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Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Anastasia Coope

La distance ésotérique d’Anastasia Coope…

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Née d'un père anglais et d'une mère américaine, Anastasia Coope présente Sorghum, le troisième single extrait de son premier album, « Darning Woman », qui sortira le 31 mai, et dont The Wire a salué l'approche ‘étonnamment confiante et vibrante’ de l’artiste.

Le premier single de Coope, « He's On His Way Home, We Don't Live Together », est sorti en février. Stereogum a notamment fait l'éloge des étranges royaumes sonores de l’artiste de 21 ans, les qualifiant de brillants et étrangement inquiétants.

Ce premier opus constitue une riche tapisserie psychédélique et surréaliste évoquant un précipice qui va au-delà du monde matériel. Comme une dépêche du passé, il est détaché de l'espace et du temps : un folk loitain, fantomatique, spectral…

Anastasia Coope crée des couches tourbillonnantes de voix expressives et stratifiées, suggérant des berceuses perdues déformées en staccatos étrangement séduisants.

Son écriture s'articule autour de l'intuition et de l'esthétique, plutôt qu'autour d'une narration lyrique précise. Tout au long de « Darning Woman », Anastasia Coope invoque un sentiment de mouvement en utilisant des mantras improvisés : le mot ‘woman’ apparaît à plusieurs reprises dans les titres des chansons de l'album. Pour Coope, il s'agit d'un motif inconscient.

Tout comme ses peintures ou ses dessins, les compositions d'Anastasia Coope produisent une distance ésotérique. C'est l'impression que l'œuvre vous invite à voir et à sentir plutôt qu'à savoir. Pourtant, malgré tout ce qu'il y a d'obscur ici, « Darning Woman » est profondément enraciné dans les choses que nous pouvons toucher ou sentir.

 « Sorghum » est en écoute

 

Asia (Belgium)

Les changements d’Asia…

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Trois mois après la sortie du titre "Vitriol" et de son premier album "Metamorphosis", Asia nous propose son second single.

Intitulé "Changes", il parle lui aussi de ces besoins de fracture avec le passé, de métamorphose et de changement par rapport à des événements anciens sur lesquels on n'a pas forcément de prise.

Pour découvrir le clip, c’est ici

 

 

Asia (Belgium)

La métamorphose d’Asia

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Asia est une jeune bruxelloise de 23 printemps. Très tôt, elle compose des chansons sur sa guitare. Elle croise aussi la route du musicien et producteur Marco Locurcio qui l'encadre et l'aide à baliser sa musique. À transformer la bedroom artist en autrice-compositrice-interprète et à compiler le tout sur un premier Ep intitulé "Choked Up" qui paraît en 2019.

Grâce au titre « Church », qui lui sert d'ambassadeur, elle se fait repérer et passe sur la très prisée chaîne américaine de radio NPR dans le programme ‘All Songs Considered’ et réussit à placer d'autres morceaux sur des médias alternatifs comme EARMILK.

Elle digère ensuite ces premières percées, passe du temps à composer la suite et revient aujourd'hui avec un premier album intitulé "Metamorphosis". Un elpee réunissant 10 plages, comme autant de caresses auditives que la jeune femme aime toujours susurrer aux oreilles de ses auditeurs. Des changements de vie, des caps à passer, des étapes à franchir qu'elle aime dépeindre de son timbre de voix si singulier.

Premier extrait de celui-ci, « Vitriol » (en version ‘live’, ici

https://www.youtube.com/watch?v=cbxWmD4T6eM&t=57s

) dépeint un week-end durant lequel elle a vu, elle a su que rien ne serait plus pareil après. Comme si elle avait passé au vitriol certaines dynamiques et qu'il était temps pour elle de perdre sa peau tel un serpent, de muer, d'avancer et de laisser derrière elle certaines choses à jamais.   

Le clip consacré à « Church », titre extrait de son premier Ep, « Asia », lui a permis de faire cybervoyager le projet outre-Atlantique, et il est à découvrir

 

Russian Circles

Une démonstration tout en puissance…

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On ne peut pas dire, qu’au cours des dernières années, le Botanique ait programmé des tonnes d’artistes metal ou post-rock. Pour assister à ce type de concert, on se tourne, le plus souvent, vers le Magasin 4, l'Ancienne Belgique ou d'autres salles, pour la plupart situées au Nord du pays. Il faut cependant avouer que depuis le début de cette année, le Centre culturel de la Communauté française a accueilli plusieurs spectacles bien musclés. Ainsi, après avoir invité Boris en décembre dernier, qui était venu fêter le 10ème anniversaire de la sortie de son album "Pink", c'était au tour de Russian Circles de fouler les planches de l’institution bruxelloise, mais à l’Orangerie. 
Il y a 13 ans que le trio issu de Chicago roule sa bosse en pratiquant ce qu’on pourrait appeler du post-rock-metal, un style dont les envolées sauvages, chargées de testostérone, sont entrecoupées de moments plus paisibles et mélodiques. Depuis qu’Isis a tiré sa révérence, Russian Circles incarne certainement le mieux celui qui atteint ce parfait équilibre, dans ce domaine. Et son dernier elpee, "Guidance", paru l'année dernière, en est une belle illustration. On avait donc hâte de redécouvrir, en ‘live’, ce combo capable de libérer une puissance phénoménale.

Après avoir assisté à une première partie assurée par le band yankee Cloakroom, les trois musicos montent sur l’estrade devant une salle comble. Il est près de 21 heures. Dave Turncrantz se plante derrière ses fûts, le bassiste, Brian Cook (NDR : un barbu !), s’installe à droite alors que le guitariste, Mike Sullivan, à gauche. Le set s’ouvre par un morceau du dernier elpee, « Asa ». Mais après cette courte introduction, le combo chicagoan entre dans le vif du sujet. Percutants, les riffs sont sculptés dans le post-metal. Brian Cook tient sa basse à hauteur des genoux et nous gratifie d’un headbanging, suivi par la majorité du public agglutiné au sein de l’Orangerie. Quoique toujours aussi statique, Mike Sullivan impressionne par son aisance. Il enchaîne les parties techniques et n’hésite pas à recourir au tapping. Si les compos du dernier opus incorporent des passages plus ambiants et mélodieux, sur scène, la formation privilégie les titres les plus agressifs de ses précédents long playings, à l’instar de « Deficit » ou encore « Mladek ». D’ailleurs les périodes calmes sont plutôt rares, tout comme le discours entre les morceaux. (NDR : il est même tout simplement absent).

Après une heure et demie de démonstration tout en puissance, Russian Circles se retire et laisse la foule se remettre de ses émotions. Vu l’affluence enregistrée ce soir, on suppose que le Botanique va continuer à programmer des groupes de ce style… enfin, c’est ce que votre serviteur espère vivement…

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici


 

 

Russian Circles

A plein volume…

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Deux ans après voir publié son cinquième album, « Memorial », Russian Circles se produisait à nouveau dans l’Hexagone, et plus précisément à Tourcoing, au Grand Mix, devant une salle remplie aux deux tiers. 24h après la prestation de Red Fang, la salle française allait une nouvelle fois vibrer sous les riffs métalliques d’un combo issu du pays de l’Oncle Sam.

Fondé en 20014, Russian Circles pratique une forme de post-rock/post-metal, caractérisée par le recours à des pédales de sampling et de loop. Son patronyme est inspiré d’un exercice pratiqué dans l’univers du hockey sur glace…

Pour assurer leur première partie européenne, le trio chicagoan a fait appel Helms Alee. Des compatriotes. Etablis à Seattle. Ce soir, il s’agit de leur premier show accordé sur le Vieux Continent. Un trio réunissant deux filles et un mec. Leur musique libère énormément d’énergie, mais à la grosse louche. Epais, les riffs de gratte se succèdent, mais se ressemblent. Après avoir encaissé trois morceaux de ce metal stoner, le public est rassasié. Et souhaite que ce gavage s’achève le plus rapidement possible…

Vers 21h30, les choses sérieuses commencent. Chevelu, Mike Sullivan, le guitariste, s’installe sur la gauche. Barbu, le bassiste, Colin DeKuiper, sur la droite. Et Dave Turncrantz, en arrière-plan, au milieu, derrière ses fûts. Dès les premiers accords, on est impressionné par la puissance du son. Comme quoi, il n’est pas nécessaire de monter un quintet ou de disposer d’un mur d’amplis, pour produire du ‘gros son’. Le trio enchaîne les titres de ses différents long playings. Aucun n'est négligé. Parfois, les riffs de métal cèdent le relais à de longs crescendos construits en harmonie. Mike Sullivan est un fameux gratteur. Sa technique au tapping est stupéfiante de vélocité. Et le bassiste, est loin d’être un manchot. Les hochements de tête se généralisent dans la fosse ; ce qui démontre le réel intérêt de la foule pour ce concert. Un seul reproche, les musicos sont un peu trop statiques. Une critique largement compensée par la qualité, l’intensité et l’énergie libérée par les compos, et la parfaite maîtrise des instruments affichée par les trois compères de Russian Circles.  

Après une bonne heure de concert, le public est satisfait. Et le manifeste par de vives acclamations. De quoi aussi donner envie de ressortir les disques du band et de les écouter à plein volume, dans l’esprit de ce set…  

(Organisation : Le Grand Mix)

Pour les photos de Russian Circles lors de leur set à l'AB, c'est ici
Pour les photos de Helms Alee lors de de leur set à l'AB, c'est
Pour celles de Russian Circles au Grand Mix, c'est ici
Et pour celles de Helms Alee au Grand Mix, c'est

 

 

Persian Rabbit

Persian Rabbit

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Persian Rabbit est né de la réunion entre plusieurs groupes issus de la scène rock alternative lilloise, dont Tang, Ed Wood Jr, Two Left Ears ou encore Green Vaughan. Drivée par Djavanshir, cette formation pratique un post rock singulier, caractérisé par le recours à un harmonium, instrumentation d’origine indienne rappelant l’accordéon. 

Malgré le contexte oriental (le patronyme, l’harmonium) cette élite lilloise marche plutôt sur les traces de Silver Mt Zion voire de Caspian (mais sous valium et en plus minimaliste). Empreint d’une grande sérénité, leur post-rock n’explose que rarement ; ce qui n’est pas nécessairement pour me déplaire. Pourtant le collectif n’hésite pas à se réserver l’une ou l’autre envolée, à l’instar de « Sell the Light ». En outre, une compo comme « Ginger » baigne au sein d’un climat maritime, particulièrement paisible. Seule la voix du chanteur éprouve davantage de difficultés à faire la différence ; même s’il faut avouer qu’elle parvient à insuffler de l’émotion au huit plages de cet elpee.

 

 

Russian Circles

Empros

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Il y a deux ans, la formation chicagolaise avait publié un excellent album de post-rock, « Geneva ». On se demandait donc comment Russian Circles allait lui donner une suite, en poursuivant dans le même style. Pas de souci, « Empros » relève le défi, haut la main 

Un opus néanmoins plus lourd, plus écrasant. Probablement l’elpee le plus puissant de sa discographie. Dès le morceau d’ouverture, « 309 », le ton est donné. Entrecoupée d’interludes atmosphériques, cette piste tramée dans des cordes de guitares grasses s’élève en crescendo. Et ébranlée par les coups de grosse-caisse, elle nous rentre dedans. Caractérisé par ses riffs davantage post rock, « Mladek » est plus proche de « Geneva ». Enfin, en début de parcours, car au fil du morceau, le son monte en puissance et la compo s’achève carrément dans le post-métal. Quant à « Schiphol », il aurait pu figurer au répertoire de la formation japonaise, Mono. La suite du tracklisting est privilégie les compos duales, déchirées entre riffs post-métal et plus mélodiques. Une exception qui confirme la règle, le morceau final, « Praise Be Man », plage au cours de laquelle une voix fait son apparition. Et sa présence est judicieuse.

« Empros », le quatrième long playing de Russian Circles nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. C’est d’ailleurs à ce prix, qu’on parvient à en détecter toutes les richesses. Le post-rock et le post-métal ont encore de beaux jours devant eux. Russian Circles et les autres signatures de l’écurie Sargent House sont là pour le rappeler.

 

Russian Red

Spanish Rose

Écrit par

C’est toute la chaleur de l’Espagne qui s’est invitée ce 9 octobre au Club de l’AB. Pas de match Belgique-Espagne au programme, mais le passage attendu de la jolie Lourdes Hernandèz. Derrière le ton Russian Red de son rouge à lèvres, elle venait présenter les compositions émaillant « Fuerteventura », un second recueil qui l’approche lentement mais sûrement du devant de la scène.

Le tube « I Hate You But I Love You » et ses accents folky n’ont pas échappé à l’oreille attentive des mélomanes de tous bords. Porté par une voix délicate et des accords de guitares mariant efficacement folk, americana et pop, Russian Red s’inscrit dans la lignée de ces projets tout à fait banals, mais dont le tout petit truc en plus pousse l’auditeur à s’y attarder. Et surtout davantage qu’il ne l’aurait, à priori. Ce petit plus, on le doit à Lourdes Hernandèz et à son délicieux timbre de voix rehaussé d’un léger accent hispanique.

La salle n’est pas comble mais donne cette impression, le public patientant dans sa majorité les fesses à terre. Mais l’heure de se lever a tôt fait de sonner. La jeune femme s’avance sur le podium de l’ABClub, sur le coup des 20h40. Entourée de deux musiciens, elle s’arme d’une énorme guitare avant d’entamer son set par « The Memory Is Cruel », extrait du dernier né de Russian Red. Hernandèz remercie son public d’être venu si nombreux et lui adresse quelques mots dans sa langue natale. Lorsque tu vois toutes les mains se lever, tu comprends que t’aurais mieux fait d’être un peu plus attentif pendant tes cours d’espagnol.

Des extraits de « Fuerteventura » s’intercalent entre ceux de « I Love Your Glasses », premier du nom. Acclamations pour le single « I Hate You but I Love You » placé assez tôt dans la setlist. On se dit alors que la petite va avoir du mal à tenir en haleine les petits curieux de mon genre ; mais elle finit par y parvenir à l’aide des efficaces « The Sun, The Trees », « Every Day Every Night », « Cigarettes Revisited » et « January 14th ». En bout de course, la Madrilène offre à son public une version retravaillée et interprétée dans sa langue natale du « All My Little Words » de Magnetic Fields, réintitulée pour l’occasion « Todas Mi Palabras ». Une reprise d’une reprise, comme l’expliquera la chanteuse avant d’entamer son morceau.

Au rappel, Russian Red réitère l’exercice de l’adaptation dans une version impeccable du « Baby, It’s You » des Beatles, avant de s’éclipser et de réapparaître une ultime fois pour des ‘au revoir’ acoustiques. « A Hat » clôture la prestation de la jeune femme qui s’éclipse sous les acclamations de ses compatriotes. Ils en auraient d’ailleurs volontiers goûté une quatrième part. Mais point trop n’en faut.

(Organisation : Ancienne Belgique)

Asia

Spirit of the Night – Phoenix Tour

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Reformée en 2008 sous son line-up original, c’est à dire Steve Howe (guitare), Geoff Downes (claviers), Carl Palmer (batterie) et John Wetton (chant et basse), la légende Asia est revenue sous les feux de l’actualité grâce à deux albums studio somptueux. « Phoenix » sorti la même année, et le plus récent « Omega » qui surpasse en qualité le précédent elpee.

Enregistré à Cambridge à l’occasion de la dernière date du ‘Phoenix Tour’, « Spirit of the Night », également disponible en format Dvd, offre une setlist irrésistible qui pioche allègrement dans les deux premiers chefs d’œuvre du supergroupe. Les incontournables « Asia » (82) et « Alpha » (83). Seuls deux extraits de « Phoenix » et une reprise d’Emerson Lake and Palmer, le classieux « Fanfare for the Common Man », s’ajoutent à la longue parade de hits : « Time Again », « Sole Survivor », « Only time Will Tell », « Open Your Eyes », « Heat of the Moment », etc.

Une sélection de rêve. Pourtant on attendait mieux de la part de ces quatre monstres sacrés du rock progressif et de l’AOR. Le groupe éprouve bien de la peine à restituer sur scène la finesse et les subtilités de sa musique, et le manque d’unité se fait ressentir tout au long de cette prestation en demi-teinte. En outre, la voix de Wetton a perdu de sa superbe. L’ex-King Crimson n’est ainsi plus capable d’atteindre les notes les plus aigües. Heureusement, le jeu cristallin de Steve Howe nous permet d’oublier les imperfections de cette démonstration live à la mise en son parfois douteuse. Non dépourvu de défauts, « Spirit of The Night » n’est pas mauvais pour autant, mais il ne satisfera que les inconditionnels d’Asia. Aux autres, nous recommanderons de se tourner plutôt vers les deux derniers opus studio qui ont relancé la machine avec une classe déconcertante. Il reste à espérer que ces voyages auxquels le quatuor nous convie ne s’arrêtent que lorsque la source d’inspiration ne sera tarie.

Sia

We Are Born

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L’Australienne déjantée Sia Furler délivre un quatrième ouvrage résolument pop. Exit les grandes envolées symphoniques des splendides « Breathe Me », « Soon We’ll Be Found » ou « Electric Bird », l’ancienne collaboratrice de Zero 7 joue ici la carte de la légèreté. « We Are Born » regorge de ces rythmes catchy et de ces refrains ‘sing-a-long’ qui vous collent aux basques du matin au soir (« Clap Your Hands », « Bring Night », l’obsédant « You’ve Changed »). Depuis la publication en 2008 de « Some People Have Real Problems », la carrière de Sia a embrassé un profil plus pop. Et ce nouvel LP le confirme davantage. La galette est même tellement ‘upbeat’ que les morceaux les plus calmes font presque tâche (« Be Good To Me », « I’m In Here », la reprise –pourtant réussie– du « Oh Father » de Madonna).

Certes, d’aucuns décriront « We Are Born » comme le disque le plus ‘facile’ de la discographie de la jeune femme ; mais la voix de cette dernière libère tant de chaleur qu’on se laisse relativement amadouer. « We Are Born » n’est pas forcément un disque ‘cérébral’ mais il a le mérite de divertir en toutes circonstances. Et autant être honnête, bien davantage que les mélodies, ce sont principalement les vocalises singulières de Sia qui maintiennent l’intérêt de l’ensemble.

 

Asia

Spirit of the Night - The Phoenix Tour Live in Cambridge 2009 (Dvd)

Écrit par

L’année 2005 a été marquée par la réunion inespérée des quatre membres fondateurs d’Asia. Le line-up classique de ce combo rock progressif/aor anglais, composé de John Wetton (King Crimson, Uriah Heep, UK, Roxy Music) à la basse et au chant, Steve Howe (Yes, GTR) à la guitare, Carl Palmer (Atomic Rooster, Emerson, Lake & Palmer) à la batterie et Geoff Downes (Yes, Buggles) aux claviers s’était retrouvé pour fêter dignement le vingt-cinquième anniversaire du groupe. Une fois les rancœurs d’antan oubliées, les quatre géniteurs des géniaux « Asia » (1982) et « Alpha » (1983) se sont attelés à la composition d’un nouvel opus. Le très justement intitulé « Phoenix » a vu le jour en 2008. Tel l’oiseau mythique auquel il avait emprunté le nom pour intituler son nouvel opus, Asia renaissait alors de ses cendres. De l’avis général, « Phoenix » était l’un des meilleurs albums du groupe, toutes formules confondues.

Le Dvd, enregistré à Cambridge en 2009, confirme la légitimé de ce retour à la vie. Le quatuor mythique y dévoile sa complicité retrouvée et y étale tout son talent et son expérience de la scène. La setlist oublie intentionnellement tout ce qu’Asia a pu enregistrer en dehors, entre 1983 et 2008. Sur les douze titres interprétés, cinq sont extraits d’« Asia », quatre d’« Alpha » et un de « Phoenix ». La douzième plage est un bonus. Une reprise du classique « In The Court Of The Crimson King » de King Crimson, interprété au Philadelphia Tower Theater en présence de l’un de ses géniteurs : Ian McDonald, qui rejoint le groupe sur l’estrade, armé de sa flûte.

C’est sûr, les quatre héros ont pris un coup de vieux. Cependant, l’âge ne semble pas avoir de prise sur leur talent. La voix de John Wetton est restée intacte. L’une des plus belles du rock britannique. Steve Howe, vêtu de sa chemise à motifs, les cheveux gris, l’avant du crane dégarni et chaussé de petites lunettes, a l’air d’un savant fou en vacances. Visiblement heureux d’être sur les planches, il s’agite comme un gamin en triturant le manche de sa six-cordes avec une adresse que beaucoup de jeunots doivent lui envier.

Nous avons eu la chance de chroniquer, il n’y a pas très longtemps, la réédition Dvd du concert « Pictures At An Exhibition » d’Emerson Lake and Palmer » datant du début des seventies. Carl Palmer y apparaît jeune, fou et appliqué. Près de quatre décennies plus tard, le batteur n’est plus jeune. Cheveux courts, il est bien plus posé que par le passé. Néanmoins, il est toujours aussi appliqué et incroyablement technique. Derrière les claviers, Geoff Downes se charge de cimenter la musique. Il maintient la musique du groupe entre rock progressif et AOR. Preuve de leur qualité, les nouveaux titres passent aussi bien que les anciens. Le moment de gloire revient bien évidement au hit interplanétaire « Heat Of The Moment », au cours duquel le public se déchaine.

« Spirit of the Night - The Phoenix Tour Live in Cambridge 2009 » est un témoignage de ce dont Asia est toujours capable. Un must pour les fans.

 

David Maxwell & Louisiana Red

You got to move

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De son véritable nom Iverson Minter, Louisiana Red est né en 1932. Pas en Louisiane mais dans l'Alabama. Cette légende vivante du blues a publié plus de cinquante albums sous son nom ; et "You got to move" constitue son second elpee concocté au cours de l’année 2009. Il fait suite à "Back to the black bayou", réalisé en compagnie de Little Victor's Juke Joint, un elpee qui avait reçu le concours de Kim Wilson. Il a d'ailleurs été honoré dernièrement pour ces deux productions.

Notoire au sein de la profession, David Maxwell est un pianiste particulièrement talentueux. Il est issu de Boston et ses collaborations sont innombrables. Epinglons, quand même, deux œuvres indispensables. Tout d’abord "Maximum blues piano", paru en 1997. Puis "Max attack", en 2005, pour lequel il avait bénéficié de la participation de ses célèbres amis Hubert Sumlin, James Cotton, Pinetop Perkins, Duke Robillard, Ronnie Earl et Kim Wilson.

Louisiana Red a le blues. Il le vit depuis sa naissance. Il est d’ailleurs né orphelin de sa mère. Et quelques années plus tard, son père est victime du Ku Klux Klan. Très jeune, il s’engage à l’armée. Et participe à la guerre de Corée, alors qu’il n’a que 16 ans. Le musicien a passé une grande partie de son existence, en Europe. Tout particulièrement en Allemagne. Il jouit d’ailleurs d’une plus grande notoriété sur le Vieux Continent qu’aux States. Mais il fait l’unanimité autour de lui. Autant pour sa gentillesse que pour le blues authentique dont il est responsable. Il est tellement contaminé par le virus du blues qu’il serait capable d’enregistrer dix albums par an, sans se forcer… David Maxwell en était bien conscient et lorsqu’il en a eu l’opportunité, il l’a invité pour participer à une session impromptue dans l’état de New England. C’était au cours de l’été 2007. Et la magie a opéré. Tout au long de cet opus, son blues très terre-à-terre est susceptible, à tout instant, de vous flanquer des frissons partout. Les musiciens sont très complices. Ils affichent une maîtrise naturelle de leurs instruments. Bien sûr, on a parfois l’impression qu’ils en remettent une couche, mais il faut reconnaître qu’ils nous éclaboussent de leur talent. Red est un adepte du bottleneck. Il est doué et force le respect dans cet exercice de style. Il aime attaquer les cordes, un goulot de bouteille autour du doigt. Ce qui lui permet de libérer un son métallique très caractéristique. Brillant, Maxwell est pétri de classe ; en outre, il est capable de s’immerger totalement dans le blues de son vieil ami. Red a toujours préféré les tempos lents ; et il le démontre une nouvelle fois sur cet elpee. Notamment lorsqu’il caresse ses cordes sur "Barbara Jean". Et comme ce vieux sorcier de Maxwell a tout compris d'Otis Spann, c'est le bonheur. Dès les premières notes de "Get your hands off my woman", on a l’impression de revivre une rencontre entre Muddy Waters et Otis Spann. La similitude est saisissante. Une seule plage est imprimée sur un tempo plus soutenu : "Going back to Memphis". Elle met surtout en exergue le jeu fluide de David aux ivoires. Douceur et tristesse infinie envahissent "You got to move". "New Jersey women" emprunte délicatement le célèbre riff de slide immortalisé par Elmore James. Et tout au long de "Been down so long", la sensibilité des partenaires est littéralement exacerbée. Une véritable propagande pour le blues !

 

Josiah

Procession

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Dire que je n’attendais pas grand-chose de cet album de Josiah est un doux euphémisme. Que pouvais-je espérer de cette collection d’inédits et de titres live d’un obscur combo stoner anglais ayant splitté il y a deux ans déjà ? Personnellement, je n’avais même jamais écouté ce groupe. Et, la seule fois que j’avais lu son nom, c’était en lisant la biographie de Cherry Choke, un groupe garage rock fondé par Mat Bethancourt (NDR : le leader de Josiah). Fallait-il voir dans ce « Procession » une ultime tentative de la part du label Electrohash de se faire un peu d’argent sur le dos d’un groupe disparu ? Cette situation, en tout cas, ne laissait rien entrevoir de bon.

« Procession » est la preuve, qu’en matière de musique, il faut se méfier des idées préconçues. Car je dois bien l’avouer maintenant, ce disque est un petit joyau et je remercie Electrohash de l’avoir édité.

Josiah est un trio, formé en 2000 par le guitariste Mat Bethancourt et le bassiste Sie Beasley. Ils se partagent les vocaux. Leur line up ne s’est stabilisé qu’en 2004. Après l’arrivée, derrière les fûts, de Keith Beacom. De 2000 à 2008, Josiah a publié 3 albums et deux Eps. Il tourne également un peu partout en Europe.

« Procession » est partagé entre cinq plages enregistrées en studio et autant ‘live’, en Suède (NDR : c’était en mars 2007). Les cinq titres studios sont de véritables petites bombes mêlant classic rock à l’anglaise et stoner plombé. Si les premiers opus de Black Sabbath semblent être l’influence principale du groupe (NDR : certains des riffs semblent avoir été directement inspirés par les pierres angulaires du heavy rock qu’étaient « Paranoïd » et « Sabbath Bloody Sabbath ») il ne faut pas réduire Josiah à une pâle copie du patriarche de Birmingham. Le trio anglais est loin d’être un groupe doom métal. Certes, ses guitares sont lourdes, mais elles sont aussi très rock. A l’influence du grand Sabbath, il faut certainement aussi ajouter celle de Led Zeppelin (dans ce qu’il a fait de plus rock) et peut-être même de Motörhead. Le son ‘brut de décoffrage’ des cinq titres live apporte à la seconde partie de la galette un côté authentique tout à fait envoûtant. Sur ces cinq compos, les riffs groovys et l’abus de pédale wah-wah nous transportent carrément à une autre époque. Difficile de croire que ces titres ont été enregistrés en 2007 et pas en 1974.

Pour un disque dont on n’attendait rien, « Procession » est une véritable excellente surprise qui donne envie de découvrir plus en détail la discographie de ce groupe malheureusement disparu.

 

Eric Frasiak

Parlons-nous

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« Parlons-nous » constitue le quatrième album d’Eric Frasiak. Originaire des Ardennes françaises, ce chanteur est né il y a déjà plus de 45 ans. Pas vraiment une star, vous en conviendrez ! Pourtant cet auteur/compositeur/interprète gagnerait à être un peu plus connu ou plutôt moins méconnu ! Ses chansons ne manquent pas de style. Les textes tiennent la route et certaines de ses compos lorgnent carrément vers le ‘rock’. Mais en général, elles embrassent un style ‘chanson française traditionnelle’, ce qui n’est en rien une tare, bien au contraire.

Le parcours de cet illustre inconnu (NDR : avant de recevoir ce cd, j’avoue ne jamais avoir entendu parler de cet artiste) est assez particulier. Fan de François Béranger à l’adolescence, admirateur également de Ferré, Lavilliers, Springsteen, Pink Floyd et Genesis, entre autres, il garde de cette époque un goût prononcé pour les textes de ses compatriotes et la qualité musicale des seventies des autres. Agé de 19 ans en 1983, après avoir chanté dans les MJC et autres bals populaires des reprises de son idole, il tente l’expérience de l’enregistrement de ses propres compositions. La réussite lui tourne le dos et son album ne verra pas le jour… Retour donc à la case départ pour Frasiak ; et comme il faut bien vivre, les petits boulots alimentaires (roadie ou figurant, commercial, manœuvre ou soudeur) se succèdent.

Le virus de la chanson le reprend en 1996 (NDR : il compte alors déjà 33 ans au compteur) et la scène le démange. Il remonte sur les planches avec un certain succès, mais uniquement au sein des circuits locaux… Malgré tout, un premier album voit le jour en 2003. Signé par Frasiak et les Passagers, « Repartir à zéro » porte bien son nom. C’est en effet un nouveau départ qu’il prend dans le milieu de la chanson. Connaissant son petit succès, Eric persévère, sort un second opus intitulé « Itinéraires », en 2006 ; et même un live, en 2008. Il est vrai que l’accès à ‘la profession’ est devenu beaucoup moins difficile depuis une dizaine d’années.

Fin 2009, il publie le résultat de son troisième séjour en studio. Quinze titres tous écrits de sa plume, sauf un : « Vingt ans ». Qu’il emprunte magistralement à Léo Ferré. A l’écoute des quinze plages, on constate que Frasiak ne parle pas pour ne rien dire. Chaque texte délivre un message qui lui tient à cœur. On retrouve une certaine sincérité dans ses propos ; sincérité ou authenticité qui ne risquent guère de lui ouvrir, malgré tout, les portes de la reconnaissance… Les ondes n’ont pas pour habitude de ‘pousser’ un espoir de 40 ans bien tassés. Il en parle d’ailleurs très bien dans « Les bonimenteurs », chanson pleine d’humour et de dérision… Autres titres qui feront le bonheur des amateurs du genre : « T’étais pas né » vraiment splendide de musicalité et d’intelligence, « François Béranger » en hommage à son modèle d’il y a une trentaine d’années et « Le tango de la jetset », dont le texte sonne ‘tellement vrai’.

Quinze titres pour une heure de musique plaisante et qui ne suscite jamais l’ennui. Bon nombre de ses contemporains ne peuvent en dire autant !!!

 

Russian Circles

Geneva

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Les militants post-rock de Russian Circles nous reviennent à bord d’un troisième rouleau compresseur. Le trio originaire de Chicago avait redéfini le terme ‘puissance’ sur « Station », son précédent opus, et continue aujourd’hui son inlassable ascension vers des sommets de virtuosité. « Geneva » est un condensé de sept compositions efficaces, intense et subtiles. Bien que ce nouvel opus soit calqué sur le même schéma que son précédent elpee, Russian Circles parvient à installer une ambiance qui lui est propre, entre métal, prog, et post-rock. Une versatilité qui ne peut jouer qu’en sa faveur, vu la multiplication des projets –pas toujours subtils– du style. Ainsi, le combo peut évoquer le côté lyrique de Mono et, aussitôt, se déchaîner dans une tempête de riffs à faire pleurer d’envie des Pelican, Isis ou 65daysofstatic. Les amateurs du genre devraient se régaler.

 

Asian Dub Foundation

Asian Hot Foundation !

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Actif depuis 1993, Asian Dub Foundation est un véritable caméléon. Non seulement il change constamment de visage, mais aussi de label. Après avoir sorti « Tank » chez EMI, en 2005, disque dont l’accueil est resté plutôt mitigé ; et un premier ‘best of’, publié en 2007, les sept membres actuels reviennent aujourd’hui sous la houlette du label indépendant Naïve (distribué en Belgique par Pias). Le fruit de cette première collaboration s’intitule « Punkara », un septième ouvrage studio toutes guitares en avant. Ce 30 octobre, ils venaient présenter leur dernier opus au public d’une Orangerie comble et comblée.

Evitant à son public la case ‘première partie’, Asian Dub Foundation débarque sur scène à 20h30 sous sa nouvelle mouture. Rejoint par Al Rumjen, ex-membre des regrettés King Prawn, ainsi que par Aktav8r, qui avait quitté les rangs de la fondation en 2004 pour les réintégrer l’an dernier, le combo revient plus puissant que jamais. Après une petite intro pour chauffer la salle, les six membres présents sur scène font la part belle aux morceaux de leur deux derniers opus. Le public se laisse prendre au jeu. Rien n’est plus beau qu’une Orangerie secouée dans ses entrailles par la réviviscence d’une frénésie vécue bien trop rarement dans les salles de concerts. « Buzzin’ », « Speed Of Light », « Burning Fence », « Flyover », « Oil », « Take Back The Power », « S.O.C.A. », « Superpower » ou le très bon « Living Under The Radar » sont autant de titres qui enflamment le parterre et couvre celui-ci d’épaisses gouttes de sueur. Après une petite pause bien méritée, Asian Dub Foundation finit d’achever son public par « Takbir », une excellente reprise d’Ali Khan et son énorme « Fortress Europe ». Même si la formation a snobé ses travaux les plus antérieurs, elle aura démontré une fois de plus toute sa puissance scénique à un public sur les genoux après 1h30 de secousses corporelles.

Organisation : Botanique.    

Russian Circles

Station

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Comme son nom ne l’indique pas Russian Circles est une formation issue de Chicago. Le trio n’en est pas à son coup d’essai, « Station » constituant apparemment son deuxième essai. N’ayant jamais entendu parler de Russian Circles, c’est avec une certaine appréhension que l’on aborde cet opus. Mais ce que l’on pensait être une énième farce pseudo Post-Rock, terme aujourd’hui utilisé pour décrire aussi bien le caviar que le cheeseburger, s’avère être des plus efficaces. Le Post-Rock des Chicagolais, trempé dans un Métal tranchant, parvient à insuffler une nouvelle vie à ce genre musical. Les trois hommes se montrent aussi bien capables d’utiliser intelligemment une structure classique (un « Verses » à la Explosion In The Sky) que de surprendre en balançant un bon petit prog-rock de derrière les fagots entre deux moments de quiétude (un « Station » digne des meilleurs morceaux de Tool ou un « Youngblood » rappelant Isis). Russian Circles redéfinit avec justesse la hargne, la fureur et leurs antonymes. Une seule envie subsiste après s’être envoyé les six morceaux épiques de la plaque : celle de se procurer au plus vite le premier essai du trio (« Enter ») et de reprendre les choses depuis le début, comme il se doit.

 

¡Forward, Russia!

Life Processes

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Après deux années d’absence, Forward, Russia ! nous revient en pleine forme, un deuxième opus sous le bras. Intitulé « Give Me A Wall », son excellent premier elpee empruntait un profil dance/punk particulièrement excitant. Une œuvre dont le succès instantané avait surpris, D’ailleurs le quatuor de Leeds aurait pu attraper la grosse tête. Dieu merci, il n’en a rien été ; et tout au long de cette longue période de quasi-silence, le quatuor a beaucoup bossé afin d’exploiter au mieux son potentiel. Il a donc enregistré « Life Processes » sous forme de défi, un défi qu’il a relevé en compagnie du producteur Matt Bayles (Pearl Jam, The Blood Brothers, Mastodon).

« Life Processes » se révèle à première écoute moins tranchant et percutant que son précédent essai. Bien sûr, ce ne sont pas leurs qualités qui sont prises en défaut. La technique, les prouesses vocales et musicales ainsi que la production sont irréprochables. Cependant, trop de titres tirent en longueur. Heureusement, quelques compos sortent du lot. Et je pense tout particulièrement à « We Are Grey Matter ». A cause de ses beats électro minimalistes qui apportent de la profondeur à la rythmique intarissable. A l’irrésistible « Breaking Standing », démontrant que les Anglais ont toujours le rythme dans la peau. Sans oublier la magnifique ballade « Fosbury In Discontent », au cours de laquelle Tom Woodhead conjugue quiétude et séduction tant au piano qu’au chant.

Même s’il est parvenu à élargir son registre, ¡Forward, Russia! n’a pas totalement convaincu sur cet elpee. Disons simplement qu’il s’en est tiré très honorablement. Mais s’il risque de décevoir ses nombreux aficionados, les quatre trublions disposent de toutes les aptitudes pour rebondir et même à nouveau surprendre. C’est de toutes manières de bon augure pour la suite.

Asian Z

Un univers manga sur fond de karaoké…

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La soirée du 25 octobre 2007 s’annonçait festive. En effet, Le Peuple de l’Herbe et Asian Z se produisaient ce soir-là dans le cadre de l’Audi Jazz festival, à l’Orangerie du Botanique. Les premiers étaient venus présenter et défendre leur dernier album « Radio Blood Money », les seconds m’étaient complètement inconnus et éveillaient en moi une curiosité amusée.

En surfant sur leur site, l’univers d’Asian Z m’a semblé farfelu, volontairement immature et particulièrement cocasse. Deux heures avant le concert, Spagg du Peuple de l’Herbe me confiait lors de l’interview : ‘Tu connais Asian Z, ils passent avant nous ? Tu vas voir c’est assez particulier, moi j’adore !’ Cette phrase est venue tout naturellement aiguiser ma curiosité à leur égard.

Sur le coup des 20h, la foule venue en nombre s’agglutine à l’entrée. Juste le temps de déposer mon sac et mes affaires au vestiaire. ‘Bad done’, le vestiaire est fermé. Et je suis forcé d’entrer dans la salle avec tout mon barda. J’essaye de dénicher une place près de moi pour les déposer, je sors l’appareil photo, mon carnet de notes, et je regarde se dérouler devant mes yeux ébahis un spectacle complètement délirant monté par cinq Japonais.

Asian Z plaque ses chansons sur fond de karaoké. Les titres sont projetés sur un écran placé dans leur dos. Les paroles reproduites en japonais, en phonétique et leur traduction en français clignotent entre des images et des phylactères dignes d’une bd. Nous sommes pongés en plein univers manga. Tels des samouraïs, la posture fière et le verbe fort, la pop/rock un rien eighties d’Asian Z enrobe le spectacle, et propulse une énergie sympathique et communicative. Il faut lire ces traductions pour essayer de suivre. On y parle de poils, de ‘rasage de chatte’, de trous du cul poilus, d’alcool à outrance, etc. Deux minuscules danseuses japonaises se dandinent derrière le chanteur, levant les bras et sautant sur une chorégraphie apprise par cœur. Le public derrière moi prête plus attention aux textes qui défilent, et se marrent en lançant des ‘rhooo’ à tout va. Je crois que, comme moi, il se demande si tout ça est bien sérieux. Manifestement, ils en ont tout l’air. De nombreux ados postés aux abords de la scène se fendent la poire et se délectent de la prestation. Hurlant pour un rien, tels des groupies de la première heure. Une ambiance ‘bon enfant’ se trame ; et après 9 chansons les Japonais (quoique Lyonnais d’adoption) prennent congé de la salle.

21h00. Les roadies s’affairent, les instruments et l’univers des prochains acolytes s’échafaudent. ‘Le Peuple de l’Herbe’ me gueule dans l’oreille un jeune chevelu, ‘mais ouais vieux !!’ lui rétorque son camarade. Ces deux énergumènes seront collés dans dos et à mes oreilles tout le long du concert, répétant sans cesse ces deux phrases énervantes au possible. C’est recta, à chaque coup je me tape un voisin de concert débile. Mais ces deux-là, c’est le pompon.

21h10. Le bruit des hélices d’un hélico vient ouvrir le jardin où Le Peuple de l’Herbe (‘mais ouais vieux !’) semble impatient de jouer. La batterie de Psychostick trône au centre. A l’arrière. A gauche, Dj Pee a les yeux rivés sur le laptop et ses platines. A droite Spagg se consacre aux claviers et à la basse. Une basse, qui fait pour la première fois son apparition sur scène, lors de cette tournée. Plus à droite encore, N’Zeng s’occupe aussi bien des claviers, de la programmation, du chant que des cuivres. Le décor est fidèle à l’univers graphique de la pochette du dernier opus ? Nous sommes embarqués dans une machine de guerre aux reflets métalliques. Nous nous dirigeons vers une ville perdue où un groupuscule d’irréductibles hisse le pavillon de la révolte. « Viva La Revolucion » ouvre les festivités Conséquence : le public s’enflamme autant que les artistes. Très vite JC001 débarque sur les planches, le pas chaloupé et la casquette vissée jusqu’aux oreilles. Sa voix caverneuse débite un flow mortel, et se lance aussi dans des ‘beat box’ vraiment excellents. Le tout sans postillons. Ce qui est une prouesse et nos objectifs lui sont reconnaissants. En vraie bête de scène, JC001 est souvent accompagné par N’Zeng ou/et par Sir Jean. Ce dernier est d’ailleurs accueilli en guest star par un public déjà conquis. La participation de Sir Jean sur le dernier elpee a des effets positifs sur le groupe qui l’a du coup embarqué dans ses valises. Tel un chef de tribu, il balance ses tresses et son dynamisme est propulsé par l’élément fédérateur du groupe : la trompette. Car si star il y a ce soir-là, c’est bien elle. Scintillante de mille feux, elle souffre contre les joues tendues de N’Zeng. Cet instrument nous rappelle un peu le sens du festival et le pourquoi de sa présence en ces lieux: le jazz. Ce dernier se dissipe assez vite entre les morceaux trip hop/dub/jungle du groupe, mais n’est jamais complètement enterré. Les nouveaux titres de « Radio Blood Money » ont un peu de mal à tenir l’énergie que diffusent les morceaux plus anciens des précédents albums comme « PH Theme », « Dawg Beat » ou « Cow Boy ». Le public semble ne pas avoir encore imprimé, complètement dans sa mémoire, les derniers titres. Il faut dire que l’album n’a que deux mois d’existence ; et ce sont ses premières transpositions scéniques. A l’instar du morceau « Plastic People » plus agressif dans sa conception, « Radio Blood Money » est plus tranché. Le temps sera nécessaire pour sa digestion. Malgré tout, des compos telles tels que « Judge Not », « History Ghost » ou « Traces » passent bien la rampe. On pourrait regretter le manque de freestyle ou d’impros lors du set, juste pour sentir mieux encore, l’unité et le sens d’équipe que les Lyonnais développent tout le long de leur prestation. Tout est bien huilé, bien calé, bien calculé. Il n’empêche qu’une ambiance surchauffée reste bien présente et les 75 minutes de concert s’écoulent à toute vitesse.

Au premier rappel, le groupe nous gratifie d’un quart d’heure supplémentaire, mais ne semble pas encore fatigué. C’est à l’issue du second, d’une durée de 10 minutes, qu’il décide de prendre congé de l’audience. 100 minutes : c’et le timing de cette soirée. On en a eu pour notre argent. D’ailleurs, l’énergie transportée par le public le long des couloirs, en se dirigeant vers la sortie, est la preuve qu’elle s’est collée à nous, et que nous continuerons à la diffuser un bon moment encore. Je rentre chez moi content mais encore surexcité. C’est que c’est tenace Le Peuple de l’Herbe, mais ouaiiiiis vieux …

(Organisation Botanique)

 

Siamese

Plastic Landscape Ep

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Ce nouvel EP de Siamese est découpé en cinq fragments. Cinq chansons de bonne facture. Tout est dit? Non ! C’est cependant un bon résumé de l'impression laissée par “Plastic Landscape”, à l’issue de sa première écoute. Fruit d’un mélange harmonieux de pop, de rock et de new wave, l'atmosphère de « Plastic Landscape » vous enveloppe et peut vous paraître familière. Les tons mélancoliques mais chaleureux de l’expression sonore véhiculent des accents profonds (la voix de Sébastien y est pour beaucoup). Elle est travaillée, cela se sent. Le quatuor formé par Sébastien (chant et guitares), François-Xavier (guitares et claviers), Xavier (basse) et Benoît (batterie) est allé puiser son inspiration dans une exploration introspective ne laissant pas de place à l'extravagance. Et on ressent cette impression d'austérité tout au long du disque. Bref, si les morceaux sont musicalement aboutis, ils ne surprennent guère. On en gardera donc une impression de professionnalisme... et de déjà entendu.

Basia Bulat

Oh, My Darling

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Joli, tendre, émouvant… Même s’ils sont sincères, les qualificatifs que l’on pourrait utiliser afin de décrire « Oh, My Darling » ne peuvent être qu’aussi banals que le produit lui-même. Basia Bulat, l’une des dernières exportations de nos amis canadiens –ils nous avaient habitués à mieux ces derniers temps–, nous offre douze ritournelles bien policées mais quelques peu apathiques. Etonnant pour un recueil produit par Howard Bilerman, l’homme derrière le légendaire « Funeral » d’Arcade Fire. Bien que la voix de la jeune femme soit remarquablement ravissante et, surtout, reconnaissable dans la masse de chanteuses folk qui envahissent les ondes radiophoniques, elle n’en est pas pour autant inoubliable. Quelques morceaux de ce premier essai pourraient certainement faire les beaux jours de la demoiselle (« Snakes & Ladder », le très Tilly & The Wall « Before I Knew », « Why Can’t It Be Mine »…) mais « Oh, My Darling » ne sera jamais plus que l’un de ces disques que l’on pose à l’intérieur de sa platine à deux ou trois reprises. Avant de le renvoyer gentiment prendre la poussière sur l’une ou l’autre étagère….

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