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La fresque de Vincent Delerm

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Robin Kester

This is not a democracy

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Robin Kester est originaire de Rotterdam. Peu notoire hors de son pays natal, elle est quand même parvenue à graver près d’une dizaine de singles et un Ep 5 titres (« Peel the skin » en 2018). « This is not a democracy » constitue son premier elpee. Bien qu’intimiste la musique de cette Néerlandaise baigne, en général, dans le psychédélisme

« Sweat and Fright » ouvre l’opus, une plage que trace une ligne de ligne de basse caoutchouteuse et hypnotique, mais sur laquelle flotte le chant éthéré et envoûtant de Kester ainsi que des nappes de claviers vaporeuses. « Cigarette song » et « The Dirt » se chargent d’intensité électrique, alors que Robin nous susurre des mots sombres dans le creux de l’oreille. L’ambiance psyché se couvre d’accents jazzyfiants, un peu dans l’esprit de Portishead, tout au long de « Portals », des cuivres enrichissant l’expression sonore.

Bref, de bonne facture, les 7 titres oniriques et luxuriants dispensés en moins d’une demi-heure nous plongent au sein d’un univers à la fois perturbé et perturbant qu’alimentent des synthés vintage, des sonorités de guitare rétro mais singulières ainsi qu’une vibraphonette antique…


 

Chris Robinson

Servants Of The Sun

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Chris Robinson Brotherhood

Chris Robinson n’est pas inconnu des fans des Black Crowes, puisqu’il était le chanteur de ce groupe yankee.

Après l’avoir écouté plusieurs fois, sans véritablement convaincre son auditeur, ce sixième LP du CRB finira au rayon ‘Rock Classic’. Il est fort peu probable qu’il ressortira de son bac pour finir usé par le diamant de votre platine. Ce ne sera pas dû aux musiciens qui sont néanmoins des pointures dans leur domaine mais plutôt à un manque de créativité, de folie qui suscite les ‘Waouw !’

L’album se laisse écouter sans piquer l’intérêt. Il risque d’induire la somnolence du chauffeur écoutant les morceaux de cet opus en streaming au volant de sa voiture.

Trois morceaux sur dix ont un peu bousculé mon indifférence. Il s’agit tout d’abord de « Rare Birds », par son côté plus groovy. Ensuite « Madder Rose Interlude », un intermède psycho-déjanté de 43 secondes. Et enfin le titre final, « Smiling Epitaph », qui réveille l’écoute de cet elpee dans sa dernière minute. Hélas l’épitaphe joyeuse est tardive pour cet essai transpirant la routine transportée par les ‘serviteurs du soleil’. Me semblerait qu’il y avait comme une éclipse le jour de sa conception.

Jack Bruce & Robin Trower

Songs from the Road (cd + dvd)

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Thomas Ruf nous propose une suite à la collection "Songs from the Road", à travers ce cd et ce dvd, qui met en exergue son catalogue en ‘live’. Et pour la circonstance, il nous réserve une belle surprise en exhumant une prestation de Jack Bruce associé à Robin Trower.

Jack Bruce est une icône de la musique rock contemporaine. Il nous a malheureusement quittés en octobre 2014. Il avait 71 ans! Très bon chanteur, doublé d'un excellent bassiste, il a participé à l’aventure de la vague blues anglaise des sixties, à l’instar de l’Alexis Korner Blues Incorporated, du Graham Bond Organization, du Manfred Mann et parfois du John Mayall's Bluesbreakers ; sans oublier, en 1966, à l'avènement du premier super groupe, The Cream, auprès d’Eric Clapton et de Ginger Baker.

Le parcours de Robin Trower est très différent. En 1967, il devient guitariste chez Procol Harum. Très marqué par le jeu de Jimi Hendrix, il fonde, dès 1973 son trio, le Robin Trower Band. En 1981, Bruce et Trower forment le trio B.L.T., en compagnie du batteur Bill Lordan ; une aventure qui donnera naissance à deux elpees, un éponyme en 81 et "Truce" (Isidore remplaçant Lordan), l'année suivante.

La set list du concert enregistré fin février 2009, à Nimègue, réunit l'essentiel du contenu de l'album "Seven moons", que les deux artistes avaient réalisé ensemble en 2005, déjà, en compagnie du même batteur Gary Husband, un musicien qui avait beaucoup milité dans l’univers du jazz rock, côtoyant notamment John McLaughlin, Allan Holdsworth et Billy Cobham.

Et l’opus s’ouvre par le morceau éponyme. Une version superbe qui calibre déjà l'atmosphère de ce spectacle, dont les morceaux imprimés sur un tempo lent sont privilégiés. Bien sûr inspiré par Hendrix, Robin joue tout en délicatesse, tout en restant sur la réserve ; et dans ce registre, c’est vraiment un guitariste de grande classe. "Lives of Clay" baigne au sein d’un même climat. Brillant, Trower maîtrise à merveille ses effets sonores. Indolent, "Distant places of the heart" est bercé de mélancolie. Lors de la version du célèbre "Sunshine of your love", l'un des fleurons de Cream, la basse de Bruce entre en extase. Mais ce qui caractérise le mieux Bruce et Trower, ce sont  les compositions atmosphériques ; à l’instar du superbe "Carmen" qui figurait sur "B.L.T". "So far to yesterday" nous entraîne dans un trip psychédélique. Quoique bien maîtrisées, les cordes de Robin entrent en transe. "Just another" pousse le périple un peu plus loin ; une remarquable plage au cours de laquelle Trower est au sommet de son art. Il écrase ses pédales sur "Perfect place". "Bad case of celebrity" est un blues lent dépouillé, avant que Trower ne se réserve quelques lignes très hendrixiennes sur "Come to me". En fin de set, Bruce se libère pour conduire deux covers de Cream, l'inévitable "White Room" et "Politician". Un excellent concert!

 

Robi

La Cavale

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Originaire de l'île de La Réunion, Robi, aka Chloé Robineau, publie son second elpee, ce 26 janvier 2015. Il s’intitule « La Cavale ». Elle avait réalisé des débuts prometteurs en 2013, en gravant un premier elpee baptisé « L'Hiver Et La Joie », disque qui faisait suite à un Ep 6 titres éponyme paru en 2011. Des morceaux comme « Je Te Tue », « Où Suis-Je » ou « Ma Route », interprétés en compagnie de Dominique A. sortaient largement du lot.

L’image de la pochette nous montre une artiste habillée de noir ; un climat sombre reflété pleinement dans les textes de certaines chansons.

« L'Eternité » ouvre la plaque. Il s’agit du single qui a précédé la sortie du long playing. Une plage qui confirme la singularité de l'artiste qui s'inspire largement du mouvement cold wave et en particulier de Joy Division. Exprimés dans la langue de Voltaire, les lyrics évoquent à la fois Bashung, Noir Désir et Barbara. Agée de 32 ans, elle a pris de la bouteille. Elle a ainsi participé activement à la réalisation de son premier clip, aidée par Frank Loriou (direction photo), de Fabien Pouillaut (chef opérateur) et de Romain Wagner (effets spéciaux). La gestuelle de la chamane et son regard perçant voire troublant accentuent le mystère. Sa pop est nonchalante. Tout au long d’« Etre Là », sa voix se fait tour à tour frustre ou douce, dominatrice ou séduisante. Parfois, le tout à la fois. Il est cependant nécessaire d’écouter les compos à plusieurs reprises pour s’imprégner de l’ambiance créée par l'instrumentation.

« Devenir fou » dépeint un univers triste et mélancolique. Poétesse des temps modernes, elle exprime ses angoisses, ses névroses et ses doutes. Au départ, la ligne de basse est névrotique, puis le refrain propage sa contagion. Cette musique est susceptible de vous rendre dingue. La voix de Robi communique facilement ses émotions. Le lien est fait. Caractérisé par ses synthés, « Nuit de fête » opère un véritable retour vers la fin des années 90, une piste dont la mélodie vous prend aux tripes, alors que la basse s’y révèle à la fois sauvage et enjôleuse. « Danser » est une compo supposée inviter au dancefloor ; mais la fin de parcours s’avère bien plus tourmentée. Hantée par un violoncelle, « Le Vent » est une plage obsessionnelle. A la limite de la persécution, mais sans jamais vous agresser… « A Cet Endroit » est sans doute le morceau le plus accessible. Très belle chanson, « Le Chaos » est empreinte de réalisme. Languissant, « A Toi » adopte un refrain répétitif. « Par Ta Bouche » opère la liaison idéale avec le dernier titre, « La Cavale ». Le titre maître. Il clôt le disque à la perfection. Une compo remarquable. Ténébreuse. Froide. Glaciale même. Et paradoxalement chaleureuse, en même temps. Ce disque est à savourer par doses homéopathiques. Afin d’y déceler toutes les subtilités qu’il recèle…

 

Chris Robinson

Phosphorescent Harvest

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Chris Robinson est de retour. Après avoir publié deux albums au cours de l’année 2012 et accompli le tour du globe pour le défendre en ‘live’, l’ex-Black Crowes nous propose un troisième elpee intitulé « Phosphorescent Harvest ». Le line up de son backing group est inchangé. On retrouve ainsi Neal Casal à la guitare, l’ex-Black Crowes, Adam Macdougall, aux claviers, George Sluppick aux drums et Mark Dutton à la basse. Robinson semble toujours prendre autant de plaisir à faire revivre les groupes du passé comme, par exemple, le Grateful Dead.

Et la pochette de « Phosphorescent Harvest » est particulièrement explicite. The Chris Robinson Brotherhood a décidé de nous replonger dans l’univers californien des sixtes, et tout particulièrement dans son psychédélisme atmosphérique. Un psychédélisme qui laisse la part belle à la guitare de Neal Casal. Ce qui n’empêche pas les claviers de tirer leur épingle du jeu. A l’instar de l’excellent « Badlands Here We Come », au cours duquel ils dominent véritablement leur sujet. Mais au-delà des codes psychédéliques parfaitement respectés, il faut souligner la qualité des morceaux de cet opus. Parfaitement soulignées par la voix de Robinson, les mélodies sont superbes. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’écouter dix fois cet LP pour y succomber. Une œuvre que baigne le soleil de la côte West (NDR : le plus langoureux « Beggars Moon »), mais aussi parfois dynamisé par des changements radicaux de tempo. Empruntant même parfois une forme carrément rock’n’roll ».

Les fans de la première heure des Black Crowes devraient apprécier ce remarquable plongeon dans un passé, qui ne date cependant que d’un demi-siècle…

 

Chris Robinson

The Magic Door

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Chris Robinson et Brotherhood viennent à peine de publier "Big Moon ritual" que l’album suivant tombe dans les bacs. Soit trois mois entre ces deux sorties. "The Magic door" recèle un peu moins d'explorations spatiales, floydiennes, psychédéliques, adoptant une forme plus rock, plus classique et largement bluesy. Un elpee partagé en sept plages, dont six nouvelles compositions et une reprise…

L’opus s’ouvre d’ailleurs par la cover. Un traitement maison réservé au "Let's go, let's go, let's go" de Hank Ballard. La compo est imprimée sur un rythme boogie blues bien enlevé, que les Anglais de Status Quo n'auraient pas renié. Les guitares ne tiennent pas en place mais ne sont en rien débridées. "Somebody past the sunset" adopte un tempo semblable ; mais s’ouvre cependant à l’exploration. La voix de Chris est hantée par Jim Morrison. Autoritaire, volubile, elle a aussi le don de fouetter Neal Casal qui caresse son manche à l'aide d'un bottleneck. La sonorité de la slide s'épanouit pour notre plus grande jouissance! Ballade, "Appaloosa" est inspirée, comme très souvent chez Robinson, par le Grateful Dead de Jerry Garcia. Aride, la ‘six cordes’ se libère. "Vibration & light suite" est la plus longue plage de cette "Porte magique". Près de 14' dispensées dans l'esprit de l'album précédent. Les références aux groupes-phare de la génération hippie de San Fancisco sont bien intégrées. Nous sommes cependant ici plutôt proches de Quicksilver Messenger Service. A cause de ces sonorités intersidérales colorées et subtilement délirantes. Chaque musicien apporte sa touche personnelle. Les interventions au clavier d’Adam McDougall sont épanouies ; et en fin de parcours, la piste nous entraîne dans différents univers. Tour à tour floydiennes ou krautrock, les sonorités space rock nous replongent cependant dans les 70’s. Plus roots, fruit d’une rencontre entre blues et country, "Little lizzie mae" adresse un clin d’œil au Texan Doug Sahm (le Sir Douglas Quintet), mais également au Lovin' Spoonful. Retour au space rock sur "Sorrows of a blue eyed liar", une plage somptueuse, très réverbérée, réminiscente du Pink Floyd de la grande époque ; les cordes et claviers empruntant généreusement à David Gilmour et Rick Wright. Cet opus se referme par "Wheel don't roll", un titre empreint de douceur, mais sans intérêt majeur. Un elpee de toute bonne facture, mais qui ne décrochera pas le prix d’excellence, remporté par le précédent, "Big Moon ritual"…

 

Chris Robinson

Big Moon ritual

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Chris Robinson est surtout connu comme chanteur des Black Crowes, un groupe majeur de rock blues fondé en 1989 et drivé par Chris ainsi que son frère, le guitariste Rich. A ce jour, la formation a vendu plus de trente millions d’albums. En 2002, le band décide de prendre une pause, suite au départ de leur drummer. Chris se lance alors dans un projet parallèle, flanqué de The New Earth Mud, un ensemble folk rock qui se forge alors une solide réputation de jam band. Faut dire que Mr Robinson a toujours été un proche du Grateful Dead et tout particulièrement de son guitariste historique Jerry Garcia! En 2005, les Crowes reprennent du service, avant de se séparer, une nouvelle fois, en 2010.

Printemps 2011, Chris Robinson lance son Brotherhood, en compagnie du claviériste Adam MacDougall (aussi un Black Crowes), du drummer George Sluppick (ex-Sha Na Na), du bassiste Mark Dutton et de Neal Casal (de Hazy Malaze), préposé à la seconde gratte. La musique de Brotherhood nous replonge plusieurs décennies en arrière. Comme chez les jam bands de l’époque. L’expression sonore est aventureuse. Elle explore, se cultive, se développe. L’elpee ne recèle d’ailleurs que 7 plages ; et la plus courte dépasse les 7'. Une bonne dose de psychédélisme et une autre de rock acide nous ramènent au temps des hippies. Le style s’ouvre ainsi aux effets cosmiques, comme à l’époque au cours de laquelle Syd Barrett militait encore chez Pink Floyd, mais aussi au blues, à la country ainsi qu’au rock sudiste des Allman Brothers Band et autre Govt Mule.

Des sonorités galactiques introduisent "Tulsa yesterday". Ce long périple nous permet de revivre l’atmosphère qui régnait lors des concerts de Grateful Dead. La voix très spécifique de Robinson accentue cette impression. La plage évolue lentement mais perceptiblement, libérant enfin la guitare caustique de Casal. Les claviers sont bien intégrés. Progressivement le tempo accélère favorisant le déchaînement des cordes. Imprimées sur un tempo hypnotique, les 5 premières minutes de "Rosaleen" sont trempées dans le country rock ; puis le morceau vire au space rock avant d’éclater une nouvelle fois au cœur d’une tempête de cordes. Le sens mélodique n’est cependant pas négligé chez CRB. Il s’inspire de la country. A l’instar de "Star or stone", une très belle chanson empreinte de douceur et de mélancolie. La voix est volontiers gémissante et l’envol des cordes produit un véritable enchantement. Malgré les sonorités floydiennes, sidérales, alimentées par les claviers de MacDougall, "Tomorrow blues" adopte un profil plus blues. Tant le rythme que les interventions de gratte. Chris possède une superbe voix, naturellement puissante et très soul. Elle est bien mise en exergue sur "Reflections on a broken mirror", projetant même dans nos esprits une réincarnation de l’éternel Jerry Garcia au XXIème siècle. Elle est même très pure tout au long de "Beware oh take care", évoquant alors Michael Stipe de R.E.M. Le périple s’achève par le paisible "100 days of rain". Un album que votre serviteur a beaucoup apprécié. Et dont il attend impatiemment la suite, déjà prévue d’ici quelques semaines. Le titre de cet elpee ? "The Magic Door".

 

Tad Robinson

Back in style

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Originaire de New York City, Tad est compositeur/chanteur/harmoniciste. Outre-Atlantique, sa voix est considérée comme un petit bijou national. Otis Clay, l'un des seigneurs du soul blues a déclaré qu'à sa mort, il aurait sa place réservée au paradis de la soul! Il y a longtemps qu’il sévit sur la scène de Chicago. Ses débuts, il les a accomplis au sein de la formation blues rock, Big Shoulders. Chez Dave Specter and The Bluebirds, il en est le frontman. Et participe à la confection de leur elpee, "Blueplicity". Tad est ensuite signé par le célèbre label local Delmark. En 1995, il grave "One to infinity" puis "Live in Europe", en compagnie du guitariste Dave Specter. Il publie "Last go round" en 1998. Avant de rejoindre l’écurie Severn, où il sévit toujours. Depuis, il a souvent fait équipe avec Alex Schultz (NDR : issu de la West Coast, ce guitariste notoire a milité chez le William Clarke Band et les Mighty Flyers), et notamment en 2005, lors de la confection de "Think about it", de ce partenaire. En solo, il est également responsable de "Did you ever wonder", paru en 2004 et "A new point of view", en 2007. Il a été nominé à plusieurs reprises comme artiste ou pour l’album de soul blues de l'année. On le compare souvent à d'autres blancs du style ; et en particulier Darrell Nulisch ainsi que Curtis Salgado.

A 54 balais, il nous revient donc pour un nouvel opus. Il est soutenu par son équipe de base : le bassiste Steve Gomes, le drummer Robb Stupka, le claviériste Kevin Anker et son grand ami Alex Schultz, à la guitare. De nombreux invités se sont joints à la fête. Notamment des cuivres et des choristes.

"Rained all night" nous entraîne au cœur d’un univers empreint de douceur et de passion. Une compo à la jolie mélodie issue de la plume de son bassiste Gomes. Face à l'orgue Hammond d'Anker et les cordes discrètes d'Alex, la voix de Tad est bien mise en exergue. "Full attention blues" constitue la plage qui me botte le plus. C’est aussi certainement la plus spécifiquement blues. Une plage introduite par l'harmonica de Tad (NDR : il ne faut pas oublier qu’il est également un souffleur raffiné, citant volontiers Big Walter Horton, Sonny Boy Williamson, Junior Wells et James Cotton, parmi ses références). Alex lui donne la réplique et se réserve une sortie parcimonieuse aux cordes. Exquis ! La plus belle mélodie est incontestablement rencontrée tout au long de la reprise du "You name it I've had it" de Clarence Shields. La voix est pure, lumineuse. Les chœurs féminins et le front de cuivres lui donnent la réplique. La tonalité grave de l'orgue ne fait que souligner la richesse et la profondeur de la voix. Les jolies ballades soul se succèdent : "On and on", "I'm in good", "Just out of my reach", au cours duquel Mr Schultz se révèle très économe mais tellement efficace à la gratte, ainsi que "Half smile", caractérisé par ses chœurs féminins. Benji Porecki se consacre à l’orgue Hammond tout au long de "Sunday morning woman", et il tire parfaitement son épingle du jeu pendant qu’Alex et Dan Hovey (NDR : le leader du groupe de blues psychédélique GHZ) se partagent les cordes. Un feeling que l’on retrouve lors de la finale, "Get back in love". "Turn to the music" véhicule des tonalités jazz bien ciselées. Les cuivres sont à l'avant-plan. Kevin Anker manifeste une grande versatilité sur les touches de son piano électrique Fender Rhodes. Je recommande chaudement cet album aux amateurs de soul blues.   

 

Jack Bruce & Robin Trower

Seven Moons Live

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Est-il vraiment nécessaire de vous présenter Jack Bruce et Robin Trower ? Oui ? Bon, OK, je m’y colle. De son vrai nom John Symon Asher Bruce, Jack Bruce est né en Ecosse. Le 14 mai 1943. Faites le compte, il vient de fêter ses 66 ans. Tout jeune, il étudie le violoncelle ; mais, c’est le rock et le blues qui l’attirent. Armé d’une basse, il fait son instruction au sein de diverses formations, au nombre desquelles figurent les Blues Incorporated et surtout les Blues Breakers de John Mayall. Un beau jour de 1966, il décide de fonder un power trio en compagnie de Ginger Baker et Eric Clapton. Le nom du groupe : The Cream.

Robin Leonard Trower est né le 9 mars 1945. Il est un des membres fondateurs de Procol Harum (NDR : « A Whiter Shade of Pale », vous vous souvenez ?) C’est un des ‘guitar heroes’ issu des seventies. Son jeu, tout en pédale wah wah, lui avait d’ailleurs valu, à l’époque, le surnom de ‘White Jimi Hendrix’.

Dans les années 80, ces deux musiciens légendaires, accompagnés du batteur Bill Lordan, enregistrent, sous le nom de BLT, deux albums (« BLT » et « Truce ») devenus aujourd’hui incontournables. En 2008, plus d’un quart de siècle plus tard, les deux compères décident de remettre le couvert en s’associant au batteur anglais Gary Husband (Level 42, Gary Moore, John McLaughlin, Allan Holdsworth). De cette association nait « Seven Moons », un excellent elpee alliant le classic rock, le jazz et le blues.

« Seven Moons Live » a été immortalisé à Nijmegem en Hollande, le 28 février 2009, alors que le groupe n’en était qu’à sa troisième prestation ‘live’ depuis sa formation. Au menu de la setlist, une grande partie des titres figurant sur « Seven Moons », bien sûr ; mais aussi quelques classiques de Cream (« Sunshine Of Your Love, « White Room » et « Politicians ») ainsi que « Carmen » un extrait de l’album « BLT ».

La prestation débute par les remerciements de Bruce adressés au public néerlandais. Faut dire que le public dans la salle est chaleureux et accueillant. On sent le bassiste très ému de se retrouver sur les planches bataves. Aux premiers accords de « Seven Moons », et de son ‘Classic Rock Seventies’ sans grande surprise, on se dit que, malheureusement, la prestation ne sera pas inoubliable. Cependant, cette impression disparait dès le premier solo de guitare délivré par Robin Trower. Le sexagénaire n’a rien perdu de sa superbe et nous flanque une belle claque dans la tronche. Et tout au long des 77 minutes que dure ce disque, il va nous en mettre quelques unes. Car si la musique du groupe n’est pas des plus excitantes, elle est transcendée par la ‘lead’ guitare magique du grand Robin. Evidemment, les qualités de bassiste et de chanteur de Monsieur Bruce ne sont pas ici remises en cause ; pas plus d’ailleurs que l’incroyable jeu jazzy de Gary Husband. Cependant, c’est principalement à Trower que l’on doit les instants les plus remarquables de cet opus live. Comme il fallait s’y attendre, l’interprétation du « Sunshine of Your Love » de Cream, dans sa version longue de huit minutes, est l’un des tous grands moments du show. Le public ne s’y trompe pas et ovationne le groupe à sa juste valeur. La guitare de Trower fait également merveille sur les titres les plus blues de l’album, tel ce « Bad Case Of Celebrity » endiablé où le six-cordiste est magnifiquement secondé par la basse ‘ronronnante’ et la voix chaude de Jack Bruce.

En résumé, « Seven Moons Live » est une œuvre dont on peut tirer énormément de leçons. Premièrement, une leçon de rock’n’roll. Ensuite, une leçon d’humilité. Car les musiciens sont vraiment sympas avec leur public. Enfin, vu l’âge avancé des trois protagonistes, une leçon de survie.

Robin Danar

Altered States

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Producteur de son état, Robin Danar s’est mis en tête de confectionner un recueil regroupant une série de reprises interprétées par quelques uns de ses artistes favoris. Initiative à priori banale. Sauf que le New-Yorkais, dans son infinie sagesse, a décidé d’ajouter un peu de piment à l’ensemble. Pour différencier son « Altered States » des innombrables compiles du genre, il s’est adressé en majorité à des artistes originaires de Los Angeles qui ont dû, pour l’occasion, se prêter à un petit exercice de style plutôt intéressant. Prêchant l’originalité, Robin Danar a présenté à ses invités une série de morceaux improbables que ces derniers n’auraient, par conséquent, probablement jamais interprété de leur propre chef. Entièrement réorchestrés, ces reprises ont ensuite été enregistrées en live dans des lieux aussi divers que des garages ou des salons. Exit le studio d’enregistrement.

Assurément, Danar réussit quelques coups de maître. Ainsi, il pousse Inara George (The Bird & The Bee) à réinterpréter (NDR : et le résultat est magnifique !) le « Chances Are » de Johnny Matthis ; permet à Julian Coryell de triturer gracieusement le « Don’t Stop ‘Till You Get Enough » de Michael Jackson ou encore de métamorphoser le « Use Me » de Billy Withers en un incontournable tube pop interprété par Pete Yorn et Kinky. « Altered States » aurait néanmoins pu se préserver de la présence de l’un ou l’autre trouble-fête, gâchant un peu l’unité de l’ouvrage. On citera principalement Andy Levin & Holly Palmer (« Fool », reprise d’un morceau d’Andy Levin lui-même), Minibar (flinguant le « First Of The Gang To Die » des Smiths) et Quincy Coleman (massacrant le « Fearless » de Pink Floyd).

Bande son d’un film imaginaire uniquement disponible pour l’instant en import, « Altered State » demeure probablement un secret bien gardé. Mais l’on ne peut que conseiller aux fans des artistes participant au projet de jeter une oreille plus qu’attentive à cette agréable petite plaque pleine d’ambition mais sans prétention.

 

Duke Robillard

The Unheard Duke Robillard Tapes Volume 1

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Duke Robillard est un des guitaristes contemporains les plus notoires. Très populaire chez nous, il est à la tête d’une discographie très abondante et largement distribuée. Il a été, rappelez-vous, l'un des fondateurs du big band de Rhode Island : le Roomful of Blues. En 1967. Lorsqu’il quitte cette formation, fin des années 70, il est remplacé par Ronnie Earl. Il monte alors le Legendary Blues Band en compagnie des musiciens de Muddy Waters. Puis devient le leader des Pleasure Kings. En 1984. Depuis, il a sorti un nombre impressionnant d'albums. Toujours caractérisés par cette touche personnelle, mêlant blues, jazz et swing. Il même sévi chez les Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson, début des années 90. Son dernier elpee, "World full of blues", est paru en juin dernier sur le label canadien Stony Plain (distribué par Dixiefrog). Mais c'est d'une autre œuvre dont il est ici question ; puisqu’elle est distribuée via son propre site web. Des plages concoctées au cours de ces 15 dernières années, et qui ne sont jamais parues en CD.

Cette collection s’ouvre par une version dépouillée de "Pony blues". Duke n'est soutenu que de sa seule section rythmique. C’était lors d’une audition destinée à recruter un nouveau bassiste, en l'occurrence John Packer, l’heureux lauréat. Cette adaptation sobre met en exergue le drumming complexe de Marty Richards. "I'm sticking with you baby" est issu de la même session. Un puissant shuffle à la BB King. Un titre que Duke avait écrit à l'époque de Roomful of Blues, alors qu’il était au sommet de son art. La cover du "Gypsy woman" de Muddy Waters respecte le style originel. Un morceau imprimé sur un tempo tout en retenue. Mark Braun siège derrière le piano pendant que Jerry Portnoy nous illumine de ses interventions claires et concises à l’harmonica, tout en véhiculant un maximum de feeling. Duke signe "World radio theme". C’est le titre générique d'un radioshow populaire dans le Kentucky. Enrichi par les cuivres de Doug James, Dennis Taylor et Al Basile, le fragment baigne au sein d’un climat manouche. "I'd rather drink muddy water" a été composé par The cats and a Fiddle, au cours des années 30. Cette version est savoureuse. Duke et Gerry Beaudion se partagent un duo pour la plage surannée "Minor for McDonough", un titre jazzyfiant absolument délicieux. Instrumental puissant et très électrique, "The change is on" sert aux retransmissions des play-offs de la NBA à la TV. Duke, Marty Ballou et Marty Richards s’y libèrent. Inspiré par T-Bone Walker, "The return of Duke's mood" immortalise une session improvisée opérée en studio, et sous la formule du trio, lors de l'enregistrement de l'album "Guitar Groove-a-rama". Blues destiné à un big band, "I'm in cahoots with you" était resté à l’état de projet. En fait, le contrat commercial n’avait pas abouti. Un titre agréable à écouter. Matt McCabe s’y réserve le piano, alors que la section de cuivres de Roomful of Blues densifie l’espace sonore. La cover du "I live the life I love" de Willie Dixon est excellente. Du Chicago blues qui swingue. L'atmosphère est très décontractée. Bruce Katz se consacre au piano, Doug James et Gordon Beadle aux cuivres. La version instrumentale d’"Exalted lover" est à nouveau très dépouillée. La guitare/synthé de Duke reproduit des parties de trompette, de clavier et de sitar. La reprise du "Something to remember you by" de Guitar Slim constitue un remarquable exercice de style exécuté en live. Il date quand même d’une bonne dizaine d'années ; mais c’est un véritable festin! Signé Larry Davis, "I tried" figure au répertoire du Savoy Brown depuis déjà près de 40 ans. Duke nous en propose une adaptation saignante et irréprochable. Ce titre puissant devait figurer sur l'album "Duke's blues". Mr Robillard s’y montre à la fois offensif et direct, comme toujours. Ce recueil s’achève par la demo de "Pony blues". Essentiellement acoustique, elle est interprétée à la manière d'Howlin' Wolf ! La sortie de ce premier volume est tout à fait judicieuse. Elle s’inscrit dans l’esprit de ce que Kim Wilson avait édité, il y a peu!

Robin Trower

Living out of time

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Robin Trower est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il joue de la guitare depuis plus de 40 ans. A milieu des sixties, il militait chez les Paramounts. En compagnie du chanteur/pianiste Gary Brooker. Deux musiciens qui participeront ensuite à l’aventure du Procol Harum entre 1967 à 72, épinglant au passage le méga-hit "A whiter shade of pale". Lorsque Robin découvre Jimi Hendrix, il est totalement transfiguré et monte aussitôt son Robin Trower Band. Il commet son premier elpee en 1973, "Twice removed from yesterday", flanqué de James Dewar et Reg Isadore. Et "Bridge of sighs" l’année suivante. Des albums ? Il va en concocter une flopée. Mais nous en retiendrons surtout B.L.T en 1981, avec Bill Lordan et un certain Jack Bruce. "Back it up" en 83, elpee pour lequel il reçoit le concours du bassiste Dave Bronze. "Passion" en 87. Une plaque au cours de laquelle apparaît le chanteur Davey Pattison. Ces trois musiciens sont rejoints en 2003 par Pete Thompson, et gravent "Living out of time" (NDR : concocté en studio, ce disque porte le même nom que ce tout nouvel opus immortalisé ‘live’). Dernier essai studio, "Another day blues", remonte à 2005.

Nous retrouvons donc Robin au "Harmonie" de Bonn. Le 9 mars 2005. Dans le cadre du Rockpalast Crossroads Festival. Il est, bien sûr, soutenu par ses vétérans : le chanteur Davey Pattison, le bassiste Dave Bronze et le drummer Pete Thomson. On s’y attendait, le fantôme de Hendrix hante toujours Robin ; et cela s'entend dès l'intro de "Too rolling stoned" au cours duquel il écrase, le plus profondément possible, ses pédales de distorsion. Dans ce type de répertoire, Davey Pattison est le chanteur idéal. Faut dire qu’il a fréquenté le Gamma de Ronnie Montrose (NDR : un des premiers princes du hard rock et du heavy metal américain a avoir marqué les années 70). Ce disque a été enregistré en public. Il n’est donc guère surprenant que les plages soient singulièrement allongées ; ce qui permet à Trower de s'épancher au gré de son inspiration. Pourtant, je le préfère lorsque le tempo est plus lent. A l’instar de "Sweet angel". Réchauffés, les doigts cernent bien le manche. La partie de guitare n’est pas très inventive ; mais son doigté expert ne manque certainement pas d’assurance. Pendant plus d'une heure, tout son répertoire rockin' blues va défiler. Un répertoire issu des différents albums de l’artiste, partagé entre plages, ma foi, plutôt banales ; mais également moments forts. Je le répète, Trower excelle surtout lors des titres lents. Parce qu’ils libèrent une certaine intensité dramatique. A l’instar de "Daydream", une plage issue de son tout premier album, "Twice removed from yesterday". Le titre maître est du pur Hendrix, proche du célèbre "Voodoo child" voire de "Please tell me". L'ennui, c'est que nous savons qui est le créateur ! "Bridge of sighs" constitue le meilleur elpee de toute sa carrière. C’est également le deuxième. Il n’est donc guère surprenant de retrouver quatre fragments issus de cette plaque, dont le très réussi "Day of the eagle" (NDR : plus Hendrix que nature), l’indolent et majestueux "Bridge of sighs" (NDR : probablement le meilleur moment du concert) et la plage finale "Little bit of sympathy". Le morceau de plastique ne recèle qu’un seul titre typiquement (electric) blues : le nonchalant "I want you to love me", une plage qui ressemble étrangement à "Rock me baby".

 

 

Robin Sylar

Tricked out

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Robin Sylar est un guitariste texan. Naguère, il a joué en compagnie de Stevie Ray Vaughan (NDR : chez le groupe Krackerjack) et Doyle Bramhall. Il aurait même transité par Canned Heat durant une année, à la fin des 70’s. Je lui connaissais le précédent elpee, "Bust out". Robin touche un peu à tout et il est sans doute plus rocker que bluesman.
 
Comme tout bon Texan, il débute par un hymne rock local. Une compo signée par le légendaire Rocky Erickson : le "You're gonna miss me" des 13th Floor Elevators. Une excellente version qui reproduit fort bien le son écorché et psyché de l'époque. Il continue sur sa lancée par "Shaking all over", une composition popularisée par Johnny Kidd. La guitare y est toujours aussi déjantée. Tapissée de percussions exotiques, son adaptation du célèbre "Iko Iko" est brillante. Et la prise de voix assez particulière réverbère une bonne dose d'écho. Roots rock très allumé, "Hollywood millionnaire" épouse une démarche assez folle, mais ce morceau tient la route ; et manifestement, il prend son pied en jouant de la guitare. En chantant le paisible "Heart of Stone" des Rolling Stones, il parvient encore à faire une fête aux cordes. Robin est aussi capable de jouer le blues avec beaucoup d'aisance. A l’instar du "Pretty girls" de Little Walter, dont il réalise une interprétation très personnelle et bien ficelée. Il excelle sur le "Back to Iuka" de Don Nix. Soutenue par les puissantes percussions de Kevin Schermerhorn, sa guitare ne se repose jamais ; elle menace, rugit, accroche... Son attaque du "Can't judge a book" de Willie Dixon est très personnelle. Le son est primaire et pourri. Une plage qui collerait parfaitement à la programmation de ‘Doctor Boogie » sur Classic 21. L'ami Johnny Mack chante "Sugar Bee", tandis que Robin souffle dans l'harmonica et James Hinkle (NDR : un autre pote) joue de la guitare. Et pourquoi rester en si bon chemin ? Alors que la fête continue ! Que ce soit à travers "Hand Jive" de Johnny Otis ou encore "Wine spo-dee-Odee". Robin Sylar n'est sans doute pas un bon chanteur, mais qu'est-ce qu'il peut arracher de sa guitare ! L’opus recèle, en outre, trois plages instrumentales, parmi lesquelles "Misiriou" et la finale "Pipeline" sont tout à fait dignes de la meilleure surf music. Sans prétention, cet elpee est avant tout agréable à écouter. Il est le fruit du travail d’un artiste qui aime ce qu'il fait et qui doit certainement dynamiter la scène.

Thierry 'Titi' Robin

Alezane

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Cette copieuse compilation (35 titres) met à l’honneur les travaux de ce Français passionné par les musiques gitanes. Depuis 1984, la spécialité de « Titi » réside dans les rencontres musicales entre Orient et Occident. A ce titre, il considère que la musique des gitans est un terrain propice à ces combinaisons. « Alezane » recèle quelques unes de ces collaborations commises en compagnie de Gulabi Sapera, une chanteuse/danseuse du Rajasthan, le chanteur flamenco Paco El Lobo et les nombreux musiciens d’origines diverses qu’il a rencontré au cours de ces pérégrinations. Les morceaux de flamenco sont ici majoritaires ; de bonne facture mais sans surprise. Quelques pièces incluent aussi le répertoire des musiques traditionnelles de l’ouest de la France… Ce sont les collaborations avec Gulabi Sapera qui sauvent cette plaque de l’intérêt poli qu’elle suscite. La voix particulière de cette dernière et l’énergie émanant de son chant transcendent les arrangements de Robin qui semble plus inspiré que lorsqu’il se contente d’exécuter, brillamment certes, mais sans imagination, les nombreux flamencos présents sur « Alezane ». En conclusion, cet opus est réservé aux fans de flamenco et à ceux qui ont envie de découvrir Gulabi Sapera.

Duke Robillard

Exalted lover

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Duke Robillard a entamé sa carrière en 1967. Au sein du Roomful of Blues. Après avoir commis deux albums en compagnie du big band et deux autres du Legendary Blues Band, il s'est lancé dans une carrière personnelle, flanqué des Pleasured Kings. Sous cette formule, il va commettre la bagatelle de sept elpees. Entre 84 et 92. Sur le label Rounder. Et pour Pointblank et Stony Plain, il en a aligné une dizaine. Sans compter les collaborations qu'il a concédées pour Johnny Adams, Ruth Brown, Jimmy Witherspoon, ainsi que pour le Kim Wilson Band et les Fabulous Thunderbirds. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il a collectionné les distinctions. Et en particulier, au cours des dernières années.

Pour enregistrer, " Exalted lover ", il s'est entouré de son band habituel : Jesse Williams à la basse, Mark Teixeira à la batterie, Matt McCabe au piano et Doug James au sax ténor ainsi qu'au baryton.

Duke ouvre les hostilités par "Real live wire". Quelle mouche l'a donc piqué, pour faire preuve d'une telle vivacité ? La rythmique est très nerveuse. Matt McCabe virevolte au piano. Les guitares en re-recording ont la pêche. Duke nous réserve son blues lent : "Deep inside". Le piano répond aux courtes phrases vocales qu'il balance de sa voix chaude et puissante. Edifié par Doug James, son ami de toujours, le mur de cuivres murmure doucement, pendant que les cordes s'éclatent avec bonheur et frémissement. Le Robillard a le don de varier son répertoire. "Love made a liar out of me" en est une belle illustration. Une petite perle country qui semble sortir tout droit de Nashville. Il y manifeste une telle richesse, une telle diversité dans son jeu ! Plage intimiste, "Exalted lover" réconforte par ses paroles chaleureuses. Des mots prononcés dans la langue de Voltaire, par une maîtresse visiblement satisfaite, face à la trompette de Scott Aruna. Duke joue du dobro électrique tout au long de "Tore up". Un R&B qui se traîne sur tempo paresseux. La trompette d'Aruna pointe à nouveau le bout du nez, pendant que McCabe puise son inspiration dans la Nouvelle Orléans. De son timbre de crooner, il chante "I'll never be free". Dans un style cabaret. Mais en échangeant un duo avec la chanteuse de country, Pam Tills. Steve Burk est au piano pour interpréter "Down home country girl". Un R&B enlevé au cours duquel l'arrivée de Sax Gordon au sax ténor et de l'ami Carl Quefurth au trombone sonne le rassemblement des cuivres. Il invite Miss Debbie Davies à chanter "How long has it been". Mais elle est également venue donner la réplique à la guitare. L'album s'achève par le désuet "Travelin' mood". Les rythmes sont à la fête ; mais Duke y manifeste son évidente soif de voyager dans les états du Sud.

 

Robin Leduc

Robin Leduc

Robin Leduc ‘lutte pour le droit à la diversité’. C’est très bien parce que, franchement, ça commençait à bien faire : Pagny qui se plaint du contrôle fiscal, Obispo qui se prend pour Michel Polnareff, Garou qui (malheureusement) « Reviens », Johnny qui n’en finit pas de revenir, Claude François qui ressuscite par la grâce d’un autre Belge,… Tout ça c’est bien moche, parce que non, « On n’est pas tous des Cloclo » : la preuve par Robin Leduc, qui lui au moins ne se prend pas la tête. D’accord, ces paroles ne sont pas des plus intelligentes, et son accent est un peu lassant… Mais ses arrangements valent toujours mieux que ceux de Goldman (qui puent les pieds comme le suggère le titre de son dernier album). D’accord, Robin Leduc n’est pas un génie. Sans doute qu’il restera toujours dans l’ombre d’un Biolay ou d’un Murat, mais qu’importe : ses chansons d’amour restent tout à fait valables. On évitera donc tout jeu de mot stupide avec Leduc, parce que non, franchement, ce ne serait pas très sympa.

Robin Bank$

After dark

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" After dark " constitue le dernier album de Miss Banks. Un disque paru l'an dernier et enregistré 'live' à Dallas, en août 2002. Au club qui porte le nom de cet opus. Robin est épaulée par sa fidèle section rythmique : Drew Allain à la basse et Marc Wilson aux drums. Hash Brown est à la guitare et, plus surprenant, Christian Dozzler se réserve le piano. Ce longiligne autrichien est un remarquable musicien. Un ex-membre du Mojo Blues Band qui lance la machine instrumentale par un tonique "Rompin' after dark". L'elpee a été enregistré en public ; les plages sont donc naturellement plus longues et laissent davantage de champ libre aux solistes pour s'exprimer. Illuminé par les parties de piano de Christian, et souligné d'une intervention retenue de Hash Brown, "My daily wish" est un blues lent classique. "Rock this house" hausse le rythme. Une cover de Jimmie Rogers qui libère un maximum de swing. Brown est ici dans son élément! Le texan de Dallas joue dans le plus pur style jump avant de laisser Dozzler évoluer dans un registre qui lui va comme un gant. Au sein de cet environnement, Robin prend toute sa dimension de chanteuse et d'entertainer. C'est une chanteuse typiquement texane, mais profondément marquée par le blues de Chicago. Elle aborde ensuite "I'm walkin' (by myself)", avec beaucoup de brio. Elle poursuit par le classique "Built for comfort" de Willie Dixon. Elle nage ici tout à fait dans son élément. Dozzler se rappelle les bons moments du Mojo Blues Band qui faisait la promotion du Chicago blues, en Europe. Avec un talent certain, il faut le rappeler. Robin chante ensuite son "The whiskey song", un fragment issu de l'elpee "Honestly". Le shuffle est imparable, la machine est parfaitement huilée. Et c'est Hash Brown qui prend ici son pied. L'esprit bien ancré au Texas, elle puise dans le répertoire de Freddie King, en chantant le superbe "Ain't nobody's business. Le piano entoure sa voix suave. Dozzler caresse ses ivoires avec passion. L'émotion est bien présente tout au long de la remarquable adaptation de ce classique. "Hey little girl" est une composition signée par le Texan ZuZu Bollin. Une plage bien rythmée qui libère une nouvelle fois Dozzler et Brown. Zuzu était un excellent bluesman texan disparu en 1990. Il avait collaboré à l'enregistrement de l'album "Hash Brown's Texas Blues Revue", paru en 1999 sur Cannonball. "Blue bird" est un autre blues lent. Une composition somptueuse, minimaliste, sur laquelle nous pouvons entendre distinctement chaque instrument qui sort successivement de sa réserve ; et en particulier les interventions brillantes de la guitare et du piano. "Work it out" est une plage rythmée. Les percussions empruntent des accents exotiques. Robin évolue dans un style fort proche de Candye Kane ; et elle s'en sort tout à son avantage. Christian tapote à la louisianaise. Il y prend plaisir ! Cet opus de bonne facture s'achève dans le même registre, par "Whole lotta love" (NDR : non pas celui-là!!). Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à aller l'applaudir cette artiste lorsqu'elle se produira en compagnie de la crème de nos musiciens belges et hollandais. Vous ne le regretterez pas !

 

Robin Bank$

Honestly

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Robin Banks est née au Canada. A Chatham, dans Ontario. En 1992, elle fonde son propre groupe : le Robin Banks Blues Band. Elle n'enregistre cependant son premier album, "Permanent Record", que cinq ans plus tard. En 1999, elle se fixe au Texas. A Dallas très exactement. Depuis, elle a décidé d'y poursuivre sa route, en s'entourant de musiciens issus de la scène locale, et en particulier du guitariste Pat Boyack, devenu son collaborateur le plus régulier. Elle commet son second opus, "Honestly", en 2001.

Lors de l'enregistrement de ce disque, elle avait reçu le concours de sa section rythmique : Drew Allain à la basse et Marc Wilson à la batterie. Mais aussi de toute une panoplie de guests texan(e)s notoires : côté guitares, Hash Brown, Holland K Smith et Pat Boyack, Tim Alexander (Asleep at the Wheel) au piano et à l'orgue ainsi que le mythique harmoniciste des Rockets d'Anson Funderburgh, le vétéran Mr Sam Myers. Des musiciens qui passent à tour de rôle à l'avant-plan. Miss Robin a un peu tout fait sur cet album. Elle a écrit toutes les chansons, s'est chargée des arrangements et de la production.

Blues léger, "Don't ya love me like that?" ouvre l'elpee. Hash Brown est aux cordes et Sam à l'harmo. Mais les choses sérieuses débutent par "The whiskey song". Pour ce shuffle puissant, Holland K Smith assure le rythme sur sa guitare, Robin met de l'intensité dans ses cordes vocales, alors que Hash Brown est passé à l'harmonica. Mené à la texane, "Thinkin' bout you" est un blues lent typique. Pat Boyack est à la guitare et Tim Alexander au piano. Son "Work it out" rétablit le rythme. Elle le dompte avec une autorité qui me rappelle Candye Kane. Holland K Smith y produit une nouvelle fois un remarquable solo. Merveilleuse ballade R&B toute en douceur et en mélodie, "I'm in love with another man" baigne dans l'orgue Hammond d'Alexander. Les rythmes de la Nouvelle Orléans plantent le décor pour introduire "I need a lovin' man", traversé par l'harmonica de Sam Myers. Très laidback, le tire maître s'étire langoureusement sur un mid tempo. Holland K prouve encore une fois qu'il est sans doute le guitariste le plus intéressant du lot. Le prix roots de l'album revient à "None 'A nothin". Le duo Hash Brown/Sam Myers ouvre pour Miss Banks, en exsudant un flux d'émotion à fleur de peau. Une émotion toujours aussi palpable lorsque résonnent les riffs qui entouraient nombre des compositions de Howlin' Wolf. "My kinda lover" maintient le haut niveau de l'album. Brown joue très en rythmique et l'ancêtre Myers se sent largement inspiré. "Hold on to my baby tonight" est une ballade joyeuse sculptée dans un style fort proche de la Marcia Ball contemporaine. Robin chante avec une flamme dans les yeux et une passion dévorante, "I'd be everything to you". Un blues merveilleux et brûlant au cours duquel Holland K signe un solo assez exceptionnel. Une réponse du Dallas Blues à celui d'Austin! Pat Boyack se réveille et intervient, avec beaucoup de bonheur, sur le très tonique "Evil things". Il n'a pas perdu une once d'agilité dans les doigts, le Pat ! L'album demeure excellent jusqu'au bout. Sam Myers revient pour interpréter "Thunder and lightnin". Il hurle pour répondre au chant de Robin. En finale, "I say a little prayer" reste dans le ton. Un album et une artiste à découvrir !

 

 

Robil Sylar

Bust out

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Ce guitariste texan est totalement inconnu chez nous. Il est pourtant un vétéran des scènes locales. Il a débuté à Austin en 69. Au sein de Kracker Jack. Qui impliquait Uncle John Turner à la batterie et Tommy Shannon à la basse.

Dès l'ouverture, c'est l'explosion. Un début détonnant, furieux, très surf music, pour la plage titulaire, instrumentale de surcroît. Robin maintient un rythme aussi soutenu pour attaquer "Louisiana Lava man". Il chante d'une voix un rien criarde, mais il y croit. Le trop plein d'énergie hante Mr Sylar, un peu dans l'esprit de Cub Coda. "Dynamite Nitro" passe au Memphis R&B et au funk. La guitare se fait plus classique avant de se divertir. Dans le même registre "Dux" trace des lignes de guitares, à la manière d'Albert King, avec ce zeste de démesure que favorise l'ami Sylar. Le schéma est semblable pour l'hilarant "Bertha Lu". Robin s'amuse follement sur son manche. Il essaime des divertissements surf, pendant que Phil Bennison chante. Responsable des effets sonores et des bruitages étranges qui parsèment "Bust out", il adore manifestement jouer sur les sons. "Scratchy" est une nouvelle plage instrumentale. Assez personnelle, mais à la sonorité métallique, elle est agitée par un maximum de percussions, et offre un break, pour le moins inattendu, de cornemuses bien écossaises. Shuffle servi brûlant, "Wild cherry" se situe bien au cœur du Texas. La guitare y hurle de bonheur. Slow blues sulfureux, "Delivery boy" bénéficie d'une fort belle introduction de cordes et d'un smoking solo. Beaucoup d'instrumentaux sur cette plaque. A l'instar de "Double dip", caractérisé par un phrasé de guitare inspiré par Freddie King. "Steel trap" et "Wild angels" également. "Queen of the hop" est un shuffle construit à la manière de Stevie Ray. Et pour mon plus grand plaisir, cette plaque recèle une reprise du tonique "Made up my mind" ; un titre du Savoy Brown qui date de l'extrême fin des sixties, c'est à dire l'époque de "Raw Sienna". Ce chouette album s'achève par "Flashback", un très long morceau qui fait l'étalage des compétences de ce guitariste.

 

Duke Robillard

Explorer

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Duke est l'un des plus grands guitaristes de blues contemporain. Très prolifique, on ne compte plus ses albums ni ses participations. Pour concocter " Explorer ", il est secondé par ses fidèles musiciens. John Packer à la basse et Doug James au sax, rejoints par Jeff McAllister aux drums et Gordon "Sax" Beadle aux saxophones. L'ouverture est magistrale et annonce un début vraiment prometteur. Le groove dégagé par la section rythmique, les riffs des deux saxes, l'orgue de Tom West et la voix dominante de Duke contribuent à la confection de cette perle de R&B, intitulée "Male magnet". Tous les éléments avancés ci-dessus restent présents pour la suite.

Quel plaisir pour un soliste de pouvoir venir s'intégrer à ce décor sonore. Et comme le soliste en question est du genre génial, tout s'imbrique idéalement comme les pièces d'un puzzle. A l'instar de "Just between me and you". Et puis pour assurer la montée en puissance, la guitare passe à l'avant-plan avec une facilité qui blesse sur "Soulful". Duke n'est pas un copieur. Il assimile certes, mais surtout il peut créer. Et ce solo dans les basses sur "Hang on", il faut vraiment aller le chercher. L'album se fait alors plus classique. Blues en compagnie de l'harmoniciste Jerry Portnoy sur "Sayin' don't make it so". Blues roots chez "Misunderstanding blues". Jump avec "Jumpin' with Duke". Swing blues "deluxe" tout au long de "You dropped the thing on me". Et il communique une ambiance quasi celtique à "Brand new fool". Avec violon, accordéon et mandoline. Duke est un véritable mythe. Il ne faut pas oublier qu'en 1967, il fondait Roomful of Blues. Très productif en 99, le Duke avait sorti "Conversations in swing guitar" avec Herb Ellis sur Stony Plain et "La Palette Bleue" sur Dixiefrog. Tout comme "New blues for modern man", ce dernier était sorti aux USA sur Shanachie. A mon humble avis, "Explorer" leur est supérieur. Une œuvre qui se termine dans un blues majestueux, "Time is short".

 

Tom Robinson

Love Over Rage

Après vingt années de bons et loyaux services, Tom Robinson semble aujourd'hui à bout de souffle. S'il n'y avait son implication sociale et politique, nous nous demanderions même quel intérêt il pourrait encore susciter. C'est vrai que son engagement est toujours aussi contemporain. Et si hier, il se posait en ardent défenseur des homosexuels et en fougueux adversaire du racisme, aujourd'hui il combat assidûment l'intolérance et l'hypocrisie. Malheureusement "Love Over Rage" ne recèle plus aucun hymne du type "2-4-6-8 Motorways" ou "Grey Cortina". La présence de Chris Rea à la slide guitare et de TV Smith aux backing vocals ne change strictement rien à une solution privée de consistance et de dynamisme. On se demande même ce que Al Scott, producteur des Levellers est venu faire dans cette galère ; une galère qui rame sur un tempo uniforme, sans âme, un peu comme si Ian Dury avait perdu toute ses facultés lascives. Dommage!