L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Cassandra Jenkins

La lumière destructrice de Cassandra Jenkins…

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A l’instar de l’univers, le monde de My Light, My Destroyer est en constante expansion.

Le troisième elpee de Cassandra Jenkins, qui sort le 12 juillet chez Dead Oceans, promet d'atteindre les limites de la nouveauté, avec une palette sonore plus large que jamais –englobant le rock indé à guitares, la new age, la sophistipop et le jazz. Au centre de tout cela on retrouve la curiosité de Jenkins pour les quarks et les quasars qui composent son espace, alors qu'elle mélange des enregistrements de terrain avec un lyrisme poétique tour à tour allusif, humoristique, dévastateur et confessionnel –un geste alchimique qui approfondit encore la richesse des 13 compos de My Light, My Destroyer.

Après avoir récemment sorti son premier single, « Only One », d'une luxuriance stupéfiante, Cassandra sort aujourd'hui le titre pop new age caverneux « Delphinium Blue », accompagné d'une vidéo qu'elle a également réalisée.

Cassandra Jenkins imprègne « My Light, My Destroyer » d'une grande confiance, qui trahit la simple vérité que le chemin n'a pas été sans difficulté.

En compagnie de ses plus proches collaborateurs musicaux et du producteur, ingénieur et mixeur Andrew Lappin (L'Rain, Slauson Malone 1) en coulisses, Cassandra Jenkins a commencé à construire « My Light, My Destroyer » à partir des cendres d'un faux départ qu'elle avait fait alors qu'elle ‘fonctionnait au ralenti’ après deux ans de tournées avec An Overview.

La vidéo de « Delphinium Blue » est à voir et écouter

 

 

Sandor

La distinction de Sandor…

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Le second elpee de Sandor, "La Médaille" est paru ce 3 février 2022. Il fait suite à l’Ep "Bar de Nuit" (2017) et à un opus éponyme, sorti en 2019.

Sur ce long playing, l'autrice-compositrice-interprète et musicienne suisse livre 10 nouveaux titres.

Une écriture toujours aussi poétique et profonde, mais un univers moins sombre et mélancolique à l'instar du single et titre maître, "La Médaille", au cours duquel elle hausse le tempo, ose une rythmique plus enjouée.

Le clip est à découvrir

Sur cet opus figure "Amour Propre", un morceau aux messages pluriels qui a servi de BO au podcast de RTS "Voyage au Gouinistan" réalisé par Christine Gonzales et Aurélie Cuttat.

Il parle d’une part, de notre rapport de dépendance aux réseaux sociaux, du regard des autres, et d’autre part, du rapport qu'elle entretient avec la musique, un monde merveilleux mais parfois impitoyable. Une histoire d'amour-haine aussi autour de la difficulté de s'échapper d'une relation toxique.

Elle nous emmène ensuite vers des versants new wave, presque industriels ("Oui Amen", "Amen" ou encore l'entêtant "Molosse"), s'essaye à un style plus urbain avec 'les limites de ton intelligence' ou virevolte sur une mélodie gainsbourgienne tout au long de "Les peupliers".

Un album complet, audacieux et puissant…

Thinking With Sand

Dreams & half truths.

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Thinking With Sand nous vient de Bristol, en Angleterre. A l’origine, soit entre 2005 et 2009, le line up était réduit à un duo et proposait une forme de shoegaze électronique. Relancée en 2020, la formation a intégré un drummer, et c’est en trio qu’elle nous réserve cet elpee.

Après une intro atmosphérique (probablement des bandes passées à l’envers, on est entraîné au sein d’un univers sonore déchiré entre shoegaze et noisy/rock. Inévitablement on pense à My Bloody Valentine pour l’électricité sinusoïdale et les harmonies vocales vaporeuses. Mais hormis « Between », imprimé sur un tempo new wave, bien qu’offensives dans l’esprit d’un Hüsker Dü, les compos semblent toutes coulées dans un même moule et finissent par lasser…

Quicksand

Quicksand veut faire table rase du passé…

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Formé en 1990, Quicksand a splitté fin 1995, avant de se reformer en juin 2012. Son dernier elpee, « Distant Populations », est paru en 2021. Il vient de publier un nouveau single, « Giving The Past Away », avant une tournée avec Clutch et Helmet, pour promotionner son dernier opus. Dans la lignée de cet LP, la compo est portée par une ligne de basse tonitruante et un riff de guitare grondant pour un rock’n'roll brut de décoffrage.

Le clip de « Giving The Past Away » est disponible .

 

 

Thinking With Sand

Les rêves et les demi-vérités de Thinking With Sand…

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Thinking With Sand est un trio lofi shoegaze / noiserock issu de Bristol, (Angleterre) et de Newport (Pays de Galles), mêlant la noise pop vaporeuse de My Bloody Valentine et le sens mélodique ainsi que l’impétuosité de Hüsker Dü. A l'origine duo shoegaze électronique entre 2005 et 2009, le projet a été ressuscité en 2020. Depuis la fin de l'année 2021, il est devenu un trio, avec Dean du groupe post-punk gallois Science Bastard, à la batterie.

L’album « Dreams And Half Truths » paraîtra ce 12/08/2022 et quelques extraits sont en écoute

 

 

Cassandra Jenkins

An overview on phenomenal nature

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Issue de New York, Cassandra Jenkins a publié son premier Ep (NDR : un éponyme), en 2013. Elle grave ensuite son premier album, « Play Till You Win », en 2017 et se forge une certaine notoriété, aux States, en bossant auprès de David Berman (Silver Jews, Purple Mountains). Elle devait d’ailleurs assurer le supporting act de sa tournée, lorsque ce dernier s’est donné la mort. C’était en 2019.  

Sur le Vieux Continent, malheureusement, la songwritrice est toujours considérée comme une illustre inconnue. Elle vient donc de graver son second LP, « An Overview on Phenomenal Nature », sur le label de Brooklyn, Ba Da Bing (Julie Byrne, Sharon Von Etten, …) 

Et pour être franc, ce long playing bénéficiera certainement d’une place de choix lors des classements réservés aux meilleurs albums parus en 2021. Car la Newyorkaise vient de frapper un grand coup. Et pour y parvenir, elle a reçu le concours du multi-instrumentiste Josh Kaufman (Bonny Light Horseman, Josh Ritter, Muzz, …)

Sophistication, subtilité et feeling sont les caractéristiques essentielles affichées par les sept plages qui composent cette œuvre.

On ne peut s’empêcher de penser à Dan Bejar (et à son Destroyer) auquel on aurait remplacé la nonchalance par de la sensibilité. Après la ballade introductive « Michelangelo », l’Américaine nous transporte au sein d’une ambiance planante (« New Bikini », « Hard Drive »), une atmosphère entretenue par de superbes interventions au saxophone. « Crosshairs » adopte un profil folk plus classique, mais toujours aussi élégant. Et le reste, même s’il véhicule parfois des accents jazzyfiants, mérite des éloges…

« An Overview on Phenomenal Nature » se savoure de bout en bout. Et si vous souhaitez mieux connaître la musique de la Newyorkaise, sachez qu’elle se produira en concert, au Botanique, le 18 novembre 2021.  


 

Giant Sand

Ramp (Réédition)

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Paru en 1991, « Ramp » constitue le septième elpee de Giant Sand, un disque qui vient d’être réédité après remasterisation. Il a été, en outre, enrichi d’une session live, immortalisée le 30 janvier 1991, aux Mad Dog Studios. Aux treize plages sont donc venues s’ajouter 7 autres, pour un total de 20 morceaux !

Lors des sessions de « Ramp », Howe Gelb avait reçu le concours du jeune et fraîchement arrivé Joey Burns, futur Calexico, à la basse, son compère John Convertino (également futur Calexico) aux drums, Victoria Williams ainsi que Pappy Allen, vétéran de la country, alors âgé de 74 balais, aux vocaux. Sans oublier Howe également au micro et aux grattes.

L’expérience révèle que Howe avait décidé d’enregistrer les compos en studio sous sa forme la plus électrique et d’y insérer l’acoustique (banjo, dobro, pedal steel, harmonica), via la machine DAT. Et le résultat ne manque pas d’allure, même si les brisures de rythmes sont légion. Et puis il y a la voix flemmarde de Gelb, très proche de celle de Lou Reed…

L’opus s’ouvre par l’offensif « Warm Storm », une plage enrobée de chœurs féminins, et s’achève par le funk blues « Patsy’s blues », une piste au cours de laquelle on entend un enfant chanter… faux… Hymnique « Romance of falling » navigue quelque part entre les Pixies et Kurt Vile. Des Pixies qui hantent encore le remuant, déjanté et enlevé « Always horses coming ». Mais encore « Anti-shadow » en fin de parcours, même si les soubresauts en amont évoquent plutôt Pavement. Lorsque l’intensité électrique envahit l’allègre « Wonder », on ne peut s’empêcher de penser à Neil Young et son Crazy Horse. Imprimés sur des tempos bien carrés, « Neon filler », que Gelb déclame en s’accompagnant au piano, et « Z.Z. Quicker foot » auraient pu figurer au répertoire de Lou Reed. Si « Jazzer Snipe » dévoile un jazz bien allègre (Soul Coughing ?), « Resolver » s’ouvre en mode cabaret, une valse lente et saccadée qui vire ensuite au c&w galopant. Country & western qu’on retrouve sur « Nowhere » (?!?!?) avant le retour du rythme. Sans oublier la cover du classique « Welcome to my world » de Jim Reeves, au cours de laquelle Gelb se prend pour un crooner.

Place ensuite aux « Mad Dog Sessions ». Piano, drums et bass alimentent le jazzy et enfumé « Back to the Black & Grey ». Ballade bluesy mid tempo un peu détraquée, « Trickel down system » vire ensuite au skiffle. Entre blues et jazz « Bible black, book II » est entretenu par un piano et une contrebasse. Effilées, les grattes découpent littéralement « Can’t find love », un funk/rock spasmodique, dansant et alerte. Plus électrique encore, la mouture ‘live’ de « Romance of Falling » redessine l’axe Pavement/Pixies. Enfin si la sobriété de « Still to far » nous replonge dans la folk/country, « Shadow to you » nous ressert un rock carré à la Lou Reed. Il y manque trois titres qui figuraient sur les sessions originelles. Pourquoi ? Aucune idée !

Sandro Perri

Soft Landing

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Alors qu’il lui a fallu sept longues années avant qu’il ne réserve une suite au grandiose « Impossible Spaces », album qui l’a révélé au grand public, Sandro Perri n’a eu besoin que de douze mois pour donner suite à « In Another Life », un LP auquel avaient collaboré Andre Ethier (The Deadly Snakes) et Dan Bejar (Destroyer). En 6 pistes pour quarante minutes, le Canadien affiche toute l’étendue de son talent.

Sandro Perri appartient à cette (rare) catégorie de compositeurs qui possèdent une véritable identité sonore. Dès les premières notes de « Time (You Got Me) », à travers un subtil mélange entre jazz, post-rock et electronica, on reconnaît sa patte personnelle. Le multi-instrumentiste canadien nous régale de titres à l’instrumentation riche et variée (flûte, trompette, synthés, piano, …), qu’il caresse de sa voix éthérée. Ce « Soft Landing » nous enveloppe au sein une quiétude réconfortante et on s’y s’emmitoufle afin d’y rester bien au chaud.

Giant Sand

Recounting the ballads of thin line men

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Howe Gelb possède également une discographie longue come un bras (NDR : l’autre pour changer !). En solo, à traves ses collaborations en tous genres –que ce soit dans le rock, la pop, le jazz, le flamenco, l’americana, la country, le folk, le punk ou le gospel– il s’est tout d’abord fait connaître chez Giant Sand. Et notamment en compagnie des futurs Calexico, Joey Burns et John Convertino, mais aussi de l’ex-Green on Red, Chris Cacavas.

En 1986, Giant Sand publiait son second opus, « The ballad of thin line man ». Et Howe a décidé de réenregistrer cet elpee, en compagnie de Tommy Larkins et du bassiste Thøger T. Lund, de changer l’ordre des pistes, d’en éliminer « Watchtower », d’en ajouter un inédite, « Reptilian », plage qui ouvre le long playing, ainsi que deux versions de « Tantamount », dont une en bonus track. Finalement un travail de reconfiguration qu’il avait déjà accompli pour le premier LP, « Valley of rain », l’an dernier, rebaptisé pour la circonstance, « Return to valley of rain ». Le tout est savoureusement électrique et remis en forme sans pour autant dénaturer la nature des compos originales, même si elles se révèlent ici plus énergiques et menaçantes.

Emma Sand

Door to door (Ep)

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« Door to door » constitue le deuxième Ep d’Emma Sand et fait suite à « Wonderland », paru en 2016. Pour le réaliser, elle et son groupe ont notamment reçu le concours d’Yves Péchin –guitariste pour feu Alain Bashung, Brigitte Fontaine, HF Thiefaine et Rachid Taha, ainsi que compositeur– aux arrangements.

Découpé en 6 pistes, le disque s’ouvre par « The green ray », une plage déchirée entre blues et valse lente, caractérisée par une guitare souvent jouée en slide et des claviers vaporeux. Paso doble coloré par les interventions de gratte surf, « Son of man » aurait pu figurer au répertoire de Vaya Con Dios. Enigmatique, véhiculant parfois des accents orientalistes, le titre maître baigne au sein d’un climat réminiscent du psychédélisme pratiqué sur la West Coast, fin des sixties par Jefferson Airplane. Cordes acoustiques et électriques tissent la trame de « Silver ashes », une compo bluesy teintée d’un zeste d’électro. Pseudo blues, « Surrender » met en exergue l’amplitude du drumming, alors que « The first day (waiting) » progresse à pas feutrés sur un rythme lancinant… Sur ces deux derniers titres, le timbre d’Emma se révèle plus clair. Mais c’est sans doute là que l’oreille de votre serviteur cale. Car si sa voix est irréprochable, elle manque singulièrement de modulation dans les inflexions et surtout de puissance, une carence en relief peut-être due au mixing…

Sandor

Sandor la nuit, Virginie le jour...

Véritable révélation sur la scène pop synthétique francophone, la Suissesse Sandor aime cultiver l'ambiguïté. D'abord, son nom est emprunté à une comtesse hongroise du XIXème siècle qui a adopté le genre masculin ; une pionnière transgenre, en somme. Et le côté androgyne est bien sûr présent dans le personnage de la chanteuse valaisanne. Ainsi, dans le très explicite « Tu Disais », elle adopte tour à tour les points de vue narratifs masculins et féminins, avec un réalisme étonnant et des mots très crus. Autre ambiguïté : le mélange du sombre et du lumineux. Il y a quelque chose de la froideur 'new-wave' dans le premier opus de l'artiste valaisanne. Les synthés sont omniprésents et les arrangements font écho à Eurythmics, Rita Mitsuko, Niagara ou Mylène Farmer. Ce côté 'dark' constitue un exutoire pour cette institutrice de formation qui incarne Virginie le jour et Sandor, la nuit (NDR : pardon pour le jeu de mots).

Musiczine a rencontré la chanteuse lors d'une journée 'promo' organisée à Bruxelles. L'occasion de boire un thé maison sur la terrasse ensoleillée du Belga, en sa compagnie...

Comment définirais-tu ta musique ?

Perso, je n'aime pas définir le style de musique qui me correspond. Je laisse ce soin aux autres…

Tu accepterais le terme 'Pop synthétique' ?

Oui, bien sûr !

En y ajoutant un côté plus sombre, un peu 'new-wave', combiné à une tradition de la chanson française ? Dans l’esprit de Niagara, Eurythmics voire même Mylène Farmer ?

Effectivement. J'ai pas mal écouté de la chanson française au cours de mon enfance. Mes parents appréciaient Gainsbourg, Barbara, etc. Mon père s’intéressait plutôt au jazz et ma mère était plutôt branchée par la musique des années 'hippie', comme Melanie... Mais quand j'ai entendu Mylène Farmer, au début, j'ai été fascinée par les arrangements, surtout par les intros des morceaux, parce qu’elles étaient truffées de bruitages, de pleurs de bébés, de cris...

Vous partagez aussi un côté sensuel et même carrément sexuel...

Oui, ses textes étaient souvent provocants. J'aime ce côté direct, tout sauf réconfortant. Et c'est pourquoi je préfère les sonorités chaleureuses, dans le mastering, afin de contrebalancer les plus froides...

Le son de l'album est d'ailleurs très bon, ample et profond. Et les arrangements sont superbes.

Pour la plupart, ils sont signés par Jérémie Durciel.

Ils révèlent une richesse et une subtilité remarquables. Tu lui as dicté des consignes ?

Oui. C'est très facile de travailler avec lui parce que notre entente est parfaite. Je lui suggérais des ébauches et ensuite, il me renvoyait ses démos afin que j’exprime mon opinion. On a tenté de nombreuses versions avant d’obtenir le bon 'son'.

Tu as rencontré des problèmes pour « Tu Disais » ?

Oui. La chanson a été censurée sur les ondes radiophoniques, en Suisse. Quand elle a été diffusée la première fois, des plaintes ont été enregistrées. C'est étonnant parce qu'en fait, c'est simplement une chanson d'amour.

Ce sont les mots, très crus, qui choquent certaines personnes. Tu as envisagé de sortir une version édulcorée ?

On y a pensé mais finalement, j’ai abandonné l’idée. Ce serait dommage de dénaturer le propos. 30 ans plus tôt, des artistes comme Gainsbourg, Rita Mitsuko ou même Desproges jouissaient d’une totale liberté de ton. Aujourd'hui, on est soumis à davantage de contrôle. D'un côté, c'est judicieux, car le système permet de combattre les propos racistes ou homophobes mais d'un autre côté, on assiste à une radicalisation par rapport à la sexualité. Pourtant, on peut parler de sexe sans que le sujet soit obscène.

Ce côté explicite, un peu 'in your face' est familier au rap, surtout dans « Ange Gardien ».

Oui, surtout à cause du rythme. Le tempo est lent. Libé a baptisé « Tu Disais » de chanson 'rappeuse'.

Intéressant, tu incarnes parfois le rôle d'un homme dans tes chansons.

J'aime jouer sur cette ambivalence. Les chansons ont pour objectif de s’adresser à tout le monde. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai opté pour ce nom, Sandor. Il me permet d'exprimer mon profil masculin. 

As-tu l’impression de surfer sur cette vague de chanteuses francophones très féminines et un peu androgynes, impliquant, par exemple, Jeanne Added, Fishbach ou Clara Luciani ?

Oui. On relève de la même génération. On nous a inculqué les mêmes références au cours de notre enfance. Et on se laisse porter par elles sans avoir peur, sans complexes.

Tu connais bien la Belgique ?

Je me suis déjà produite dans le cadre des Nuits Botanique et ensuite, je suis revenue à la Rotonde et au Reflektor, à Liège, en compagnie de Juliette Armanet.

Tu retravailles tes morceaux pour le 'live' ?

Oui. Pour les rendre plus énergiques qu'en studio. Je me consacre à la guitare électrique pour que le son soit plus rock. On y intègre même des solos de guitares.

Y compris le son disto et tout ?

Bien sûr ! J'adore le rock des années '70 façon Led Zeppelin ou Deep Purple.

Et tu parles au public entre les morceaux ?

Au départ, cette démarche était difficile pour moi. Comme je suis d’un naturel très timide, j'ai écrit « Je ne sais pas parler », justement pour évoquer ce malaise. Quand je m’exprime entre les titres, j'ai l'impression de quitter le personnage de Sandor.

Il faudrait peut-être écrire des petites saynètes théâtrales, qui mettraient Sandor en scène.

Oui, ce serait une bonne idée. J’incarne déjà un personnage spécifique, grâce à un look androgyne et une coupe de cheveux particulière. Sandor constitue mon alter-ego intérieur qui se dévoile sur scène.

Là, ce n'est plus l'institutrice ! (rires)

Non ! Sur les planches, je lâche les chiens ! Et cette dualité dans la vie m’équilibre...

On attend impatiemment le prochain concert de Sandor en Belgique. Peut-être à la Rotonde du Botanique, en octobre. A confirmer ! En attendant, l'univers fascinant de la chanteuse sur son album éponyme est à découvrir ici 

Sandro Perri

In another life

Écrit par

Sandro Perri est un personnage qui jouit d’une belle notoriété au Canada, pour ses différents projets et collaborations en tout genre. Ce Torontois s’est cependant illustré sur le Vieux Continent en publiant l’album “Impossible Spaces”, sur le label montréalais Constellation, un opus qui avait révélé un artiste empreint d’une grande sensibilité et capable d’ingérer des tas de styles musicaux, de les digérer, avant de les restituer de manière originale. Une œuvre qui naviguait à la croisée des chemins de l’électronique, du folk et de la bossa-nova… entre autres…

« In another life » adopte un profil totalement different. Tout d’abord, il ne recèle que deux titres. Un de 25 minutes, l’autre de 20. Le titre maître se résume à une longue tirade électro-folk minimaliste et contemplative sur laquelle viennent se greffer des éléments jazzyfiants ; une plage limitée au piano, au synthé, à la guitare et à une voix. A premier abord, cette piste peut paraitre soporifique, mais elle est tout à fait propice à la rêverie…

Intitulée “Everybody’s Paris”, la seconde a bénéficié du concours de l’ex-Deadly Snakes, André Ethier, ainsi que de Dan Bejar (Destroyer) pour l’écriture des textes, chacun se partageant une moitié des lyrics. Toujours aussi planante, l’expression sonore est ici davantage étoffée ; et notamment grâce aux interventions de cuivres ou de flûte…

Mais pour savourer cet LP, on vous conseille de l’écouter sous casque audio afin d’en discerner toutes les subtilités tout en vous abandonnant au sein de cette atmosphère cotonneuse… 

Sandrine Verstraete et Jean DL

S/T

Écrit par

La beauté secrète d’une narration abstraite réside dans le niveau de perception de chacun mais aussi selon l’humeur du moment.

Tenez donc compte de ces paramètres avant de plonger tête première dans cette œuvre.

Assemblant leurs visions en un jeu de miroirs auditifs, Jean DL et Sandrine Verstraete dessinent un labyrinthe majestueux où les trompe l’oreille se détachent sur des surfaces mutantes aux aspects confondus.

Alors que s’impriment et se juxtaposent les premières images paresseuses, translucides comme un rêve, au revers de l’imagination, l’aiguille caresse et rebondit au creux de ce sillon, qui lentement s’insinue au cœur de l’audition.

Attentive aux détails et bercée par ces ambiances fantomatiques, la bande son construit peu à peu le film dans lequel tour à tour, on se débat, se dissout ou continue de naviguer.

Car le travail dont il est question ici ne s’appréhende pas distraitement.

S’il est question de poésie, celle-ci est opaque, rêche, volontairement dérangeante.

Comme du Baudelaire sous acide ou du Poe distillé au travers de multiples parasites.

Les contours sont évanescents, comme autant de flous gaussiens dans un univers urbain hanté.

Le résultat est forcément hors norme et répond aux propres codes du couple, au-delà du duo.

Lui, préposé à la guitare, préoccupé par la capture de fragments d’échos sur un mur ondoyant ; elle, peignant l’imaginaire sur de vielles bandes magnétiques passées, repassées, trépassées, dans des lecteurs d’une autre époque, renvoyant à d’autres mondes.

Soulignons aussi la photographie de l’artiste belge Dirk Braeckman qui, pour illustrer ce très bel objet, fige un instantané de cet univers cinématographique solitaire.

L’écoute de « S/T » doit être exempte de toute contrainte quotidienne.

Affranchie de l’enveloppe du temps, détachée du présent.

Exaltant!

 

Sandra Ferretti

Bullet

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Sandra Ferretti chante, écrit et compose. C'est à l’issue de ses études accomplies à l'Université de Manchester, qu'elle se lance dans la musique. A l’époque, elle puise son inspiration dans la pop, le reggae et l’électro. Très tôt, elle est remarquée par Wilfried Brits, l'ancien manager de Vaya Con Dios. Il lui permet de publier deux singles. Elle cherche ensuite sa voie et s’intéresse à différentes formes de rythmes. Dont le reggae pop en compagnie de Bonobo. Avant de tâter de la musique underground électronique. Sandra vit en Belgique. Elle s’est lancée dans la politique. Avec succès, puisqu’elle est élue communale FDF, à Bruxelles. A ce jour, elle comptait un album à son actif. Un album partagé en duo avec Daniel Vinck, "Live au studio Dada", sous le patronyme de Dany Sand.

"Bullet" ouvre l’elpee. Accrocheuse, la voix me fait un peu penser à celle de Kate Bush. Sandra fait vibrer son organe, apparemment fragile mais bien affirmé. "My own" est un titre rythmé entretenu par les percussions et les cordes acoustiques. Et l’exercice vocal s’avère complexe tout au long de ce boogie cabaret bien imaginé. Miss Ferretti est bien soutenue par ses Prime Time Ministers, c’est-à-dire Daniel Vincke à la gratte acoustique, Branko Jovanovic à la basse et R'Elvis aux percussions. Les premières mesures de "The day" sont chargées de passion et empreintes d’une grande pureté. Un environnement idéal pour la voix douce et mélodieuse de Sandra qui emprunte ici une tonalité très jazz ! Mais également pour Daniel qui peut alors faire frémir ses cordes non amplifiées. Les couleurs exotiques de la samba galvanisent "Transat". Le Brésil n’est pas loin ! "Night shield" est certainement le meilleur morceau du long playing. Une piste plus travaillée, caractérisée par des impulsions plus électriques. Sandra se sent comme un poisson dans l’eau au sein de cette expression sonore particulièrement dense. Un sommet de cet opus ! Et sa voix s’intègre parfaitement dans le rythme tout au long de "What if I". "You say" achève le long playing. Une piste qui nous replonge dans la douceur cristalline de l'ouverture. Et c’est R'Elvis et ses Calbadrums qui en assurent l’assise rythmique.

 

Giant Sand

Chore of enchantment / The Rock opera years (25th anniversary)

Écrit par

Pour enregistrer « Chore of enchantment », Joey Burns et John Convertino font encore, officiellement, partie de Giant Sand, mais manifestement, leur esprit est de plus en plus focalisé sur leur projet Calexico. Ils n’y apportent, d’ailleurs, leur concours, à la basse et aux drums que sur une petite moitié de l’album. Une absence compensée par de nombreux invités. Parmi lesquels figurent Juliana Hatfield et Cat Power aux vocaux. Gelb coproduit l’opus. En compagnie de l’inévitable John Parrish, à Tucson, de Jim Dickinson, à Memphis, et de Kevin Salem à New York.

L’opus est dédié à la mémoire de Rainer Jaromir Ptacek, décédé en 1997, un joueur de slide que Gelb appréciait tout particulièrement. En fin de parcours, il lui réserve d’ailleurs un titre, « Shrine ». Hormis l’une ou l’autre plage plus punk et électrique (« 1972 », « Satellite »), le long playing privilégie les plages indolentes, profilées sur le vocal aride, hanté du leader, dont le timbre semble camper un hybride entre Léonard Cohen et Lou Reed. Parfois même proche de Vic Chesnutt. Pas étonnant que l’œuvre soit aussi ténébreuse et énigmatique. Il y a même ponctuellement du mellotron et une boîte à rythmes. Beaucoup de guitare sèche. Sur le premier cd, on a droit à un remix de John Parish consacré à « Shiver », en bonus track. Ah oui, pour le titre de l’album, Howe a de nouveau pensé à Ptacek, puisque ce dernier appréciait tout particulièrement l’opéra…

La même année, Giant Sand publie un second volume de sa série de bootlegs officiels, qu’il sous-titre « The rock opera years ». Le cd propose 13 titres, dont plusieurs versions différentes de compos figurant sur « Chore of enchantment », et notamment une superbe version live de « Dusted ». Parmi les indédits, on épinglera une cover du « Music Arcade » de Neil Young, à laquelle participent Evan Dando et Victoria Williams (NDR : on suppose aux backing vocals) ainsi qu’une rumba particulièrement entraînante, qui clôt l’opus, « No good ».  Un disque plus expérimental, en général plus électrique, flirtant régulièrement avec le jazz, même si les bases country/rock sont toujours bien présentes. En bref, plus proche de ce que Giant Sand propose, à l’époque, sur les planches.

 

Giant Sand

Is all over the map (25th anniversary)

Écrit par

Quand Howe Gelb enregistre cet opus, Joey Burns et John Convertino ont quitté Giant Sand pour se concentrer sur leur nouveau projet, Calexico. Cependant, lors des sessions d’enregistrement, il reçoit le concours de toute une série d’invités, parmi lesquels on épinglera la présence de feu Vic Chesnutt, Scout Niblett et Eric Drew Feldman (NDR : il a notamment bossé pour Captain Beeheart). Des tas de musiciens danois également. Sans oublier John Parish. A la production, mais également et circonstanciellement aux drums, au mellotron et à la guitare ‘national’. Et cet elpee en revient à une forme plus expérimentale. Explorant tour à tour, la country, le blues, le folk, le roots, le jazz, le rock, sous leur aspect le plus alternatif. Un essai presqu’aussi audacieux que « Center of the Universe », paru en 1992. Il y a même du ragtime, de la rumba, du paso doble, de la valse, du psychédélisme, du swing, du slowcore (déjà !), de la lo-fi et même une adaptation plus qu’approximative d’« Anarchy in UK » des Pistols, rebaptisée pour la circonstance « Anarchistic Bolshevistic Cowboy Bundel », chantée par sa fille. Bref, un disque qui marque le retour de Giant Sand à l’expérimentation…

 

Giant Sand

Cover magazine (25th anniversary)

Écrit par

Ce disque est une réédition de l’album paru en 2002, chez Thrill Jockey. A cette époque, on pensait que cet opus aurait peut-être été dernier de Giant Sand, vu le succès rencontré par Convertino et Burns au sein de leur projet Calexico. Mais si ce dernier va davantage se concentrer sur sa carrière solo, il ne va pas pour autant abandonner son band, qu’il remontera épisodiquement. Lire la chronique parue en 2002, ici

A l’époque, de nombreux médias vont descendre en flammes ce long playing consacré essentiellement à des reprises, le jugeant bâclé. Or, ce disque de reprises a tout simplement été enregistré sous une forme presque ‘live’. Ce qui explique les imperfections. La nouvelle édition, remasterisée il faut le souligner, propose une version différente de « The Beat Goes On » et deux bonus tracks : « Summertime » et « The Pilgrim (Chapter 33) ».

 

Sandro Perri

Impossible Spaces

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Les espaces musicaux ouverts par Sandro Perri, sur « Impossible Spaces », son second album enregistré sous son véritable nom, semblent, à première écoute, difficile d’accès pour le commun des mortels. Le Canadien s’autorise toute liberté sur des longs morceaux rappelant les élucubrations de Sufjan Stevens en compagnie duquel il partage un goût immodéré pour le mélange du folk et de l’électro (le superbe « Wolfman »). Autrefois connu sous le patronyme de Polmo Polpo, Sandro Perri était surtout notoire pour son travail dans le domaine de la production. Et tout particulièrement en matière de musique électronique.

Au fil du temps, il s’est intéressé davantage au style acoustique ; ce qui explique pourquoi il a apporté sa collaboration à Great Lake Swimmers ainsi que Barzin. Multi-instrumentiste, ce petit génie est donc parvenu, en bidouillant dans son home studio, à concocter de véritables pépites uniques en leur genre, accessibles à l’oreille malgré leur originalité. Ses compos qui empruntent constamment de complexes chemins de traverse, mais finissent par retomber sur leurs pattes, pour un résultat pour le moins saisissant mais réussi (le diptyque « Futureactive Kid »). Il parvient même à conjuguer crescendos électro et cuivres ou percussions latines (« Love and Light »), sous un format pop, malgré la longueur des morceaux. Bref, Sufjan Stevens s’est trouvé un nouveau concurrent…

 

Giant Sand

Blurry Blue Mountain

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Howe Gelb est un cowboy insatiable. Je parie qu’il continuera à publier des albums, jusque sa mort. Et à une cadence métronomique. Son style unique en son genre et son timbre de voix inimitable sont le ferment d’œuvres originales, quoique souvent inégales. D’ailleurs, « Blurry Blue Mountain » n’est pas le meilleur opus du Texan même s’il recèle quelques morceaux très réussis. Et particulièrement, lorsqu’ils baignent dans la plus pure tradition de la country alternative chère à Howe Gelb ; c’est-à-dire lorsqu’il est accompagné de son groupe. Un backing band plus exactement, puisque le line up est à géométrie variable. Ce qui n’a pas empêché Giant Sand de célébrer ses 25 années d’existence.

Que ce soit à travers la ballade foutraque et romantique, « Love a Loser » ou des morceaux davantage rock comme « Thin Line Mane » ou « Better Than Me », l’ami Gelb nous entraîne dans l’immensité des déserts de l’Ouest américain (« Blurry Blue Mountain » a pourtant été enregistré au Danemark…) Alors ne boudons pas notre plaisir à l’écoute d’une œuvre concoctée par un des songwriters yankees les plus réguliers, honnêtes et talentueux de sa génération. Même lorsqu’il est en roue libre. Car chacune de ses livraisons recèle l’une ou l’autre perle. Et je pense tout particulièrement à « Chunck of Coal », caractérisée par son ambiance saloon, entretenue par la pédale steel et le piano vintage. Quant à la voix d’Howe, elle continue de vous accompagner, tel un vieil ami, en compagnie duquel on se sent parfaitement à l’aise et avec lequel on irait boire un verre (de mezcal ?) tranquillement. Moins poignant que Johnny Cash, Gelb n’en demeure pas moins tout aussi authentique !

 

Sandmoon

Raw

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Le rock belge de nouveau à la fête ? Pas vraiment, car même s’il a été révélé par un concours organisé par Pure FM, enregistre à Bruxelles et se fait produire chez nous, Sandmoon n’est pas à proprement dire une formation autochtone…

Le combo est parvenu à se forger un début de notoriété, grâce à l’appui de la station de radio. De fil en aiguille, quelques concerts sont mêmes mis sur pied mais ne rencontrent qu’un succès mitigé. Et pour cause, Sandmoon est le projet solo de la chanteuse libanaise Sandra Arslanian. Or, le rock libanais, sous nos latitudes, on ne connaît pas vraiment.

Présentation… Après avoir milité au sein de plusieurs formations rock ou rock/électro, Sandra Arslanian décide de voler de ses propres ailes, tout en retravaillant ses réalisations personnelles. Initialement, c’est seule, chez elle, en s’accompagnant au piano qu’elle compose ses mélodies et écrit ses textes.

Pour mener à bien son projet, elle s’entoure de différents musiciens du cru tels le drummer Tony Abou Haidar, le guitariste Elia Monsef et le bassiste Nicholas Credli, tous issus, comme elle, du pays du cèdre….

« Raw » n’est pas un véritable album. C’est en fait une démo réunissant onze titres sélectionnés par Sandra parmi plus d’une vingtaine qu’elle gardait en réserve de la république. Les thèmes abordés dans ses textes sont assez variés. Ils oscillent de la guerre (ben oui évidemment, nous sommes au Liban !) à l’enfance, en passant par la tolérance et… l’amour !

‘Mes chansons sont à écouter avec le cœur, elles sont personnelles, nostalgiques, mais elles sont là aussi pour vous faire bouger’. C’est ainsi que se définit la Libanaise qui insiste encore sur le côté folk/rock de ses compositions.

« Raw » est plutôt perçu comme un hommage aux origines, à la culture et à la beauté du pays d’origine des membres du combo, le Liban.

Sandro Perri

Tiny mirrors

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Du folk peau de pêche. Ce qui ne sera jamais superflu, ni obsolète. Les temps passent et repassent, mais il y aura toujours quelque part un moment intemporel pour accueillir l’amour courtois. Sandro Perri s’essaye à ce doux romantisme en posant sa nonchalante voix de velours sur des lignes de guitare mélodiques et limpides. L’essentiel s’enrobe ça et là de cuivres assourdis et percussions discrètes, pour un charme désarmant.

A des foulées de son passé instrumental vécu chez Polmo Polpo ou son ton électropop entretenu au sein de Glissandro 70, la nouvelle expérience puise dans une électro-acoustique chaude et parfumée. Loin de s’épancher pour autant en de mielleuses mélopées, le Canadien a façonné un style où la douceur a aussi du tempérament et de la grâce ; une formule qu’il applique en s’accompagnant de musiciens osant d’improbables instruments (erhu, euphonium, lap steel...), en s’essayant à des harmonies vocales voyageuses, en préférant un son lo-fi et vintage à l’image du Devendra Banhart de « Oh me oh my ». C’est le résultat auquel la musique peut aspirer lorsqu’elle est vidée de ses frustrations juvéniles, ses contraintes commerciales, ses pressions de flambant neuf. Simple ivresse ouateuse, devant laquelle il faut tout simplement baisser les armes.

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