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Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fresque de Vincent Delerm

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The Saxophones

The Saxophones n’ont pas de temps pour la poésie…

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Le groupe The Saxophones annonce la sortie de son quatrième album studio, « No Time For Poetry », prévu pour le 7 novembre. Cet elpee, inspiré par Leonard Cohen et marqué par une ambiance à la fois légère et anxieuse, aborde des thèmes sociaux et politiques actuels, notamment la crise des sans-abris et les incendies en Californie. Le duo, composé d’Alexi Erenkov et Alison Alderdice, s’entoure de collaborateurs réguliers pour enrichir le son. Les chansons mêlent satire et réflexion sur la société américaine, la perte d’influence des groupes dominants et la montée d’une culture de la peur. L’opus se veut à la fois critique, personnel et porteur d’un certain optimisme, tout en restant accessible et musicalement plaisant.

En attendant, la formation a partagé deux titres, Wayward men » (en écoute ici

 

)

et « Too Big for California », sous forme de clip, là

 

XO

Spirit looking out (Ep)

« Spirit Looking Out » constitue le troisième Ep de XO, un duo originaire de Portland, réunissant les frères jumeaux Jake et Jeff Turner. Cette sortie servirait de période de transition pour les frangins, tout en révélant l'évolution de leur musique. Profondément personnel, ce voyage sonore capturé à travers leur musique invite les auditeurs à explorer les émotions complexes tissées dans chaque piste.

Et en mélangeant des éléments de shoegaze, emo, slowcore et de dream pop, il crée une expérience sonore captivante.

Issu de cet Ep, « Falling » est disponible sous forme de clip vidéo ici

Podcast # 51 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Exodus

Exodus, c’est avant tout Gary Holt !

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Metallica, Testament et Exodus sont considérés comme des pionniers du Trash Metal. Il serait né aux States, et tout particulièrement en Californie, dès le début des eighties. Aujourd’hui impliqué chez Metallica, Kirk Hammett est un des membres fondateurs d’Exodus. Il avait d’ailleurs rejoint ‘The Four Horsemen’, dès 1983. Mais ce soir, dans la ville portuaire d’Anvers, c’est un autre homme fort du band que Musiczine rencontre : Steve Souza, mieux connu dans le milieu sous le pseudo de Zetro (NDR : il en dévoilera la raison en fin d’entretien…) Vocaliste de 86 à 93, de 2002 à 2004 ; et, enfin, de retour depuis 2014, Zetro n’a jamais mâché ses mots. Une réputation qu’il n’a pas usurpée…           

L’infrastructure du Trix est encore vide à cette heure-ci. Les hostilités ne commencent que dans une bonne heure. Les têtes d’affiche sont partagées entre Exodus et les icônes du Death Metal old school, Obituary. Les sonorités guident mes pas. J’ouvre les portes de la salle de concert et assiste quelques minutes au soundcheck de King Parrot, un des deux ‘opening acts’ (NDR : l’autre, c’est Prong) de la soirée. Pas de doute, elle risque d’être mouvementée. Julia, la tour manager d’Exodus, m’invite à la suivre. Je passe à l’arrière de la scène, la précède dans un labyrinthe de couloirs, avant d’arriver à destination ; c’est-à-dire face à une petite loge où m’attend Zetro, assis dans un canapé en similicuir blanc. Les cheveux en bataille, vêtu d’un jeans noir et d’un maillot à l’effigie des Calgary Flames (NDR : c’est le nom d’une équipe de hockey canadienne), le vocaliste pianote sur son smartphone. Je m’installe à côté de lui et déclenche l’enregistreur.

En octobre 14, soit quatre mois après le retour annoncé de Zetro derrière le micro, ‘Blood in, Blood out’, le dixième opus studio du band, est paru. Un an plus tard, y a-t-il du neuf à l’horizon ? « Je n’en ai pas encore causé avec Gary (NDR : Holt, le guitariste et leader du combo) de vive voix ; on en a juste touché un mot par correspondance. Un nouvel album est en effet en préparation, mais la date de sortie n’a pas encore été déterminée. Si tout se déroule normalement, ce sera peut-être pour l’année prochaine. Tu sais, on est déjà en novembre. On rentre à la maison à la fin du mois. On passe les fêtes en famille et on entamerait donc l’écriture en janvier. On réaliserait les sessions en février. On assemblerait le tout d’ici avril/mai et terminerions l’enregistrement final pendant l’été ; bien que le temps file toujours plus vite à ce moment-là. Donc oui, peut-être qu’en octobre ou en novembre de l’année prochaine, on devrait avoir quelque chose à se mettre sous la dent (NDR : dans l’oreille ?), si on ne se réserve pas trop de temps libre », argumente le chanteur, avant de poursuivre : « J’ai bien quelques idées de lyrics derrière la tête, mais, comme je l’ai expliqué, il faut que j’en discute avec Gary… Je suis sûr qu’un nombre incroyable de sujets violents lui a déjà traversé l’esprit ; des sujets bien spécifiques au Thrash ».

Bon, on le comprend très vite : Gary Holt joue un rôle prépondérant dans le groupe. À peu de choses près membre fondateur (Gary était au départ roadie de Kirk Hammett et n’intègrera le line up du combo, qu’un an après sa formation), le guitariste est clairement au gouvernail. Et pourtant, ce musicien est rarement présent lors des prestations du band. En effet, depuis 2011, Gary milite comme second gratteur chez Slayer. Au départ, il était le suppléant intérimaire de Jeff Hanneman. Mais en 2013, suite au décès de ce dernier, il le remplace définitivement. Or Slayer est un groupe qui tourne inlassablement depuis plusieurs décennies, monopolisant une grande partie du temps du guitariste. Une situation difficile à gérer ? « Exodus, c’est avant tout Gary Holt ! », réagit Zetro. « C’est un peu comme son enfant : c’est lui qui coordonne l’ensemble, autant la musique que les paroles. Il est toujours le seul à être référencé sur chaque morceau. Mais ce n’est pas un problème pour nous. Il a toujours fait un très bon boulot et on est tous conscients d’avoir la chance de composer et jouer avec lui ». Il prend une pause, avant d’admettre : « Mais évidemment, on ne pourrait plus continuer à tourner si on devait attendre sa présence. Il est donc fréquemment remplacé par d’autres musiciens. Au final, cette situation se reproduit chez d’autres formations de Thrash. Ainsi au sein d’Anthrax, quand Charlie Benante était empêché, c’est Jon Dette qui le remplaçait. Pareil pour Scott Ian, devenu parfois le substitut d’Andreas Kisser. Ce qui n’a jamais empêché le groupe de continuer son parcours… C’est sûr que depuis qu’il a rejoint Slayer, sa présence en ‘live’ a été plus que limitée. Mais il n’empêche qu’Exodus, c’est avant tout Gary, et personne d’autre dans le groupe ne pourrait ou ne voudrait même prendre sa place. Ce serait un sacrilège : la mentalité, l’attitude, la façon d’écrire les morceaux… tout ça, c’est lui… »

Mais qu’importe l’importance du capitaine, il ne fera jamais avancer le navire à lui tout seul. Comme vocaliste, Zetro reste co-auteur des paroles des morceaux et pour lui, le Thrash est une musique sociétale « Il suffit d’ouvrir le journal et de lire tout ce qui touche à l’actualité, pour y puiser des thèmes d’inspiration. Du social au religieux, du militaire au politique, toutes ces nouvelles formes de guerres qui éclatent un peu partout… Il se produit tellement d’événements négatifs à travers le monde. Ce ne sont pas les sujets qui manquent ! Pas étonnant que le Metal soit souvent la musique préférée de fans de films d’horreur ! », déduit-il en rigolant…

Il est vrai que le Thrash Metal, cette incroyable rencontre entre la New Wave of British Heavy Metal et le Hardcore de l’époque, n’a jamais eu la vocation de devenir source de bande-son pour les films de Walt Disney. Zetro appartient à cette catégorie d’artistes qui ont lancé ce style musical. Il se souvient : « C’est vrai que tout a commencé il y a déjà presque quarante ans… Nous sortions en 85 notre premier album, ‘Bonded by Blood’ ; et il est exact que ce style de musique était né quatre ou cinq ans auparavant », concède-t-il avant d’embrayer, pensif : « Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors… suffit de penser à l’arrivée du cd, puis de l’avènement d’Internet… C’est fini la période où on s’échangeait des cassettes ! Mais malgré le temps, c’est incroyable de voir le nombre de fans qui nous suivent toujours aujourd’hui… C’est un peu ça la magie du Metal. Jamais tu n’entendras de la bouche d’un véritable amateur du genre : ‘Ouais, non, finalement le Metal ça ne me dit plus rien…’ C’est impossible ! »

Même si la figure charismatique de Zetro est intimement liée à Exodus, son parcours au sein du combo n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. En effet, dès 93, le band décide de splitter et ne reprendra ses activités que quatre ans plus tard, en compagnie de Paul Baloff, le vocaliste originel. Ce dernier décède en 2002 d’un AVC et Zetro est rappelé à la barre. Mais deux ans plus tard, il tire sa révérence, suite à des divergences de vues. S’en suivront dix années au cours desquelles il accomplit un demi pas de côté par rapport à la scène musicale. « J’ai notamment écrit quelques chansons pour Testament et fondé, en compagnie de Chuck (NDR : Billy, le chanteur de Testament), un groupe baptisé Dublin Death Patrol. J’ai aussi apporté ma collaboration à Tenet. Et puis lancé un autre projet auquel participe mes fils, Hatriot. On peut donc attester que j’ai tenté quelques expériences pendant cette période ; mais plus au sein d’un ‘mothership’ comme Exodus. En 2004, mes enfants étaient encore des ados. Ils sont devenus des adultes. C’est donc plus facile aujourd’hui. Je dois moins me soucier de la situation familiale, que chacun de mes enfants ait de bonnes notes à l’école. En outre, je ne suis plus marié à leur mère et j’ai à présent une magnifique petite amie. Il y a maintenant huit ans que nous sommes ensemble. Elle aime m’accompagner en tournée et je ne dois plus me préoccuper de toutes ces merdes quotidiennes à la maison. Dix années peuvent vous changer énormément dans une vie », confie l’artiste.

Mais revenons un peu à Dublin Death Patrol et Hatriot. Quel est donc le sort de ces projets parallèles depuis qu’il a rejoint à nouveau le paquebot Exodus ? « Tu sais, avec Chuck Billy, on a décidé de lancer sur les rails Dublin Death Patrol parce que les autres musiciens de ce band n’avaient jamais eu l’opportunité de jouer en division supérieure. Ils étaient vraiment derrière nous, car, c’est vrai, tous les side projects dans lesquels nous nous lançons ont cette chance d’attirer l’attention du public. Et donc on l’a fait ! On s’est embarqué dans l’aventure et on a enregistré un album. Ensuite, ils ont voulu partir en tournée, et ça aussi, on l’a fait ! Comme ils ont vu que ça marchait, qu’ils commençaient à devenir des rock stars, ils ont souhaité réaliser un second LP… Et puis là –wow !–  j’ai dû calmer les ardeurs. A ce moment-là, je venais juste de lancer Hatriot. Je ne voulais pas m’investir dans un autre projet de la taille d’Exodus. Et puis l’histoire a voulu que je rejoigne à nouveau ce band… » Un brin nostalgique, le musicien se justifie : « J’aurais bien voulu rester chez Hatriot, comme le fait Gary pour Slayer, mais c’était trop lourd pour moi. Et il me prenait trop de temps. C’est pourquoi mon fils aîné a repris le chant à ma place. Et je dois dire qu’il se débouille très bien ! », se défend-t-il en affichant un sourire, non sans une certaine fierté...

D’un point de vue musical, l’histoire de Zetro et celle du chanteur de Testament sont intimement liées. En effet, alors que Testament n’en était qu’à ses premiers balbutiements et répondait alors au patronyme de The Legacy, son vocaliste n’était autre –à ce moment-là– que… Zetro en personne. Annonçant qu’il allait quitter la formation peu de temps après avoir enregistré une première démo, afin de rejoindre Exodus, Zetro propose pour remplaçant, Chuck Billy. Ce même Chuck en compagnie duquel il lancera Dublin Death Patrol et qui, pendant un certain temps, deviendra le manager d’Exodus. Et c’est toujours ce même Chuck qui, selon certaines rumeurs, aurait poussé vers la sortie Rob Dukes (chanteur d’Exodus de 2004 à 2014), afin de ramener Zetro au micro. Un retour d’ascenseur ? « Je ne suis pas trop au courant du déroulement des événements à cette époque », soutient-il. « Je sais juste que les autres membres voulaient savoir si ça pouvait à nouveau marcher entre nous ; mais je n’ai jamais vraiment su trop pourquoi. Enfin, je n’ai jamais cherché à le savoir, on n’a jamais abordé ce sujet. C’est entre le groupe et Rob. Mais peu importe ce que Rob a pu faire, les quatre autres musiciens n’étaient plus spécialement satisfaits de lui. Apparemment il s’est passé beaucoup de choses en cours de route… Mais c’est vrai qu’on entend beaucoup d’histoires et qu’on ne sait jamais trop dissocier le vrai du faux… Je peux juste dire qu’un jour, Chuck est venu me voir et m’a dit : écoute, Gary est occupé de chercher quelqu’un pour faire le boulot et tu dois le faire! »

Après avoir vécu une première dissolution du groupe et rendu son tablier quelque temps plus tard, peut-on croire à un retour de Zetro sur le long terme ? « Tu sais ce qu’on dit : jamais deux sans trois ! », réplique-t-il, un long rire à l’appui. « Non, mais sérieusement, je pense que cette fois-ci, autant physiquement et mentalement, tout va beaucoup mieux. Ma voix est bien meilleure. Plus aucun élément extérieur ne peut entraver mes capacités. Regarde derrière toi… », me dit-il, en montrant du doigt les packs entassés dans mon dos. « Ouais mec, c’est de l’eau ! Fini ce temps où je buvais une ou deux bouteilles de vin par jour… Mentalement, c’est juste totalement différent ».

L’interview touche à sa fin, mais je ne pouvais pas m’en aller sans savoir pourquoi tout le monde l’appelle Zetro « C’est tout con. L’explication vient de l’époque où j’étais encore un gamin. J’avais 16-17 ans. Je m’étais pris un trip au LSD et je voulais que tout le monde me surnomme ‘Z’. Les gens m’interpellaient en disant : ‘Hey Zed ! Hey Zed !’ Et au fil du temps, le sobriquet s’est transformé en Zetro… il y a donc 33 ans qu’on m’appelle sous ce pseudo, maintenant ! »

Avant de laisser l’artiste se préparer pour le show de ce soir, je lui demande, avec un brin d’ironie, s’il n’est pas trop triste de ne pas être aux États-Unis pour l’instant afin d’élire le futur président des States. Celui qui succèdera à Barack Obama à la Maison-Blanche (NDR : nous sommes en effet à quelques jours des élections américaines du 8 novembre). Contre toute attente, la réplique de Zetro est cinglante : « Mais pas du tout, vu que j’ai déjà voté par anticipation ! Et j’ai choisi la personne la moins pire des deux… et j’en resterai là ! À toi de voir comment tu le prends… », conclut-il, en se marrant.

Et seuls les murs des coulisses du Trix sauront pour qui Zetro a finalement donné sa voix...

(Interview réalisée le mardi 1er novembre, au Trix à Anvers)

Exodus

Résolument old school…

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En cette soirée balayée par les premières offensives automnales, les vestes à patches et autres jeans sont de rigueur à Anvers. Si quelques pieux métalleux ont accepté de célébrer la mémoire de Saints au cours de la journée, ils sont surtout venus acclamer deux grosses légendes du Thrash et du Death, en cette nuit sacrée du 1er novembre. Et pour cause, lors de cette tournée baptisée ‘Battle of the Bays’, deux icônes se disputent la tête d’affiche : Exodus face à Obituary. Soit le Thrash californien qui affronte le Death Metal floridien. Deux bands nés au début des années eighties qui ont marqué plus d’une génération d’amateurs de musique bien pêchue. Rétrospective de cette affiche haute en couleur, vue du pit.

Peut-être est-ce dû à la fine pluie qui s’abat sur la ville portuaire ou encore un reste de crainte d’attaque terroriste –bien que le Trix, ce soir, soit lourdement ‘protégé’ par une présence militaire– mais c’est une salle très clairsemée qui accueille King Parrot. Le combo australien propose un savant et explosif mélange de Grindcore et de Thrash, le tout saupoudré ça et là de Hardcore originel. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musicos ne tiennent pas rigueur de la maigre audience et expulsent tout ce qu’ils ont dans le ventre dès le premier morceau. Dix salves en trente minutes de set : autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps afin de faire jaillir des enceintes toute la puissance de leurs compos. Au micro, Matthew Young, torse nu, est survolté. Il hurle à pleins poumons, toute langue dehors. Il ne faut pas attendre le deuxième morceau pour le voir bondir dans la fosse. Non seulement il agrippe les barrières Nadar, mais également les têtes de celles et ceux plantés en première ligne, afin qu’ils headbanguent, comme il le souhaite, sur le répertoire du combo. Quant aux plus réticents, ils vont devoir se farcir, ni plus ni moins, son arrière-train en gros plan. Et que dire de son comparse à la basse, Matthew Slattery. Telle une marionnette possédée par le Malin, les yeux grands ouverts mais immobiles, il fixe le public d’un air malsain. Cette jeune fille, installée quelques rangs plus loin, se rappellera certainement qu’il est désormais préférable de ne pas sortir son téléphone lors d’un concert si elle ne souhaite plus être arrosée (NDR : de flotte quand même !) Le vocaliste l’avait alors surprise, occupée d’écrire un SMS pendant le show. Sans quoi King Parrot a réalisé une performance explosive, dont malheureusement trop peu de monde a pu profiter. Une grosse claque !

Un changement de backflag et une bière plus tard, Prong grimpe sur l’estrade. Il va se produire devant un auditoire un peu plus compact. La bande à Tommy Victor, seul membre original du band encore présent, bénéficiera d’un quart de plus que ses prédécesseurs afin d’asséner neuf de ses compositions qui mêlent Thrash, Crossover et Groove Metal. Malheureusement la formation précédente a atteint une telle intensité, lors de son set, que celui proposé par le band new-yorkais paraît trop édulcoré. En outre, le leader affiche une telle condescendance, qu’on a l’impression de se farcir un soufflé qui se dégonfle. Mais quoi qu’il en soit, les aficionados du groupe semblent conquis et ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’il le faut.

Les tympans chauffés à point, la fosse est à présent prête à recevoir, comme il se doit, les deux têtes d’affiche du jour. C’est désormais un large backflag qui tapisse le fond de la scène. Un arrière-plan apocalyptique sur lequel trônent, en couleur rouge sang, les six lettres du logo d’Exodus. Deux toiles du même acabit viennent cacher les amplis, de part et d’autre de la batterie de Tom Huntin, membre fondateur (NDR : l’autre, Kirk Hammet, milite aujourd’hui chez Metallica) d’Exodus. Plongée dans le noir, l’auditoire est bercé par les premières notes mélodiques, interprétées à la sèche, de « The Ballad of Leonard and Charles », avant que ne débarquent les artistes pour asséner les premiers riffs thrashiens du morceau. Un mur de son s’abat sur une fosse qui réunit aussi bien des metalheads d’hier que d’aujourd’hui. Le ton est donné, ça va faire mal ! Suite au retour, opéré il y a deux ans, de Steve ‘Zetro’ Souza au chant (NDR : second vocaliste dans l’histoire du band), la setlist est résolument old school. Ce qui explique pourquoi elle fait la part belle au premier elpee du groupe, « Bounded by Blood », au sein duquel figurent « And Then There Were None », « Bonded by Blood », « Piranha » (Zetro annonce d’ailleurs ce morceau en tirant sur son t-shirt à l’effigie de l’animal) ou encore « Strike of the Beast ». Parus, il y a déjà trente-sept ans, ils sont devenus désormais cultes pour tout fan de Thrash. Les titres s’enchaînent et la fièvre commence à gagner la fosse. Les moshpits s’intensifient. Zetro est en grande forme : sa voix puissante, rapide et nasillarde claque au rythme effréné des morceaux. Et quand il ne harangue pas la foule, le chanteur prend du recul afin de permettre aux guitaristes de prendre leurs envols, lors de soli endiablés, exécutés en front de scène. Un regret, l’absence de Gary Holt, pilier du band des premiers jours. Mais ce dernier a été forcé de prendre du repos après avoir tourné pendant plus de huit semaines en compagnie d’un autre groupe de légende, Slayer. Kragen Lum, son remplaçant, parvient néanmoins à faire oublier son absence, haut la main. Moment d’émotion lorsque Zetro dédicace « War is my Shepherd » au tellement regretté Lemmy Killmister, leader de Motörhead, disparu il a déjà presque un an. ‘Comme vous le savez, Lemmy collectait des objets issus de la Seconde Guerre mondiale, mais était radicalement contre la guerre. Nous lui dédions ce morceau…’, déclare le chanteur ; propos suivis d’une salve d’applaudissements respectueux. Taillée sur mesure pour le come-back de Zetro, la setlist repousse dans l’ombre les compositions issues de l’ère de son prédécesseur. « Blood In, Blood Out » et « Body Harvest », extraits du dernier LP en date, viennent apporter un sérieux coup de neuf dans la playlist du jour. A en croire l’intensité des voix du public lors des refrains, ces deux nouveaux titres ont d’ores et déjà rejoint la liste select des morceaux emblématiques du band. Mais le plus étonnant, procède de cette faculté qu’a l’auditoire de reprendre l’ancien répertoire, en chœur. Autant les adeptes des 80’s que ceux, plus jeunes, pas encore nés à la sortie de certains morceaux ; alors que leurs aînés, à l’époque se les échangeait en cassette. Preuve en est que la magie n’a cessé d’opérer en plus de trente ans d’existence…

Tel un marathon, il faut pouvoir économiser son énergie si on veut arriver au bout de la course. Surtout que la dernière ligne droite sera tracée par Obituary, une légende du Metal, mais issue du Death. Une fois de plus, un doux parfum d’old school plane dans l’arène, perceptible jusqu’au backflag, de taille réduite par rapport aux groupes précédents. Un simple fond noir frappé du logo du band, en lettres rouges. Torse nu et casquette du groupe vissée sur le crâne, Donald Tardy est le premier monter sur l’estrade. Il se cambre derrière ses fûts et s’adresse à la foule en hurlant. Les guitaristes et bassistes le suivent, et entament « Internal Bleeding », titre d’ouverture de « Slowly We Rot », premier elpee du quintet, sorti en 89. Les amateurs de cette production ne pourront être que comblés… vu que la moitié du set lui sera tout simplement consacré ! John, le frère de Donald, est à présent le dernier à les rejoindre sur les planches. La quarantaine bien frappée, barbe grise naissante, le chanteur, dont la crinière ondulée est imposante, déboule du fond de la scène. Tel un rituel, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt à longues manches. Il a enfilé des chaussettes blanches relevées jusqu’à mi-mollet et est chaussé de baskets. John empoigne le pied de micro, le glisse entre les jambes, pose un pied sur le retour et laisse retentir sa voix d’outre-tombe entre les murs de la salle anversoise. Un chant typique du Death des premiers jours, résumé en un hurlement thrashien davantage tiré en longueur. Imprimée sur un tempo résolument plus lent que dans le passé, la musique des Floridiens mue la frénésie de la fosse en une contemplation posée des vétérans old school. Les interactions avec le public ne se résumeront qu’à quelques tentatives –du vocaliste– de faire crier les badauds entre deux morceaux. On pourrait également regretter des temps de pause parfois un peu longuets, coupables de faire parfois retomber la pression. Mais les artistes ne sont certes par là pour épater la galerie. Tel un rouleau compresseur, les titres se suivent et les immanquables « Visions in My Head » et « Chopped in Half » ne manquent pas de raviver la horde. Milieu de parcours, la salle est replongée dans le noir et un nouveau backgflag illustrant l’artwork du nouvel opus, « Ten Thousands Ways to Die », sur lequel apparaît une sorte d’être démoniaque constitué d’un amas de corps humains, s’affiche. Le temps d’admirer l’œuvre que démarre la piste du même nom, publiée il y a à peine deux semaines, suivis de « Dying » et « Find the Arise », issus de l’excellent LP « Cause of Death », gravé en 90. L’heure allouée aux maîtres du Death fond comme neige au soleil. Le pit scande inlassablement ‘Obituary’ afin d’inciter les artistes à accorder le rappel ; un encore qui clôture ce show par une reprise vitaminée de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost, suivi du jouissif et culte « Slowly We Rot », qui vient allumer l’étincelle nécessaire dans la fosse afin de la laisser partir en vrille, déclenchant un moshpit musclé tout le long de la composition. Vingt-sept ans après, elle déchaîne encore tout autant les âmes. Preuve en est que ce Metal là est définitivement inoxydable.

(Merci à Nuclear Blast)

Andy Poxon

Must be crazy!

Écrit par

Andy Poxon est issu d'une famille de musiciens. Et notamment à cause de ses parents ainsi que ses grands-parents maternels. Il a choisi la voie du blues, après être tombé sous le charme de la musique de BB King! Issu du Maryland, ce chanteur/guitariste/compositeur est issu du Maryland ; mais il s’est établi dans la région de Washington D.C. Cet artiste aux cheveux roux est à peine âgé de 20 printemps ; et pourtant, "Must be crazy!" constitue déjà son troisième opus. En 2010, il était déjà considéré comme ‘meilleur nouvel artiste’. Son premier LP, "Red Roots" remonte à 2011. Et le deuxième, "Tomorrow", à 2013. Il avait bénéficié de la mise en forme de Duke Robillard et du concours de la section de cuivres du célèbre big band, Roomful of Blues. Pour concocter ce "Must be crazy!", il a reçu la collaboration du claviériste Kevin McKendree. Ce dernier et Andy coproduisent le long playing. Ils cosignent également cinq des 13 plages. Le reste relevant de la plume de ce dernier. La prise de son a été réalisée au studio Rock House, à Franklin, dans le Tennessee. Parmi les invités figurent le drummer Kenneth Blevins, le bassiste Steve Mackey et le saxophoniste Jim Hoke.

Un riff royal ouvre l’excellent "You must crazy". Tout est parfaitement en place : la guitare –autoritaire–, les cuivres et le piano. La voix d’Andy a bien mûri. De tout aussi bonne facture et caractérisé par les accords de piano sautillants de McKendree, "Living alone" baigne au sein d’une ambiance judicieusement néo-orléanaise. Le rythme s'emballe pour "Next to you", un jump épatant au cours duquel la section rythmique libère du swing alors que les cordes prennent leur envol et s’élèvent vers les sommets. Il a parfaitement assimilé ses maîtres, le jeune Andy ! Kevin double piano et orgue pour introduire "Give me the chance", une chouette ballade qui ne manque pas de rythme. La voix d’Andy est alors soutenue par les chœurs de McCrary Sisters et Chloe Kohanski. "Cold weather blues" est un blues lent somptueux. Dépouillé, abordé dans l’esprit de T-Bone Walker, il est parfaitement adapté à l'atmosphère des bars, fréquentés en fin de soirée. Les cordes de gratte sont belles à pleurer! La voix de Poxon affiche une grande maturité tout au long de la ballade "Don't tell your Mama", un r&b nonchalant qu’il interprète face à la section de cuivres. Devant cette même section, mais aussi l’orgue, le piano et les chœurs féminins, il entretient un climat à la fois discret et fiévreux sur le soul blues indolent "Harder every day". Baignant dans un climat jazz chargé de swing, "I want to know" est hanté par T-Bone Walker et Percy Mayfield. Poxon injecte énormément de sensibilité et de passion dans la voix pour interpréter "Already gone", une chanson soul languissante. Les percus de Kenneth Blevins et les ivoires de McKendree entretiennent des rythmes syncopés tout au long de "Making a fool" ; une piste au cours de laquelle Andy tire encore une fois son épingle du jeu au cœur d’une ambiance très néo-orléanaise. Dernière piste lente, "Don't tell me what to do" trempe au sein d’un climat paisible. Tapissé en toile de fond par l’orgue, l'accompagnement est minimaliste ; et la guitare ne concède que les notes nécessaires. La basse acoustique inocule le swing à "Too late", un titre qui mêle jazz et blues. L’LP s’achève par "Rebound", un instrumental. Le spectre de Booker T & The MG’s plane. Mais c’est Yates McKendree, le jeune fils de Kevin, qui se consacre à l'orgue.

 

Andy T - Nick Nixon Band

Livin it up

Écrit par

Ce duo black & white nous avait gratifiés, en 2013, d'un excellent opus baptisé "Drink drank drunk", sur le label californien Delta Groove. Le noir, c'est Nick Nixon, une référence musicale dans sa ville de Nashville. Il a longtemps milité chez les New Imperials. Il a côtoyé un certain temps Jimi Hendrix, avant que ce dernier ne devienne une star universelle. Le blanc, c'est Andy T Talamantez. Ce Californien a émigré à Nashville en 2008. Dans le passé il a sévi au sein des backing groups de Guitar Shorty et Smokey Wilson. Leur premier album avait été produit par le Texan Anson Funderburgh, un gratteur de blues notoire. Il a remis le couvert. 

Imprimé sur un mid tempo, "Baby right now" ouvre la plaque. La voix de Nixon émerge naturellement. Son organe est taillé pour chanter le blues et le R&B. Andy met rapidement le nez à la fenêtre, mais dans un style parcimonieux et efficace rappelant son ami Anson Funderburg. "Best in town" nous abandonne au cœur des swamps louisianais. Une compo imprimée sur un tempo indolent. Sous les impulsions de l'harmonica, que se réserve le pote autrichien Christian Dozzler, la plage nous entraîne dans l’univers des swamps louisianais. Signée Delbert McClinton, "Livin' it down" est une piste qui nous conduit dans la Big Easy, la cité de la Nouvelle Orléans, sous l’impulsion du piano syncopé de Dozzler et le saxophone de Ron Jones. La voix de Nick est toujours aussi chaude et caressante pour aborder le "My baby is now on my mind" de T-Bone Walker. Andy est totalement investi par son rôle, tout au long de ce blues qui swingue naturellement. "Good man" est une compo signée Renee Funderburgh (l'épouse d'Anson) ; un slow blues au cours duquel toute l’instrumentation est bien en place : piano, cuivres et, la guitare, qui se réserve un nouveau billet de sortie… Larry Van Loon (NDR : un guest issu de Kansas City) se charge de l’orgue dans le style de Jimmy Smith. "Back down south" opère un retour au downhome blues. La voix de Nick est systématiquement ponctuée par les interventions concises d’Andy à l’harmonica. Une plage bourrée de charme au cours de laquelle Ron Jones prend son envol sur son saxophone ténor. Pur rock’n’roll, "Last to leave" communique un max de bonnes vibrations. Pour la dernière fois, Dozzler se charge des ivoires. Dana Robbins et Andy ont signé cette piste parcourue par un saxophone explosif. Pour votre info, sachez que citoyenne de Nashville, Dana milite au sein du backing band de Delbert McClinton. Irrigués par l’orgue Hammond, "Let's say it's for good" et "Snake in the grass" trempent dans le Memphis blues. Sur ce dernier morceau, Andy module ses cordes à la manière d’Albert et BB King. "Whatever you had you ain't got it no more" est un succès soul né au cours des sixties. Nick chante passionnément ce southern R&B. Anson Funderburg se réserve la guitare et Lady Robbins le saxophone rythmique sur "Ob baby", une piste née du fruit d’un subtil cocktail de blues et R&B. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par "Love at first sight", une plage balisée par le piano et l’orgue, une compo dont les vocaux sont empreints d’une grande sensibilité…

 

Klaxons

Love Frequency

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C’est en 2006 que j'ai découvert  Klaxons. Lors de l'émission Taratata présentée par Nagui. A l’instar de Franz Ferdinand, quelques années plus tôt. Le quatuor est né en 2005.  A Londres. Il publie d’abord deux singles prometteurs : « Magick » et « Golden Skans », avant de sortir un premier album, « Myths Of The Near Future », début 2007. Et le long playing est très bien reçu par la critique musicale anglaise. Il décroche notamment le prestigieux 'Mercury Music Prize', récompensant le meilleur album paru alors en Grande-Bretagne. Un prix décroché après avoir défendu cet elpee lors d’une tournée mondiale. Un périple qui avait rencontré un succès certain. Le deuxième elpee, « Surfing The Void », paraît en août 2010. Il ne satisfait pas les aficionados. Motif principal : ils n’y retrouvent pas l'electro/pop incendiaire du premier essai et estiment qu’il manque de relief. Il faudra de nouveau attendre 4 longues années pour voir sortir « Love Frequency ». Il est tombé dans les bacs ce 16 juin. Et le troisième opus est toujours considéré comme un tournant pour un groupe. Soit il passe, soit il casse…

Le disque s’ouvre par « A New Reality ». Une compo qui libère immédiatement de bonnes sensations. A cause des nappes de synthé réminiscentes des 80’s. Puis de la remarquable conjugaison des voix entre celles de James Righton et Jamie Reynolds. « There Is No Other Time », c’est est le premier single qui a précédé la sortie de l'album. Une invitation spontanée à rejoindre le dancefloor. Une compo manifestement influencée par Daft Punk. Les voix sont traitées au vocodeur. Funkysantes, les guitares adoptent un profil très Chic. Belle tentative, mais trop formatée à mon goût pour être irrésistible.

« Show Me A Miracle » constitue le second single extrait de ce troisième album. Du même style que l’autre. « Out Of The Dark » poursuit dans la même veine. Pas très convaincant, non plus. « Children Of The Sun » en revient à la formule qui a fait le succès du band. Une compo plus accessible et qui passe bien la rampe.

« Invisible Forces » est sculpté dans la pop la plus pure. Les claviers sont entraînants. Les harmonies vocales, empreintes de sérénité. Judicieusement électro, « Liquid Light » est une compo qui me botte bien. Les harmonies vocales dominent à nouveau leur sujet. « The Dreamers » est une plage raffinée par les nappes de synthés. Et c’est le titre maître qui achève l’opus. Bref, ce « Love Frequency » souffle le chaud et le froid. Il recèle quelques bonnes pistes, mais aussi des titres plus que dispensables. The Klaxons a voulu prendre un virage plus electro et funky. C’est dans l’air du temps, mais peut-être pas une bonne idée…

Klaxons se produira dans le cadre du festival de Dour ce 18 juillet. Il foulera également les planches du Botanique ce 15 novembre 2014. 

 

Andy Poxon

Tomorrow

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Andy Poxon est un très jeune chanteur/guitariste. Il n’a que 18 ans et a fondé son AP Band en 2009. Ce qui ne l’a pas empêché de se forger une solide réputation dans l'est des Etats-Unis. Soit dans le Maryland, le Delaware, en Virginie et autour de Washington DC. Sur scène, Andy est épaulé par Russ Wasson à la basse et de Mike O'Donnell à la batterie.

Il a publié un premier elpee en 2010, "Red  roots", un disque qui n’est pas passé inaperçu. En juin 2012, il a signé chez Eller Soul. Il a pu ainsi enregistrer son nouvel opus sous la houlette d’un seigneur de blues, Mr Duke Robillard (NDR : ce dernier a également rédigé les commentaires du booklet). Andy a une tête de poupon. Sa chevelure est abondante. Crépue. D’un roux vif. Lors des sessions d’enregistrement, il n’a pas reçu le concours de ses partenaires habituels, mais de musicos expérimentés, en l’occurrence, le Duke Robillard au grand complet et la section de cuivres de Roomful of Blues. Excusez du peu ! Poxon est également compositeur. Ce qui explique pourquoi il est respecté par ses pairs. Il signe d’ailleurs l'intégralité de ce "Tomorrow'.

"Too bad" ouvre les hostilités. De bonne facture, ce blues rocke. La voix est loin d’être juvénile. Il est soutenu par les ivoires de Bruce Bears et la section de cuivres. La six cordes est très active et déménage constamment. Tout est cependant parfaitement en place. Rien n’est précipité. Il aborde "You lied" en toute décontraction. La sortie de cordes est largement inspirée par le Duke. Il est vrai que de ce dernier a apporté sa gratte, et on ne sait pas toujours qui se réserve les cordes. Concis et direct, "College boy" est sculpté dans du pur rock'n'roll. Alimenté par des chœurs féminins et parcouru par le sax de Mark Earley, "Why" est une ballade R&B. Tout au long de "Don't come home", Andy affiche une maturité étonnante. Une compo teintée de jazz et de swing. Les interventions de guitare sont parcimonieuses. Le titre maître est un blues fin de soirée. Une plage étonnante pour un musicien qui n’a pas encore l’âge adulte. D’autant que caressée par la trompette de Doug Woolverton, un disciple de Miles Davis, elle est propice à l'étreinte des couples sur la piste de danse. Andy chante d'une voix nonchalante "All by myself". Les cordes sont en permanence sur le qui-vive tout au long de ce swing nerveux. Plus classique, "You don't love me" est un blues abordé à la mode néo-orléanaise. A cause de ces rythmes syncopés, versatiles. Et des interventions de piano caractéristiques. La guitare se révèle néanmoins percutante. Blues cool, "Please come home" est hanté par Ray Charles. Les ivoires de Bears talonnent les vocaux. Andy démontre à nouveau toute son expérience sur "Fooling blues". Et pour cause, il s’autorise une sortie très rock'n'roll que n'aurait pas renié Alvin Lee sur ce boogie blues balisé par une solide section rythmique et dynamisé par un piano débridé. Longue ballade blues rock, "Carol Anne" réverbère des accents contemporains. Le son de la guitare est superbe. Une surprise, la présence de Frankie Biandino à la steel guitar pour la ballade country "One more time". Et en finale on assiste à un duo entre Poxon et Robillard. Un échange de cordes qui sublime littéralement "Jammin' at Lakewest". Manifestement, Andy est un grand espoir dans l’univers du blues…

 

Andy T - Nick Nixon Band

Drink drank drunk

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Nick Nixon est originaire de Nashville, dans le Tennessee. C’est loin d’être un débutant, puisqu’au cours des sixties, il était un des piliers de la scène blues locale. A l’époque, il a bien connu le Band of Gypsies de Jimi Hendrix et Billy Cox. Dans les 70’s, il relevait de l’écurie Chess. Il a publié plusieurs elpees sous son propre nom. Dont "No end to the blues", en 2001, pour le label hollandais Black Magic et "Back down south", en 2005. Le présent opus a bénéficié du concours de l’Andy T Band, une formation drivée par le guitariste Andy ‘T’ Talamantez, un musicien d'origine californienne qui a beaucoup tourné en compagnie de Guitar Shorty et Smokey Wilson. Il avait collaboré à l’enregistrement de "Ready to roll", un elpee crédité à Smokey Wilson and The Andy T Band, publié en 2003.

La cover du "Midnight hour" de Clarence Gatemouth Brown baigne dans le Texas blues. La voix de Nick est puissante. Andy se révèle gratteur de grande classe. Ron Jones s’autorise une intervention au saxophone. Blues lent, "Don't touch me" est issu de la plume de Johnny Guitar Watson. Sous cette nouvelle version, Mr T ne dispense que les notes nécessaire devant le piano de Christian Dozzler (NDR : cet-ex Mojo Blues Band est de nationalité autrichienne). La voix est très expressive tout au long du titre maître, une compo signée Yom Hambridge et Gary Nicholson. "Have you seen my monkey" nous plonge dans le zydeco. L’accordéon de Dozzler s’impose, pendant qu’Andy se déchaîne sur ses cordes. Piste instrumentale, "Dos danos" est alimenté par des échanges de guitares entre Andy et le Texan Anson Funderburgh (NDR : il se charge également de la production). "No end to the blues" opère un retour dans le blues. Miss Markey et Nick se partagent les vocaux. Kevin McKendree siège derrière le piano. Et il y brille de mille feux ! Imprimé sur un mid tempo, "On my way to Texas" est une compo bouleversante. A cause des cordes d’Andy, inspirées de Freddie King. "Hi-heel sneakers" est un classique du blues signé Tommy Tucker. La voix de Nick est superbe. Anson Funderburgh assure la rythmique, dans l’esprit de Jimmy Reed. Dernier blues lent du long playing, "Life is too short" est chargé d'émotion. Mr T gratte parcimonieusement ses cordes. Anson se réserve encore la rythmique sur "You look so good", Hash Brown, l'harmonica. Une formule qui ressemble étrangement à la paire Funderburgh/Sam Myers, qui a sévi autrefois. De bonne facture, cet elpee s’achève par la cover du "I got a woman" de Ray Charles, une version dont la touche ‘tex mex’ est apportée par l'accordéon de Dozzler.

 

Marc Dixon

Jours sombres, nuits blanches

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Marc Dixon, de son vrai nom Jean-Marc Loffet, est loin d’être un inconnu dans le milieu musical. Né en 60, à Liège, il se fait rapidement connaître via ‘Teenage Head’, revue qu’il publie fin des seventies. A la même époque, soit en juin 1979, il choisit pour pseudonyme Marc Dixon, inspiré du film ‘Mark Dixon’, détective d’Otto Preminger et se proclame chanteur de son propre band : Marc Dixon et les Junkies. Quelques singles plus tard, il rejoint une radio libre. D’abord animateur, il y devient programmateur et enfin administrateur ; finalement il est engagé comme consultant musical à Canal+. Son parcours est assez linéaire et son escalade continue. Il passe producteur d’émissions (NDR : notamment du Top 50) puis réalisateur de documentaires, qu’il consacre aux artistes. A partir de 2008, Marc Dixon revient à la musique et à la photographie, enchaînant concerts, expositions et enregistrement de disques.

Son second elpee paraît en automne 2012. Pour le concocter, il bénéficie de la complicité de Jérôme Mardaga (Jéronimo).

De son timbre grave, âpre, Marc chante ou récite nonchalamment ses textes, mais paradoxalement sa voix est pleine de charme, et surtout convaincante. Et les accords de guitares plaqués par Jérôme font le reste. Navigant entre blues et rock, l’univers de Marc Dixon semble sombre, noir même. On ne nage pas en pleine euphorie, c’est clair ! Les deux premières plages nous le rappellent : « Cours-circuit » et « Si tu joues ta vie » annoncent la couleur… Et ce n’est pas la reprise du « Walking in the Rain » (tout un programme) de Flash & The Pan qui va nous remonter le moral. Ben quoi de plus normal quand l’album s’intitule « Jours sombres, nuits blanches ». Tout juste si on ne reçoit pas quelques capsules de ‘Prosac’ à l’achat du disque ! Et pourtant…

Les chansons ont beau foutre le cafard, j’aime ! J’aime les mélodies, la rythmique, la manière de chanter, les mots qui glissent sur les guitares ou l’harmonica. J’aime par-dessus tout l’authenticité de ces textes. Onze fois, Marc Dixon nous crache son mal de vivre, son ras-le-bol, son envie d’être seul, sa sinistrose.

Aucune joie, aucune raison de se réjouir lorsqu’on l’écoute ; et pourtant, ce disque est beau, tristement beau.

Quel talent de faire aimer ‘son mal-être’ aux autres à travers des riffs, des mots, des notes.

Vraiment étonnant.

 

Maxon Blewitt

June ‘81

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« June ‘81 » est la dernière fantaisie concoctée par Bjørn Erikson, guitariste et membre fondateur du band Maxon Blewitt ; et dans une autre vie, acteur au sein de Zita Swoon.

Dès 2002, Eriksson décide de voler de ses propres ailes en publiant un premier ouvrage qu’il intitule « Maxon Blewitt ». C’est ensuite le nom qu’il donnera à sa formation et c’est sous cette appellation que sort le second Cd, « When The Moon Winks », en 2005.

C’est en s’inspirant de quelques souvenirs d’enfance et d’adolescence, dont sans doute ce vieux cliché d’une jeune femme nue sur la pochette, que Bjørn écrit et compose ces onze nouveau titres.

Panoplie d’airs rêveurs, tous bercés par le son chaleureux d’une guitare acoustique, ce nouvel opus dégage des parfums de rêves et de nostalgie.

Doucement, tout doucement, le combo, fort de ses 14 membres (!) nous emmène dans ce monde merveilleux de l’imaginaire, au cœur d’un monde où règnent des mélodies ‘sympathiques’ imprégnées de clarté et de simplicité.

Pas besoin d’artifices pour convaincre le commun des mortels. Les notes et les mots se suffisent à eux-mêmes.

Il est évident que le but recherché n’est pas de truster les premières places dans les charts. A l’écoute de cet elpee, on sent clairement que chaque musico, impliqué dans cette aventure, prend du plaisir… et en procure à celui qui se donne la peine de tendre l’oreille.

En retournant la pochette de cet album, une autre photo, sans doute de la même époque. Serait-ce, cette fois, un cliché du petit garçon qui a rêvé de la jolie inconnue toute sa vie et qui nous la chante trente ans plus tard ?

 

Saxon

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait la meilleure soupe…

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C'est la première fois que je mets les pieds au Splendid de Lille. J'espérais y entraîner mon fidèle pote métalleux dans l’aventure, mais il a décliné l’invitation pour raisons familiales. S'il croit que je vais me laisser démonter par sa défection, il rêve. Je parviens à embrigader Guillaume, un de mes jeunes collègues qui n'a jamais assisté à un concert de métal. Je pense que pour une première, il ne sera pas déçu par les mythiques Britons…

La salle devait servir de cinéma, il y a quelques années. Derrière la console son, on y retrouve d’ailleurs toujours des sièges. Elle est déjà bien peuplée lorsque la formation batave Vanderbuyst monte sur les planches. Et tout au long de leur set évalué à une trentaine de minutes, elle va se remplir. Le combo pratique un heavy metal old school de très bonne facture caractérisé par ses jolis soli de guitare et ses titres chantés à deux voix. Une guitare, une basse et une batterie : tout ce qu'il faut pour concocter du heavy de qualité quand on a le feu sacré ; et manifestement ces gaillards l'ont. Un reproche ? Un air de déjà entendu ; mais bon, quand on se réclame du metal old school, difficile de ne pas marcher sur les traces de ses maîtres…

Place ensuite à Crimes of Passion. On est carrément replongé dans les 80’s. Même le look du chanteur, dont la crinière blonde est retenue par un bandana, nous le rappelle. Leur set est destiné à présenter leur dernier album. Leur tracklisting alterne sympathiques ballades heavy et morceaux plus lourds et rapides à la fois. Quarante minutes de prestation ponctuée par un bel hommage à Ronnie James Dio. Le public ne s'y trompe pas et quelques chevelus commencent à s'agiter le bocal, autour de nous.

Il fait chaud. Dans la salle, une moiteur commence à envahir l’atmosphère et elle baignera la foule jusque la fin du concert de Saxon. Si le métal était une religion, je proposerais Biff comme pape, tant le bonhomme et ses comparses incarnent l'essence même du métal depuis ses premières heures. Leur tournée, baptisée ‘Call To Arms World Tour 2011’, effectue une halte lilloise le lendemain d'un concert accordé à Paris, et quatre jours avant de conquérir le Trix d'Anvers. Et c'est à un véritable best of, parsemé de quelques nouveaux titres qu'on a droit ce soir. D'entrée de jeu, le ton est donné : "Hammer Of The Gods", "Heavy Metal Thunder" et "Never Surrender" accompagnent ma séance de shooting photos. Des titres les plus divers sont présentés ce soir, parmi lesquels le nouveau "Call To Arms" au milieu de classiques comme "Dallas 1PM" et "Eagle Has Landed". C'est au moins la troisième fois en trois ans que votre serviteur assiste à un de leurs sets et celui-ci est certainement le plus énergique. Mon jeune collègue se prend une de ces claques. Il a d’ailleurs bien du mal à revenir sur terre. Les têtes de mes voisins de salle s'agitent en tous sens. Biff, s'il n'a plus la fougue de ses jeunes années, semble cependant s'éclater comme un gamin sur les planches. Douglas Scaratt gratte son manche tout en discrétion et efficacité. Dès que Biff a terminé de nous conter les aventures de Sweeny Todd, Nigel Glockler, caché derrière ses fûts hauts perchés, nous balance un de ses soli de batterie pas possible. Les guitares et la basse nous réserveront encore également chacun un solo, celui de Tim Carter se révélant le plus dispensable, bien qu'énergique à souhait. Comment ce gars a-t-il encore des doigts alors qu'il pince ses cordes comme un malade à mains nues ? Mystère. Notre ami Paul Quinn semble de nouveau vouloir cacher sa calvitie en début de parcours, mais bien vite, il laisse tomber le foulard et exhibe son crâne lisse comme un oeuf. Les envolées de Biff et les duels de grattes se succèdent à un rythme effréné.

Quand les lumières s'éteignent, une chape de plomb s'abat sur la salle. Les Anglais nous gratifient de deux rappels, au cours desquels Biff fait encore monter la pression comme s'il voulait que les fans présents ce soir s'arrachent les cordes vocales. Il se donne tellement que Guillaume se demande si le groupe ne va pas remonter sur les planches pour recommencer un set complet. Malheureusement ce n'est pas le cas, et au terme de "Crusader" et "747 Strangers" en premier rappel et "Strong Arm" puis "Wheels Of Steel", lors du second, la bande à Biff s'en retourne définitivement dans sa loge. Nous, on quitte le Splendid le sourire aux lèvres. On vient de se prendre une bonne claque. Que demander de plus ?

(Voir également notre section photos)

Organisation Diva Productions

 

 

 

Klaxons

Surfing the Void

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Qu’on ne parle plus de Nu-Rave au quatuor (anciennement trio) qui nous a pondu l’excellent « Myth Of The Near Future », en 2007. « Surfing The Void », c’est le pied de nez aux détracteurs qui les attendaient au tournant. Ce qui est une excellente chose en soi, vu que le genre précité n’aura pas survécu plus de deux ans. Les Klaxons nous servent ici de bons gros riffs bien bourrins, des mélodies divinement chaotiques et des refrains qui ne risquent pas de se retrouver un jour listés dans les karaokés. Ce son plus lourd, la formation le doit certainement au préposé aux manettes, Ross Robinson, habituellement délégué aux productions Metal (Korn, Glassjaw, Machine Head, At The Drive-In, Sepultura,…).

« Surfing The Void » a d’autant plus de mérite qu’il a été accouché dans la douleur. Le label a en effet refusé à plusieurs reprises les premières ébauches proposées par le quatuor, jugées trop ‘anti-commerciales’. Le résultat final n’est pourtant pas facilement accessible. Le disque ne rencontre d’ailleurs pas le même succès commercial que « Myths Of The Near Future ». Klaxons a donc tiré sa révérence à tous les fluokids, même si certains morceaux gardent quelques séquelles du premier labeur (« Cypherspeed », « Flashover », « Echoes»). Moins instantané que le précédent opus, « Surfing The Void » est l’un de ces disques vers lesquels on se retourne quelques années plus tard en se félicitant de ne pas être passé à côté.

Avis aux fans, en guise de cadeau de fin d’année, le quatuor propose également, depuis ce 27 décembre, un Ep inédit de 5 titres. « Landmarks Of Lunacy Ep » a été mis en boîte en compagnie de l’inévitable James Ford (Simian Mobile Disco) lors des sessions d’enregistrement de « Surfing The Void ».

Saxon Shore

It Doesn’t Matter

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Quatre années se sont écoulées depuis la sortie du dernier album de Saxon Shore (« The Exquisite Death »), un groupe responsable d’un post-rock flirtant allègrement avec le shoegazing des Explosions In The Sky, Mono ou encore Mogwai. Durant toute cette période, la formation a notamment accompli une tournée au pays du soleil levant. Les différents membres ont aussi déménagé aux quatre coins des Etats-Unis : Philadelphie, Baltimore et même New York. Enfin le line-up du combo s’est enrichi de deux nouveaux membres : le bassiste William Stichter et le guitariste/claviériste Oliver Chapoy. Suivant son habitude, Saxon Shore (NDR : le drummer de Fleet Foxes, Josh Tillmann, y a milité à une certaine époque) a décidé de se charger de la distribution ainsi que de la promo de son nouvel elpee. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel au producteur le plus prisé pour l’instant, Dave Fridmann (MGMT, Clap Your Hands Say Yeah, Flaming Lips, …), pour le mettre en forme.

Première constatation, sur ce « It Doesn’t Matter », Matthew Doty (NDR : c’est le membre fondateur, mais également le principal compositeur) a voulu ajouter des parties de chant. Tout au long de « This Place ». Et le résultat est plutôt réussi. Une plage au cours de laquelle la vocaliste japonaise Caroline Lufkin vient poser son timbre suave, un peu comme à la plus belle époque de Cocteau Twins voire de My Bloody Valentine. Une sensation accentuée par ces cordes de guitare distordues, mais distantes, canalisées ici par des accords de piano délicat.

Seconde constatation, Doty a voulu expérimenter des arrangements de cordes. Sur « Small Steps ». Mais si le concours de violons rend la solution sonore homogène, le résultat final n’est quand même pas exceptionnel.

Le reste de l’elpee est partagé entre titres atmosphériques réminiscents de Mogwai et  morceaux plus rythmés, susceptibles de rappeler les Norvégiens de Jaga Jazzist, à l’instar de l’excellent « Sustained Combustion » ou encore de « Japan 412am ».

Bref, si une partie de l’œuvre emprunte une forme largement explorée, Saxon Shore a quand même eu le bon goût de tenter l’une ou l’autre expérience intéressante. Aussi, je conseillerai cet elpee uniquement aux adeptes du genre. Et il est vrai que de nombreux aficionados aiment toujours planer à l’écoute de ces envolées sonores, traversées d’accès de larsen (im)prévisibles. Et tant mieux s’ils y prennent leur pied !

 

Dixon

Temporary Secretary

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Boss de l’écurie berlinoise Innervisions, Dixon est une figure de proue dans l’univers de la house teutonne. C’est certainement aujourd’hui un des meilleurs DJs de la planète ; et il le démontre une nouvelle fois sur sa nouvelle compilation « Temporary Secretary ». Un mixtape bien fichu et très personnel, digne du « Body Language Volume 4 » compilé pour le label Get Physical. Ici, Dixon, comme un très bon DJ, conte une histoire que l’auditeur voudrait éternelle tant le set (qui reste pourtant simple) est parsemé d’étapes voluptueuses et riches en musique.

Le mix s’ouvre par « Ongou », un titre signé Icasol. De manière lente et répétitive il vient se fondre sur le tribal et dark « If I Had A Heart » de Fever Ray. Le conte se poursuit par un enchaînement entre le remuant « Let Me Show Ya » de Jazzanova et la pépite house « Something About You (Henrik Schwarz Remix) » de Daniel Paul. Lors de ce parcours toujours aussi jouissif, on rencontre le très deep et transcendant « Hazel (Ewan Pearson's House Remix) » de Junior Boys mais également le méditatif « Law Of Return » de Peter Kruder. L’histoire s’achève par le « Sepiaphone » de Tokyo Black Star, qui sur un fond deep présente quelques sonorités à l’intensité ‘kraftwerkienne’. En 14 titres, Dixon nous révèle ses compétences techniques, mais également musicales ! Un recueil qui ne paie pas de mine, mais croyez moi, digne d’intérêt…

BoXoN

Baptême du feu

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BoXon… (ce n’est pas un ordre !)

- Et papa, t’as le nouveau Superbus ?

- Hein ? Quoi ? Qui ça ?

- Ben Superbus, un p’tit groupe de rock français. C’est leur nouveau Cd ?

- Non !

- C’est le dernier BB Brunes alors ?

- Non, j’écoute BoXon.

- Qui ? BoXoN ? Ben m… alors. C’est vraiment du copié-collé. J’y ai cru un moment !

- Désolé ma chérie. Alors t’en dis quoi ?

- Ben, disons que pour une copie, elle est de bonne qualité.

- Copie, tu exagères. Mais oui, tu as raison, musicalement, il n’y a rien à dire. Le son est correct, c’est bien joué. Pas du tout désagréable.

- Ouais, sauf que Superbus, ils arrachent quand-même plus que ça.

- Si tu le dis… Mais enfin pour une bande de gamins, c’est quand-même pas nul non plus.

- Gamins ? Ils ont quel âge ?

- A vue de nez, 18 ou 19 ans, pas beaucoup plus.

- Comment tu sais ça toi ?

- Ben la bio. Ils sont nés courant des années 90 et ils ont fondé leur groupe BoXoN en 2006. Ils ne sont donc pas très vieux, c’est bien ce que je disais.

- C’est la mode des gamins hein. Après les Allemands de Tokyo Hotel, place aux Français de BoXoN maintenant.

- Oui, mais sache qu’ils composent leurs musiques et écrivent leurs textes eux-mêmes, à part une reprise de Jacques Dutronc : « Et moi, et moi, et moi ». Pas mal hein ?

- Ils sont combien dans le groupe ?

- Quatre. Les frères Marceau, Thimotée et Valentin (l’auteur-compositeur) aux guitares, Jérôme Serey à la basse et Marlon Rouet à la batterie. Et pour ta gouverne, je dois aussi préciser que c’est Steve Forward qui a réalisé leur album.

- Kikséksa ?

- Un ingénieur qui a travaillé avec les plus grands. Je te cite en vrac et dans le désordre : Johnny, Florent Pagny, Axel Bauer, Laurent Voulzy, Maxime et plein d’autres encore.

- Ok, c’est du lourd alors.

- Oui, et si lui s’y met c’est qu’il y croit. Je dois bien t’avouer que moi aussi ça me plaît. Et je suis certain qu’on n’a pas fini d’en entendre parler. Tu verras.

- Tu me le passes ? Je vais l’écouter dans ma chambre.

Graham Coxon

The spinning top

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Le guitariste de Blur s’était déjà illustré en assurant la plupart des parties de guitare du superbe dernier album de Pete Doherty, “Grace/Wasteland”, mais on était loin d’imaginer que son septième opus solo serait d’une telle trempe. Graham y joue de la guitare acoustique. Parfois électrique (NDR : sa Télécaster !). La plupart du temps en fingerpicking. Et plutôt bien. Dans un style rappelant Bert Jansch, Davy Graham voire John Martyn. Faut dire que Coxon s’intéresse de plus en plus au folk britannique. Un virus qu’il a chopé il y a quelques années. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a invité le bassiste du légendaire groupe Pentangle, Danny Thompson, à se joindre aux sessions d’enregistrement. Folk, mais le plus souvent teinté de psychédélisme, dans l’esprit de Syd Barrett voire de Nick Drake. Encore que parfois c’est même aux Beatles que l’on pense (NDR : l’intro d’« In the morning », une compo de plus de huit minutes, est même carrément calquée sur « Blackbird », alors qu’électrifiée, la six cordes lorgne parfois carrément vers le « Magical Mystery Tour » quand ce n’est pas « Abbey Road »).

Pour concocter cet opus, Coxon a également bénéficié du concours de Fox (NDR : il se prénomme également Graham, pas Peter !) aux drums, du pianiste Louis Vause et puis surtout du guitariste Robyn Hithcock. D’ailleurs, lorsque la solution sonore s’électrifie, c’est à ce dernier qu’on pense, même si le timbre nasillard et vulnérable de Graham évoque davantage Dean Wareham (NDR : Galaxie 500). Concept album, « The spinning top » raconte l’histoire d’un homme depuis sa naissance jusqu’à la mort, le dernier titre, « November » étant suffisamment évocateur à ce sujet. Un zeste d’exotisme, de blues (NDR : puisé dans les racines du Delta sur « Sorrows army »), des chœurs vaporeux, et une instrumentation fort variée mais parcimonieusement dispensée, impliquant une double basse, un piano, du glockenspiel, un harmonium, de l’accordéon et des cuivres (NDR : notamment sur l’euphorique, presque bossa nova « Perfect love ») enrichissent l’univers sonore de cet opus de toute beauté. Un disque produit par l’inévitable Stephen Street.

 

Marc Dixon

Malédixion

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Sous le pseudonyme inspiré d’un film d’Otto Preminger (Mark Dixon, détective), le Belge Jean-Marc Loffet revient faire un petit tour du côté de notre scène musicale après dix-huit longues années de silence...

Ok, dix-huit ans, c’est long! Mais ne pensez surtout pas que Marc Dixon est paresseux : pendant ce temps, il a eu l’excellente idée de produire et réaliser –brillamment– nombre de documentaires (« Arno, comme les hommes », « Taxi Europa » …), clips (Sharko, My Little Cheap Dictaphone,…) et émissions télé (‘Fast forward’,…).

En effet, Marc Dixon est avant tout un homme d’images imprégné de musique et il le prouve obstinément depuis une trentaine d’années. Il réapparait aujourd’hui couvert de sa casquette d’auteur/compositeur/interprète, en tenant sous le bras, un ouvrage sombre en onze actes, parfumé d’ambiances nocturnes et intimistes, de guitares abrasives, et d’un énigmatique storytelling bilingue (français/anglais). Pour la circonstance, il a reçu le concours de son ami Pierre Lebecque et du guitariste français Goulven Hamel.

Dès la première plage, Dixon annonce la couleur et force un constat indiscutable : non, l’artiste intriguant n’a pas profité de cette longue période de vacances musicales pour accomplir un séjour linguistique outre-Manche, afin d’y peaufiner son anglais…

Si l’énorme accent français (choix apparemment délibéré tant il est prononcé) peut sembler  un atout sexy chez nos amis anglophones, pour certains francophones, il prête plutôt à sourire… voire à faire grincer des dents au fil des cinq titres interprétés dans la langue de Shakespeare. Éternelle question de contexte… On appréciera ou pas.

« Maledixon » tente, d’entrée de jeu, de nous emmener dans l’univers particulier de son auteur, un univers plutôt obscur mais déterminé à se rendre avant tout sensuel et poétique.

Riche d’influences musicales aussi variées que respectables (Johnny Thunders, Asphalt Jungle, Lou Reed, Howe Gelb, Boris Vian, et Patti Smith, parmi les plus évidentes), le cow-boy poète peut se targuer de ne pas être tombé dans le vilain piège –tristement répandu– du ‘copier/coller’ pour tenter de créer des atmosphères authentiques.

On notera, par exemple, une cover inattendue du fabuleux « Fever », revisitée et convertie ici en version bluesy low-tempo de manière assez personnelle. Intéressant.

On remarquera aussi des arrangements appliqués, une bonne cohérence générale des morceaux et des ambiances ainsi qu’un Goulven Hamel étonnant à la guitare, omniprésent tout au long des pistes, faisant presque oublier les petites lacunes dont regorge malheureusement l’album.

En effet, en ce qui concerne la vue d’ensemble, on peut regretter une impression de linéarité et de redondance dans l’interprétation, un certain manque de panache et de prise de risques musicaux, ainsi qu’un égocentrisme sous-jacent parfois exaspérant en ce qui concerne les textes. On aimerait entendre décoller l’appareil et être surpris davantage. Mais ni les lyrics provocateurs de Marc Dixon, ni même la Gretsch rutilante (pourtant domptée élégamment par Goulven Hamel) ne sont malheureusement arrivés à me faire voyager plus loin que le plafond de ma chambre. Il manque incontestablement un petit je-ne-sais-quoi à cet album pour qu’il nous transporte où il prétendait nous emmener… En cours de route, un arrière goût amer de ‘déjà-vu’ envahira peu à peu nos papilles délicates. Dommage !

‘Maledixon’ est cependant très susceptible de toucher un certain public… Férus de voyages de nuit, de riffs tendus aux sons chauds ou d’autoroutes pluvieuses, il trouvera sans doute ici un album de chevet honorable et un compagnon de route honnête.

Bill Dixon with Exploding Star Orchestra

Bill Dixon with Exploding Star Orchestra

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Le jazzman Bill Dixon et les treize membres de l’Exploding Star Orchestra, dont le line up implique un autre jazzman et compositeur de talent, répondant au nom de Rob Mazurek, présentent sur leur essai éponyme trois morceaux libres de toute structure et de limites. Du free jazz à l’état brut. A priori difficile d’accès, l’œuvre s’adresse essentiellement aux fans du genre qui (re)découvriront l’univers déconstruit de Dixon, auquel Mazurek ajoute une touche personnelle audacieuse (« Constellations For Innerlight Projections (For Bill Dixon) »).

Le déconcertant voyage initiatique proposé par Bill Dixon est susceptible de faire virevolter l’auditeur entre coups de trompettes rageurs, trombones inquiétants et autres envolées de saxophones accusateurs. Une aventure dont on ne sort pas indemne mais qu’il faut cependant entreprendre avec précaution. Ravis ou nauséeux, les disciples ayant tenté l’aventure ne peuvent que saluer à l’unanimité la performance indéniablement salvatrice de Dixon, Mazurek et du reste de l’orchestre. Jouissant certainement d’une exposition très discrète, « Bill Dixon With Exploding Star Orchestra » devrait très certainement ravir les amateurs de Free Jazz, sans pour autant déplaire aux autres. Sauf si vous êtes allergiques au style, of course.

 

Graham Coxon

Love Travels At Illegal Speeds

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« Reviens Graham ! Reviens ! » Se mettre dans la peau de Damon Albarn n’est point difficile. Il suffit d’essayer : ‘Allez, arrêtes tes conneries ! Reviens !’ Depuis qu’il a claqué la porte de Blur, Graham Coxon reste sur ses positions. Obstiné, il continue à déchirer sa Telecaster sur les ruines des Buzzcocks et des Jam. Après le réussi « Happiness In Magazines », le binoclard revient, brandissant son sixième album et une nouvelle illustration. Encore un et le guitariste égalera la discographie de ses anciens compagnons de route. Peut-être s’agit-il là de son seul objectif ? En effet, on peut retourner le problème sous toutes ses coutures, la donne demeure inchangée. Depuis 1998. Coxon persévère : il fait du Coxon. L’homme qui agitait les cordes de Blur n’a pas changé. Et on ne s’étonne guère des appels incessants lancés par Damon Albarn à l’adresse de son copain. En 2006, Graham Coxon est attendu comme le messie par ses potes de Blur. Une attente partagée par le public qui, au fil du temps, s’épuise des sympathiques récréations du bonhomme. Ainsi « Love Travels At Illegal Speeds » confirme ses antécédents discographiques : une voix limitée, portée par une aisance mélodique à pleurer. Graham Coxon est capable de signer des tubes en or massif. Mais sans la voix d’Albarn, la manœuvre semble bien compliquée. Au rang des brûlots, « You & I » rafle la mise. Les autres chansons punk-rock relèvent du conformisme ‘coxien’ (des reprises de Pavement par Weezer). Les plus belles réussites de ce disque sont à mettre à l’actif des ballades « See A Better Day » et « Don’t Believe Anything I Say ». D’accord Graham, on veut bien. Mais s’il te plaît, reviens !

Nixon Now

Altamont nation express

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A l’écoute de cette rondelle, espiègle autant qu’incisive, il n’est pas difficile d’imaginer l’origine de ce combo : Detroit. D’ailleurs le patronyme de ces quatre garçons, vraiment pas dans le vent, ne laisse aucun doute à ce sujet. Sven Anders, Andi Schmidt, Marc Zimmerman et Stephan Rath ne sont bien évidemment pas des compatriotes du MC5 ; ils nous viennent même du pays de la choucroute. Cependant ils ont entièrement adopté la conception du seventies twisted métal de leurs maîtres ! Cette formation, encore méconnue en 2005, a vu sa cote d’amour sérieusement augmenter ces derniers temps. Force est de reconnaître qu’elle le mérite, vu son souci de se démarquer d’une scène ‘garage’ un peu trop surchargée. Car Nixon Now n’est pas un groupe de stoner comme les autres. Cette communauté toute dévouée au rock n’ roll et qui empeste le kérosène a le souci constant de surprendre ; mais aussi de bousculer les valeurs établies du style, sans pour autant ‘cracher dans la soupe’. « Altamont nation express » étonne par le caractère novateur de ses structures. Un paradoxe, car le groupe n’a rien inventé, mais a réussi à donner un souffle nouveau au style Detroit. Comment ? En y apportant davantage de fun et d’éléments qui évoluent parfois à la limite du glam rock métal cher à Motley Crue et à Cats in Boots.