Le rire de Will Paquin

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Franck Monnet

Malidor

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Pour concocter son quatrième album, Franck Monnet fait fort. Non content de nous montrer une fois encore l’étendue de son talent, il nous offre un disque plus incisif que jamais. Mais si « Malidor » offre un côté plus rock que les disques précédents, il ne perd rien en beauté. La voix tendrement suave de Franck Monnet, conjuguée à sa plume désormais reconnue, nous livre quelques bijoux musicaux. Citons, entre autres, « Barcelone » pour son punch qui entraînerait le plus chauvin des Madrilènes ; « 18 ans », propice à nous replonger dans cette sensation presque oubliée de liberté acnéique ou encore cette perle de « Malidor », titre phare incontestable de l’album. Pays imaginaire, « Malidor » a de quoi séduire tout le monde. Fête qui semble perpétuelle, on y trouve de tout : des femmes qui ont du poil aux pattes ou boudent des gringalets, barbes à papa, chansons, caresses, hippopotames, farces, aphrodisiaques… Franck Monnet dit y avoir rendez-vous après la mort et on aimerait l’y rejoindre. Mais pour l’instant, inutile d’aller si loin : la complicité évidente manifestée entre Franck Monnet, François Lasserre (guitariste) et Franck M’bouéké (batteur) font de ce disque un échantillon de paradis, où l’on ‘trouve le sommeil, mais pas avant l’aurore’ (« Bonn’aise »).

 

 

 

Various Artists

Folk Off

Écrit par

Signé sur le label anglais Sunday Best et divisé en deux volets, « Folk Off - New Folk And Psychedelia From The British Isles And North America Compiled By Rob Da Bank » est à ranger au rayon ‘anthologie’ (plus que compilation). D’un dépouillement magnifique (guitare-voix) aux plus complexes arrangements, le folk tend à (re)devenir le mode d’expression musicale premier. Moins contestataires qu’aux origines mais toujours observateurs d’un monde perturbé, ses artisans conjuguent le sublime au long des trente chapitres de ce grand journal intime.

Les Iles Britanniques ouvrent leur voie grâce au « Pionneers » de Tunng, s’appropriant parfaitement le morceau de Bloc Party. S’ensuit alors une série de titres simplement beaux. Certains instrumentaux (« Guitare miniature » de North Sea Radio Orchestra ou le rayonnant « Dawn » de Eighteenth Day Of May) se glissent parmi les bidouillages électroniques étranges de Same Actor (« Nothing Yet ») ou pénétrants de Listen With Sarah (« Blue Parsey »). Rêves. La présence de talents reconnus (James Yorkston & Reporter) ou à découvrir (Songs of Green Pheasant) renforce l’idée d’avoir entre les mains un monde onirique splendide et douloureux.

Face à ce premier versant, l’Amérique du Nord regorge d’armes plus ou moins secrètes. Première réplique, Micah P. Hinson propose sa version de « Yard Of Blonde Girls » (déjà présente sur l’album « Dream Brother- The Songs Of Tim + Jeff Buckley »). Reprise encore, de Cohen cette fois (il semblait inévitable de passer à côté du maître en ces contrées), Marissa Nadler s’empare du « Famous Blue Raincoat » pour lui offrir une délicatesse aérienne (au détriment d’une profondeur authentique). Délicatesse toujours, Espers reprend le traditionnel « Rosemary Lane ». Le génie d’Animal Collective, les trépidantes Au Revoir Simone, le singulier Sufjan Stevens ou encore la douceur de Mi & L’Au tirent ce deuxième disque vers le sommet, truffé de bonnes surprises telle que la participation de Feist sur « Snow Lion » de Readymade FC.

Pour conclure, cette collection atteste de l’infinité créative que le folk peut offrir. Car ce dernier a cela de passionnant qu’il se surpasse lui-même, abattant toute frontière que l’on croyait érigée. Inépuisable.

 

Incognito

Bees + Things + Flowers

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Groupe vétéran de la scène acid jazz, Incognito est le projet de Jean Paul Maunick, vieux routier de la scène funk anglaise depuis la fin des années 70. Il ajoute à sa déjà copieuse discographie cette plaque qui touille dans le jazz, la soul et le funk ‘cool’. Le tout baigne dans une ambiance cossue et luxueuse largement due aux arrangements de cordes, aux claviers vintage et aux voix chaleureuses conjuguées par Jocelyn Brown, Carleen Anderson et Maysa Leak. Au menu musical de « Bees + things + flowers » de nouvelles versions consacrées à quelques morceaux phares de la formation (« Still A Friend Of Mine », « Always There »), une reprise de Roy Ayers et de « Summer In The City » (avec une étrange intro de cordes) ainsi que des compositions originales. Particulièrement soigné, ce disque est davantage taillé pour les salons que les dancefloors. Exception qui confirme la règle : la cavalcade drum and bass de « Raise ». Un regret tout de même, l’ensemble est un peu trop lisse pour faire la différence…

 

 

The Samuel C. Lees Band

Bigg Mann

Écrit par

Samuel est dyslexique. Ce qui ne l’a pas empêché de se consacrer à la musique, dès son plus jeune âge. Il aime le rock, et en particulier Queen. Mais est surtout fasciné par les guitaristes. Et en particulier Yngwie J Malmsteen, Tommy Bolin ou encore Stevie Ray Vaughan. En 2000, il fonde Texas Flood, un quartet dont le patronyme laisse, bien entendu, augurer du style adopté. Il se lance ensuite dans un duo, en compagnie du batteur Steve Washington : le Washington Lees Experiment. Toujours pas satisfait de ses expériences, il cherche à créer un nouveau concept dans l’univers du blues, en posant les bases de son projet sur l'ambiance et le fun que peuvent générer sa musique. Il fonde alors son propre trio, flanqué du bassiste Adam Ogiliev (déjà impliqué dans le Texas Flood) et du drummer Andy Perfect. Le groupe veut briser les perspectives conventionnelles du blues, en communiquant aussi bien un sentiment de bonheur que de tristesse. Mais suffit pas d’avoir de bonnes idées, il faut aussi les concrétiser. Alors, ce "Bigg Mann" est il vraiment différent de la production blues habituelle ? Tout d’abord, il n’affiche qu’une durée de 40 minutes. Ce qui est vraiment peu pour un cd. Surtout lorsqu’on veut convaincre le mélomane avoir décelé un nouveau créneau. Blues Matters, label anglais particulièrement dynamique, a signé le Lees Band. B.M. est également un magazine de blues qui prend une ampleur certaine sur le net…

Dès les premiers accords de "Bigg mann", on sent le Lees Band libéré. Tout au long de ce blues rock bien carré, tempétueux, la guitare occupe tout l'espace sonore. Sam possède une bonne voix. Puissante également. Mais surtout, ses cordes dominent parfaitement leur sujet. Faut dire que grâce aux vertus du re-recording, il assure également la rythmique. En trame de fond, Andy tape dur sur ses peaux. "The way it is" se distingue par une rythmique digne du ZZ Top de naguère. Lees double à l'orgue. Cette plage me fait penser furieusement au hard blues rock anglais des seventies. "See you again" accentue cette première impression. Rien de bien neuf à l’horizon. La cohésion rythmique est irréprochable. Ce qui permet, sans aucun doute, de donner toute confiance au soliste. Le travail sur les voix passe bien la rampe. Résultat des courses : la musique est très accessible. Parfois elle me rappelle les duels échangés entre Jeff Beck et Jimmy Page, lorsqu’ils sévissaient chez les Yardbirds. Plage lente et atmosphérique, "It's not your fault" s’écarte totalement de l’univers du blues. L’interprétation est cependant de bonne facture, même si les cordes empruntent un profil heavy metal. Acoustique, "Dusty road blues" est un intermède instrumental de brève durée. Dans le registre des ballades, "Little girl lost" trempe dans le R&B. Mais je la trouve un peu trop américanisée à mon goût. Dans le registre, je préfère "The memories that still holds me". A cause de ses accents sudistes. Une compo de southern rock dont le mur de guitares est aussi épais que solide. Blues rock classique et rythmé, "Dance hall" rappelle l’inévitable Vaughan. Autre ballade, "The other side of the day" constitue un des meilleurs moments de l’œuvre. Un blues très mélodique réminiscent d'un certain Fenton Robinson. La finale s’enfonce dans le hard rock pur et dur. Agressives, les guitares sont traitées à la manière de Pat Travers. Et en bonus track, on a encore droit à "Set me free", une ballade, ma foi, tout à fait inoffensive. Bref, si cet opus met en exergue des musiciens particulièrement efficaces dans leur style, on ne peut vraiment pas dire que leur musique soit révolutionnaire…

 

 

Wolfunkind

L'album de la maturité

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La touche ‘play’ du lecteur cd à peine pressée, les comiques de Wolfunkind annoncent la couleur : ‘Wolfunkind est un groupe de merde, qui sort un album de merde sur un label de merde, avec des musiques de merde, un son de merde et des textes de merde…’. On aurait tort de leur donner raison, car cet album possède une belle texture sonore qui sied parfaitement à leur funk métal directement inspiré par Fishbone, dont le chanteur Angelo Moore est d’ailleurs invité sur « Angelo dances with Martine » et « Looking For Cabio ». L’équivalent de nos PPz 30 nationaux en version hexagonale ? On serait tenté de dire ‘oui’ : l’esprit cartoonesque est là, les morceaux vont dans tous les sens et les paroles potaches se focalisent sur l’homosexualité supposée de Starski et Hutch, la Star Academy (« Nikos Tu M’agas ») ou encore les fans de heavy métal (« Les métalleux sont des PD »). Bref, à peu près les mêmes ingrédients consommés l’an dernier sur « Cykofonk ». Sans vouloir jouer au Nostradamus, on peut prédire que ‘l’album de la maturité’ ne figurera pas parmi les disques de l’année 2007 des Inrocks. D’un autre côté, les fans de Fishbone et PPz 30 y trouveront leur compte. Y compris ceux qui apprécient l’humour en musique. Les autres peuvent passer leur chemin sans regret. Ah oui, sachez que le disque (NDR : vendu à prix modique) est enrichi d’un témoignage live et d’un dvd relatant les aventures de nos gaillards vécues lors de leur tournée accomplie en France et au Canada…

 

 



The Kilborn Alley Blues Band

Put it in the Alley

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Le Kilborn Alley BB est un groupe issu de Champaign, près de Chicago. Il sillonne les routes, depuis pas mal de temps. Son line up réunit Joe Asselin à l’harmonica, Chris Breen à la basse, Andrew Duncanson à la guitare et au chant, Ed O’Hara aux drums ainsi que Joshua Stimmel à la guitare. Ils collaborent régulièrement avec Johnny ‘Yarddog’ Jones, un bluesman noir originaire de Detroit. Eponyme, leur premier opus est paru en 2003, sur le label Pee Dee. "Put it in the Alley" constitue leur second. Enregistré fin 2005 à Chicago, ce disque a été produit et mixé par leur ami Nick Moss. Ils signent pratiquement tout leur répertoire.

L'ouverture est royale. Elle me rappelle les débuts du Paul Butterfield Blues Band, opérés voici environ 40 ans. Andrew jouit d’une voix puissante, adaptée à ce type de musique. "Your next baby's daddy" est explosif. Joe souffle rageusement dans son harmonica pendant qu’en arrière-plan, une slide rôde dans l'ombre. Différent, "Tales from the Alley" évolue sur un tempo exotique : un mambo. Un style régulièrement adopté dans l’univers du Chicago Westside (NDR : pensez à Otis Rush !) Ces aventures de la Kilborn Alley paraissent bien excitantes. Asselin dispense un solo d'une tristesse infinie. On est au bord des larmes, tant l'émotion est parfaitement traduite. Sauvage et immédiat, "The blues take me in" est imprimé sur un rythme soutenu. Nous ne sommes ici plus tellement loin d’un Sonny Boy Williamson. Pourtant, j’avoue être davantage séduit par les thèmes lents. A l’instar de "Thousand miles". Joe fait pleurer son instrument. Le son traduit un sentiment de désespoir. Persuasif, Duncanson chante impeccablement. Son interprétation fait mouche. Son timbre évolue régulièrement dans un registre proche d’Eric Burdon. Et c’est un compliment ! Blues lent, "Can I get a hello?" nous plante dans le décor du Southside blues de Muddy Waters… Malheureusement, toutes les compos n’atteignent pas le même niveau. Parfois, la section rythmique trahit quelques signes de faiblesse. Et je pense tout particulièrement aux lignes percussives tracées sur "Can I get a hello?". Une situation reproduite tout au long de "Soldier blues" ainsi que sur le très primaire "Behind my back", même si cette dernière plage ne manque pas de charme. Les musiciens avouent avoir vécu des moments difficiles sur la route. Et ils restituent parfaitement ce sentiment de souffrance sur "Got dues to pay". Le spectre de Howlin' Wolf hante ce fragment parcouru par le saxophone de Dave Fauble, réminiscent d’Eddie Shaw. La fin de parcours est plus heureuse. "Home to my baby" en est la plus belle illustration. Un boogie sans artifice. Les musiciens y reprennent le refrain en chœur pendant que Joe décolle. Ce dernier empoigne son instrument chromatique pour attaquer "The breakaway", un de ces blues dont le sympathique George Smith avait le secret. Duncanson injecte toute sa rage et sa passion dans son chant. A l’instar du maître, Muddy Waters, il exécute un dialogue entre ses cordes. Le dépouillement musical manifesté ici est le gage d'une rare qualité. Le message du blues passe en force. Mais dans l’univers du blues lent, "Mr Campbell's blues" constitue un sommet. Parcimonieuses, les notes restituent cette sensibilité à fleur de peau. Nick Moss à la guitare, Gerry Hundt à l'orgue Hammond et Dave au sax sont au sommet de leur art. Nick et Gerry reviennent pour participer au titre final. Intitulée "I like to live the love", cette ballade est attachante et stimulante. Andrew Duncanson possède une excellente voix. Joe Asselin est talentueux. Et le Kilborn Alley BB réunit une équipe de passionnés : de véritables blues soldiers. Enfin, pour que votre information soit complète, sachez que Kate Moss s’est chargé des illustrations de la pochette, reproduisant une Kilborn Alley bien peu engageante…

 

 

 

Dave Gross

Take the gamble

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Ce jeune chanteur/guitariste/compositeur (NDR : il n’est âgé que de 21 ans !) est un talent à l’état pur. Paru en 2004, son second album ("You don't love me") en était déjà la plus belle des promesses. Ce musicien puise aussi bien ses références dans le blues que le jazz. Le blues des années 40 et 50 ainsi que le swing des années 30 et 40. Ce musicien reconnaît pour influences majeures T-Bone Walker, Clarence Gatemouth Brown, Charlie Christian, BB King, Tiny Grimes, Duke Robillard et Jimmie Vaughan.

Dave signe neuf des treize plages de son nouvel opus. Il parvient à y patiner son blues traditionnel, mais aussi contemporain, de touches country, jazz, swing et rock. Sa fidèle section rythmique -AJ Hager à la basse et Matt Rousseau aux drums- est toujours au poste. Cependant, il a reçu, pour la circonstance, le concours de nombreux invités de marque. Sous la houlette bienveillante du grand Duke Robillard. Parmi ces ‘guests’ figurent Arthur Neilson, le guitariste new-yorkais de Shemekia Copeland et du label Dixiefrog (NDR : il est préposé ici à la basse !), Doug James (ex-Roomful of blues) aux saxophones, Al Basile au cornet ainsi que Miss Dona Oxford –véritable princesse du boogie woogie- au piano.

Dès les premières notes du "She walks right in" de Clarence Gatemouth Brown, on ressent la patte du grand Duke. Le son est dense, remarquable. La section rythmique swingue du tonnerre. Dona Oxford virevolte derrière ses ivoires. Une situation idéale pour mettre les différents solistes en exergue. Ce que ne manquent pas de faire Dave Gross aux cordes et Doug James au sax ténor. Cette entrée en matière est une véritable claque qui laisse augurer une suite royale. Gross a pris de la bouteille. Il signe la plupart des plages. Et puis sa voix est aujourd’hui bien plus assurée. "Mess on my plate" nous entraîne dans la cité de la Nouvelle Orléans. Dave et Dona se révèlent très inspirés face aux cuivres de James et d'Al Basile. "I'm leavin' baby" emprunte un rythme syncopé. Nous ne sommes pas tellement loin du rockabilly, mais imprimé sur un tempo plus lent. L'ambiance est cool. Pas de cuivres. Ce qui n’empêche pas la formule d’atteindre un niveau très relevé. Confronté au talent du petit, Duke ne tient plus en place et se pose en rival habile. Premier blues lent, "I'm so hungry blues" baigne au sein d’un climat très fin de soirée. Dans cet univers si naturel et réaliste, très T-Bone Walker aussi, Dave manifeste beaucoup d’assurance face aux interventions somptueuses de Basile au cornet. Instrumental atmosphérique, "Swingin' on all six" trempe dans le jazz et le swing des années 30. Les solistes interviennent à tour de rôle : Doug, Dona, Al, l'ami Dennis Gruenling à l'harmonica et Dave. La classe! Qu’est-ce-que la voix de Dave a pu s’améliorer en quelques années ! Animé par un festival de cuivres, "Walkin' in a daze" en est une des plus belles illustrations. "That's all you get" lorgne davantage vers le R&B contemporain. Préposé à la basse pour cet opus, Arthur Neilson est passé à la guitare rythmique. Dona siège à l'orgue Hammond. Gross en profite pour gratter dans le style funky d'Albert Collins. Dave n’est manifestement pas allergique à l’éclectisme. Abordé dans un style laidback, "You ain't playin' me no more" confirme cet état d’esprit. Sculptée dans le country blues, cette plage brille par son solo en picking, tout en fraîcheur, devant le piano roulant et paresseux de Dona. "I know your wig is gone" rend hommage à T-Bone. Un swing jazz qui puise allègrement dans le passé. Ce qui n’empêche pas les différents instrumentistes de tirer leur épingle du jeu. Ce swing désuet frôle même l’univers de Django Reinhardt et de Benny Goodman sur "After you've gone". Et le concours d’Al Basile n’y est pas étranger ! Plus contemporain, "Movin' on down the line" séduit par son sens mélodique. Tout en finesse, "Make things right" émarge au swamp blues. Assurément un des meilleurs albums parus en 2006!

 

 

 

The Fratellis

Costello Music

Écrit par

Ce trio pourrait bien devenir la nouvelle coqueluche des Britanniques. Et pourtant, ils ne sont pas londoniens, mais issus de Glasgow. Bénéficiant de la production de Tony Hoffer (Beck), « Costello Music » constitue leur tout premier album. Un disque, ma foi, fort réussi, très soigné, même s’il réverbère des échos de Libertines, Babyshambles, Dirty Pretty Things ou encore des Arctic Monkeys. Le chanteur, Jon, possède d’ailleurs un débit verbal proche d’Alex Turner ; quoique les intonations savoureusement éraillées de son timbre, me fassent davantage penser à John Lennon. A moins que ce ne soit à Ray Davies (« Vince the loveable stoner » et « Ole black’n’blue eyes » auraient pu figurer dans le répertoire des Kinks). Un groupe bien dans l’air du temps, donc. Encore que l’expression sonore est davantage ‘glam’. Un peu comme lors des débuts de Supergrass. Le spectre de Marc Bolan y est également très présent tout comme l’esprit de Bowie circa 1972. Ajoutez-y une pincée de Clash (les riffs de guitare tranchants, les compos hymniques), des mélodies contagieuses, beatlenesques, et vous obtenez une description plus ou moins exacte de la musique pratiquée par ces faux frères. Tiens, des faux frères ! Comme chez les Ramones, un groupe auquel les Fratellis vouent une grande admiration…

Et pour les textes, suffit de jeter un coup d’œil sur la pochette pour se rendre compte de l’univers ‘cartoonesque’ au sein duquel ils baignent. En bref, la plupart des chansons racontent les épisodes rocambolesques de la vie d’un type (Jon ?) qui drague les filles (surtout les plus inabordables !), les attire dans sa chambre (pas pour leur conter fleurette), reçoit et distribue des gnons à ses rivaux, boit, fume et rencontre des gens aussi fêlés que lui. Des histoires de bad boys, si vous préférez. Bref, si cet opus n’est pas révolutionnaire, il a au moins le mérite de vous mettre de bonne humeur. Et ce n’est déjà pas si mal !

 

 

Take That

Beautiful World

Écrit par

Après nous avoir imposé le retour des All Saints, il y a quelques semaines, la Grande Bretagne frappe encore plus fort en nous livrant Take That. La résurrection ! On ne les attendait pas mais ils reviennent quand même. Super ! Après avoir vendu des millions de disques et fait hurler tout autant de jeunes écolières durant les années 90, les Brittons ont accusé le coup lors du départ inattendu de Robbie Williams en 1995. Un an plus tard, le groupe prenait une retraite anticipée. Cette séparation a été un tel drame pour les petites Anglaises qu’une ligne téléphonique de soutien moral avait été mise en place pour aider celles-ci à faire leur deuil (si, si !). On imagine donc facilement ces fillettes, aujourd’hui jeunes femmes, rugir de plaisir à l’annonce de la reformation du quatuor. Pour preuve, le carton du single « Patience », doublé par ce nouvel essai, classés pour l’instant en tête des charts britanniques.

Le problème posé par ce genre de formations au chroniqueur mélomane, est qu’il est difficile de ne pas tomber dans le cliché de la review ‘express’ du type ‘C’est un boys band, on s’en fout du disque, c’est de la merde’. Et on aurait pu penser que ces 13 nouveaux titres nous auraient permis de changer la donne. Hum. Bon, les gars… Ce ne sera pas pour cette fois. Sans être formellement une horreur sans nom, parce qu’il faut bien admettre avoir entendu pire que cette plaque, « Beautiful World » est néanmoins d’une monotonie à se couper les oreilles au couteau à beurre. Les titres se suivent et se ressemblent véritablement. On pense notamment à « Reach Out », « Patience » ou « Mancunian Way », tous fondus dans le même moule. Et lorsque les quatre complices tentent de s’extraire du tableau ‘ballade à la James Blunt’ (« I’d Wait For Life »), c’est pour mieux s’aventurer aux bordures des toiles déjà esquissées par Keane (« Ain’t No Sense In Love »), Doves (« Hold On ») ou même Scissor Sisters (« Shine »). Ils finissent alors par résonner comme des productions potentielles de Stock Aitken & Waterman, si ceux-ci n’avaient pas jeté l’éponge. Même armé de toute la volonté du monde, il est difficile d’adhérer au charme désuet de ce recueil mièvre et assommant. « Back For Good » ? On peut se permettre d’en douter…

 

 

 

The Dude

Devoted to pleasure

Écrit par

En 2004, j’avais déjà mis en exergue le potentiel de ce quatuor rennais ; et en particulier lors de la sortie de son premier album (« Specially for you ») ; une formation au sein de laquelle on retrouvait deux ex Candie Prunes : Gilles Morrillon et surtout Laureline Prod’homme. Cette dernière avait ainsi tenu la basse au sein de Giant Sand, à l’occasion d’une tournée accomplie par la bande à Howe Gelb, en France. Bref, depuis lors, The Dude a pris de la bouteille. Et puis, vient d’enregistrer ce second opus. Un disque nettement plus orienté garage. Mais un garage directement inspiré par les Kinks du début des sixties (celui du tube « You really got me ») et constamment obnubilé par la dissonance mélodique. Pensez à Sonic Youth, Blonde Redhead, PJ Harvey –les vocaux laconiques de Laureline n’y sont pas étrangers– et même à BRMC sur l’hypnotique « I want you babe ». Encore que lorsque l’expression sonore prend des accents sauvages, c’est plutôt du côté des Stooges qu’on se met à lorgner. L’album s’achève par une cover de « Banana split », une compos signée Jacques Duvall/Jai Alanski et immortalisée en 1980 par Lio. Pas une réussite, même si son écoute peut rappeler de bons souvenirs. La ballade « Bearfly » et cette reprise sont d’ailleurs les seuls morceaux dispensables de ce « Devoted to pleasure »…

 

 

Various Artists

Tour de Chauffe

Écrit par

‘Tour de chauffe’ est un dispositif d’accompagnement aux pratiques amateurs mené avec le soutien financier de LMCU par trois structures culturelles de la métropole lilloise : le Centre Musical les Araces de Faches Thumenil, la Maison de la Musique-le Nautilys de Comines, la Maison Folie-Ferme d’en haut de Villeneuve d’Ascq.

Cette opération a permis à 18 groupes de la métropole de bénéficier, durant l’année 2006, d’une résidence de travail scénique, d’un enregistrement professionnel de 2 titres, d’une aide à la structuration administrative et à la communication, et de formations diverses et variées (législation du spectacle, MAO, mise en scène, master-class, chant…) Un festival dans les trois lieux et un double cd compilatif concluent cette année de travail. Une compile sur laquelle nous allons nous pencher…

Le premier disque nous entraîne à la découverte de 10 formations. Depuis Automaticq, version electro-pop de Noir Désir à Deinzen, responsable d’une formule electro-pop-jazz lorgnant tour à tour vers Perry Blake ou Thom Yorke, en passant par The Clercks, combo parisien vivant à Manchester dont le post punk (à moins que ce ne soit la cold wave) juvénile puise manifestement ses influences chez Joy Division, Blondie, Bis et Elastica, Day One A Porno et ses atmosphères ténébreuses, sombres, réminiscentes d’And Also The Trees et Sad Lovers & Giants, le post rock singulier de L’Objet, mêlant habilement cold et no wave (imaginez une rencontre hypothétique entre Cure, Sonic Youth et Slint), le hip hop teinté de Philly sound cher à Mic Familia, le post hip hop de MasKgaz, l’electro opératique de Maymun, susceptible de virer au minimalisme sous des accents dub ou empruntés à la chanson française, Valentine’s Day, sorte de Hooverphonic en moins trip hop et le jazz/prog de Six Reine (ou les prouesses vocales de Gentle Giant transposées chez Meredith Monk).

La deuxième plaque épingle 8 artistes ou groupes. Elle s’ouvre par Rodrigue, disciple de la chanson française, évoluant dans un registre plus proche de Cali que de Thomas Fersen, et s’achève par la world fusion de Borka. Un disque qui se révèle globalement plus intéressant. Mon premier coup de cœur va ainsi à Kinski Palace, dont la musique cinématique, à la croisée des chemins d’Enio Morricone, de CharlElie Couture, Calexico et Bashung est hantée par le baryton de Venko. Yukiko The Witch ensuite. Un duo responsable de 18 albums autoproduits à ce jour et pourtant qui végète toujours dans la zone crépusculaire de l’underground. Des artistes complets, puisqu’ils partagent leur passion musicale avec la peinture, la lutherie et la sculpture. Leur pop/rock mélodique semi-acoustique, mélodieuse (pour ne pas dire contagieuse) me rappelle même les meilleurs moments de Travis. Et la troisième bonne surprise nous vient de The Neverending. Parce que sa vision hardcore évolue dans un registre mélodique, cosmique, proche d’Isis. Le reste de l’elpee épingle encore le déglincore de Tronckh, qui se réclame autant de Primus de Cypress Hill que de Faith No More, le rap teinté d’exotisme de Fiensou et enfin nous invite à voyager à travers le riche patrimoine kabyle sous la houlette de Trad’Am…

 

 

 

Faithless

To All New Arrivals

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Lorsque Faithless a publié en 1995 « Salva Mea » (avec, déjà, Dido au micro), on aurait pu penser qu’il s’agissait d’une énième formation dance à deux balles. Le genre ‘One Hit Wonder’ que tout le monde aurait oublié deux ans plus tard et dont le plus gros carton à l’époque, « Insomnia », ne passerait en boucle que dans la sono des kermesses d’Outsiplou-Les-Bains. Tout faux. Enchaînant tubes sur tubes, Maxi Jazz, Sister Bliss et l’homme de l’ombre, Rollo Armstrong, font taire les mauvaises langues pour ensuite époustoufler les masses lors d’une première tournée européenne grandiose, qui passera notamment par l’AB en 1997. Faithless devient par la suite, et très rapidement, le groupe incontournable des grands festivals. Pas mal comme parcours. Mais l’effet ‘conte de fée’ commencerait-il à s’estomper ? Ayant terminé sa course dans les charts anglais bien loin derrière ses prédécesseurs, « To All New Arrivals » est, à ce jour, l’essai le moins fructueux du trio.

Mauvais choix de single porte-drapeau (le très moyen « Bombs ») ? Manque de titres potentiellement radiophoniques ? Pourtant, ce nouvel essai présente une formation fidèle à elle-même. Lassitude, peut-être ? Il est vrai que la formule n’a que très peu évoluée depuis « Outrospective ». En effet, rien de bien neuf sous le ciel anglais. « To All New Arrivals » marie donc, comme de coutume, quelques titres pop ou électro merveilleusement bien produits (« Emergency », « Nate’s Tune ») aux inévitables morceaux trip-hop (« The Man In You »). Si l’œuvre propose un Maxi Jazz beaucoup trop en retrait, on ne peut que saluer la liste d’invités prestigieux : l’inévitable Dido, Cat Power (l’apaisant « A Kind Of Peace ») mais également Robert Smith (« Spiders, Crocodiles & Kryptonite », et son sample habilement remanié du « Lullaby » des Cure). En conclusion, le cinquième essai de Faithless n’étonnera pas grand monde, mais c’est toujours ça de pris. En attendant de les voir sur scène, là où ils brillent véritablement.

 

 

 

Bill Lupkin

Where I come from

Écrit par

Bill Lupkin est né et a grandi à Fort Wayne, dans l’Indiana. Touché par le virus du blues, il émigre à Chicago, fin des sixties. Il y hante assidûment les clubs des quartiers Sud et Ouest pour chanter ce blues, tout en soufflant dans son harmonica. Il fréquente les Aces, le backing band de Little Walter et de Junior Wells ; mais devient également un collaborateur régulier du pianiste blanc, Bob Riedy. Ce qui lui permet de soutenir la comparaison avec les grands ; et en particulier Muddy Waters, Howlin Wolf et surtout le guitariste Jimmy Rogers, pour lequel il participera d'ailleurs à la confection de l'album "Gold tailed bird" (produit par Freddie King), en 1972. Une aventure au cours de laquelle il avait acquis la promesse de travailler en compagnie de Canned Heat. Un projet qui ne s’est, cependant, jamais concrétisé. Mark Hummel, le célèbre souffleur californien, est responsable des notes consignées sur la pochette. Il avait rencontré Bill, en 1973. A Los Angeles. Et avait été impressionné par sa technique, notamment par les effets obtenus par la langue, afin de développer un style proche de James Cotton. Plus d’un quart de siècle plus tard, Lupkin nous rappelle à son bon souvenir. Il avait ainsi monté un groupe : le Chicago Blues Coalition, en compagnie duquel il ait commis un elpee chez lui, à Fort Wayne, en 1999. Un disque enregistré en public intitulé "Live at the Hot Spot". Au sein de son backing group figurait alors le pianiste Barrelhouse Chuck et le guitariste Billy Flynn.

Pour enregistrer ce tout nouvel opus, il a reçu le concours de ses amis. Il a ainsi conservé le drummer du Chicago Blues Coalition, Mark Fornek ; et puis les musiciens de Nick Moss. Il signe toutes les plages de cette œuvre, en exploitant à merveille toutes ses expériences vécues. Le booklet est illustré par des témoignages photographiques où il figure en bonne place auprès de tous les grands. Impressionnant !

L'album s’ouvre par le puissant "What's with that?". Bill respire la joie de chanter et de souffler. Nick Moss piaffe d’impatience et décroche, sans attendre, une première flèche sur ses cordes. Nous sommes ici en plein cœur du Chicago Southside. "The sun is shinin" accroche instantanément. Les musiciens manifestent une grande cohésion. L’ambiance des années 50 est parfaitement restituée. Une sonorité qui fait plaisir à entendre. Bill souffle comme Little Walter. Tim Wire nous ramène dans l'univers de Sunnyland Slim et d'Otis Spann. Nick lorgne vers celui de Jimmy Rogers et d'Eddie Taylor. "All night long", "Move out to the country" et "Bad feelin" évoluent dans le même registre. Lupkin y démontre avoir entièrement assimilé la quintessence de la Cité. Celle de Little Walter, Junior Wells, James Cotton et consorts. Jamais ce disque ne suscite l’ennui! Instrumental explosif, "Madison & Sacramento" nous renvoie à l'époque au cours de laquelle, Little Walter – flanqué de ses Aces – sévissait… un temps que nous n'avons – hélas ! – pas connu… Et si vous n’êtes toujours pas convaincu par le talent de cet artiste, je vous invite à prêter une oreille attentive à un titre comme "You got me nervous", un fragment parcouru par les rythmes exotiques et syncopés de rumba. Ou encore par "Cant' hide a lie", un des sommets de l'album. Empruntant le style d’Otis Rush, Nick Moss se réserve une envolée épique sur les cordes ; mais il la convertit progressivement en un style bien personnel. L’elpee explore d’autres horizons sonores. A l’instar d’"I want to love you", une plage qui s'enfonce dans les marécages louisianais. Nous ne sommes alors plus tellement loin du monde de Lazy Lester. Pas étonnant que Mark Hummel apprécie ce diable de Lupkin. Etrange, mais régulièrement, Bill me rappelle un de mes artistes favoris : William Clarke. "What you gonna do" en est la plus belle démonstration. A cause de cette force de frappe, de cette puissance de souffle et de cette conviction jamais prise en défaut. La voix est bien adaptée au style. Hundt y apporte une touche originale à l’aide de sa mandoline. Dans un registre réminiscent de Johnny Young. En fin d'album le disque nous réserve une version différente de "Move out to the country". Plus cool, elle remonte à l’an 2000. Elle implique la plupart des mêmes musiciens. Steve Lupkin, le petit frère, a rejoint le line up. Il y est préposé à la basse. Hubert Sumlin participe à cette plage à l’ambiance assez Howlin' Wolf. Ce clin d’œil adressé à Bill Clarke est reproduit lors du slow blues, "Early hours of the mornin". Cinq minutes de bonheur! Bienvenue chez les Grands, Mr Lupkin!

 

 

 

Hot Club de Paris

Drop It 'Til It Pops

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Hot Club de Paris. Qu’on le veuille ou non, ce patronyme décalé a de la gueule. D’abord, c’est tellement parisien pour des Anglais. Ensuite, si un guide des noms de groupes racoleurs devait être publié, Hot Club de Paris constituerait certainement une référence de premier ordre. Musicalement, on nous annonçait un album ouvertement post-punk, un concurrent direct pour Maxïmo Park, The Rakes et autres Futureheads. Il n’en est rien. Le squelette des morceaux d’Hot Club de Paris est fondamentalement instrumental. Nous sommes ici en présence d’un punk-math rock azimuté à l’envi.

Paul Rafferty (basse), les frères Matthew (guitare) et Alasdair (batterie) Smith aiment à chanter à l’unisson, raconter de petites légendes urbaines scotchées sur des orchestrations faussement pop, vraiment speedées. Hot Club de Paris apprécie la vitesse, se contrebalance des excès et évite les contraventions de justesse. Et ce, pour plusieurs raisons : une originalité assumée jusque dans le choix imprononçable du premier single, le bien intitulé "sometimesitsbetternottostickbitsofeachotherineachotherforeachother". La formation liverpuldienne a également le bon goût d’alléger la complexité rythmique de ses compositions par de joyeuses trouvailles sonores (« Bonded By Blood »). Hot Club de Paris signe donc un premier album hyperkinétique, truffé de riffs alambiqués et de bonnes intentions.

 

 

Nick Moss

Live at Chan's

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Nick Moss est considéré, depuis quelques années, comme un des guitaristes de blues les plus réputés à Chicago. Et les excellents albums commis à ce jour en sont la plus belle illustration. En outre, sur les planches, il est également capable de manifester toute l’étendue de son talent…

En juillet 2005, il s’est produit au Woonsocket de Rhode Island. Pour chauffer l’ambiance, il ouvre le set par "Eggroll stroll", un instrumental improvisé, mais surtout de haute facture. Il est soutenu par Gerry Hundt à la basse, Victor Spann aux drums et Piano Willie Oshawny aux claviers. Pourtant, ce sont bien les cordes de Moss qui sont mises en évidence. "Chek my pulse" nous entraîne dans un solide Chicago shuffle. Le style vigoureux et persuasif d’Oshawny aux ivoires rappelle l’Otis Spann des grands jours. Tandis que la main gauche trace les lignes de basse, la droite jouit d’une liberté totale et n’hésite pas à déborder de son contexte. Ajoutez-y le chant efficace de Nick et c’est le bonheur ! Le "I love the woman" de Freddie King est un superbe blues lent comme on les aime. Nick est un fan du géant texan et il lui rend ici un vibrant hommage. D’ailleurs, les 10 minutes de cette plage passent même trop vite. Le thermomètre monte de quelques degrés supplémentaires lors du saignant "I never forget", une compo bien trempée dans le blues urbain de Chicago. Nick et Willie jouent ensemble depuis plus de dix ans. Leur complicité saute aux yeux. La section rythmique est particulièrement solide. Elle soutient parfaitement l’ensemble. Le solo de Moss ne manque pas d’envergure. Créatif, inventif, il sort largement des créneaux habituels explorés à Chicago, flirtant même quelque peu avec les principes rythmiques des princes de la West Coast. Les Flip Tops opèrent à nouveau dans le blues lent. Tout au long de "One eyed Jack", ils étalent leur diversité instrumentale. Gerry empoigne l’harmonica. Willie la basse. Mais cette plage est une opportunité offerte à Nick pour démontrer sa dextérité à la slide. Son bottleneck glisse le long des cordes avec beaucoup de sensibilité. Issu de Boston, Monster Mike Welsh ne vit pas très loin de Rhode Island. Invité par Moss, il opère son entrée en scène lors d’un nouvel exercice instrumental intitulé "Your red wagon". West Coast swing, la machine s’emballe. Ce qui se traduit par trois sorties exceptionnelles successives : Welsh, Oshawny au piano et enfin Moss. "Just like that" replonge dans le Chicago blues. Le tempo est vif. Gerry se révèle, pour la circonstance, excellent harmoniciste. A l’instar des légendes de la cité des vents, (Little Walter, Junior Wells et Billy Boy Arnold), il souffle puissamment dans son instrument. Mike Welsh est toujours au poste, auprès de son ami Nick ; mais il opère dans un style très différent. Signée Buster Benton, "It’s good your neighborhood" figurait au répertoire de Magic Slim. La reprise des Flip Tops est calquée sur celle de Slim. La version est imparable. Musicien au style très versatile, Gerry Hundt empoigne sa guitare et se mesure à son boss. Les excellents échanges restituent bien l’ambiance des Teardrops de la meilleure époque, lorsque Magic Slim joutait Nick Holt. Les musiciens reprennent leur rôle de départ lors des trois derniers morceaux du concert. "The end", tout d’abord. Mike Welsh et Nick rendent ici un hommage à Earl Hooker en jouant sur les effets de pédales. Le "Wine-O-baby boogie" de Big Joe Turner, ensuite. Déchaîné Willie chante à la manière de Pete Johnson dans les années 20. Et franchement, il se montre convainquant. "Move over Morris", enfin. Un superbe instrumental. Hommage à Morris Holt, alias Magic Slim, ce fragment est imprimé sur un rythme emprunté à Bill Doggett. Ce musicien voue un grand respect à la musique qu’il aime. Celle des héros du blues urbain qui ont sévi au cours des années 50. Et tout au long de “Live at Chan´s”, il en fait une parfaite démonstration…

 

 

Cloé

Drôle d'univers

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Après l'intimisme de « Sapristi », Cloé du Trèfle explore le monde moderne, interroge le quotidien. Elle chante l'amour mais n'en parle pas. Sur le fil du doute, Cloé dévoile un univers oscillant entre minimalisme émouvant et expériences sonores intrigantes. « Microclimat », c'est l'idée d'un univers un peu à part qui a un côté chaleureux, où il fait bon vivre. 'J'imagine un tumulte autour et cet univers où l'on est un peu curieux de voir ce qu'il se passe, et il se passe autre chose?'

Le fait d'avoir travaillé en grande partie chez toi, était-ce une volonté de créer une ambiance particulière ?

J'ai tout composé seule. C'est un peu mon petit laboratoire. J'ai beaucoup travaillé les idées musicales, les textes. C'est donc un peu mon monde dans mon appart', où j'ai mes instruments, mon ordinateur. Puis je vais en studio et Rudy (NDR : Rudy Coclet, son producteur artistique) prend les pistes séparées et m'incite à réenregistrer des prises studio en disant : 'ce serait pas mal d'avoir un petit son de vieil orgue ou de chercher des sons samplés à gauche et droite'. C'est un peu en ping-pong et ça me permet de bosser à l'aise, de prendre le temps, d'écouter des tonnes de choses, notamment des vieux vinyles. D'être fort indépendante.

En expérimentant le son, n'y a-t-il jamais la frustration de ne pas atteindre son but ?

Non. Je suis assez satisfaite. Au moment où je me dis : 'c'est ça', il pourrait y avoir mille autres options ; mais ce moment m'appartient. En écoutant mes vieilles cassettes, mes premiers maxis, mon album de Clover's Cloé ou même mon disque précédent, j'ai une tendresse par rapport à ce passé et je me reconnais, moi, à une certaine époque. Je ne le concevrai plus de la même manière aujourd'hui, mais à cet instant précis, on pose des choix, des actes. Je les assume pleinement.

Dans le paysage musical belge, tu es une sorte d'ovni?

Tu me fais plaisir en me traitant d'ovni (rires). Un autre journaliste m'a demandé si je ne me sentais pas extra-terrestre. On me pose souvent la question. Elle me ravit : j'ai l'impression qu'on a du mal à me caser dans un tiroir 'chanson français classique'. Je pense que j'écoute pas mal de musique. Je suis ouverte à des tas de styles différents. Mais j'ai vraiment mon propre univers. Quand un musicien veut ajouter un truc sur un de mes morceaux, je réponds 'ah non, pas ça' ou 'ah ouais, ça !' J'ignore ce qui détermine ma décision, mais c'est vraiment intrinsèque. J'ai un côté assez hétéroclite. Je ne sais pas toujours ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas. La ligne conductrice peut paraître un peu étrange. Il est vrai que sur le disque il y a des couleurs musicales assez différentes. Des morceaux clavier-voix et d'autres morceaux parlés, puis chantés, avec des beats de hip-hop derrière ou un vieil orgue. Des vieux sons. Un aspect romantique et des côtés rock, rock-punk. C'est un peu mon univers. C'est moi, à des moments spécifiques, et ça fait un drôle de tout.

Peux-tu citer quelques-unes de tes références ?

Ce matin, j'écoutais Burt Bacharach. Hier, Röyksopp et Amon Tobin. Lali Puna et Joanna me plaisent aussi. Dans le domaine de la chanson française, j'estime que le dernier album d'Emilie Simon (« Végétal ») est vraiment très bon. Schumann, Satie, Dvorak, Prokofiev? Ce qui explique sans doute pourquoi j'en ressors une drôle de musique. Parfois j'achète de vieux vinyles au marché. Ils ont des têtes pas possibles sur les pochettes et je tombe parfois sur des trucs hallucinants. Réalise des découvertes tellement surprenantes. Il m'est arrivé de sampler des petites choses là?

Pourquoi ne plus chanter en anglais ?

En fait, mon premier album était interprété dans cette langue, car à l'époque j'écoutais énormément d'artistes chantant en anglais ; et puis parce qu'il y avait peut-être un réflexe de pudeur. Puis j'ai eu envie de créer un autre projet, en parallèle. Il y avait donc le groupe à cinq et un concept solo. Je me suis dit que j'opterai pour le français. Pour mieux faire la différence. D'où la traduction « Clover's Cloé »/« Cloé du trèfle ». J'ai été présélectionnée pour la Biennale ; ensuite j'ai accordé un concert, puis atteint la demi-finale. Il m'a donc fallu plus de morceaux dans mon répertoire. On m'a alors proposé d'autres dates et le reste s'est rapidement enchaîné. Après, j'ai participé à 'Musique à la française'. A partir de cet instant, les maisons de disques se sont intéressées à mon travail et les événements se sont succédé naturellement. C'était difficile de gérer le groupe en même temps. J'avais de plus en plus de concerts avec Cloé du Trèfle ; mais en même temps je devais me consacrer au projet de l'album. Du coup, j'ai mis le groupe en stand-by. Mais peut-être, dans le futur, aurai-je encore envie de rechanter en anglais. Je commence déjà à réfléchir à mon nouveau disque et j'ai des petites envies?

Pour toi, l'écriture est source de douleur ou de plaisir ?

Du plaisir ! Vraiment. Je compose énormément. La musique naît avant les textes. L'écriture, c'est plus des petites choses du quotidien ou des questions. Le disque précédent était davantage intimiste (NDR : « Sapristi »). Ici, il y a un regard extérieur. J'avais envie d'aborder d'autres thématiques. C'est plus un regard civique et une envie de parler d'autre chose que de mon monde personnel. J'aborde des thèmes comme le recyclage, l'Europe?

Qu'est ce qui te déroute le plus : le monde moderne ou une histoire d'amour ?

Bonne question (rires) ! Les deux sont déroutants, mais je pense qu'on vit dans un drôle de monde et c'est important de se positionner par rapport à cette situation. Je ne veux pas être moralisatrice dans mes textes, mais j'ai envie de soulever certaines questions. Ma compo consacrée à l'Europe, par exemple, est une métaphore de 'Si l'Europe était une femme, qu'est-ce que ce serait ?' L'Europe, c'est un nom de femme, et c'est devenu une entité tellement floue, qu'on n'en connaît plus exactement les frontières. C'est un peu complexe. J'aborde ce thème particulier par une chanson légère ; mais si on lit vraiment le texte, on y détecte quand même un aspect assez cynique et critique par rapport au Vieux Continent.

Le thème du doute est récurrent dans tes chansons. Quelles sont tes certitudes ?

Euh? Je ne sais pas. Chez moi, la musique est un phénomène vital qui produit des émotions très fortes. Je la pratique depuis l'âge de trois-quatre ans. C'est vraiment quelque chose d'important pour moi. C'est dans cet univers que je m'épanouis le plus. Mais j'ignore, par exemple, si un jour j'en aurai marre du marché du disque, du milieu. C'est un cercle restreint. A un moment tu peux te prendre la tête sur 'A quoi sert-il de sortir un disque, de donner des concerts ?' Enfin, pour le moment ça m'éclate complètement. Sinon, je pense qu'on vit au sein d'une époque où il y a de moins en moins de certitudes. Il y a beaucoup de choses à changer. Il existe une stigmatisation de certaines idées, des blocages. Il y a des décisions qui s'entremêlent ou sont complètement absurdes. Il faudrait des vrais changements de société.

Aurais-tu aimé vivre à une autre époque ?

Sur Clover's Cloé, j'ai composé un morceau qui s'appelle « A wrong century » où je dis que j'ai l'impression d'être une nana qui n'est pas née à la bonne époque. Et à la fois, c'est une époque tellement contrastée : elle recèle des choses super intéressantes, mais accuse aussi des pertes de valeurs terribles. On vit dans une ère de plus en plus individualiste, on sacrifie trop les liens sociaux. On s'évertue à scinder les choses ; et c'est assez effrayant. On n'a plus vraiment conscience du sens des valeurs humaines. Je suis allé voir, la semaine dernière, un film qui m'a complètement sidérée : « Le cauchemar de Darwin ». C'est un bel exemple de cette drôle de société dans laquelle on vit?

La notion de temps est également présente dans tes textes. Est-ce quelque chose qui te fait peur ?

Euh?

Il se dégage une sorte d'urgence de vivre?

Ah oui ? Peut-être que oui mais c'est sans doute inconscient. C'est une bonne question (sourire). C'est vrai que je suis quelqu'un qui ne reste pas en place, j'ai toujours envie de m'investir, de rencontrer de nouvelles têtes, de composer, d'envisager de nouveaux projets musicaux. Je n'aime pas glander. La vie est courte, donc animons-là. Mais je n'ai pas vraiment conscience de cette situation. Elle me dépasse un peu. Je ne développe pas beaucoup de desseins à long terme. Je vis plutôt dans le présent, à court terme. Je n'ai pas des grands projets de vie tout tracés? On verra bien?

Minuscule Hey

Mini rock Ep

Écrit par

Drôle d’OVNI que ce duo bordelais. Après quatre ans de bons et loyaux services au sein des People Of Holiday, Emily et Laurent remettent le couvert au sein du projet Minuscle Hey. Description difficile, tant les genres et les références s´entrecroisent. Pop/rock lo-fi (« Rollicking Harold »), touches électros (« Cheap Girl », sensuel et délicieusement malsain), ou sonorités beatlenesques (« Uncle Jim » et « Eastern Tennisman)… « Alceste », dernière piste de ce elpee, reflète ce savant mélange : clavier minimaliste, flûtes, texte en français et chœurs en anglais dans le plus pur style des Fab Four. Le tout sur fond de boîtes à rythmes parfaitement à propos. On pense aux Kills, au Velvet Underground, à Radiohead… Légèrement barrée mais tout à fait accessible, la musique de ce duo en noir et blanc est une curiosité pleine de charme et de classe ne demandant qu´à être découverte. On peut cependant reprocher à ce « Mini Rock » de ne faire que 21 minutes pour six titres. Il s´agit pourtant d´une excellente mise en bouche, propre à piquer la curiosité de l´auditeur. A découvrir.

 

 

 

Various Artists

Plague Songs

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Le label 4AD évoque instantanément quelques très grands moments du rock alternatif : Pixies, The Breeders… Le projet « Plague Songs » avait de quoi surprendre : rassembler dix chansons d´artistes différents, chacune ayant pour thème l´une des plaies bibliques de l´Exode. Encore plus surprenant au vu de la liste des invités : Klashnekoff ouvre la danse par un « Blood » 100% hip-hop, puis on embraie de but en blanc sur les accents folks de « Relate The Tale » (signé King Creosote) avant de se frotter à l’électro de Stephin Merritt sur « The Meaning Of Lice ». On croise également quelques guests de luxe tels que Brian Eno et Robert Wyatt pour un « Flies » tout en sons d’ambiance et chœurs cristallins, ou encore Rufus Wainwright dont le « Katonah » acoustique poignant est sans conteste l´un des points forts de cet album. Belle prestation également de la part de la chanteuse Imogen Heap, aperçue aux côtés de Jeff Beck sur « You Had It Coming ». Tout aussi intéressant, l’a-capella « Darkness » de Scott Walker, dramatique, profond et hanté.

Cependant, cette curiosité ratisse peut-être trop large pour vraiment se révéler plaisante. Il est certain que la vocation de ces chansons n´était pas de finir sur la bande FM ! Mais il règne malgré tout un certain parfum d’incohérence. Explication ? L’œuvre a été commandée par une association artistique britannique (Artangel). Son but ? Accompagner une illustration de la fuite des Juifs hors d’Egypte, reconstituée dans un village du Kent. Filmée, cette manifestation sera diffusée courant 2007.

Résultat des courses, il est manifestement difficile d´apprécier l´œuvre à sa juste valeur. Ce n’est là que sa partie sonore. Ce qui n’empêche pas quelques perles d’y briller.

 

 

 

State Radio

Us against the crown

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Après avoir enchaîné cinq EP depuis 2002 et vécu quelques changements de personnel, ce trio issu du Massachussetts nous propose son premier elpee. Né sur les cendres de Dispatch, on y retrouve le chanteur/guitariste Chad Urmston et le bassiste Chuck Fay, accompagnés sur cet album de Brian Sayers à la batterie. « Us Against The Crown » - ‘nous contre la couronne’ - annonce d´emblée l´engagement politique de ses membres, comme en témoigne la liste, en fin de livret, des associations auquel le groupe apporte son soutien. Une conscience politique parfaitement affirmée dans un titre tel « Camilo », dédié à un sergent de la Garde Nationale emprisonné pour avoir refusé d´accompagner les troupes envoyées en Irak ; et finalement libéré en 2005.

D´un point de vue purement musical, State Radio semble réussir une parfaite fusion entre pop, rock, punk et reggae : « People To People » ou « Waitress », passant sans complexe d’un rythme jamaïcain à des breaks purement rock, « Rushian » et son final quasi-punk, le déchaîné « Black Cab Motorcade », et surtout le poignant « Mr Larkin ». Entre Clash, Bob Marley et Paul Simon, une formule originale et bigrement efficace.

 

 



Various Artists

ShortBus OST

Écrit par

Provocante célébration du désir charnel, à la fois artistique et délicieusement crue, « ShortBus » est la dernière extravagance cinématographique en date de John Cameron Mitchell, déjà responsable de l’excellent « Hedwig & The Angry Inch ». Le film retrace les boires et déboires sentimentaux et sexuels de deux couples, l’un hétéro, l’autre homo, qui au détour de leurs peines de cœurs se retrouvent certains soirs en compagnie d’autres âmes perdues dans un club underground de New York, le « ShortBus ». Lieu où les disciplines, les genres et les corps s’entremêlent. ‘Comme dans les 60’s, mais l’espoir en moins’.

Non content d’emprunter de jolis morceaux à Yo La Tengo, Azure Ray, Animal Collective ou The Hidden Cameras afin d’illustrer la bande sonore de son œuvre épicurienne, Mitchell a également fait appel à quelque uns des protagonistes de son film. On y recense donc un talentueux Jay Brannan (qui interprète le rôle de Ceth) sur un « Soda Shop » exquis, ainsi que Lee & LeBlanc, formation menée par Sook Yin Lee (alias Sofia dans le film) et Justin Bond & The Hungry March Band sur l’étincelant « In The End », conclusion en fanfare du long métrage. Mais on retiendra principalement la voix envoûtante de l’Australien Scott Matthew (à ne pas confondre avec l’américain Scott Matthews) interprétant, sur disque comme sur grand écran, quatre titres tout simplement intenses et captivants, non loin des meilleurs et plus sombres travaux d’Elvis Costello. A contrario du film, qui n’est pas à mettre sous tous les yeux, cette bande originale ravira les sens des 'sexually challenged indie people'. Surtout si l’on fait fi de la présence superflue de The Ark.

 

 

 



Diamond Dogs

Up the rock

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La Scandinavie n´a pas fini de livrer ses bonnes surprises. Après avoir essuyé la tornade garage des Hives, qui s’était abattue voici quelques années sur la planète garage, le sixième elpee des Diamond Dogs vient de nous tomber sur la cafetière. La parenté avec le Thin White Duke est cependant faible chez ce combo suédois : on est face à du pur rock & roll juteux, dans la droite lignée des Status Quo et des Faces. « Generation Upstart » ouvre la galette en fanfare et ça ne se relâche pas avant la fin. La moindre ballade (« Where Were You Tonight ? ») est portée par une rythmique puissante, un clavier jamais mièvre et une voix déchirante à faire rougir de honte Rod Stewart. Cerise sur le gâteau, la présence de l´ex-guitariste des Hellacopters, Bobby Lee Fett. Epaulé par Lars Karlsson, il nous gratifie de sonorités de guitare particulièrement bien senties. Une paire de six-cordes puissantes et jamais trop bavardes.

39 minutes sans temps mort pour un disque bien produit et automatiquement emballant, sauf peut-être pour les allergiques congénitaux au rock & roll ! Ca se joue et s´écoute pour le plaisir.