce triptyque destiné à remettre en lumière The Jean Paul Sartre Experience (NDR : patronyme originel), groupe injustement mésestimé voire carrément oublié à qui le label Fire Records a voulu rendre justice.

La préparation méticuleuse de ce ‘best of’ a nécessité de nombreuses heures d'interviews et un travail de sape conséquent, afin de rendre palpable l'évolution de cette expérience juvénile empreinte, dès le début, d'une grande sensibilité et d'une précoce maturité.

"I like Rain" dresse donc la cartographie d'une carrière, certes escarpée, mais dont la ligne de conduite ascensionnelle ne pouvait que les conduire, tel Icare, au plus près du soleil.

Des débuts fragiles au milieu des années quatre-vingt aux tumultes ‘noise’ des années 90, cette compile propose en filagramme, l'histoire d'un grand groupe resté petit.

Influence évidente de nombreuses formations qu'il serait exhaustif de citer, la discographie de JPS Experience fait figure de référence, tant leur parcours est exempt de la moindre faute de goût….

Toujours épris de liberté, sans doute initiée par les paysages à perdre de vue de leur Nouvelle-Zélande natale, Dave Yetton, Gary Sullivan et Dave Mulcahy ont donc, dès leurs débuts, enregistré leurs mélodies subtiles sur d'élégantes harmonies porteuses de tous leurs rêves adolescents.

Cette candeur teintée de nostalgie sera présente tout au long de leur carrière, achevée en 1994.

C'est donc non sans une certaine fierté que Fire Records ressort ces trésors cachés à fin de réhabiliter l'aura d'un groupe qui a laissé sa trace comme l'étoile au firmament.

Soigneusement remasterisé, recelant son lot d'inédits, de faces cachées et autres joyeusetés particulièrement excitantes, ce coffret luxueux nous offre donc une occasion magnifique de nous replonger ou simplement de découvrir la magie électrique de chansons parfois simplement parfaites.

Histoire revisitée en diagonale de trois albums majeurs parus initialement sur Flying Nun et qui malgré la longueur, ne lassent pas un seul instant.

Entre évidence Pop et incursions jazzy, noisy ou encore funky, les prémices de styles qui émergeront quelques années après leur disparition se ressentent clairement au travers de ce parcours exaltant au cœur d'une discographie sertie de pépites.

Si les ayants droit de Jean Paul Sartre auront finalement le dernier mot, résumant le patronyme du band en JPS Experience, il lui aura sans doute manqué peu de chose pour entamer sa marche menant vers le succès commercial.

À l'écoute de "I Like Rain", on ne comprend d'ailleurs toujours pas pourquoi...

 

 

 

Band of Friends

Too much is not enough

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Derrière ce groupe d'amis, se cache un fameux trio. On y retrouve d’abord le bassiste Gerry McAvoy. Pendant plus de 20 ans, c'est-à-dire de 1971 à 1991, il a milité au sein du backing group de feu Rory Gallagher. Puis le drummer du même combo, qui a sévi de 1978 à 1981, Ted McKenna. Enfin, le guitariste néerlandais, Marcel Scherpenzeel. Soit l'ami de l'attachant Rory ! Le band a décrété qu’il allait réaliser ‘une célébration de la musique de Rory Gallagher’. Le mythique gratteur irlandais nous a quittés pour toujours le 14 juin 1995, des suites de complications après une greffe du foie.

"Too much is not enough" est un box qui réunit un Cd et un Dvd. Et ici pas question de sempiternelle duplication ! Le disque audio a été enregistré au studio Seathwaite en Angleterre. Il a été coproduit par Paul Rose qui ajoute suivant son inspiration, interventions de guitare, mandoline et percussions.

"Dreamcatcher" est une solide mise en jambes. Le trio s’avère déjà particulièrement soudé. Consistante, captivante, "Leap of faith" est une plage qui communique le tournis. Elle est balisée par le drumming en béton de McKenna. Marcel injecte une dose d'orientalisme dans  ses sonorités de cordes, communiquant un effet psychédélique très réussi à la compo. Plus roots, "I don't cry" mêle cordes acoustiques et électriques. Tommy Stead y souffle dans son harmonica. Autre plage robuste, "Body and soul" emprunte largement au style Gallagher. Les riffs assénés par Scherpenzeel sont puissants et brillants. Presque pop, "Sing it with the band" accroche instantanément l’oreille, une piste au cours de laquelle les cordes prennent un plaisir manifeste à vagabonder. Le compact disc s’achève par la reprise du "If I had a reason" de Gallagher (NDR : la version originale figure sur l’elpee "Blueprint"), une ballade acoustique plutôt sympathique qui autorise une belle échappée à la six cordes amplifiée.

Le Dvd a été immortalisé au Kulturhalle de Remchingen, en Allemagne. Il épingle pas moins de onze compositions signées Gallagher. Et nous sommes bien plongés dans l’univers de l'Irlandais dès "Continental op" ("Defender" - 1987). Largement amplifiée la guitare assure devant la section rythmique en granit. "Do you read me" ramène un relative quiétude. Blues lent, "Off the handle" ("Top Priority" - 1979) est découpé dans des riffs dramatiques, tranchants et nerveux. Cette piste était un peu la réponse au "Red House" de Jimi Hendrix ; et manifestement Marcel a très bien assimilé la technique de Rory. Sur les planches, le maître de cérémonie est sans surprise Gerry, un entertainer qui prend indubitablement son pied. Le trio aligne des pistes toujours aussi solides : "Bought and sold", "Philby" repris en chœur par le public et le puissant "Laundromat", la plage qui ouvrait le tout premier opus solo de Gallagher, en 1971. Intenable, Marcel se réserve la slide sur "Secret agent". Les musiciens et le public sont chauds. Moment propice pour attaquer une des meilleurs compos de l'Irlandais, "Tattoo'd lady". Et "Bad Penny" embraie, un titre que le trio dispense en conjuguant limpidité et élégance. Les deux plages finales rendent un vibrant hommage à l'artiste disparu, "A million miles away" et "Shadowplay".

 

Jimi Brown Experience

Jimi Brown Experience

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Jimi Brown Experience est, comme son nom l’indique, une formation qui rend hommage aux deux géants intemporels dont elle emprunte le nom. Et le répertoire. En l’occurrence, Jimi Hendrix et James Brown, même si cette précision est superflue lorsqu’on se plonge dans ce premier LP éponyme. Entièrement instrumental, ce « Jimi Brown Experience » dont les  compos oscillent entre jazz, rock et funk confectionnent un fond musical distrayant. Un fond, et c’est tout. Les sept membres de la troupe possèdent un talent indéniable mais passent complètement à côté de leur sujet.

Vu le patronyme ambitieux, le mélomane curieux attend légitimement, du collectif français, qu’il balance un LP direct, parcouru de crises de folie, de gouttes de sueur perlant le long de la galette, de sensualité et/ou de hargne. Ici, les neufs gaillards caressent les guitares là où elles devraient être malmenées, tapotent la basse là où elle devrait incessamment ondoyer de droite à gauche et vice-versa, bouchonnent la batterie là où elle devrait éclater à l’oreille de l’auditeur, et noient le tout dans un océan de saxophones. Des saxos qui deviennent, pour le coup, indigestes au bout de six ou sept morceaux. Les reprises des « Purple Haze », « I Feel Good », « Get On The Good Foot » et autres « Fire » semblent sortis tout droit d’une compile gratos à l’achat de trois paquets de Douwe Egberts. Quelque secousses et un peu de nerf ne ferait certainement pas de mal au clan Jimi Brown Experience.

 

David Parienti

David Parienti

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David Parienti fréquente les pianos-bars parisiens depuis plusieurs années. A force d’interpréter les chansons des autres, dans des ambiances enfumées, il a fini par se réaliser lui-même. En adaptant sempiternellement des standards des années 50 à 80, des idées ont commencé à germer dans sa tête. (Bien) influencé musicalement par Kate Bush et Radiohead, il va finalement trouver sa voie dans la chanson française. Et c’est chez Gainsbourg et Léo Ferré qu’il puise son inspiration. Le mix des deux genres est assurément une belle réussite. De bien beaux mots, bien chantés, essentiellement consacrés aux femmes ; celles qu’il aime, qu’il désire, qu’il surveille, qu’il critique, qu’il déteste ou encore qu’il trouve tout simplement belles.

Chaque chanson superbement bien orchestrée et gravée dans un moule musical d’une simplicité étonnement efficace est une partie de lui-même qu’il nous confesse. Et on l’écoute le bougre même si les choses qu’il raconte sont parfois nappées d’une légère couche de niaiserie. Car, tout simplement, la façon dont il raconte ses histoires est accrocheuse et redoutablement entraînante.

Personnellement, c’est à Marc Lavoine qu’il me fait penser. Même tessiture, même façon de chanter et même des rythmes ainsi que des mots aussi assez proches de cet artiste aussi doué sur disque que sur grand écran. 

Drôle, irritant, cru et parfois méchant, David caricature en douze plages ce qu’il vit, mais également sa place réelle dans l’existence. Bref, très sympa, le premier album de ce Parigot âgé de 34 ans vaut assurément le détour et procure tout simplement du plaisir. D’ailleurs, si la chanson française est votre tasse de thé, je vous le conseille vivement.

 

Thibaut Derien

Le Comte d’Apothicaire

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Après avoir publié deux albums en 2003 et 2005, en compagnie du groupe De Rien, Thibaut a choisi la solitude pour concocter son dernier projet, « Le Comte d’Apothiciare ». Un disque qu’il a réalisé (presque) seul sous son véritable patronyme, Thibaut Derien. Néanmoins, il a quand même bénéficié de l’un ou l’autre petit coup de pouce. Parmi lesquels on épinglera les compositeurs Cyril Giroux et Benjamin Scampini, ainsi que Bertrand Louis qui participe activement aux arrangements.

Suivant son habitude, Thibaut nous emmène sur les chemins de la vie, à travers des textes poétiques où fleurissent allègrement les jeux de mots ou les tournures de phrases originales, voire comiques. L’humour est omniprésent tout au long des douze titres de cet elpee. Simples, tendres et romantiques, les chansons parlent de tout et de rien. Et nous plongent dans une forme de surréalisme où poésie et musique aux relents classiques semblent faire bon ménage. Mais trop de fantaisie tue la fantaisie. Car, si prescrite à doses homéopathiques, cette œuvre peut paraître plaisante, au fil de l’écoute, on se rend compte que les compos souffrent parfois d’un manque de relief. Ce qui explique, sans doute pourquoi, elles deviennent lassantes. Quoiqu’inégal, l’opus recèle quand même quelques titres intéressants. Et je pense tout particulièrement à « Les Acouphènes », au cours duquel il partage un duo en compagnie de François Hadji-Lazaro ou encore « Mon disque d’or », dont le texte original ne manque pas de piment. Bref, un disque ‘bon enfant’, mais qui ne laissera pas de souvenir impérissable…

 

My Robot Friend

Soft-Core

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Mon ami le robot répond au doux nom de Howard ‘Robot’ Rigberg. Il est du genre conciliant. Pas compliqué pour un sou. Il suffit de lui glisser un synthé sous les doigts et, instantanément, de sympathiques mélodies s’échappent de ses baffles intégrés. Avant de s’attaquer à la création de « Soft-Core », ce cher tas de ferraille nous avait déjà gratifiés de deux œuvres biscornues mais plutôt bien conçues. Même Anthony Hegarty (Anthony & The Johnson) avait succombé aux bidouillages de ce dernier, prêtant sa voix à l’un des morceaux de « Dial 0 ».

Pour cette séance de « Soft-Core », Mr Robot a rassemblé d’autres amoureux du ‘triturage’ électronique comme Zombie Nation, Outputmessage, Alison Moyet et Dean Wareham, ex-guitariste de Galaxie 500 et Luna. My Robot Friend clôture d’ailleurs sa galette par le « 23 minutes to Brussels » de ces derniers. Un choix étrange, ce même titre ouvrant les festivités du précédent « Dial 0 ». La machine new-yorkaise lorgne souvent du côté de chez Hot Chip (« The Short Game », « Boyfriend! » et surtout « Robot High School », « Mean ») et parfois The Postal Service (« By Your Side »). Loin d’être à l’abri de quelques défaillances, l’électro lo-fi de My Robot Friend vacille constamment du bas de gamme à l’hautement utilitaire. Le système a donc encore besoin de se stabiliser un peu avant de pouvoir envisager une domination mondiale. Oui, « Soft-Core » est un disque de geek pour les geeks. Domo Arrigato, Mister Roboto.

 

Port O’Brien

Threadable

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Entre Los Angeles et San Francisco se situe Cambria, une charmante bourgade comptant 6 000 habitants. Mais Cambria, c’est également le prénom de Goodwin, une jeune femme qui a fondé le duo folk Port O’Brien, en compagnie de Van Pierszalowski. En 2005. Lorsque le combo sort son premier album, « All we could do was sing », le line up s’est enrichi de deux nouveaux membres. Sur cet opus, Cambria et Van contaient des histoires de leur vie paisible de pêcheur à mi-temps. Cet elpee est déjà encensé par la critique. Ce qui va permettre au combo d’ouvrir pour certains des groupes américains les plus importants de la scène indie ; tels que Modest Mouse, Bright Eyes ou encore Nada Surf. Et puis surtout de tourner pendant presque deux ans. Une longue période au cours de laquelle la formation n’a pas chômé. Et pout cause, les Californiens en ont profité pour bosser sur l’écriture de leur deuxième album.  

Sur « Threadable », on retrouve tous les éléments qui leur ont permis une rapide ascension aux Etats-Unis. La voix de Van Pierszalowski rappelle toujours celui d’Isaac Brock (Modest Mouse). Et se marie parfaitement à celle si savoureuse de Cambria. Inspirés par la mort du jeune frère de Goodwin, les lyrics évoquent les métamorphoses de leur existence et les sentiments éprouvés suite à cette tragédie. Les arrangements sont efficaces. L’instrumentation est parcimonieuse. Juste ce qu’il faut pour accompagner le chant des deux compositeurs. Un zeste d’électricité, beaucoup d’acoustique, dont un banjo et des percus. Tantôt mélancoliques tantôt jouissifs, les treize titres s’enchaînent naturellement, de véritables perles pop mélodieuses, mais jamais sirupeuses, évoquant tantôt Neil Young (« Calm Me Down »), The Decemberists (« Oslo Campfire ») voire Modest Mouse.

Après avoir écouté cette œuvre, on comprend aisément pourquoi M.Ward les considère comme son nouveau groupe favori. Et leur passage sur la scène du Château à Pukkelpop confirme tout le bien qu’il pensait d’eux. Une chose est sûre, en traversant l’Atlantique, le second opus du combo ne peut qu’arriver à bon port ce 28 septembre, Port O’Brien…

 

Michel Drucker Experience

Le grand voyage

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« Le grand voyage » constitue déjà le troisième album de ce groupe hutois. Il fait suite à « #1 », paru en 2004 et « Seul en vie », en 2006. Le nouvel opus lorgne de plus en plus clairement vers une pop psychédélique à la française. Donc lisse et radiophonique. Les compos sont truffées de guitares, arrangements de cordes (NDR : discrets mais élégants, il faut l’admettre) et sonorités néo-vintage assez proprettes. D’ailleurs, mellotrons, moogs et orgues ‘Hammond’ donnent en effet l’impression de sortir d’un clavier numérique à modélisation analogique. Instrumentation électronique mais aussi plus ‘classique’ (NDR : dont les inévitables accès de guitares triturés par les pédales wah wah) se mêlent à un fatras de loops pour organiser un grand voyage psychédélique aux accents musicalement (trop) corrects. Hormis « Lucifer Sam », emprunté à Pink Floyd, les lyrics sont interprétés dans la langue de Molière. La production est parfaite. Faut dire que les musiciens sont de redoutables techniciens. Mais cette mise en forme est tellement lustrée, qu’elle finit par rendre les compos trop semblables. En m’empêchant véritablement de ‘triper’. Deux exceptions confirment cependant la règle. Tout d’abord « La raison vacille », morceau au cours duquel l’Américain Tommi Zender (NDR : il est responsable de trois albums à ce jour, dont deux sous son patronyme) vient donner un coup de guitare et « Respire pour deux », une chanson qui bénéficie de la participation de Karin Clercq, pour un duo vocal particulièrement réussi, rappelant quelque part le échanges opérés autrefois par Dominique A et Françoise Breut. Sans quoi, le reste de l’elpee, baigne un peu trop, malgré ses références ‘pinkfloydesques’, dans la ‘variétoche’…

 

Lydie Experience

Lydie Experience

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Lydie Experience est une tentative brouillonne et moyenne, mais en tout cas osée. Elle vient  réinterpréter le répertoire de Jimi Hendrix au travers d’une pop psychédélique et électronique instable. Le modèle s’insinue quelque part entre Stereolab et Goldfrapp, mais rien n’est moins certain. La voix est souvent plus parlée que chantée, tantôt doucereuse, tantôt glamour-cabaret, mais toujours sur le fil du rasoir. Dérangeante, un peu hypnotique aussi, Dieu ou Diable, candide et hantée. Un passage chaud laisse place à des vapeurs givrées. Au secours ! On voudrait trancher ou faire cesser l’écartèlement. Lydie Brice, diplômée en improvisation vocale du conservatoire de Strasbourg, ne freine aucunement ses ardeurs expérimentales. C’est si vacillant qu’on attend indéfiniment que la boucle se referme sur une mélodie, un timbre, une tonalité. Disons, un parti-pris quelconque. Mais le chemin reste incertain, ouvert, instable, hésitant entre les tentatives louables (« Button belly window », « Voodoo child ») et celles parfaitement insignifiantes. Une chose est sûre, à l’issue de l’écoute de ce disque, on fronce les sourcils en éprouvant un léger tournis.

Friendly Fires

Friendly Fires

Friendly Fires est une des dernières découvertes du label XL Recordings (Radiohead, Sigur Rós, The White Stripes). Un jeune trio anglais dont le style mélancolique est paradoxalement le fruit d’un mélange entre dancefloor et guitares shoegaze. Originaires de St-Albans, au nord de Londres, Ed Macfarlane, Edd Gibson et Jack Savidge sont des amis d’enfance. Mais avant de se tourner vers la pop, les trois musiciens militaient au sein d’un groupe de hardcore/punk. Leur nouvelle aventure est donc caractérisée par un changement de cap quelque peu étonnant ; mais finalement très judicieux. Un disque éponyme, que le groupe, malgré sa signature auprès du label prestigieux, enregistré et produit lui-même dans le garage des parents d’Ed, le chanteur/guitariste.

Et le résultat est plutôt probant. Dix titres pour un total de trente-sept minutes susceptible de vous jeter sur les pistes de danse et vous inciter à gigoter jusqu’au bout de la nuit. Enfin, au moins de l’album. L’elpee s’ouvre par le seul morceau non mis en forme par la formation. Un “Jump in the Pool” qui, comme son nom l’indique, nous invite à sauter dans la piscine. Alors que la batterie est fort proche d’un rythme latino, le chant lui ne dépasse pas le murmure. Macfarlane est responsable de la plupart des parties de synthétiseur. Et il sait comment enrober sa voix dans un ensemble de sons ; et puis surtout créer une atmosphère bien particulière qui ne manque pas d’Air. “In the Hospital” est plus contrasté. Il baigne au sein d’une ambiance ‘Soul’ circa seventies. Single, “Paris” a cartonné dans les charts au Royaume-Uni. Il raconte l’histoire d’un faubourg londonien qui rêve d’aller habiter à Paris (NDLR : peut-être pour fonder un XXIème arrondissement). “White Diamonds” trahit la fascination du groupe pour le label techno allemand Kompakt. Le tempo est un peu plus lent. La rythmique ne laisse d’autre choix à l’auditeur que de remuer son corps (NDLR : encore !) Et la suite varie les plaisirs et les styles tout en préservant une certaine homogénéité.

Ce disque va sans doute permettre à Friendly Fires d’embrasser de nouveaux horizons. Ce qui serait amplement mérité, vu l’excellent travail fourni par le trio. Une seule question reste sans réponse : qu’attendez-vous pour aller découvrir ce groupe ?

 

Friendly Fires

D.I.Y. : le crédo de Friendly Fires…

Friendly Fires est une formation britannique. Issue de St Albans, dans le Hertfordshire. Fin 2007, le groupe avait édité un single fort intéressant : "Paris". Depuis, le combo s’était enfermé dans son studio pour enregistrer son premier elpee. Un accouchement difficile. Et pour cause, non seulement les musiciens sont des perfectionnistes, mais ils ont voulu tout contrôler. Même la pochette. De passage à Bruxelles, Ed Macfarlane, Jack Savidge et Edd Gibsonnous se sont expliqués sur leur manière de concevoir l’enregistrement d’un album ; mais également, nous ont parlé de leur parcours accompli depuis maintenant un peu plus de deux ans…

Pour l’instant, vous vivez un peu un rêve éveillé, non? Je m’explique : vous êtes signé chez XL (Radiohead, The White Stripes, Adele), votre single “Paris” a été élu meilleur single par le Guardian et le NME, vous avez joué en première partie d’Interpol à Dublin et même Bono a été impressionné par votre performance. Cette situation vous est-elle tombée soudainement sur la tête ou est-elle le résultat d’une lente et longue progression ?

Ed : Je pense qu’elle est le fruit d’une progression constante. Nous avons commencé à composer vers l’âge de quatorze ans. Mais nous avons dû attendre des mois avant de pouvoir monter sur les planches des clubs locaux. Car, en général, ce sont souvent des groupes de reprises qui s’y produisent. Et, enfin, quand on a commencé à y jouer, il n’y avait qu’une trentaine de personnes pour assister à nos sets. No potes ! Mais on a recommencé l’expérience plusieurs fois. Jusqu’au moment où on a décroché quelques concerts à Londres. C’était, super, géant même. Nous partions cependant dans l’inconnu. Le public potentiel avait peut être écouté quelques chansons sur MySpace ; cependant, il se demandait surtout ce que nous avions dans le ventre. Mais ce parcours nous a permis de nous frayer un chemin jusqu’ici.
Jack : En fait, depuis que nous sommes devenus Friendly Fires, soit plus ou moins deux ans et demi, notre itinéraire a été graduel. Nous avons eu besoin de beaucoup de temps pour sortir un album. Un cheminement bien plus progressif que celui de la plupart des autres groupes. Aujourd’hui, dès qu’une formation manifeste un peu de potentiel, on tente de forcer les événements. Tout va alors trop vite. Nous n’avons jamais voulu accepter de marcher dans ce système.
Edd : On est plus à l’aise ainsi. On ne se sent pas lâché dans un rêve au sein duquel on ne maîtrise plus rien.
Ed : C’est clair. Au départ nous ne disposions que de deux bonnes chansons. Or nous voulions, au moins, en écrire une dizaine. Tu sais, de bonnes chansons, susceptibles de plaire au public

Oui, d’ailleurs j’ai lu que vous aviez passé des heures et des heures à enregistrer... (rires)

Ed : Ouais, on a vraiment pas mal de trucs qui sonnent bien. Mais, bon ce sont surtout des jams ; et si les lignes de basse sont vraiment chouettes, tu ne peux pas vraiment transformer ces morceaux en chansons pop.

Sans quoi, vivez-vous de votre musique ou exercez-vous d’autres jobs, en parallèle ?

Jack : Non, c’est notre job, pour l’instant on n’a que ça.
Ed : Qui a dit ça ?
Jack : C’est moi, Jack (rires)

Donc vous avez réussi votre pari, vu que vous ne vouliez pas bosser chez HMV ?

Ed : Oui ! HMV est un magasin de disques à St Albans. Notre plus grande crainte était de se taper un job de routine. Mais finalement les circonstances nous ont été favorables. On a eu de la chance, quoi…

Militez-vous au sein d’un seul groupe ou certains d’entre vous participent-ils à d’autres projets ?

Ed : Non ! D’abord l’écriture de cet album a exigé beaucoup de temps. Et puis on veut beaucoup tourner. Aussi, si on veut vraiment s’impliquer à fond, on ne peut pas se disperser. Pour nous, multiplier les projets est impossible. Du moins pour l’instant. Quand on aura rôdé tout ce gros travail dans le groupe, on pourra donc y penser ; mais pour l’instant, l’objectif qui focalise notre attention, c’est Friendly Fires .

Votre premier album sort début septembre. J’imagine que votre excitation est à son comble ?

Tous : Absolument !
Jack : Par contre, on y croira vraiment que lorsque nous pourrons tenir le boîtier et la pochette en mains. L’enregistrement physique, comme objet naturel. Pour l’instant il n’existe pas vraiment. Les fichiers PDF et le booklet sont ‘congelés’ dans un ordinateur.
Ed : Je serai vraiment content lorsqu’il sortira. C’est le résultat de deux ans de travail.

A ce sujet, vous déclarez, dans votre bio, que cet album est ‘le produit fini de deux ans d’inspiration, de frustrations, de dur labeur et de passion’. Voulez-vous préciser votre idée ?

Ed : Comme nous avons produit le disque nous-mêmes, dans notre garage, nous éprouvons un sentiment de frustration. A force de réécouter tes chansons, tu finis par conclure que tel ou tel passage aurait pu sonner un peu mieux. Si quelqu’un d’extérieur produit ton album, il débarque au studio pendant quelques heures. Il fait l’une ou l’autre prise, puis décrète qu’elle est bonne. Un producteur t’emballe des chansons pop en buvant son café. Pas nous ! En nous réservant personnellement cette tâche, nous avons voulu que le résultat soit le plus parfait possible. Nous sommes des perfectionnistes. En ce qui me concerne, j’ai passé un temps fou à écouter et réécouter ma propre voix. Mais je crois que cette méthode a fini par payer.
Edd : Parfois, on écrit des chansons de bonne facture. Mais pas assez valables à notre goût. Aussi, on bosse dessus pendant des heures, en espérant l’améliorer. Et finalement, on se rend compte qu’il est impossible de rectifier le tir. Aussi, on l’abandonne… 

Vous enregistrez dans votre garage. Hormis une compo (NDR : "Jump In The Pool", produite par Paul Epworth), vous avez mis en forme l’intégralité de l’opus. Ce choix est-il dicté par une éthique DIY (Do It Yourself = Fais-le toi-même) ou est-ce plutôt une volonté de vouloir contrôler la moindre décision ?

Ed : Nos EPs et nos singles sont parus en édition limitée. Et nous nous étions chargés du design de la pochette. On a fait le choix de tout contrôler. Ainsi, tu risques moins de te faire ‘baiser’, si je puis m’exprimer de cette manière. Tu es responsable de tout. Finalement, l’artwork va aussi refléter ton identité en tant que groupe.
Jack : Nous avons une vision très particulière de notre création. Nous voulons tous être impliqués à tous les niveaux ; parce qu’il est vraiment fondamental de bien maîtriser les événements. De ne pas devoir accepter la manière de voir ou de penser d’une personne extérieure.

Ces choix étaient-ils partagés par votre label ou avez-vous ressenti de la résistance à cet égard ?

Ed : Totalement. Je crois qu’ils étaient derrière nous à 100%.
Jack : En même temps, lorsque le label est entré en jeu, nous avions déjà réalisé 70% de l’album. Maintenant, il est vrai que d’autres labels nous ont proposé de réenregistrer les pistes dans leur studio. Mais ce n’était pas dans notre projet. XL a accepté notre choix. Notre son. C’est la manière dont on perçoit les choses. Et ils ont marqué leur accord à ce sujet.

Edd : En fait, nous avions établi cette règle avant qu’un label ne se manifeste. Et certains concurrents on voulu changer la donne. Pas XL.
Ed : XL montre vraiment beaucoup de respect pour ses artistes. Il admet qu’ils puissent avoir une autre manière de travailler. De penser. Pourvu que le résultat soit à la hauteur.  

Votre répertoire est assez éclectique. Quelles en sont les raisons ? Votre humeur du moment ? Une évolution de vos influences consécutives aux deux années nécessitées pour l’écriture et l’enregistrement du disque ou est-ce simplement un choix ?

Ed : Lorsqu’on écrit une chanson, il n’y a jamais de plan préétabli. Par exemple, quand on a composé « Paris », on aimait vraiment la rythmique. On a ajouté plein de mélodies ; et le résultat était probant. Nous étions satisfaits du résultat et nous étions prêts à reproduire la même recette. Mais finalement, à l’issue des sessions d’enregistrement, la chanson était totalement transformée. En fait, on a simplement commencé à jammer et quand on s’est arrêté, la compo n’était plus la même.
Jack : Je pense aussi qu’inconsciemment, personne ici ne veut repasser les plats.
Ed : En fait, je crois qu’on est incapables de répéter une bonne partie des morceaux qu’on a construits. J’espère que je me que je me fais bien comprendre.
Jack : Je pense tout à fait le contraire…
Ed : Bien sûr, on pourrait écrire un deuxième « Paris » ; mais quand on arrive en studio avec une chanson, elle est systématiquement modifiée par les jams. Et dans 99% des cas, le résultat final est différent.
Edd : Oui mais par contre, on peut facilement reprendre deux accords percutants comme base d’une chanson, et construire un truc distinct ensuite.
Ed : Personnellement j’écoute rarement un album de 45 minutes de bout en bout. Mais si quelqu’un est capable d’y parvenir de A à Z, il doit ressentir une drôle d’impression. Surtout si la musique est totalement linéaire. D’ailleurs je pense que la nôtre baigne dans un univers tout autre que celui de la house et de la dance, car elle fluctue constamment. Et comme tous les titres sonnent distinctement, tu es obligé de les écouter attentivement. Si c’est répétitif, au bout d’un certain moment, tu déconnectes et tu n’y prêtes plus guère attention.

J’évoquais tout à l’heure Bono qui avait été impressionné par votre performance. Estimez-vous que Friendly Fires est un groupe qui prend toute sa dimension en live ?

Ed : Oui ! Nous avons dû modifier certaines composantes pour les adapter à la formule ‘live’. En concert, nous sommes quatre ; et certaines partitions sont impossibles à recréer sur scène de manière totalement identique. Il y a la version studio et la version ‘live’. Je pense d’ailleurs que c’est positif. La version ‘live’ est beaucoup plus agressive, trashy, brute. Nous ne nous contentons pas d’interpréter le titre exactement comme sur le disque. Il reflète davantage l’esprit de nos 15 ou 16 ans. On y injecte toute notre énergie, toute notre détermination à remuer. On y met les guitares bien en avant. Bref, on cherche à rendre notre excitation très perceptible, parce que si un groupe est à fond dedans lors des concerts, c’est déjà 60% de gagné. C’est plus important que la perfection de la musique ou du son.
Edd : Donc au cours de toutes ces années, tu essayais seulement de bien paraître ? (rires)
Ed : Non, je ne dis pas qu’on essaye de bien paraître, mais je pense que cette attitude impulsive est très importante en ‘live’ ; parce que la plupart du temps, en concert, les retours sont quasi inexistants, et tu tentes désespérément de percevoir ce que tu joues. Aussi, si le groupe semble s’investir à fond dans son trip, le public va être beaucoup plus impressionné.

Donc on arrive à ma dernière question, plus bateau : quels sont vos projets pour l’année prochaine, hormis tourner pour promouvoir l’album ?

Jack : Nous n’avons pas beaucoup de choix pour l’instant. Nous sommes ‘bookés’ jusque fin octobre. Au moins !
Ed : Même décembre, si on tient compte de la tournée américaine et de quelques autres concerts... Sinon, on va se remettre à composer ; mais je crois qu’on va s’y consacrer lorsqu’on sera de retour en studio ; car sur la route on est dépendant d’un portable. Pas l’idéal ! Je veux dire que sur un ordinateur, tu te contentes d’enchaîner des sons ; et ce n’est pas la meilleure manière d’écrire des chansons. Il est toujours plus judicieux d’utiliser nos instruments pour accomplir cette tâche. Mais on verra plus tard…

Jack : Oui, plus tard. Enregistrons un album pour Noël...
Ed : Oui, un Christmas Album... (rires)

 

Funeral For A Friend

Tales Don’t Tell Themselves

Écrit par

En 2003, les Gallois de Funeral For A Friend publiaient « Casually Dressed & Deep In Conversation », un excellent second effort qui leur aura permis de devenir l’une des formations incontournables de la scène post-hardcore made in UK. Aujourd’hui, le quatuor en est à son quatrième essai et continue une descente aux enfers débutée en 2005 à travers la sortie de « Monsters », disque au résultat plus que mitigé. Les affres de l’emo-pop à l’américaine auront eu raison de l’inspiration du quatuor (l’intro à la Panic! At The Disco de « Into Oblivion (Reunion) »), qui semble renier ses influences originelles pour mieux vendre son âme. Aucun des onze morceaux de « Tales Don’t Tell Themselves » n’atteint le brio de leur classique « Escape Artists Never Die » et l’ensemble est à bailler d’ennui. Dommage.

The Judy Experience

Judy is rising (Ep)

Écrit par

Six titres sur l’Ep de cette formation drivée par James Brooks Caperton, un personnage qui a sévi au sein de Veronica Lipgloss and The Evil Eyes, combo responsable d’un album intitulé « Cold Standard Laboratories », en 2005. Une œuvre particulièrement intéressante, mais totalement passée inaperçue.

Le Californien a décidé de poursuivre l’aventure sous son propre patronyme, mais semble y avoir entraîné la flûtiste Michelle Rodriguez et le percussionniste Nathan Carrera. The Judy Experience emprunte un chemin balisé, entre 95 et 99, par feu Dream City Film Club, au sein duquel militait le chanteur/guitariste/claviériste Michael J. Sheehy (NDR : il a depuis entrepris une carrière en solitaire). Mais un DCFC qui se serait intéressé à  la musique avant-gardiste de Tuxedo Moon.

Hormis « Candace prance », composition orientaliste dynamisée par un groove envoûtant et tribal, née de la fusion entre drums, percus et basse et hantée par un saxophone geignard, reptilien, trois compos évoluent sur un tempo lent, presque sinistre ; la guitare discordante mais terriblement efficace et le sax torturé se partageant l’essentiel de l’espace sonore. Hanté par un vocal issu d’outre-tombe, le titre maître ressemble à du Siouxsie & The Banshees défilant au ralenti, alors que « Cloak of the priestess » nous entraîne dans un univers visionnaire. Parcourue par une flûte pastorale et caractérisée par des cordes de guitare jouées en picking, cette plage toute en subtilité et en atmosphère me rappelle quelque part le « Foxtrot » de Genesis (NDR : celui de l’Archange Gabriel, bien sûr). Une manière de jouer des cordes que l’on retrouve sur le final « Fall river ». Les drums y sont imposants. Mais c’est surtout le vocaliste qui fait la différence. Son timbre falsetto est d’ailleurs aussi bouleversant que celui de Jeff Buckley. Ce groupe (ou artiste) a du potentiel, c’est une certitude. Il est donc à suivre de très près.

Mansbestfriend

Poly.sci.187

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Après deux ans de silence radio, Tim Holland aka Sole nous revient sous le pseudo Mansbestfriend pour enregistrer un premier album. Instrumental et sorti chez Anticon (cofondé par... Tim Holland), « Poly.sci.187 » respecte la philosophie du label et brouille les pistes, navigant entre hiphop, electronica et sonorités indus.

Tim Holland nous livre un album aux ambiances épaisses, une œuvre qui doit s'écouter dans son intégralité. Pas question de sortir un ou deux titres du lot, on parle ici d'ambiances, de textures et d'expérimentations qui ne font effet que sur la longueur. Les mélodies sont rares ou cachées derrière un brouillard de distorsion mais leur absence permet aux rythmes, aux textures et aux collages de jouer leur effet hypnotique malgré des morceaux très concis et un recours quasi systématique au fade-out. Bande-son d'un dimanche embrumé à Portland, où sévit Sole, Poly.sci.187 nous entraîne dans ses expérimentations plus qu'il ne pousse à l'écoute attentive. Les quelques voix insérées dans l'ensemble sont d'ailleurs inaudibles et semblent sortir d'un radioréveil mal programmé. S'y côtoient un enfant libanais dénonçant l'invasion israélienne, la philosophe anarchiste Emma Goldman ou des extraits d'une pièce de Brecht. Une oreille vigilante se délectera cependant du travail sur la palette de sons employée et de la multiplication discrète des niveaux d'écoute.

Mansbestfriend ne nous livre certainement pas un disque facile - plus d'un repousseront rapidement cet état anxiogène distillé insidieusement et les ruptures rythmiques parfois brutales - mais les audacieux se délecteront de ce rêve (cauchemar?) éveillé.

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